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bric à bracs d'ailleurs et d'ici

Enseigner la lecture et apprendre à lire

18 Mai 2006 , Rédigé par Jean-Claude Grosse Publié dans #L.C.

Enseigner la lecture et apprendre à lire
Le bruit, le code, l’esprit et la lettre

Voici la synthèse des deux agoras consacrées par Laurent Carle, psychologue, à apprendre à lire, la 1°, le jeudi 10 novembre 2005 aux Chantiers de la Lune à La Seyne, la 2°, le mercredi 1° février 2006 au CDDP de Toulon. Nous espérons que ces deux pages seront largement diffusées et exploitées par les enseignants de primaire, les parents et les personnes qui font du soutien scolaire.(Les 4 Saisons du Revest)

L’écrit est-il la transcription des sons de la parole ou la représentation graphique de la pensée ? est-il la mémoire de l’oral enregistrée sur papier ou une langue des signes autonome, muette, qui s’adresse à l’œil ? Un lecteur entend-il ce que son œil perçoit ou pense-t-il ce qu’il voit ? Les lettres sont-elles porteuses de sons ou de sens ?

Comprendre un texte, est-ce donner du sens aux bruits que font les lettres qui composent les mots de ce texte ou saisir la pensée écrite dans le silence en s’appuyant sur la place et la fonction des lettres dans le mot et des mots dans la phrase ? est-ce identifier les mots par association et combinaison des phonèmes constitutifs de syllabes ou reconnaître ces mots dans leur contexte, la phrase ?
Apprendre à lire, est-ce mémoriser par cœur un code de correspondance pour bien déchiffrer ou intégrer dans sa mémoire visuelle les mots découverts par l’usage, pour les reconnaître ultérieurement et les réemployer ? Un novice entre-t-il dans l’écrit par la voie indirecte ou par la voie directe ? A-t-on besoin d’une méthode pour apprendre à lire ?

Dans l’apprentissage de la langue écrite le doute profite à l’apprenti. Le doute déclenche l’interrogation et la recherche. Le tâtonnement de l'enquête permet d’avancer dans les imprévus et les aléas d’une langue complexe. La démarche ne se fait pas nécessairement avec une méthode directive et selon un programme arrêté. Une vraie démarche d’appropriation de l’écrit procède de succès en erreurs et de surprises en conquêtes, sur un texte vivant, intégral, qui a du sens, un texte à s’approprier collectivement en coopération et non sur une dépouille dépecée pour être enseignée par fragments isolés à des individus en compétition. Car l’apprenti lecteur ne peut mener son enquête que sur un message écrit conservé dans son intégrale complexité et en interaction avec ses camarades d’apprentissage. On apprend à lire en lisant, accompagné par quelqu’un qui sait. Il est illusoire de faire « travailler » sur les éléments isolés d’une langue décomposée en atomes dépourvus de signification, ce qui est le cas de ces « unités de lecture » (unités linguistiques de deuxième articulation) présentées aux écoliers hors de tout contexte de communication pour être béabatifiées et mémorisées mécaniquement. Mais les méthodes de lecture préfèrent les atomes insignifiants aux textes signifiants. Elles prospèrent sur des certitudes, certitudes qu’elles présentent sous la forme d’unités et de règles d’assemblage de ces unités, règles indubitables qui bannissent dans la marge de la légalité scolaire, parfois dans le monde de la faute, à la fois le sens de l’écrit et l’erreur provoquée par l’absence de signification


Enseignement par méthode et apprentissage spontané suivent de fait des trajectoires différentes avec injonction à l’apprenti de rejoindre le droit chemin, l’orthodoxie. Dans cette situation scolaire prédéfinie, enseignant et élève risquent de ne pas se trouver au rendez-vous sur le passage du bus didactique. En effet, les méthodes sont des transports en commun sûrs, fiables, sécurisés et sécurisants parce que sans surprises. Mais leur itinéraire a été tracé sur le papier sans relevés sur le terrain, selon une logique didactique parfois très éloignée de la vie des élèves et de leurs intérêts du moment. Entassés dans les fauteuils phonographiques d’un véhicule dont les fenêtres opacifiées laissant filtrer un unique rayon de lumière cachent le paysage, ils ne sont pas à l’aise pour voir, pour lire la route et le territoire traversé. La vie et le contexte propres au groupe classe et aux individus qui le composent est effacée par les préoccupations didactiques de l’auteur de la méthode. Il n’y a donc pas ou peu de concordance entre les méthodes, quelles qu’elles soient, et la pédagogie de lecture. Ce sont avant tout des traités techniques qui présentent le catalogue des sons de la langue, les règles de « combinatoire », c’est-à-dire les normes de lecture scolaire traditionnelle et les conditions d’une séance de lecture. Dans cette logique, les initiatives individuelles, l’intuition propre aux jeunes enfants et les interactions entre pairs en rapport avec l’actualité et la vie de la classe ne peuvent être que des écarts d’itinéraire, voire des affronts à la rigueur de la méthode. Les francs-tireurs involontaires risquent de rater la correspondance, poursuivant leur route à pied sur le bord du chemin et sans guide de voyage. Il en résulte que le transport en commun didactique est sélectif malgré lui, contrairement à la vocation sociale qui a présidé à son élaboration.


L’enseignement du bruit de la lettre illustre bien ce paradoxe. En effet, les lettres ne sont pas affectées d’un son qui leur serait propre. On les désigne d’ailleurs par leur nom alphabétique et non par leur sonorité. Car leur sonorité est instable. Si on les identifiait par un son on ne saurait lequel leur attribuer. On s’exposerait à lire faux comme un instrument désaccordé, ou comme un élève instruit par la méthode. L’alphabet est donc la nomenclature des noms des lettres, non celle de leurs bruits. En effet, les lettres changent de bruit en changeant de mot, telle la lettre l en passant de mille à famille. Il se peut même que la même lettre émette deux sons différents à l’intérieur d’un même mot, comme l dans soleil. Il arrive parfois que le redoublement de la consonne ne se signale par aucune différence sonore : millier s’entend comme familier. On entend bien toutes les lettres du mot mat, mais il suffit d’un accent pour détruire l’accord phonographique et clore le bec du t dans mât. Nonobstant le code de correspondance, la langue écrite fait taire beaucoup de consonnes, qui deviennent alors muettes contrairement à ce que leur nom indique. Il faut le savoir pour déchiffrer juste. Pour déchiffrer juste le plus simple est de lire (reconnaître) millier et familier, mat et mât avant de les déchiffrer. Mais alors, si tant de mots, comme mât, dérogent à la règle de correspondance, à quoi sert de déchiffrer ? Pourquoi le code ne m’informe-t-il pas que mille garde ses l dans millier et milliardaire tandis que famille perd un l en se familiarisant et que le u de aiguille ne s’entend plus dans anguille ? Pourquoi me cache-t-il que plus est plus ou moins sonore selon sa fonction dans une phrase comme « Je ne compte plus deux plus deux. » Silence trompeur ! N’est-ce pas le sens et uniquement le sens qui me donne le son de ces plus si semblables et si différents ? Les méthodes demandent aux écoliers de respecter les règles d’un code que la langue française ne respecte pas. Quand un code permet autant d’exceptions qu’il impose de règles, est-ce encore un code ? Une correspondance aussi imprécise imposée avec autant de rigueur à de jeunes élèves candides, au sens critique peu développé, n’est-ce pas abus didactique ? Si le code de la route était aussi fantaisiste que le code de correspondance enseigné par les méthodes de lecture, nous aurions de grandes pagailles et de gros accidents sur les routes… par respect du code. Beaucoup d’apprentis conducteurs ne réussiraient pas leur examen de conduite, comme beaucoup d’écoliers ne réussissent pas leurs examens de lecture/écriture/orthographe.

Pourquoi tant de contradiction entre « code de correspondance » et code de l’orthographe ? Ce ne sont pas les lettres qui se prononcent d’une certaine façon, ce sont les mots qui s’habillent des lettres de leur choix. Et, comme les hommes, ils ont souvent changé de costume au cours des siècles. Les anomalies orthographiques du français entraînent des discordances dans l’usage du code de correspondance phonographique. Aucune règle de correspondance ne nous indique comment écrire sous dictée des lettres qui ne s’entendent pas. Et ce ne sont donc pas les règles d’orthographe énoncées par Bled qui permettent de maîtriser l’orthographe mais l’érudition du lecteur/scripteur instruit par l’expérience concrète (le kilométrage parcouru par l’œil sur le papier). Cela n’est pas sans conséquence dans la manière d’apprendre à lire/écrire pour ceux qui ne savent pas et dans la pédagogie de la lecture/écriture pour ceux qui la transmettent.

Il faut se demander :

- à quoi sert le code de correspondance phonographique pour passer de l’oral à l’écrit et de l’écrit à l’oral,
- si en apprenant des règles de lecture on apprend vraiment à lire et à écrire,
- et si, pour transmettre avec efficacité la lecture aux jeunes enfants, il ne faudrait pas s’engager dans la résistance et la dissidence à l’encontre de la didactique méthodique.

Et si l’écrit était une langue muette, une langue qui ne se parle pas mais qui s’écrit ? Si l’écrit était une langue autonome, une langue qui évoluerait et se développerait parallèlement mais indépendamment de l’oral, si les mots, sans se soucier de correspondance phonographique, piochaient à leur convenance dans l’alphabet des lettres qui ne s’entendent pas toujours ou qui ne s’entendent plus ?


Laurent Carle, psychologue.



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Lettre ouverte à Laurence Parisot, présidente du Medef

15 Mai 2006 , Rédigé par Jean-Claude Grosse Publié dans #J.C.G.

Lettre ouverte à Laurence Parisot, présidente du Medef,

Madame,


Vous avez déclaré le 30 août 2005, déclaration reprise par Le Figaro, il y a quelques semaines:

« La vie, la santé, l’amour sont précaires.

Pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? »

Je n’ai nullement l’intention de m’adresser à vous mais à tous ceux qui ont pu lire ou entendre cette déclaration, expression de la plus grande confusion et indigence intellectuelles.

Pour eux et non pour vous, je vais tenter de distinguer ce que vous vous ingéniez à mettre sur le même plan. L’inconsistance « philosophique » de votre proposition n’en apparaîtra que mieux. Et montrera le contenu exclusivement idéologique de votre propos, au service de la politique d’austérité et de régression sociale réclamée par le Medef aux hommes politiques de ce pays de droite comme de gauche.

La vie est-elle précaire ?

Je dirai d’abord que toute vie est vouée à la mort, certaine quant à la fin, incertaine quant aux modalités, ( personne ne connaît le moment, les circonstances, les causes de sa mort et même si nos grands assureurs tous risques font toutes les études statistiques possibles pour mettre en équation les sujets à risques qui paieront plus cher que les sujets normaux, la mort de chacun quoique certaine, reste notre plus insaisissable et angoissante inconnue).

Je dirai ensuite que toute vie est une chance, un don, que toute vie est fragile et exige, mérite attentions, précautions, que généralement le collectif (y compris chez les animaux) se met au service de la vie toujours singulière, unique, pour lui permettre de s’épanouir, de grandir, de s’autonomiser. Même l’enfant sauvage de l’Aveyron a trouvé dans une espèce animale de louve ce qu’il n’aurait pas trouvé avec une espèce humaine comme vous qui auriez réagi ainsi : tu es un enfant abandonné, je t’abandonne donc à ton destin ; la vie est précaire : apprends-le à tes dépens ; je ne suis pas là pour te venir en aide, venir à ton secours, t’apprendre à lire pour te socialiser. Non, je te montre dans un cirque, je fais de l’argent avec toi, elephant man.
Évidemment, imaginer qu’une société puisse permettre à chacun de développer le meilleur de lui-même, son potentiel créateur en particulier, chacun pouvant donner ainsi à sa vie la plus grande valeur, n’est pas l’objectif du Medef qui préfère nous installer dans l’insécurité, le nihilisme, le cynisme.
Honte sur vous pour oser développer une telle « philosophie naturelle » : l’homme est un loup pour l’homme et le darwinisme social est la « loi naturelle » du fonctionnement social. Réjouissez-vous, d’autres, plus « performants », produisent d’autres « philosophies naturelles », créationnistes par exemple. Vous en viendrez là bientôt, suivistes des américains et des anglo-saxons. Les religions et les neuro-sciences comme outils de contrôle social des corps et des esprits ? Mais déjà plus de 156.000 personnes ont signé la pétition : pas de zéro de conduite pour les enfants de trois ans !

La santé est-elle précaire ?

Je dirai d’abord que la santé est une conquête collective supposant des recherches, des gens compétents, des chercheurs, des moyens.

Et ensuite qu’elle relève de la responsabilité de chacun même si je n’ai aucune garantie qu’une saine hygiène de vie me garantira à 100% la santé, car de nombreuses conditions interviennent favorisant ou défavorisant le potentiel de santé de chacun. Il y a bien inégalité des chances quant à la possibilité pour chacun d’être et de rester en bonne santé (conditions de logement, environnement, conditions de travail, épidémies, pandémies, patrimoine génétique). S’il y a un grand héros de l’humanité, pour moi, c’est bien Pasteur. Lui, a travaillé pour tous, sans distinction de classe, de race, de sexe, de religion, d’idéologie. Vous lui devez peut-être d’être née parce qu’on avait appris à se laver les mains. Même s’il avait su que vous tiendriez un tel propos, il aurait rendu publics, les résultats de ses recherches et n’aurait jamais dit que la santé est précaire. Il a tout fait pour que le vœu que chacun formule en début de chaque année : la santé d’abord, devienne réalité. Ne le formulez-vous donc pas pour vous-même et vos proches ?

L’amour est-il précaire ?

L’amour, le vrai, est la plus belle chose qui puisse nous arriver et je regrette pour vous, mais l’amour, le vrai, résiste à toutes les vicissitudes. Il faut vouloir bestialiser les humains pour leur dire que l’amour est précaire. Honte à vous de développer une telle « philosophie » : « moi, présidente du Medef, je vous dis que l’amour ne dure pas, ne peut pas durer parce que les rapports homme-femme ne sont que des rapports de force. C’est à qui baisera l’autre à tous les sens du verbe. On retrouve en amour, dans un couple, la « loi naturelle » : l’homme est un loup pour la femme et vice-versa. J’en sais quelque chose, comme femme, comme mère, comme présidente. »

L’amour est la plus belle chose qui puisse nous arriver mais il lui faut pour durer, des conditions nécessaires comme des conditions de vie et de travail décentes dont un travail stable correctement rémunéré, même si ces conditions ne sont pas suffisantes : il faut aussi, en effet, être éduqué au respect, à l’écoute, au dialogue, à la résistance au manque, au désir de fusion, aux tentations, être éduqué à tout ce qui fait que d’une personne, on dit : c’est une belle personne. Mais votre société de services et de divertissements ne peut pas aimer l’amour. C’est une société de la séduction, forme soft mais terrible de la force. Dommage qu’une majorité de gens croient que c’est le chemin vers l’amour. Vous avez réussi à les polluer mentalement.

Pour en finir, de quelle loi parlez-vous?

présidente du capital français, si peu convaincant et si peu conquérant sur le plan mondial?
À preuve, par petitesse, votre consoeur, Anne Lauvergeon, présidente d’Areva, N° 1 mondial du nucléaire civil, a perdu l’appel d’offres lancé par la Chine pour la fourniture de ses 4 premiers réacteurs nucléaires de 3° génération, au profit de Westinghouse, racheté par Toshiba.

Vous présentez l’idéologie et la pratique capitalistes comme étant une « loi naturelle ».
Je ne vous ferai pas l’affront de vous renvoyer à vos livres d’histoire du temps de votre lycée:
il n’y a pas toujours eu travail d’abord ;

il y a eu différents régimes de travail ensuite ;
le travail salarié exploité par le capital est la forme du travail depuis deux siècles au maximum ;
grâce à leurs luttes, les travailleurs ont obtenu des acquis que vous voulez supprimer parce que le capital d’aujourd’hui est devenu pour l’essentiel, spéculatif, parasitaire, engendrant une société de services et de divertissements, incapable d’investir dans la recherche, l’éducation, la santé, le logement, dans des projets d’infrastructures, des grands travaux vers l’Eurasie, vers l’Afrique, permettant d’offrir des conditions de vie décentes à tous, permettant l’égalité des chances pour tous, une société préférant entretenir la guerre de tous contre tous, de chacun contre chacun.
Mais je vous le dis, Madame, les pauvres, les exclus ne se laisseront pas affamer, bafouer. Ni ceux que vous voulez jeter dans la précarité de la vie, de la santé, de l’amour et du travail. Ils ont souvent relevé la tête : ça a commencé en 1789, il y eut des têtes au piquet.
Ne poussez pas le bouchon trop loin car vous êtes minoritaires malgré tous vos moyens, y compris l’appareil répressif de l’État et malgré votre « philosophie naturelle » pour nous faire accepter avec joie d’être des précaires de la vie, de la santé, de l’amour et du travail.
Ce serait si simple pourtant de préférer et de vouloir des conditions moyennes pour tous par une politique de développement mutuel, que des inégalités et des injustices à l’intérieur de chaque pays et entre les pays et les continents, sources et germes d’affrontements, de malheurs, de souffrances et de guerres.
Marx aurait-il raison qui disait que le capital naît de sang et de boue des pieds à la tête et qu’il porte en lui la guerre comme les nuées portent l’orage ?
Je ne puis vous rassurer, madame : la Chine et l’Inde sauront vous mettre, chers (en coût social) capitalistes français, peu performants malgré vos énormes bénéfices, en situation de précarité, sous peu.
Nous, on saura déjà (certains, de plus en plus nombreux, le savent depuis belle lurette) ce qu’est la précarité de la vie, de la santé, de l’amour et du travail.
Sauf à combattre votre politique sans relâche, à refuser votre monde et à en construire un qui fasse confiance aux hommes et aux femmes, à leur puissance créatrice, à leur capacité d’amour et de beauté.
Ce qu’ont magnifiquement prouvé les Français, ce 28 mars 2006, avec des Espagnols venus exprès d’Espagne, au milieu d’eux. Ce qu’ont prouvé aussi les Anglais, mobilisés contre le projet blairiste de « réforme » des retraites. Ce qu’ont prouvé aussi les étudiants hispaniques américains, mobilisés pour la légalisation de l’égalité des chances à l’université, le même jour que nous.

Ce n’est qu’un début c’est-à-dire la suite.


Jean-Claude Grosse, ce 28 mars 2006

Ya Basta!

réponse de Jolie Môme à Laurence Parisot

Paru, le 13 avril 2006,

aux Cahiers de l'Égaré


DISCOURS D'INVESTITURE

DE LA PRÉSIDENTE
DES ÉTATS-UNIS

de Roger Lombardot


réponse cinglante, non préméditée,

à une présidente précaire.

Création de la pièce,
du 20 au 23 avril 2006,
au Théâtre de Vals-les-Bains (Ardèche)

Le Discours a été offert à
Ségolène Royal






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