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bric à bracs d'ailleurs et d'ici

j.c.g.

Au débat, citoyens !

15 Janvier 2019 , Rédigé par grossel Publié dans #FINS DE PARTIES, #Gilets Jaunes, #J.C.G., #agora, #agoras, #pour toujours, #écriture- lecture, #théâtre

bonjour, c'est pour un débat; le président de fenêtre fermée en porte entrouverte; l'avenir selon une banque, selon deux gilets jaunes; autres livres; recouvrir sa télé d'un gilet jaune
bonjour, c'est pour un débat; le président de fenêtre fermée en porte entrouverte; l'avenir selon une banque, selon deux gilets jaunes; autres livres; recouvrir sa télé d'un gilet jaune
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bonjour, c'est pour un débat; le président de fenêtre fermée en porte entrouverte; l'avenir selon une banque, selon deux gilets jaunes; autres livres; recouvrir sa télé d'un gilet jaune

 

Humour

EFFERVESCENCE NORMANDE - Grand Bourgtheroulde, dans l’Eure, où se déplace aujourd’hui Sa Majesté Emmanuel Macrotin, est en ébullition. La preuve ? Selon « Le Courrier de l’Eure », le cahier de doléances ouvert en mairie, qui « ne comptait que quatre contributions le 9 janvier 2019, en comportait neuf le lendemain, 10 janvier 2019. Un signe, sans doute, de L’EFFERVESCENCE dans cette petite commune rurale de Normandie depuis l’annonce officielle de la visite du chef de l’Etat. (…) Pour l’instant, les demandent inscrites dans ce cahier concernent surtout des mesures en faveur d’un meilleur pouvoir d’achat et l’instauration d’un référendum d’initiative citoyenne (RIC). La baisse des privilèges pour les représentants de l’Etat, le retour de l’ISF font aussi partie des revendications exprimées, ici, par écrit. »
Il y aurait donc 9 dangereux contestataires factieux parmi les 3.800 Thérouldebourgeois (ainsi appelle-t-on les habitants de Grand Bourtheroulde). Privée de Benalla, la garde rapprochée de Jupiter 1er est- sur les dents. Ne pas oublier, en effet, que Grand Bourgtheroulde doit son nom à Théroulde, qui fut assassiné en 1040/1041 par Guillaume de Montgommery. (Théroulde vient du germain Turoldus , nom qui figure au dernier vers de la plus ancienne rédaction de la Chanson de Roland : « Ci falt la geste que Turoldus declinet »).
Pour prévenir tout risque de répétition de l’histoire assassine, des mesuires drastiques ont été prises :sur les 700 maires de Normandie invités ce mardi 15 janvier dans l’Eure, pour le premier déplacement d’Emmanuel Macrotin en région, seuls deux maires du Calvados seront autoriser à baiser les babouches du Souverain : : Sophie de Gibon (Canteloup) et Joël Bruneau (Caen).
Une délégation locale des Gilets jaunes sera d’autre part reçue par par le responsable des cabinets de Christophe Castaner, qui leur offrira une rasade de gaz lacrymogènes.

Jean-Marc Adolphe

Anne Groh Le sketch complet. Le préfet à interdit tout rassemblement ! La pièce de théâtre écrite par un auteur peu connu, Emmanuel Macron, "Le foutage de gueule" sera jouée aujourd'hui dans le département de l'heure. Un seul comédien, l'auteur lui-même, car veut être seul sous les projecteurs du plateau, et surtout ne veut aucun public car le méprise en le traitant de "gens de rien ne faisant aucun effort"

A LA BONNE EURE !
Emmanuel Macron a choisi le département de l'Eure pour lancer le grand débat national. Département où la contestation est muselée par plus de 20 arrêtés préfectoraux qui interdisent totalement les manifestations et rassemblements #GiletsJaunes depuis le 17 décembre et jusqu'au 16 janvier.

Le choix d'organiser le #GrandDebatNational dans un territoire où les #GiletsJaunes s'exposent à six mois d'emprisonnement et 7 500 € d'amende s'ils se rassemblent ou manifestent ne peut laisser indifférent.... La liberté de manifester y a été purement et simplement abolie. Tristan Laouen.

(Je me souviens de la consultation de Philippe Meirieu sur l'école au temps du ministre Claude Allègre, c'était en 1997-1998 sur quels savoirs enseigner dans les lycées ? j'avais écrit quelques articles d'esprit critique et civique adressés à mes collègues et aux élèves de mon lycée, le lycée Rouvière à Toulon; juin 1998, je prenais ma retraite; on retrouve ces articles dans le livre à 3 auteurs Pour une école du gai savoir, un livre qui débloque aux Cahiers de l'Égaré, 2004. Je vais participer à cette consultation, en citoyen. Pourquoi ? Même si avec le mouvement des gilets jaunes, une intelligence collective se manifeste (intelligence émotionnelle, du coeur, produisant du chaud, du concret et des idées) chacun est responsable de ce qu'il produit ou pas, de ce qu'il partage ou pas. Simple citoyen, ça veut dire sortir du cadre de mes intérêts personnels, particuliers et m'intéresser à ce qui, d'après les réalistes, ne me regarde pas, l'intérêt général, le bien commun, le vivre ensemble, toutes formules évidentes et obscures. Je trouve juste depuis ma place de tenter de m'élever au niveau des questions d'ensemble. L'instituteur qui a écrit la lettre du président pose-t-il toutes les questions qu'il faut se poser ? Le président a-t-il des idées derrière la tête ? Veut-il nous enfumer ? Ces questions auxquelles je me donne des réponses ne m'interdisent pas de répondre pour moi à ces questions. Cela va m'obliger à formuler mes choix, mes préférences, mes priorités, mes valeurs, comme si j'écrivais un programme politique. Sain exercice qui me servira de boussole pour évaluer les programmes à venir ou existants, d'évaluer les actions en cours. Je ferai preuve d'esprit critique et civique. Esprit critique cela veut dire sans projection d'a priori, de préjugés, de voile idéologique. Esprit civique cela veut dire avec la visée du bien commun, étendu aujourd'hui à l'humanité, à la planète. Cela ne m'empêchera pas de continuer à être citoyen gilet jaune à ma manière.) JCG
 
Voilà la lettre du grand débat national.
Chères Françaises, chers Français, mes chers compatriotes,
Dans une période d’interrogations et d’incertitudes comme celle que nous traversons, nous devons nous rappeler qui nous sommes. La France n’est pas un pays comme les autres. Le sens des injustices y est plus vif qu’ailleurs. L’exigence d’entraide et de solidarité plus forte. Chez nous, ceux qui travaillent financent les pensions des retraités.
Chez nous, un grand nombre de citoyens paie un impôt sur le revenu, parfois lourd, qui réduit les inégalités.
Chez nous, l’éducation, la santé, la sécurité, la justice sont accessibles à tous indépendamment de la situation et de la fortune. Les aléas de la vie, comme le chômage, peuvent être surmontés, grâce à l’effort partagé par tous.
C’est pourquoi la France est, de toutes les nations, une des plus fraternelles et des plus égalitaires. C’est aussi une des plus libres, puisque chacun est protégé dans ses droits et dans sa liberté d’opinion, de conscience, de croyance ou de philosophie.
Et chaque citoyen a le droit de choisir celles et ceux qui porteront sa voix dans la conduite du pays, dans la conception des lois, dans les grandes décisions à prendre.
Chacun partage le destin des autres et chacun est appelé à décider du destin de tous : c’est tout cela, la nation française.
Comment ne pas éprouver la fierté d’être Français ?
Je sais, bien sûr, que certains d’entre nous sont aujourd’hui insatisfaits ou en colère. Parce que les impôts sont pour eux trop élevés, les services publics trop éloignés, parce que les salaires sont trop faibles pour que certains puissent vivre dignement du fruit de leur travail, parce que notre pays n’offre pas les mêmes chances de réussir selon le lieu ou la famille d’où l’on vient.
Tous voudraient un pays plus prospère et une société plus juste.
Cette impatience, je la partage. La société que nous voulons est une société dans laquelle pour réussir on ne devrait pas avoir besoin de relations ou de fortune, mais d’effort et de travail.
En France, mais aussi en Europe et dans le monde, non seulement une grande inquiétude, mais aussi un grand trouble ont gagné les esprits. Il nous faut y répondre par des idées claires.
Mais il y a pour cela une condition : n’accepter aucune forme de violence. Je n’accepte pas, et n’ai pas le droit d’accepter la pression et l’insulte, par exemple sur les élus du peuple, je n’accepte pas et n’ai pas le droit d’accepter la mise en accusation générale, par exemple des médias, des journalistes, des institutions et des fonctionnaires. Si tout le monde agresse tout le monde, la société se défait !
Afin que les espérances dominent les peurs, il est nécessaire et légitime que nous nous reposions ensemble les grandes questions de notre avenir.
C’est pourquoi j’ai proposé et je lance aujourd’hui un grand débat national qui se déroulera jusqu’au 15 mars prochain. Depuis quelques semaines, de nombreux maires ont ouvert leurs mairies pour que vous puissiez y exprimer vos attentes.
J’ai eu de nombreux retours que j’ai pu prendre en compte.
Nous allons désormais entrer dans une phase plus ample et vous pourrez participer à des débats près de chez vous ou vous exprimer sur internet pour faire valoir vos propositions et vos idées. Dans l’Hexagone, outre-mer et auprès des Français résidant à l’étranger.
Dans les villages, les bourgs, les quartiers, à l’initiative des maires, des élus, des responsables associatifs, ou de simples citoyens… Dans les assemblées parlementaires comme régionales ou départementales.
Les maires auront un rôle essentiel car ils sont vos élus et donc l’intermédiaire légitime de l’expression des citoyens. Pour moi, il n’y a pas de questions interdites. Nous ne serons pas d’accord sur tout, c’est normal, c’est la démocratie. Mais au moins montrerons-nous que nous sommes un peuple qui n’a pas peur de parler, d’échanger, de débattre.
Et peut-être découvrirons-nous que nous pouvons tomber d’accord, majoritairement, au-delà de nos préférences, plus souvent qu’on ne le croit. Je n’ai pas oublié que j’ai été élu sur un projet, sur de grandes orientations auxquelles je demeure fidèle.
Je pense toujours qu’il faut rendre à la France sa prospérité pour qu’elle puisse être généreuse, car l’un va avec l’autre.
Je pense toujours que la lutte contre le chômage doit être notre grande priorité, et que l’emploi se crée avant tout dans les entreprises, qu’il faut donc leur donner les moyens de se développer.
Je pense toujours qu’il faut rebâtir une école de la confiance, un système social rénové pour mieux protéger les Français et réduire les inégalités à la racine.
Je pense toujours que l’épuisement des ressources naturelles et le dérèglement climatique nous obligent à repenser notre modèle de développement.
Nous devons inventer un projet productif, social, éducatif, environnemental et européen nouveau, plus juste et plus efficace. Sur ces grandes orientations, ma détermination n’a pas changé. Mais je pense aussi que de ce débat peut sortir une clarification de notre projet national et européen, de nouvelles manières d’envisager l’avenir, de nouvelles idées.
À ce débat, je souhaite que le plus grand nombre de Français, le plus grand nombre d’entre nous, puisse participer.
Ce débat devra répondre à des questions essentielles qui ont émergé ces dernières semaines.
C’est pourquoi, avec le Gouvernement, nous avons retenu quatre grands thèmes qui couvrent beaucoup des grands enjeux de la nation : la fiscalité et les dépenses publiques, l’organisation de l’Etat et des services publics, la transition écologique, la démocratie et la citoyenneté.
Sur chacun de ces thèmes, des propositions, des questions sont d’ores et déjà exprimées.
Je souhaite en formuler quelques-unes qui n’épuisent pas le débat mais me semblent au cœur de nos interrogations.
Le premier sujet porte sur nos impôts, nos dépenses et l’action publique.
L’impôt est au cœur de notre solidarité nationale. C’est lui qui finance nos services publics. Il vient rémunérer les professeurs, pompiers, policiers, militaires, magistrats, infirmières et tous les fonctionnaires qui œuvrent à votre service.
Il permet de verser aux plus fragiles des prestations sociales mais aussi de financer certains grands projets d’avenir, notre recherche, notre culture, ou d’entretenir nos infrastructures. C’est aussi l’impôt qui permet de régler les intérêts de la dette très importante que notre pays a contractée au fil du temps.
Mais l’impôt, lorsqu’il est trop élevé, prive notre économie des ressources qui pourraient utilement s’investir dans les entreprises, créant ainsi de l’emploi et de la croissance. Et il prive les travailleurs du fruit de leurs efforts. Nous ne reviendrons pas sur les mesures que nous avons prises pour corriger cela afin d’encourager l’investissement et faire que le travail paie davantage. Elles viennent d’être votées et commencent à peine à livrer leurs effets.
Le Parlement les évaluera de manière transparente et avec le recul indispensable.
Nous devons en revanche nous interroger pour aller plus loin. Comment pourrait-on rendre notre fiscalité plus juste et plus efficace ? Quels impôts faut-il à vos yeux baisser en priorité ? N
ous ne pouvons, quoi qu’il en soit, poursuivre les baisses d’impôt sans baisser le niveau global de notre dépense publique. Quelles sont les économies qui vous semblent prioritaires à faire ? Faut-il supprimer certains services publics qui seraient dépassés ou trop chers par rapport à leur utilité ? A l’inverse, voyez-vous des besoins nouveaux de services publics et comment les financer ? Notre modèle social est aussi mis en cause. Certains le jugent insuffisant, d’autres trop cher en raison des cotisations qu’ils paient.
L’efficacité de la formation comme des services de l’emploi est souvent critiquée.
Le gouvernement a commencé à y répondre, après de larges concertations, à travers une stratégie pour notre santé, pour lutter contre la pauvreté, et pour lutter contre le chômage Comment mieux organiser notre pacte social ? Quels objectifs définir en priorité ? Le deuxième sujet sur lequel nous devons prendre des décisions, c’est l’organisation de l’Etat et des collectivités publiques. Les services publics ont un coût, mais ils sont vitaux : école, police, armée, hôpitaux, tribunaux sont indispensables à notre cohésion sociale.
Y a-t-il trop d’échelons administratifs ou de niveaux de collectivités locales ?
Faut-il renforcer la décentralisation et donner plus de pouvoir de décision et d’action au plus près des citoyens ?
A quels niveaux et pour quels services ?
Comment voudriez-vous que l’Etat soit organisé et comment peut-il améliorer son action ?
Faut-il revoir le fonctionnement de l’administration et comment ? Comment l’Etat et les collectivités locales peuvent-ils s’améliorer pour mieux répondre aux défis de nos territoires les plus en difficulté et que proposez-vous ?
La transition écologique est le troisième thème, essentiel à notre avenir. Je me suis engagé sur des objectifs de préservation de la biodiversité et de lutte contre le réchauffement climatique et la pollution de l’air.
Aujourd’hui personne ne conteste l’impérieuse nécessité d’agir vite. Plus nous tardons à nous remettre en cause, plus ces transformations seront douloureuses.
Faire la transition écologique permet de réduire les dépenses contraintes des ménages en carburant, en chauffage, en gestion des déchets et en transports. Mais pour réussir cette transition, il faut investir massivement et accompagner nos concitoyens les plus modestes. Une solidarité nationale est nécessaire pour que tous les Français puissent y parvenir.
Comment finance-t-on la transition écologique : par l’impôt, par les taxes et qui doit être concerné en priorité ?
Comment rend-on les solutions concrètes accessibles à tous, par exemple pour remplacer sa vieille chaudière ou sa vieille voiture ?
Quelles sont les solutions les plus simples et les plus supportables sur un plan financier ?
Quelles sont les solutions pour se déplacer, se loger, se chauffer, se nourrir qui doivent être conçues plutôt au niveau local que national ?
Quelles propositions concrètes feriez-vous pour accélérer notre transition environnementale ?
La question de la biodiversité se pose aussi à nous tous. Comment devons-nous garantir scientifiquement les choix que nous devons faire à cet égard ?
Comment faire partager ces choix à l’échelon européen et international pour que nos producteurs ne soient pas pénalisés par rapport à leurs concurrents étrangers ?
Enfin, il est évident que la période que notre pays traverse montre qu’il nous faut redonner plus de force à la démocratie et la citoyenneté. Être citoyen, c’est contribuer à décider de l’avenir du pays par l’élection de représentants à l’échelon local, national ou européen. Ce système de représentation est le socle de notre République, mais il doit être amélioré car beaucoup ne se sentent pas représentés à l’issue des élections.
Faut-il reconnaître le vote blanc ? Faut-il rendre le vote obligatoire ?
Quelle est la bonne dose de proportionnelle aux élections législatives pour une représentation plus juste de tous les projets politiques?
Faut-il, et dans quelles proportions, limiter le nombre de parlementaires ou autres catégories d’élus ?
Quel rôle nos assemblées, dont le Sénat et le Conseil Economique, Social et Environnemental doivent-ils jouer pour représenter nos territoires et la société civile ?
Faut-il les transformer et comment ? En outre, une grande démocratie comme la France doit être en mesure d’écouter plus souvent la voix de ses citoyens.
Quelles évolutions souhaitez-vous pour rendre la participation citoyenne plus active, la démocratie plus participative ?
Faut-il associer davantage et directement des citoyens non élus, par exemple tirés au sort, à la décision publique ?
Faut-il accroître le recours aux référendums et qui doit en avoir l’initiative ?
La citoyenneté, c’est aussi le fait de vivre ensemble. Notre pays a toujours su accueillir ceux qui ont fui les guerres, les persécutions et ont cherché refuge sur notre sol : c’est le devoir de l’asile, qui ne saurait être remis en cause.
Notre communauté nationale s’est aussi toujours ouverte à ceux qui, nés ailleurs, ont fait le choix de la France, à la recherche d’un avenir meilleur : c’est comme cela qu’elle s’est aussi construite.
Or, cette tradition est aujourd’hui bousculée par des tensions et des doutes liés à l’immigration et aux défaillances de notre système d’intégration. Que proposez-vous pour améliorer l’intégration dans notre Nation ?
En matière d’immigration, une fois nos obligations d’asile remplies, souhaitez-vous que nous puissions nous fixer des objectifs annuels définis par le Parlement ?
Que proposez-vous afin de répondre à ce défi qui va durer ?
La question de la laïcité est toujours en France sujet d’importants débats.
La laïcité est la valeur primordiale pour que puissent vivre ensemble, en bonne intelligence et harmonie, des convictions différentes, religieuses ou philosophiques.
Elle est synonyme de liberté parce qu’elle permet à chacun de vivre selon ses choix. Comment renforcer les principes de la laïcité française, dans le rapport entre l’Etat et les religions de notre pays ?
Comment garantir le respect par tous de la compréhension réciproque et des valeurs intangibles de la République ?
Dans les semaines qui viennent, je vous invite à débattre pour répondre à ces questions déterminantes pour l’avenir de notre nation. Je souhaite aussi que vous puissiez, au-delà de ces sujets que je vous propose, évoquer n’importe quel sujet concret dont vous auriez l’impression qu’il pourrait améliorer votre existence au quotidien.
Ce débat est une initiative inédite dont j’ai la ferme volonté de tirer toutes les conclusions. Ce n’est ni une élection, ni un référendum. C’est votre expression personnelle, correspondant à votre histoire, à vos opinions, à vos priorités, qui est ici requise, sans distinction d’âge ni de condition sociale. C’est, je crois, un grand pas en avant pour notre République que de consulter ainsi ses citoyens.
Pour garantir votre liberté de parole, je veux que cette consultation soit organisée en toute indépendance, et soit encadrée par toutes les garanties de loyauté et de transparence.
C’est ainsi que j’entends transformer avec vous les colères en solutions.
Vos propositions permettront donc de bâtir un nouveau contrat pour la Nation, de structurer l’action du Gouvernement et du Parlement, mais aussi les positions de la France au niveau européen et international.
Je vous en rendrai compte directement dans le mois qui suivra la fin du débat. Françaises, Français, je souhaite que le plus grand nombre d’entre vous puisse participer à ce grand débat afin de faire œuvre utile pour l’avenir de notre pays.
En confiance,
Emmanuel Macron
 
Et en même temps
Phrases vexantes et "vérités" ? d'Emmanuel Macron
"Il y a, dans cette société (Gad), une majorité de femmes. Il y en a qui sont, pour beaucoup, illettrées" (09/2014)
"Avec ma ligne d’autocars, les pauvres pourront voyager plus facilement" (10/2014)
"Je ne suis pas là pour protéger les jobs existants" (12/2014)
"Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires" (janvier 2015)
"Si j’étais chômeur, je n’attendrai pas tout des autres. J’essaierai de me battre d’abord" (02/2015)
"Je pense qu’il y a une politique de fainéants, et il y a une politique d’artisans. Moi, je suis avec les artisans" (02/2015)
"Les salariés français sont trop payés" (03/2015)
"La France est en deuil d’un roi" (07/2015)
"Je compte sur vous pour engager plus d’apprentis. C’est gratuit quand ils sont mineurs" (08/2015)
- "Être élu est un cursus d’un ancien temps" (09/2015)
"Le libéralisme est une valeur de gauche" (09/2015)
"Les jeunes veulent être entrepreneurs, pas fonctionnaires" (09/2015)
"Je n’aime pas ce terme de modèle social" (10/2015)
"Bien souvent, la vie d’un entrepreneur est bien plus dure que celle d’un salarié, il ne faut pas l’oublier. Il peut tout perdre, lui, et il a moins de garanties" (01/2016)
"Les salariés français doivent pouvoir travailler plus sans être payés plus, si les syndicats majoritaires sont d’accord" (01/2016)
"Vous n’allez pas me faire peur avec votre tee-shirt. La meilleure façon de se payer un costard, c’est de travailler" (05/2016)
"35 heures, pour un jeune, ce n’est pas assez" (11/2016)
"Je ne vais pas interdire Uber et les VTC, ce serait les renvoyer vendre de la drogue à Stains" (11/2016)
"L’alcoolisme et le tabagisme se sont peu à peu installés dans le bassin minier" (01/2017)
"Le chômage de masse, en France, c’est
parce que les travailleurs sont trop protégés" (02/2017)
"Les Britanniques ont la chance d’avoir eu Margaret Thatcher" (02/2017)
"Il n’y a pas de culture française (…) Moi, l’art français, je l’ai jamais vu" (02/2017)
"C’est une erreur de penser que le programme est le cœur d’une campagne électorale. La politique, c’est mystique" (02/2017)
"Une start-up nation est une nation où chacun peut se dire qu’il pourra créer une start-up. Je veux que la France en soit une" (04/2017)
"Je suis pour une société sans statuts" (03/2017)
"Vu la situation économique, ne plus payer les heures supplémentaires est une nécessité" (04/2017)
"Le Kwassa-Kwassa pêche peu, il amène du Comorien" (06/2017)
"Une gare, c’est un lieu où l’on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien" (06/2017)
"Je ne veux plus, d’ici la fin de l’année, avoir des femmes et des hommes dans les rues, dans les bois, ou perdus" (07/2017)
"Je n’aime pas le terme de pénibilité. Donc, je le supprimerai, car il induit que le travail est une douleur" (07/2017)
"Quand tu es Président, ce n’est pas le moment où tu gagnes le plus d’argent" (08/2017)
"Je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes" (09/2017)
"Mes conseillers sont jeunes, j’assume. Les maréchaux d’Empire étaient jeunes et ce n’étaient pas des paysans" (09/2017)
"Les révolutionnaires sont souvent des ratés du suffrage universel" (09/2017)
"La démocratie ne se fait pas dans la rue" (09/2017)
"Certains, au lieu de foutre le bordel, ils feraient mieux d’aller regarder s’ils ne peuvent pas avoir des postes, là-bas, parce qu’il y en a qui ont les qualifications, et ce n’est pas loin de chez eux" (10/2017)
"Je ne suis pas le père Noël" (en Guyane, 10/2017)
« Je crois à la cordée. Il y a des hommes et des femmes qui réussissent parce qu’ils ont du talent, je veux qu’on les célèbre. Si on commence à jeter des cailloux sur les premiers de cordée, c’est toute la cordée qui dégringole" (10/2017)
"Si vous n’êtes pas en danger, il faut retourner dans votre pays" (11/2017)
"Ceux qui naissent pauvres restent pauvres. Il faut responsabiliser les pauvres pour qu’ils sortent de la pauvreté" (06/2018)
"On met un pognon de dingue dans les minima sociaux, et les gens ne s’en sortent pas" (06/2018)
"Je dis aux jeunes : Ne cherchez plus un patron, cherchez des clients" (06/2018)
"Si un jour tu veux faire la révolution, tu apprends d’abord à avoir un diplôme et à te nourrir toi-même" (07/2018)
"S'ils veulent un responsable, qu'ils viennent me chercher" (à propos de l'affaire Benalla, 07/2018)
Ce peuple luthérien, qui a vécu les transformations de ces dernières années, n’est pas exactement le Gaulois réfractaire au changement ! (08/2018)
Face à un jeune chômeur Macron indique : « je traverse la rue et je vous trouve un emploi ... je veux simplement des gens qui sont prêts à travailler »
Journée du Patrimoine l’Elysée 09/2018
"Trop de Français n'ont pas le sens de l'effort, ce qui explique en partie les "troubles" que connaît le pays, vendredi 11/1/2019

 

La plainte déposée par Jean-Marc Adolphe à la gendarmerie de Fère-en-Tardenois aussi célèbre que Grand Bourgtheroulde (où 600 maires de la France profonde ont ovationné un malotru en chemise, parlant de crack et de pipe, messages subliminaux)) me fait penser à Vaclav Havel (auteur de "L'amour et la vérité doivent triompher de la haine et du mensonge"); dissident de la Charte 77, auteur de « Le Pouvoir des sans-pouvoir », écrit en prison en 1978, dans lequel il analyse les mécanismes de la mauvaise raison d’État (stalinien) qui prive selon lui les citoyens ordinaires de toute capacité d'influer sur le cours réel de leur vie : mécanismes qui conduiraient à la résignation des individus et aussi à leur démission morale, stérilisant en fait la dynamique sociale; en novembre 1989, il est spontanément placé par la foule à la tête du mouvement « Forum civique », une association unie des mouvements d'opposition et d'initiative démocratique; il y aurait à apprendre de la révolution de velours (très différente des révolutions orange, télécommandées)
il me semble que la démarche de Jean-Marc Adolphe vise entre autre à redonner aux mots leur sens, leur vérité contre les usages performatifs et oxymoriques (le fameux "en même temps", dualité et neutralité typiques de la propagande de Macron) qu'avait bien perçu Lewis Carroll; 
- Lorsque j'utilise un mot, dit Humpty Dumpty avec mépris, il signifie exactement ce que je choisis qu'il signifie — ni plus, ni moins.
- La question est de savoir si vous pouvez faire signifier aux mots autant de choses différentes, dit Alice.
- La question est de savoir qui est le maître, et rien d'autre, dit Humpty Dumpty. 

La position de Humpty-Dumpty a été ultérieurement théorisée par JL Austin dans Quand dire, c'est faire (1962), inaugurant les recherches sur les usages performatifs du langage
 

J'avais voulu faire créer la totalité du théâtre de Havel (voir Donjon Soleil), accusé de didactisme, pour montrer l'efficacité de ce théâtre de l'absurde, à l'image du langage officiel stalinien où les mots étaient à l'opposé de la réalité, il fallait donc dévoiler cette imposture et cet usage immoral du langage, ce qu'il fit avec brio et constance, même devenu président; 
cette démarche de Jean-Marc Adolphe, solitaire ou multipliée par des milliers, contribuera-t-elle à moraliser le monde des mots affirmateurs puis négateurs des maux ? Macron ne changera pas mais les gens peuvent vouloir que les mots redeviennent vivants parce que chargés de sens, de vie, de vérité. Merci pour ce coup d'épée dans le vif du mensonge d'état "démocratique". Oui, la bataille en cours a aussi pour enjeu le sens des mots.

 

réservations auprès de Marilyne Brunet, en MP ou par mail à FEDERATION.GJ.TOULON.VAR@TUTANOTA.COM
A l initiative de Gilets jaunes du grand Toulon, Dimanche 20 janvier 2019 de 10h à 12h30 le cinéma "le Royal" accueille les GJ et tout sympathisant ou simple curieux bienveillant qui souhaite apporter sa pierre à l'édifice des assemblées populaires. Partagez, et venez nombreux ! Réservez votre place en mp.
La direction du cinéma le Royal, lieu emblématique à Toulon, sensible et favorable aux débats citoyens et aux assemblées populaires, met gracieusement sa grande salle de projection à disposition. Nous l'en remercions bien chaleureusement.
Proposition d'ordre du jour :
-- Assemblée populaire / Réunion pour la fédération des groupes gilets jaunes du grand Toulon --
-> Donner suite au premier rassemblement du mercredi 26 décembre organisé à la salle Méditerranée, autour d'un fonctionnement autogéré par zone géographique, par pôles et sans représentant, pour l'union des ressources et la coordination des actions ;
-> Valider le schéma structurel issu de ces débats ;
-> Adoption du principe d'un site web corrélé à cette fédération : état des lieux des travaux en cours, à usage interne et/ou externe ;
-> Inscriptions des participants aux groupes de réflexion existants ( Ecologie. Démocratie, Economie et Social . Education ) création de nouveaux groupes par les participants ;
- propositions de futurs sujets de réflexion pouvant donner lieu à des projections de films et / ou à des interventions de différents spécialistes suivis de débats.
-> Une réunion qui en appelle d'autres, pour établir la synthèse des réflexions de chaque groupe et aborder collectivement des sujets déterminants (choisis à l'issue de chaque réunion) ;
Une trentaine de groupes de gilets jaunes (France entière) ont déjà répondu favorablement au second appel de Commercy pour "l'assemblée des assemblées" pour le 26 janvier ! (voir vidéo ci-dessus)

Position d'Alain Badiou
Je laisse cette réponse d'Alain Badiou à France 2 à votre réflexion.
Cher Monsieur,
Je vous remercie, ainsi naturellement que Léa Salamé, de votre invitation. Je n’ai, croyez-le bien, aucune opposition de principe concernant une participation à « Stupéfiant ». Je tiens seulement à vous expliquer pourquoi je ne souhaite pas paraître, en ce moment, dans des émissions traitant de l’actualité politique. J’ai déjà du reste donné ces explications à Frédéric Taddeï, qui m’avait invité, comme il l’a déjà très souvent fait dans le passé – ce dont je le remercie – à venir parler de l’épisode « gilets jaunes » sur RTF.
Il faut partir d’une considération générale : il existe parfois, dans les situations sociales, nationales, politiques, ce que j’appelle des fausses contradictions. A savoir des contradictions, éventuellement violentes, mais dont aucun des deux termes ne mérite d’être choisi ou soutenu. Pensons par exemple à la guerre de 14-18 : fallait-il obligatoirement choisir son camp pour cette tuerie finalement totalement vaine, et ce pour la seule raison qu’on était français, allemand, russe, ou italien ? Ceux qui, comme Romain Rolland ou Trotski ont répondu « non », et en ont averti l’opinion mondiale depuis la Suisse, avaient, si peu nombreux soient-ils, entièrement raison. Aujourd’hui, Dieu merci dans une situation infiniment moins dramatique, faut-il absolument choisir entre le gouvernement Macron et les gilets jaunes ? Pour le moment en tout cas, je ne le pense pas. J’ai dit fermement, dès les élections présidentielles, que je ne me rallierai ni à Marine Le Pen, capitaine de l’extrême-droite parlementaire, ni à Macron, qui montait ce que j’ai appelé « un coup d’Etat démocratique », au service pseudo-réformateur du grand capital.
Aujourd’hui, je ne change évidemment rien à mon jugement sur Macron. Mais je n’ai rien trouvé de politiquement novateur ou progressiste dans la mobilisation des gilets jaunes, si exact que puisse être leur sentiment de baisse du pouvoir d’achat, et si justifié que puisse être leur dégoût du pouvoir en place. Les ennemis de mes ennemis ne sont bien souvent, non seulement pas mes amis, mais des ennemis encore pires. Ainsi de Marine Le Pen au regard de Macron, par exemple. Je ne dis pas que ce soit le cas des gilets jaunes, mais je ne lis rien, ni dans leurs proclamations, ni dans leur désorganisation périlleuse, ni dans leurs formes d’action, ni dans leur absence de pensée générale et de mots d’ordre, qui puisse me convaincre qu’ils sont les amis, même éloignés, de la seule orientation qu’on puisse valablement opposer au pouvoir en place, dont le seul nom réel est « capitalisme », à savoir celle que je nomme le nouveau communisme. Divers indices, notamment des traces évidentes de nationalisme à courte vue, d’hostilité latente aux intellectuels, de « démocratisme » démagogique, et de confusion dans les discours, m’inclinent d’ailleurs à être prudent dans toute appréciation de ce mouvement. Car après tout, il y a un proverbe qui dit que « tout ce qui bouge n’est pas rouge ». Et pour le moment, du « rouge », il n’est pas question : je ne vois, outre le jaune, que du tricolore, toujours un peu suspect à mes yeux.
Au regard d’une fausse contradiction, le mieux est de s’abstenir de tout jugement prématuré, de se retirer sur l’Aventin pour apprécier les éventuels changements induits par le mouvement, et de rassembler, si c’est possible, un troisième terme gardien de l’avenir. Voilà ce que je voulais vous dire pour justifier ma réponse négative, circonstanciellement négative, à votre invitation. Merci encore, et bien à vous.
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Le couple conscient/Lydie Bader

14 Janvier 2019 , Rédigé par grossel Publié dans #J.C.G.

 par temps de gilets jaunes, il n'est pas anecdotique de lire ce livre; hommes et femmes des ronds-points et des avenues, boulevards, rues, places, comment se rencontrent-ils, se parlent-ils ? quelles visions de la vie, du sens de la vie ont-ils ? 50 ans d'évolution des mentalités ne sont-ils pas à prendre en compte ?

par temps de gilets jaunes, il n'est pas anecdotique de lire ce livre; hommes et femmes des ronds-points et des avenues, boulevards, rues, places, comment se rencontrent-ils, se parlent-ils ? quelles visions de la vie, du sens de la vie ont-ils ? 50 ans d'évolution des mentalités ne sont-ils pas à prendre en compte ?

Le couple conscient

Lydie Bader

Dangles 2008

 

Comment découvre-t-on un livre important ? Surtout paru, 10 ans avant. Pas en librairie. À l'occasion d'un échange avec des amis en recherche. Il faut des proximités dans les cheminements spirituels, intérieurs et partagés (le cercle de lecture qui fonctionne depuis 2 fois au Cercle du Revest est un tel lieu d'échanges, 7 à 11 personnes se retrouvent pendant deux heures et parlent de livres les accompagnant)

Le couple conscient est un livre qui malgré ses 10 ans parle très justement de l'évolution des identités masculines et féminines, des évolutions des couples et des familles (avec les enfants), en lien avec des évolutions sociétales. Le pluriel s'impose car la cartographie dessinée par Lydie Bader révèle la variété, l'hétérogénéité des cheminements inconscients, conscients, destructeurs, régressifs, authentiques, responsables. Cette variété des cheminements est illustrée par 62 fiches de films, dont nombre de films majeurs qu'il serait bon de revisionner 40 ou 50 ans après. Ce choix du cinéma pour illustrer les propos des 25 Essais montre en quoi le 7° art sait voir et donner à voir ce qui s'apparente à des cas cliniques.

L'année charnière est 1968 avec toutes les libérations, émancipations qui en ont découlé. Mais il ne suffit pas d'un mouvement collectif, de mouvements collectifs, d'intelligence collective pour que les parcours individuels ou de couple se libèrent, s'émancipent des patterns sclérosants, des modèles de comportement acquis dès l'enfance par imitation, répétition et sous la contrainte. Formatés comme on dit aujourd'hui, on n'a pas nécessairement conscience qu'on véhicule par exemple une culpabilité judéo-chrétienne liée aux tabous concernant le corps, la nudité, la sexualité infantile, la sexualité adolescente, adulte. La conscience de cette culpabilité ne suffit pas non plus à nous en débarrasser. Il y faut un travail sur soi qui n'est possible que quand on a compris que ce nettoyage des contentieux entre hommes et femmes, ce nettoyage du poids des traditions, des non-dits est de notre responsabilité personnelle, quand on s'affranchit de la position victimaire, qu'on s'affranchit du renvoi de la responsabilité de notre situation (personnelle, de couple, de mère, de père) sur l'autre, le bourreau (la société, l'époux, le père, la mère, l'épouse).

La lecture des fiches (62) est passionnante et éprouvante. Passionnante parce que facilitant des retours sur images de films vus, il y a si longtemps, parce que donnant l'envie de voir des films non vus, je pense à Mary de Ferrara ou à Eternal sunshine in a spotless mind de Michel Gondry. Éprouvante parce que s'y étalent les souffrances vécues par jeunes filles, jeunes hommes, hommes immatures, femmes-enfants, femmes objets, machos, femmes et hommes absents à eux-mêmes, un enfer dantesque. Ces souffrances sont souvent le prix à payer pour une inconscience, un refus de bouger, un refus de se remettre en question, un choix illusoire (« l'amour romantique », le mariage par sécurité...). Certains vont jusqu'au sacrifice, suicide, viol accepté, vide existentiel, dépression. Le film non cité de Claude Lelouch, Il y a des jours … et des lunes (1989), parcourt magistralement toute la gamme des relations humaines, de l'attirance au rejet ; treize personnages se cherchent, s'évitent, se croisent.

L'apport essentiel de ce livre est de mettre l'accent sur ce que j'appelle la route de la soie spirituelle qui s'est développée depuis 50 ans. Nous sont venues d'Extrême-Orient des doctrines, des sagesses, des pratiques ouvrant sur l'intelligence du cœur, sur le pouvoir de l'amour (à entendre comme énergie universelle animant tout ce qui vit, qui échange et pas seulement l'état amoureux, la passion = une maladie). L'intuition, la compassion, la mise entre parenthèses du mental, le laisser venir, le lâcher-prise, la bienveillance, l'acceptation de ce qui advient, l'ouverture, l'accueil à l'inattendu, le refus de la projection d'a priori, préjugés sur une personne, une situation sont des apports venus de loin dans l'espace et dans le temps qui changent la vision de l'homme, de la femme, qui tentent d'équilibrer féminin et masculin en chacun des deux, qui tentent de faire la lumière sans oublier la part d'ombre que chacun porte en lui.

Je ne doute pas que ces changements, souvent douloureux, nourrissent le mouvement des Gilets jaunes. Les femmes y sont très représentées. La parole y semble libre. L'écoute semble au rendez-vous. Avec des envies de vie et non plus seulement de survie. À lire donc dans le contexte d'aujourd'hui où un mouvement collectif entraîne les histoires individuelles, chacune à partir de là où en sont des êtres concrets, produisant de l'intelligence collective ne dispensant pas d'un travail personnel. JCG

 

Le couple conscient propose une réflexion sur l'évolution du couple, dans une vision dynamique d'un monde en mutation, qui a accès aujourd'hui à une conscience plus adulte, permettant de sortir des répétitions sans fin du passé et de devenir responsable de son propre chemin de vie. Au cœur de l'Essai, les deux énergies fondamentales dans toute relation - le masculin et le féminin - sont envisagées dans des échanges nouveaux de partage et de coopération. Le cheminement vers la conscience de soi et la responsabilité ouvre une nouvelle étape de croissance dans l'évolution de l'humanité. Au cours des quarante dernières années, l'intelligence du cœur en tant que partage, solidarité, coopération, conscience humaine s'est imposée peu à peu et propulse l'individu et le couple vers une dimension de conscience spirituelle qui éclaire le sens des anciens héritages et ouvre la voie à une vie créative. Le couple conscient, porteur d'une compréhension synthétique de son histoire, permet d'envisager une famille consciente où la venue de l'enfant s'inscrit dans une responsabilité adulte. L'Essai est illustré de " cas cliniques " puisés dans le cinéma mondial, qui montrent combien le 7e art témoigne en profondeur, avec intelligence et sensibilité de l'Histoire en marche de l'humanité, et combien l'impact qu'il provoque chez le spectateur peut contribuer au cheminement vers la connaissance et la compréhension de soi.

 

Présentation

Première Partie - Essai : LE COUPLE CONSCIENT 25 essais dont
État des lieux de l’ancien monde – Mai 68 – Le changement inévitable - L’héritage du passé et ses conséquences – La mère et le père, entre toute-puissance et absence - Nouvelle étape de croissance dans le processus évolutif - La responsabilité personnelle - État des lieux au début du 3e millénaire Le débat sur la souffrance des hommes - De la loi du père sévère à la loi du père laxiste

Deuxième partie – Cas cliniques : EXPÉRIENCE CINÉMATOGRAPHIQUE 62 fiches de films sur
La mère et le père - La femme soumise et dépendante - La femme prostituée - La femme qui essaye de s’en sortir, la femme rebelle, révoltée - L’homme en crise - Les blessures du passé et du présent - Les couples et leurs crises - La passion, la sexualité, l’influence de la religion - Le mirage, l’illusion, le rêve

Lydie Bader, est psychothérapeute à Lyon. Dans sa pratique, elle propose une approche globale de la personne, qui intègre la dimension spirituelle. 
L’écriture du « Couple conscient » est l’aboutissement d’une recherche qui ressent la nécessité de faire la synthèse entre Orient et Occident, rationalité et sensibilité, et entre des approches occidentales et orientales de la psychologie. La réflexion de l’Essai est nourrie à la fois par le travail clinique, l’observation d’un monde en mutation et un travail spirituel.

Extraits : Nouvelle étape de croissance dans le processus évolutif : la responsabilité personnelle 

« L’immaturité et la souffrance affectives constituent une constante récurrente présente chez les personnes qui viennent me consulter. Leur vécu appartient à l’histoire du siècle dernier et a pour cadre des contextes où les mères ont été dominantes dans l’éducation de leurs enfants. Cet état des choses s’est en effet mis en place dans une période historique marquée par des générations de parents qui n’avaient pas une conscience claire du développement de l’enfant et de sa croissance vers une autonomie adulte. C’est dans ce contexte « peu éclairé » par une conscience psychologique que les femmes ont occupé le terrain, en essayant d’être de « bonnes mères ». La responsabilité des pères est tout aussi importante car elle s’est très souvent inscrite en creux dans l’absence et la distance. Ce qui nous semble aujourd’hui un comportement inadéquat, à ajuster, a correspondu à un moment donné à une normalité. Nous constatons aujourd’hui l’immaturité affective qui en est la conséquence. Un regard plus éclairé peut mesurer l’ignorance et le manque de conscience qui en toute « bonne foi » ont mis en place ces situations dont les effets sont bien présents au début du troisième millénaire. Les reproches aux générations passées n’ont pas lieu d’être dans une perspective d’évolution de l’individu. Chaque génération a fait au mieux avec l’ouverture d’esprit et la conscience propres à son époque. Les manques et les blessures dont nous héritons constituent les empreintes du travail d’évolution à réaliser dans la vie à venir pour les générations futures. Chaque individu naît dans un contexte à partir duquel il est amené à évoluer. Les limites de ce contexte contiennent les germes de son évolution future.

Il me semble que nous entrons dans une nouvelle étape de croissance dans le processus évolutif, grâce à une conscience plus éclairée et à une maturation des individus. Ce processus évolutif qui s’est imposé ces quarante dernières années a remis en question le modèle de vies linéaires bien clôturées et sans surprise, et a touché tous les niveaux de la vie individuelle. Accepté ou non, il a ouvert ce qui était figé et inadapté à la situation nouvelle. C’est comme si le potentiel de l’humanité avait actualisé de nouvelles possibilités grâce à une compréhension plus éclairée du chemin à parcourir.

Il est difficile pour les jeunes générations de comprendre l’énorme saut en avant qui a été accompli en quarante ans. La remise en question de l’obéissance aveugle à des forces d’oppression et d’autorité a ouvert le champ de la responsabilité personnelle et de la réflexion après mai 68. Les individus progressent aujourd’hui vers un état plus adulte, grâce à une prise de conscience de leur responsabilité personnelle dans ce qui leur arrive et de leurs possibilités d’action.

Ce qu’on a parfois appelé « l’émergence spirituelle » à partir des années 70-80 reste une dimension un peu floue, semblable à une zone sans repères où l’individu tâtonne à la recherche d’une identité plus entière, comme poussé par une force intérieure animée d’une énergie nouvelle qui s’impose.

La capacité d’assumer une responsabilité personnelle dans son propre cheminement, au-delà des normes et des possibilités officielles et reconnues, me semble un indicateur intéressant de la maturité en train d’émerger dans la société actuelle, et que je constate dans la démarche thérapeutique en particulier. Elle me semble en lien avec une ouverture d’esprit et une attitude intérieure capables de ressentir et de décider ce qui est bon pour soi, comme si les anciens repères étaient en décalage avec les besoins nouveaux. Cette nouvelle attitude, à l’opposé de l’état d’esprit de « l’État providence » se démarque par une capacité « d’investir » pour soi afin de cheminer vers un bien-être ou un mieux-être. Cet investissement non remboursé par la Sécurité Sociale engage la responsabilité de l’individu et suppose une réflexion par rapport à ses propres choix.

Pour moi, ces nouvelles attitudes constituent un chemin de maturité, dans lequel un individu autonome a coupé les cordons ombilicaux le reliant à des repères auxquels il a besoin d’ajouter de nouvelles dimensions. »

 

Lydie Bader
 

Commentaires sur quelques idées phares du livre :

L’auteur commence par situer le contexte de son propos en relatant les nombreux changements de ces 40 dernières années, subi par le monde occidental.

« Ces bouleversements ont modifié les comportements et les besoins des individus dans leur vie relationnelle, sociale, familiale et intime.
[…] Cette situation nouvelle touche tous les individus. Ils y répondent souvent par des attitudes opposées d’adhésion, de confiance et d’ouverture, ou bien de refus de peur et de repli sur soi.»

L’auteur met en avant la quête de sens qui anime désormais tout un chacun. Celui de trouver le sens de sa vie dans un monde qui souffre de par ces paradoxes et ces contradictions.
Pour elle, « la question du sens s’inscrit aujourd’hui dans la réflexion prioritaire de l’individu qui cherche un nouveau souffle, dégagé des anciens conditionnements, des anciens préjugés et des anciennes habitudes » .

Nous savons que conditionnements, préjugés et habitudes sont des éléments tenaces et pouvant selon moi s’inscrire dans un inconscient collectif et/ou familial… Il s’agit ici d’un enchevêtrement qui s’élabore depuis notre prime enfance en suivant les étapes connues du développement de l’enfant. Ce dernier est relatif à la relation avec la mère, le père, la famille nucléaire, les pairs, l’école et pour finir les formations ainsi que le travail. En incluant toutes les expériences et les caractéristiques de la personnalité de chacun dans toute leur unicité. Il apparaît donc clairement que cette quête et ce souhait de s’en dégager n’est pas une mince affaire. C’est pourquoi je pense en tant qu’éducatrice spécialisée que dans le contexte mondial actuel il peut être sain de réapprendre la recherche du sens de la vie et donc la compréhension du passé, pour faciliter celle du présent et permettre l’anticipation du futur. Aussi bien d’un point de vue personnel et donc relatif à soi et à sa famille que d’un point de vue global en ce qui concerne la planète Terre.
De nos jours, « l’hyperconnectivité », les infos Tv font que nous pouvons avoir un œil sur la planète tout en restant aveugles…

« « Le « Village global » évoqué au début des années 70 est devenu notre réalité quotidienne. Que nous le voulions ou non, nous faisons partie de la grande famille humaine en marche vers son avenir. Cette ouverture de nos vies à l’échelle mondiale est source de peur chez beaucoup d’individus. » .

Et pour cause ! C’est notre conception de l’humanité dans toute sa diversité qui a changé entièrement ! Anciennement, les informations nous parvenaient avec du recul, les histoires d’atrocités lointaines paraissaient irréelles et les générations des années 90 en Europe grandissaient dans un climat de relative paix, mais les années passent et les enfants grandissent en même temps que la prolifération des réseaux internet dans le monde !! Ouvrant la communication sur la planète entière, permettant l’accès aux images les plus atroces en temps réel, donnant la possibilité à de nombreux humains de s’exprimer, d’analyser, de contester, de proposer, d’exister aux yeux du monde entier et par là même de voir le monde entier exister devant leurs yeux ! Quel choc de se rendre compte que les villages reconstruits du Moyen-âge, les histoires sur les famines sont encore une réalité de nos jours dans certaines parties du monde !!! Qui plus est par la faute des êtres humains !!!

« La remise en question de la société en mai 68, les hippies, le mouvement d’émancipation des femmes, les voyages entre Orient et Occident […] ont participé d’une manière ou d’une autre à une évolution dont nous ne percevons peut-être pas encore tous les effets » .

L’auteur poursuit en abordant le principe médian qu’elle définit comme la voix de l’âme ou de la conscience supérieure et explique que ce dernier devient une réalité du monde aujourd’hui […] « Au-delà de la conscience du mental analytique séparateur, elle s’extériorise à travers toutes les manifestations individuelles et collectives qui appellent à plus d’équilibre, de partage et de coopération dans le respect de la dignité humaine et aussi de façon spectaculaire lors de grandes catastrophes, quand la souffrance humaine balaie les résistances et donne accès à la dimension du cœur, à l’amour fraternel qui offre généreusement son aide et abolit les frontières de l’égoïsme. Cette vitalité du cœur n’est pas encore inscrite dans un comportement régulier, mais elle est possible et constitue un espoir pour l’évolution de l’humanité. » .

L’espoir de voir comme le dit la chanson, les premiers devenirs les derniers et inversement. Où de manière plus idéologique espérer un peu plus d’égalité pour l’humanité. Cesser de voir la souffrance partout et devoir pour la rendre plus supportable détourner les yeux ou endormir son cerveau en le plaçant littéralement sur le mode pause ! Plongeant jusqu’au cou dans les jeux d’argent, les séries TV, les drogues, l’alcool et tout ce qui peut détourner notre attention, tout ce qui peut anesthésier nos sens et surtout, surtout faire disparaît tout ce mal-être qu’on distingue assez mal !

Lydie Bader expose une vision différente, « aujourd’hui je propose l’âme comme expérience à vivre, au-delà du mental qui analyse et décortique. La connaissance de l’âme ne relève pas de la religion, mais d’une psychologie qui relie le psychisme inférieur au psychisme supérieur. Le psychisme inférieur est le champ d’exploration de la psychologie traditionnelle qui organise l’investigation humaine autour du conscient et de l’inconscient de la personnalité. Les limites de cette exploration ont déjà été pointées par le précurseur qu’a été C.G.Jung qui, avec l’inconscient collectif, à relié l’être humain à son destin collectif et à son potentiel qu’il appelle l’expérience de l’âme » . L’auteur pense en tant que psychothérapeute et je le pense également en tant qu’éducatrice spécialisée, que quelqu’un (patient-public) vient en thérapie (en rendez-vous) « accompagné non seulement de sa famille personnelle, au sens symbolique du mot, mais aussi de la grande famille humaine à laquelle il appartient et dont il partage l’héritage » .

État des lieux de l’Ancien Monde : Mai 68, le changement inévitable.

« La révolte des étudiants en mai 68 a servi de déclencheur à cet énorme changement indispensable et salvateur. « Il est interdit d’interdire », l’imagination au pouvoir », furent des slogans récurrents au cours de ces mois ardents ou les étudiants renvoyèrent dos à dos l’Église, l’ordre, la morale, les familles et les institutions. Les repères religieux et familiaux étaient devenus des carcans d’asservissement à travers leurs dogmes et leurs structures cristallisées. Leur fonctionnement avait organisé l’écrasement de la sensibilité, de l’imagination et de la maturation des individus. […] La violence de mai 68 dans les actes et dans les mots donna la mesure des souffrances accumulées à travers une soumission silencieuse et passive et sonna le glas de la répression prolongée des hommes et des femmes.
Elle marqua la fin de la domination de la culture judéo-chrétienne qui avait imposé un clivage entre le corps et l’esprit, entre les valeurs matérielles et spirituelles et donc entre les valeurs masculines et féminines.

Le péché et la culpabilité, ainsi que la peur de l’enfer et de la damnation éternelle avaient conditionné des générations d’individus à obéir aux diktats de la théologie. Le message d’amour du Christ « Aimez-vous les uns les autres » avait depuis longtemps été remplacé par un message de terreur, au nom du pouvoir, du contrôle, de l’ordre et de la morale.

Les hommes avaient occupé le devant de la scène politique, culturelle, sociale et religieuse et avaient pris en main l’évolution du monde. La condition des femmes marquée du sceau de l’infériorité par le corps tabou avait été surtout canalisée vers les rôles de mères, d’épouses, de religieuse, de vierges et de saintes, ou à l’autre extrême de prostituées. Les années 60 marquèrent d’une certaine façon le paroxysme d’une situation devenue intolérable et certainement aussi dépassée. Les rôles dévolus aux hommes et aux femmes volèrent en éclats d’un seul coup.

Après une très longue période passée à obéir comme une enfant obéit à ses parents, l’humanité occidentale avait grandi au point de devenir un adolescent. Sa crise d’adolescence explosa comme un grand feu libérateur en mai 68. La jeunesse des années 60 sentit le besoin de couper le cordon ombilical avec un héritage devenu trop lourd- la soumission à une morale et à une autorité rigides et intransigeantes – et revendiqua le droit de décider ce qui était bon pour elle. Les digues de la morale furent emportées par le flot des nouveaux désirs qui s’exprimèrent avec la fougue et l’impétuosité d’énergies trop longtemps contenues et réprimées.

Il devint interdit d’interdire. À la soumission aveugle de nos parents aux codes moraux succéda pour les nouvelles générations l’impérieux besoin de faire l’expérience de la vie. Au début des années 60, la découverte des philosophies orientales avait semé les germes d’une autre vision de l’existence et de relation à l’univers. La toute-puissance de la logique masculine fut confrontée à la découverte de la sensibilité et de l’intuition des Orientaux.
[…] Dans la foulée de mai 68, les femmes se réveillèrent et commencèrent leur longue marche pour sortir du ghetto où elles étaient emprisonnées depuis trop longtemps.
[…] La Loi de Neuwirth (1967) et la loi de Veil ( 1975) donnèrent aux femmes le droit de disposer de leur corps et la possibilité d’une sexualité orientée vers le plaisir. La pilule et la possibilité de recourir à une I.V.G en cas de grossesse non désirée commencèrent à transformer la vie des couples » .

Je pense que cela n’a pas transformé que la vie des couples !! Nous savons à présent que l’arrivée d’un enfant sera vécue de différentes manières selon qu’elle est désirée ou non. Prenons la perspective d’un enfant désiré par les deux futurs parents doté d’un peu de recul et de réflexion concernant cette importante décision. L’investissement psychique des parents permettra dans l’idéal d’établir des relations saines. Je veux dire par là que cette démarche permet et facilite le travail qui consiste pour chaque mère à mettre toutes les chances de son côté afin de respecter l’ensemble des conseils relatifs à sa grossesse. Je pense que cette conscience des choses par le couple, facilite pour la maman son abstention face à l’absorption de substances néfastes pour l’enfant et aux comportements violents pendant cette période un peu particulière qu’est une grossesse.
Parce que nous savons, que le stress pour les mamans est loin d’être positif pour leurs corps et donc pour celui de leur invité. Nous savons que le bébé entend dans les derniers mois passés dans le ventre de sa mère qu’il est sensible à la musique, reconnaît les voix à sa naissance et particulièrement celle du père qui lui a parlé pendant sa gestation, etc. Puisque nous savons tout cela il devient de nos jours moins difficile de donner toutes ces chances, possibilités, avantages à ses enfants, mais dans le cas contraire… Quelle énorme perte, n’est-ce pas, tout ce gâchis et ce potentiel…
Je ne voudrais pas vous laisser penser que je fais l’apologie du savoir unique, mais à défaut d’avoir perdu une grande partie de nos instincts primaire (sans connotation négative à primaire) je réfléchis avec ce que j’ai sous la main enfin sous l’œil et dans l’esprit. 

De plus, nous savons également qu’un couple préparé à l’impact et aux changements relatifs à la naissance d’un enfant est davantage enclin à résister aux bouleversements consécutifs à un tel événement. Contrairement aux idées reçues, l’arrivée d’un enfant ne renforce pas le couple en tout cas pas dans l’immédiat ! Qui dit changement, dit besoin d’adaptation pour y faire face au mieux. Le processus d’adaptation ne s’élabore pas d’un trait de baguette magique, il s’agit donc d’une période d’adaptation où chacun individuellement et ensemble en couple, chacun donc des deux acteurs fait face aux nombreux bouleversements. Cet état de fait en plus de l’accumulation de fatigue qu’un nouveau-né entraine met en exergue les fragilités, les tensions, les non-dits, les refoulements présents au sein du couple parental.

L’auteur poursuit en ces termes : « À la fin des années 60 et au début des années 70, la nouvelle liberté acquise s’accompagne de dérives inévitables après tant d’obscurantisme. Mai 68 a ouvert la porte à des explorations diverses, les unes allant dans le sens d’une revanche du corps, les autres dans le sens d’une expérience différente de la spiritualité. Les paradis artificiels de la drogue découverte lors de voyages en Orient tentèrent beaucoup de jeunes, en quête d’un ailleurs, d’un au-delà du quotidien médiocre et routinier proposer par la société. ».
J’ai envie de dire qu’à l’heure actuelle la médiocrité et la routine du quotidien sont davantage accentué par la puissance des médias qui nous bombardent d’images toujours plus sensationnelles, qui transforment des hommes en superhéros et dont les techniques permettent de faire toujours mieux illusions. Confondant le réel dans l’irréel, le vrai du truqué, le brut du transformé dans une quête toujours plus folle vers une perfection des apparences, des personnes, des évènements et des histoires !! Il y a de quoi avoir des complexes en voyant au quotidien nos maladresses, nos cheveux décoiffés et un jour sur deux nos yeux cernés !!!

« Mais cette quête d’un niveau de conscience et de perception différentes se révéla très vite une voie sans issue. Beaucoup de jeunes assoiffés de liberté se brisèrent les ailes dans les « trips psychédéliques ». Leur chute, souvent mortelle, fut à la mesure de leurs espoirs. La disparition prématurée de trois icônes de la musique de l’époque- Jim Morrison des Doors, Jimmy Hendrix et Janis Joplin - mort par overdose, semble-t-il, refroidit beaucoup de jeunes.[…]

La nouvelle liberté du corps des femmes les exposa très vite à un nouvel esclavage, celui de l’image du corps imposé par une société qui décida que la minceur était l’idéal, la norme. Le corps cessa d’être tabou, mais il devint une marchandise, un objet conditionnable, malléable au gré de la mode. La majorité des femmes occidentales tomba dans le piège de la minceur au cours des années 70/80. Le corps des femmes, tabou jusqu’alors, devint un objet sexuel largement exposé et exploité par la publicité.[…] Avant le sexe se vendait sous le manteau, après il se vendit ouvertement.

[…] le sexe fait vendre. Le marketing créer les valeurs de notre société. L’idéal des soixante-huitards qui avaient entrevu un monde libéré de la répression s’est dilué au fil des années, récupéré par les marchands du sexe et les marchands tout court. » !!!

Il apparaît ainsi que ces dérives sont une réaction proportionnelle à l’action…ce qui donne l’espoir de peut-être retrouver tôt ou tard quelque chose de plus équilibré. Cependant, les effets positifs et les dérives négatives de cette période se font encore sentir de nos jours.

« Le mariage qui avait été la valeur sûre fut bousculé. Les valeurs qui poussaient autrefois les couples à rester ensemble, même lorsque la relation était dans une impasse totale, ont été remplacées par une capacité de remise en question et de changement, inexistante jusqu’alors. […] L’obéissance excessive des ainés aux normes et aux codes poussa les jeunes générations à un refus total de toute autorité qui puisse imposer des normes. ».

Sarah, éducatrice spécialisée

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Aaron Swartz, génie d'internet, suicidé à 26 ans

29 Novembre 2018 , Rédigé par grossel Publié dans #J.C.G.

couverture du livre rassemblant les écrits d'Aaron Swartz, génie d'internet, suicidé le 11 janvier 2013, à 26 ans, couverture du livre de Flore Vasseur consacré à Aaron Swartz
couverture du livre rassemblant les écrits d'Aaron Swartz, génie d'internet, suicidé le 11 janvier 2013, à 26 ans, couverture du livre de Flore Vasseur consacré à Aaron Swartz

couverture du livre rassemblant les écrits d'Aaron Swartz, génie d'internet, suicidé le 11 janvier 2013, à 26 ans, couverture du livre de Flore Vasseur consacré à Aaron Swartz

je fais remonter cet article du 11 janvier 2018 évoquant Aaron Swartz à travers le récit de Henri Aparis paru dans le Cervantes-Shakespeare publié le 23 avril 2015

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Récit shakespearo-cervantesque, publié par Les Cahiers de l'Égaré, pour le 23 avril 2015, 399° anniversaire de la mort de Will et de Miguel, sous le titre: 23 abril 2015, Ghostly Events, signé par Henri Aparis que l'éditeur n'a pas l'heur de connaître.

Il a pris comme point de départ, deux personnages, Nicholas Valtz et Aaron Swartz.

Ces deux destins sont-ils liés ? quelles intrications fantômes entre eux et avec Cervantes et Shakespeare ? Ajoutons à cela que le squelette de Richard III découvert en 2012 a été inhumé en 2015 à Leicester. De plus, à la date du 23 avril 2015, il y a des gens qui vont décéder. Parmi eux, des gens liés par intrications fantômes à mes personnages, offerts par l'actualité. Je pense à Sigismund Krzyzanowski, mort à Moscou en 1950, enterré on ne sait toujours pas où, ayant vécu Rue involontaire, quartier de l'Arbat à Moscou, rue située sur les plans mais introuvable dans la réalité. JCG


Nicholas Valtz, directeur général des ventes inter-actifs à Goldman Sachs a été retrouvé flottant, accroché à un cerf-volant, le 20 juillet 2014 par les membres de sa famille, allés le chercher alors qu’il ne revenait pas d’une sortie en kitesurf.

Nicholas Valtz, 39 ans, a été retrouvé dans Napeague Port près de l’extrémité est de Long Island, Lazy Point, selon la police d’East Hampton, dans l’État de New York. Il était encore novice en kitesurf.

Le kiteboard est une convergence entre la planche à voile et le parapente qui a attiré les cadres techniques, y compris les co-fondateurs de Google Inc. Serguey Brin et Larry Page. Aussi appelé kitesurf, il propulse les coureurs dans l’eau à une vitesse de plus de 40 miles par heure (64 km par heure).


En Mars 2008, Valtz s’était rasé la tête pour amasser des fonds pour la recherche sur le cancer infantile, selon le site de la Fondation Saint-Baldrick.


Valtz appréciait les produits de technologie et les voitures rapides, selon le site, se référant en 2012 , au mariage de son beau-frère dans lequel il était garçon d’honneur.


« Nous sommes profondément attristés par cette tragédie et nos pensées sont dirigées vers la famille de Nick », a déclaré Michael DuVally, un porte-parole de Goldman Sachs basé à Manhattan, dans un communiqué envoyé par courriel.

Nicholas Valtz, qui a intégré l’entreprise en 2000, a été promu directeur général en 2010. En tant que directeur des ventes croisées d’actifs, il a contribué à la gestion des commandes pour des clients commerciaux et élaboré produits et idées entre les différents types de titres. Sa femme, Sashi Valtz, travaille aussi chez Goldman Sachs en tant que chef des ventes mondiales tiers recherche. Le couple vit dans un condominium de 3000 pieds carrés (278 mètres carrés) à Brooklyn, Bridgehampton, New York. Il a deux enfants, garçon et fille.

Nicholas Andrew Valtz est né en septembre 1974 à Paris et a obtenu un diplôme de l’Université de Harvard en 1996, selon le New York Times et le site Internet de Harvard. L’école indique également qu’il était lauréat depuis 3 ans d’un diplôme en escrime.

Il y avait du don quichotte chez ce chevalier servant de la finance. Escrimeur, il estoquait à qui mieux mieux.

 

Le 11 janvier 2013, Aaron Swartz s'est suicidé par pendaison dans son appartement de Brooklin. Son procès fédéral en lien avec ces accusations de fraude électronique devait débuter le mois suivant. En cas de condamnation, il encourait une peine d'emprisonnement pouvant atteindre 35 ans et une amende s'élevant jusqu'à 1 million de dollars.

Le lendemain, le MIT annonce l'ouverture d'une enquête interne pour déterminer le rôle joué par l'institution dans le suicide du jeune homme « depuis le moment où des activités inhabituelles ont été détectées sur le réseau à l'automne 2010 jusqu'à aujourd'hui ». Elle sera menée par Hal Abelson, fondateur des Creative Commons et également directeur au sein de l'université.

Le même jour, la famille et les proches de Swartz mettent en place un site web à sa mémoire.

Plusieurs initiatives voient le jour à la suite de son décès : sur Twitter, plusieurs chercheurs publient notamment leurs travaux en accès libre en forme d'hommage à son engagement, et une archive contenant une grande part des documents issus de JSTOR est mise en ligne sur The Pirate Bay (ce qui peut être vu comme une manifestation de l'Effet Streisand). Une pétition est également mise en place sur le site de la Maison Blanche pour réclamer la démission de la procureur à l'initiative de l'affaire, signée par plus de 10 000 personnes au lendemain du décès. Le site du MIT subit un défacement de quelques heures affichant un message de soutien d'Anonymous, qui dénonce les pressions du gouvernement américain et appelle à une réforme du système du copyright et de la propriété intellectuelle. Le 19 janvier 2013, WikiLeaks indique que Aaron Swartz faisait partie de ses sources, sans toutefois pouvoir le prouver.

En février 2013, l'hacktiviste Jeremy Hammond (emprisonné pour avoir hacké l'entreprise Stratfor et transmis les informations à WikiLeaks) écrit une lettre ouverte dans laquelle il condamne le gouvernement américain pour sa responsabilité dans la mort d'Aaron Swartz.

Le 26 juillet 2013, Hal Abelson remet au président du MIT le rapport de l'enquête interne initiée après le suicide de Swartz. Celui-ci conclut que le MIT a eu une attitude neutre pendant la période qui a suivi l'arrestation de Swartz, ne cherchant ni à ce qu'une procédure criminelle soit lancée contre lui ni à le défendre. Les rapporteurs notent que, par sa position de neutralité dans cette affaire, le MIT n'a sans doute pas été à la hauteur de son rôle de leader dans la technologie de l'information.

Très tôt, Swartz s'intéresse à l'informatique, à Internet et à la culture qui leur sont associés. À 13 ans, il reçoit le ArsDigitaPrize, qui récompense les jeunes gens ayant créé des sites non commerciaux « utiles, éducatifs et collaboratifs »2. Le titre lui donne droit à un voyage au MIT, où il rencontre des personnalités importantes du web. Il participe, à l'âge de 14 ans, à l'élaboration de la spécification 1.0 du format RSS

En 2002, il lance le Google Weblog, le premier blog non officiel sur Google(www.google.blogspace.com)3 et, en 2005, il rejoint Alexis Ohanian et Steve Huffman les fondateurs de Reddit site d'actualités qu'ils lancent ensemble cette même année. Lorsque Reddit est racheté par Condé Nast, une incompatibilité de principes ou de visions le force à vendre ses parts et à quitter son poste3.

En 2007, il crée le site Jotti, un site permettant de créer une page Web le plus simplement possible (entrer un titre, un texte, et cliquer sur publier). Il devient par la suite membre du W3C et du RDF Core Working Group et élabore, avec John Gruber, le langage Markdown.

Aaron Swartz était un wikipédien actif. En 2006, il s'est présenté à l'élection du conseil d'administration de la Wikimedia Foundation et a publié sur son blog un texte intitulé « Qui écrit Wikipédia ? », dont la conclusion résumait en quelque sorte sa profession de foi. Tout en réfutant rigoureusement l'analyse de Jimmy Wales selon laquelle l'essentiel de l'encyclopédie est écrite par une minorité d'experts très productifs, les « insiders », tandis que la majorité des autres intervenants n'effectuent que des modifications mineures et ponctuelles, Aaron Swartz plaidait pour un élargissement de la base de ces « outsiders » minoritaires. Encourager et faciliter le travail des contributeurs ponctuels devrait même, selon lui, constituer un objectif pour les « insiders », afin de garantir que l'encyclopédie en ligne reste à la fois experte, de qualité, et « wiki », ouverte.

« Si Wikipédia est écrit principalement par des collaborateurs occasionnels, sa croissance implique de faciliter ces contributions occasionnelles et de les rendre plus gratifiantes. Au lieu d'essayer d'extorquer davantage de travail à ceux qui passent leur vie sur l'encyclopédie en ligne, il faut élargir la base de ceux qui ne contribuent que de temps en temps. »

Le 19 juillet 2011, il est accusé d'avoir téléchargé 4,8 millions d'articles scientifiques disponibles dans JSTOR(soit la quasi-totalité du catalogue) et suspecté de vouloir les mettre en ligne pour un accès payant ce qui aurait été considéré comme vol pour recel (en réalité le but de cette action n'a jamais été expliqué par Aaron Swartz). L'organisation JSTOR n'a pas pris l'initiative d'une telle démarche judiciaire, c'est le procureur des États-Unis, Carmen M. Ortiz, nommée par Barak Obama en 2009, qui a engagé des poursuites contre Aaron Swartz dans le but de le faire arrêter.

D'après la plainte, c'est entre le 24 septembre 2010 et le 6 janvier 2011 que Swartz utilise plusieurs méthodes pour récupérer les documents. Il entre notamment par effraction dans la salle de câblage informatique du MIT via les conduits de ventilation, en portant un casque de vélo pour dissimuler son identité. La quantité de téléchargements aurait fait s'effondrer plusieurs serveurs de JSTOR, conduisant à un blocage de l'accès des utilisateurs du MIT au réseau.

Alex Stamos, témoin expert engagé aux côtés d'Aaron Swartz dans l'affaire, révèle sur son blog les circonstances et les modalités de l'action du jeune homme :

Le réseau du MIT offrait aux étudiants (au moment des faits) une adresse IP routable via un DHCP non identifié, sans contrôle des abus. Chacun pouvait donc s'identifier sur le réseau et se voir confier une adresse IP, ce qui est très rare pour un réseau de campus.

Cette organisation était le résultat d'une politique explicite de l'établissement, ce que le directeur de la sécurité des réseaux de l'université a admis face aux représentants de Swartz au cours du procès en décembre. L'université avait choisi de ne pas protéger le réseau d'abus éventuels, comme le téléchargement d'un grand nombre de fichiers simultanément.

Toujours au moment des faits, JSTOR autorisait un nombre illimité de téléchargements par les membres du réseau du MIT. Le site n'avait mis en place aucun outil pour empêcher les téléchargements abusifs (comme la mise en place de CAPTCHA, l'enregistrement pour le téléchargement de plusieurs fichiers, ou encore un avertissement pour l'utilisateur). Techniquement, Swartz n'a donc pas « hacké » le site JSTOR : il a seulement mis en place un script Python qui listait les URLs des articles de journaux, puis en envoyait la requête au serveur.

Swartz n'a rien fait pour dissimuler son identité, n'a usé d'aucun système de chiffrement et n'a même pas effacé son historique de navigation. Il a cependant changé son adresse MAC et fourni une fausse adresse mail (via Mailinator), se déclarant comme « Gary Host » (abrégé en « Ghost » - « fantôme » en anglais).

Après la révélation de ses agissements, Aaron Swartz retourne les disques durs contenant les articles, en promettant de ne pas les diffuser. JSTOR décide alors de ne pas entamer de poursuites judiciaires, le bureau du procureur et le MIT maintiennent cependant leurs poursuites.

Le 11 janvier 2013, Aaron Swartz se suicide.

Le 11 janvier 2013, Aaron Swartz se suicidait à 26 ans.

J'en ai fait un des deux personnages d'un drame survenu le 23 abril 2015 / Ghostly Events paru dans Cervantes / Shakespeare, cadavres exquis, pour le 399° anniversaire de la mort des deux géants de la littérature mondiale. 

Lors d'une Assemblée Générale des actionnaires de G3C, la banque de Nicholas Valtz :

Nicholaïus Valtzecko – Pharaon, j'achète verbaliser. Donne  !

Pharaon Swartzecki – Verbaliser n’appartient à personne.

Nicholaïus Valtzecko – fermez ses comptes  qui ne lui appartiennent pas ; sans carte, sans chéquier, il va voir comme la vie est simple.

Pharaon Swartzecki – je tape  : voluter Pharaon  (il disparaît de l'écran)

Nicholaïus Valtzecko – (sur l'écran, une invitation s'affiche  : choisissez votre orthographe, voluter, volupter,

ça tape érupter, erreur 303, énergie négative,

recommencez, ça  : éructer, erreur 202, contre-énergie,

ça  : voleter, accepté, énergie positive)

vite, téléportez-moi à Lazzi Punto  ; suspendu à mon kitesurf, je vole au-dessus de l'eau

(erreur de transcription, je coince la bulle oh dessus d'eau),

me culbite dans l'air (erreur de transcription, bitôcul)  ;

verbaliser fait n'importe quoi  ; les petits verbes énergisants s'autonomisent, intriquants intrigants maniant la trique étriquant

(sur l'écran s'inscrit entretriquants = sodocoSmique)

Pharaon Swartzecki – comment s'entretriquent deux clones à distance, quel est le double fantôme de Nicholaïus Valtzecko

(apparaît le clone quantique de Nicholaïus Valtzecko)

Nicholaïus Valtzecko – vu ce qui se passe, verbaliser est hors de contrôle

extrait de l'épilogue :


"Pharaon Swartzecki a été suicidé le 23 avril 2015, par pendaison dans son appartement de Lee Street à Brooklin. Mis en examen pour verbalisation abusive visant à liquider les comptes des banques, il s’apprêtait à affronter la procureure Carmencita M. Orties, nommée par le président Baruk Aboimoi. Elle était bien décidée à obtenir sa condamnation comme liquidateur, mensonge d'État pour faire un exemple.

Pharaon Swartzecki a laissé ce message : J’aimerais reposer dans un endroit qui ne sente pas trop la mort. Il serait bien que mon corps ait accès à de l’air et qu’on m’évite deux mètres de terre sur la tête. Laissez les orties pousser sur ma tombe – et qu'elles piquent. 
 

La procureure Carmencita M. Orties mourra le 23 avril 2015 d'une balle perdue en sifflant ses chiens Barcino et Butron dans la rue de Pharaon Swartzecki, Lee Street. 
 

Le président Baruk Abamoi mourra le 23 avril 2015 de la désintégration d'un drone égaré au-dessus de la Maison Blanche lors de son hommage au clone biologique de Nicholaïus Valtzecko, directeur général de G3C retrouvé flottant, pendu au cerf-volant de son kitesurf, le 23 avril 2015 à Lazzi Punto, à l'âge de 39 ans. Il avait mis sur la paille, lors de la crise des subprimes, trois millions de ménages américains et la G3C. Il s'en était bien relevé, aidé par le président Baruk Abamoi.
 

Le 23 avril 2015, pour les cent ans de la relativité générale, l'espace devient élastique, le temps se met à passer de temps en temps."

Ce qu'il reste de nos rêves

de Flore Vasseur

Parution le 9 Janvier 2019, Éditions Équateurs

Quand on étudie une trajectoire, on démarre forcément par la question des origines. D’où viennent les comètes ? Quelle est la force qui les propulse ?

Inconnu du grand public, Aaron Swartz est un demi dieu pour les activistes de la liberté d’expression et de l’accès à la connaissance, l’homme à broyer pour les autorités américaines.

Depuis l’age de 8 ans, il programme et défend un Internet libre. Avant tout le monde, il perçoit le projet mortifère de la Silicon Valley, l’influence de l’argent en politique, l’organisation de la médiocrité comme ultime projet de domination. Il n’a qu’une idée, d’une ambition aussi absolue que désespérée : sauver le monde.

Surdoué, idéaliste, devenu beau à tomber et millionnaire, il mord la ligne jaune en 2011. La justice américaine le ferre comme une bête. Le gouvernement d’Obama l’attaque en nom propre et le menace de prison à vie. Le 11 janvier 2013, le petit ange de l’Internet est retrouvé pendu à la fenêtre de son appartement de Brooklyn. Suicide ou suicidé ? Mais de quoi l’homme du Yes We Can et le système qui le porte ont-ils eu si peur ? De la jeunesse, de la beauté ou de l’intelligence d’Aaron ?

L’Amérique, l’enfance, l’Internet, Aaron Swartz représente tout ce que j’ai aimé. Mort il est un message envoyé à celles et ceux qui ambitionnent de s’émanciper de leur sort d’individu conditionné. C’est l’histoire du jeune prodige qui nous voulait libres. Et qui, disparu, nous laisse avec une question : quel est le prix à payer pour une idée ?

Ce qu’il reste de nos rêves est un road trip auprès des pionniers de l’Internet et une chasse au fantôme dans l'Amérique de Trump, sidérée par sa monstruosité. C'est la chronique d’un enterrement de première classe : celui de la liberté. Et la quête de l'unique parade : l'amour, à en mourir, de la vie et de la dignité.

Flore Vasseur

le livre où est paru le drame consacré aux ghostly events du 23 abril 2015, il y en eut beaucoup pour ce 399° anniversaire de la mort de Miguel et de Will

le livre où est paru le drame consacré aux ghostly events du 23 abril 2015, il y en eut beaucoup pour ce 399° anniversaire de la mort de Miguel et de Will

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Les lieux communs d'aujourd'hui / Christian Godin

25 Juin 2018 , Rédigé par grossel Publié dans #note de lecture, #J.C.G.

Le traité de l'argumentation, un livre essentiel de 1958, réédité; les 3 tomes de critique de la vie quotidienne de Henri Lefebvre
Le traité de l'argumentation, un livre essentiel de 1958, réédité; les 3 tomes de critique de la vie quotidienne de Henri Lefebvre
Le traité de l'argumentation, un livre essentiel de 1958, réédité; les 3 tomes de critique de la vie quotidienne de Henri Lefebvre
Le traité de l'argumentation, un livre essentiel de 1958, réédité; les 3 tomes de critique de la vie quotidienne de Henri Lefebvre
Le traité de l'argumentation, un livre essentiel de 1958, réédité; les 3 tomes de critique de la vie quotidienne de Henri Lefebvre

Le traité de l'argumentation, un livre essentiel de 1958, réédité; les 3 tomes de critique de la vie quotidienne de Henri Lefebvre

 

Les lieux communs d'aujourd'hui

Christian Godin

collection L'esprit libre

Champ Vallon

 

J'ai découvert ce livre à la librairie Baba Yaga à Bandol en allant au vernissage de l'exposition Du papier à l'oeuvre à l'Espace Saint-Nazaire rassemblant les œuvres de 14 artistes du papier.
Ayant tenté une thèse de sociologie des lieux communs sous la direction de Henri Lefebvre, à Nanterre entre 1967 et 1969, thèse inachevée, je n'ai jamais oublié ce qui m'avait motivé dans le choix de ce sujet : le rôle des lieux communs dans la vie quotidienne, leur poids idéologique, leur rôle dans les résistances aux changements, dans l'évolution lente, très lente des mentalités. Ces formules toutes faites qui accompagnent nos propos, émaillent nos discussions, qui se présentent comme évidences, vérités éternelles, qui sont utilisées comme arguments, preuves, méritaient d'être étudiées d'un point de vue sociologique, pas simplement comme outils de discours. Classer les lieux communs selon l'origine socio-économique (lieux communs propres aux travailleurs, aux médecins, aux commerçants, aux jeunes), géographique (lieux communs propres aux chtis, aux Marseillais) du locuteur, selon l'âge (ceux des retraités, ceux des actifs), le sexe (F, H)... dégager leurs fonctions selon les situations dialogiques les plus fréquentes (brèves de comptoir, mariages, enterrements, matchs, fêtes, disputes conjugales et familiales, déclarations séductrices et amoureuses, discours de départ en retraite, discours d'accueil dans un nouveau poste, discours des prêtres accompagnant les grands moments de la vie...), c'était un défi qui me tentait beaucoup. J'avais pris au sérieux la Critique de la vie quotidienne (en 3 tomes, chez L'Arche) de Henri Lefebvre. J'avais 27 ans en 1967, j'enseignais déjà dans un lycée du nord, français en 5° et philo en terminales (quel bonheur, ce grand écart) et en même temps, je fréquentais la Sorbonne et Nanterre. J'étais rimbaldien (parce que poète ?, aujourd'hui encore, j'ai deux T-shirts avec photo et quatrain de Rimbaud), à la fois pour le dérèglement de tous les sens, la pratique des correspondances horizontales et verticales et pour changer la vie (avec ce bémol de taille, changer la vie, pour moi, c'était prendre la vie quotidienne dans toute son épaisseur, lui enlever son poids d'ennui, de répétition d'habitudes, de lassitude, la valoriser – je m'éloignais donc de l'apologie des loisirs – parce que la vie quotidienne c'est quasiment tout notre temps de vie, des temps morts des transports au temps de travail, aux temps domestiques). Je me souviens d'avoir écrit des pages et des pages dans un cahier que je possède toujours et dans lequel je décris minutieusement comment « poétiser » les moments de vie quotidienne. Je crois bien que ce programme de valorisation de la vie quotidienne m'a guidé, nourri dans l'assumation consciente des moments constitutifs d'une journée : je dis encore bonjour le jour, j'ai tout un tas de petits rituels qui m'accompagnent, renouvelables, rien de systématique, rien de pesant, du spontané, pas d'originalité à tout prix, adhésion à ce que je dis et fais, prise en compte des surprises offertes par la vie ou provoquées (il suffit de s'adresser aux gens et souvent, souvent, ce sont quelques minutes de bonheur qu'on se donne même si sont évoqués les malheurs du moment).

Ce contexte explique je pense mon absence d'hésitation quand j'ai repéré ce livre chez Baba Yaga.


La préface de 6 pages dit beaucoup sur l'intérêt que certains ont porté aux lieux communs, à commencer par Flaubert avec son dictionnaire des idées reçues ou catalogue des opinions chics (il a eu le projet de combattre la bêtise, son Bouvard et Pécuchet est une charge contre la bêtise des savoirs reçus sans distance), suivi par Léon Bloy, exégèse des lieux communs, traquant les lieux communs catholiques, par Jacques Ellul, nouvelle exégèse des lieux communs, traquant des lieux communs plutôt politiques. Les fonctions essentielles des lieux communs sont énoncées, fonction idéologique de masquage de la réalité, d'occultation de la réalité, d'inversion de la réalité, fonction de barrage à la discussion, au dialogue, à la contradiction.
154 lieux communs d'aujourd'hui sont traités alphabétiquement par Christian Godin. Pour l'essentiel des stéréotypes d'origine politique, médiatique (les grands pourvoyeurs de langue de vent et de lange de bois, les confisqueurs de la vie démocratique publique puisque la communication s'est imposée contre le débat argumenté et contradictoire : il n'y en a plus) mais aussi quelques lieux communs issus des conversations privées (il y a du bon et du mauvais en tout ; on ne fait pas le bonheur des gens malgré eux). Au passage, Christian Godin introduit des considérations historiques, remarquant par exemple que les proverbes, autrefois lieux de la sagesse populaire, ne sont plus utilisés par la jeunesse, montrant, autre exemple, les transformations subies par le lieu « la dignité » au temps de l'aristocratie, puis des Lumières et au temps de la post-modernité avec ceux qui réclament le « droit de mourir dans la dignité » où se dit l'indignité de ceux qui veulent provoquer, accompagner la mort de ces vivants qui ont perdu leur dignité, devenus « légumes », « épaves ».

Prenons le lieu « différence », il faut respecter les différences. Imparable ! Y a-t-il une pensée amenant à cette injonction ? Il est évident que deux êtres humains sont différents dans les faits mais ce sont deux êtres humains, ils ont en commun d'être humains et je décide de respecter cette humanité en eux, je lui reconnais une valeur universelle, ils sont égaux en droits à moi, je les considère comme une fin, non comme un moyen, le respect est une valeur ajoutée, une valeur morale créée par l'homme, au moment des Lumières, par Kant bien sûr. Le respect des différences est donc un lieu commun idiot, on respecte ce qui est commun aux différences, l'humain. Alors pourquoi ce lieu ? La différence indique une relation, la différence est le contraire de l'identité. On est différent de. Mais avec ce lieu, la différence est substantialisée, la différence devient l'identité. Je dois respecter le fait qu'il est noir, noir est son identité = sa différence. Je dois respecter l'homosexuel, le transgenre, chaque trait identitaire entraîne obligation de respect de la différence. S'instaure une impossibilité de ne pas aimer tel mode ou style de vie, l'impossibilité de critiquer telle croyance, telle attitude. Le droit à la différence sert à mettre à l'abri de la pensée critique et de la discussion tel individu, telle culture, tel goût, telle transgression (le respect des différences ira-t-il jusqu'à respecter le sadisme de l'officier nazi?)

Un livre d'accompagnement pour diminuer la part de bêtise, de connerie, de « commerie » que nous véhiculons, croyant que ce que nous disons nous est propre alors que nous perroquons (du nom « perroquet »), répétons des idées reçues, des lieux communs. D'où la force du texte de Francis Ponge : Rhétorique.

 

« Je suppose qu'il s'agit de sauver quelques jeunes hommes du suicide et quelques autres de l'entrée aux flics ou aux pompiers. Je pense à ceux qui se suicident par dégoût, parce qu'ils trouvent que « les autres » ont trop de part en eux-mêmes.

On peut leur dire : donnez tout au moins la parole à la minorité de vous-mêmes. Soyez poètes. Ils répondront : mais c'est là surtout, c'est là encore que je sens les autres en moi-même, lorsque je cherche à m'exprimer je n'y parviens pas. Les paroles sont toutes faites et s'expriment : elles ne m'expriment point. Là encore j'étouffe.

C'est alors qu'enseigner l'art de résister aux paroles devient utile, l'art de ne dire que ce que l'on veut dire, l'art de les violenter et de les soumettre. Somme toute fonder une rhétorique, ou plutôt apprendre à chacun l'art de fonder sa propre rhétorique, est une œuvre de salut public.

Cela sauve les seules, les rares personnes qu'il importe de sauver : celles qui ont la conscience et le souci et le dégoût des autres en eux-mêmes.

Celles qui peuvent faire avancer l'esprit, et à proprement parler changer la face des choses. »

On appelle lieu commun une idée générale, dont la vérité est admise par la communauté à laquelle on s'adresse. Les lieux communs (ou clichés) sont le reflet de l'opinion d'une époque et sont souvent utilisés comme des arguments qui se passent de justification. Ils sont pour cette raison à la base du discours démagogique.
Ainsi, tel homme politique, impliqué dans une affaire de corruption, mettra en avant l'honneur de sa femme et de ses enfants ; tel autre réveillera le zèle de ses compatriotes en faisant référence aux « anciens », à « la mère patrie », au « déclin des valeurs », etc.
• En rhétorique, le mot désigne très tôt le réservoir d'arguments, mais aussi les « passages obligés » du discours (exorde, péroraison) dans lequel l'orateur vient puiser pour soutenir son propos.
l'argumentation, genèse d'une anthropologie du convaincre
sur la critique de la vie quotidienne de Henri Lefebvre
Les formes de l'argumentation
Un texte dit « argumentatif » est un texte qui défend une thèse et tente de la faire partager à son lecteur. Cet objectif particulier ne concerne pas que le « fond » : il a une influence sur la forme même du texte. 
1. Les objectifs et les procédés du texte argumentatif
Thème et thèse
Tout texte comporte un thème, c'est-à-dire un sujet dont il s'empare et qu'il traite. Mais le texte argumentatif comprend aussi une thèse, c'est-à-dire un avis, un jugement qu'un locuteur défend. Il faut donc, face à ce type de textes, identifier (et distinguer) le thème et la thèse. Par exemple, un texte peut traiter du thème de l'école, et défendre la thèse selon laquelle l'école telle qu'elle existe n'est plus adaptée au monde contemporain. 
Comme le montre cet exemple, le thème peut être reformulé par un mot ou un groupe de mots (ici : l'école), tandis que la thèse peut être reformulée par une phrase verbale (ici : l'école telle qu'elle existe n'est plus adaptée au monde contemporain). 
À la thèse soutenue par l'auteur s'oppose la thèse adverse, ou thèse réfutée. 
Arguments et exemples
Afin de défendre sa thèse, l'auteur du texte emploie des arguments : des idées, des causes, des références. Il les appuie et les rend plus concrets grâce à des exemples.
  • Un argument est abstrait, général : il fait le plus souvent appel à la logique.
  • Un exemple est plus concret, plus particulier, voire même anecdotique.
Cependant, un exemple particulièrement frappant peut prendre valeur d'argument.
Convaincre et persuader
Un locuteur cherchant à faire adhérer un lecteur à la thèse qu'il développe peut emprunter deux directions :
  • soit il s'adresse à la raison de son destinataire, auquel cas il tente de le convaincre ;
  • soit il essaie de toucher les sentiments du récepteur, auquel cas il passe par la persuasion.
En pratique, les textes mêlent le plus souvent ces deux voies, et allient la pertinence d'arguments convaincants à un style frappant et persuasif.
L'énonciation dans un texte argumentatif
Puisque l'auteur défend une position, il s'exprime généralement dans le registre du discours plus que dans celui du récit (même si des exceptions existent). On trouve donc dans le texte argumentatif :
  • la présence plus ou moins nettement marquée du locuteur : « je », termes modalisateurs (indiquant une évaluation, une vision subjective), mots mélioratifs ou péjoratifs… ;
  • la présence de l'interlocuteur : l'auteur s'adresse parfois directement au lecteur (pronom « vous »), lui pose des questions, l'interpelle… ;
  • des interrogations rhétoriques, c'est-à-dire dont la réponse est en quelque sorte contrainte ;
  • le pronom « on » qui offre des possibilités multiples : « on » généralisant, permettant de délivrer une sentence ; « on » inclusif, dans lequel l'auteur et/ou le lecteur sont compris ; « on » exclusif, grâce auquel l'auteur se détache d'un groupe pour montrer que son opinion diffère.
On trouve également, outre ces indices énonciatifs :
  • des liens logiques de cause, de conséquence, de concession… ;
  • une structure logique, visible en particulier dans l'emploi de paragraphes distincts ;
  • des figures de style : amplification, images… ;
  • un ou plusieurs registres (suivant les intentions de l'auteur) : ironique, satirique, polémique…
2. Les formes de l'argumentation
L'argumentation peut être directe ou indirecte : elle est dite « indirecte » ou « oblique » lorsque le locuteur emprunte le biais de la fiction pour faire passer sa thèse ou son message. 
Les formes directes
  • l'essai est un ouvrage, de forme assez libre, dans lequel l'auteur expose ses opinions (cf. Montaigne, Les Essais) ;
  • le pamphlet est un écrit satirique, souvent politique, au ton virulent (Voltaire) ;
  • le plaidoyer est la défense d'une cause, le réquisitoire est une accusation ;
  • le manifeste est une déclaration écrite, publique et solennelle, dans laquelle un homme, un gouvernement ou un parti expose un programme ou une position (on trouve ainsi des manifestes de groupes d'artistes, autour d'un programme esthétique : cf. Le Manifeste du surréalisme) ;
  • la lettre ouverte est un opuscule souvent polémique, rédigé sous forme de lettre ;
  • la préface est un texte placé en tête d'un ouvrage pour le présenter, en préciser les intentions, développer ses idées générales (Préface de Cromwell, ou encore Préface du Dernier Jour d'un condamné, de Victor Hugo) ;
  • l'éloge, le panégyrique, le dithyrambe sont des textes marquant l'enthousiasme et l'admiration que leur auteur voue à quelque chose ou quelqu'un.
Les formes liées à la presse écrite
Journaux et revues accueillent régulièrement des textes argumentatifs :
  • l'éditorial est un article émanant de la direction du journal. Il engage la responsabilité du rédacteur en chef et de l'ensemble du journal, tout en restant une parole individuelle (celle du journaliste qui le signe) ;
  • le billet d'humeur est une courte chronique où le rédacteur s'adresse en son nom à une ou plusieurs personnes, sur un sujet d'actualité ;
  • un journal peut également publier une lettre ouverte : cf. le célèbre J'accuse, de Zola, paru dans l'Aurore.
Les formes obliques
  • la fable (La Fontaine) ;
  • le conte (Perrault, Le Petit Chaperon rouge) et le conte philosophique(Voltaire, Candide) ;
  • l'apologue (récit souvent bref contenant un enseignement : on voit que les deux premières formes citées appartiennent au genre de l'apologue) ;
  • l'utopie (genre littéraire dans lequel l'auteur imagine un univers idéal, par exemple l'abbaye de Thélème, chez Rabelais) et la contre-utopie (1984, d'Orwell) ;
  • le dialogue (parfois dialogue philosophique, cf. Diderot, ou Sade) ;
  • le théâtre (Marivaux, L'Île des esclaves).
3. Littérature et argumentation
La liste des genres au travers desquels peut se déployer l'argumentation montre que celle-ci n'est pas réservée aux essais abstraits, aux traités théoriques, ou aux articles. L'argumentation a toujours été liée à la littérature, et en particulier à la fiction. En effet, pour transmettre une idée, pour convaincre et persuader, le style est un auxiliaire extrêmement efficace : la force d'un argument est d'autant plus grande qu'il est exprimé de manière séduisante. Ainsi, on comprend l'intérêt que ceux qui cherchent à étayer une thèse portent à la qualité littéraire de leurs textes. Les Essais de Montaigne, les Pensées de Pascal, les Salons de Diderot, les préfaces de Hugo, etc. sont encore lus aujourd'hui, non seulement en raison des idées et réflexions qu'ils contiennent, mais aussi parce que la force et la beauté de leur écriture nous touchent. Sartre dit que « l'écrivain engagé sait que la parole est action […] Il sait que les mots, comme dit Brice Parrain, sont des "pistolets chargés". S'il parle, il tire ». Cette citation souligne le pouvoir qu'ont certaines formules – capables de « faire mouche » – d'atteindre ce qui est visé et celui qui est destinataire, et ce pas uniquement dans la littérature dite engagée. 
Mais l'argumentation ne se contente pas de réclamer un « style », un talent d'écriture. Elle passe parfois par la fiction, c'est-à-dire que, paradoxalement, elle utilise l'imaginaire afin de soutenir une opinion sur un élément bien réel. Cette association de l'argumentation et de la fiction existe dès les premiers récits fondateurs : dans L'Iliade et L'Odyssée d'Homère, ou encore dans les chansons de geste du Moyen Âge, s'opère une alliance entre le récit d'exploits et l'exaltation de valeurs, de positions, que l'auteur cherche à faire partager à ses auditeurs ou lecteurs. Pourquoi donc ce « détour » par la fiction ? La Fontaine écrit, dans les Fables, à propos de l'apologue :
C'est proprement un charme : il rend l'âme attentive,
Ou plutôt il la tient captive
 
Selon le fabuliste, la fiction séduit le lecteur, et fonctionne comme un appât : elle ensorcelle par le récit du conte ou de la fable, et la moralité (ou la thèse défendue) devient ainsi plus « digeste ». L'essai peut en effet apparaître comme ardu et rebutant. Un récit au contraire est toujours plaisant par les animaux qu'il met en scène, les dialogues qu'il utilise, etc. 
 
Conclusion
Les Classiques, au xviie siècle, avaient pour devise « instruire et plaire » – et l'apologue est précisément le lieu où les deux actes peuvent se conjuguer. Le xviiie siècle a lui aussi fait le détour par la fiction, pour défendre les idées des Lumières : les contes de Voltaire sont des essais ou des pamphlets rendus concrets et vivants grâce aux personnages et aux registres comique, satirique, etc. Marivaux ou Beaumarchais illustrent la réflexion sur l'individu et la justice sociale dans leurs pièces de théâtre : au travers des dialogues et des confrontations de personnages, le spectateur voit s'incarner des idées et des avis contradictoires. L'Île des esclaves, de Marivaux, mêle par exemple à la fois le genre théâtral et l'utopie. D'autres formes fictionnelles sont encore convoquées, comme le dialogue, chez Diderot (Le Neveu de Rameau). Des origines jusqu'à nos jours, la fiction est donc toujours l'alliée de l'argumentation : au xxe siècle, la contre-utopie (1984, d'Orwell) et l'apologue (Matin brun, de Franck Pavloff) sont encore bien présents. 
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Controverse sur la déclaration de Villeurbanne (mai 1968)

7 Avril 2018 , Rédigé par grossel Publié dans #agora, #spectacle, #cahiers de l'égaré, #J.C.G.

Il y a des lignées dans le théâtre français, des lignées qui clivent. Celle de Jean Dasté a été "liquidée" en mai/juin 1968 en particulier durant les "journées de Villeurbanne".
Tout notre système de décentralisation théâtral forgé après guerre a été bloqué net par une poignée de metteurs en scène qui ont réussi à s'approprier le "réseau", à le développer et finalement en hissant Jack Lang sur le podium à en exclure définitivement tout prétendant fidèle. La destruction du FIC (fond d'intervention culturel) fut l'oeuvre fondatrice d'un ministre certes populaire mais qui confisqua durablement les arts et la culture au profit d'une minorité influente dans chaque ville grâce au dispositif des Scènes nationales. Ce dispositif capta les édifices de l'Education populaire à des fins d'élitisme (pour tous?).
Nous avons peut être une chance historique (50 ans après) de revisiter l'histoire et de faire des contres journées de Villeurbanne.

Bruno Boussagol (metteur en scène et comédien de la compagnie Brut de Béton Productions)

Pour resituer le contexte de la déclaration de Villeurbanne (après le 20 mai 1968), on pourra lire et réfléchir sur la pièce de Denis Guénoun : Mai, juin, juillet aux éditions Les solitaires intempestifs.
Une déclaration de Denis Guénoun faite récemment aux journées de Nantes (BIS 2018, Biennale internationale du spectacle vivant, 17-18 janvier 2018) permet de faire le point sur les ambiguïtés et contradictions durables de la déclaration de Villeurbanne.

Apparemment ce qui suit est sans rapport avec les effets de la controverse de Villeurbanne

Je viens de faire paraître un livre à 24 voix, 12 F, 12 H sur une série de photos prises en selfie par une femme augmentée par le chagrin

à l’origine du livre donc: une série de 13 photos sur FB
je tombe dessus
une femme met-elle en scène sa mort sur son lit de mort ?
non! c’est une tentative (sacrificielle ?) de se mettre à la place du fils mort dans un accident 3 ans avant
l’idée me vient de lui proposer un livre comprenant les photos et des textes, genre vignettes, pour accompagner les photos 
soit 1 photo, soit la série soit sur le thème se relever de ses morts, consignes vagues comme je pense qu’elles doivent être
j’ai sollicité des amis de plume ne sachant rien de la mère et de la photographe, sauf 2 la connaissant,
je les appelle des écri-vents, surtout pas des écrivains et surtout pas des professionnels de l'écrit
ce livre, vu le thème, est fort, porteur d’images, de pensées, harmonieux par la répartition et la diversité des textes
il montre que l’empathie (autre nom pour amour) peut réellement accompagner une femme augmentée par le chagrin comme elle se présente
je pense même qu’il indique une voie pour Dire Adieu, disparaître dans le blanc ou le rose saumon, pas dans le noir

c’est donc un livre choral avec et pour une femme augmentée par le chagrin, une gisante, 24 orants, 24 Orphée

pour moi maintenant si on

(on, désignant un passeur, un transmetteur, un partageur, un homme de passion et de bienveillance, un qui a choisi de se tenir le plus possible à l'écart du système marchand) n’a pas pour objectif que tout le monde s’exprime en inventant sa façon de s'exprimer, pas en singeant les formats dominants (clips, shows, gros romans, pièces sur le bruit du monde, chansons et musiques dites actuelles, cirque, jonglage...)

si on n'a pas pour objectif que chacun crée son art de vivre sa vie, avec ses heurs, bonheurs, malheurs, pas en singeant les modèles dominants donnés à imiter, consommer, jeter, renouveler, et rien à voir avec les soi-disant arts de vivre, l'art de vivre méditerranéen, crétois, l'american way of life...

alors merde à l’art, aux artistes qui pullulent, sont en concurrence, mis en concurrence par les gens de culture, et qui ululent, crowdfundinguent, s'auto-produisent et revendiquent leur participation à l'économie, nous représentons 3% du PIB

merde aux gens de culture qui pullulent et pompent le fric, eux qui ont du pouvoir, si peu, si peu mais s'y croient avec de moins en moins d’argent et revendiquent aussi leur participation  à l'économie, nous représentons plus que l'industrie automobile

monde de merde à l’image caricaturale du monde de requins et prédateurs de toutes sortes des hautes sphères qui ne tournent pas rond.

IMAGINONS: 1700 spectacles en Avignon l'été dans le off soit 1700 X 20000 € de location de salle mini = 34.000.000 € dépensés pour une illusion : on va être vu par des directeurs et des critiques et on va tourner. Ô les tristes calculs de jeunes plein d'énergie, aptes au système D et réussissant à survivre, certes souvent dans la galère mais survivre.
IMAGINONS: 1700 compagnies investissent la France profonde, désertée par les paysans, peu récupérée par les alternatifs et ils construisent leur habitat durable, écolo, leur salle de répétition, leur jardin en permaculture, leurs équipements en énergie verte, des oasis donc avec école Montessori, des jardins d'Épicure, le philosophe pour des temps comme le nôtre de fin de civilisation (lire le Sur Épicure de Marcel Conche qui se tient à l'écart du grand tapage médiatique)

IMAGINONS; les musiciens, les écrivains, les plasticiens, les architectes, tous ceux capables de comprendre qu'il n'y a pas d'avenir dans ce monde marchand abandonnent les villes à leur pourrissement et à leur ratisation proliférante et vont retrouver la dure et saine vie dans les collines et les bois comme D.H Thoreau ou comme avait imaginé Jack London

mais ce n'est qu'un rêve

Travail de l'éditeur que je suis (refusant les manuscrits envoyés comme ça), il s'agit du travail d'une après-midi seulement : fiche pour le dépôt légal à la Bibliothèque Nationale de France, contrat d'auteur, référencement Electre et grands sites de vente en ligne, approvisionnement du distributeur-diffuseur Soleils à Paris (20 exemplaires au démarrage), envoi des livres commandés par les particuliers, écrire un ou plusieurs articles sur mes 3 blogs et mes 2 sites, envoi ciblé par mail à un fichier de 500 acheteurs potentiels, incitation à la vente par les auteurs ou des amis sur leur réseau (5€ de ristourne pour le vendeur)

ce que je ne fais pas: service de presse à la soi-disant grande presse ni même à la soi-disant presse locale ni à une quelconque soi-disant célébrité littéraire ou animateur pseudo-amoureux d'écritures; ça écarte plein de monde, ouf!; pas de livres offerts, chacun se l'achète, pour me mettre à l'écart du système marchand, il me faut amortir le coût de fabrication

vente en direct: 15 € vont aux Cahiers de l'Égaré, vente en librairie via le distributeur: 15€ - 58% (28% pour le distributeur, 30 à 36% pour le libraire selon, la FNAC, le plus gourmand, Amazon aussi); la vente en librairie ne m'intéresse pas, pas de dépôts, je me fous de leurs coups de coeur; pas davantage de demande d'aides publiques, dossiers, dossiers, merde; encore moins de salons ou fêtes du livre; bien sûr j'ai connu ça et je connais le bilan

ça va faire 30 ans que je fais cela avec plus ou moins de conviction, toujours bénévolement; merde au système marchand qui oblige à travailler pour vivre
 

La déclaration de Villeurbanne, vous comprenez que je m'en moque.

Ses enjeux même contradictoires ne sont pas à la hauteur.

Mon slogan serait : Tous artistes, tous écrivains, tous photographes,

chacun son expression, chacun son art de vivre sa vie

pas la vie comme oeuvre d'art

pas l'art pour émanciper, élever, éduquer, éveiller

pas la culture dominante qui ne se reconnaît pas comme telle, alibi de la domination marchande avec son discours émancipateur, démocratisateur et ses pratiques de management à l'américaine, travail en openspace, séparation entre direction, personnel et techniciens, entre gens de culture et artistes

chacun son art de vivre sa vie c'est-à-dire en conscience, y en a, y veulent de la pleine conscience, beaucoup de moments dans le silence, parfois du rire, des sourires tout pleins, des gestes doux et tendres, pas besoin de créativité renouvelable 24 H sur 24, juste de l'attention, là, à 10 cms, regarde et tu déplaces la petite pierre, la brindille, ah, ça fait un cupidon...et t'es frappé en plein coeur par l'amour

mais purée que c'est simple l'amour,

y en a qui aiment compliquer à souhait

y en a qui veulent pas entendre le souffle aimant à côté d'eux, tant pis pour eux

j'aime les bienheureux, les simples d'esprit et de coeur qui ont le coeur net et direct

de Salvatore Spada, ces saillies iconoclastes, radicales, à tenter de pratiquer

j'aimerais bien réussir à ouvrir , une maison d’édition> lettre de rencontre > et mettre en pratique le nouveau principe en dialectique de désir et subversion du sujet que> TOUT LECTEUR EST AUTEUR. Et se débarrasser enfin de la maison d’édition liée à l'Auteur . Pas d'auteur chez nous , chez nous il n'y a que des lecteurs . Personnellement je veux signer comme lecteur2 de mon texte et non pas comme auteur1 > le lecteur2 subvertit l'auteur1 > (subvertir ne suffit pas il faut aussi savoir dissoudre > savoir du deux) les élites des auteurs> à mépris inconscient des ses lecteurs > ils sont démolies en poussier d’étoile et en atelier de lecteur > ca change tout dans la dynamique de rencontre > ça ouvre un champ inédit. Te dis-tu auteur ? encore un Auteur ? non, désolé ici on est tous lecteurs on n a plus besoin d auteurs, maintenant on sait bien s'émanciper des auteurs , on a reussi notre cap > et c'est un savoir nouveau de s’émanciper de tout auteur > toi aussi tu peux (savoir) t’émanciper de ton auteur . L'auteur par définition c'est son élite, un auteur est en lui tout seul une élite . Le lecteur est en lui tous seul l’émancipation vivante de toute élite inconscient> vive notre lecteur des trois écologies en fonction trou , manque et vide.

 

"Je te fabrique l’illisible> tu vas le lire et tu vas te donner un futur, ton futur . Nomme tes trois écologies pour trois fonctions > fonction trou , fonction manque, et fonction vide . Nomme tes trois bucoliques . Ouvre tes trois écoles inattendues pour faire trou , pour faire manque et pour faire vide . Je te dis TROU, Je te dis MANQUE , je te dis VIDE. Je te dis inattendu. Je te dis rencontre . Je te dis miracle de rencontre . Je te dis , dis moi quelque chose, même le silence est parole . On va faire sortie , on va occuper les lieux de sortie avec un ciseau (tourbillon d'un trou comme transfert du temps), une pierre (perte d'un manque comme fantasme de réalité) et un papier (lettre vide au bord de sa pure extériorité comme symptôme ) . On va nommer la sortie et on va la faire tourbillon d'un TROU , on va faire trou, et on va la faire perte, tu vas nommer ta perte pour un MANQUE , on va faire manque, et on va la faire lettre au bord du VIDE, on va faire vide. Du spectacle on peut bien s'en passer pour se donner sortie de rencontre . Une rencontre nous sort du monde du spectacle , non, une rencontre n est pas un spectacle pour son public endormi.Une expo c'est pour dormir , une pièce de theatre c'est pour dormir, un film c'est pour dormir . Une rencontre c'est pour nous sortir d' une expo, d'un theatre , d'un cinema >sortir> veut dire que > tout lecteur est auteur > sortir veut dire que > tout le monde est Un artiste femme ,qu'il n'y a pas d'artiste homme, heureusement pour nous et pour les bords des orifices et pour les lettres d'amour. [Déménagement> les nouveaux Bucoliques> un pièce , une expo , un film et ton corps politique comme pièce de theatre, comme expo, et comme film pour nous sortir du monde du spectacle et de son endormissement généralisé ]: »

 


"Si je rentre moi aussi dans le marché de l'art ce n est pas pour me mettre en concurrence INÉVITABLE et FATALE avec les autres artistes comme moi (pauvres imbéciles )> mais pour devenir moi même, moi même, moi même, x 3 > un donateur d ordres, un spéculateur, un vrai capitaliste, en créant un nouveau marché , le marché des collectionneurs , et en le mettant en concurrence avec le première marché , le marché des artistes déjà existant > collectionneur contre artiste et artiste contre collectionneur > voila ce qu'il faut mettre en oeuvre pour en tirer moi avec quelque copain tout le profit et en rire comme un capitaliste sait faire en créant , sans fin, des imbéciles serviles et vils> prêts à tout pour obéir à la sacrée loi du marché> l' intouchable loi de l’intouchable marché de l’intouchable profit de l’intouchable mort à crédit> la tienne, oui , la tienne > tu en as tout le droit et le crédit. Il n'y a aucun profit de l'Un qui ne met pas en concurrence l'Autre , il n y a pas profit de l'Un qui ne provoque pas une division mortel et suicidaire dans l'Autre . Il n'y a pas de profit qui ne produit pas un conflit chez l'autre . Profit de l'Un > conflit de l'Autre > le profit de l'Un c'est le suicide de l' Autre > voilà la règle numéro UN d'un bon capitaliste, c'est effrayant oui> le profit de l'Un> monde sans futur pour l'Autre > monde sans futur > c'est effrayant , oui , c'est effraiant> mais il faut bien comprendre que pour un bon capitaliste tous les gens sont bêtes, considérés comme des bêtes parce que ils tombent très très très facilement et sans problème , sans aucun problème, ni avis critique, aucun, dans laLA miseMISE enEN concurrenceCONCURRENCE fatale et suicidaire et ça marche toujours, et ça marche à tous les coups et ça marche , et ça marche, et ça marche, et au nom du bon sens (servitude volontaire) et alors à quoi bon les considérer des humaines> des vrais crétins plutôt . [Dérangement et Déménagement > DD > une pièce de Dénonciation politique> DDD> d’après les Bucoliques de Virgile] »

 

 

 

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Visite à Marcel Conche

11 Juin 2017 , Rédigé par grossel Publié dans #J.C.G.

le monastère de Brou, le lac Genin, lieu de la légende de la Vouivre, les vins du Bugey
le monastère de Brou, le lac Genin, lieu de la légende de la Vouivre, les vins du Bugey
le monastère de Brou, le lac Genin, lieu de la légende de la Vouivre, les vins du Bugey
le monastère de Brou, le lac Genin, lieu de la légende de la Vouivre, les vins du Bugey
le monastère de Brou, le lac Genin, lieu de la légende de la Vouivre, les vins du Bugey
le monastère de Brou, le lac Genin, lieu de la légende de la Vouivre, les vins du Bugey
le monastère de Brou, le lac Genin, lieu de la légende de la Vouivre, les vins du Bugey
le monastère de Brou, le lac Genin, lieu de la légende de la Vouivre, les vins du Bugey

le monastère de Brou, le lac Genin, lieu de la légende de la Vouivre, les vins du Bugey

du 6 au 9 juin 2017, visite à Marcel Conche (95 ans passés) avec François Carrassan;

le 6, bouchons et ralentissements grâce aux Pentecôtistes qui rentrent après un jour de plus pour éviter les bouchons; merci !

nous passons 2 H en fin d'après-midi avec Marcel (nous sommes à Treffort) qui continue à réfléchir et à écrire sur des questions qui l'interpellent (quelles traces son éducation chrétienne a-t-elle laissé dans son oeuvre ? la morale ?);

le 7 au matin, visite du monastère de Brou, deux bonnes heures, je m'attarde devant le retable de Marie appelé les 7 joies de Marie (le 1° juillet, je leur fais le coup des 7 joies de Madeleine aux écrivents de l'été du Léthé à La Coquette), je médite devant le crâne d'une cellule de moine:

cher Hamlet, tes questions to be or not to be ne sont pas mes questions, je ne suis qu'éloise dans la nuit éternelle comme dit Montaigne et ne mérite pas le nom d'être, tout apparaît pour disparaître selon la métaphysique de l'apparence absolue de Marcel, ta conception de la non-séparation entre dormir, rêver, mourir peut-être, je ne la pratique pas, mais il est vrai que depuis peu, je suis sensible à l'unité corps-esprit, à l'intelligence sous les automatismes et l'inconscient, à la permanence sous l'impermanence, à l'éternité sous le temps qui passe (je vais t'écrire plus longuement);

à la librairie, je tombe sur Hildegarde de Bingen et sa petite pharmacie domestique, un ensemble incroyable de remèdes naturels (ils auront droit à regarder les recettes le 1° juillet pour se guérir de leurs mots émaux);

à midi, repas en famille, longs échanges avec le petit-fils, je n'ai pas le réflexe de ramener Marcel au centre des échanges, il est un peu mis de côté, malaise; notre hôtesse est chaleureuse, elle a accueilli un couple de réfugiés kosovar, sans papiers, accueil un peu difficile jusqu'à ce que la maire du village les reçoive officiellement;

le soir, nous optons pour l'auberge bressane, face au porche de l'église du monastère de Brou, au soleil couchant; préparatif des soirées son et lumière, nous avons droit à des musiques sacrées et profanes, le service est impeccable, un peu surréaliste avec le maître d'hôtel, Jérôme, un tentateur des plaisirs de bouche, repas sublime avec des plats de grande classe et mignardises diverses accompagnés de Manicle, servi dans des verres armoirés AB, je déguste avec et pour AB1, AB2, une improbable AB3, jeux de quel inconscient ? nous avons choisi le menu du marché dit le jardin du pêcheur, je vais féliciter le chef Jean-Pierre Vullin, la chef pâtissière Ginette, je demande à Jérôme si je peux avoir un défilé de 3 calèches en 3D avec la comtesse qui dîne à côté de nous, ce sera pour la prochaine fois, répond-il, le prévenir 48 H avant;

le 8, direction le lac Genin sur demande expresse de Marcel, il y a amené Émilie, Pilar Sanchez, Catherine; promenade dans les herbes fleuries,

je m'essaie à dire, trébuche, je connais si peu les noms, je me contente de voir, savourer la biodiversité, je suis dans le vent et sous le vent, je n'ai pas mon portable, je ne l'emporte jamais et ne peux donc utiliser l'application permettant de reconnaître les plantes; je vais la chanter la biodiversité ne sachant distinguer bleuets, luzerne, trèfle, pâquerettes...;

au retour, nous passons 2 H 1/2 avec Marcel, le petit-fils est là; à un moment Marcel me demande: quand tu décides quelque chose, est-ce que tu sais ce que tu fais, courte réflexion, il me semble que non mais j'assume les effets pervers s'il y en a, eh bien je crois que quand j'ai décidé de partir en Corse, je ne savais pas ce que je faisais; tout le reste du temps a porté sur l'épisode Émilie, qu'est-ce qui l'avait fasciné chez elle, il le sait, le dit, le petit-fils conteste,

(le livre Le Silence d'Émilie édité aux Cahiers de l'Égaré, sorti en 2010, a obtenu le prix Jean-Jacques Rousseau, épuisé);

passionnantes nos interrogations permanentes sur nos amours qui restent toujours et pour toujours mystérieuses donc vivantes ?

passage au caveau du Revermont, caverne d'alcoolibabacool, achat de deux bouteilles de Bugey, un blanc, le spleen de Pauline qui sera là le 1° juillet, un rouge, l'ode à Madeleine, au centre de nos écritures ce jour-là, passage à la fromagerie de Treffort, inscrite sur la route du Comté, quelques chèvres, du comté, du bleu de Bresse;

le 9, retour sans problème de ralentissement; heureux de retrouver la maison, la chatte, les âmes et leurs ombres lumineuses; photos François Carrassan

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La poésie en politique, dans la vie, à l'école

26 Avril 2017 , Rédigé par grossel Publié dans #J.C.G.

Pour une école du gai savoir, 2004, pas une ride

Pour une école du gai savoir, 2004, pas une ride

On a vu l'impact de la lecture de poèmes bien interprétés lors des réunions publiques de Jean-Luc Mélenchon, pendant la campagne présidentielle du 1° tour. Hugo, Eluard, Ritsos, Prévert et d'autres sont venus conclure ces réunions, donnant un souffle différent, élargissant l'horizon, faisant monter une autre émotion, quelque chose de moins éphémère que la parole politique, un moment d'éternité aussi intense que la minute de silence pour les noyés de la Méditerranée à Marseille (le seul à avoir eu un tel geste, merci).

La poésie dans la vie, c'est la lire, la dire, l'écrire. Elle accompagne, apaise, par exemple, il y a des poèmes de "deuil" magnifiques quand on a perdu quelqu'un, je pense à celui d'Elizabeth Frye:

Ne reste pas là à pleurer devant ma tombe,
Je n'y suis pas, je n'y dors pas...
Je suis le vent qui souffle dans les arbres
Je suis le scintillement du diamant sur la neige
Je suis la lumière du soleil sur le grain mûr
Je suis la douce pluie d'automne...
Quand tu t'éveilles dans le calme du matin, Je suis l'envol de ces oiseaux silencieux
Qui tournoient dans le ciel...

Alors ne reste pas là à te lamenter devant ma tombe
Je n'y suis pas, je ne suis pas mort !
Pourquoi serais-je hors de ta vie simplement
Parce que je suis hors de ta vue ?
La mort tu sais, ce n'est rien du tout.
Je suis juste passé de l’autre côté.
Je suis moi et tu es toi.
Quel que soit ce que nous étions l'un pour l'autre avant,
Nous le resterons toujours.

Pour parler de moi, utilise le prénom
Avec lequel tu m'as toujours appelé.
Parle de moi simplement comme tu l'as toujours fait.
Ne change pas de ton, ne prends pas un air grave et triste.
Ris comme avant aux blagues qu'ensemble nous apprécions tant.
Joue, souris, pense à moi, vis pour moi et avec moi.
Laisse mon prénom être le chant réconfortant qu'il a toujours été.
Prononce-le avec simplicité et naturel,
Sans aucune marque de regret.

La vie signifie tout ce qu'elle a toujours signifié.
Tout est toujours pareil, elle continue, le fil n’est pas rompu.
Qu'est-ce que la mort sinon un passage ?
Relativise et laisse couler toutes les agressions de la vie,
Pense et parle toujours de moi autour de toi et tu verras,

Tout ira bien.
Tu sais, je t'entends, je ne suis pas loin, Je suis là, juste de l’autre côté.

Mary Elizabeth Frye

On comprend alors l'importance de la poésie à l'école.

J'ai édité en 2004 un livre de 400 pages, 1 Kg, Pour une école du gai savoir; il m'en reste; 3 auteurs (Philippe Granarolo, philosophe, adjoint à La Garde, Laurent Carle et moi-même); pages 247 à 252, on trouve des textes poétiques de jeunes et les deux dernières pages, 392, 393, sont deux poèmes d'élèves de 6°; le livre s'achève sur cette citation de Flaubert : la civilisation est une histoire contre la poésie;

Les Cahiers de l'Égaré ont édité aussi 5 Printemps des poètes dans les collèges du Var (2000-2004), livres présentant les poèmes obtenus par la BIP, brigade d'intervention poétique, une trentaine de poètes intervenant une journée dans 30 collèges; et puis, ça s'est arrêté; les sous, vous savez, il paraît que des fois, il n'y en a plus et puis, ça s'est arrêté l'année où j'ai été éjecté de la Maison des Comoni; c'était une opération financée par le Conseil Général du Var, à l'initiative de Rémy Durand, détaché et attaché culturel de l'IA du Var et de l'Académie de Nice; je faisais partie de la BIP.        J.C. Grosse

Voici un vieil article d'Evelyne Charmeux sur ce sujet. Il date d'avril 2008. Comme quoi les blogs ont aussi  leur éternité.

La mémoire : quel rapport avec la récitation ? Et avec la poésie ?

 

Georges Jean, immense poète et théoricien de la poésie en classe, disait : "Il faut tuer la récitation pour sauver la poésie". Apparemment, nos dirigeants n'ont pas lu Georges Jean, et n'ont sans doute ni lu, ni écrit beaucoup de poésie... Les nouveaux programmes qui, avec la démagogie qui les anime, réintroduisent ce terme familier (mais non dépourvu de connotations inquiétantes), nous amènent à réfléchir sur la poésie en classe et sur le rôle de la mémoire dans l'éducation de nos petits.



Parlons de poésie d'abord : on en parle si peu aujourd'hui !
Je voudrais commencer par donner la parole à ceux qui, en leur temps, ont dit des choses, bien oubliées aujourd'hui, mais essentielles sur la poésie et l'école. En commençant par rappeler le cri d'alarme poussé par Josette Jolibert, en 1971, à ce propos, sous le titre : "Il faut réconcilier poésie et pédagogie".


Nous sommes tous des sous-développés en poésie, comme lecteurs et comme créateurs . 
Pour combien d’entre nous la poésie est-elle autre chose qu’un “supplément d’âme” occasionnel ? 
Et quelle poésie, 
plus récente que celle de Baudelaire,
et autre que celle qui “veut dire” quelque chose immédiatement ?
Pour combien d’entre nous René Char ou tel autre poète de notre temps sont-ils confrontation quotidienne?
Et combien d’entre nous écrivent ? créent ?
Prenons-en acte sans nous culpabiliser. C’est une situation historiquement datée. Il est facile de situer les responsabilités en posant ces questions :
quelle formation ?
quelle disponibilité ?
quel environnement culturel ?
quand a-t-on sollicité notre créativité
 ?

Quand on lit cela, on ne peut qu'être bouleversés : il y a trente-sept ans que ces choses ont été dites, et qu'y a-t-il eu de changé depuis ?
Pourtant, à cette époque, sous l'impulsion des propositions que Georges Jean avait développées dans le chapitre intitulé : "Poésie et approche de la langue poétique" du Plan de Rénovation de l'enseignement du français à l'Ecole Elémentaire, (dont il faut savoir qu'il devait devenir texte officiel, avec l'accord du ministre de l'époque, mais qui subit le veto absolu de Monsieur Georges Pompidou, nouveau président de la République), les propositions concrètes ne manquaient pas.
je souhaite ici faire connaître à nos collègues, quelques extraits au moins du texte de G. Jean, ne serait-ce que pour pouvoir les comparer à ce que disent les nouveaux programmes.


Il serait tout d'abord préférable de remplacer le terme de « récitation » par celui de « poésie ». 
Non que la mémorisation des textes poétiques soit abandonnée mais parce que la "récitation" — la diction, plutôt — proprement dite 
n'est et ne doit être qu'un moment dans l'activité de poésie qu'il est souhaitable de voir instituer à tous les niveaux de l'enseignement élémentaire. (...)
La poésie est propre à rendre à l'enfance ce que l'enfance lui a donné. Et à susciter chez l'enfant le besoin de dire, enfin, tout ce que l'on a à dire, et à le faire partager. 
La poésie aurait donc à l'école élémentaire la double fonction de «donner à voir» et de provoquer chez l'enfant le désir de rendre conscient l’inexprimable.
il serait bon d'introduire le plus souvent possible au cours de la classe, des lectures de un ou plusieurs poèmes, lectures faites par le maître ou par des enfants, que traverse la poésie.
Chaque semaine, le ou les textes ayant obtenu la plus grande audience ou celui qui plaît tout particulièrement à un enfant ou au maître, 
seraient plus spécialement étudiés en vue de la diction et éventuellement de la mémorisation. 
Il s'agit d'une imprégnation plus globale qu'analytique et qui concerne aussi bien la sensibilité et l'imaginaire que la conscience claire des formes du discours. On ne cherchera pas à fixer des structures, mais à faciliter pour les enfants qui le désirent 
la constitution d'un « trésor » personnel de poèmes, susceptible de renaître à chaque appel. Cependant on n'oubliera jamais que la poésie est une langue « qui parle et qui se parle » et l'on accordera la plus grande importance à la perception par l'enfant de la respiration, de la prosodie, de l'accentuation, de l’articulation des textes poétiques. Le premier souci de celui qui dit un poème devrait être de faire entendre le poème, sans le trahir. En même temps, il devrait chercher à ne pas effacer l’originalité unique de sa voix. Car il ne s'agit pas de sacrifier la personnalité de chaque enfant à une perfection académique ou faussement expressive. On se gardera même dans ce sens d'imposer de l'extérieur une expression, une intonation qui ne peut provenir que du seul respect du texte. La plus grande difficulté résultant de cette orientation nouvelle concerne sans doute le choix des textes. « Le meilleur choix de poème est celui que l'on fait pour soi » disait Eluard. C'est-à-dire qu'il y a beaucoup à attendre dans ce domaine de la curiosité, de la sensibilité, de la culture des maîtres. Par ailleurs, il n'est pas vain de parler à ce sujet, « d'expériences poétiques », dans la mesure où le maître et les enfants «essaient» les textes les plus divers et retiennent ceux qui semblent convenir aux uns et aux autres, et même s'inscrivent dans certaines circonstances précises.

Je voudrais souligner, dans ce très beau texte, l'immense respect de l'enfant qui l'anime et le sens poétique profond qui s'en dégage.
Aujourd'hui, que trouve-t-on dans le projet de nouveaux programmes ? 
1- Pour l'école maternelle : "Dire ou chanter une dizaine de comptines avec une bonne prononciation".
Il n'est pas précisé ce qu'est une "bonne" prononciation... 
Il est vrai que dès la grande section, il s'agit d'avoir en plus "un ton approprié". On ne précise pas non plus ni à quoi doit être approprié ce ton, ni en quoi il consiste.
2- Au CP et au CE1 : "Dire de mémoire de courts poèmes ou des comptines, en mentionnant le titre et l'auteur, en respectant le rythme et en ménageant des respirations, et sans commettre d'erreurs (sans oublis ou substitutions)". 
Avouez que c'est là une conception délicieusement romantique, et tout à fait propre à éveiller le sens poétique des enfants ! Josette Jolibert doit être rassurée...
3- Quant aux CE2, CM1 et CM2, ils devront "dire sans erreurs et de manière expressive, une dizaine de textes en prose ou de poèmes"
Comme plus haut, on ne précise pas ce qu'est une "manière expressive", mais on peut surtout remarquer que la sanction des erreurs prime de toute évidence le sentiment poétique... On est loin des "moments de poésie" ; on est loin du "trésor" personnel et de la langue "qui parle et qui se parle ", on est très loin de la culture.
Il est donc incontestable que le retour de ce terme de récitation a fait disparaître non seulement le terme de "poésie", mais tout l'esprit de cette "rose inutile et nécessaire" (G. Jean), dont le rôle dans l'éducation est une évidence démontrée depuis toujours. 

Mais il y a plus grave.
Je vois dans l'utilisation de ce terme, — amalgame (encore un) entre 
mémoire et récitation —, une volonté, sans doute parfaitement consciente, de mise au pas des élèves. 
Avez-vous remarqué que toutes les formes d'obscurantisme, religieux ou non, n'enseignent qu'avec de la récitation de textes appris par cœur ? Vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi ? 
C'est que, figurez-vous, pendant qu'on récite, on ne pense pas ! La récitation occupe tout le cerveau qui n'a plus besoin même de comprendre ce qu'il débite, et qui se laisse dévorer de l'intérieur par des mots étrangers à lui. 
Rien à voir avec la mémoire, qui est nourriture de la pensée et qui se nourrit elle-même, non point d'apprentissage par cœur, mais de mille, cinq mille lectures. C'est en lisant et en relisant des poèmes chaque jour, avec le texte sous les yeux — parce que la poésie ne souffre pas que l'on ait des trous de mémoire, et parce que le vécu poétique n'a rien à voir avec un contrôle de mémorisation — que la mémoire se nourrit.
Qu'elle soit chose essentielle et qu'il faille la développer, cela va de soi. 
Le problème, c'est que jamais le fait de "réciter" n'a développé la mémoire, ni quoi que ce soit d'autre, du reste. 
Ce qui est essentiel, c'est de 
savoir par cœur des quantités de textes (pas une "dizaine"... !). Et ce n'est pas du tout pour les réciter : Ils servent, ces textes, à fabriquer le miel culturel de chacun, celui qui fait réfléchir, qui structure la pensée et qui équilibre la personne. La mémoire, il faut le répéter, n'existe et ne se développe que par des lectures, encore et toujours recommencées. 
Est-il certain qu'une méthode syllabique d'enseignement d'icelle prépare bien à cela ? 

 

Commentaires de Christian Montelle

Pour inspirer l'amour et non la haine des poèmes, le récital de poésie commence à être connu : il marche vraiment très bien. De nombreux collègues peuvent en témoigner.
Le récital de poésie
Bon ! la récitation ennuie à mourir beaucoup d’élèves, même si elle en réjouit d’autres. Comment la rendre attractive ? Imaginez-vous (souvenir…) en train de dire un poème devant des camarades qui ne vous écoutent pas, puisque tous connaissent déjà le texte par cœur, et à l’intention d’un professeur qui ne guette que vos oublis ; vous voilà donc en train de réciter un poème que vous n’aimez pas forcément et que vous avez plus ou moins compris. Cette perspective vous plonge-t-elle dans l’allégresse ou dans la morne acceptation d’une corvée inévitable ? Ne peut-on imaginer de donner vie de façon plus jubilatoire aux beaux poèmes de notre patrimoine ? Je veux en présenter une, parmi tant d’autres, et qui plaît beaucoup aux élèves : le récital. Avec mes élèves nous avons constitué au fil des ans des fichiers de poésie, un pour les 6e/5e et un autre pour les 4e/3e. Nous approchons des trois cents poèmes dans chaque fichier : que des beaux, des bons, des gouleyants, des signifiants, des qui nous plaisent (le maître participe au choix), en toute subjectivité. Fiches au format B5, poèmes collés proprement, et comprenant au verso une notice sur l’auteur.

Le travail sur la voix, évoqué plus haut, a été effectué, des poèmes étant lus par le professeur ou les élèves comme exemples. Le récital est annoncé avec quinze jours d’avance (ou un mois…). Des paquets de fiches sont distribués à chaque élève. Lecture silencieuse, choix du poème que chacun va « offrir » à la classe (ou à un auditoire plus large).
Le jour du récital arrive, réservé à la classe aujourd’hui. Consignes : après la musique de début (une musique qui reviendra de temps en temps lors des silences, une musique douce, un peu envoûtante : Suite pour violoncelle de Bach, par exemple), seule la poésie aura la parole. Aucun commentaire d’élève ou de professeur, mais tout le monde, y compris le professeur, pourra dire, lire, chanter, crier, psalmodier — en un mot donner voix — à un ou plusieurs poèmes, du lieu de la classe qu’il choisira, de la façon qui lui semblera convaincante. Le récitant doit articuler, prendre son temps, car les autres ne connaissent pas son poème ; il leur offre, d’amitié, le texte qui l’a conquis lui-même. L’écoute est maximale, le silence d’une densité incroyable. Il faut avoir vécu une de ces séances pour savoir l’émotion que peut engendrer un poème dit, vraiment dit, quand le silence est un berceau dans lequel la parole prend une vie nouvelle. La musique clora doucement la séance et permettra de revenir dans le monde de la classe où, toutefois, aucun jugement ne sera porté, aucune note ne sera donnée. En effet, cette prestation est tellement personnelle et authentique que ce serait juger la personne de façon terrible que d’ajouter quelque chose à la voix entendue. Ces récitals plaisent tellement aux enfants qu’ils sont une récompense : Monsieur, s’il vous plaît, on prépare un récital de poèmes ? Je ne rêve pas : essayez !
Bien sûr, un récital peut être donné à une autre classe qui rendra la pareille, à des parents lors d’une fête, mais cela est secondaire. Le premier objectif visé est l’émotion partagée qui fonde la classe, pas la représentation qui place le poème au second plan.

Une variante peut être amenée, en fin d’année, lorsque la diction est bien maîtrisée : c’est l’enregistrement au caméscope. Il est recommandé d’utiliser un micro de proximité de bonne qualité pour garder toute l’émotion contenue dans les voix. Une caméra qui fait des gros plans, qui tourne autour du récitant, qui glisse sur le public, voilà de bons exercices, assez faciles, pour mettre en pratique les études sur l’image. La cassette/CD/DVD audio ou vidéo pourra être dupliquée pour les familles, passée sur le circuit interne ou la radio du collège, proposée à quelque cyberjournal : offrir un poème à un enfant du bout du monde !
Extrait de :Christian Montelle, La parole contre l'échec scolaire, l'Harmattan, 2005

 

Christian Montelle

Chère Eveline,
Vous écrivez :
"Ce qui est essentiel, c'est de savoir par cœur des quantités de textes (pas une "dizaine"... !). Et ce n'est pas du tout pour les réciter : Ils servent, ces textes, à fabriquer le miel culturel de chacun, celui qui fait réfléchir, qui structure la pensée et qui équilibre la personne. La mémoire, il faut le répéter, n'existe et ne se développe que par des lectures, encore et toujours recommencées. "
En tout cas, je pense que le poème n'existe pas tant qu'il ne s'est pas envolé dans la parole. Le poème fait plus souvent ressentir que réfléchir. Ressentir par le fait qu'il ouvre de façon différente nos yeux sur le monde.
Le poème est aussi musique et, comme une partition, il a besoin d'être interprété. Quel plaisir peut-on éprouver à lire une partition bouche fermée ?
Chacun interprète le poème de façon différente et c'est un formidable plaisir de partager cette diversité qui enrichit chaque auditeur.
On peut lire, réciter, psalmodier, chanter les poèmes. Qu'importe si on leur donne des ailes ! Les ailes du désir. Les ailes du plaisir. Les ailes du partage.
Revenir à la récitation ancienne n'a pas tout à fait ces objectifs ! La récitation-corvée tuera encore un peu plus la poésie !



 

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Le Chercheur/Lars Muhl/Flammarion

16 Février 2017 , Rédigé par grossel Publié dans #développement personnel, #J.C.G., #note de lecture

présentation du livre par l'éditeur

présentation du livre par l'éditeur

Le Chercheur

Lars Muhl

Flammarion 2017

C'est sur proposition de Flammarion que je me suis retrouvé lecteur en avant-première de ce 1° tome d'une trilogie de Lars Muhl, O manuscript, comprenant The Seer, The Magdalene, The Grail.

The Seer, Le Voyant, Le Chercheur a été publié en 2012.

Traduit pour la 1° fois en français, Le Chercheur, est le récit d'une série de rencontres initiatiques entre le narrateur et le Voyant. Ayant de lui-même renoncé à une carrière de musicien, ayant renoncé à la plupart des illusions auxquelles aspirent la plupart des gens, réussite, reconnaissance, argent, pouvoir, vivant solitaire et de peu, le narrateur semble avoir atteint le fond car il n'a pas encore pleine conscience de la fausseté des artifices et paillettes qui attirent la plupart.

Il entreprend un voyage en train depuis Copenhague jusqu'en Espagne, voyage décrit en plusieurs épisodes, alternant avec le récit des rencontres, des expériences et leçons données par le Voyant. Entre chaque épisode de ce voyage, des rencontres ou plutôt dans un premier temps, des réponses à des invitations.

Il se rend là où un mystérieux interlocuteur l'invite à se rendre, révélant ainsi une disponibilité propice à l'initiation. Il en a déjà fini avec d'innombrables freins et liens, avec d'innombrables peurs. C'est au pied de Monségur que le mystérieux personnage, le Voyant, va se montrer, lui faisant vivre des montées ardues et des rencontres annoncées.

En grimpant cette montagne réelle, il va découvrir ce pour quoi il est destiné, ce qu'il désire vraiment qui consiste à « être présent en tant qu'être humain », sacrée montagne, autrement plus ardue que celle de Monségur.

L'initiation passe par des expériences, celle du sac à dos que le Voyant charge de pierres réelles, métaphores ou symboles de poids psychiques dont il doit se libérer, se soulager.

Le Voyant a des « pouvoirs » extraordinaires mais prenons le mot « pouvoir » avec précaution puisque ce mot est récusé par le Voyant. Pour un lecteur n'ayant pas été initié, cela ressemble à des pouvoirs. En réalité, c'est parce qu'il se hisse à une conscience nouvelle, plus globale que les niveaux de conscience acquis et transmis, parce qu'il réussit à se rendre isogyne, seulement et pleinement humain, non-déterminé par le genre, non-personnalité, disponible sans limites qu'il est capable de modifier, de transformer l'état de celui qui fait appel à lui, en dernier recours, pour le guérir de sa maladie ou le sortir de son état moribond car il est d'abord malade, il se meurt de ses pensées nocives. Ce sont nos poisons qui nous empoisonnent. Et c'est parce qu'il est en harmonie avec l'univers, qu'il est synchrone avec le flux de la Vie qu'il peut aider l'autre, induire en lui cette harmonie. Il est responsable de cet autre qui se livre à lui. Et peut donc répondre concrètement à la question que puis-je faire pour lui ?

La question de Hamlet, être ou ne pas être, doit retrouver toute sa force de questionnement. Pour être, il faut savoir ce qu'on n'est pas, se purifier, se raffiner, se rendre invisible, gagner en élégance et en humour, (l'humour doit être désarmant et donc me désarmer, surtout quand je me heurte à un obstacle, à un échec ; de lourd, le rendre léger), développer attention et concentration, remplacer l'instinct par l'intuition, devenir un véritable artiste c'est-à-dire être à l'écoute de l'harmonie universelle, en harmonie avec les lois universelles, devenir un danseur cosmique. Ce qu'est sans doute la Dona, la gitane croisée à Malaga dont l'élégance naturelle (elle est l'élégance) éclipse toutes les beautés artificielles qui cherchent à se mettre en valeur sur la Promenade.

De Vinci est décrit comme un ambassadeur de visions, transformant ce qu'il recevait dans un esprit identique à celui contenu dans ce qu'il recevait. L'artiste a pour mission de transformer ce qu'il a reçu avec sa conscience qu'il s'est exercé à aiguiser, à rendre extrêmement sensible, venu de l'humain et du cosmique. Et de lui proposer l'exercice de visualisation de la flamme d'une bougie. Deux sortes de lumières sont évoquées, la lumière bleu gaz qui renvoie à toutes les énergies physiques, la lumière dorée qui renvoie à l'énergie spirituelle.

Pour quelqu'un qui est en recherche spirituelle, ce récit est nourricier. Nombre de leçons, de formules sont audibles, parlantes, incitatives à un travail de dépouillement. Évidemment, on sent des influences venues de l'étude de nombreux textes des traditions et de la mystique. Assez peu de considérations de nature scientifique. Quand cela se produit, ça ne m'a pas semblé convaincant, par exemple les 24 énergies présentes dans une pièce et représentant les mésusages antérieurs de « son » pouvoir par le Voyant.

Pour conclure, ce récit d'initiation n'est pas austère. Le narrateur comme le Voyant sont aussi de bons vivants, aimant bons plats, bons vins, aimant se promener, profiter des lieux comme des gens.

Lars Muhl est entré en 2013 dans la liste Watkins des guides spirituels, le Dalaï Lama en 1° position, Deepak Chopra en 4°, Lars Muhl en 90°. Paulo Coelho est 7°, Jodorowsky, 27°, Benoît XVI, 33°, Rupert Sheldrake, 87°. Aucun des "maîtres" français: Matthieu Ricard, Frédéric Lenoir, Laurent Gounelle, Christophe André, Alexandre Jollien, Jacques Salomé. Bizarre cette liste anglo-saxonne.

On trouve sur you tube des vidéos, hélas aucune en français. Ce livre édité par Flammarion vient donc à propos.

 

Jean-Claude Grosse

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Naître enchantés/Magali Dieux

11 Septembre 2016 , Rédigé par grossel Publié dans #agora, #J.C.G.

Le samedi 10 septembre 2016, de 10 H à 13 H, à la médiathèque d'Hyères, les petits déjeuners de la médiathèque organisés par Les Colibris du Revest-Ollioules et Les 4 Saisons d'ailleurs ont accueilli Magali Dieux pour la projection du film Naître enchantés, suivie d'un débat qui a largement débordé puisque la séance s'est terminée à 13 H

Si j'écris cet article, c'est parce que ce film, en DVD, qui accompagne le livre est particulièrement émouvant et prenant

et que la capacité à transcender et à transmettre l'expérience vécue par Magali Dieux, un enfantement dans une voiture avec une petite fille de 6 ans comme témoin, est stupéfiante. De ce qui aurait pu être un traumatisme, Magali Dieux a fait une méthode où la vibration, l'état d'esprit et du corps: être ouverte, dans le sourire et la joie, sont au coeur de l'enfantement, le mot est important, enfanter, pas accoucher. Avec 5 enfantements oeuvrés car c'est faire oeuvre qu'enfanter ainsi, dont un enfant mort avant terme, Magali Dieux sait ce qu'elle a vécu et ce qu'elle transmet et partage.

J'ai connu Magali, lycéenne, fréquentant l'atelier théâtre du centre culturel L'Escaillon à Toulon, je l'ai vue devenir comédienne, auteur, metteur en scène, j'ai accueilli deux de ses spectacles aux Comoni au Revest: Mignonne, allons voir et Zap ta tête et prends le nord. Elle fut du 1° spectacle du Revest en juilllet 1983, Le gardien de musée par une compagnie belge. Je l'ai suivie quand elle a perdu par mort subite du nourrisson un de ses enfants et qu'elle a réagi immédiatement par une nouvelle grossesse.

La retrouver un soir de Noël, à la Mahakali, à Châteauvallon, il y a 2 ou 3 ans, fut un grand plaisir et c'est ainsi que j'ai découvert et le livre et le film et retrouver la femme, épanouie, chaleureuse qu'elle est devenue, coach en développement personnel, après avoir été coach de chant pour The Voïce.

Il me semble que cette façon d'enfanter où les parents se réapproprient l'événement est d'une humanité, d'une bientraitance, d'une bienveillance qui méritent d'être connues, diffusées. Je pense aussi que cette capacité de transcender un événement fortuit avec sérénité, maîtrise est exemplaire. Chacun est sans doute porteur un jour ou l'autre d'un événement qui peut être transmis. L'attitude de Magali qui est une philosophie de la vie, ouverture du corps en lien avec l'ouverture d'esprit, l'accueil de la vague comme il est dit dans le film à un moment, est bien sûr une attitude, une philosophie qui vaut pour tout instant de la vie et jusqu'à la fin de vie.

Merci à Magali Dieux d'être devenue ce qu'elle est devenue.

Naître enchantés est aujourd'hui un collectif de médecins, sages-femmes et artistes qui ont mis en place le Label Naître enchantés pour toutes les maternités ayant à coeur d'humaniser les techniques de soins et la mise au monde de l'être humain de demain.

Dernier point: voilà avec Naître enchantés, un thème d'écriture pour femmes et hommes peu exploré me semble-t-il (ce n'est pas le cas des fins de vie). Des écritures enchantées nous changeraient des écritures dites du réel, écritures sur le bruit du monde dont on se lasse tant ce monde est violent et le restera, indifférent aux écritures qui le dénoncent. Quel auteur, quelle autrice des EAT (Écrivains associés du théâtre) lancera un projet pluriel sur ce thème. La vidéo de l'enfantement de Zoé par Magali est un support extraordinaire.

Présentation du livre:

Jamais les femmes françaises n’ont été aussi bien assistées médicalement qu’aujourd’hui pour mettre au monde leur enfant. Comment expliquer alors le nombre grandissant d’accouchements pathologiques ? Pendant que Patrice Van Eersel, journaliste, enquête sur le sens de la naissance dans notre société, Benoît Le Goëdec, sage-femme, explique clairement qu’une naissance ne peut être simplement confiée à un contexte médical, lequel, potentiellement, dépossède et dépersonnalise. Et c’est là qu’intervient Magali Dieux qui découvre avec ses cinq accouchements qu’une vibration spécifique émise en pleine conscience pendant les contractions fait traverser les douleurs psychiques et physiques de l’accouchement. Pendant dix ans, elle développe sa philosophie, affine sa méthode “Naître enchantés par l’expression vocale ajustée”, devient professeur de chant et thérapeute, à la rencontre des scientifiques et des hôpitaux. Sa méthode donne aux femmes et aux couples qui le désirent la possibilité de rester acteurs de leur accouchement, en lien avec l’équipe médicale et leur enfant, quelles que soient les conditions techniques (déclenchement, péridurale, césarienne, etc.). Dans cet ouvrage, Magali Dieux propose une préparation du couple à la naissance et à la parentalité pour accompagner l’arrivée de son enfant dans la joie.

le livre, Naître enchantés; l'affiche du petit déjeuner du 10 septembre 2016
le livre, Naître enchantés; l'affiche du petit déjeuner du 10 septembre 2016

le livre, Naître enchantés; l'affiche du petit déjeuner du 10 septembre 2016

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Welcome to New York, une bonne critique

8 Juin 2014 , Rédigé par grossel Publié dans #J.C.G.

Welcome to New York

Abel Ferrara

J'ai vu ce film il y a déjà quelques jours. Pourquoi ai-je voulu le voir ? Pour me faire mon idée sur cet objet. La polémique entre les producteurs-créateurs-acteurs de la fiction et les protagonistes de la réalité, les critiques très négatives sur le film, cela m'incitait à le regarder. Je n'aime pas trop qu'on me dicte mon jugement.

Mais aussi ce n'est qu'un film et j'aurais pu me dispenser de le regarder. Après tout, j'ai des urgences de pensée plus centrées sur mes désirs du moment, par exemple sur les évidences du temps. Si donc je l'ai regardé, c'est qu'il excitait ma curiosité. Elle n'a pas été déçue. Je pense, contrairement à la réception dominante qu'on a affaire à un film qui restera, (voir une critique sur agoravox, en bas de page) pas du tout un navet, un objet obscène, injurieux. La construction est faussement chronologique, il y a des flash-backs, un monologue intérieur comme un examen lucide sur soi à un moment, un retour en arrière quoi.

Les dialogues, considérés comme indigents, m'ont accroché par leur sècheresse, leur tranchant, leur crudité. On ne tourne pas autour du pot, on est dans le ressenti, pas dans la pensée. On s'affronte à vif, à cru, c'est dur, diffamatoire a-t-on dit.

Les scènes de sexe m'ont paru rabelaisiennes, pas toutes bien sûr, celles du début, joyeuses et pas tristes comme on a dit (la chair est triste, hélas, Mallarmé). Cette manière de prendre de la distance tout en ahanant comme une bête sur une croupe, dans un vagin, en tapotant fesses et seins m'a fait rire. L'acteur dit ne pas aimer l'homme qui prend du plaisir en 6 minutes. En action, l'acteur se moque de son personnage Devereaux. Il baise et rit au fond de lui de ce qu'il nous donne à voir. C'est de la baise caricaturée. Pas évident comme exercice. Mais pour moi, ça a fonctionné. Je ne risque pas de devenir un adepte de ces lècheries de chantilly sur corps de femmes-objets. Les deux flash-backs concernent deux épisodes de séduction car Devereaux-Depardieu est formidablement séducteur. La première séduction se déroule jusqu'à conclusion ; c'est une réussite, une belle histoire d'un moment. La seconde vire à l'agression ratée sur une journaliste. Scène violente. Un même homme, une addiction, des comportements qui changent en fonction de ce qui se présente, en fonction partiellement du consentement ou de la résistance de l'autre. Et il y a la scène de la chambre d'hôtel. Scène violente, assez peu explicite. Que fait Devereaux ? Oblige-t-il l'employée à une fellation ? Il dira qu'il s'est masturbé à hauteur de sa bouche. Il expose sa philosophie de la sexualité au restaurant, à sa fille et à celui qui prétend à elle. La bouillabaisse est une partouze de poissons. Ce n'est pas un crime d'aimer la multiplicité des rencontres et des rapports, peu regardant sur les moyens, étant donné son pouvoir, à la fois de séducteur et d'homme puissant. Comme c'est la dénonciation de l'employée qui conduit à la chute du puissant, les scènes d'explication entre l'épouse, Simone et le coupable sont importantes. Simone est une femme éprise, elle a le sens de la dignité. Elle veut savoir, n'obtient pas ce qu'elle veut, la vérité, met tout de même en œuvre sa fortune pour sortir son mari des griffes de la police et de la justice américaines. Dans ces scènes aux répliques improvisées semble-t-il, ce qui est significatif, on est sensible à leur maladresse, ça va plus loin que ce qu'on veut dire, on blesse, on se blesse, on veut se rapprocher, on se refuse, on fait le point sur les ambitions respectives, la première dame, le futur président. Une évidence, l'homme puissant ne veut pas devenir président, l'homme puissant ne veut pas être sauvé de son addiction. Tant devant le psychiatre qu'avec les journalistes, il est clair, il ne regrette rien, il ne veut pas changer, il veut seulement sortir des griffes américaines et réclame l'aide de Simone, même s'il déteste d'où vient son argent.

La partie concernant l'arrestation, les conditions de détention, le procès, l'abandon des poursuites est traitée rapidement sauf les séquences de la fouille au corps et de la cellule. J'ai trouvé la fouille au corps forte, on est du côté du détenu, l'empathie est forte à ce moment-là et assez souvent dans le film. Le puissant déchu n'est pas malmené par le cinéaste qui ne s'acharne pas sur lui. La preuve en est donnée à la fin avec un personnage ne disant rien après son monologue et nous regardant dans les yeux. Si vous voulez me juger, je vous mets au défi d'essayer. Cette fin est ouverte. Cela me renvoie à l'interview du début où c'est l'acteur Depardieu qui est interviewé, qui ne nomme pas le personnage réel référent. Il nous dit haïr les hommes politiques, ne pas vouloir jouer, il ressent et en même temps rit intérieurement de ce qu'il fait alors même qu'il nous émeut, nous fait rire ou pleurer.

Cette interview met en abyme le film, complexifie sa réception. Ce n'est pas comme le dit le bandeau introductif, à la fois un film s'appuyant sur des choses vues par tout le monde suite à l'énorme médiatisation de l'affaire et une fiction sur en particulier les scènes dans le loft à 60000 dollars par mois. C'est un film sur des corps d'acteurs se saisissant à leur façon de leurs personnages (un Gérard Depardieu, géant, une Jacqueline Bisset, dérangeante), dans une situation de grande crise sous le regard du monde entier, c'est le film d'un réalisateur qui semble comme son acteur renoncer à la maîtrise, qui ne peaufine pas ses scènes, ses dialogues, son montage, ses cuts, un réalisateur qui se moque de sa filmographie, de ses films-culte, un réalisateur de sa chute accompagnant la chute d'un puissant et celle d'un acteur à un moment critique de sa carrière immense.

En clair, ce film restera et deviendra un film-culte par ce qui semble être ses défauts, insuffisances, maladresses, provocations (allez tous vous faire enculer, droit dans nos yeux), énormités, outrances.

Jean-Claude Grosse

remarque en date du 31 décembre 2023 : ce film, jamais sorti en salle, visible seulement en VOD, ne deviendra jamais un film culte, l'affaire Depardieu, déclenchée le 7 décembre 2023 par Complément d'enquête provoquant la chute de l'ogre

je ne corrige en rien ma note du 8 juin 2014 : elle me permet d'évaluer le chemin que j'ai fait, celui qu'il me reste à faire. Je sais ce que je n'ai jamais voulu dans mes histoires d'amour (avec désir préalable). Je sais aussi que je suis peut-être trop facilement empathique avec le pire. Parce que je sais que potentiellement, nous sommes tout, d'innocent à monstre selon deux titres de livres de Depardieu.

Welcome to New York, une bonne critique
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