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bric à bracs d'ailleurs et d'ici

Assemblées citoyennes et ateliers constituants

22 Mars 2019 , Rédigé par grossel Publié dans #agoras

les couleurs de la musique par Y. 4 ans 1/2, article sur l'assemblée citoyenne de Solliès-Toucas du samedi 16 mars; les 6 GJ de Cuers à Genève le 20 février devant le siège de l'ONU avec le chien GJ Hermès le messager, le rond-point de Cuers
les couleurs de la musique par Y. 4 ans 1/2, article sur l'assemblée citoyenne de Solliès-Toucas du samedi 16 mars; les 6 GJ de Cuers à Genève le 20 février devant le siège de l'ONU avec le chien GJ Hermès le messager, le rond-point de Cuers
les couleurs de la musique par Y. 4 ans 1/2, article sur l'assemblée citoyenne de Solliès-Toucas du samedi 16 mars; les 6 GJ de Cuers à Genève le 20 février devant le siège de l'ONU avec le chien GJ Hermès le messager, le rond-point de Cuers
les couleurs de la musique par Y. 4 ans 1/2, article sur l'assemblée citoyenne de Solliès-Toucas du samedi 16 mars; les 6 GJ de Cuers à Genève le 20 février devant le siège de l'ONU avec le chien GJ Hermès le messager, le rond-point de Cuers

les couleurs de la musique par Y. 4 ans 1/2, article sur l'assemblée citoyenne de Solliès-Toucas du samedi 16 mars; les 6 GJ de Cuers à Genève le 20 février devant le siège de l'ONU avec le chien GJ Hermès le messager, le rond-point de Cuers

charte de l'assemblée populaire citoyenne du Grand Toulon, adoptée le 20 mars 2019

charte de l'assemblée populaire citoyenne du Grand Toulon, adoptée le 20 mars 2019

mardi 19 mars de 19 à 21 H 30, à la maison des Comoni (c'est comme au nid!) au Revest s'est déroulée une réunion fort intéressante avec des GJ venus de Cuers, Solliès-Toucas, Sanary, Bandol, Le Beausset, Le Plan du Castellet, Toulon, Le Revest et des citoyens sans symbole; des échanges sur "doléances" et revendications, sur le "grand" débat et les vrais débats à faire ou déjà faits comme à Solliès-Toucas, sur la nécessité de circuler de groupe en groupe, de rond-point en rond-point (Bandol, Cuers, La Ciotat, Brignoles, Le Cannet des Maures où Ruffin est venu...); regrets quant à l'absence de La Seyne et Hyères où un travail très riche se fait; des échanges sur la nécessité d'élargir aux sympathisants qui ne bougent pas, par des réunions pédagogiques partant des revendications et conduisant à la volonté de s'appuyer sur notre pouvoir constituant dont le RICARD en toutes matières est un outil (référendum d'initiative citoyenne, apolitique, républicain et démocratique ayant la couleur jaune du Ricard); considérations stratégiques et tactiques sur les votations en préparation pour un RIC national (dates, modes de préparation); échanges sur des exemples de démocratie directe, d'autogestion: Saillans dans la Drôme, Marinaleda en Espagne; échanges sur constitution actuelle à corriger ou constitution nouvelle ou autogestion, du local vers des échelons fédérés; il est apparu qu'il y a beaucoup de groupes GJ, que ça fonctionne en circuit fermé plus qu'ouvert, qu'il est difficile de s'informer sur dates et lieux de rencontres, difficile aussi de cerner les objectifs; constat qu'un énorme travail se fait souvent à très petit nombre, que les retraités isolés ne demandent qu'à rejoindre sous une forme ou une autre (covoiturage ou réunion là où ils habitent), que les marchés sont lieux propices à diffusion; nécessité de produire des tracts, flyers, d'organiser des assemblées citoyennes larges avec projection de courts films documentaires sur la réalité; nécessité aussi de s'armer intellectuellement contre manipulations, fake news, complotisme, séduction-sidération du vide macroniste incapable de gérer politiquement une crise majeure de la société française, lui préférant une gestion policière et judiciaire; il semble que le désir de fédérer initiatives et groupes va continuer à lever comme graines de printemps; l'assemblée a fait la preuve de son intelligence collective et de sa capacité à entendre tous les points de vue sans tac au tac stérile; pour finir, lecture applaudie d'un texte écrit pour le livre ronds-poins à paraître à la toute nouvelle maison d'édition La petite barque à Gardanne et applaudissement des 6 GJ de Cuers qui sont allés à Genève devant le siège de l'ONU rejoindre 2500 GJ le 20 février contre les violences policières; remerciements chaleureux au technicien des Comoni qui a assuré le suivi technique; remerciements au PJP pour la date, à TPM et au maire du Revest pour la mise à disposition des Comoni
 
pendant la nuit est arrivé de Ouagadougou, un texte farcesque de mon ami É Say Salé, intitulé C’est le temps du jaune cacatov; je vous le communique; une lecture à plusieurs voix serait sans doute appréciée; en 2017, j’ai édité de lui, Vols de voix, farce pestilentielle sur la présidentielle de 2017

Doléances  de l’Atelier « Constitution et Action »

 

de la région toulonnaise, version 2.7

 

introduction proposée à l'Assemblée

Les Gilets Jaunes proposent une autre politique  permettant aux 

citoyens de reprendre en mains leur pouvoir souverain et  permettant 

d’ augmenter leur pouvoir d’achat. Ils demandent que l’humain  

remplace le profit.

 

I  -REFERENDUM d'INITIATIVE CITOYENNE-DEMOCRATIE

 

1 -  Mise à disposition d'une salle uniquement consacrée aux 

réunions sur la gestion de la cité et du pays, à quelconque 

groupe substantiel qui le demande.

2 .1- Référendum local à la suite de toute enquête publique 

ou sur un projet donné à l'initiative de 8% des électeurs 

inscrits (comme en Suisse) RIC local et national  suite à 

exposition du pour et du contre.

Mise à disposition des salles de théâtre ou salles de 

spectacle et des grands médias pour l'expression de tous

2.2 - Possibilité donnée aux citoyens de proposer ou 

d'abroger une loi par référendum: RIC législatif ou abrogatoire.

2.3 -Révocation de tout élu, à l'initiative de 8% des inscrits 

du territoire concerné. RIC  révocatoire

3 -grands traités internationaux. 

a) Information préalable obligatoire

b) ne peuvent etre adoptés que par référendum

4- Temps de parole substantiel sur les grands médias, pour tous 

les opposants aux traités et grandes lois.

5 – Disposer d’un créneau horaire, à heure de grande écoute, 

sur une chaine de télévision publique (Public Sénat)

Pourront s’exprimer les groupes d’opposition, les lanceurs d’alerte, 

les citoyens au sujet   de leurs expériences, de leur souhait.

 

II –DEPENSES   -  NOTRE POUVOIR D’ACHAT

 

1 -  prise en charge  réelle des personnes en détresse.

2  -  Suppression de la taxe  sur le carburant.

3 - Indexation des salaires et des recettes sur l'inflation 

(calculée en complétant les bases de l'INSEE).

4 -  Suppression  de la CSG sur toutes les pensions de  retraite.

5 – Augmentation des salaires, et pensions de retraites pour 

rattraper les années de perte.

5 -  Renationalisation de l'électricité, gaz, lignes ferroviaires 

et eau.

6  Suppression  de la TVA sur les  produits de première nécessité

(nourriture sauf luxe, ...)   sur les produits bios françaises et sur les 

productions locales

7 -   Garantir pour tous l’accès à un logement digne.

8 – AME:

Politique incitative de grands travaux (en vérifiant qu'il n'y ait

pas de détournement, voire en laissant les donateurs effectuer 

la conduite d'opération) dans les pays les plus pauvres 

et en accord avec eux :énergie propre, gestion de l’eau, création de 

surfaces irriguées pour les cultures, reboisement afin de créer des emplois 

et ainsi apporter des conditions de vie meilleure aux populations qui ne s

eront plus dans l’obligation d’émigrer. 

10 -  Prise en compte des   maladies orphelines ou négligées bien que 

pandémiques telles que la maladie de Lyme : engager des recherches,  

reconnaitre le handicap, modifier le test de dépistage, autoriser les 

médecins à proposer des traitements hors protocole.

 

12 -  Suppression des frais de gestion des banques  en cas de découvert.

13 -  Resserrement de l'échelle des salaires ("concavification" de la courbe)

14  - Meilleure répartition des bénéfices dans les entreprises.  

Interdiction des parachutes dorés

15  bénéfices des entreprises: un tiers aux salariés, un tiers

 

aux actionnaires et un tiers pour l'investissement 

III  - ECOLOGIE ET SANTE

 

1 -  Liberté de vente des graines non OGM ou de variétés anciennes  

2 -  Interdiction des lobbies (c'est à dire de la corruption) au parlement

français et au parlement européen

3  Dans le centre ville, davantage  de zones navettes, et davantage de 

vraies pistes cyclables

4 -  Créer un droit au déplacement propre: obliger les collectivités à

proposer une alternative à la voiture individuelle, transports en commun

massifs, co-voiturage, autopartage, lignes de train, pistes cyclables

5 -  le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la Santé

(les études de risque sanitaire doivent être effectuées par un organisme

neutre et indépendant) : antennes, pesticides, pollution 

chimique, fumées, boues rouges, décharges.

6 -  favoriser substantiellement les circuits courts (production, consommation)

Aide aux producteurs locaux. favoriser et aider le bio au sens français

en particulier subventionner la transition des agriculteurs 

traditionnels vers le bio, au sens français et non européen du terme. 

7 - taxation des carburants maritimes et aériens

8 -  favoriser le ferroutage et les péniches, sinon taxe à bon escient,

sauf cas de force majeure. Favoriser l'isolation, et les maisons à 

énergie positive

9 -  suppression de l'obligation vaccinale

10 et non européen du terme

 

IV  - CHAPITRE RECETTES DE L'ETAT, FINANCEMENT (FISCALITE)

 

1 Imposition en France à la source des bénéfices des grandes entreprises, dont les GAFAM

sur l'activité réalisée en France

2 ...

3 -  Retour au marché commun au lieu de traités de l'Union Européenne

4 -  Surtaxer les entreprises qui délocalisent, revenir sur la liberté sans contrôle

de circulation des capitaux, En cas de délocalisation, l'entreprise devra

restituer les aides accordées, ou interdire les délocalisations

5 -  ...

7 - Restauration taxe sur le départ des milliardaires "Exit Tax" 1,5 milliard d'euros

8-  Fin du statut des travailleurs détachés 

9 -  pour toute personne, droits sociaux français proportionnels au temps

passé en France et retraite peut etre passée dans le pays de son choix

10 -  Suppression du Crédit d'Impôt pour la Compétitivité et l'Emploi (CICE)

pour les multinationales ( 20 à 30 milliards ne profitant qu'aux actionnaires)

En faire plutôt bénéficier les PME-PMI, qui embauchent

11a -  Restauration impôt sur la fortune (3 milliards d'euros)

11b -  Suppression de la Flat Tax (couches supérieures taxées à 30% au lieu de 54%), 1,8 milliards d'impôts

12 ...

13-a -   Lutte contre la fraude fiscale (80 milliards d'euros dont 60 récupérables)

et l'optimisation fiscale (20 milliards)...: Traiter causes de la fraude à la carte vitale

13-b CAF rendue opérationnelle et bien managée

14 -  Taxe Tobin, taxe sur les transactions financières

15 -  Suppression des avantages exorbitants des anciens présidents et ministres

16 -  Retour en régie (gestion par Etat) des autoroutes (gain 3,5 milliards par an)

17-  Interdiction de licencier si l'entreprise fait des bénéfices

18 -  La taxation des PME-PMI,  inférieure (à discuter: en pourcentage?) à celle des  grandes entreprises 

19 -  Un soin particulier sera apporté à la taxation des Banques d'Affaires 

(spéculation) et des banques commerciales (prêts à la consommation), 

pour qu'elles participent à l'économie réelle du pays

 20 Nombre d'employés minimum par rapport à la surface commerciale

21 séparer les banques d'affaires des banques commerciales

Pour éviter lors d'une prochaine crise des subprimes que l'état ne doivent renflouer

les banques d'affaires pour sauver les banques de crédit courant

Peine de prison ferme pour tout directeur de banque qui ne respecte pas les règles .

 

 

 

 

V - ORGANISATION DE LA SOCIETE, FONCTIONNEMENT DE L'ETAT,

(SERVICE PUBLIC)

 

1  Retour à l'efficacité des écoles primaires, de 

l'enseignement secondaire,  et supérieur , de la Formation,  

des hôpitaux des Ehpads,  des crèches et de la Poste. La baisse

du nombre d'heures hebdomadaire aurait du etre compensée

par des embauches

 2  pas de Justice à 2 vitesses. Une justice  égale pour tous.

3  Indépendance réelle du Parquet par rapport à l'exécutif, 

indépendance réelle du Législatif par rapport à l'exécutif

4 -  suppression de l'article 49-3, qui permet de faire passer des lois

sans le vote des députés et de l'Etat d'Urgence

5 -  Faire étudier à l'école, la constitution française et la 

constitution européenne (TUE et TFUE), si elle est encore en activité,

en utilisant des exemples concrets tirés de l'actualité du moment.

6 -  candidature aux présidentielles ouverte à tout citoyen ayant

un casier judiciaire vierge

7 -  Demander l'accord des citoyens avant de vendre une entreprise 

publique ou privée,  notamment à des lobbies internationaux. 

8 -   Renforcement des "Crédit Municipal" pour le maintien ou à la 

création d'entreprises par les citoyens non fortunés

9-1....

9-2 Réhabilitation du conseil économique et social

10 - Réforme du Conseil Economique et Social Régional (CESR)

membres tirés au sort, ou méthode chapeau, parmi les citoyens

11 -  Vote obligatoire ou rémunéré, avec sanction, pas nécessairement 

le dimanche

12 -  Prise en compte des votes blancs ou nuls, invalidation 

élection si majoritaires avec interdiction aux candidats battus 

par le vote blanc ou nul de se représenter à l'élection de remplacement.

13 -  ... casier judiciaire vierge pour présentations à toutes élections

14 -  Suppression des Agences Publiques et des Commissions n'ayant pas obtenu

de résultats substantiels, qui coutent très cher et dont le but est de recaser

les anciens élus battus

15 -  Rendre contraignantes les préconisations de la Cour des Comptes

en associant les citoyens à la vérification les dépenses,

publication des comptes sur les médias et vulgarisation des sujets traités

16 -  maisons de retraite: imposer un cahier des charges garantissant

a) des soins planchers 

et

b) des prix plafonds dépendant des soins donnés et du revenu du  retraité 

qui doit pouvoir conserver son bien immobilier

17 -  Instauration du maximum de proportionnelle aux élections, sans 

déstabiliser la gouvernance 

18 La moitié des députés et sénateurs sont élus strictement à la proportionnelle 

et le reste traditionnellement

19 décalage des élections présidentielles, législatives, sénatoriales

20 suppression de la dette

by É Say Salé, auteur congolais vivant à Ouagadougou, une nouvelle façon d'écrire en inventant des personnages après avoir volé des répliques sur FB

by É Say Salé, auteur congolais vivant à Ouagadougou, une nouvelle façon d'écrire en inventant des personnages après avoir volé des répliques sur FB

pour s'armer intellectuellement et contrer les manipulations
pour s'armer intellectuellement et contrer les manipulations

pour s'armer intellectuellement et contrer les manipulations

armement intellectuel
quand on commence par la fin du livre et que ça fait respirer un air sans trop d'illusions :
« De ce point de vue, la critique marxienne ne cautionne aucune illusion quant à la facilité de sortir de l’impasse. Ni le développement durable, ni la pendaison des banquiers, ni des communautés d’auto-production agricoles, ni des protocoles climatiques ne résoudront les problèmes. De l’autre coté, la critique marxienne souligne que la racine du malheur moderne, c’est à dire le travail abstrait, la valeur etc., sont des phénomènes historiques. Elle rappelle que beaucoup de sociétés ont vécu différemment et qu’on pourra donc également bâtir un mode de vie sur d’autres bases : un monde où le concret n’est pas réduit à être au service d’un fétiche sans contenu, s’auto-reproduisant et s’accumulant sans cesse. »
Anselm Jappe, Pour en finir avec l’économie (avec Serge Latouche), Éditions libres et solidaires, 2015 , p.137
« Comme d’autres maladies qui se sont répandues puis qui ont disparu, cette forme de vie économique que nous menons peut aussi disparaître un jour. Donc, de ce coté là, je ne suis pas si désespéré que cela. Et je suis effectivement d’accord pour dire que si la question de l’imaginaire joue un grand rôle, c’est justement pour s’ouvrir au fait qu’il existe d’autres manières de vivre socialement qu’à travers l’économie, c’est à dire le travail et l’argent. »
Anselm Jappe, Pour en finir avec l’économie (avec Serge Latouche), Éditions libres et solidaires, 2015,p. 94
« De mon coté, je pense, et j’espère, qu’il y aura de plus en plus de gens qui comprendront que la sortie du désastre ne passe pas par des « solutions politiques », ni par des « politiques économiques », même pas « alternatives », ni par l’élection de représentants politiques auxquels déléguer ces questions,ni par l’adaptation d’une monnaie ou d’une autre. Par rapport à tout cela, ce qui s’est passé en Argentine pendant la crise de 2001, lors du mouvement des piqueteros et des assemblées de quartiers dans les villes, est beaucoup plus intéressant. Une partie de la population a voulu s’approprier directement des ressources sans se préoccuper de savoir si on devait les acheter ou pas, s’il y avait des terrains à utiliser, des usines dont on pouvait faire marcher les machines, des maisons vides que l’on pouvait habiter. Je pense et j’espère que de plus en plus de gens vont se dire que l’on va s’en servir, sans même respecter la question de la propriété privée, sans se demander s’il faut payer pour leur utilisation, et sans se demander surtout s’il est possible de gagner de l’argent avec ses nouvelles activités et ces réappropriations. Je pense que c’est la seule possibilité de changer les choses (…) Le seule vraie alternative serait de bâtir peu à peu des liens qui ne soient plus des liens de marché-des échanges entre des quantités d’argent et de travail-, mais des liens sociaux qui forment une association en vue de la satisfaction réciproque des besoins. Tout cela est encore à penser et à réaliser. Jamais cela ne pourra être organisé par un État ou un parti politique, et ne pourra arriver qu’à coté et contre la société officielle. Aucune forme d’élection politique ne peut avoir de prise sur ce genre de transformation sociale. »
Anselm Jappe, Pour en finir avec l’économie (avec Serge Latouche), Éditions libres et solidaires, 2015, p.88

(texte lu et applaudi par l'assemblée citoyenne du 19 mars aux Comoni)

Une histoire de changement de vie

C’est une histoire d’espoir. Une histoire de renouveau…… comme un printemps, où soudain, tout fleurit. Et l’énergie de vie a jailli !

Du fonds des tiroirs que l’on croyait à jamais fermés, de dessous les pavés scellés par le macadam, de l’intérieur des entrailles qui s’étaient nouées pour tenir le coup, les idées ont germé comme des boutures de géraniums.

Les mots ont fusé, comme jaillissent des bulbes, les narcisses et les jonquilles, triomphants et nouveaux dans leurs habits jaunes.

Un feu d’artifice de sons, de cris, de chants, de chocs, de rires et de colère s’est déversé dans les avenues, s’est amassé sur les places, a fait le point là où il y avait des ronds…

Un frisson a fait craquer la raison et l’espoir s’est introduit par effraction ; espoir en soi, espoir en nous, les représentés, sans eux et loin d’eux, les faux représentants.

Espoir pour nos fils et nos filles, pour réparer les droits bafoués, les atteintes à notre vie, à notre dignité, à notre futur, à notre nature d’hommes libres, à la Nature épuisée…

Une foison de folles attentes, mises de côté depuis toujours, on n’est pas là pour rêver, refoulées et rancies comme dans un saloir abandonné, enfermées comme une moisson perdue dans des silos cadenassés et oubliés.

Un soulèvement venu de loin, de plus loin que soi-même, porté par on ne sait quelle loi, quelle foi, quelle folie ! Comme si soudain on allait remettre des guirlandes lumineuses sur la terrasse et vivre libres et joyeux, respectueux et solidaires.

Afin de porter, sur le bois neuf de l’année, les plus belles fleurs et les plus beaux fruits dans une puissante et magnifique floraison.

Une GJ a dit.

Michelle Lissillour – Le Revest le 16 février 2019

texte à paraître dans le livre ronds-points inaugurant la nouvelle maison d'édition La Petite barque à Gardanne.

au rond-point du Cannet des Maures, photos Laurent de Stefano
au rond-point du Cannet des Maures, photos Laurent de Stefano
au rond-point du Cannet des Maures, photos Laurent de Stefano
au rond-point du Cannet des Maures, photos Laurent de Stefano

au rond-point du Cannet des Maures, photos Laurent de Stefano

by Serge Rezvani

by Serge Rezvani

le 20 mars j'ai assisté à la 1° partie de l'assemblée citoyenne GJ organisée par le groupe pour faire émerger un mouvement révolutionnaire général à Toulon: discussion et adoption par consensus de la charte du groupe; ça semble long mais la recherche du consensus, non mou, convaincu donc, c'est un vrai travail; imaginons cela dans les écoles, très tôt

le 21 mars, j'ai assisté à l'assemblée citoyenne de Sanary organisée par les GJ du Sud: discussion et adoption par consentement du nom du groupe (encore une semaine de réflexion), mise en place d'un agenda citoyen du Var, j'ai fait une proposition d'assemblée des assemblées du Var, un peu comme à Commercy ou à Saint-Nazaire, discussion sur les violences de l'acte XVIII (lire ce que j'en dis ci-dessous), discussion avec un GJ blessé au genou gauche par LBD, flashball, à Toulon le 5 janvier 2019, depuis, il boîte, genou très esquinté et ce n'est pas un violent mais au mauvais endroit

disons-le honnêtement, c'est 100 fois mieux qu'une soirée devant la télé, même à regarder un film, on rencontre des gens passionnés et passionnants

écrit dans mon journal de méditation : à travers le mouvement des GJ, je vis une expérience riche (des Je, des Nous, des batailles d'egos, des consensus pas mous, des consentements convaincus, responsables); ne pas juger ce qui se passe, mettre des mots justes sur ce qui se passe (des mots justes => moins de violence dans le monde, dixit Camus), choisir mon camp (celui d'en bas) sans attentes excessives, sans attentes même (gagner ou perdre, gagner et perdre), sans jouissance particulière provoquée par la violence bien organisée des black blocks ou sans colère même légère devant la violence policière de gars qui ont à découvrir la désobéissance individuelle et collective; cela me permet de rester serein, actif, de façon positive; pas d'agitation, de frénésie militante; je vais là où il me semble devoir aller (3 assemblées en 3 jours), laissant place aux hasards (la rencontre de Catherine, la maman de Nathalie qui fut de l'épopée de feu Cyril, ça remonte à 30 ans au moins), faisant place aux nécessités (de l'amitié, pendant 3 jours la semaine prochaine pour les 97 ans de mon ami le philosophe Marcel Conche); le mouvement avec ses deux faces, en haut, en bas, donnera ce qu'il donnera, ce qu'il peut donner donc JC ne te charge pas les épaules du poids de sauver le monde, les hommes, la planète; fais et partage (jusqu'à 300 destinataires) sans attendre de retour (il n'y en a jamais, et je n'en réclame pas et ce n'est pas pisser dans le désert et même si ça l'était, des petits êtres savent en faire usages autres)

je signale de remarquables courts documentaires sur la page FB Spicee, sur le revenu universel de base, sur le jugement majoritaire pour se débarrasser du vote par défaut, sur comment s'armer intellectuellement ...

https://www.facebook.com/pg/spiceemedia/videos/

et sur la gouvernance partagée avec le MOOC des Colibris

Fouquet's ou Guinguet's ?
Fouquet's ou Guinguet's ?
Fouquet's ou Guinguet's ?

Fouquet's ou Guinguet's ?

jeudi 21 mars, j'ai participé à une assemblée citoyenne GJ et j'ai entendu le témoignage d'un GJ de Toulon qui a été toute la journée de samedi aux Champs-Elysées à Paris pour l'acte XVIII, témoignage important que je lui ai conseillé d'écrire pour diffusion et discussion, en particulier sur les black blocks, les pillages et les violences; on perd le regard que les médias veulent nous fabriquer; de ce qui s'est passé (cassage, pillage de boutiques de luxe, incendie "bizarre" du Fouquet's, pas de victimes), chaque camp pense à s'en servir et ça sert chaque camp; c'est le rapport de forces à venir qui dira à qui ça profitera; évitons les explications, analyses, suspicions, jugements désapprobateurs ou approbateurs (ça ne change rien à ce qui s'est passé); ce qui a eu lieu a eu lieu, ça constitue un tournant, en haut, ils "durcissent", s'enferment encore plus dans leur logique jusqu'au-boutiste; en bas, on verra les réponses qui vont s'inventer; et ce qui vient (acte XIX et suite) sera un autre tournant; vont se poser de plus en plus des questions de désobéissance au sein des forces de l'ordre et de l'armée (il y a les suicides, les arrêts-maladie, les je regarde ailleurs; d'individuels, ces gestes vont devenir collectifs, il va y avoir scission, division: pas bon du tout pour le pouvoir; quant à l'armée, elle a un compte à régler avec Macron, sauf la marine); donnons-nous le nombre, le temps, la détermination (le témoignage était à cet égard éloquent, la détermination des GJ et des black blocks, ça change de ceux qui soutiennent de loin ou qui vilipendent de loin), la colère froide, la colère chaude, la ruse... selon l'art de la guerre de Sun Tzu; c'est ce rapport asymétrique qui décidera de qui sera le plus fort car c'est de ça qu'il s'agit aujourd'hui; ce ne sont pas les GJ et ceux qui les rallient qui vont reculer; en haut, ils sont allés trop loin déjà et l'acte XVIII fut une réponse de radicalisation, il n'y aura pas de marche arrière, seulement peut-être un peu de répit si un carnaval vient se mêler à ce méli-mélo; il y aura donc un perdant, à quel acte ?

dernière réplique du texte C'est le temps du jaune cacatov de É Say Salé

  • Nous GJ du rond-point de Bandol, nous disons que notre combat c'est un CDI, un combat à durée indéterminée, asymétrique et, dans l'asymétrie, c’est souvent celui d'en bas qui gagne (Indochine puis Viet-Nam, Algérie…), pas toujours, donc pas de triomphalisme. La réelle révolution l'attend au rond des ronds-points, c'est le temps du jaune, la couleur qui met en lumière la misère, la couleur cacatov qui obscurcit la visière des robots, la majes-tueuse entrée vitrée du tueur d'abeilles Monsanto, la couleur des cocus, des traîtres et des vendus.

    Nous, cocus de la république, nous, traîtres à la patrie qui nous asservit, nous, vendus au libertarisme, au communalisme, nous voulons le RICARD de couleur jaune en toutes matières (Référendum d'Initiative Citoyenne, Apolitique, Républicain et Démocratique).

    À cette nuit, compagnes et compagnons dans la cabane à l'enseigne Le Fouquet's/La Guinguet's. Le pastaga, le pastis sera gratis.

 

É Say Salé, Ouagadougou,

17 novembre 2018-19 mars 2019

texte à paraître dans le livre ronds-points inaugurant la nouvelle maison d'édition La Petite barque à Gardanne.

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Chantier constituant/19 mars/19 H/Maison des Comoni

15 Mars 2019 , Rédigé par grossel

la Maison des Comoni (des comme au nid); citation de Thomas Jefferson
la Maison des Comoni (des comme au nid); citation de Thomas Jefferson
la Maison des Comoni (des comme au nid); citation de Thomas Jefferson

la Maison des Comoni (des comme au nid); citation de Thomas Jefferson

 2 intervention de Marilyne au théatre liberté (5mn)
après les questions auxquelles elle répond
(éclairage des vote et lieux de citoyenneté)
 
 
interventions de Norbert au théatre Liberté
 
intervention de Jean-Claude au théatre Liberté
 
intervention de Klyde au théatre Liberté

après l'agora 2019 au Zénith Oméga du 18 janvier, 1300 participants avec en particulier Etienne Chouard

après l'assemblée citoyenne au Royal du 20 janvier pour tenter de fédérer les différents groupes de GJ, 100 participants

après les deux débats culture et citoyenneté, 

le 17 février au Théâtre Liberté, 150
et le 25 février à Châteauvallon, 60
dont on peut espérer qu’ils se poursuivront 
en tenant compte des propositions qui ont pu être faites de plus d’horizontalité, de plus de participation citoyenne aux décisions (festival des possibles, école du gai savoir)
après "le grand débat national" organisé par une députée LREM avec un ministre LREM au Palais Neptune, 250 participants le 11 mars

 

le mardi 19 mars à 19 H  les citoyens et GJ intéressés par leur pouvoir constituant disposeront de la Maison des Comoni au Revest pour un chantier constituant

 

la jauge est de 200
on sera efficace si on est entre 80 et 100
venez avec vos cahiers, stylos, propositions, réflexions
vous pouvez utiliser ou pas le cadre du one man show national
4 axes 
la transition écologique, 
la fiscalité et les dépenses publiques, 
la démocratie et la citoyenneté, 
l’organisation de l’état et des services publics
vous pouvez aussi prendre le petit livre rouge à 4 € de la constitution et voir ce qu’il faut abroger, supprimer, modifier …
vous pouvez aussi être constituant comme en Irlande, en Suisse ...
 
c’est un chantier ouvert aux GJ et aux citoyens, revestois en particulier, mais pas seulement
chacun y vient en son nom propre
 
nous ne nous sommes pas souciés du calendrier du one man show national car le débat est ailleurs, à l’initiative des gens et des GJ
d’autant que pas mal de gens ont fait l’expérience de la non-prise en compte sur le site national de leurs doléances
et que nous avons déjà été averti que ce débat ne changerait rien au cap au pire décidé par le méprisant (privatisations à tout va, braderie des acquis du CNR…)
le cap au pire est au pouvoir
le cap du changement est dans la rue, sur les ronds-points et partout où ça grenouille, cogite, discute, fait lien 
combat à durée indéterminée, asymétrique 
et dans l'asymétrie, c’est souvent celui d'en bas qui gagne (Indochine puis Viet-Nam, Algérie…), pas toujours 
donc pas de triomphalisme
 
une réunion préparatoire (pas du style politburo qui chapeaute, donc ouverte à qui est intéressé) aura lieu samedi 16 mars à 17 H au bar Le Terminus à la gare 
après la manif sur le climat
qui est peut-être le moment clef d’une forme de convergence nationale et mondiale
 
il y a des ateliers qui ont déjà travaillé, sur le RIC notamment (Référendum d'initiative citoyenne à 4 fonctions, constituante, législative, abrogatoire, révocatoire)
7 séances de travail de l’atelier de la maison de la méditerranée, 
lisibles sur la page FB gilets jaunes permanence toulon
ainsi que la synthèse des cahiers de doléances des citoyens de Toulon, renvoyés à la maison de la méditerranée par la municipalité
le but sera de partager les travaux des uns et des autres
(en vue d’une synthèse ?)
et de travailler à la votation du 14 juillet à l’initiative des citoyens  proposée sur FB par le groupe fermé dont on peut devenir membre
Action RIC national pour le 14 juillet 2019
le  dossier Action RIC en PDF est téléchargeable sur la page FB du groupe

on peut aussi trouver matière sur la page pour faire émerger un Mouvement révolutionnaire général

https://www.facebook.com/groups/1475089759293969

ou sur la page RIC PACA

https://www.facebook.com/groups/220992852135820

ou sur la page coordination nationale gilets jaunes arts et cultures

https://www.facebook.com/groups/366776560784820/

et pour savoir de quoi on parle ce montage à partir de différentes interventions d'Etienne Chouard

https://www.facebook.com/100009945343886/videos/827965017545002/

et pour donner envie de légiférer, ce fait divers racontée par une FEMEN, vécu le 14 mars à Toulouse

déjà 31 femmes tuées par violences conjugales depuis le début de l'année

C’EST « MA » FEMME ! 

Il est tôt. Dans le métro direction "Balma Gramont". 
Je consulte, à moitié endormie, mes notifications, quand un couple s’installe en face de moi. 
Dès le premier arrêt, la jeune femme se lève déterminée à sortir. L’homme l’arrête, guoguenard, et la rassoit. 
Devant mon regard étonné, il s’excuse d’un large sourire. 
Deux arrêts plus tard, la femme tente à nouveau de partir. Il lui barre le passage de tout son corps, et la pousse à se rassoir. 
Aussitôt, il m’adresse un éclat de rire et me fait un clin d’œil complice. 

Mon « Ça t’amuse ? » le cloue sur place ! 
Son air amusé se mue en un masque terrifiant. 
Je continue : 
-"Tu fais quoi là, tu la lâches et tu laisse la partir !"
Furieux, il saisit la femme par le cou brusquement. Elle pousse un cri de douleur. Et il la maintient contre lui, soumise et à sa merci. Elle a du mal à respirer. Elle est tétanisée.
Je m’emporte, lui hurle de la laisser tranquille. Il est tellement sidéré qu’il la relâche et me répond comme si cette phrase allait tout excuser et tout justifier : 
-"C’est ma femme !"

Impassible, je lui réponds qu’elle est la femme de personne et qu’elle ne s’appartient qu’à elle-même. Il bat en retraite. 

Je m’adresse alors à la jeune femme: 
- Madame, cet homme est violent, voulez vous que j’appelle la police ? Elle secoue la tête. 

- "Madame, regardez moi ! Est ce que vous avez peur ?"
Elle balbutie un oui étouffé dans un mauvais français. 

- "Madame, je peux vous aider, venez avec moi."
Elle me regarde avec des yeux désespérés. 
Je suis bouleversée. Elle me souffle, appeurée : "impossible".

Son conjoint se met à m’insulter. 
- "Appelle la police si tu veux ! T'es qui pour me parler comme ça. Elle est à moi." Je lui tiens tête. Je suis furieuse. Tout le wagon me regarde.
Puis arrive le terminus, il saisit sa femme par le cou et sort, dominant. 
Au passage des barrières, il salue l’agent de sécurité du métro d’un signe de la tête. 

Mon sang ne fait qu’un tour, j’interpelle l’agent Tisséo ! 
- "Monsieur, vous connaissez cet homme, donnez moi son nom. il est violent !"
L’agent marmonne que c'est un habitué. 
Je lui explique tout. 
-"Si vous le connaissez c'est qu'il travaille dans vos services ! "
Il nie en me répondant qu’il n’est pas flic, mais qu’agent. Qu’il ne peut rien faire ! 

-« Alors à quoi servez-vous ds ce cas ? Vous êtes là pour faire la sécurité ou pour saluer les agresseurs ? »

Il hausse les épaules. 
Une colère sourde va m’habiter toute la journée. Mais je vous jure que le regard de cette femme, à jamais...

Sophia Antoine,

ce texte paraîtra dans le livre barricade, le livre ronds-points concocté par la petite barque, jeune maison d'édition de Gardanne

pièce créée au Revest en 2003 à la Maison des Comoni, deux soeurs victimes d'inceste, l'une ne veut rien entreprendre contre le beau-père, l'autre finit par se rendre à la police, la mère "découvre", le beau-père les déclare consentantes

pièce créée au Revest en 2003 à la Maison des Comoni, deux soeurs victimes d'inceste, l'une ne veut rien entreprendre contre le beau-père, l'autre finit par se rendre à la police, la mère "découvre", le beau-père les déclare consentantes

sans oublier les morts de la rue,

déjà 77 pour 2019, 566 pour 2018

HOMMAGE AUX MORTS DE LA RUE 
2 AVRIL 2019. JARDIN VILLEMIN

11H30 A 14H30 
RASSEMBLEMENT A 13H
 

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sur le printemps des comédiens/sur l'art et la culture

10 Mars 2019 , Rédigé par grossel Publié dans #agora

oeuvre de l'artiste mexicaine Ana Leovy

oeuvre de l'artiste mexicaine Ana Leovy

Cher Jean Varéla, vous qui dirigez la programmation du vénérable Printemps des Comédiens à Montpellier, festival de référence sur la création contemporaine depuis plus de 30 ans, je tenais à ne pas vous féliciter pour l’honneur que vous faites cette saison à la création exclusivement masculine. Création qui a sans doute tant besoin d’être remise à l’honneur depuis qu’elle est entravée par ces drôles hargneuses qui revendiquent on ne sait quoi alors qu’elles manquent sans doute juste de talent. Vous parlez, en présentant votre programmation, de l’importance de mêler le Régional au National et à l’International pour que TOUS se rencontrent… un tous exclusivement masculin, exclusivement blanc aussi. Est-ce à dire que dans ce tous de la création mondiale, il n’y a vraiment pas UNE femme dont la création mérite d’être rencontrée ? Partagée ? Êtes-vous de ceux qui pensent que puisque la création de la femme réside naturellement en la procréation, la force de sa proposition artistique ne peut décemment pas égaler celle de l’homme qui se nourrit, lui, de sa frustration à ne pouvoir engendrer ? Non. Vous ne pensez certainement pas ça. Comme nous ne pensez certainement pas non plus à la place des femmes dans votre programmation - et à regarder vos dernières programmations, cette question n’a jamais vraiment été, pour vous, un sujet. Pourtant, en cette ère où il a été reconnu que la création féminine manquait de visibilité puisque leurs représentantes se situaient en dessous du seuil dit de visibilité, où nombreux de vos collègues se réveillent enfin pour équilibrer à minima leur programmation, conscients soudain que les femmes ne manquaient pas dans la création contemporaine mais qu’elles manquaient simplement de cette visibilité, vous vous érigez, vous, en maître pour nous rappeler sans y penser que la création – soyons sérieux, c’est une histoire d’hommes. Pourtant, votre devoir de programmateur, comme notre devoir d’artistes, EST de penser. Et le résultat de cette pensée EST ce que nous proposons aux publics de partager. C’est donc bien ce qu’il y a de reprochable dans cette non pensée qui mène à la bêtise : celle de penser (ou de laisser penser) que la création des femmes n’est pas à la hauteur de celle des hommes, alors que votre programmation n’est que la conséquence d’années d’entre-soi, d’acoquinage, et d’un manque de curiosité de votre part. Et c’est bien cette non-pensée qui est, aujourd’hui, insultante, méprisante, annihilante.

A moins que cette programmation soit un fait exprès, ce qui serait encore plus insultant, une façon assumée de dire que ces bonnes femmes pourront bien continuer à batailler comme des poules dans des cours à leur échelle, elles ne vous intéressent pas. 
Cher Jean Varéla, je ne vous félicite pas, non, pour votre programmation qui ne prône l’échange qu’au sein d’un repli patriarcal quand hommes et femmes engendrent pourtant le monde ensemble. Qu’il n’y a pas de singularité de genre au sein d’un processus de création artistique, seulement des individus singuliers qui proposent leur regard sur le monde, mais que ces individus, pour les entendre, il faut d’abord les rencontrer, tous.
Mais qui suis-je donc, moi, pauvre femme autrice et simplement frustrée penserez-vous peut-être, de ne pas faire partie de votre programmation… Je suis de celles justement, que vous ne connaissez pas et n’avez sans doute pas envie de connaitre. Tant pis pour moi, tant pis pour vous, tant pis pour le régional, le  national et l’international. Votre violence, évidemment, triomphe.

 
Thierry Falvisaner Catherine Verlaguet, on peut souscrire de manière large à ton propos et le défendre avec énergie que l'on soit femme, homme ou autre d'ailleurs mais le "exclusivement masculin" est faux, en tout cas si on s'en tient au près-programme sur le site...Cela ne change pas le sens mais pour éviter les malentendus il est préférable de dire exactement les choses pour ne pas permettre justement à ces énergumènes de jouer sur les mots et se cacher devant la représentation de quelques unes au milieu d'un ensemble masculin...Le théâtre est tout de même un milieu extrêmement conservateur , avec beaucoup d'indignation, de poings levés, de postures, de cris d'orfraies, et de volonté de préserver ses positions voire sa rente de situation.. Cela se vérifie largement dans le peu de cas que de nombreux lieux font au non public de théâtre, les 5% de la population qui se rendent au spectacle suffisent au bonheur, et suffisent à donner le sentiment de parvenir à la mission émancipatrice dont se flattent les directeurs/rices/experts: chargés de missions...Alors rien de nouveau et malheureusement certaines femmes qui ont maintenant un peu de pouvoir, jouissent aussi mal du pouvoir que les nombreux hommes qui l'ont gardé et le conserve précieusement...Mais allons-y, foutons un grand coup de pieds dans cette mélasse infâme et sans indignation mais avec une colère juste et légitime car pour reprendre la formule de Bernard Noël absolument nécessaire : " L'indignation bavarde, la colère agit"…Amitiés
 

Christian Benedetti / candidat FI européennes 2019

« Aujourd’hui, Michel Simonot, écrivain et sociologue, répond à notre questionnaire. Après Krystian Lupa et Arpad Schilling, metteurs en scène , Lancelot Hamelin, écrivain et Robert Guédiguian, cinéaste»
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A la conférence de presse de notre liste du 14 janvier, j’annonçai qu’aux douze combats de la liste je m’en rajoutai un treizième : celui de l’art et de la culture.
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Parmi les initiatives que je prends, je pose trois questions à des artistes français et européens : 1-Qui êtes-vous ? 2-Quelle ambition voudriez-vous que portent votre pays et l’Europe dans le domaine des arts et de la culture ? 3-Selon vous, quelles sont les combats prioritaires dans ce domaine dans lesquels devront s’engager les futurs parlementaires européens ?
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L’ensemble de ces réponses servira de matériau pour élaborer une charte d’engagement des élus européens de la France Insoumise et des partenaires de « Et maintenant le peuple » sur l’enjeu de l’art et de la culture. 
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Chaque jeudi, ici, vous pourrez lire les réponses d’un artiste à ce questionnaire. En attendant la Charte…
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Aujourd’hui, nous publions la réponse de Michel Simonot. Vous connaissez peut-être ses coups de gueule contre la casse de l’art ou sur les rapports entre art et politique, publiés régulièrement dans la presse. Mais Michel est aussi un auteur de théâtre, seul avec Delta Charlie Delta ou Le but de Roberto Carlos ou en bande organisée avec ses amis du groupe Petrol. Je ne saurai trop vous recommander son dernier ouvrage : La langue retournée de la culture, un dictionnaire critique de la déconstruction des politiques culturelles par le néolibéralisme ( Decitre ).
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Merci Michel de cette contribution forte.
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Christian Benedetti, metteur en scène, candidat aux Européennes de la France Insoumise. 
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Christian Benedetti : Qui es-tu ?
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Michel Simonot : Je suis écrivain pour la scène et sociologue de la culture. Je dis « écrivain pour la scène » plutôt qu’auteur dramatique car, pour moi, l’écriture est le fondement de mon travail. Je considère que c’est dans l’écriture que la représentation scénique puise les bases de la spécificité de son langage, de ses langages. 
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Dans le même temps, mes préoccupations sont les enjeux sociaux et politiques de l’art, de la culture. Je porte attention, en permanence, aux questions actuelles de la vie artistique et culturelle. J’ai été et suis présent, engagé, dans les débats concernant les politiques culturelles, les rapports de l’art et de la politique.

Christian Benedetti : Quels sont les enjeux de l’art et de la culture, nationalement et en Europe ?
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Michel Simonot : Au premier plan, je dirais que c’est la destruction des politiques publiques, et pour nous, celles de l’art et de la culture. Ce qui m’inquiète -et m’effraie, d’une certaine manière- c’est l’accélération incroyable de ce qui est une liquidation. 
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C’est particulièrement vrai en France. Il est compliqué d’isoler la culture car cela concerne la totalité des politiques publiques. C’est un mouvement général, inséré dans une évolution autoritaire, antidémocratique dans toute l’Europe. Nous vivons, de fait, un contrôle idéologique de plus en plus efficace, même s’il n’apparaît pas toujours explicitement, par exemple en France. Encore que… 
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Il est difficile de se battre sur un front, l’art et la culture, tant le mouvement concerne tous les secteurs, soumis à une logique de néolibéralisation accélérée. Comme j’en donne l’illustration dans mon dernier livre, c’est la langue même des politiques culturelles qui est détournée, retournée pour, insidieusement, pénétrer nos consciences de logique libérale, capitaliste. Contrôler la langue, décider de la façon de nommer, c’est un « classique » des politiques autoritaires. Les milieux, culturels, artistiques et intellectuels qui, par définition, devraient être sensibilisés à l’usage de la langue ne le sont pas suffisamment. D’où une difficulté politique. Mais aussi artistique. 
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Par rapport à l’Europe, ce qui est terrible c’est que la France a été pionnière en matière de politique publique de la culture. Et, d’une certaine manière, c’est elle qui, aujourd’hui, donne l’exemple du recul, de la livraison de la culture publique aux intérêts privés, commerciaux, du conformisme moral, etc. Des pays comme l’Espagne, l’Italie etc., qui ont mis beaucoup de temps à se construire un minimum de politique publique, en s’inspirant de la France, reculent en courant. Ne parlons même pas des pays fascisants comme la Pologne ou la Hongrie. 
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En France, ce sont, par exemple, des groupes privés marchands, d’envergure nationale ou internationale, qui prennent la gestion ou rachètent à grande vitesse les théâtres publics des villes, par exemple. Ils maîtrisent les réseaux de diffusion. (Donc, de fait, d’une part de la création). Quel silence face à cela ! Y compris dans les milieux concernés de la culture, des artistes, des militants culturels...et des élus territoriaux, les premiers concernés !!! Cela m’inquiète au plus haut point. En réalité je sais que beaucoup ont réellement conscience de ce qui se passe. Mais en privé. Pourquoi ce silence ? Pourquoi ce peu de mobilisation ? Est-ce que la nécessité de vivre ou survivre neutralise à ce point l’expression de la critique ? 
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Un autre exemple : l’acceptation sans critique, sans discernement, du développement du « crowd founding », de l’appel à des fonds privés, particuliers, pour pallier la diminution, voire la disparition, des subventions publiques. C’est redoutable. Je prends à dessein certains exemples les moins « politiquement visibles »… et, donc, d’une efficacité redoutable. C’est dangereux. Je ne suis pas pessimiste : je suis inquiet. Surtout si l’on rapporte cela à l’évolution en Europe. 
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Christian Benedetti : Quels sont les combats prioritaires à porter par nos futur députés

Michel Simonot : Le premier point, incontournable, est que les forces politiques de gauche, des élus puissent « porter politiquement » la question de la culture, de l’art, de la littérature, de la vie intellectuelle, scientifique à l’échelle européenne. Il est plus qu’urgent qu’ils affirment clairement la nécessité d’une politique publique de la culture, donc qu’ils en formulent les fondements les principes, les valeurs et les conditions. Depuis maintenant vingt ans, ces élus ou responsables politiques ont, progressivement, par leur silence, quasiment déserté cet enjeu. Il faut des élus ayant une pensée, une conception, une parole publique construites et fortes concernant la culture. Voilà la condition première.
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Cela suppose, évidemment, d’élaborer et formuler une conception de la culture, de l’art, de la littérature, de la pensée dans la société. Je constate une « peur » toujours présente, des politiques, de s’engager dans cette élaboration, hormis… en terme de culture utilitariste, donc sans contenu. On affirme volontiers des exigences concernant les « effets » (sociaux, éducatifs…) ce qui évite de dire de quelle culture il s’agit et pourrait elle aurait ces « effets »… et de justifier les raisons d’une telle exigence.
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Les dispositifs publics actuels font que les jeunes générations, qui s’engagent aujourd’hui dans la vie artistique, expriment une peur d’être instrumentalisés par les politiques publiques, une peur de perdre leur indépendance artistique. On sous-estime dangereusement cette situation. Du coup, ils préfèrent, à raison, s’inscrire de plus en plus hors des politiques publiques. Ils préfèrent la débrouille personnelle ou collective. Voire leur précarité. Cela ne témoigne pas du tout d’une dépolitisation, bien au contraire : ils revendiquent leur indépendance et en construisent les moyens. Le combat politique premier est, donc, d’expliquer que la responsabilité d’une politique publique est de construire et préserver les « conditions » matérielles, politiques, organisationnelles de leur indépendance sans ingérence dans les démarches intellectuelles et artistiques. Ce qu’elle n’est plus, après l’avoir été durant plus de 40 ans, (même si cela avait des limites). Cela leur paraît invraisemblable ! Il y a un véritable travail politique, pédagogique à faire en direction des jeunes générations. Sinon on ne pourra pas convaincre d’un projet démocratique de société !
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Concernant les contenus, je me limite, ici, citer quelques points. Il faut redonner du sens. Ainsi :
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- la culture comme « intérêt général » : expression qui est devenue décrédibilisée, quasi honteuse, qui disparaît et qu’il faut ré-imposer, re-légitimer, aussi bien dans le monde politique européen que dans les milieux culturels. C’est ce qui doit permettre d’imposer dans le débat la nécessité d’une politique publique dans tous les domaines de la production et de la circulation de la pensée, de l’imaginaire. Mais aussi de l’éducation, de la santé…C’est le plus difficile, car cela est le fondement. « L’intérêt général » est devenu un « gros mot ».
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- il faut redonner une légitimité aux mots « création », « pensée », « art ». En effet, les critiques (parfois pertinentes) à l’égard des « Artistes », des institutions culturelles, artistiques, ont contaminé la question même de la « création » et de la « pensée », c’est-à-dire de la production du « symbolique », de l’imaginaire et de leur circulation. Depuis 30 ans on part « des artistes » pour aborder l’art, alors qu’il faut faire l’inverse : c’est à partir de la conception que l’on a de l’art que l’on doit penser ce que peuvent être des artistes, leur place, leur statut…Ceux qui détiennent le pouvoir ont intérêt à rendre suspect les mots « artistes », « création », etc., car, ce faisant, ils font obstacle à une réflexion sur ce que doit être l’autonomie  intellectuelle, économique, politique et sociale de la production et de la circulation des biens symboliques. Ils opposent autonomie et responsabilité sociale, voire économique. On a réduit, depuis 3 décennies, la culture à « du lien social », alors que c’est le lieu de « la circulation du sens ». Les députés européens auront, en la matière, une très grande responsabilité. ils ne sont pas les seuls.
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- la question de la « démocratisation » de la culture, ou du « partage », de « l’éducation artistique », etc., peu importe les expressions, est devenue une fin en soi. Pourtant, si on ne définit pas en préalable ce qu’il faut démocratiser ou partager, je vois pas très bien ce qu’il y a à mettre en commun, à socialiser, à démocratiser…. Il faut renverser la pensée politique : le responsable politique doit oser donner un contenu préalablement à l’imposition d’un objectif d’utilité sociale (ou économique). Sinon, la politique culturelle devient vide et n’est plus qu’une culpabilisation de ceux qui « ne partageraient pas ». Mais partager quoi ? La plupart des artistes se précarisent tout en ayant de plus en plus le sens de leur responsabilité sociale, on le voit dans les jeunes générations, comme ailleurs.
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- A partir de là, et seulement à partir de là, il conviendrait de réfléchir à ce que sont, aujourd’hui les conditions publiques de la production des biens symboliques, cette production n’étant plus réservée à quelques-uns, mais socialisée. Responsabilité artistique et responsabilité sociale ne peuvent être opposées, comme c’est le cas. Et on ne peut leur opposer la « responsabilité économique » telle que l’impose la logique néolibérale. 

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Relire la réponse de Krystian Lupa : https://www.facebook.com/cbenedettiFI/posts/682459588818433?__tn__=K-R •

Relire la réponse de Lancelot Hamelin : https://www.facebook.com/cbenedettiFI/posts/686446391753086?__tn__=K-R •

Relire la réponse de Arpad Schilling : https://www.facebook.com/cbenedettiFI/posts/690711427993249?__tn__=K-R •

Relire la réponse de Robert Guediguian https://www.facebook.com/cbenedettiFI/posts/694860250911700?__tn__=K-R

« Aujourd’hui : Krystian LUPA, metteur en scène polonais répond à notre questionnaire »
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A la conférence de presse de notre liste, le 14 janvier, j’annonçai qu’à nos douze combats je nous en rajoutai un treizième : celui de l’art et de la culture.
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Parmi les initiatives que je prends, je poserai, toute cette campagne, trois questions à des artistes français et européens :
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1-Qui êtes-vous ? 2-Quelle ambition voudriez-vous que portent votre pays et l’Europe dans le domaine des arts et de la culture ? 3-Selon vous, quelles sont les combats prioritaires dans ce domaine dans lesquels devront s’engager les futurs parlementaires européens ?
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L’ensemble de ces réponses servira de matériau pour élaborer une charte d’engagement des élus européens de la France Insoumise et des partenaires de « Et maintenant le peuple » sur l’enjeu de l’art et de la culture. 
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Chaque jeudi, ici-même, vous pourrez lire les réponses d’un artiste à ce questionnaire. En attendant la Charte…
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Aujourd’hui, nous publions la réponse de mon ami Krystian LUPA, metteur en scène polonais. Krystian n’a pas souhaité en passer par les 3 questions, Voici donc à la place son Manifeste.
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Et puisqu’il n’y dit pas qui il est, faisons le nous-même. Krystian Lupa est un artiste dont les œuvres sont présentées sur les plateaux du monde entier. Dans son pays, c’est une figure de la Résistance au pouvoir ultra-conservateur dans le domaine économique, social et sociétal. La justice, la presse la culture y sont violemment attaqués, à Varsovie le pouvoir a nommé un acteur de téléréalité directeur du Teatr Polski, des acteurs ont été renvoyés, des mises en scène interrompues et censurées, des œuvres retirées du répertoire.
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Christian Benedetti, metteur en scène, candidat aux Européennes de la France Insoumise. 
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MANIFESTE – Krystian Lupa - Traduction Agnieszka Zgieb 
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Comment exprimer cette peur ? 
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Un sentiment croissant d’étrangeté... 
Une difficulté à comprendre de plus en plus grande... 
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Je peux bien sûr essayer... 
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Essayer de prendre part dans des polémiques hasardeuses 
De formuler des jugements... Mais je ne crois pas que ce soit là le moyen de comprendre quoi que ce soit. 
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Ou d'aider quiconque à comprendre. 
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Ce que je pense – et ce que je dis – me semble de plus en plus étranger à moi-même... 
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Est-ce que cela a un sens de partager ce sentiment d’étrangeté et d'incompréhension ? 
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Dans cette situation, l’artiste est-il encore d'une quelconque utilité ? 
Ou moi-même, en tant qu'artiste... Etc. 
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Quelqu’un de plus en plus étranger. 
Quelqu’un de plus en plus en désaccord. 
Le scandale d’une contestation totale semble être le seul moyen possible... 
« Golgota Picnic », par exemple... 
Quelque chose de cet ordre-là... 
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En disant « je ne comprends pas votre monde », je le sais, je ne fais que me plaindre... 
M'apitoyer sur moi-même... 
Cette réflexion, cet aveu ne vous est d'aucune utilité... À quoi bon un tel aveu ? 
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Malgré tout je ressens le besoin de l’exprimer 
Sinon, je ne peux pas aller plus loin... 
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Je dis VOUS 
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Mais au fond, je ne sais pas ce que cela veut dire... 
Vous signifie-t-il vous qui êtes en train de regarder ? 
Puisque vous êtes là, vous attendez quelque chose, 
Vous attendez quelque chose de l’art... 
Vous attendez quelque chose de l’artiste... 
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Quoi ? 
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Une vérité ou juste une habitude ? 
Mais là encore, ce n’est pas tout à fait ce que je veux dire... 
Je risque d’être mal compris... 
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Et voilà à nouveau cette peur lâche et infâme 
De ne pas être bien compris 
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Je veux dire que le rôle de l’artiste s'amenuise, pris dans le courant inerte du monde 
Dans ses capacités spirituelles, ses énergies, ses valeurs... 
Dans les capacités créatrices de nos consciences. 
Et même... 
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Je ne sais pas... 
Le sens même de ces consciences. 
Parce qu’en fait je crois que le rôle de notre âme change, 
Nos âmes ne sont plus utiles à personne... 
Parce qu’en fait le rôle et le sens de nos consciences et de nos vérités 
Sont probablement en train de disparaître. 
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Nos vérités ne sont plus utiles à personne. 
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Peut-être que le rôle de nos visions créatrices est de plus en plus restreint 
Dans ce que produit le carnaval fou furieux 
Des réalités politiques... 
Le cabaret de la société et ses tourbillons de bla bla 
Ou encore une certaine habitude de fréquenter l’art. 
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J’ai le sentiment que nous répétons cette habitude 
D’une manière de plus en plus automatique, comme dans un rêve. 
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Cela ne produit rien d’essentiel. 
J’ai l’impression qu’au fond nous avons tous déposé les armes 
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Nous avons accepté notre défaite face au monde 
Depuis un certain temps déjà nous sentons bien que c’est au-delà de nos forces, 
de continuer à nous battre, 
de poursuivre une réflexion, 
De bâtir comme des maisons les plus petites constructions de la volonté... 
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Et une fois de plus, nous allons accepter quelque chose de terrifiant, 
Et une fois de plus, nous allons accepter quelque chose de monstrueux... 
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Je dis, « nous ». 
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Mais peut-être n'est-ce là que mon problème à moi... 
Non ! 
Je persiste à dire NOUS. 
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Nous nous sentons trahis... La démocratie ne nous protège pas des démons des médiocres, de ce marché monopolisé par des roublards qui exploitent la peur des médiocres, le ressentiment, la haine, la frustration, qui s’appelle le génie politique. 
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Alors qu'il n’y a même pas eu 10% d'électeurs pour voter pour un progrès humaniste ? 
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Il faut exprimer cette peur. C’est la prescription de Thomas Bernhard ! Nous en sommes aujourd'hui à ce stade. 
Thomas Bernhard l’a appelé nazisme. 
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C'est la majorité, cette majorité décisive qui permet à ceux qui véhiculent le ressentiment d’accéder au pouvoir, ceux qui, quelles que soient leurs déclarations, seront les exécutants d’une pensée étroite, d’une voie égotiste et immature, les ennemis du progrès humain cachés sous le manteau de Dieu. 
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Le refus de vivre là où vit un tel peuple – quelle que soit la signification que l’on puisse donner à ce mot... 
Le refus... 
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Aujourd’hui, les jérémiades de tous ceux qui ont peur semblent naïves. 
Mais il y a un sens, dans ce que répètent de toute part des êtres isolés, des individus qui se retrouvent tout à coup isolés : je veux partir, je ne veux pas vivre là où les gens font un tel choix. Comment peut-on rester indifférent ? C’est inconcevable... 
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Parmi ceux qui parlent de fuir, chacun se sent tout à coup atrocement seul. 
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Soudain désorienté, trompé. Soudain... 
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Qu’appelle-t-on aujourd’hui nation ? 
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J’ai peur du drapeau blanc rouge. Vous réalisez ce que cela veut dire ? 
Alors, je suis resté seul, en effet... mon désir était de partir, je suis resté seul... Je ne me sens pas Polonais, comme Thomas Bernhard à la fin de sa vie souffrait d’un irrésistible besoin de fuir le lieu où il était obligé d’être Autrichien. 
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Il y a chez les gens quelque chose face à quoi je me sens de plus en plus étranger. 
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Il ne suffit pas d’avoir un travail, un appartement et de ne pas avoir de problème d’argent. 
Je ne peux pas être en paix avec l’idée que je suis là fixé comme une plante, là où les gens choisissent l'option étroite de la régression, qui s’y enferment et ferme la voie au Rêveur du progrès humaniste. 
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Vivre quelque part... ailleurs... C'est vrai, je ne peux pas vivre là où prolifère le fascisme. En Autriche, on l’a appelé ainsi. Mais qu’est-ce que le fascisme ? 
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On s’indigne ici devant l’usage du mot « fascisme », et on se moque facilement de celui qui le lance dans la solitude et le désespoir, qui en use d’un air impuissant car c’est un mot qui suscite un grand effroi comme une grande condamnation. 
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« Vous ne savez pas ce qu’est le fascisme ? Plongez dans l’histoire. », disent les cyniques. Vous, les historiens cyniques, vous ne savez pas de quoi vous parlez. Je dis « fascisme » parce que je ne connais pas d’autre mot. Ce que j’appelle fascisme, c’est cette conspiration de l’étroitesse (de l’esprit), cette communauté qui fait de sa haine un critère de supériorité, qui expédie l’autre dans un camp de concentration. 
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Le fascisme a toujours existé. Mais notre société se précipite à nouveau vers cette nouvelle ère obscure, la  distille et la fait ressurgir. 
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Le fascisme est tout ce que je fuis, cet air empoisonné par une communauté haineuse et étriquée. C’est la nationalité dénaturée dans une époque où la nation devient quelque chose d’incompris et d’anachronique. La nationalité en tant que maladie, la nationalité en tant que réceptacle du ressentiment, la communauté qui exclue l’autre, indépendamment des critères par et pour lesquels il devient justement l’autre. 
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Le fascisme est la religion d’un Dieu devenu négatif – c’est la religion du bouc émissaire immolé au nom de Dieu, du culte de sa propre supériorité instituée par le sacrifice du bouc émissaire... 
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Dieu s’efface de l’horizon de la pensée humaine, il s’efface impitoyablement de l’horizon de la pensée humaine, il n’est plus visible que par l’apparition de l’ennemi... 
L'ennemi masqué qui se présente aujourd’hui, c’est la Guerre de Religion... La peur et le besoin diffus de partir viennent-ils de là ? 
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Impossible de rester dans une communauté qui fait ces choix-là. Je refuse de me réveiller dans un pays où l'on arbore le drapeau blanc et rouge. 
La concentration de haine ressentie de tous côtés m’empêche de respirer... 
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Cette cage où à cause de mes rêves possibles sur un progrès possible de l’être humain, j’ai été distillé en tant qu’étranger. 
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Le fascisme c’est la distillation de l’Autre en ennemi, la voie très ancienne de la communauté des médiocres. 
Le fascisme c’est la religion des médiocres... Cette peur indéfinie qu’éprouvent les esseulés, encore plus esseulés parce que cernés par une conspiration secrète. 
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Rue Bracka, on brûle des voitures, cela n’intéresse personne... ce ne sont pas eux qui ont mis le feu. La communauté a choisi le droit de détruire, de liquider la différence, de fermer tous les chemins qui ouvrent vers l’extérieur... De barrer tous les chemins qui conduisent à des réflexions et à des questionnements sur ce que peut être l’homme. Voilà ce que le médiocre craint le plus. La démocratie contrôlée par les médiocres se transforme en fascisme. Le fascisme est cet espace fermé où la médiocrité des nôtres devient la valeur suprême. 
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Un besoin incompréhensible mais irrésistible de fuir l’endroit où cela se passe, où on brûle les voitures en guise de sacrifice religieux... 
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La Place des Héros, c’est là où un homme a parlé et a entériné le culte de la religion de la haine. 
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Zut ! Plus de télé ! La télé est en panne ! C’est peut-être bien qu'elle soit cassée ! Bien que cela soit aussi une raison diffuse de partir d’ici. Parce que nous sommes les victimes de la pornographie des journalistes... Ce sont eux les responsables de ce cirque, de ce massacre des critères, de la pornographie politique qui efface tous les chemins de possibilités spirituelles, et efface l’idée même de ces chemins. La pratique d’un divertissement quotidien au moyen d’une bonne dose quotidienne de divertissement politique narcotique. (Même une soirée électorale se transforme en un divertissement politique narcotique pour abrutis.)

Le Manifeste est publié chez Actes Sud en annexe du livre Utopia


 Lors du grand débat sur la culture qui a eu lieu aux Beaux-Arts le 5 mars, les patrons de gros musées, opéras ou théâtres ne sont pas venus,       déplore Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde » dans sa chronique.

 

 

 

 

Chronique. Un des maux du monde culturel est de cultiver l’entre-soi. Rester au chaud dans sa famille. Il n’y a pas mieux pour évacuer les questions qui fâchent, pas pire pour se couper de la population. Le grand débat né de la crise des « gilets jaunes » a justement pour but d’écouter les invisibles. Ceux qui ne parlent pas. Or pour ces derniers, c’est la culture qui est invisible. Pas étonnant que le sujet soit absent du million de contributions enregistrées à ce jour.Pas étonnant,car la grande majorité des Français ne met jamais les pieds dans les musées, théâtres, opéras ou salles de concerts. Ils n’y pensent pas ou pensent que ce n’est pas pour eux. Et puis, pourquoi écrire une doléance sur un sujet auquel Emmanuel Macron ne consacre pas un mot dans sa Lettre aux Français ? Peut-être n’a-t-il pas voulu ouvrir une boîte remplie de serpents, comme cette question : faut-il donner autant d’argent, pris sur nos impôts, à des théâtres qui ne nous intéressent pas ? Mais en fermant la boîte, le président a oublié que la culture croise tant d’atouts – éducation, imagination, initiative, émotion, confiance en soi – qu’elle est un marqueur social.

Bourde présidentielle

Afin de rattraper la bourde présidentielle, un débat sur la culture a eu lieu le 5 mars à l’Ecole des beaux-arts de Paris, à l’initiative de Beaux Arts Magazine et de la Fondation du patrimoine. Que des emblèmes culturels organisent un débat au cœur de la capitale (Saint-Germain-des-Prés) et dans un lieu d’élite est une autre bourde. Car, évidemment, la France muette n’est pas venue. Ni le « non-public » évoqué dans l’instructif recueil de textes « Non-public » et droits culturels (éd. La Passe du Vent, 204 p., 13 €). Ni même tous ceux qui fréquentent un peu musées ou théâtres.

Dans cette école de jeunes sont venus beaucoup de seniors passionnés de culture, souvent du métier. Des « gilets jaunes » de l’art. Des soutiers précieux, militants associatifs, artistes de terrain, qui vont au charbon dans les écoles, les banlieues, les petites villes. Avec un salaire aussi modeste que leurs subventions.

Ils ont raconté leur lutte contre la ségrégation culturelle. Ils ont raconté leur action, lancé une idée, espéré plus de moyens. Un vieux monsieur a alors douché la salle : « Tout ce que vous proposez, ça fait trente ans que je l’entends, et ça n’a pas marché. » La culture est en effet le secteur où on organise le plus de débats – souvent autour de la culture pour tous. Il en ressort plaintes et autopromotion. Ce n’est pas le cas du Studio Théâtre de Stains (Seine-Saint-Denis), qui a organisé deux débats similaires, à lire sur leur site, et en annonce un troisième le 13 mars.

On ne se mélange pas entre riches et pauvres

Pour susciter des questions inédites, dérangeantes, transgressives, il faut échapper à l’entre-soi. Parler des exclus de la création avec eux. Les écouter. Pas simple, alors qu’au sein même de la famille culturelle on ne se mélange pas entre riches et pauvres. Ou plutôt les riches dialoguent peu avec les pauvres. Aux Beaux-Arts, la plupart des patrons de gros musées, opéras ou théâtres ne sont pas venus – il n’y avait que des coups à prendre.

Même absence du Syndeac (Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles), qui réunit 400 entreprises subventionnées dans le spectacle, qui avait jugé déplacée une réunion tenue à Paris. Cette bouderie est une hypocrisie, a écrit Jean-Marc Adolphe, fondateur de la revue culturelle Mouvement, dans un post de blog du 8 février. Pour ce dernier, le Syndeac tient un discours militant en faveur d’une culture pour tous, mais dans les faits s’en fiche complètement, préférant passer son temps à « réclamer du pognon pour la création ».

Brimade et hypocrisie

De cela, le public des Beaux-Arts n’a pas parlé. Nos « gilets jaunes » de la culture, contrairement à ceux des ronds-points, rouspètent sans renverser la table. Il est vrai que porter un coup à la famille se paie parfois d’une brimade. Ils sont pourtant victimes d’une autre hypocrisie : l’Etat dit se préoccuper de « culture pour tous » depuis vingt ans, mais, dans le même temps, il a passé au sabre l’éducation populaire (MJC, centres de rencontre, associations diverses, pratique amateur), qui, souvent, constitue le premier contact de millions de gens avec la création.

L’Etat sabre parce qu’il méprise le « sociocu » – il est structuré pour défendre le grand art. Il ajoute que c’est le boulot des maires. Or, les villes font pareil : elles reportent souvent sur la culture de proximité les réductions de la dotation de l’Etat et elles reprennent en main, en réduisant la voilure, cette éducation populaire, jugée trop gauchiste et indépendante, à travers leurs services municipaux.

L’art d’enrober les choses

Ce constat n’a pas empêché Franck Riester, le ministre de la culture, présent aux Beaux-Arts, d’interpeller l’assemblée : « C’est vous, sur le terrain, qui avez les solutions. » Il fallait oser. Il est vrai que M. Riester a l’art d’enrober les choses, ce qui devrait lui permettre de durer. Il ne dit rien, car il n’a pas d’argent à donner à la culture pour tous. Il lance : « L’Etat ne peut pas tout. »

C’est vrai, mais il peut ceci : prendre de l’argent aux riches institutions pour le donner à l’éducation populaire, ou alors leur demander de consacrer une très grosse part de leur budget à des actions de terrain hors leurs murs. Cette option fut évoquée par des intervenants aux Beaux-Arts et serait en bonne place parmi les propositions postées sur la plate-forme (granddebatculture.fr). Pas sûr que M. Riester aille dans ce sens. Car il lui faudra affronter nos phares de la création, qui estiment que ce n’est pas leur job.

Même chose pour l’éducation artistique à l’école. Tout le monde en convient, c’est « le » sujet-clé. Après deux heures de débat et de jolis poncifs, c’est l’ancien ministre de la culture, Jean-Jacques Aillagon, qui a dit l’essentiel : l’Etat met 149 millions d’euros dans ce secteur, or il faut 1 milliard pour que ce soit efficace. A ce moment, Franck Riester n’était pas encore dans la salle.

Michel Guerrin

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