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bric à bracs d'ailleurs et d'ici

assaisonneur

Histoire de bifurquer / Virginie Despentes

12 Avril 2024 , Rédigé par grossel Publié dans #agora, #assaisonneur, #écriture- lecture

Despentes Virginie

Despentes Virginie

La douceur et la bienveillance, c’est le contraire de l’exploitation capitaliste : de demander la permission, me demander si je consens. La douceur et la bienveillance, c’est ce qu’on ne trouve pas sur les marchés, c’est ce qu’on ne trouve pas dans l’armée, c’est ce qu’on n’enseigne pas dans les polices. Toutes les propagandes me traversent, toutes les propagandes parlent à travers moi. Rien ne me sépare de la merde qui m’entoure. Rien, sauf le désir de croire que ce monde est une matière molle, que ce qui est vrai aujourd’hui peut avoir disparu demain, et qu’il n’est pas encore écrit que cela soit une mauvaise chose.

Virginie Despentes

Virginie Despentes publie son premier roman, Baise-moi, en 1993. Il est traduit dans plus de vingt pays. Suivront Les Chiennes savantes, en 1995, puis Les Jolies Choses en 1998, aux éditions Grasset, prix de Flore et adapté au cinéma par Gilles Paquet-Brenner avec Marion Cotillard et Stomy Bugsy en 2000. Elle publie Teen Spirit en 2002, adapté au cinéma par Olivier de Plas, sous le titre Tel père, telle fille, en 2007, avec Vincent Elbaz et Élodie Bouchez. Bye Bye Blondie est publié en 2004 et Virginie Despentes réalise son adaptation en 2011, avec Béatrice Dalle, Emmanuelle Béart, Soko et Pascal Greggory. En 2010, Apocalypse bébé obtient le prix Renaudot. Virginie Despentes a également publié un essai, King Kong Théorie, qui a obtenu le Lambda Literary Award for LGBT Non Fiction en 2011. Elle a réalisé sur le même sujet un documentaire, Mutantes, Féminisme Porno Punk, qui a été couronné en 2011 par le prix CHE du London Lesbian and Gay Film Festival.

Rien n’a jamais empêché l’histoire de bifurquer
Virginie Despentes
Lecture du vendredi 16 octobre 2020 au Centre Pompidou
Invitée par Paul B. Preciado

Virginie Despentes : « Création d'un corps révolutionnaire » Lecture au Centre Pompidou, Paris, le vendredi 16 octobre 2020 dans le cadre du séminaire public et performatif de Paul B. Preciodo sur le thème : « Une nouvelle histoire de la sexualité ». (Développer un projet de pensée collectif). "

J’ai l’impression de vivre avec dix mille keufs à l’intérieur de ma tête : les vrais keufs, les keufs des autres, les keufs des adversaires, les keufs de mes amis. Je suis devenue un camp pénitentiaire à moi toute seule, avec des frontières de partout, entre ce qui est bien et ce qui est mal, entre ce qui me plaît et ce qui me déplaît, entre ce qui me sert et ce qui me dessert, entre ce qui est bénéfique et ce qui est morbide, entre ce qui est permis et ce qui est interdit : toutes les propagandes me traversent et parlent à travers moi. Je ne suis imperméable à rien, et j’en ai marre de surveiller ce que je dis sans même avoir le temps de m’en rendre compte. Je n’ai pas besoin que la police menace, je me nasse toute seule. Je n’ai pas besoin d’un couvre-feu pour m’enfermer en moi, je n’ai pas besoin de l’armée sous mes fenêtres pour surveiller ce que je pense, parce que j’ai intériorisé tellement de merdes qui ne servent à rien. Je rampe sous des barbelés parfaitement inutiles mais que j’ai avalés, et j’en ai marre de prétendre que j’ai la force de les repérer et de les pulvériser, alors qu’ils me lacèrent à chaque pas. Rien ne me sépare de la merde qui m’entoure. Je dépense tellement d’énergie à m’asphyxier, à dire que c’est un choix moral. Je passe mon temps à faufiler sous des radars de contrôle et attendre des raclées chaque fois que j’ouvre ma bouche, quand les vraies raclées, je suis celle qui me les administre parce que les flics les plus efficaces sont désormais ceux qui sont passés dans ma tête. Et j’en viens à surveiller mes moindres propos, comme si quelque attitude qui soit pouvait faire que je mérite d’être innocentée, que je mérite le premier prix de pureté, que je mérite d’être désignée comme le meilleur, comme s’il existait une frontière qui nous sépare les uns des autres. L’illusion que c’est chacun son stand, chacun sa biographie, chacun sa récompense en fonction de son comportement, chacun son bout de trottoir pour y faire le tapin, ou la manche, ou son petit numéro de gloriole – quand c’est le même trottoir pour tous. Mais chacun ses limites et chacun son prestige, chacun son lectorat, chacun son auditoire. On aurait tous un univers. Bullshit ! Il n’y en a qu’un, d’univers : le même pour tous ! Et tirer son épingle de ce jeu n’est jamais une question de force, encore moins de mérite, juste d’agencements et de chances, et rien ne me sépare de la merde qui m’entoure. Le frontière de mon corps, ce n’est pas le bout de mes doigts, ni la pointe de mes cheveux. La frontière de ma conscience n’est pas ma force de conviction : c’est l’air vicié que je respire et l’air vicieux que je rejette. La boucle dans laquelle je m’inscris est bien plus large que celle que ma peau définit. L’épiderme n’est pas ma frontière. Tu n’es pas protégé de moi. Je ne suis pas protégée de toi. Ta réalité me traverse même si on ne se regarde pas, même si on ne baise pas, même si je ne vis pas sous ton toit. Nous sommes en contact permanent. Le procédé que la pandémie rend visible sous forme de contagion, il est temps d’en prendre conscience sous forme de guérison. Chaque fois que tu as le courage de faire ce qu’il te convient de faire, ta liberté me contamine. Chaque fois que j’ai le courage de dire ce que j’ai à dire, ma liberté te contamine. Nous avons avalé ces histoires de frontières, cette fable du chacun pour soi, chacun chez soi, cette fable qui veut que les choses telles qu’on les connaît soient la seule réalité possible et qu’elle soit immuable. La fable selon laquelle la race humaine n’aurait qu’un seul destin collectif possible : l’exploitation impitoyable des uns par une élite, le pouvoir par la force, et le malheur pour tous. Toutes les propagandes me traversent, et m’habitent, et me gèrent. Je ne suis pas un territoire de pureté ni de radicalisme, et je ne suis pas du bon côté de la barrière. Rien ne me sépare de la merde qui m’entoure. Rien, sauf le désir de croire que ce monde est une matière molle. Ce qui est vrai aujourd’hui peut avoir disparu demain. Et j’en ai marre de croire en des frontières qui ne me servent à rien, d’y adhérer comme si elles avaient été tracées par une main divine qui ne se trompe jamais, alors qu’elles sont juste gribouillées au hasard par des cons, et j’en ai marre de croire en des choses qui ne me servent à rien. C’est la rage d’avoir raison qui nous lamine. La rage de tracer des frontières entre le domaine du bien et le domaine du n’importe quoi, la rage d’être du bon côté, comme s’il existait quoi que ce soit dans ce capharnaüm qui soit une position juste, une position pure, une position idéale, une position définitive dont on ne bougerait plus. Et alors, ce sont les armes de l’ennemi que nous utilisons, les armes de ceux qui ne nous veulent aucun bien car nous constituons une menace à leurs yeux : les outils de l’exclusion et de la disqualification, et de l’humiliation, et de la silencialisation, et de l’invisibilisation. Et au bout du compte, c’est comme vouloir faire la révolution mais juste pour remplir les prisons d’autres populations, pour donner d’autres ordres aux mêmes policiers, donner d’autres consignes aux mêmes juges, c’est comme changer les joueurs mais ni le terrain ni le genre de jeu. Alors cette révolution se transforme en un roulement des équipes dirigeantes, la même connerie, mais avec d’autres qui en profitent. Et je ne dis pas que ça ne sert à rien. Ce mouvement a quelque chose de sain – sauf qu’il n’y a pas de rêve là-dedans, aucun. Une révolution dans laquelle on ne met ni rêve ni joie, alors il ne reste que la destruction, la discipline et l’injustice, et si on dit « révolution » : il faudra dire « douceur », c’est-à-dire commencer par accepter d’être du côté d’une stratégie non productive, non efficace, non spectaculaire, et que seule la ferveur permet d’embraser. Seule la conviction que nous n’avons besoin ni d’avoir raison, ni de donner tort, pour donner corps collectif à autre chose que ce qui existe déjà. Et la chose qui compterait le plus ne serait plus d’accumuler le maximum de likes pour le jour du jugement dernier, mais de commencer à ressentir que nous sommes en position de force. Même si nous occupons moins de surface spectaculaire, nous sommes en position de force, car nous faisons déjà l’expérience de vies différentes dans des corps différents, qui ne nous font plus honte. Nous modifions nos vies, nous modifions les discours, nous modifions l’espace de notre seule présence. Et c’est la joie que nous en tirons qui fait de nous des corps collectifs révolutionnaires. Voilà pourquoi beaucoup d’entre nous ici déjà on fait l’expérience du tir de barrière assassin de ceux qui ne nous supportent pas – tout simplement pour ce que nous sommes. (1/3)

Ils sont toujours convaincus que la douceur justement doit être réservée au foyer, à la bonne-femme et à son chien, et jamais à l’espace public, et jamais dans le monde dans lequel on vit. Ceux-là, nous devons comprendre que s’ils sont ivres de rage, c’est parce que nous avons commencé à gagner. Ils voudraient pouvoir pédaler en arrière de toutes leurs forces pour revenir au temps où ils pouvaient dire : toi tu te caches et tu te tais, ta parole n’est pas politique, toi tu te caches et tu te tais. Mais ils savent, une fois sorties, que nos libertés contaminent et que nous avons déjà commencé à changer le monde. Ceux qui pensent qu’on devrait nous faire taire pensent : prisons, soumission par la force à une réalité unique. Ils pensent : droit divin, police, bain de sang, enlèvement, interrogatoire, torture, censure, surveillance, prison, ils rêvent d’un papa absolu, d’un adulte qui saurait tout sur tout et les protègerait d’eux-mêmes. Ils rêvent obéissance, soumission, discipline. Ils ont cet avantage de rêver d’un monde qui existe déjà, qui a raison partout. Et nous avons cet avantage de ne pas croire qu’il soit immuable. Ce qui est irrémédiable, c’est la mort de tout ce que nous connaissons comme réalité. Ce qui est irrémédiable, c’est le changement. Ce qui est irrémédiable, c’est la rapidité avec laquelle la réalité se réinvente contre la lourdeur de nos consciences. Il y a la plasticité du réel. Leur narration n’est pas solide, voilà ce que le Covid nous apprend. Ils se défendent comme des diables et prennent toutes les décisions débiles, ils se frottent les mains en pensant : on va en profiter pour tourner tout ça à notre avantage. Leur narration n’est pas solide. Ils se racontent des histoires. Ce dernier tour de force est un dernier tour de piste. Leur réalité tombe en poussière, et ils sont des baltringues enchantés d’eux-mêmes, des imbéciles convaincus de leur importance. Ils s’époumonent, mais ce n’est pas parce qu’ils gueulent en cœur que ce qu’ils disent est vrai. Leur stratégie du bruit donne l’impression qu’elle est plus efficace que jamais, mais s’ils crient aussi fort, et qu’ils semblent si sincèrement souffrir, c’est qu’ils sentent qu’ils sont à bout de souffle. Et pour le dire simplement : cette autorité des puissants, on peut se la carrer au cul. Ils ont plus ou moins mon âge. Ils savent qu’ils vont bientôt mourir et, d’une certaine façon, ça leur fait plaisir d’imaginer qu’après eux rien ne subsistera. En attendant, les plus puissants lèguent à leurs enfants les rênes du pouvoir – et leur seul pouvoir, c’est la force de destruction. La rafale de balles est réelle, l’impact de la bombe est réel, l’efficacité des armes est réelle. Quel que soit l’imbécile qui s’en sert, c’est lui qui écrira l’histoire. Mais quand bien même ils ont les armes et le commandement des armées, et les flics pour se protéger, ils auront toujours besoin de corps gratuits pour faire leur guerre et enclencher leur répression. Et rien ne dit que demain ces soldats et ces flics ne changeront pas d’avis. Rien ne dit que demain ces soldats et ces flics ne décideront pas de changer de programme et de ne plus tirer sur les hommes et les femmes et les enfants. Rien ne dit que demain les hommes ne diront pas : le viol ne me fait pas bander, violer les femmes et les gamins devant les parents égorgés ne me fait pas bander. Je n’ai plus envie d’appartenir à cette histoire de merde sous prétexte que trois débiles au sommet ne connaissent pas la satiété. Rien n’a jamais empêché l’histoire de bifurquer. Qu’on nous répète le contraire à longueur de journée n’en fait pas une loi. Rien n’a jamais empêché l’histoire de disjoncter. Et rien ne s’oppose à ce que l’espèce humaine change de narration collective. Au contraire, pour la première fois dans l’histoire de l’homme, elle n’a pas d’autre choix que le faire. Il faudra bien changer de narration. Les marchés, ça n’existe pas. On ne parle pas de montagne, d’ouragan, d’incendie, d’océan, de grand gel. On ne parle pas de choses réelles quand on parle des marchés. Ce ne sont pas des géants à la colère desquels on n’échappe pas. Ce que nous enseigne le Covid, entre autres choses, c’est que le jour où on arrête d’y aller, tout s’arrête. Et c’est tout. Nous ne sommes pas gouvernés par des dieux tout-puissants qui peuvent se passer de notre accord pour asseoir leur bordel. Nous sommes gouvernés par de vieux imbéciles qui ont peur que leurs cheveux frisent sous la pluie, qui posent à moitié nus sur des chevaux pour exhiber leur grosse virilité. Nous sommes gouvernés par de vieux impossibles à qui il est tout à fait possible de dire demain : mais va donc la faire toi-même, ta guerre ! S’il est si important de tout confier toujours aux plus violents, organisez donc de grands matchs entre dirigeants. Et qu’ils se démerdent entre eux sur le ring avec le goût qu’ils ont pour le sang. Il est temps de se soustraire aux évidences. Le monde tel qu’on le connaissait s’écroule. Ce n’est pas une mauvaise nouvelle. C’est le moment de se souvenir qu’on n’est pas obligés pour les armes, qu’on n’est pas obligés pour la guerre, qu’on n’est pas obligés pour la destruction des ressources, qu’on est pas obligés de tenir compte des marchés. Le patriarcat est une narration et elle a fait son temps. Terminé de passer nos vies à quatre pattes sous les tables de vos festins, à grignoter vos restes et sucer vos bites à l’aveugle, gratuitement, aimablement, en remerciant abondamment à chaque éjaculation – « ça nous fait tellement plaisir de vous voir heureux, vous qui êtes à table »… Terminé maintenant : quand on ouvre la bouche, c’est pour mordre, ou pour parler. Parler est plus important que mordre. Parler est ce qu’on a fait de plus important ces dernières années, nous qui n’avions jamais parlé. Et ce qui compte aujourd’hui, c’est de prendre soin de nos paroles. Si nous voulons dire « révolution », nous devons permettre à la parole de se prendre là où elle ne se prenait jamais. Il nous faut ouvrir des espaces, non pas « safe » parce que « safe » ça n’existe pas quand il faut déballer sa merde, mais d’écoute sincère. Ce n’est pas une affaire de bienveillance mais de sincérité. Écouter sincèrement est peut-être ce que l’on doit apprendre. Pas écouter pour se conforter dans ce qui nous arrange. Pas écouter en se demandant si ça peut améliorer la visibilité de nos boutiques respectives. Écouter sincèrement en prenant le temps d’entendre. On ne peut pas écouter sincèrement la parole si elle est confisquée par les tribunaux. Il nous faut apprendre à écouter sans que notre but soit systématiquement de déclarer coupable ou non-coupable. Tout le cirque du jugement relève du vieux monde. On s’en fout de savoir qui est coupable. Comment entendre, recevoir, soigner, pour ensuite transmettre autre chose que de l’abus de pouvoir. Nous devons apprendre à nous démettre des autorités. Je sais et je sens qu’il n’existe pas de séparation nette non plus entre moi et le ministre pointeur raciste, entre moi et l’idiote ménopausée qui vient parler de la douceur des hommes, entre moi et la féministe surveillante d’une nouvelle prison, entre moi et la meute des tarés agressifs qui s’insurgent de ce que l’on oublie un peu vite l’importance de la testicule dans l’art, entre moi et les harceleurs de merde exigeant le silence de celles qui évoquent notre histoire coloniale commune, et entre moi et les idiots utiles des sous-doués du IIIème Reich. Entre moi et eux, il n’y a pas non plus de frontières fixes. (2/3)

Je suis aussi les imbéciles, je suis aussi leur colère, leur dépit, je suis aussi leur agonie fétide, puisque rien ne me sépare de la merde qui m’entoure. Ce qui n’équivaut toujours pas à dire que tout se vaut, mais qu’il y a contagion, propagation, impact, et que toute idée de pureté, d’isolement, de protection, est à peu près aussi crédible que de porter un masque en papier dans la cohue du RER de 19h30. Probablement utile, mais tout à fait dérisoire. Nous sommes exposés les uns aux autres, ce qui signifie que tout ce qui est émis nous impacte et réciproquement. Car si je commence par dire : il n’y a pas de frontières si claire entre moi et les autres, je ne le dis pas de façon poétique… Je dis : l’Arménienne sa souffrance, la Libanaise son désarroi, la femme sans toit son errance, la femme en prison son chagrin, la chanteuse à Hong Kong sa détermination, l’étudiante précaire en foyer sa rage… Quand je dis : nous somme le monde tous en même temps, je ne viens pas chercher la culpabilité dans mon corps, de ne pas sentir le drame. Je n’ai pas froid, je ne dors pas en cellule, je n’ai pas été battue aujourd’hui, mes poumons ne sont pas dégradés, je ne sers pas les dents quand arrive une facture, j’ai des papiers, ma peau est blanche, j’ai bien mangé, etc., etc… Mais la culpabilité est un isolement qui ne sert à rien d’autre qu’à rendre impuissant. Oui, les vêtements que je porte aujourd’hui c’est la vie détruite des enfants qui les ont fabriqués, c’est la pollution des pays, c’est la honte d’appartenir à la classe de ceux qui ont eu le culot de décider de délocaliser. Oui, la nourriture que j’absorbe, c’est l’empoisonnement de la terre et la destruction des espèces animales, c’est la détresse de l’exploitant agricole, c’est la fatigue du routier espagnol que je dépasse en pestant sur l’autoroute. Oui, l’institution-musée que j’occupe ce soir est une histoire d’exclusion d’une rare violence. Oui, les livres que j’écris et que je vends, c’est la honte de mon exhibition médiatique. Oui, chaque mot que je prononce aujourd’hui est dégueulassé par la honte non seulement de la somme de mes privilèges, mais encore de ma passivité, et aussi de mes facultés de jouir des injustices tout en les dénonçant. Oui, je me sens coupable. Non, je ne suis pas pure. Mais la culpabilité est toxique et ne me sert à rien. De cette honte-là, je ne peux rien faire d’utile. Oui, j’ai conscience aussi d’un autre privilège qui est le mien et qui est la notoriété – la notoriété étant devenue une méta-valeur. Séparatisme entre ceux qui comme moi ont un nom qui provoque une onde de choc sur internet, et ceux qui galèrent à se faire entendre, à se singulariser, à se faire remarquer, qui veulent percer – et moi qui trône comme un furoncle invincible, un furoncle qu’on ne finirait jamais de percer. Et j’ai conscience de toutes mes positions de privilèges, et je ne veux pas dire que toutes les positions se valent. Toutes les conditions de vie de tous les corps ne sont pas équivalentes sous prétexte qu’elles sont reliées, mais ce que je dis : il faut prendre conscience des liens invisibles, parce que c’est de ce tissu que sera fait la révolution – pas de nos culpabilités juxtaposées. Mon corps blanc non-soumis au travail forcé, qu’on n’a pas violé dans l’impunité, mon corps chrétien qui fête le 11 novembre sans penser à la ville de Sedan, mon corps goy qui s’accommode de la propagande antisémite, mon corps bien nourri, trop soigné, pour qui le Capitalisme travaille et fait le sale boulot sans que j’ai besoin de m’en préoccuper, et je peux même m’en émouvoir et en jouir en même temps… Ce corps blanc pour lequel on a défini tant de frontières. J’en ai ma claque de répondre à des matons et à des patrons. Ce que je veux nourrir aujourd’hui, c’est ma faculté d’écouter quand ceux qui n’ont jamais parlé ouvrent la bouche. Ce que je veux nourrir, c’est ma faculté de désirer autre chose. Ce que je veux ressentir, c’est que j’appartiens à la race humaine et aucune autre. Et je veux entendre ce que disent les enfants, de ceux qui ont l’âge d’être les enfants de mes enfants, et les croire quand ils disent : nous allons faire la révolution ! Et sachant ce que je sais, je désire les y aider. Je ne veux plus dire « intersection » parce qu’à la longue, le terme donne l’impression que je vends des tomates et que je m’interroge sur la pertinence de vendre un peu de patates du voisin sur mon étalage – alors que de facto, tes patates poussent sur le même terrain que mes tomates. Et de toute façon, savoir si j’ai intérêt à ce que mes luttes coïncident avec les tiennes est une préoccupation boutiquière qui n’a aucun sens. Il ne s’agit pas d’une carte routière, ni d’un problème de maths. Quand nous dirons « révolution », je veux me souvenir que je ne suis pas isolée de toi, et que tu n’es pas protégée de moi. On peut lever des murs, jeter des filets dans la mer, multiplier les frontières et les procédures pour les traverser – à la fin c’est inepte. Ta réalité traverse la mienne, ma réalité pèse sur toi. Les frontières fixes sont toxiques et ne servent à rien. Ce qui est immuable, c’est que tout se traverse. Ce qui ne veut toujours pas dire que tout se vaut. J’écoute les gens de mon âge parler des gens qui ont vingt ans aujourd’hui, et je les entends dire, comme toutes les générations avant eux : « ils désirent changer le monde », sur le ton blasé et serein de ceux qui en ont vu d’autres, de ceux qui savent comment ça se passe. Mais je peux témoigner : ma génération ne voulait pas changer le monde. Certains d’entre nous le désiraient, mais ma génération n’a jamais voulu changer le monde : elle y croyait trop, à ce monde, et elle croyait à tout ce qu’on lui disait. Toutes les générations n’ont pas voulu changer le monde. A toutes les générations n’a pas échu le devoir de changer le monde. A ma génération, on n’a jamais dit, avant même qu’on sache lire : « si vous ne changez pas le monde, vous allez tous crever. » Ils sont gender-fluides et ils sont pansexuels, ils sont racisés ou solidaires des racisés. Ils ne veulent plus être enfermés et définis par la misère et l’injustice. Ils sont chamanes, ils sont sorcières. Et ce qui m’intéresse aujourd’hui n’est plus ma honte, ni ma culpabilité, ni ma rage, ni mes keufs intérieurs, mais bien de me rendre capable de leur dire : tout est possible, à commencer par le meilleur. Et c’est une affaire de désirer autre chose. Je choisis de les croire quand ils disent qu’ils veulent le sauver, ce monde. Je choisis de croire que nous ne savons rien de ce dont seront fabriqués les jours à venir. Je choisis de croire que quand les plus puissants nous répètent à longueur de journées : « nous savons tout de l’avenir car nous connaissons le passé – il n’y a pas d’alternative, les choses sont comme elles sont parce que c’est dans la nature humaine d’en arriver là. C’est ainsi que Dieu l’a voulu dans son immense sagesse. Et s’il y a cruauté gratuite, et injustice, et grand saccage, c’est que la cruauté, l’injustice et le saccage font partie du réel ». Et ils disent : « regardez les animaux », et chaque fois qu’ils les regardent, c’est pour observer comme ils tuent. Alors moi aussi je regarde les animaux qui tuent et j’observe : je ne vois pas leurs camps de migrants, je ne vois pas leurs frontières, je ne vois pas d’éléphant barbeler son terrain pour ne jamais y voir de zèbres, parce qu’il a décidé que les zèbres ça ne devrait pas exister, je ne vois pas les animaux enfouir leurs déchets nucléaires. Alors je me demande : que dois-je comprendre des animaux dans nos histoires humaines ? La douceur est utile. La douceur et la bienveillance sont les notions les plus antinomiques avec le système qui nous opprime. La douceur et la bienveillance, c’est le contraire de l’exploitation capitaliste : de demander la permission, me demander si je consens. La douceur et la bienveillance, c’est ce qu’on ne trouve pas sur les marchés, c’est ce qu’on ne trouve pas dans l’armée, c’est ce qu’on n’enseigne pas dans les polices. Toutes les propagandes me traversent, toutes les propagandes parlent à travers moi. Rien ne me sépare de la merde qui m’entoure. Rien, sauf le désir de croire que ce monde est une matière molle, que ce qui est vrai aujourd’hui peut avoir disparu demain, et qu’il n’est pas encore écrit que cela soit une mauvaise chose." (3/3)

 

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Metamorphosis

19 Janvier 2024 , Rédigé par grossel Publié dans #FINS DE PARTIES, #J.C.G., #assaisonneur, #pour toujours, #écriture- lecture

je commencerai dès le 17 janvier 2024 vers 21 H 30, l'heure où je me couche, où sur le dos,
- je manifeste à tue-tête ma gratitude pour la journée passée, journée de merde (quand j'accepte d'être percuté par la fureur dans le monde) et de bonheur (quand je suis centré sur ce que je fais)
- et récite les mots de l'ho'oponopono : « désolé», « pardon », « merci », « je t'aime ».
puis me mets en position foetale et laisse le corps s'élever avec grâce ou plonger sans
c'est le temps des rêves, des petites morts, du corps sans pensée
du 18 au 21 janvier, je continuerai ces apesanteurs, je ne lirai aucun texte, surtout pas ceux de la bibliographie proposée par l'institution, sauf un, d'inactualité, Gros dégueulasse de Reiser, 1982
je mettrai en ligne, le poème kosmorgasmik, conçu avec une IA
et je me préparerai à inventer mon printemps des poètes avec grâce, sans la boussole sur l'axe du loup de son président Sylvient, ainsi que ma semaine de la langue française
doit-on dire merci au ministère de la culture en ces temps de reniements sinistériels qui veut baliser nos échappées belles ?
 
le corps en corps et décors pour ces inofficielles nuits de mes abords du corps
metamorphosis en 6 infographies générées par IA à partir des mots qui vibrionnent autour du petit bonhomme en construction
metamorphosis en 6 infographies générées par IA à partir des mots qui vibrionnent autour du petit bonhomme en construction
metamorphosis en 6 infographies générées par IA à partir des mots qui vibrionnent autour du petit bonhomme en construction
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metamorphosis en 6 infographies générées par IA à partir des mots qui vibrionnent autour du petit bonhomme en construction
metamorphosis en 6 infographies générées par IA à partir des mots qui vibrionnent autour du petit bonhomme en construction

metamorphosis en 6 infographies générées par IA à partir des mots qui vibrionnent autour du petit bonhomme en construction

 
Ça m’a beaucoup intéressé de travailler avec Gaby pour le choix des animations infographiques générées en partie par des mots du texte
 
Aucune comparaison entre la 1° et la 2° version you tube  
du même poème final
Kormorgasmik
d’une série de poèmes 
Métamorphosis
dont voici le 1°Papillon de nuit et fleur équinoxialeécrit nuit d’équinoxe à 22 H 24’ 24"Kosmorgasmik étant rendu publicnuit de solstice à 3 H 27’ 19"raison suffisante pour livrer ce poème aux vents et aux sables aux pollens et aux écumes
 
 
Metamorphosis
 
Poème venu de la nuit du 20 au 21 mars 2023 
1° nuit du printemps
équinoxe à 22 H 24’ 24’’ 
égalité de la nuit et du jour
12 H chacun
——————————————
 
Metamorphosis
du sourire de chat sans chat
 
Papillon de nuit et fleur équinoxiale
 
La fleur équinoxiale :
assise dans coin droit du canapé
bien
 
Le papillon de nuit :
s’assoit à côté d’elle
 
Son corps d’elle-fleur pas bougé
Son corps intérieur s’est ramassé en boule
Chatte 
L’instant du suspens
Accueil de la caresse ?
Coup de griffe acéré ?
 
Son corps de lui-papillon pas bougé
Son corps intérieur s’est déployé
Désir d’homme
Prendre visage dans les mains ?
Poser lèvres sur sa bouche ?
L’instant de l’impulsion
 
Au-dessus d’eux
nuit enlunée
sourire de chat sans chat
 
Chut 
chute
Culbute
 
La boule de fourrure noire électrique
aux pupilles mystiques se love 
coin gauche du canapé
parapet du vertige
 
Verte tige, tu me fais éjaculubrer
 
La chatte - mon dieu, il est fou !
 
un texte poétique, une méditation peut-être emphatique, empathique sûrement, sur une métamorphose du corps devenant cosmique (comique forcément), par une transformation du coeur (du coeur rancoeur au coeur bonheur), une voix maladroite, une infographie générée par IA adorant les boobs, une production éditoriale peut-être innovante
 

 

presque en haut des marches, en bas de l'échelle tout en étant les pieds sur terre

presque en haut des marches, en bas de l'échelle tout en étant les pieds sur terre

Metamorphosis
Kosmorgasmik

Somnolent dans le fauteuil Louis-Philippe,
une image te vient :
La Terre et ses milliers de bouches éruptives,
ses milliers de vulves-geysers,
la Terre ronde est ronde
de toutes les grossesses animales et humaines,
de toutes les germinations florales et végétales,
de toutes les minéralisations calcaires et granitiques.
La Terre est la porteuse, l’accoucheuse
de tout ce qui naît, de tout ce qui prend corps.
Le corps, les corps, encore et encore.
Incarnations en chairs et en os,
en racines et cimes,
en strates et sédiments.
Et tu te vis, foetus en position foetale, dans le ventre-terre.
Du ventre-mer, du ventre-mère,
tu es passé au ventre-terre, au ventre-univers
En déviant ton désir sexuel de l’autre
en mettant à mort, façon matador, ton sentiment d’amour pour l’autre,
tu découvres, trois mois après,
que tu ne sors nullement mutilé de cette castration,
nullement effondré par cette relation sans réciprocité.
Cette mise à mort, façon matador, t’a fait passer en douceur,
parce que tu étais prêt, d’une sexualité exclusive à une sexualité inclusive, de l’amour possessif à l’amour oblatif.
Cette mise à mort, façon matador, a été guérison, résurrection.
Tu t’es mis debout, tu t’es métamorphosé.
Tu sors apaisé, sans ressentiment envers l’autre, la femme-toute-autre, la Trop Femme des inquisiteurs, la pas-Toute des lacaniens, qui s’exprime jour après jour, sans relecture ni correction,
exprime
- ses sensations marines, sous-marines, célestes, nuageuses, florales, lumineuses, ombreuses, oiseleuses,
- ses émotions devant les beautés offertes,
- ses sentiments d’absence, de deuil, de perte
- ses sensations d'avoir un coeur comme une passoire,
de vivre une vie vacharde répétant ses estocades,
une chienne de vie ne laissant aucun répit, même au lit.
Tu sors agrandi
de ce douloureux travail de mise à mort, façon matador, de ton sexe et de ton coeur,
de ce joyeux travail de guérison que tu as décidé quand tu as pu renoncer à ta dépendance et recouvrer ta liberté de choix.
Tu as changé ton sexe raide en sexe flexe.
Tu as changé ton coeur rancoeur en coeur bonheur.
Tu es passé de l’arbre rabougri de Godot
à la forêt primaire des hommes premiers.
Tu as inspiré l’air du Large.
Tu es monté dans la pirogue du Fleuve.
Tu as été fécondé par les abeilles de l’Amour.
Tu accueilles, tu recueilles, tu donnes, tu offres.
Tu ne tries pas, tu ne juges pas, tu n’opposes pas.
Ce qui advient devait arriver,
ce qui adviendra arrive déjà,
ce qui est advenu arrive toujours
parce que le passé ne s’efface pas.
Tout est mémorisé, devient mémoire vivante.
Tu t’es laissé glisser dans l’Océan que tu es.
Tu n’es pas une vie minuscule gouvernée par un zizi ridicule.
Tu es une vie Majuscule reliée au Tout.
Tout copule et consent avec joie à copuler.
Poussières et semences d’étoiles,
germes et spermes de l’orgie de l’évolution,
de l’ontogenèse, de la phylogenèse,  
à la vie à la mort.
La fabrique des corps. Et au coeur du corps, le coeur.
Tu es humble de ton humus,
humain de ton humanité,
universel de ton universalité,
divin de ta divinité.
En ouvrant tes bronches,
en activant ouïes, branchies,
tu retrouves tes éléments, l’air, l’eau.
Tu entres dans l’innocence.
Tu es miracle et mystère de ta naissance.
Tu seras mystère et miracle de ta mort.
Tu fais choix de l’ignorance.
Tu ne refuses pas les connaissances
mais surtout tu sais qu’on ne sait rien.
Rien du début, rien de la fin, rien du sens s’il y en a un.
Tu acceptes d’être dans l’incertitude,
tu ne cherches pas de certitudes.
Tu ne crois plus qu’il y a la Vérité à chercher.
Tu essaies d’être dans la Vie, dans l’Amour, dans la Mort.
Tu montes et descends l’échelle,
Du Tartare à l’Olympe,
du Ciel à l’Enfer
et tu bivouaques sur la Terre.
Du Tartare, tel Orphée, tu ramènes poèmes et mélodies.
Épitaphier de tous les morts aimés.
Dans l’Enfer, pas de damnés condamnés à jamais.
Du Ciel, tu ne fais pas le séjour de Dieu ni le paradis des ressuscités.
Dieu ayant créé se cache, tsimtsoum.
Le ciel est espace de légèreté pour la gente ailée.
Dieu est dans le silence d’un souffle subtil.
Dans l’Olympe, aucune guerre des dieux.
Ils ont eu le temps d’apprendre et de pratiquer l’anarchie.
La Terre est danses et cycles.
La grande roue du Grand Manège tourne
bien huilée
sans grincements de dents.
Dieu et les dieux  sont présences ineffables.
Tu n’es plus un hamster.
Tu es à Parfaire. Tu es un Parfait. Tu es Parfait.

 

‘‘AU NOM DU CORPS’’

Au cœur de sa chair, il y avait sa propre musique,

Mais aussi la force cosmique.

Elle savait que cette force était dans son corps,

Qu'elle n'est pas en dehors !

Elle savait que dans les profondeurs de son corps,

Il y avait un trésor.

 

Pourtant, comme beaucoup, elle en avait perdu la clé,

Et il lui appartenait de la retrouver.

Elle observait alors ce corps plus concentrée,

Et elle voyait qu'il n'avait pas besoin de sa pensée rationnelle pour qu'il puisse fonctionner.

 

Elle pressentait que si elle était plus consciente de cette fabuleuse intelligence à l'oeuvre dans son propre territoire et dans sa propre maison,

Elle serait moins égarée par le discours de sa raison.

Elle sentait que si elle se reliait à cette intelligence corporelle,

Elle trouverait sa place à elle.

 

Comme le têtard de spermatozoïde savait où il devait aller sans la raison pour le guider,

Comme la fleur savait comment elle devait pousser sans un cerveau pour la tirer, Comme l'oiseau sent où il doit voler en harmonie avec sa race ;

Elle sentirait grâce à ce biais où est son endroit, sa véritable place.

 

Avant, elle ne le savait plus,

Car elle ne ressentait plus et elle était perdue.

La tête avait pris le contrôle de la situation,

Et l'empêchait de jouer sa propre partition.

Mais, elle décida enfin de suivre son corps et sa vibration.

Au nom du corps qui est ma terre

Que ta volonté soit faite

Que ton règne arrive

 

Certains prient Dieu et puis le ciel

Pensant que là, se trouve l’essentiel

Moi, je prie mon Corps et la Terre

Car c’est elle, ma Mère

 

Sentez-vous ce lien entre vos corps, mon corps, et le corps de la Terre ?

Ils sont faits de la même matière

Sentez-vous qu’il faut en prendre soin ?

Pourtant ils sont des temples encore trop lointains

 

Continuons à nous prendre la tête

Et la terre, elle, elle tempête

Continuons à nous meurtrir

Et la terre, elle, elle va mourir

Continuons à souiller, violer les corps meurtris

Et nous aurons des tsunamis

Renions nos corps

Et c’est la mort

 

Tais-toi… Fais pas ça… Pleure pas… Bouge pas… Va par là… Non par ici…

Continuons à nous parler ainsi

Et la Terre va trembler

Pour enfin nous réveiller

 

Au nom du corps qui est notre terre

Que ton nom soit sanctifié

Que ton règne arrive

Avant que le monde parte à la dérive.

 

 

Soyons vivant

Et la terre se détend

Soyons vibrant

Et les temps redeviendront cléments

Vivons notre belle matière

Et nous en serons fiers

 

Le sacré se loge dans notre nature vivante, et dans nos corps vibrants ;

Pour intégrer la connaissance spirituelle, il convient de plonger dedans.

Les rythmes vitaux de nos organismes sont en résonance avec le cosmique ;

Intégrant cela, nous rencontrerons Dieu dans notre physique.

 

Plongeons dans nos ventres et dans nos grottes profondes ;

Nous y trouverons les racines et les fondations de la nature du monde ;

La connaissance nous sera alors révélée,

Et nous accèderons à notre unité.

 

Si nous cherchons Dieu dans l’extérieur,

Ce ne sera que malheurs.

Cherchons-le dans notre intérieur,

Et nous sentirons sa chaleur.

Car c’est dans la rencontre de notre dualité que nous serons mariés ;

La croix sera bien le trait d’union entre des opposées.

Plus aucun monde ne sera séparé.

 

Nous aurons en amour tous nos contraires ;

Et la Mère rencontrera le Père ;

Le féminin et le masculin danseront pour que rien ne se fane ;

Pour découvrir le sacré au coeur du profane ;

Le haut et le bas sur la même échelle,

Le spirituel au sein du matériel.

 

Au nom du corps qui est mon temple et ma terre

Que ton règne arrive

Toi qui es la fondation de toutes nos églises érigées vers les Cieux,

Tu es le réceptacle qui peut accueillir Dieu.

Tu es le lien entre le ciel et la terre ;

Ce contenant qui accueille la lumière.

Toi qui étais assimilé au mal,

Tu redeviens le réceptacle et le Graal.

Au nom du corps qui est ma terre ;

Que ta volonté soit faite.

 

Caroline Gauthier

« Elle est là… cette Femme «Trop».
Celle qui aime trop fort, celle qui ressent trop profondément, celle qui demande trop souvent et celle qui désire trop.
Elle est là, elle prend beaucoup trop d’espace, avec son rire, ses courbes, son honnêteté et sa sexualité. Sa présence est aussi grande qu’un arbre et aussi large qu’une montagne. Son énergie occupe chaque anfractuosité de la pièce. Elle prend trop de place.
Elle est là, elle gêne par ses envies persistantes, elle a trop d’envie. Elle désire beaucoup. Elle veut tout, trop de bonheur, trop de temps seule, trop de plaisir. Elle traversera le soufre, la rivière trouble et le feu de l’enfer pour l’obtenir. Elle risquera tout pour étouffer les angoisses de son cœur et de son corps. Cela la rend dangereuse.
Elle est dangereuse.
Ensuite, cette Femme «Trop» fait trop réfléchir les gens, ressent trop, se pâme trop. À travers sa posture, on découvre sa confiance en soi et sa prose authentique. Elle a un rire franc qui vient du cœur, un appétit insatiable et une propension à la passion ardente. Tous les yeux sont rivés sur elle, pensant qu’elle pète plus haut que son derrière.
Oh, cette Femme «Trop»… Trop forte, trop vibrante, trop honnête, trop émotive, trop intelligente, trop intense, trop jolie, trop grosse ou trop mince, trop difficile, trop sensible, trop sauvage, trop intimidante, trop réussie, trop joyeuse, trop indigente ; trop quoi.
Elle devrait se calmer un peu, baisser le ton quelque peu. Quelqu’un devrait la remettre dans le droit chemin. Quelqu’un devrait lui dire.
Je suis là… La Femme «Trop», avec mon cœur trop tendre et mes émotions de trop.
En tant qu’empathique et hédoniste en constante recherche de plaisir, je veux une profusion de justice, de sincérité, d’espace, de facilité, d’intimité, de respect, d’être vue, d’être comprise, de votre attention complète et que toutes vos promesses soient tenues.
J’ai été appelée très exigeante parfois parce que je veux ce que je veux, et aussi, intimidante à cause de la place que j’occupais. J’ai été appelée égoïste parce que je m’aime moi-même. J’ai été appelée une sorcière parce que je sais comment me guérir.
Mais encore et encore… Je me relève. Encore et toujours, je veux, je ressens, je demande, je risque et je prends de la place.
C’est nécessaire.
Trop de femmes ont été confrontées à l’extermination depuis des siècles. Nous avons tellement peur d’elles. Nous sommes terrifiées par leur grande présence, par leur manière de commander le respect et de brandir la vérité de leurs sentiments. Nous avons essayé d’étouffer la Femme «Trop» depuis trop longtemps, chez nos sœurs, chez nos compagnes et chez nos filles. Et même maintenant, même aujourd’hui, dans un certain sens, nous continuons à couvrir de honte cette Femme «Trop» pour sa grandeur, son désir et sa nature passionnée.
Et encore… elle relève le défi.
La femme, dans sa pleine puissance, se déplace à travers le monde avec grâce et confiance. Dorénavant, sa sagesse tempère son esprit fougueux. Calmement mais fermement, elle dit la vérité sans aucun doute ni hésitation et la vie qu’elle mène est enfin sapropre création.
Dans mon propre monde et sous mes yeux, je suis témoin de l’ascension et de la remise en valeur de la Femme «Trop». Cette Femme «Trop» est également connue de certains comme la femme sauvage ou le divin féminin. Dans tous les cas, elle est moi, elle est toi et elle adore avoir enfin la place de s’exprimer librement.
Si vous avez déjà été appelée «Trop» ou «trop émotive» ou «trop garce» ou encore «trop coincée», vous êtes probablement une vrai Femme «Trop».
Et si vous l’êtes… Je vous implore d’embrasser tout ce que vous êtes, toute votre profondeur, toute votre immensité ; de ne pas vous retenir et de ne jamais abandonner votre grandeur ou votre éclat brillant.
Oubliez tout ce que vous avez entendu ! Votre côté «Trop» est un don. Oh oui, un don qui peut guérir, inciter, libérer et transpercer directement au cœur des choses.
N’ayez pas peur de ce don, et ne laissez personne vous en détourner. Votre coté «Trop» est magique, c’est une médecine. Il peut changer le monde.
Vous ne me croyez pas ? Vérifiez ceci : Toutes vos femmes préférées, celles qui ont fait l’histoire, celles qui ont prêté leur voix pour le changement et celles qui se sont courageusement autorisées à être exactement qui elles sont. Quelques exemples : Oprah, Ronda Rousey, Beyoncé, Kali, Misty Copeland, Janet Mock, Marie-Madeleine… Elles sont toutes des Femmes «Trop» !
Alors je t’en prie Femme «Trop» : Demande, Cherche , Désire, Grandis, Bouge, Ressens, Sois.
Fais des vagues, attise tes flammes et donne-nous des frissons.
Je t’en prie, lève-toi.
Nous avons besoin de toi ! »
~ Ev’Yan Whitney
Traduit de l’anglais.
Ev’Yan Whitney est une éducatrice sexuelle et une doula ™ en sexualité qui aide les femmes à sortir de la honte et de la peur pour entrer dans leur pouvoir érotique.
Son site : https://www.evyanwhitney.com/
magnifique témoignage d'une femme ayant cheminé en corps, et encore de masculin à féminin
« Dans ce jeu pervers, où j’ai été entraînée, très jeune, j’ai choisi la conduite des dominants, avec mes atouts de femme. J’ai brimé le féminin en moi et donné beaucoup de place à mon masculin. J’ai séduit les hommes et adopté l’attitude de la préhension envers les hommes mais aussi envers mon propre féminin que je n’ai pas écouté. Je suis devenue victime et bourreau de moi même.
A présent, je demande pardon, je ne veux plus survivre de mes blessures passées. Je suis prête à t’écouter, à t’aimer, à exprimer ce que je ressens et à vivre la joie de l’être. J’ai confiance en ton écoute, j’ai foi dans nos actes.
Je demande pardon aux femmes, à la femme que j’ai reniée en moi, je demande pardon au féminin sacré que je n’ai pas honoré à travers ma conduite, je demande pardon aux hommes que j’ai essayé de dominer pour me venger, je demande pardon au masculin sacré que j’ai castré du plaisir de me rencontrer vraiment.
A présent je te dis où je ressens tes gestes trop intrusifs et où ils sont bons pour moi. Je t’accueille tel que tu es, sans attente, sans volonté.
C’est cet Amour qui m’apprend à être, élève mon esprit et rejoint mon âme. »
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écouter le poème magnifique lié à un geste (la main de désir sans amour) lors d'une rencontre festive, proposé en audio sur l'article, à gauche : ah ce corps !
texte de Patrick Burensteinas sur le corps
pour de meilleurs ressentis de nos 3 règnes intimes et terrestres
minéral, végétal, animal
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LA TRAME : CORPS OU CITÉ...
Le corps est l’agrégat temporaire des 3 règnes comme une fourmilière qui, pour former sa colonie, aurait pris les caractéristiques du minéral, du végétal et de l’animal.
Le minéral
Le minéral a comme particularité de donner une rigidité, un fondement à toute structure ; il a aussi le pouvoir de stocker en lui de l’information. C’est pourquoi il est utilisé dans notre corps comme charpente (le calcium de nos os), comme mémoire ou transmetteur de l’information (tels les neurotransmetteurs qui sont tous des métaux ou des métalloïdes), mais aussi pour fixer les gaz comme le fer de notre sang fixe l’oxygène.
Le végétal
Le végétal est le seul des 3 règnes capable de transmuter. C’est en effet le seul qui transforme l’énergie en matière par la photosynthèse. Pour prouver cet acte quasiment magique, vous pouvez faire l’expérience suivante : Prenez une graine et pesez-la.
Ensuite, procurez-vous du coton que vous imbibez d’eau. Naturellement vous avez pesé l’eau avant. Vous placez le coton dans une bouteille en plastique et la graine par-dessus.
Fermez hermétiquement la bouteille et placez-la au soleil.
Au bout d’un certain temps, la plante pousse. Bien sûr quand la nourriture contenue dans la graine est épuisée la plante s’étiole. À ce moment-là, vous prendrez la plante et vous la pèserez. Oh miracle ! La plante pèsera plus lourd que le poids de la graine initiale et le poids de l’eau.
D’où vient cette différence de masse ? Eh bien, la plante a transformé la lumière en matière ! Notre corps a donc tout naturellement placé les végétaux, à l’endroit où nous transformons la matière en énergie : dans nos intestins. C’est la flore intestinale ; sans elle, nous serions tout simplement incapables de digérer.
L’animal
L’animal est représenté par les cellules qui fournissent le transport et permettent le mouvement de la colonie pour lui donner toujours la position la plus favorable.
La vie organisée et a fortiori le corps humain ont peut-être commencé comme ceci : Une cellule rencontre une autre cellule, et comme dit la chanson que croyez-vous qu’elles se racontent ? Des histoires de cellules : « C’est bien compliqué d'être un si petit animal. Et si on fondait une société ? Une espèce de copropriété où chacun serait à sa place selon ses compétences ? »
Aussitôt dit, aussitôt fait. Les premières cellules se regroupent et puis d’autres et d’autres encore. Au-delà d’un certain nombre, des problèmes d’intendance commencent à se faire sentir. Les cellules du milieu ne sont plus capables de se nourrir, la nourriture étant à l’extérieur de l’amas. Elles ne sont plus capables non plus de respirer pour la même raison. Elles menacent alors de quitter la colonie.
Quelques cellules disent : « Vous ne pouvez pas faire ça, on va trouver un moyen, certaines d’entre nous vont vous nourrir, d’autres vous apporter de l’air et d'autres encore ce qui vous manque. »
Alors certaines cellules se spécialisent.
– Il y a les «rouges», celles qui sont chargées d’apporter de l’oxygène. Elles trouvent le moyen de transporter du fer sur leur dos, de le faire rouiller à l’extérieur pour le porter tout chargé d’oxygène à l’intérieur.
– Il y a celles chargées du nettoyage, de la sécurité et de la poste. Et plus la « ville » devient importante, plus il y a d’habitants, plus le besoin de services spécialisés se fait sentir. Cette ville forte de 40 milliards de milliards d’habitants, c’est notre corps, où chaque règne est représenté selon sa place et son utilité.
QU’EST-CE QUE LA TRAME I
Imaginez une ville aussi complexe que celle que nous venons de décrire. Comment se peut-il qu’elle soit cohérente, que les cellules qui forment le foie ne se mélangent pas avec celles des os ? Ou plus simplement pourquoi tout cela reste-t-il en place ?
Si vous prenez une cellule de votre corps, et que vous lui donniez à manger, elle vit très bien sans vous ; alors pourquoi reste-t-elle ? Pourquoi ne nous décomposons-nous pas de notre vivant ?
Et qu’est-ce qui fait qu’un jour, celui de notre mort, nous nous décomposons ? Notre corps est maintenu cohérent par une sorte de canevas, un schéma d’information qui dicte à chaque cellule quelle est sa place et quelle est sa fonction. Comme pour une tapisserie où la Trame maintient les fils ensemble, dans un ordre précis.
Trame le mot est lâché.
La Trame est un ensemble d’informations, un quadrillage quantique, le plan, qui fixe l’organisation des cellules de notre corps, mais aussi des minéraux et des végétaux qui participent à la colonie.
COMMENT L’INFORMATION CIRCULE SUR LA TRAME
Dans notre univers, ici et maintenant, l’information, l’énergie, circulent de manière ondulatoire, plus exactement sinusoïdale. Par exemple, prenez par une extrémité un tapis posé sur le sol, et secouez-le. Vous vous apercevrez que l’onde créée se déplace d’une manière sinusoïdale.
Il en est de même pour notre corps. Supposons maintenant que l’information soit bloquée sur la Trame par un obstacle ou une rupture de continuité, comme une pierre sur le tapis.
À partir de l’obstacle, l’information est altérée voire absente. Les cellules et autres composants ne reçoivent plus d’ordre de cohérence et se trouvent livrés à eux-mêmes : c’est la désorganisation. Dans certains cas, les cellules livrées à elles-mêmes décident de créer une colonie locale, un nouvel organe qui les satisfera elles, mais pas forcément l’unité du corps. C’est une tumeur.
COMMENT REMÉDIER À UNE SITUATION DE BLOCAGE
Pour remettre le système en état, il faut opposer au blocage une énergie légèrement supérieure. Il faut vigoureusement secouer le tapis.
C’est le premier effet que nous apprendrons à produire et à contrôler dans l’apprentissage de la Trame. Le second effet découle de l’observation suivante : une sinusoïde est aussi caractérisée par sa régularité. Celle-ci dépend de la cohérence de ses composantes. Imaginez une chorale où chaque chanteur chanterait ce qu’il veut. Il s’ensuivrait immanquablement une cacophonie. La courbe représentant cette musique sera chaotique.
Si par contre le chef de chorale est là, alors tous les chanteurs chanteront à leur place exacte et le résultat sera harmonique.
Toutes les cellules de notre corps chantent (ou plutôt vibrent), chacune avec sa propre voix. Nous serons alors le diapason, le chef d’orchestre, qui permettra à tous les composants de notre corps d’être en harmonie. La notion d’harmonie n’est pas métaphysique. Elle est physique. Dans une propagation harmonique, l’énergie est bien plus grande et bien plus pertinente (comme un laser par rapport à une lampe).
Nous gagnerons donc à harmoniser notre corps pour que l’énergie qui circule entre chaque cellule soit le moins altérée possible et que l'information aille bien là où elle doit aller.
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en complément, ce texte sur les modes de dissipation thermique ou dynamique de l'énergie des émotions :
SOURCES DE PERTURBATIONS DE LA TRAME
La première cause de perturbation de la Trame est l’émotion ou plutôt le surcroît d’émotions. Qu’est-ce que l’émotion ? L’émotion est de l’énergie que nous fabriquons. Une fois cette énergie fabriquée, nous avons deux possibilités majeures de l’utiliser : thermique ou dynamique. C’est-à-dire que nous avons chaud et que nous bougeons. Par exemple, vous avez peur, et cette peur peut vous donner des ailes. Vous transformez alors l’énergie de la peur en mouvement. Un autre cas, la colère. Si vous êtes en colère, vous devenez tout rouge (vascularisation pour dissiper l’énergie d’une manière thermique) et vous faites de grands gestes (dissipation dynamique). Il n’y a pas de mystère ; dès que vous fabriquez de l’émotion-énergie, le corps tente de la dissiper. Si vous êtes en colère, le fait de faire trois fois le tour du pâté de maisons vous calmera. Vous avez transformé votre énergie/colère en mouvement. Vous vous mettez un coup de marteau sur les doigts. Pouvez-vous me dire pourquoi vous mettez-vous à sauter partout en criant ? Est-ce que votre doigt en sera moins écrasé ? Bien sûr que non ! Mais l’émotion que vous avez créée vous pousse à l’action. Prenez une émotion dite positive comme une grande joie. Regardez les gens qui gagnent à un jeu, eux aussi se mettent à sauter partout en criant. Là encore vous avez transformé votre émotion-énergie en mouvement. Ce fonctionnement est normal et ne saurait être pathogène, sauf si vous fabriquez plus d’énergie que vous ne pouvez en dépenser. Nous, êtres humains, avons un problème majeur, nous avons le sens du temps qui passe. Nous sommes capables de souffrir aujourd’hui de quelque chose qui nous est arrivé hier. Plus fort encore, nous sommes capables de souffrir de quelque chose qui nous arrivera peut-être demain. Si quelqu’un me dit un mot qui me déplaît, je peux fabriquer de l’émotion pendant des mois. Une émotion sans sens ni fonction. Ces émotions s’accumulent, car elles n’ont aucune possibilité de s’écouler. Au-dessus d’un certain seuil, cette énergie devient pathogène, elle engorge, perturbe la Trame. Elle tente de se frayer un passage vers l’extérieur du corps. Elle crée : – Dans un premier temps, des inflammations, des éruptions, des brûlures (voyez comme ces termes sont ignés). – Dans un second temps, des surtensions pouvant conduire à une rupture mécanique de l’organisme. Remarquez comment les animaux, qui, eux, ont la chance de ne pas avoir la notion du temps qui passe, transforment instantanément l’énergie en mouvement. Par exemple, vous faites peur à un lapin, c’est tout de suite qu’il se met à courir, pas demain. Quoiqu’un surplus d’émotions puisse le paralyser. Par contre, regardez ce qui se passe pour un animal vivant comme un homme ou plutôt ayant un rythme humain. Un chien domestique sait qu’il va avoir sa pâtée, qu’il va sortir, que son maître peut partir. Il va donc acquérir la notion du temps qui passe, et par là même sera capable de faire de l’émotion décalée. Il aura donc les mêmes maladies que l’homme, de l’eczéma par exemple... L’émotion est nécessaire, c’est la vie, le mouvement ; mais en trop grande quantité, c’est l’explosion de la Trame. Comme une chaudière surchauffée fait exploser ses tuyaux. Maintenant que nous avons une idée un peu plus précise de la Trame, et de ce qui peut l’empêcher de fonctionner, nous allons pouvoir entrer dans le vif du sujet.
Trouvé sur le blog La Vie est le plus grand des Gourous, actif jusqu'en 2019 mais où on peut lire les articles archivés depuis 2013
Souviens-toi que :
"Cet Univers s'éveille quand tu t'éveilles et s'abolit quand tu te retires.
Donc, la totalité de ce qui existe et de ce qui n'existe pas
n'est rien d'autre que toi."
(Abhinavagupta, Shivaïsme du Cachemire (fin Xe s. début XIe s.)
Souviens-toi que tu sécrètes ce monde à chaque instant. Tu en rêves chaque nuance, chaque situation, chaque ombre et chaque lumière, tu es en la trame, la substance et la coloration. Tu en es la chair et le souffle. La limpidité joyeuse et l'épais brouillard des peines.
Non pas toi en tant que rêvé, mais toi en tant que rêveur.
Le rêvé n'est qu'une petite chose en perdition, le Rêveur est tous les mondes en formation.
Souviens-toi de toi en prenant conscience que la totalité de ce qui est vu est toi, non pas un toi circonscrit à une forme particulière , mais toi en tant que la vision de ce qui est vue. Toi en tant qu'espace contenant tout ce qui est perçu, toi en tant que substance de ce qui apparaît et disparaît. Tu es l'Océan, de ton frémissement amoureux naissent les vagues qui bondissent de joie sur la plage ou qui viennent se fracasser sur les rochers. Tu n'es pas une vague particulière, tu es toutes les vagues en même temps et dans la sérénité du silence de ta profondeur rien n'est affecté par le bruit des vagues ni par leur mort ni par leur renaissance, car tu es l'Immobile d'où émerge tous les mouvements.
Jamais tu ne meurs car jamais tu ne nais, toujours Cela tu es, indéfiniment.
Sors-toi des limites de ce petit personnage en te percevant l'illimité contenant toutes les choses. Déborde-toi de ce contenu restreint et révèle-toi dans ton infinité bienheureuse. Dénoue ce nœud qui t'étrangle en une histoire particulière et ouvre-toi en ta lumière traversée par toutes les images de l'Univers.
Quelles que soient les circonstances, rappelle-toi à toi en étant conscient que tu es toute la scène qui est en train de se produire. Elle vient de jaillir de ton cœur et déjà s'en retourne et y meurt. Tu es l'éternel immobile en qui tout se manifeste et s'estompe.
Touche-toi d'azur et de terre, embrasse-toi d'eau et de lumière, respire-toi de feu et du souffle de l'éther, chacun de tes mouvements crée des étoiles et des galaxies, des empires, des civilisations et des mystères...
Tout cela est vrai et tout cela est faux, tout n'étant que le reflet de ta réflexion. Souviens-toi de toi et tu verras que tu es le berceau de toutes ces chimères douces amères. Le chaos de ces mondes n'étant que l'inversion de ta propre sérénité.
C'est dans ces projections que tu viens t'aimer en te reconnaissant non né. Et c'est en t'embrassant dans ton immensité que tu t'éveilles à ta réalité. Tu te souviens alors que depuis toujours tu es cette Eternité.
Domiji
article publié le 9 Janvier 2016

les 44 pages de Metamorphosis du 21 mars 2023 au 21 décembre 2023

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le roman national ment / Pacôme Thiellement

19 Janvier 2024 , Rédigé par grossel Publié dans #agora, #assaisonneur

Marie-Madeleiine par Donatello
Marie-Madeleiine par Donatello

Marie-Madeleiine par Donatello

où Marie-Madeleine se retrouve au coeur d'un autre possible récit national que le roman national qui ment par Pacôme Thiellement


j'avais déjà abordé ce thème essentiel en 2007 et 2009
il serait bon de mêler à la farine dans laquelle on se roule
- L'histoire mondiale de la France (dir. Patrick Boucheron)
- Les mondes de l'esclavage (Direction d’ouvrage : Paulin Ismard)
- Le grand récit de Johann Chapouteau
de saler avec
- Le déclin de l'occident d'Emmanuel Todd et livres précédents
de poivrer avec
- Trotskisme, de Lambert à Mélenchon
de retourner la crêpe avec
- L'impitoyable aujourd'hui d'Emmanuelle Loyer
et de se servir de la poêle à gratter avec la question d'Etienne Klein sur la mort et le temps

Bienvenue dans L'Empire n'a jamais pris fin. Ce nouveau programme pour Blast sera comme un voyage dans le temps. Nous pouvons retourner en arrière, mais nous ne pouvons pas modifier le passé. C'est la règle de tous les voyages dans le temps, il faut éviter le paradoxe temporel. Cependant, nous pouvons changer notre regard sur celui-ci. Et en changeant notre regard sur celui-ci, nous pouvons peut-être changer le visage de notre présent. Mon nom est Pacôme Thiellement, je ne suis pas historien, je suis un exégète. Et j'aimerais aujourd'hui faire l'exégèse de l'histoire de notre vie sur ce territoire que nous nous sommes habitués à appeler la France. Mais ce serait une autre histoire. Une histoire de notre lutte, extérieure et intérieure, contre toutes les formes de pouvoirs politiques et religieux. Une histoire de la reconnaissance aux droits de disposer de nous-mêmes et aux devoirs de ne pas disposer des autres. Une histoire de nos tentatives d'émancipation, de nos combats, de nos échecs et de nos victoires. Comment nous avons vécu ? Comment nous sommes morts ? Comment nous sommes revenus ? Comment nous avons dû continuer à nous battre ? Bienvenue dans une histoire alternative de la France, une histoire de France dont vous êtes le héros. Bienvenue dans L'Empire n'a jamais pris fin,

épisode 1 : Jules César, l'homme qui nous inventa.

Le roman nationalement, la France n'a jamais été chrétienne. Si l'on parle d'une manière d'être et de vivre, qui soit la mise en pratique collective de la parole d'un certain Jésus, né à Nazareth, la France n'a pas été plus chrétienne que le christianisme n'a existé. Le christianisme est un mot. Un mot qui recouvre un très vilain récit. Celui du détournement de la parole émancipatrice, révolutionnaire, d'un homme ou d'un dieu, afin de la faire servir à une mission exactement contraire, la reconduction de la domination impériale la plus exclusive jusque dans l'intimité des cœurs et le secret des âmes, l'Église. L'Église chrétienne ment, l'Église chrétienne est romaine. Et pourtant... Et pourtant la parole de Jésus est également une porte vers autre chose, car l'être invisible auquel cette religion visible n'a cessé d'adresser ses prières était initialement celui qui possédait le fil d'Ariane, susceptible de nous guider hors du labyrinthe de la prison impériale. C'est à partir de Jésus que l'Empire, dans un premier temps, va commencer à se fissurer. Mais c'est aussi autour du culte du Christ que l'Empire va se reconstruire, de façon plus forte, plus intense, plus impitoyable encore. Le christianisme, le culte du Christ crucifié, a été la plus grande insulte faite à sa personne comme au contenu de sa parole. Si nous les confrontons, parole contre parole, Jésus et le christianisme ne sont pas contradictoires, ils sont incompatibles. C'est ce que nous allons essayer de faire aujourd'hui. L'histoire de Jésus et celle du christianisme sont inscrites si intimement dans le parcours de l'humanité depuis 2000 ans que l'histoire de France, fille aînée de l'Église, est incompréhensible si nous ne nous penchons pas sur cet abîme. L'histoire que nous allons vous raconter est une des plus dingues de toute l'histoire de l'humanité. Elle va chercher si profondément dans nos cœurs qu'elle nous fait mal à chaque fois qu'elle nous fait rire. Parce que dans le fond, ça n'est pas drôle. Bienvenue dans l'Empire n'a jamais pris fin, je m'appelle Pacôme Thiellement, je ne suis pas historien, je suis exégète. Dans ce programme pour Blast, je fais l'exégèse de notre histoire sur ce territoire que nous nous sommes habitués à appeler la France. Celle-ci est subjective et même très subjective, même si nous essayerons d'être le plus rigoureux possible. Alors, comme dirait l'autre, si vous n'aimez pas mon histoire de France, écrivez la la vôtre. Bienvenue dans l'Empire n'a jamais pris fin,

épisode 2, Jésus contre le christianisme.

« Le roman national ment. L’identité française ne résulte pas de l’alliance de la bravoure gauloise et de l’administration romaine, le tout couronné par la bonté chrétienne. Pas seulement. Non seulement la France n’a pas seulement été gauloise et romaine, mais la France n’a pas seulement été chrétienne. Même dans son rapport à Jésus. Même dans son rapport à Jésus, le roman national ment. Par omission. Par oubli. L’histoire qui suit se situe à la fois après la mort de Jésus à Jérusalem, un siècle et demi plus tard à Lyon, et au IVe siècle après le baptême de l’Empereur Constantin, alors que le christianisme devenait la religion officielle de l’Empire. Ces trois moments sont indissociables. Ces trois moments nouent entre eux des relations qui donneront un fruit très particulier dans l’avenir. C’est une histoire qui frappe très mystérieusement à la porte de notre temps. Le sujet de cette histoire est l’amour. Et, au cœur de cette histoire, il y a une femme : Marie-Madeleine. Bienvenue dans L’Empire n’a jamais pris fin. Je m’appelle Pacôme Thiellement. Je ne suis pas historien. Je suis exégète. Dans ce programme pour Blast, je fais l’exégèse de notre histoire sur ce territoire que nous nous sommes habitués à appeler la France. Celle-ci est subjective, et même très subjective, même si nous essayons d’être le plus rigoureux possible. Alors, comme dirait l’autre, si vous n’aimez pas mon Histoire de France, écrivez la vôtre. L’Empire n’a jamais pris fin.

Épisode 3 : Marie-Madeleine et les États Généraux de l’Amour »

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Le peintre et Gaza

17 Novembre 2023 , Rédigé par grossel Publié dans #FINS DE PARTIES, #album, #pour toujours, #assaisonneur

Ce matin j'ai appris
que le mot français gaze
(tissu de coton, très léger et transparent,
servant pour la fabrication de compresses)
vient du mot arabe   

        ou Gaza

parce que les Gazaouis
sont des tisseurs doués depuis des siècles.

 

La gaze est une étoffe légère, transparente, faite de fil de coton, lin, laine ou soie, quelquefois d’or ou d’argent.

Son nom provient de son lieu de fabrication originelle : la ville de Gaza en Palestine. Importée depuis la fin du Moyen Âge, elle est tissée en France (Lyon et Paris). Elle connaît une grande vogue aux XVIIIe et XIXe siècles.

1° ébauche Gaza, 7 octobre 2023 / le 7 octobre 2023, ce sont les crimes de guerre du Hamas, prélude au crime contre l'humanité à Gaza par le régime d'apartheid d'Israël / ironie de l'histoire ? ça rappelle un autre génocide / les victimes d'hier devenant bourreaux aujourd'hui, bourreaux cyniques, méprisant toutes les lois sur la guerre, les résolutions de l'ONU,  comme leurs bourreaux d'hier / Le vieux Bashir Hajji du quartier Al-Zaytoun. Les forces d'occupation israéliennes l'ont filmé pour leur propagande "humanitaire". Puis, alors qu'il tentait d'atteindre le sud de la bande de Gaza, le matin du vendredi dernier, un sniper israélien l'a exécuté / Gaza revisité le 19 novembre
1° ébauche Gaza, 7 octobre 2023 / le 7 octobre 2023, ce sont les crimes de guerre du Hamas, prélude au crime contre l'humanité à Gaza par le régime d'apartheid d'Israël / ironie de l'histoire ? ça rappelle un autre génocide / les victimes d'hier devenant bourreaux aujourd'hui, bourreaux cyniques, méprisant toutes les lois sur la guerre, les résolutions de l'ONU,  comme leurs bourreaux d'hier / Le vieux Bashir Hajji du quartier Al-Zaytoun. Les forces d'occupation israéliennes l'ont filmé pour leur propagande "humanitaire". Puis, alors qu'il tentait d'atteindre le sud de la bande de Gaza, le matin du vendredi dernier, un sniper israélien l'a exécuté / Gaza revisité le 19 novembre
1° ébauche Gaza, 7 octobre 2023 / le 7 octobre 2023, ce sont les crimes de guerre du Hamas, prélude au crime contre l'humanité à Gaza par le régime d'apartheid d'Israël / ironie de l'histoire ? ça rappelle un autre génocide / les victimes d'hier devenant bourreaux aujourd'hui, bourreaux cyniques, méprisant toutes les lois sur la guerre, les résolutions de l'ONU,  comme leurs bourreaux d'hier / Le vieux Bashir Hajji du quartier Al-Zaytoun. Les forces d'occupation israéliennes l'ont filmé pour leur propagande "humanitaire". Puis, alors qu'il tentait d'atteindre le sud de la bande de Gaza, le matin du vendredi dernier, un sniper israélien l'a exécuté / Gaza revisité le 19 novembre
1° ébauche Gaza, 7 octobre 2023 / le 7 octobre 2023, ce sont les crimes de guerre du Hamas, prélude au crime contre l'humanité à Gaza par le régime d'apartheid d'Israël / ironie de l'histoire ? ça rappelle un autre génocide / les victimes d'hier devenant bourreaux aujourd'hui, bourreaux cyniques, méprisant toutes les lois sur la guerre, les résolutions de l'ONU,  comme leurs bourreaux d'hier / Le vieux Bashir Hajji du quartier Al-Zaytoun. Les forces d'occupation israéliennes l'ont filmé pour leur propagande "humanitaire". Puis, alors qu'il tentait d'atteindre le sud de la bande de Gaza, le matin du vendredi dernier, un sniper israélien l'a exécuté / Gaza revisité le 19 novembre

1° ébauche Gaza, 7 octobre 2023 / le 7 octobre 2023, ce sont les crimes de guerre du Hamas, prélude au crime contre l'humanité à Gaza par le régime d'apartheid d'Israël / ironie de l'histoire ? ça rappelle un autre génocide / les victimes d'hier devenant bourreaux aujourd'hui, bourreaux cyniques, méprisant toutes les lois sur la guerre, les résolutions de l'ONU, comme leurs bourreaux d'hier / Le vieux Bashir Hajji du quartier Al-Zaytoun. Les forces d'occupation israéliennes l'ont filmé pour leur propagande "humanitaire". Puis, alors qu'il tentait d'atteindre le sud de la bande de Gaza, le matin du vendredi dernier, un sniper israélien l'a exécuté / Gaza revisité le 19 novembre

peinture évolutive d'Alain Le Cozannet, réalisée entre le 7 octobre et le 19 novembre en son atelier du Mourillon

l'artiste en faisant une croix sur ce qu'il a peint, au bout de trois versions de l'oeuvre appelée Gaza, la bonbonnière, sur ce qui est cruellement détruit au sol, en sous-sol, ne laissant circuler qu'une fragile ambulance, montre le chemin :

la négation individuelle et libre de l'artiste (de tout homme) de la négation collective par les uns des autres, leurs ennemis et réciproquement

l'oeuvre appelée Moyen-Orient puis Gaza puis Gaza la bonbonnière est devenue le 8 novembre, négation de la négation, le 9 novembre, hémiplégie, le 10 novembre, politiquement correct, Jabaliia le 13 novembre, Le Grand Macabre, le 15 novembre

25 octobre, Moyen-Orient puis Gaza, Gaza, et Gaza la bonbonnière, le 2 novembre
25 octobre, Moyen-Orient puis Gaza, Gaza, et Gaza la bonbonnière, le 2 novembre
25 octobre, Moyen-Orient puis Gaza, Gaza, et Gaza la bonbonnière, le 2 novembre
25 octobre, Moyen-Orient puis Gaza, Gaza, et Gaza la bonbonnière, le 2 novembre

25 octobre, Moyen-Orient puis Gaza, Gaza, et Gaza la bonbonnière, le 2 novembre

peinture évolutive d'Alain Le Cozannet, réalisée entre le 25 octobre et le 15 novembre en son atelier du Mourillon

l'artiste en faisant une croix sur ce qu'il a peint, au bout de trois versions de l'oeuvre appelée Gaza, la bonbonnière, sur ce qui est cruellement détruit au sol, en sous-sol, ne laissant circuler qu'une fragile ambulance, montre le chemin :

la négation individuelle et libre de l'artiste (de tout homme) de la négation collective par les uns des autres, leurs ennemis et réciproquement

l'oeuvre appelée Moyen-Orient puis Gaza puis Gaza la bonbonnière est devenue le 8 novembre, négation de la négation, le 9 novembre, hémiplégie, le 10 novembre, politiquement correct, Jabaliia le 13 novembre, Le Grand Macabre, le 15 novembre

2° ébauche, 7 novembre, négation de la négation, 3° ébauche, 9 novembre, hémiplégie, 4° ébauche, 10 novembre, politiquement correct
2° ébauche, 7 novembre, négation de la négation, 3° ébauche, 9 novembre, hémiplégie, 4° ébauche, 10 novembre, politiquement correct
2° ébauche, 7 novembre, négation de la négation, 3° ébauche, 9 novembre, hémiplégie, 4° ébauche, 10 novembre, politiquement correct
2° ébauche, 7 novembre, négation de la négation, 3° ébauche, 9 novembre, hémiplégie, 4° ébauche, 10 novembre, politiquement correct

2° ébauche, 7 novembre, négation de la négation, 3° ébauche, 9 novembre, hémiplégie, 4° ébauche, 10 novembre, politiquement correct

peinture évolutive d'Alain Le Cozannet, réalisée entre le 25 octobre et le 15 novembre en son atelier du Mourillon

l'artiste en faisant une croix sur ce qu'il a peint, au bout de trois versions de l'oeuvre appelée Gaza la bonbonnière, sur ce qui est cruellement détruit au sol, en sous-sol, ne laissant circuler qu'une fragile ambulance, montre le chemin :

la négation individuelle et libre de l'artiste (de tout homme, donc) de la négation collective par les uns des autres, leurs ennemis et réciproquement

l'oeuvre appelée Moyen-Orient puis Gaza puis Gaza la bonbonnière est devenue le 8 novembre, négation de la négation, le 9 novembre, hémiplégie, le 10 novembre, politiquement correct, Jabaliia le 13 novembre, Le Grand Macabre, le 15 novembre

13 novembre, Jabalia, 15 novvembre, Le Grand Macabre
13 novembre, Jabalia, 15 novvembre, Le Grand Macabre

13 novembre, Jabalia, 15 novvembre, Le Grand Macabre

la photo a été trouvée le 16 novembre 2023 sur la page FB de Yasmina Khadra (https://www.facebook.com/yasminakhadraofficielle) avec ce poème Yasmina Khadra  ♦️Quand le rêve met les voiles Quand l’espoir fiche le camp Quand le ciel perd ses étoiles Quand tout devient insignifiant  Commence pour toi et moi Mon frère  La descente aux enfers Quand le sang des innocents Inonde les pages de l’Histoire Quand on tue mères et enfants  Pour un semblant de gloire Tu n’auras la paix Mon frère Nulle part sur terre Quand le Mal fait du bien Quand le malheur nous a à la bonne Quand la vie ne vaut plus rien Quand l’horreur n’émeut personne Tu peux garder pour toi Mon frère  Tes  vœux et tes prières. 14-11-2023
la photo a été trouvée le 16 novembre 2023 sur la page FB de Yasmina Khadra (https://www.facebook.com/yasminakhadraofficielle) avec ce poème Yasmina Khadra  ♦️Quand le rêve met les voiles Quand l’espoir fiche le camp Quand le ciel perd ses étoiles Quand tout devient insignifiant  Commence pour toi et moi Mon frère  La descente aux enfers Quand le sang des innocents Inonde les pages de l’Histoire Quand on tue mères et enfants  Pour un semblant de gloire Tu n’auras la paix Mon frère Nulle part sur terre Quand le Mal fait du bien Quand le malheur nous a à la bonne Quand la vie ne vaut plus rien Quand l’horreur n’émeut personne Tu peux garder pour toi Mon frère  Tes  vœux et tes prières. 14-11-2023

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la jeune fille triste sur la porte arrière du Bataclan / Passionnant et émouvant documentaire sur la jeune fille triste de Banksy pochée sur la porte du Bataclan, documentaire visible jusqu'au 14/12/2023, où est posée la question des oeuvres de street art comme "communs" mais la bataille judiciaire est loin d'être terminée  et donc la question de la propriété (privée ou publique) des oeuvres  ou de l'appropriation, de l'usage des oeuvres dans les espaces par artistes et publics n'est pas tranchée.

la jeune fille triste sur la porte arrière du Bataclan / Passionnant et émouvant documentaire sur la jeune fille triste de Banksy pochée sur la porte du Bataclan, documentaire visible jusqu'au 14/12/2023, où est posée la question des oeuvres de street art comme "communs" mais la bataille judiciaire est loin d'être terminée et donc la question de la propriété (privée ou publique) des oeuvres ou de l'appropriation, de l'usage des oeuvres dans les espaces par artistes et publics n'est pas tranchée.

Shein B, slameuse de l'estime ci-dessous, sur la Palestine

Shein B, slameuse de l'estime ci-dessous, sur la Palestine

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7 Août 2023 , Rédigé par grossel Publié dans #assaisonneur, #note de lecture, #théâtre, #écriture- lecture

Corps ça vit, au kilomètre 2 route de Montferrer, le paysan du moyen-âge et le chien de berger bienveillant au rocher des sorcières, le rocher de Batère où les mineurs s'affrontaient à l'escalade, l'abbaye d'Arles sur Tech, Céret après l'orage
Corps ça vit, au kilomètre 2 route de Montferrer, le paysan du moyen-âge et le chien de berger bienveillant au rocher des sorcières, le rocher de Batère où les mineurs s'affrontaient à l'escalade, l'abbaye d'Arles sur Tech, Céret après l'orage
Corps ça vit, au kilomètre 2 route de Montferrer, le paysan du moyen-âge et le chien de berger bienveillant au rocher des sorcières, le rocher de Batère où les mineurs s'affrontaient à l'escalade, l'abbaye d'Arles sur Tech, Céret après l'orage
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Corps ça vit, au kilomètre 2 route de Montferrer, le paysan du moyen-âge et le chien de berger bienveillant au rocher des sorcières, le rocher de Batère où les mineurs s'affrontaient à l'escalade, l'abbaye d'Arles sur Tech, Céret après l'orage

emporter à Corps ça vit et lire plusieurs N° de La revue des deux mondes, la plus ancienne revue française; abonné, pouvoir accéder aux archives, c'est respirer un air rare
dans le N° de mai-juin, Nietzsche, Pascal, Prokofiev mort le même jour que Staline, le 5 mars 1953, les jouissances de Barbara Cassin (curieusement, je pense à Marcel Conche), Oleanna de David Mamet ...
Ce jour-là, John, un professeur d’université, discute au téléphone avec sa femme quand Carol, une de ses étudiantes, s’invite  dans  son  bureau.  La  jeune  femme  réclame  des explications :  pourquoi  ses  résultats  scolaires  sont-ils  si mauvais alors qu’elle fait tout ce qu’on attend d’elle ? Car  il  faut  le  reconnaître,  Carol  est  une  élève  tout  à  fait  sérieuse. Assidue à ses cours, elle écoute attentivement son professeur, noircit des pages de notes et, le soir venu, elle travaille encore de longues heures sous la lumière jaune de sa petite lampe de bureau. Or, malgré tous ses efforts, rien n’y fait ; sa moyenne reste désespérément basse et chaque jour qui passe la fait se sentir un peu plus stupide et un peu plus en échec. Or, pour Carol, réussir ses examens revêt une importance particulière. Issue d’un milieu social  défavorisé,  ses  moyens  sont  limités. Aller  à  l’université  lui  réclame,  ainsi  qu’à  sa  famille, de gros sacrifices. Accaparé par sa conversation téléphonique, John ne prête qu’une oreille distraite à son élève. De toute façon, son esprit est ailleurs car, après des années passées à enchaîner des contrats précaires, il va enfin .............................
Ancien policier, Bertrand Dal Vecchioest scénariste et dramaturge. Dernier ouvrage  publié : La Loi et la rue (Pocket, 2023).bertrand.dalvecchio@gmail.com

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1° août, 5 H 45, je sors de la bibliothèque, le théâtre complet d'Eschyle, traduit par l'ami Dimitri Analis dont j'ai édité Sana'a-Aden(1995), paru en juin 2004 à La Différence, suite à la lecture hier soir de l'entretien entre Wajdi Mouawad et Judith Sibony dans la revue des deux mondes de juillet 2022, consacré à Michel Audiard, le mauvais esprit de la France glorieuse et gouailleuse (livre et film Vive la France, 1974)
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Dimitri T. Analis
Nationalité : Grèce
Né(e) à : Athènes , le 04/12/1938
Mort(e) à : Athènes , le 10/02/2012
Biographie :
Dimitri T. Analis est un poète et écrivain.
Après des études de droit et de sciences politiques en France et en Suisse, il a travaillé pour la presse suisse et ensuite pour les journaux ‘’Le Monde’’ et ‘’ Nouvelles littéraires ‘’.
Traducteur grec de Julien Gracq et d'Yves Bonnefoy, Dimitri T. Analis choisit la langue française pour écrire ses propres poèmes.
Il a publié de nombreux recueils de poèmes, à L’Âge d’Homme, au Mercure de France et chez Obsidiane.
Également spécialiste de géostratégie, ancien conseiller aux Affaires étrangères, Dimitri T. Analis est l'auteur d'essais sur les Balkans, les crises internationales et les questions des minorités.
Il a reçu plusieurs prix, parmi lesquels la Grande médaille de l’Académie Française pour la Francophonie et le prix Stendhal de la part du ministère français des Affaires étrangères, pour sa contribution aux lettres et aux sciences.
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Pourquoi une nouvelle traduction d'Eschyle ? Dimitri T. Analis s'est évidemment posé la question. " Le monde, la société, la relation avec la langue évoluent. Être classique ne signifie pas refuser le changement. " Il n'est pas indifférent que Dimitri T. Analis - écrivain de langue française, auteur de plusieurs recueils de poèmes, d'essais sur l'art et les voyages, et d'ouvrages sur les relations internationales - se soit attelé à une tâche d'une telle envergure. Il a étudié les classiques à l'école en grec ancien et les a vu représenter, en grec moderne, au théâtre Hérode Atticus ou à Épidaure. Que veut-il nous faire entendre ? Qu'une mélodie a survécu à travers les millénaires ; que ce théâtre-là peut émouvoir le spectateur d'aujourd'hui ; que, simplifié sans être trahi, il a des choses à nous dire. L'œuvre est vivante : c'est le rôle des poètes de la soustraire aux érudits et aux universitaires et de la rendre au public pour lequel elle a été écrite. LES SUPPLIANTES LES PERSES LES SEPT CONTRE THÈBES PROMÉTHÉE ENCHAÎNÉ AGAMEMNON LES CHOÉPHORES LES EUMÉNIDES
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Wajdi Mouawad constate qu'Eschyle, 1° auteur de théâtre,  fait compatir, pleurer les spectateurs Athéniens aux malheurs des ennemis Perses, battus par 3 fois; à méditer
"La plus ancienne pièce du répertoire occidental a été créée en Grèce, elle s’appelle Les Perses, et à la fin, le public pleure alors que c’est l’ennemi qui meurt. Je crains qu’on n’ait pas du tout cette capacité à garder l’ennemi dans le cercle de l’humain. Enfin si, on l’a, mais on l’étouffe. Dans le théâtre grec antique,  le  premier  mouvement,  c’est  cela  :  replacer  la  figure  du  méchant dans le giron humain." À comparer avec "nos" attitudes, celles des dirigeants dans la guerre russo-ukrainienne-otanienne.

les trois grâces d'Eugène Leroy, 1954 et 1990
les trois grâces d'Eugène Leroy, 1954 et 1990

les trois grâces d'Eugène Leroy, 1954 et 1990

Revue des deux mondes, juillet-août 2022, je tombe sur une note concernant deux expositions consacrées à Eugène Leroy (1910-2000) au musée d'art moderne de Paris et au musée de Tourcoing.
Tilt : Pof- Michel Bories, Gilbert Desclaux
"Les tableaux de cette vaste rétrospective se tiennent sur la frontière du visible et de l’illisible. L’épaisseur des couches de couleur, le tourbillon des matières ne favorisent guère le regard touristique. À défaut de traverser les salles à toute allure, il faut  ralentir  pour  apprivoiser  ce  qui  vient  vers  nous.  Car  au  vu  de  l’empâtement, de ce débordement qui de partout nous assaille, il y a très certainement une distance à respecter puisque dans cet emportement pictural tout change au fur et à mesure que l’on se rapproche ou que l’on s’éloigne. Ici pas de quoi pavoiser, ni remplir notre compte en  banque  oculaire,  car  c’est  à  nous  de  répondre  de  ce  que  nous  voyons,  nous  devons  nous  ajuster,  abandonner  nos  triomphalismes  visuels.  Difficile  de  parler  de  ce  que  l’on  aperçoit,  d’en  faire  le  tour  en  quelques  mots.  Nous  sommes  pour  ainsi  dire  mis  au  défi  d’être  défaits, et avouons-le, le plus souvent démunis. Bref, une fois n’est pas coutume, l’image ne règne pas en sa puissance, elle est à la question. Tel est l’enjeu de ce parcours qui, hors de toute chronologie linéaire, revient constamment sur les mêmes thèmes traités année après année, où  portraits,  autoportraits,  paysages,  sujets  abordés  par  les  maîtres  anciens sont sans cesse reconduits, longuement réfléchis. Prenons par exemple Les Trois Grâces de Raphaël, peintes en 1954 puis en 1990. La silhouette des trois déesses émerge à peine sous les strates juxtaposées de  pigment.  Mais  entre  la  version  plus  ancienne  et  la  nouvelle,  on  passe d’une évanescence des formes enveloppées dans leur blancheur à  un  enfouissement  plus  profond  opéré  dans  les  masses  colorées.  Et  curieusement, au plus fort de leur disparition sous les sédiments accumulés, les trois déesses apparaissent plus distinctement comme si leur ensevelissement  favorisait  leur  visibilité.  Eugène  Leroy  ne  s’inquiète  guère  de  l’idée  émanant  du  tableau  de  Raphaël,  encore  moins  de  le  reproduire,  il  l’enterre  pour  mieux  se  libérer  de  son  emprise  afin  de  poursuivre sa propre voie, d’assurer la mise en place de son mode opératoire. Et cette libération s’incarne très physiquement dans un corps-à-corps avec l’huile, à travers le modelage de la matière, cette manière très  particulière  d’additionner  les  giclures  sortant  des  tubes  comme  s’il  fallait  à  tout  prix  façonner  l’immense  grotte  où  coule  sans  fin  le  fleuve de la peinture. Par voie de conséquence, l’horizon mimétique écrasé par ce brassage matériel permanent s’écroule bel et bien mais on aurait tort de s’en tenir là, car un autre combat acharné s’entame entre la  surface  et  les  fonds.  On  ne  peut  manquer  de  remarquer  les  effets  de cette lutte où, toile après toile, les fonds chancellent, tanguent, et dans le remuement continu de leurs dépôts successifs donnent naissance à des figures inédites et fragiles. La légèreté dansante de nos trois déesses dépend pour une large part de la lourdeur qui les assiège. Les fonds chez Eugène Leroy, comme le rapporte Pierre Wat (2) dans le catalogue, ont une valeur substantielle. Ils représentent le limon de la peinture, ses alluvions fécondantes. Dans l’atelier du peintre, les toiles entassées pêle-mêle, maculées d’éclaboussures, attendaient de devenir des tableaux, patientant parfois des années. Ceux qui sont sortis de ce prodigieux entassement portent le témoignage de cette relation étroite avec le courant qui les a nourris." Bertrand Raison
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quand, comment Pof  a t-il découvert Eugène Leroy ?
Je vois les influences dans L'homme assis, une des dernières oeuvres de Pof. Je la montrerai quand j'accèderai au PDF du livre Disparition.
ou dans les gouaches de Cuba.

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Après deux N° de la revue des deux mondes, deux N° de la revue Front populaire.
Avec Jean-François Kahn, dans la revue des deux mondes, tu te confirmes dans ce jugement que chiffres et sondages des « experts » de plateau TV et autres tribunes ne sont là que pour habiller, voiler, maquiller, bidouiller, manipuler, orienter, formater l’opinion, ne sont là que pour se substituer à l’opinion, à la voix citoyenne, ne pouvant s’exprimer par la voie référendaire (au sens du RICCARL) localement, régionalement, nationalement, européennement, onusiennement.
Chiffres et sondages, conseils des cabinets de conseils étrangers (américains, allemands) grassement payés contre la voix des gens ordinaires, contre la voie démocratique dégageant une majorité que Tocqueville a décrit comme « le despotisme de la majorité » dans De la démocratie en Amérique.

Voilà une "bible" dont il faut reconsidérer l'impact.


Soit aujourd’hui, « démocratie directe » pas du tout réalisée contre « démocratie représentative » où les représentants élus se servent, s’accordent privilèges et prébendes avec cynisme et mépris du peuple = des gens ordinaires = des périphériques, invisibilisés au profit de minorités agissantes de toutes sortes, les plus gueulardes ayant le plus pignon sur plateau, contribuant à la fragmentation de la société, à son éclatement, à sa décomposition, à la guerre civile, à bas bruits pour le moment, selon Michel Onfray, décrivant par exemple ce qui se passe régulièrement quartier Perseigne, à Alençon, Orne, son département aimé, quartier devenu « territoire perdu de la République » selon un euphémisme pudique, territoire devenu territoire d’une tribu marquant son territoire par « tirs de mortiers, incendies de poubelles et de voitures, barricades, dégradations de mobilier urbain, caillasses, guets-apens de policiers  et de pompiers, une bande d’une cinquantaine de personnes masquées, cagoules, armées de barres de fer est allée au contact de la police forte de 35 membres pendant 3 heures. » N° 12, pages 5-6
Avec les N° de Front populaire, N° 12, La tyrannie des minorités, l’art de détruire la France et N° 13 Guerre à la guerre, contre les impérialismes, te voilà en présence d’analyses argumentées, de droite, de gauche, d’ailleurs et de nulle part comme se présente la revue.
Ça déboulonne, ça renverse les statues, ça jette à bas quantité de logiciels, de paradigmes, de discours admis sans distance, par méconnaissance (puisque tout est voilé, truqué) et ça fait un bien fou, tout en déstabilisant au point de ne pas en dormir, sans doute pour remettre un peu de cohérence dans tes convictions.
Tu es confirmé dans ta conviction récente (depuis 2020 environ) que tout un tas de récits sur des épisodes du roman national sont des faux,

- la révolution française (il vaut mieux lire Taine que Michelet ou Jean Tulard),

- l’universalisme des droits de l’homme,

- la colonisation civilisatrice (le célèbre discours de Victor Hugo du 21 août 1849 au Congrès de la Paix, souvent cité mais toujours caviardé, coupé de ce qui aujourd’hui gêne),

- la résistance sous Vichy,

- le gaullisme, le mitterrandisme, le chiraquisme;
qu’il en est de même de tout un tas de récits sur des épisodes internationaux :

- la révolution bolchevique, le stalinisme,

- la libération de la France par les américains,

- la guerre du Viet-nam,

- les guerres du Golfe (l’énorme mensonge de Colin Powell montrant une fiole d’ « arme bactériologique » du régime de Sadam Hussein aux TV),

- les guerres de l’axe du bien contre les axes du mal,

- les guerres justes qui fonctionnent selon un schéma hérité de Saint-Paul, Saint-Augustin, Saint-Thomas d’Aquin, médiatisé par deux Bernard, BK et BHL: je te fais la guerre préventivement à toi dictateur dangereux, au nom des droits de l’homme, de la démocratie, de l’universalisme, d’une façon active, pas réactive, pour t’empêcher de me faire la guerre liée à ta folie. Je tue des gens réels, je cause des souffrances réelles, des injustices réelles au nom d’injustices virtuelles, de souffrances virtuelles. (N°13, pages 2 à 9)

Tu es effaré de voir comment on est passé
- de la génération de 68, dite des Boomers,  rimbaldienne, utopiste, qui rêvait d’une société différente, de courir le monde, d’inventer une contre-culture, de définir une liberté neuve
- à la génération des Millennials  qui font choix d’un monde fait d’interdits, de censures de tous calibres, de frontières pathologiques entre les races, les cultures, les sexes, les âges.
Comme si on était passé, en quelques décennies, d’« il est interdit d’interdire » à « il faut faire taire celui qui m’offense ». Selon Brice Couturier (N° 12, page 157)

exit avec cette génération, la résilience: ce qui ne te tue pas, te rend plus fort

Tu penses à Marcel Conche, à ses fondements de la morale, au devoir de prendre la parole pour ceux qui ne l'ont pas

(à mettre en contraste avec ce qui est arrivé au Canada à Ariane Mnouchkine, voulant donner la parole dans un spectacle aux indiens autochtones, sans eux et se faisant tailler en pièces, parce que sans eux c'est contre eux = = activisme décolonial; voir aussi ce qui est arrivé à J.K. Rowling)


Woke veut dire éveillé, qui s'éveille, prend conscience. Comment l’éveil a t-il pu engendrer le Wokisme, source de régressions impensables il y a une dizaine d'années ?

Le wokisme est la rencontre selon Jean-François Braunstein d'un courant américain du protestantisme théorisant la notion de péché d'un point de vue collectif et pas seulement individuel (tous coupables, le méchant blanc) et de la french theory, les philosophes français dits de la déconstruction (Foucault, Derrida, Baudrillard).

Pour ma part, j'approuve que l'on révèle la réalité coloniale, dominatrice, exterminatrice, extractrice, prédatrice de l'Occident. Après vient le débat : réparation, repentance... Avec le wokisme, plus de débat possible : il faut passer par la revanche, la vengeance.

Autre point à évoquer : la question de l'identité. Là encore, l'idée de définir, de faire évoluer son identité, ses identités, n'est pas en soi une "mauvaise" idée. Personnellement, je suis favorable à ce que j'appelle la fluidification de l'identité puisque cela correspond à la variété de nos humeurs, sensations, émotions, sentiments, pensées. Mais de là à exiger la reconnaissance par autrui ou par la loi de mes choix personnels me semble correspondre à ce proverbe : les chemins de l'enfer sont pavés de bonnes intentions.

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(Une vague de folie et d’intolérance submerge le monde occidental. Venue des universités américaines, la religion woke, la religion des «  éveillés  », emporte tout sur son passage  : universités, écoles et lycées, entreprises, médias et culture.
  Au nom de la lutte contre les discriminations, elle enseigne des vérités pour le moins inédites. La «  théorie du genre  » professe que sexe et corps n’existent pas et que seule compte la conscience. La «  théorie critique de la race  » affirme que tous les Blancs sont racistes mais qu’aucun «  racisé  » ne l’est. L’«  épistémologie du point de vue  » soutient que tout savoir est «  situé  » et qu’il n’y a pas de science objective, même pas les sciences dures. Le but des wokes : «  déconstruire  » tout l’héritage culturel et scientifique d’un Occident accusé d’être «  systémiquement  » sexiste, raciste et colonialiste. Ces croyances sont redoutables pour nos sociétés dirigées par des élites issues des universités et vivant dans un monde virtuel.
  L’enthousiasme qui anime les wokes évoque bien plus les «  réveils  » religieux protestants américains que la philosophie française des années 70. C’est la première fois dans l’histoire qu’une religion prend naissance dans les universités. Et bon nombre d’universitaires, séduits par l’absurdité de ces croyances, récusent raison et tolérance qui étaient au cœur de leur métier et des idéaux des Lumières. Tout est réuni pour que se mette en place une dictature au nom du "bien" et de la «  justice sociale  ». Il faudra du courage pour dire non à ce monde orwellien qui nous est promis.
Comme dans  La philosophie devenue folle, Braunstein s’appuie sur des textes, des thèses, des conférences, des essais, qu’il cite et explicite abondamment, afin de dénoncer cette religion nouvelle et destructrice pour la liberté.
Un essai choc et salutaire.)

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Appliqué à l'école, ça donne : "l’école inclusive est la « révolution copernicienne » du système éducatif, la fin heureuse d’une école « ségrégationniste et élitiste » avec l'extension du domaine du handicap...La dyslexie a ouvert le bal à la fin du siècle dernier, destinée à camoufler l’échec de l’apprentissage de la lecture par la méthode globale, bientôt suivie de tous ses avatars poursuivant peu ou prou le même objectif : dissimuler l’échec des réformes pédagogiques engagées depuis quarante ans en l’attribuant aux supposés « dysfonctionnements » neurocérébraux d’élèves chaque année plus nombreux. Cette extension organisée du domaine des « dys » explique sans doute l’étrange statistique  selon lequel un quart des élèves français relèverait aujourd’hui du handicap… La déconstruction de la norme – par rapport à laquelle se définit nécessairement le handicap – et l’idéologie victimaire qui sert de boussole aux instances supranationales ont pour effet de pathologiser la société. Pour preuve, la catégorie de « handicap ressenti », strictement déclarative et très sérieusement utilisée par l’INSEE dans l’établissement de ses statistiques sur le handicap en France... Tous handicapés, tous victimes, tel serait donc l’idéal de l’école inclusive." Anne-Sophie Nogaret, N°12, pages 126 à 131.

 

3 philosophes face à la bombe : Camus et la bombe, article du 8 mai 1985 dans Combat, Karl Jaspers, Günther Anders
3 philosophes face à la bombe : Camus et la bombe, article du 8 mai 1985 dans Combat, Karl Jaspers, Günther Anders
3 philosophes face à la bombe : Camus et la bombe, article du 8 mai 1985 dans Combat, Karl Jaspers, Günther Anders

3 philosophes face à la bombe : Camus et la bombe, article du 8 mai 1985 dans Combat, Karl Jaspers, Günther Anders

Du N° 13, Guerre à la guerre, tu retiens pour t’interroger, l’article Trois philosophes face à la bombe (Camus, Jaspers, Anders) pages 145-151. Tu ignores si le complexe militaro-intellectuel qui vend la guerre sur les plateaux TV, sans la faire, évoque la possibilité de l’usage de l’arme nucléaire dans la guerre russo-ukrainienne.
L’article de Combat du 8 mai 1945 dans lequel Camus développe sa position est écrit à chaud, deux jours après Hiroshima qui selon la lettre de Claude Heatherly, pilote ayant participé à l’opération, adressée au révérend N., le 8 août 1960, est une erreur accidentelle (la ville n’était pas la cible). Camus dégage l’enjeu, avec cette arme c’est le suicide collectif de l’humanité qui est possible. La science censée apporter la connaissance et de meilleures conditions d’existence, contribuer au bonheur des gens dans leur vie quotidienne est utilisée pour des meurtres de masse avec une bombe de la grosseur d’un ballon de football. On a fait de gros progrès depuis, la bombe la plus puissante ayant jamais explosé en essai aérien est la bombe russe Tsar Bomba (3300 fois celle de Hiroshima).
 
Jaspers fait une conférence 11 ans après Camus, en août 1956 « La bombe atomique et l’avenir de l’homme » qu’il développera ensuite dans un livre de 700 pages, épuisé, paru en 1963 chez Buchet-Chastel. Il met en avant le fait que la théorie de la dissuasion est une folie. Croire qu’on empêchera la guerre parce qu’on possède l’arme nucléaire, c’est ne pas comprendre que toute arme nouvelle finit toujours par être utilisée. Donc, une guerre nucléaire est possible. Ce qui confirme cette hypothèse, ce sont les essais nucléaires (le chiffre des essais aériens, souterrains, sous-marins sur une trentaine d’années est ahurissant) et l’impossibilité d’empêcher la dissémination de l’arme nucléaire (sauf à faire une injuste guerre juste).

Anders publie en 1956, le 1° tome de son magistral livre L’obsolescence de l’homme. Il pense comme Jaspers que la bombe est appelée à être utilisée, que c’est pour cela qu’on l’essaie, que ce ne sont pas des essais de dissuasion. Au delà de Jaspers, il voit les effets désastreux sur de très longues durées  sur les humains, la faune, la flore. Tchernobyl entre autres est là pour nous raconter ce qui se passe au niveau des sols contaminés, des eaux radioactives, des peaux brûlées, des modifications génétiques…

Avec la guerre russo-ukrainienne, on est sorti (on est en voie de sortie) de la pax americana c’est-à-dire des guerres innombrables menées par l’impérialisme US (je devrais citer aussi les guerres menées par la France en tout un tas d’endroits en Europe et en Afrique) sous couvert de démocratie et de droits de l’homme pour entrer dans une recomposition géo-politique entre divers impérialismes, dans une ère de choc des civilisations où ce qui était annoncé se déroule tout à fait différemment (une guerre russe rapide qui s’éternise, un effondrement de l’économie russe suite aux sanctions qui a fort bien résistée, une Europe et un OTAN dépassant toutes les lignes rouges en laissant les Ukrainiens payer le prix fort de la guerre, les États-Unis  faisant ce qui s’appelle une proxy war (une guerre médiée par un adversaire-tampon, l’empire visé au-delà de la Russie étant la Chine), des BRICS de plus en plus nombreux et puissants, optant pour un monde multi-polaire.
Ce qui m’étonne, c’est apparemment, le peu de crédit accordé au risque de nucléarisation de ce conflit. Je préfère penser le contraire. Oui, cette guerre peut devenir une guerre nucléaire et le conflit peut se mondialiser. Personne ne me semble maître du « jeu ». On est dans un conflit portant sur des valeurs et pas seulement des territoires, des ressources. Comme les guerres de religion, les conflits de valeurs, de visions du monde, sont des croisades et donc ce n’est pas la guerre pour faire la paix, c’est la guerre pour s’imposer, imposer sa foi, sa vision. L’enfer est peut-être devant nous. Avec son prix, le meurtre, le suicide  ? collectif d’une partie de l’humanité.
Pour Camus, le suicide dans un monde absurde est l’ultime liberté de l’individu.
Le suicide collectif, comment doit-il être considéré ? Il est clair qu’il ne s’agira en aucune manière d’une décision libre de chacun et de tous. Aucune concertation des peuples n’a eu lieu. Nous sommes en guerre par le fait de « nos » dirigeants. Aucun vote de l’Assemblée, aucun consultation du peuple par référendum. Donc, s’il y a suicide collectif, c’est plutôt d’un meurtre de masse qu’il faudra parler, meurtre imposé, subi. Le prince sera un criminel, devant quel tribunal ? Que les princes, dictateurs, présidents puissent en arriver à cette solution finale, cela s’expliquera-t-il par notre passivité, notre soumission volontaire, notre lâcheté, notre impuissance, notre insouciance, notre inconscience ? Quel activisme pourrait nous en garder ? Camus proposait de combattre pour la paix par la raison, aspirant à un gouvernement mondial (ce sera l’ONU en 1948). Jaspers propose la raison et la sensibilité. Vivre en paix, en harmonie avec les gens qu’on côtoie, qu’on aime, avec la nature, en contemplant la beauté de ce qui s’offre, tant que cela s’offre. J’ignore ce qu’Anders propose.

Vers qui se tourner ? Des 300 livres d’Épicure, il ne reste que quelques pensées de lui sur la politique, dans les maximes capitales. Épicure a été « détruit » par le christianisme. Raison : sa philosophie et sa politique sont immanentes et non transcendantes. Il était incompatible avec Dieu et les fables qui en sont issues, la naissance d’un enfant sans père, une femme qui donne naissance sans géniteur, un fils de Dieu qui meurt et ressuscite.…
« La justice n’est pas quelque chose en soi mais quand les hommes se rassemblent en des lieux, peu importe, chaque fois, lesquels et leur grandeur, un certain contrat sur le point de ne pas faire de tort ou de ne pas en subir. » M.C. XXXVIII.
Pour Épicure, la politique c’est l’art de produire les conditions de possibilités sociales d’une vie hédoniste pour tous. Il veut que le contrat vise l’établissement de lois justes pour tous, pas pour une minorité de privilégiés. Il sait que l’homme n’est pas naturellement bon et que c’est culturellement qu’il peut le devenir par la philosophie politique épicurienne en particulier. Il est le penseur de la puissance de la majorité, l’antidote à la tyrannie des minorités, des maîtres sur les esclaves. (N°12, pages 6-7).
On voit en quoi des initiatives comme Construisons notre bonheur sont éminemment épicuriennes et sans doute une des bonnes façons de passer contrat. C’est du local, de l’action décidée par RIC.
Si on prend en compte, toutes les initiatives, installées dans le temps, à périodicité stable, (mensuel, bimensuel), on se rend compte que certes, les dirigeants nous feront tuer en masse (et cela nous dépasse) mais que nous avons encore de la latitude pour nous rencontrer, discuter, décider.

 

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le flot-flow

24 Juin 2023 , Rédigé par grossel Publié dans #J.C.G., #album, #assaisonneur, #développement personnel, #cahiers de l'égaré, #films, #écriture- lecture

le pog de montségur, rocher demain bûcher; photo Annie Bergougnous du 8 janvier 2023 / de quel feu brûle le volcan éteint en face du pog de Montségur le 8 janvier 2023 / photo Annie Bergougnous
le pog de montségur, rocher demain bûcher; photo Annie Bergougnous du 8 janvier 2023 / de quel feu brûle le volcan éteint en face du pog de Montségur le 8 janvier 2023 / photo Annie Bergougnous

le pog de montségur, rocher demain bûcher; photo Annie Bergougnous du 8 janvier 2023 / de quel feu brûle le volcan éteint en face du pog de Montségur le 8 janvier 2023 / photo Annie Bergougnous

quand c'est chaud
un jour de flot-flow laissant s'écouler son eau-now
(avec liaison nasale)
flot-flow du jour chaud du 23 juin 2023
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tu es ton pays Mirapeis
mirapicienne
pog roc de Montségur 
albigeoise, ariégeoise, pure, sûre
rocher demain sera bûcher
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ce matin, 7 H 30, pendant "ma" méditation, 
centrée sur le respir, 
m'est venue cette image 
le pog et la Parfaite s'embrasent; 
c'est comme un négatif de photo argentique, 
en train de se révéler dans les bains faits main;
j'en ai pour la journée avec ce cadeau; 
accepter ce qui vient; c'est ainsi : accepter
ce qui s'offre, ce qui se présente, 
qui alerte l'attention, demande attention
ne pas se prononcer : c'est bien, ce n'est pas bien; 
laisser le flot-flow écouler son eau-now
laisser le rocher devenir bûcher
-----------------------------
la journée en cours apporte son lot de messages : 
Les gnostiques en général, et les cathares en particulier, ont pour particularité de chercher ce que la chrétienté nomme "salut" non pas dans des églises mais au plus profond de leur être. Cette "salvation", c’est à travers leur corps, par leur ascèses et prières qu’elle s’effectue. Cette mystique atypique, teintée d’un zeste d’anarchisme auréolée d’une indéfectible solidarité, ne s’est jamais bien entendue avec les structures autoritaires et centralisées. 
La compréhension de cette Gnose se pratique de nos jours sur un plan individuel. Et non plus collectif. 
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Ornolac-Ussat-les-Bains, massif montagneux, nommée "la montagne sacrée" 
On peut y découvrir la grotte des Eglises (Œuvre au Noir), la grotte de l’Hermite (Œuvre au Blanc), la grotte de Bethléem (Œuvre au Rouge) et ainsi percevoir son propre corps, à la foi(s), comme sanctuaire et creuset-athanor alchimique, vers la purification personnelle.
Lire Pacôme Thiellement :
La victoire des Sans Roi : Révolution Gnostique, PUF
-----------------------------
Autre remarque : le mot "cathare" n'est pas le meilleur pour parler des albigeois
Le nom de « cathares » a été donné par les adversaires de ce mouvement et il faut noter qu'il est tout simplement absent des milliers de protocoles de l'Inquisition languedocienne, où il n'est mentionné par aucun inquisiteur, accusé ou témoin de la persécution, pas plus qu'il n'est présent chez quelque auteur médiéval ou dans quelque récit de la croisade albigeoise que ce soit.
En outre, c'est tardivement qu'il a été adopté par les historiens : c’est en effet seulement depuis les années 1950 que le terme de « cathare » est plus largement préféré à d'autres — auparavant, les chercheurs parlaient plus volontiers d’« albigeois » et d’« albigéisme » — dans une évolution « dont les causes relèvent de l’histoire contemporaine et non de motifs scientifiques »2. Exclusivement utilisé par des sources savantes, qui se réfèrent généralement davantage aux hérésies de Rhénanie ou d’Italie qu'à celle du Languedoc, l’histoire du terme « cathare » est ainsi « exclusivement une histoire savante et textuelle, qui ne se confond pas (même si elle la rencontre à partir du XIIe siècle) avec celle des comportements et des idées des populations accusées d’hérésie » 
voir catharisme sur wikipedia
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à 9 H 02, tu écoutes le très beau message de 4' de Virginia Galván, te faisant retour sur la méditation hésychaste du père Seraphim que tu lui as fait découvrir et dont tu penses qu'elle est une méditation de lignée et de motivation 
la transmission : deux soifs qui se rencontrent; 
la lumière est toujours là, il faut des yeux pour la voir; 
la source est toujours là, il faut une soif pour y boire
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interruption de 2H, on vient inspecter le toit, la charpente...
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le flot-flow laissant s'écouler son n'eau-now, (avec liaison nasale)
ça donne un commentaire sur un message de 14 H 50 d'Annie Bergou :
"Aucun livre ne peut nous sauver de notre vie.
Aucune parole ne sait recueillir ces éclats qui nous reviennent et nous élancent, 
empêchant le soir de descendre, la paix de venir.
Il n’y a pas de consolation, puisque tout nous blesse et que rien ne nous fait mourir.
Christian Bobin.
Le huitième jour de la semaine"
mon commentaire (le poème 3 de Parole d'aimant(e) 
à cause du "tout nous blesse et rien ne nous fait mourir"
----------------------------
à Odysseus Elytis et Xavier Bordes
pour Marie des Brumes et pour Avant Tout
–3–
Quand je la vis
le boléro blanc laissait apparaître
un peu de son ventre plat bronzé
avec un nombril de cliché
Un étonnement me vint comme éveil de printemps
Par l’échancrure du corsage
je vis le début de sa poitrine
lourde déjà de désirs d’enfants
Ma main à s’y poser
tremblerait d’une tendre maladresse
Au-dessous des seins commence
le cruel espace à caresses
lieu de vacuité et de plénitude
d’angoisse et d’ivresse
de refuge et d’expansion
où errer sans fin ni repos
jusqu’à l’oasis fertile accrochée à hauteur des cuisses
construites solides pour l’accueil des gros chagrins
Cheveux de paille longs frisés
Un mouvement de tête pour dégager les yeux
bleus pâles distillant des voluptés d’écumes
Quelquefois des lunettes
sans doute un peu de myopie pour approches de surface
Lèvres rondes qui se gonflent comme mappemonde
lorsqu’y passe une langue gourmande
Les dents blanches d’une pure carnassière
Des mains de cerfs-volants
pour jeux d’altitude sans prises
Des poses musicales
comme si immobile elle dansait
Sait-elle déjà
que la pensée est un chant
la vie un sentiment
On a envie de la parcourir
Mais vive elle s’esquive
Algue elle est
très aquatile pour des plaisirs d’effleurements
Quand elle rit
ses rires en mal d’envol
sont lourds de l’ambiguïté insondable
qui s’installe en elle les jours d’érotique tristesse
Des confidences enfouies
viennent s’enrouer dans sa gorge
Elle saura me les confier
lorsqu’insaisissable elle viendra à moi
certains soirs
Elle va et vient
ne coupe aucune fleur du monde
les chante toutes
j’aime qu’elle dédie leur parfum à qui l’émeut
elle se prend de grandes claques en rit et remet ça
C’est une fille odeur à respirer instant à danser
chambre d’échos pour désirs inouïs
une fille pour aujourd’hui
où tout nous fait souffrir et rien mourir
Quand je l’ai vue pour la première fois
une dépression m’a envahi
dont toute la Méditerranée a eu vents
Serai-je avec elle un ouvreur de voix
jusqu’à ce jour où l’amour se fera
La parole éprouvée, 2000, pages 28-29)
 
il y avait du Bobin dans l'atmosphère du côté du fort de la Repentance à Hyères, aux printemps-été 1988
 
ce 24 juin 2023 c'est son anniversaire, 51 ans
c'est l'anniversaire aussi de 35 ans de complicité, d'accompagnement de son travail d'artiste du papier végétal ou des plantes au papier et à la camigraphie expressive
avec trois oeuvres : la jupe de correspondance, la vague-sillage, la Subway dress
------------------------------
aujourd'hui, 24 juin 2023,  elle a 51 ans
elle aime les arbres, l'eau vive, les végétaux, les peaux
elle prend ce que les japonais appelle des bains de forêt
avec des plantes, des feuilles, elle fabrique son papier végétal
avec ce papier fait main, elle réalise des pièces d'artiste
avec surimpression de mots d'images
elle y pratique des performances expressives
seule ou accompagnée d'un musicien
d'une danseuse de Nô 
elle transmet passionnément sa pratique jusqu'au Costa-Rica
elle apprend encore et encore, jusqu'au Japon 
elle est invitée dans de nombreux pays dont la Chine, l'Australie
en changeant de dizaine, elle a changé partiellement d'échelle, d'horloge
notre corps est réglé sur des milliards d'horloges synchrones ou non
la nature de même
harmonie-dysharmonie sont le lot du flow-flot du vivant laissant s'écouler son n'eau-now (avec liaison nasale)
pour Aïdée Bernard
la dendrochronologie ou lire un tronc d'arbre Placez-vous face à l'arbre et mesurez sa circonférence à 1.40 m de hauteur. Divisez le chiffre en centimètres obtenu par π (égal à 3.1416 environ) puis multipliez le résultat par le facteur multiplicateur qui correspond à l'arbre. Exemple : Pour un chêne qui mesure 2.45 m, on obtient 245 : 3.1416 = 77.99 x 3 = 233 ans /  la forêt, vulve végétale, y pénétrer avec respect / Le bain de forêt est une activité qui offre une forme de thérapie douce, par la forêt (sylvothérapie) qui nous vient du Japon sous le nom de « Shinrin-Yoku » depuis les années 80. / la parole de l'eau, création d'Aïdée Bernard, installée dans une chapelle de l'Aude / un kakémono d'Aïdée Bernard
la dendrochronologie ou lire un tronc d'arbre Placez-vous face à l'arbre et mesurez sa circonférence à 1.40 m de hauteur. Divisez le chiffre en centimètres obtenu par π (égal à 3.1416 environ) puis multipliez le résultat par le facteur multiplicateur qui correspond à l'arbre. Exemple : Pour un chêne qui mesure 2.45 m, on obtient 245 : 3.1416 = 77.99 x 3 = 233 ans /  la forêt, vulve végétale, y pénétrer avec respect / Le bain de forêt est une activité qui offre une forme de thérapie douce, par la forêt (sylvothérapie) qui nous vient du Japon sous le nom de « Shinrin-Yoku » depuis les années 80. / la parole de l'eau, création d'Aïdée Bernard, installée dans une chapelle de l'Aude / un kakémono d'Aïdée Bernard
la dendrochronologie ou lire un tronc d'arbre Placez-vous face à l'arbre et mesurez sa circonférence à 1.40 m de hauteur. Divisez le chiffre en centimètres obtenu par π (égal à 3.1416 environ) puis multipliez le résultat par le facteur multiplicateur qui correspond à l'arbre. Exemple : Pour un chêne qui mesure 2.45 m, on obtient 245 : 3.1416 = 77.99 x 3 = 233 ans /  la forêt, vulve végétale, y pénétrer avec respect / Le bain de forêt est une activité qui offre une forme de thérapie douce, par la forêt (sylvothérapie) qui nous vient du Japon sous le nom de « Shinrin-Yoku » depuis les années 80. / la parole de l'eau, création d'Aïdée Bernard, installée dans une chapelle de l'Aude / un kakémono d'Aïdée Bernard
la dendrochronologie ou lire un tronc d'arbre Placez-vous face à l'arbre et mesurez sa circonférence à 1.40 m de hauteur. Divisez le chiffre en centimètres obtenu par π (égal à 3.1416 environ) puis multipliez le résultat par le facteur multiplicateur qui correspond à l'arbre. Exemple : Pour un chêne qui mesure 2.45 m, on obtient 245 : 3.1416 = 77.99 x 3 = 233 ans /  la forêt, vulve végétale, y pénétrer avec respect / Le bain de forêt est une activité qui offre une forme de thérapie douce, par la forêt (sylvothérapie) qui nous vient du Japon sous le nom de « Shinrin-Yoku » depuis les années 80. / la parole de l'eau, création d'Aïdée Bernard, installée dans une chapelle de l'Aude / un kakémono d'Aïdée Bernard
la dendrochronologie ou lire un tronc d'arbre Placez-vous face à l'arbre et mesurez sa circonférence à 1.40 m de hauteur. Divisez le chiffre en centimètres obtenu par π (égal à 3.1416 environ) puis multipliez le résultat par le facteur multiplicateur qui correspond à l'arbre. Exemple : Pour un chêne qui mesure 2.45 m, on obtient 245 : 3.1416 = 77.99 x 3 = 233 ans /  la forêt, vulve végétale, y pénétrer avec respect / Le bain de forêt est une activité qui offre une forme de thérapie douce, par la forêt (sylvothérapie) qui nous vient du Japon sous le nom de « Shinrin-Yoku » depuis les années 80. / la parole de l'eau, création d'Aïdée Bernard, installée dans une chapelle de l'Aude / un kakémono d'Aïdée Bernard
la dendrochronologie ou lire un tronc d'arbre Placez-vous face à l'arbre et mesurez sa circonférence à 1.40 m de hauteur. Divisez le chiffre en centimètres obtenu par π (égal à 3.1416 environ) puis multipliez le résultat par le facteur multiplicateur qui correspond à l'arbre. Exemple : Pour un chêne qui mesure 2.45 m, on obtient 245 : 3.1416 = 77.99 x 3 = 233 ans /  la forêt, vulve végétale, y pénétrer avec respect / Le bain de forêt est une activité qui offre une forme de thérapie douce, par la forêt (sylvothérapie) qui nous vient du Japon sous le nom de « Shinrin-Yoku » depuis les années 80. / la parole de l'eau, création d'Aïdée Bernard, installée dans une chapelle de l'Aude / un kakémono d'Aïdée Bernard

la dendrochronologie ou lire un tronc d'arbre Placez-vous face à l'arbre et mesurez sa circonférence à 1.40 m de hauteur. Divisez le chiffre en centimètres obtenu par π (égal à 3.1416 environ) puis multipliez le résultat par le facteur multiplicateur qui correspond à l'arbre. Exemple : Pour un chêne qui mesure 2.45 m, on obtient 245 : 3.1416 = 77.99 x 3 = 233 ans / la forêt, vulve végétale, y pénétrer avec respect / Le bain de forêt est une activité qui offre une forme de thérapie douce, par la forêt (sylvothérapie) qui nous vient du Japon sous le nom de « Shinrin-Yoku » depuis les années 80. / la parole de l'eau, création d'Aïdée Bernard, installée dans une chapelle de l'Aude / un kakémono d'Aïdée Bernard

comme le flot-flow laisse s'écouler son n'eau-now, (avec liaison nasale), tu glisses de l'amie qui aura 51 ans demain à des échanges avec Chantal Montellier sur En attendant Beckett († en 1989) et La bande à Godot (1952) puis avec Martine Roffinella dont deux titres t'intéressent : Sang Fille (Rhubarbe) / J.-C. et moi (éditions Les Pérégrines); postés dans l'après-midi
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flow du flot, surgit ta fille au téléphone, rentrant à pieds du XVIII° à Saint-Denis, dont c'est l'anniversaire le 29 juin; 
tu ne le souhaiteras que le 1° juillet parce qu'elle devait arriver le 1° juillet 1968, 365 jours après ton mariage avec l'épousée (1° juillet 1967); 
elle est arrivée deux jours avant, un jour d'élection (2° tour des législatives de 1968), un jour de désastre après la trahison de la grève générale de mai 68 par toujours les mêmes; 
t'étais sur Croissy (78) pour voter et t'as raté la naissance de ta fille, au Quesnoy (59)
dans 8 jours, le 1° juillet 2023, tu fêteras 56 ans de mariage, seul, à Corsavy (66) où tu arriveras après avoir roulé toute la nuit; 
pour vos 50 ans de mariage, tu avais fait appel à Lola, fille de joie, soirée mémorable à La Coquette
récit en est fait pages 124 à 131 du livre d'éternité
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hier soir, 22 juin, t'as vu Mademoiselle Chambon de Stéphane Brizé 
ou un amour consommé et brisé portera ses fruits, 
je suis sûr que mademoiselle Chambon (titre impossible aujourd'hui) donnera naissance à un vigoureux futur maçon; 
Véronique l'annoncera-t-elle à Jean ? 
17 H 17, je prends mon pied
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flow du flot, coup de fil de Jean Delorme, vers 18 H
il m'apprend que le pied était le signe marqué sur les murs de Pompéi, indiquant le chemin vers le bordel 
et de me demander comment Héraclite, Parménide, Empédocle réagiraient dans notre monde surpeuplé, quelle philosophie, ils élaboreraient aujourd'hui
impossible de répondre
le devenir grec de Marcel Conche, c'est tenter de retrouver l'étonnement premier, conduisant à la philosophie, c'est une pratique donc, se nettoyer le regard
la méditation hésychaste de père Seraphim, c'est une pratique, se nettoyer le coeur pour, shallom, vivre entier
je prends mon pied, 18 H 18
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flot-flow n'eau-now, 
19 H coup de téléphone de la fetite pille, 15 ans, attendant son cours d'accordéon au conservatoire du XVIII° 
quelle fin d'année : 
en mai, 18 jours à Saint-Petersbourg chez son cousin 
finale nationale du concours robocup junior 2023 
juin : finale européenne, son équipe de 5 est championne d'Europe
ils seront reçus par le maire de Saint-Denis le 28 juin
le 21 juin, elle a joué à l'accordéon pour les enfants de l'hôpital Bichat avec les autres élèves du conservatoire
lundi 26-mardi 27 juin, BEPC
elle a été admise il y a 3 jours aux JSPP (jeunes sapeurs pompiers de Paris)
réception de sa tenue à la caserne, le 29 août
10-14 juillet : finale mondiale de robocup à Bordeaux
vacances avec moi au pays
je la laisse profiter au maximum de sa bande ; parfois, il y a des nuits pyjamas, des repas au restaurant du camping, des barbecues improvisés sur la place du village
19 H 53, le pied
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film choisi, déjà vu, il y a des années mais si chaud show 
- avec celui qui a des visions, Angel, facilement en état d'hypnose, de transe, qui trouve les cadavres des femmes qu'il n'a pas tuées mais dont il s'est accusé
- avec le flow du flot pulsionnel, érotico-sadique, de mise à mort réciproque en épectase-extase des deux protagonistes, tous deux metteurs à mort, façon corrida 
elle, Maria, avocate, de deux hommes au moins 
lui, Diego, matador célèbre, de deux femmes au moins 
pendant une éclipse
"je n'ai jamais vu de morts aussi heureux"
conclusion du commissaire
et fin d'un film que je trouve savoureux
dans son apologie transgressive, iconoclaste du rouge sang, du rouge fard, du rouge de la robe, du rose de la rose
 
apothéose de la vie-la mort mêlées dans le rut, le rush final, l'amour étant impuissant à sauver les deux amants de l'outrepassement
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Matador de Pedro Almodovar, 1986
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fin de soirée, 22 H
une affiche / les deux amants ont joui, fusionné en se mettant à mort, épectase-extase
une affiche / les deux amants ont joui, fusionné en se mettant à mort, épectase-extase

une affiche / les deux amants ont joui, fusionné en se mettant à mort, épectase-extase

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