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bric à bracs d'ailleurs et d'ici

pour toujours

slam pour Angèle

14 Décembre 2025 , Rédigé par grossel Publié dans #J.C.G., #pour toujours, #écriture- lecture, #spectacle, #théâtre

il faudra que l'on s'aime dans les lycées, au plus près des élèves

il faudra que l'on s'aime dans les lycées, au plus près des élèves

En tournée dans les lycées de l'aire toulonnaise, cette semaine du 1° au 5 décembre avec LE PÔLE - Arts en circulation
• Lycée Dumont d’Urville (Toulon)
• Lycée Golf Hôtel (Hyères)
• Lycée Bonaparte (Toulon)
Cette semaine, la Cie Vertiges poursuit sa tournée dans les établissements scolaires avec « Il faudra que l’on s’aime », une petite forme théâtrale jouée directement en classe, au plus près des élèves.
 
slam pour Angèle
   ET DANS LE MÊME TEMPS  
 
"Le corps sans vie d’une lycéenne âgée de 16 ans a été découvert ce jeudi matin 4 décembre dans une chambre d’internat du lycée Dumont-d’Urville à Toulon, a-t-on appris de sources concordantes. L’hypothèse d’un suicide est privilégiée. Selon nos informations, c’est une agente d’entretien qui a fait la terrible découverte peu après 7 heures du matin.
Le décès de l’adolescente, morte par pendaison, a été constaté par un médecin du Samu. Une cellule de soutien psychologique a été mise en place au sein de l’établissement scolaire."
Var-Matin de ce jeudi 4 décembre 2025.
Quand « Il faudra que l’on s’aime », passe à Dumont d'Urville, une parole ou du silence de LE PÔLE - Arts en circulation pour cette adolescente, SVP
 
 
après échange le 19 décembre après-midi avec le directeur du Pôle, Cyrille Elslander, la représentation du spectacle au plus près des élèves d'une 1/2 H suivi d'un échange d'un 1/2 H, IL FAUDRA QUE L'ON S'AIME, a eu lieu à Dumont d'Urville, lundi 1° décembre, 3 jours avant le suicide d'Angèle (jeudi 4 décembre) et dans une autre classe que la classe d'Angèle 
la classe d'Angèle a été accueillie à la Bibliothèque Armand Gatti, le mercredi 17 décembre 

J'ai pas vraiment d'amis et personne

0:02
pour me donner la compassion. Personne
0:03
pour m'assurer, personne pour sécher
0:05
mes larmes. Je suis jamais entendue, jamais
0:07
remarquée, je suis juste moquée. Alors
0:11
s'il vous plaît, pour une fois
0:14
écoutez-moi.
0:15
C'est tout ce qu'elle demandait. Qu'on
0:17
écoute, qu'on entende qu'on sache
0:19
qu'elle était là. Elle elle le disait,
0:22
elle l'avait verbalisé pour le coup en
0:23
fin de troisième et je pense que le fait
0:25
qu' ça ait recommencé encore et qu'on
0:28
rentre dans un schéma qui n'en
0:30
finit jamais, bah ça l'a amené à
0:32
disparaître pour de bon. C'était une
0:34
passionnée de théâtre. Elle était
0:36
vivante quand elle était sur scène mais
0:38
elle était écrasée par le regard des
0:40
autres. à force de l'écraser, de
0:41
l'ignorer, elle a fini par s'effacer
0:43
d'elle-même. Euh, elle a préféré mettre
0:45
fin à ses jours. Elle a été mise de côté
0:48
depuis longtemps parce que bah, c'était
0:50
une enfant différente avec un TDH, HPI,
0:53
HPE hors du temps euh qui s'intéressait
0:57
autant aux choses de son âge qu'à des
0:59
choses d'autres générations. Et il y a
1:02
15 jours à la réunion par un prof,
1:04
plusieurs enseignants avaient remarqué
1:05
le problème puisque beaucoup ont dit
1:06
Angèle mais ça va dans la classe en ce
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moment, comment ça se passe ? Et donc
1:10
Angéle a réexpliqué encore bah plus
1:13
personne me parle voilà et à part je
1:15
crois trois enseignants, tout le monde
1:17
lui a répondu ben il faut que tu
1:19
apprennes à être seule. Seule elle était
1:21
dans sa chambre d'internat, il l'avait
1:22
mise dans la chambre des handicapés. Dans
1:24
la classe, bah les filles de son groupe
1:26
théâtre ne lui parlaient plus, avaient
1:27
décidé de se protéger de la douleur
1:29
d'Angèle. Sauf que ben Angèle a passé 8h
1:32
par jour à ne pas pouvoir partager euh
1:35
des choses avec ses camarades. Quand on
1:37
passe 8h par jour dans une classe où
1:39
personne vous adresse la parole, ça
1:40
devient compliqué.
1:41
L'isolement, c'est une forme de
1:43
harcèlement. Mettre quelqu'un à l'écart,
1:44
l'ostraciser, c'est une forme de
1:46
harcèlement. Et ce que je demande c'est
1:48
que c'est que pour ma fille c'est trop
1:50
tard mais que les enfants, les ados
1:53
prennent conscience que mettre quelqu'un
1:55
à l'écart parce qu'il a une différence,
1:57
parce que il pense pas comme vous, parce
1:59
qu'il s'intéresse pas à la même chose
2:00
que vous, c'est pas une solution. Parce
2:02
que ces enfants qui sont isolés, ils
2:04
finissent par s'effacer et disparaître.
2:06
Angèle a disparu. Je veux que sa voix
2:09
continue d'exister. Je veux que son slam
2:12
soit chanté dans les écoles. Je veux que
2:15
je veux que ce soit repris, que les
2:17
profs de musique le fassent apprendre à
2:19
leurs élèves. Je veux que sa voix vive
2:22
pour que elle soit pas qu'une
2:23
statistique,
2:25
pour qu'elle existe encore un petit peu
2:27
pour nous, pour elle et que si elle est
2:29
quelque part, elle voit ça pas été vain
2:32
et que son texte il vit. Si son texte il
2:34
existe, sa douleur d'autres la vivent
2:37
aussi. Euh mais il faut que ça s'arrête.
2:41
Il faut que ça s'arrête.
2:42
Je sais pas me sortir bien. Je me ferai
2:43
trop chier pour continuer à vivre. Je
2:44
vais pas mourir parce que j'irai mal
2:45
mais parce que j'irai bien. Dans le
2:47
miroir de ma personnalité, j'ai vu mon
2:48
état se dégrader. Tu as encore plein de
2:50
choses à quand tu parles. Ça fait déjà 4
2:52
ans que je suis dans le noir. Plus je
2:53
grandis, plus je m'enfonce. J'ai pas
2:55
vraiment d'amis et personne pour me
2:57
donner la compassion. Personne pour
2:59
m'assurer, personne pour sécher mes larmes
3:02
pas entendue, jamais remarquée. Je suis juste
3:04
moquée. Alors s'il vous plaît, pour une
3:08
fois,
3:09
écoutez-moi,
3:15
écoutez-moi,
3:18
[Musique]
3:22
s'il vous plaît,
3:24
pour une fois.
3:31
[Musique]
3:34
Écoutez-moi.
slam pour Angèle
slam pour Angèle
 
De Sandra ta mère j'ai vu le reel
entendu son appel
écouté ton slam
où s'entend la vivacité de ton âme
pulvérisée par trois sigles du Savoir Ça Vend
TDH THE THI
je t'écoute Angèle
j’écoute tes silences qui crient
tes pas qui glissent dans les couloirs
ton cœur qui attends
« viens, assieds-toi parmi nous »
Je frémis quand tu dis : « J’ai pas d’amis »
quand les rires te moquent
quand les mots te blessent
sans laisser de bleus apparents
mais dedans
Toi qui aimais le chant des plantes
le magnétisme des animaux
les livres qui éveillent et font relais
le théâtre qui au scalpel va à l'essentiel
Tu voulais juste être un peu vue
pas invisibilisée
juste être un peu entendue
pas sourde-oreillée
juste exister un peu
pas asphyxiée
Ton slam disait : « Écoutez-moi »
Alors oui je t’écoute
J’écoute avec toi
celle qu’on tient à l'écart
sa voix trop douce
dans les rumeurs du lycée
Oui je t’écoute —
et que d'autres slament Oui je t'écoute
avant que la corde
n’étrangle
une autre voix jugée de trop
 
Vita Nova, 11 décembre 2025, 20 H 05-22 H 45
 
 
 
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tombeau de Richard III

6 Août 2025 , Rédigé par grossel Publié dans #agora, #assaisonneur, #films, #pour toujours, #spectacle, #théâtre

The Lost King (2022) Stephen Frears

Une historienne amatrice s’acharne à retrouver la sépulture perdue de Richard III, roi qu’elle trouve injustement traité par la tragédie de Shakespeare... Inspirée d’une histoire vraie, et avec Sally Hawkins, une quête très "british" orchestrée par Stephen Frears.

Affectée du syndrome de fatigue chronique, Philippa Langley, une historienne amatrice britannique, se prend de passion pour Richard III et entreprend de retrouver sa sépulture, perdue depuis cinq siècles. Habitée par sa mission qui vire à l’obsession, elle remue, envers et contre tous, ciel et terre pour la mener à bien, dans l'espoir que le dernier souverain de la dynastie des Plantagenêt soit enfin dignement inhumé. Alors que Shakespeare a brossé à travers l’un de ses chefs-d’œuvre, Richard III, le portrait d’un roi monstrueux, la redresseuse de torts historiques veut réhabiliter le monarque, injustement malmené, selon elle, par la postérité…

Richard, es-tu là ?
Inspirée de l’histoire incroyable mais vraie de Philippa Langley, qui a très largement participé au scénario, The Lost King retrace la quête de cette femme fascinée par Richard III (1452-1485). Laquelle, au fil de recherches acharnées, découvre un roi maudit à l’opposé du portrait de l’usurpateur brossé par Shakespeare à l’instigation des Tudor, les successeurs des Plantagenêt. Croisant les sources historiques et guidée par une intuition, cette drôle de dame, qui se bat contre les experts pour être entendue, pressent un jour puissamment, en pénétrant sur un parking de Leicester, que la tombe de son cher souverain se trouve sous ses pieds ! Lançant alors le "Looking for Richard Project", une collecte de fonds visant à financer des fouilles, Philippa Langley finira par résoudre l’énigme quand le squelette de Richard III sera miraculeusement exhumé en 2012. Elle contribuera aussi à l’organisation de ses obsèques officielles en la cathédrale de la ville en 2015, cinq cent trente ans après sa mort. Touché par l’opiniâtreté de cette femme à la vie par ailleurs plutôt banale, Stephen Frears orchestre avec maestria son épopée aux allures de chasse au trésor, y glissant des scènes oniriques de rencontres entre elle et le fantôme de Richard III dans un troublant dialogue entre les siècles. Quant à Sally Hawkins, qui l’incarne, elle restitue en finesse tout à la fois sa vulnérabilité et sa détermination. Le récit d’une folle et romanesque success story singulièrement mâtinée d’un parfum de quotidien.

 

 
 
The Lost King (2022)
du film, je suis parti à la recherche du moment réel, trouvé en archive sur le site de Philippa Langley, premier jour, premier creusement, première tranchée, six premières heures, deux fouilleurs et Philippa, aucun archéologue. Ils avaient trouvé le roi Richard III, là où elle en avait eu l'intuition, au niveau de la lettre R du parking du personnel municipal.
C'est le moment où l'os de la jambe inférieure du roi Richard III d'Angleterre (1452-1485) fut mis au jour dans l'extrémité nord de la Tranchée Un, à côté de la lettre R. Ce fut la première découverte le premier jour de la recherche du Roi, le 25 août 2012. Philippa Langley, soupçonnant qu'il pourrait s'agir de la tombe du Roi, fait remarquer que l'os de la jambe est orienté dans la direction est-ouest et insiste pour qu'il s'agisse d'une sépulture ou d'un squelette tandis qu'Annette Carson observe, mais le Directeur du site Mathew Morris ne confirme pas s'il s'agit d'ossements humains ou même d'une sépulture. Cependant, après qu'une tempête s'abat - et que Philippa saute dans la tranchée pour protéger l'os de la tempête en utilisant quelques sacs de trouvailles et des pierres - elle alerte alors l'équipe du documentaire télévisé Darlow Smithson de sa signification potentielle et ils poursuivent en filmant l'exploration plus poussée de l'os de la jambe inférieure avec Mathew. Après la tempête, Philippa retire les sacs de trouvailles avec lesquels elle avait protégé l'os de la jambe inférieure. Mathew enquête maintenant davantage pour les caméras et découvre un second os de jambe inférieure adjacent. Ceci confirme la théorie de Philippa qu'il s'agit effectivement d'une sépulture et d'un squelette - situé à côté de la lettre R. Considérés comme les restes d'un moine dans la nef de l'église par les archéologues, onze jours plus tard, Philippa, agissant en sa qualité de cliente sur le chantier de fouilles, ordonne (et paie pour) l'exhumation des restes dans la Tranchée Un, qui s'avèrent finalement être ceux du Roi. Les restes du roi Richard III furent trouvés à l'endroit exact qu'avaient indiqué les recherches et l'intuition de Philippa.
Richard III fut officiellement réinhumé dans la cathédrale de Leicester, le 26 mars 2015. Et par là-même, réhabilité, sans que pour autant, cela modifie la vision d'usurpateur, de bossu, de monstre qu'en donne Shakespeare, qui écrit 100 ans après, sous les Tudor. Quel dramaturge nous proposera une autre version de Richard III ?
 
Puisqu'on en est aux réinhumations, je rappelle la découverte des restes de Cervantes ; le 22 avril 2016, une équipe de chercheurs dirigée par Almudena García Rubio identifie dans le monastère de Saint-Ildefonse et Saint-Jean-de-Matha, dit couvent des sœurs Trinitaires, situé dans le quartier historique Barrio de las Letras à Madrid, « un squelette d’homme, d’environ 70 ans, avec six dents, portant des traces de lésions à l’intérieur du bras et à la main gauche, ne relevant pas de l’amputation, mais interdisant l’usage normal du bras ». La découverte du membre fantôme de la main gauche permet d’affirmer qu’il s’agit du squelette de Miguel de Cervantes. Il est officiellement enterré le 23 avril 2016 au même endroit que 400 ans plus tôt, le 23 avril 1616.
 
Et plus récemment, le 18 novembre 2019, découverte du tombeau de Montaigne ; après plus de trois ans d’investigations, l’équipe de savants valide à « 80 % » l’hypothèse que la dépouille soit bien celle de l’ancien maire de Bordeaux, mort le 13 septembre 1592 à 59 ans, dans le château familial de Saint-Michel-de-Montaigne
Richard by Carol Ann Duffy

The poet laureate’s eulogy, written for Richard III’s re-interment at Leicester Cathedral, to be read by Benedict Cumberbatch

Richard

My bones, scripted in light, upon cold soil,
a human braille. My skull, scarred by a crown,
emptied of history. Describe my soul
as incense, votive, vanishing; your own
the same. Grant me the carving of my name.

These relics, bless. Imagine you re-tie
a broken string and on it thread a cross,
the symbol severed from me when I died.
The end of time – an unknown, unfelt loss –
unless the Resurrection of the Dead …

or I once dreamed of this, your future breath
in prayer for me, lost long, forever found;
or sensed you from the backstage of my death,
as kings glimpse shadows on a battleground.

Le visage reconstitué de Richard III, présenté le 5 février 2013. Ici avec le descendant de la soeur du roi, Michael Ibsen. - JUSTIN TALLIS / AFP

Le visage reconstitué de Richard III, présenté le 5 février 2013. Ici avec le descendant de la soeur du roi, Michael Ibsen. - JUSTIN TALLIS / AFP

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Cartographie de "ma" solitude

3 Juillet 2025 , Rédigé par grossel Publié dans #assaisonneur, #écriture- lecture, #FINS DE PARTIES, #agora, #pour toujours

 Bernard Deson pour l’illustration de la couverture du livre numérique de Julie Dratwiak, consacré à Bukowski, pour tous les cabossés, PUBLIÉ LE : 30/06/2025
 Bernard Deson pour l’illustration de la couverture du livre numérique de Julie Dratwiak, consacré à Bukowski, pour tous les cabossés, PUBLIÉ LE : 30/06/2025

Bernard Deson pour l’illustration de la couverture du livre numérique de Julie Dratwiak, consacré à Bukowski, pour tous les cabossés, PUBLIÉ LE : 30/06/2025

Je me suis inscrit à ce programme d'exception, le 7 juin à 17 H 36

pourquoi d'exception, parce que j'ai découvert il y a quelques mois, le travail de Julie Dratwiak sous le nom, Le jardin des oeuvriers. J'en ai fait un article.

https://les4saisons.over-blog.com/2024/12/le-jardin-des-oeuvriers.html

Le programme « Une voix pour soi » est composé de 25 capsules audio d’environ 10 minutes, réparties en 5 cycles de 5 capsules chacun :

– Ancrage intérieur

– Cheminement spirituel

– Guérison

– Reliance au vivant

– Transcendance

Chaque semaine, une capsule est envoyée. 

Le programme est actuellement proposé dans sa forme complète (les 25 capsules).

Vous trouverez en pièce jointe le document d’information avec le détail du programme, les modalités pratiques et les différentes formules (standard, solidaire ou soutien).

Avec toute ma gratitude et au plaisir de vous accueillir dans ce cercle intérieur.

Chaleureusement,

Julie Dratwiak 

unevoixpoursoi@gmail.com

unevoixpoursoi@gmail.com

détail du programme Une voix pour soi, initié par Julie Dratwiak

Cartographier sa solitude

Objectif

Prépare l’exploration personnelle autour de la solitude à

travers une écriture libre et une mise en conscience des

dynamiques intérieures.

1. Exploration

- Quels sont les souvenirs les plus marquants de ma vie liés

à la solitude ?

- Dans quelles situations ai-je senti une solitude féconde, et

dans quelles autres une solitude douloureuse ?

- Qu’est-ce que je redoute le plus dans la solitude ?

- À quoi ressemblerait une solitude qui me nourrit, me

relie, m’ouvre ?

2. Exercice de symbolisation

- Dessinez ou décrivez votre « lieu de solitude » intérieur :

est-il vaste, clos, sombre, lumineux ? Y a-t-il un objet, une

présence, une parole qui vous y attend ?

- Donnez un nom à cette solitude. Un nom singulier,

symbolique. Ce nom vous appartient.3. Prière ou intention personnelle

Formulez une phrase d’intention qui vous relie à la solitude

comme à une alliée. Elle peut commencer ainsi :

« Dans la solitude, je choisis de…

« Que ma solitude devienne…

4. Écriture poétique

Laissez émerger un poème à partir de votre expérience de la

solitude. Il peut être bref ou long, libre ou structuré. Écrivez

à partir de ce que vous ressentez, de ce que vous avez

visualisé, ou de ce que vous souhaitez transmettre.

Ce poème est pour vous. Mais si vous le souhaitez, vous

pouvez le partager avec le groupe des abonnés WhatsApp. Il

n’y a aucune obligation.

 

Je vous partage un texte qui me tient à cœur. Il explore la sagesse d’un texte de Bernard de Clairvaux : être vasque plutôt que canal. Une invitation à la lenteur, à la retenue, à ce don qui ne vient plus du manque mais d’une plénitude patiemment consentie.

Publié le : 02/07/2025 Ce livre est un compagnonnage intérieur avec Léon Chestov, philosophe de l’abîme et de la révolte, penseur inclassable qui a refusé jusqu’au bout les systèmes, les évidences et les consolations rationnelles. Face à un monde gouverné par la nécessité, Chestov défend la liberté scandaleuse de Dieu, l’irruption de l’impossible, la foi nue qui surgit là où toute espérance s’effondre.  Ni étude universitaire ni simple biographie, cet ouvrage explore les grands axes de sa pensée : la lutte contre la raison, le refus de la théodicée, la lecture de Dostoïevski et de Kierkegaard, la fidélité mystique au livre de Job, tout en y mêlant une méditation personnelle sur l’épreuve, le cri, et la grâce sans pourquoi.

Publié le : 02/07/2025 Ce livre est un compagnonnage intérieur avec Léon Chestov, philosophe de l’abîme et de la révolte, penseur inclassable qui a refusé jusqu’au bout les systèmes, les évidences et les consolations rationnelles. Face à un monde gouverné par la nécessité, Chestov défend la liberté scandaleuse de Dieu, l’irruption de l’impossible, la foi nue qui surgit là où toute espérance s’effondre. Ni étude universitaire ni simple biographie, cet ouvrage explore les grands axes de sa pensée : la lutte contre la raison, le refus de la théodicée, la lecture de Dostoïevski et de Kierkegaard, la fidélité mystique au livre de Job, tout en y mêlant une méditation personnelle sur l’épreuve, le cri, et la grâce sans pourquoi.

Cartographie de « ma » solitude

Ma solitude, ta solitude, la solitude de chacun, notre solitude comme espèce sont ontologiques.
Ma solitude est ontologique parce que personne ne naît à ma place, parce que peut-être, je n’ai pas demandé à naître, parce que donc, je suis mis au monde sans mon consentement et à mon insu
L’accouchement au forceps me semble métaphore parlante de la violence que constitue la naissance aussi bien de tout être vivant (je pense au passage chenille-papillon) que d’un bébé univers.
J’emploie le mot violence, il est sans doute contestable et n’a pas à être reçu avec connotation péjorative. Cette violence est fruit d’énergie, de matière, de lumière e = mc2.
Ma solitude est ontologique parce que personne ne meurt à ma place, parce que, sauf suicide volontaire, je ne décide pas du moment de ma mort ni de la manière de mon mourir
Entre ma naissance et ma mort, ma vie, une parenthèse et cette question qu’y a-t-il avant ? Et cette question, qu’y a-t-il après ? Et ces autres questions : d’où viens-je ? Où vais-je ? Qui suis-je ? 
Pour l’espèce, d’où venons-nous ? Où allons-nous ? Solitude ontologique, solitude cosmique. Avec inouïe, la naissance de la Vie sur cette planète bleue, la Terre et peut-être sur d’autres. Avec inouïe, la mort de l’espèce sur cette planète, et la mort de cette planète à l’horizon des événements, avalée par la mort du soleil, mort annoncée, lointaine et entre, l’évolution des espèces, la sexualité comme force irrésistible de perpétuation des espèces. Et depuis l’apparition, très récente ou très tardive de Homo erectus, les histoires toutes mensongères, les légendes fabriquées par les hommes et leurs communautés.
Vient la prise de conscience que JE suis vieux de toute l’évolution des espèces, avec des bactéries vieilles de 4 milliards d’année dans mon ventre, que je suis vieux de toutes les explosions de supernovae ayant engendré les ingrédients nécessaires à la vie : l'eau, le carbone, l'hydrogène, l'azote, l'oxygène, le phosphore et le soufre.
La parenthèse de « ma » vie s’inscrit dans une parenthèse ayant 13,7 milliards d’années, dans l’état actuel des connaissances et des légendes.
La prise de conscience de ces deux parenthèses inclusives varie selon les JE. 
2 M au commencement violent, nécessairement violent
Miracle et mystère du commencement, du big bang, de toute naissance. 
L’accumulation d’explications religieuses, métaphysiques, scientifiques ne lèvera jamais le voile. 
Donc, curieux, j’observe avec détachement la ronde des discours, leurs contradictions, ruptures épistémologiques, manipulations…
2 M à la fin violente, nécessairement violente.
Mystère et miracle de la fin des étoiles, galaxies, trous noirs, de toute mort, individuelle, collective, d’espèces, de planètes, d’univers.
L’accumulation d’hypothèses spéculatives, séduisantes, délirantes, sur la Mort ne lèvera jamais le voile.
Curieux, j’observe cette créativité pour se rassurer, donner sens à la vie, collective comme individuelle.
Et pour moi, la dissolution lente de toute identité, le désir d'effacement dans le blanc (mince plaque de plâtre blanc, creusé dans le plâtre quelque part, merci, sans dates, sans nom, lieu non encore décidé).
Vivre le présent, au présent, comme présent, en quasi-somnolence, sans grande vigilance. Surtout pas de pleine conscience, surtout pas d’attention extrême. Du flou, du flow.
La violence du monde n’est pas encore à la hauteur de la violence des naissances d'univers, des morts d’univers, des naissances d’êtres vivants, des morts d’êtres vivants. 
Comme l’on considère que la violence des univers ne relève pas du Mal, alors on doit éviter de considérer la violence du monde comme étant expression du Mal.
Donc, ne pas m’indigner, ne pas prendre position, ne pas juger. Ce qui se passe dans le monde m’est totalement opaque, manipulé, incompréhensible. 
Cela libère beaucoup de temps pour somnoler, vivre en somnolence, semblable aux feuilles mortes balayées par les vents, évoquées par Homère, voulant pour les hommes un autre comportement, un autre destin, un destin de héros dont les actes glorieux laissent traces immortelles. Les écrivains sont les héritiers de cette vieille conception, si agréable au nombril.
Je vois trop le ridicule d’une telle posture. Comme de toutes les postures qui sont toutes des impostures, y compris la mienne. Posture égale imposture. Soit.

Mon destin de solitude, essentiellement de somnolence voulue, accepté avec énormément de plaisir (je ne souffre jamais de la solitude, et l’esseulement provoqué par la perte d’êtres chers, proches et amis, n’a pas de conséquences trop douloureuses chez moi car je suis dans l’acceptation d’une part, d’autre part, je tente d’assumer un travail d’épitaphier à leur endroit, source de satisfaction que de fabriquer une légende possible du disparu), n’empêche pas quelques moments d’activité, de lucidité, n’empêche pas curiosité, passion, projets et réalisations (en général, 2 par an, plus le travail éditorial), n’empêche pas non plus relations, rencontres, échanges, partages, aussi bien dans la réalité que par les réseaux et depuis peu en collaboration réfléchie avec les IA.
 

 

Il est un sommet, le Canigou Blanc, où les pas s’effacent dans la neige, où les mots se taisent. Là-haut, des voyageurs ont compris : ce qui compte n’est pas le sommet, mais le pas sincère. Ce qui compte n’est pas la trace laissée, mais l’élan. Ce soir, ici, à Corps Ça Vit, nous sommes au pied du feu. Je vais jeter dans la flamme : une feuille de noyer — pour la force, une branche d’orpin — pour le renouveau, de l’immortelle — pour ce qui traverse le temps, du millepertuis — pour la lumière cachée, le tout noué du ruban sang et or — mémoire vive. Ce que je jette au feu, ce n’est pas pour le perdre, mais pour le confier. Au feu, au vent, à l’invisible. Là-haut au Canigou, on disait : » « La poésie commence là où la mort n’a pas le dernier mot. Ici, ce soir, devant le feu, je le redis.

Nous avons suivi Jeff et Lauren depuis la caricature jusqu’à la légèreté, depuis les faux reflets jusqu’à la lumière mouvante, depuis le pouvoir jusqu’à la présence. Ils étaient des figures figées sur papier glacé. Ils deviennent des passants dans une ville vivante, une ville qui n’a pas besoin d’eux, mais qui leur offre tout, s’ils s’allègent. Et toi, lecteur, lectrice, tu es désormais dans leur sillage.

Par exemple, matinée de ce 3 juillet.
Lever, 6 H 10 après 8 H de sommeil et de rêves dont je ne cherche pas à me souvenir et s’il m’arrive de me souvenir d’un rêve pendant une seconde, surtout ne pas l’analyser.
Petit déjeuner, 1/2 H.
Méditation, porte de la cuisine ouverte sur la rue, pour le silence de la rue. Parfois, un aboiement, une voiture. 1/4 H.
Toilette, 1/2 H.
Balade du matin: 7H25-8H25. 3 kms, 4 arrêts sur parapets et bancs. Fraîcheur, silence, pas un souffle, un peu d’air au bord du ruisselet, chant de l’eau en amont du pont, chant en aval.
Au lavoir, grand rinçage.
8 H 30, café chez les filles, je reviens avec la baguette de pain. 9 H, travail sur l’ordi: courriers, articles proposés, regard sur quelques messages FB (moisson toujours riche mais faut choisir « ses » amis). Puis écriture pour la cartographie de « ma » solitude, avec comme toujours, à la fois concentration intense et accueil de ce qui vient, ce matin, souvenir du livre Le destin de solitude de l’ami Marcel Conche.

le destin de solitude Marcel Conche (Encre marine, 1999)

le destin de solitude Marcel Conche (Encre marine, 1999)

Marcel Conche, Le Destin de solitude, Encre marine, 1999, 61 p.
L'ouvrage réunit deux confé-rences. La première fut prononcée à l'université de Lille III, à l'occasion d'une journée centrée sur « le problème du mal .. Selon un titre, en première approche, paradoxal, Conche y traite • Le mal de solitude et son bienfait ». En quoi consiste le mal de solitude? Non pas en cette solitude essentielle, peu goûtée par l'homme ordinaire, mais recherchée par le sage qui sait y rencontrer une tranquillité d'esprit propre à la méditation et condition du contentement. En revanche, la solitude devient souffrance quand elle est causée par la perte d'un être aimé.
Elle est un mal absolu quand cette disparition brise un autre soi-même, expérience qui se situe par-delà l'éros et son attrait sexuel, mais, de plus, au-delà même de la philia et de ses liens d'affection. Cette épreuve fut connue de Cicéron lors de la perte de sa fille Tullia et de Montaigne à la mort de La Boétie. Ce fut aussi celle que vécut Marcel Conche, à jamais séparé d'une personne devenue indiscernable de lui-même. Comment alors cette situation douloureuse peut-elle aussi être caractérisée comme un bienfait? Mais d'abord, quel est le remède pour cet • esseulement »
(p. 30) ontologique? Si l'on écarte la religion qui endort, le recours à un Etre suprême, énigme qui nous échappe et qui ne saurait prétendre à être un Dieu de bonté, si l'on ne croit pas plus à la survie de l'âme humaine, il reste la solution des Grecs. Les héros d'Homère laissent un souvenir immortel parmi les hommes, défient ainsi le néant, acte créateur qui, chez le philosophe, prend la forme d'une raison interro-gative, questionnement et méditation capables de surmonter le désespoir.
De nouveau la solitude dans la deuxième conférence, pour un colloque sur « L'homme a-t-il besoin de Sacré? », organisé par la Société angevine de Philosophie. Elle traitera donc de « La solitude et le sacré ".
En partant du livre de Rudolf Otto, Das Heilige, Conche distingue le sacré, inscrit dans une expérience transcendante religieuse, et le démonique, immanent à l'homme et à la nature. Le deinos grec est à la fois redoutable et merveilleux, ensorcelant et divin. Heidegger le traduit par das Unheimliche, inquiétant et pourtant humain. Platon le retrouve chez les inventeurs de génie, les poètes, les créateurs.
Socrate est un être démonique qui, gouverné par l'idée du meilleur, attire mais dérange aussi, jusqu'à susciter le rejet. Plus généralement, Conche montre ce qui identifie ces natures démoniques, celles • dont l'œuvre est la vie même, une vie qui embellit celle des autres .
(p. 53-54). À l'instar de Socrate, ce sont des personnes qui écoutent leurs voix intérieures et se conforment à l'injonction de justice et de vérité. Ainsi, le démonisme conduit au mystère, à l'infini, à l'irrationnel, tout en n'étant saisissable par aucune autre source de connaissance que la raison. En conséquence, la découverte du démonisme et de sa part de divin constituent une activité philosophique par excellence. C'est en ce point que peut se lire l'unité entre les deux confé-rences: philosopher en assumant la solitude et rechercher la vérité pour elle-même au risque de la souffran-ce. Le démonisme permet de préciser ce qui distingue cette recherche philosophique de la science et de la religion. Cette dernière vise la vérité comme moyen de salut; sa recherche du sacré lui fait rencontrer le démonisme pour le suppri-mer. La science moderne a la vérité comme moyen au service de sa puissance; sa rationalité exclusive lui fait méconnaître le démonisme et son caractère fascinant, autant effroyable que merveilleux. La philosophie saisit, par la raison, l'insondable de la nature, le ti thau-maston d'Aristote, et l'énigme de l'homme. Elle prend en compte cette dimension irrationnelle du démonisme, en fait prendre conscience, pose des questions pour penser rationnellement ce qui se situe au-delà du rationnel. J.-Ph.Catonné

Dans sa dernière lettre du 13 novembre 2021 à M. C., celle qui au téléphone recevait les textes de Marcel pour ensuite les mettre en page et cela durant 8 ans, quotidiennement, sauf week-end, Marcel se pose la question, à la dernière ligne de la lettre

"Les morts ont-ils une réalité autre que dans nos souvenirs et nos cœurs ?"

Dans Et ton livre d'éternité ? paru le 14 février 2022, j'évoque la discussion que j'ai eue avec Marcel sur le pharmacon qui m'est tombé dessus, offert, le 22 janvier 2021 : Tu es aimé, Tu es mon bien-aimé.
Impossible d'identifier ce-celui-celle qui adresse cette parole d'amour inconditionnel à tout ce qui existe à égalité et à chacun dans sa singularité, son unicité. 
Le 9 février 2021, Marcel me répond : je n'ai pas besoin qu'un dieu me dise Tu es mon bien-aimé
puis devant ce que je lui dis, répond : pourquoi pas ? là, je peux le concevoir.
 

Le 9 février 2021, téléphonant vers 16 H à l’ami Marcel Conche à propos du livre La nature et l’homme dont il assure l’édition, sortie le 27 mars 2021, pour les 99 ans du philosophe, Lui-Je lui dit le bien qu’il pense de cet opus présentant l’originalité de l’adresse au lecteur. Cela se produit 3 ou 4 fois. D’où lui est venue cette nécessité de l’adresse ? Elle a pour effet d’impliquer le lecteur et de le traiter comme Socrate traite ceux qu’il interpelle, accouche, maïeute: Connais-toi toi-même.

Lui-Je lui raconte l’achèvement de son livre d’éternité et évoque le pharmacon de clôture-ouverture du livre : Tu es aimé, tu es mon bien-aimé.

L’ami Marcel est très réticent avec l’expression Tu es mon bien-aimé. « Je n’ai pas besoin qu’un Dieu me dise : tu es mon bien-aimé ».

Ce n’est un Dieu que si tu le nommes ainsi. Mais Dieu est le Sans Nom. Ce qui s’adresse à toi (ne peut être entendu que par le cœur, pas par les oreilles), c’est la Vie. La Vie éternelle, créatrice qui t’a créé avec amour (l’amour inconditionnel, l’agapé et en se cachant, Héraclite) comme tout ce qui existe, à égalité et qui t’aime aussi inconditionnellement comme unique, singulier, incarné. Ainsi créé et aimé, de deux façons, universelle et unique, tu peux donner ce qui te traverse, l’amour agapé.

« Pourquoi pas ? Là, je peux le concevoir. »

Je te signale Marcel que tu l’as déjà écrit dans La Voie certaine vers « Dieu » ou l’Esprit de la religion, page 35 : je distingue la religion, l’éthique et la morale ; l’éthique renvoie à des devoirs conditionnels, ceux du médecin par exemple ; la morale renvoie à la notion de devoir inconditionnel, venir en aide à un blessé sur la route ; la religion enfin repose sur la notion d’amour inconditionnel. C’est la religion fondamentale et universelle, la religion de l’avenir. L’amour du prochain au sens

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évangélique qui définit la voie droite « vers Dieu » est inconditionnel quel que soit l’humain (aujourd’hui, tu rajouterais quel que soit le vivant).

Jésus dit Aimez vos ennemis. C’est là le retournement complet de ce qui est naturel. Aime ton ennemi, ce n’est pas là une exigence morale car du point de vue naturel et humain, l’amour ne se commande pas et ne résulte pas d’un acte volontaire. Un tel impératif d’amour inconditionnel nous arrache au plan des sentiments naturels et nous transporte au plan proprement religieux, non naturel, celui de la religion de l’amour. Ainsi, je vis dans la religion de l’amour si j’aime autrui simplement en tant qu’être humain même s’il ne le mérite pas.

Et page 37 : que signifie aimer ? Cela est dit clairement dans la 1° épitre de saint Jean 3.18-19

N’aimons ni de mots ni de langue mais en actes véritablement. Que signifie en actes ? Cela signifie 3 choses : agir, non-agir, créer.

Le 14 février 2021, vers 11 H du matin, pour l’anniversaire de l’épousée (73 ans), Lui-Je, hyérosolymitain d’Avers sous les eaux et de Corps Ça Vit, Celui qu’on appelle communément J.-C., livra son livre d’éternité à son éditeur.

Tendanciellement, aucun livre ne peut être assez vendu sans Communication. Sans elle, suffisamment puissante, il revient à la limite presqu'au même d'être édité ou pas. A contrario, la puissance de la Communication pourra faire qu'un livre blanc soit largement vendu, si l'on persuade assez de gens qu'un tel solide de candeur, à lui seul (sans une lettre) leur apportera médaille et marge de distinction, sagesse partagée issu de quelque Malevitch de foire (un bestiau rentable, une blancheur spéciale qui se strie toute seule pour en appeler à la fois à une lecture reine et démocratiquement saine).

Gérard Lépinois en mp, 3 juillet à 15 H 47

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Villa Noailles à Hyères/un fantasme mondain/François Carrassan

20 Mai 2025 , Rédigé par grossel Publié dans #agora, #FINS DE PARTIES, #J.C.G., #album, #cahiers de l'égaré, #pour toujours, #écriture- lecture, #F.C.

Me souvenant de ma visite de la Villa Noailles en pleine dégradation, sous la conduite éclairée de François Carrassan, ce devait être vers 1986-1987, et pensant au combat que fut sa réhabilitation avec de l'argent public, avant son invasion par le monde de la mode, pensant aux livres écrits depuis sur cette villa et son architecte, Mallet-Stevens, je ne peux que partager cette interrogation de François Carrassan sur l'imposture qui est à l'oeuvre dans ce lieu aujourd'hui tant dans le récit qui en est fait, révisionniste à souhait, que dans l'usage dominant du lieu, réservé aux "mondains" d'aujourd'hui, dont l'inculture insolente fait plaisir à être démasquée.

du château Saint-Bernard (50 ans) à la Villa Noailles (50 ans), ça ne fait pas 100 ans mais deux fois 50 (JCG)

JCG, alias assaisonneur ou grossel

la rédaction de cet article va de 2015 à 2025

c'est un travail d'épitaphier

du château Saint-Bernard (50 ans) à la Villa Noailles (50 ans), ça ne fait pas 100 ans mais deux fois 50 (JCG)
du château Saint-Bernard (50 ans) à la Villa Noailles (50 ans), ça ne fait pas 100 ans mais deux fois 50 (JCG)
du château Saint-Bernard (50 ans) à la Villa Noailles (50 ans), ça ne fait pas 100 ans mais deux fois 50 (JCG)
du château Saint-Bernard (50 ans) à la Villa Noailles (50 ans), ça ne fait pas 100 ans mais deux fois 50 (JCG)

du château Saint-Bernard (50 ans) à la Villa Noailles (50 ans), ça ne fait pas 100 ans mais deux fois 50 (JCG)

HYERES / VILLA NOAILLES / 26 AVRIL 2003 /

Inauguration de la Villa Noailles restaurée par Jean-Jacques AILLAGON, Ministre de la Culture, en compagnie d’Hubert FALCO, Secrétaire d’Etat aux personnes âgées, Président de TPM et Maire de Toulon, et de Léopold RITONDALE, Maire de la Ville d’Hyères /

La Villa Noailles avait 80 ans et la Ville d’Hyères en était propriétaire depuis 30 ans. Savoir que dans cet intervalle la Villa avait accumulé les aléas de la vie : construction / célébrité / scandale / séparation / mondanités / déclin / abandon / vente / squat / ruine. Jusqu’à ce que la Ville d’Hyères se décide à la restaurer. Une aventure dont j’aurai un temps été un des acteurs. 

Mais aujourd’hui, vingt ans plus tard, le récit que la Villa fait d’elle-même me paraît s’être éloigné de son histoire véritable en préférant se raconter des histoires. En révisant le réel. En idéalisant les figures de ses commanditaires et leur vouant un culte quasi-religieux. On lit aujourd’hui dans un magazine que son directeur est « le fils spirituel de Marie-Laure ». Tant qu’on y est, pourquoi pas la réincarnation ? Mais à sa place je me méfierai, quand on sait comment tout a fini. (F.C.)

Photo de Man Ray

Photo de Man Ray

Dans les parages du centenaire de la Villa Noailles (la première construction date de 1925), l’excellente biographie que LAURENCE BENAÏM a consacré en 2001 à Marie-Laure de Noailles : « la vicomtesse du bizarre », vient d’être rééditée (Tallandier, 2023 / 12 €). Une biographie qui a le mérite de ne rien dissimuler d’une vie plutôt tumultueuse qui commence dans la distinction d’une aristocrate de la haute et qui finit, façon « mère Ubu », avec les boulomanes d’Hyères ou les soixante-huitards de l’Odéon. C’est la pente des choses. Un peu comme pour la Villa elle-même qui sitôt construite connut un bref âge d’or et puis qui, à partir de 1932, entra dans un lent mais fatal déclin. Jusqu’à l’abandon. Jusqu’à sa mise en vente, à la mort de la vicomtesse, en 1970. Où l’on voit que cette villa des Noailles, aujourd’hui bizarrement célébrée, fut liquidée en moins de 50 ans. Et où il faut bien se dire que, sans la Ville d’Hyères qui fit le choix de l’acheter en 1973 et, plus tard, de la restaurer, il n’en serait rien resté. (F.C.)

Photo de Man Ray

CENT ANS, ET ALORS ?

 

 

Notes pour le centenaire de la Villa Noailles

 

Pour tenter de définir son objet, si cela se peut

______________

 

 

 

  1. Cent ans depuis quand ?
  1. Acquisition du terrain le 21 janvier 1923 ;
  2. Première lettre connue de Noailles à Mallet-Stevens datée du 25 juin 1923 ;
  3. Premiers plans descriptifs en janvier 1924 ;
  4. Commencement du chantier en mai 1924 ;
  5. Premier séjour des Noailles en novembre 1925.

 

 

  1. Que faire d’un tel centenaire ?

Pourquoi pas l’occasion, au-delà des fantasmes et des clichés dont le lieu continue d’être l’objet, de dire le vrai, le vrai de son histoire et de ses acteurs ?

Le vrai d’un centenaire qui est en réalité double, au sens où il n’est que la réunion de deux cinquantenaires séparés.

Un cinquantenaire de 1923 à 1973, celui de la Villa Noailles propriété privée des Noailles, qui va de sa construction à son abandon.

Et un cinquantenaire de 1973 à 2023, celui de la Villa Noailles vendue à la Ville d’Hyères et devenue propriété publique, qui va de sa restauration à sa réutilisation.

Et ce n’est pas la même histoire.

 

  1. La figure aléatoire des Noailles devrait-elle être à nouveau fêtée au cœur de ce centenaire ? Un gros ouvrage commandité en 20181 a déjà tenté de les immortaliser en « mécènes du XXème siècle ». Mais, dénué de sens critique, il en est ressorti une hagiographie à la gloire d’un couple riche et oisif, impatient de s’amuser, en lequel les auteurs s’émerveillent de voir d’innocents mécènes tous azimuts. Mais c’est un conte de fée pour la veillée des chaumières.

Surtout que la Villa d’Hyères deviendrait vite le lieu de leur naufrage.

 

  1. Mais le plus drôle est que nos hagiographes de service, tout à leur idée fixe, vont laisser entendre que la vente de la Villa à la Ville en 1973, c’est encore du mécénat. Prétextant qu’elle fut vendue au prix des Domaines. Or c’est faux, selon l’acte de vente lui-même et le fait que le Conseil Municipal dut autoriser l’augmentation de ce prix. Mais ils insistent. Le sens de cette vente n’est pas dans la vente elle-même, car il faut comprendre qu’avec elle le vicomte lègue en réalité « un héritage spirituel ».  Et ils osent même le coup du legs « aux générations futures ». « Spirituel » en plus, ce qui ne coûte pas cher. Drôles d’historiens ! Tout ça pour maquiller la vente d’une maison abandonnée. Avec pour finir une chute à l’effet comique garanti : « Et si le vicomte n’effectue certes pas un don, il est possible d’y voir un acte de transmission, si ce n’est un dernier acte de mécénat.2 » Du mécénat payant en quelque sorte…

 

  1. En vérité la villa fut mise en vente au lendemain de la mort de la vicomtesse en 1970. France Soir3 titra : Le château de Marie-Laure est à vendre. Car, y lisait-on, le vicomte ne tient pas à conserver cette demeure. C’était « le royaume de sa femme ». Depuis les années d’après-guerre, quand les moeurs s’y relâchèrent, loin du temps si bref où l’avant-garde artistique y était accueillie, jusqu’au scandale de L’Âge d’Or. Et puis cela faisait 40 ans que le couple s’y était séparé. La maison fut donc vidée de ses meubles, objets et œuvres d’art, et vendue dans un état de délabrement avancé. Quelle transmission !

 

  1. Une seule sculpture ne fut pas emportée : le Monument au chat d’Oscar Dominguez. Du fait certain qu’elle pesait 3 tonnes, mais aussi parce que son auteur, dans les années 1950, fut l’amant officiel de la vicomtesse avec laquelle ils formèrent un couple détonnant digne d’une performance surréaliste4.

La ville en devint donc propriétaire et dut l’extraire de la Villa au moment du premier chantier de sa restauration, vers 1988. Elle fut ainsi coffrée et stockée dans une cour municipale  dans l’attente d’un lieu à sa mesure. Chose (enfin) faite en 2020, où elle a été installée au cœur du jardin de La Banque / Musée des cultures et du paysage.

Créée en 1953, on pourrait fêter ses 70 ans  en 2023.

 

  1. Mais alors pourquoi ne pas faire de la maison elle-même l’objet d’un tel centenaire ? La première maison construite d’un jeune architecte moderne et raffiné, jusque-là architecte-décorateur de cinéma, Rob Mallet-Stevens. Promis à un brillant avenir, il  a été recommandé pour son goût et son imagination au vicomte.

Oui mais voilà, si le vicomte voulait un architecte, il ne voulait pas d’architecture. L’architecte, c’était pour l’image et le standing, et il serait à ses ordres. Le malentendu fut immédiat. Le vicomte fit ainsi démolir en plein chantier une tour qui figurait l’axe central à partir duquel les cubes de la façade devaient se développer. Mallet-Stevens, désemparé, lui écrivit : « Je vous en supplie n’y touchons pas ; j’ai fait des croquis pour m’imaginer la maison sans la tour et l’on obtient alors un ensemble sans relief, sans silhouette et sans expression.5 » Un jugement sans appel qui pourrait surprendre l’actuel directeur de la Villa émerveillé par « ce lieu magique, extraordinaire de beauté, dont Robert Mallet-Stevens a si bien su ciseler les façades.6 »

Mais rien n’y fit. Mallet-Stevens dut s’incliner. C’était sa première commande. Malgré quoi des éléments significatifs de son vocabulaire purent s’exprimer et quelques gestes remarquables être produits7. Noter ici qu’au-delà du programme initial,  les Noailles se sentant à l’étroit, la maison ne cessa de s’agrandir et s’étendit jusqu’en 1932 au gré du terrain, sans plan et sans Mallet-Stevens.

 

 

 

Si bien qu’à l’arrivée, la Villa Noailles reste  le nom d’un ensemble hétéroclite, incohérent, sans la moindre unité architecturale.

Rien à voir avec la Villa dont Paul Cavrois, à Croix, confierait la réalisation à Mallet-Stevens en 1929. Premier chef d’œuvre de l’architecte qui, laissé libre de son génie et de son geste, réalisa « une œuvre d’art totale ». On ne peut pas tout avoir.

 

 

 

 

  1. Mais un autre moment de ce centenaire mériterait d’être retenu,  par lequel s’ouvre son second cinquantenaire, quand la ville d’Hyères est devenue propriétaire de la Villa actant la chute de la maison historique des Noailles au bout de cinquante ans. Une autre histoire commence dont l’enjeu majeur va être la restauration de ladite maison vendue en piteux état.

 

 

Car, après un premier chantier partiel et sans lendemain (1988-1989), la Ville va prendre la décision de devenir le maître d’ouvrage de la restauration de l’ensemble du bâtiment menaçant ruine. Un geste politique radical en faveur d’un chantier qui va s’étendre de 1995 à 2003. J’ai été un acteur  de cette restauration. Chargé par le maire d’alors, Léopold Ritondale, de mener toutes les actions utiles à sa réussite, avec le soutien officiel des institutions, et de les défendre devant le Conseil Municipal.

Pour mémoire, cette mission a été remplie.

Les partenaires institutionnels mobilisés, un plan de financement public (Etat/Drac, Région, Département, Ville) a été validé et le chantier de la restauration est allé à son terme.

Un projet de réutilisation de la Villa restaurée a dû être défini. Pour le porter, l’Association « Villa Noailles » a été constituée avec Didier Grumbach, son premier président. Le Festival des Jeunes Stylistes (créé à Hyères en 1985) sera le moteur du projet qui reposera sur l’Alliance de l’Architecture, de la Photographie, du Design et des Arts de la Mode. Voté par le Conseil Municipal et approuvé par tous les partenaires.

Quant au directeur de la Villa, son choix a été arrêté au Palais Royal par François Barré alors Directeur de l’Architecture et du Patrimoine. Didier Grumbach m’accompagnait et a été témoin de mon intervention quand j’ai présenté le candidat de la ville, face à un concurrent. C’est ainsi que la candidature de Jean-Pierre Blanc a été retenue. C’était le 22 avril 1999.

Le projet allait pouvoir se réaliser et une nouvelle aventure se vivre à la Villa Noailles.

Jean-Jacques Aillagon, Ministre de la Culture, est venu en 2003 applaudir cet exploit de la ville d’Hyères. Juste l’année du transfert bureaucratique de la Villa Noailles à la communauté d’agglomération TPM, quand la ville en perdrait la maîtrise.

 

  1. Aucune histoire  n’a jamais coulé à la façon rêvée d’un fleuve tranquille. Celle de la Villa Noailles, avec ses hasards et ses ruptures, comme les autres. Son centenaire, en quête d’un objet culturellement crédible, pourrait être ainsi l’occasion d’un exercice de lucidité. Utile à l’intelligence de son action présente.  En sachant qu’on ne peut entrer deux fois dans le même fleuve. Que la Villa de Charles et Marie-Laure a cessé d’exister pour toujours. Que sa restauration n’est pas une résurrection. Et qu’il est vain de faire croire qu’on y serait revenu à la case départ pour y perpétuer une « œuvre » qui, sauf abus de langage, n’a jamais existé.

 

François Carrassan / 2022

 

 

Notes /

 

  1. Charles et Marie-Laure de Noailles, Mécènes du XXème siècle, Bernard Chauveau, 2018
  2. Ibid, pp. 323-324
  3. France Soir, 13 février 1970
  4. Laurence Benaïm, Marie-Laure de Noailles / Vicomtesse du bizarre, Grasset, 2001, pp. 465-476
  5. Cécile Briolle, Rob Mallet-Stevens, Editions Parenthèses, 1990, p. 41
  6. Charles et Marie-Laure de Noailles, op. cit., p.8
  7. François Carrassan, Une petite maison dans le midi, Editions de L’Yeuse, 2003, pp. 7-13
de la dernière fête au château Saint-Bernard en 1932 avec Bunuel, Giacometti et la girafe surréaliste, disparue dans la nuit, jamais retrouvée aux  bimbos gonflables Diesel, vandalisées lors du 37e Festival de mode, de photographie et d'accessoires du 13 au 16 octobre 2022, à la villa Noailles
de la dernière fête au château Saint-Bernard en 1932 avec Bunuel, Giacometti et la girafe surréaliste, disparue dans la nuit, jamais retrouvée aux  bimbos gonflables Diesel, vandalisées lors du 37e Festival de mode, de photographie et d'accessoires du 13 au 16 octobre 2022, à la villa Noailles
de la dernière fête au château Saint-Bernard en 1932 avec Bunuel, Giacometti et la girafe surréaliste, disparue dans la nuit, jamais retrouvée aux  bimbos gonflables Diesel, vandalisées lors du 37e Festival de mode, de photographie et d'accessoires du 13 au 16 octobre 2022, à la villa Noailles
de la dernière fête au château Saint-Bernard en 1932 avec Bunuel, Giacometti et la girafe surréaliste, disparue dans la nuit, jamais retrouvée aux  bimbos gonflables Diesel, vandalisées lors du 37e Festival de mode, de photographie et d'accessoires du 13 au 16 octobre 2022, à la villa Noailles

de la dernière fête au château Saint-Bernard en 1932 avec Bunuel, Giacometti et la girafe surréaliste, disparue dans la nuit, jamais retrouvée aux bimbos gonflables Diesel, vandalisées lors du 37e Festival de mode, de photographie et d'accessoires du 13 au 16 octobre 2022, à la villa Noailles

quelques livres sur la Villa Noailles et Robert Mallet-Stevens
quelques livres sur la Villa Noailles et Robert Mallet-Stevens
quelques livres sur la Villa Noailles et Robert Mallet-Stevens
quelques livres sur la Villa Noailles et Robert Mallet-Stevens
quelques livres sur la Villa Noailles et Robert Mallet-Stevens
quelques livres sur la Villa Noailles et Robert Mallet-Stevens
quelques livres sur la Villa Noailles et Robert Mallet-Stevens

quelques livres sur la Villa Noailles et Robert Mallet-Stevens

Me souvenant de ma visite de la Villa Noailles en pleine dégradation, sous la conduite éclairée de François Carrassan, ce devait être vers 1986-1987, et pensant au combat que fut sa réhabilitation avec de l'argent public, avant son invasion par le monde de la mode, pensant aux livres écrits depuis sur cette villa et son architecte, Mallet-Stevens, je ne peux que partager cette interrogation de François Carrassan sur l'imposture qui est à l'oeuvre dans ce lieu aujourd'hui tant dans le récit qui en est fait, révisionniste à souhait, que dans l'usage dominant du lieu, réservé aux "mondains" d'aujourd'hui, dont l'inculture insolente fait plaisir à être démasquée.

JCG, alias l'assaisonneur ou grossel

Villa Noailles / Exposition permanente

Avec le souvenir de mon engagement pour la restauration de la Villa Noailles, on me demande parfois ce que je pense de l’actuelle exposition permanente qui s’y tient et s’intitule

Charles et Marie-Laure de Noailles / une vie de mécènes

Je fais alors observer que son titre est mensonger et qu’il est paradoxal de vanter le mécénat des Noailles dans un lieu qu’ils ont abandonné et qui a été sauvé de la ruine par l’argent public.

Sans savoir qui a validé ce projet ni sur la base de quelle expertise, voici donc ces notes qui invitent à un curieux constat :

UN FANTASME MONDAIN

1. L’exposition est principalement faite d’images, de reproductions, de fac similés, de photocopies en quantité. On se croirait dans un centre de documentation pédagogique.

Malgré le design appliqué de la présentation, cela saute aux yeux. L’amateur d’art voit qu’il n’y a pas grand-chose à voir et bien trop à lire. « Une coquille vide », comme on l’entend dire.

Sauf les Noailles photographiés ici et là en compagnie de telles ou telles personnalités. On pense aux trombinoscopes des magazines people qui montrent des happy few posant entre eux lors de soirées réservées. Souriants et contents de leur sort. Mais un mécène n’est pas une œuvre d’art.

2. L’exposition se tient dans la partie dite primitive de la villa, celle dont on est sûr que l’architecte en fut Rob. Mallet-Stevens, celle qui fut construite en 1924 et agrandie en 1927.

C’était une petite maison d’habitation avec de petites pièces en petit nombre, et tout y paraît aujourd’hui d’autant plus petit qu’on en a fait sans adaptation un espace ouvert au public et ainsi très vite saturé. A l’évidence, la contradiction des usages n’a pas été surmontée.

Reste que l’architecte, dans l’exposition, occupe la place du pauvre, à l’écart et à l’étroit, dans un recoin d’à peine 5 m2… Rien sur son rôle dans l’histoire de l’architecture, alors même que cette maison délibérément moderne constitue un manifeste radical. Rien sur ce geste qui intègre la maison aux ruines médiévales alentour et lui donne son esprit malgré Charles de Noailles qui, peu porté sur l’architecture, l’aura empêché d’aller au bout de son projet. Rien sur l’UAM, l’Union des Artistes Modernes, qu’il allait fonder en 1929.

3. Le titre de l’exposition laisse croire que Charles et Marie-Laure de Noailles formèrent un couple uni dans le même amour désintéressé de l’art et qu’ils menèrent côte à côte une vie de mécènes, jour après jour au service de l’art…

Or, s’ils se marièrent bien en 1923, recevant en cadeau le terrain de leur future maison d’Hyères, le couple ne dura guère, perdu entre les tendances de l’un et les attirances de l’autre, et connut assez vite une séparation de fait.

En 1933, Marie-Laure rejoint Igor Markévitch en Suisse. Charles, lui, a cessé à cette époque de s’intéresser à la chose moderne et sa femme s’occupera seule de la maison d’Hyères après la guerre. Il se retirera ainsi à Grasse dans une bastide du XVIIIème siècle, acquise en 1923, où il s’adonnera à l’horticulture.

Cette réalité, ici absente, ne correspond évidemment pas à l’intention de l’exposition.

4. Quant au lieu même de l’exposition, la propre villa des mécènes à l’affiche, son histoire n’est que partiellement évoquée et seulement sur la période qui convient au concept de l’exposition.

Car si cette maison fut effectivement ouverte à la création artistique, cela ne dura guère. Dès 1933 la vicomtesse écrivait en effet : « Nous démodernisons la maison. » C’est que le « couple » avait été refroidi par le scandale de L’âge d’or survenu en 1930, principalement le vicomte qui avait payé le film de Luis Buñuel et, naïvement, n’avait rien vu venir…

C’est vrai aussi que leur « aventure moderne » doit beaucoup au fait qu’ils étaient alors, comme l’écrira Charles, jeunes et impatients et qu’il fallait selon lui que tout soit amusant. Leur fortune héritée faciliterait les choses.

Et quand il invita Man Ray à venir tourner à Hyères en 1928, un tel geste, apparemment en faveur du cinéma naissant, reposait aussi sur le désir manifeste de faire voir sa maison.

Ainsi cette aventure, portée par la volonté évidente de se distinguer, n’excéda pas dix ans. Et, comme pour l’accompagner sur sa pente, la maison elle-même empiriquement bâtie se dégrada lentement, se fissura et prit l’eau. Un processus qui s’accéléra après la guerre quand le bâtiment cessa peu à peu d’être entretenu.

Et c’est durant ces années 50-60 que Marie-Laure de Noailles en fit sa demeure. Une demeure improbable où, dans une ambiance passablement décadente, elle entretenait une faune hétéroclite dont la rumeur locale se plaisait à imaginer les galipettes sexuelles.

Toujours est-il qu’aussitôt après sa mort, en 1970, le vicomte mit la maison en vente dans un très piteux état et fit en sorte que la ville d’Hyères pût l’acheter. Marché conclu en 1973. « C’était à ses yeux le royaume de sa femme », comme l’écrivait alors France Soir. Mais son image avait quand même dû se dégrader pour que, plus tard, quand la Ville entreprit de restaurer la maison, ses descendants ne souhaitent pas qu’on l’appelle « Villa Noailles »…

5. Car c’est bien la Ville d’Hyères qui allait entreprendre sa restauration avec le soutien de l’Etat. Et c’est bien avec le seul argent public qu’on paierait son long et coûteux chantier.

Aussi n’est-ce pas le moindre paradoxe de cette exposition, d’être consacrée à l’éloge illimité du mécénat des Noailles dans un lieu qu’ils ont abandonné à sa ruine. Un point de l’histoire ici passé sous silence.

6. Nul doute cependant que ce « couple » d’aristocrates décalés, au temps de sa jeunesse libre et argentée, en rupture avec la bien-pensance et son milieu d’origine, aura attiré l’attention et soutenu quelques artistes « émergents ».

Aucun doute non plus sur la générosité de Charles de Noailles dont Luis Buñuel témoignait volontiers et avec lequel il resta en relation bien après l’âge d’or de leur (més)aventure commune.

Mais rien qui permette sérieusement de voir au cœur du « couple » le projet construit de mener une vie de mécènes au nom d’on ne sait quelle exigence artistique, comme tente de le faire croire la page imprimée à l’usage des visiteurs de l’exposition.

7. Une vie de mécènes, c’est en effet le titre de ce document indigeste qui apparaît comme le support théorique de l’exposition. Un discours d’autojustification prétentieux qui se résume à un postulat, sans cesse répété, celui de « l’extraordinaire mécénat» des Noailles. Un mécénat non stop de 1923 à 1970, selon l’auteur…

(Même si cette déclaration est contredite par le texte d’introduction à l’exposition qui parle du « ralentissement » de ce mécénat après 1930…)

8. Et, dans ce drôle de galimatias, on peut lire pêle-mêle :

que les Noailles ont élargi la définition du mécénat; qu’ils ont saisi que la modernité c’est le collage (…), un partage entre plusieurs influences; que Marie-Laure de Noailles opère plus ou moins consciemment une confrontation quasi-systématique entre basse et haute culture; que Charles de Noailles saisit intuitivement que les révolutions intellectuelles à venir ne se construiront pas seulement sur l’héritage surréaliste… qu’ils sont au cœur de la modernité. Ou plus exactement des modernités; qu’ils ont choisi de vivre non pas au cœur de l’avant-garde, mais des avant-gardes (c’est moi qui souligne). Probablement l’auteur est-il égaré par son admiration pour ces illustres personnages, mais dans un « Centre d’art » il est regrettable de voir une telle confusion intellectuelle se donner libre cours.

Est-ce l’effet de l’absence d’un conservateur et d’un véritable projet scientifique et culturel ?

9. De fait l’exposition a un petit côté grotte de Lourdes. On pourrait s’y croire dans un sanctuaire réservé au culte de Charles et Marie-Laure de Noailles. Où le moindre souvenir, survalorisé, a pris la dimension d’une relique.

10. Culturellement, on pourrait s’inquiéter :

d’un tel défaut de distance critique. d’une adhésion si totale à une histoire à ce point « arrangée » et présentée au visiteur comme une vérité admirable et définitive. d’une telle tendance à la vénération comme on en voit dans les fan-clubs, où tout ce qui touche à votre idole, par le seul fait d’y toucher, devient infiniment précieux. 11. L’exposition a donc échafaudé un conte bleu. Tout y est sucré, propre et lisse. Charles et Marie-Laure veillent sur l’art. Les touristes sont invités à se recueillir.

12. On mesure comme on est loin de la vérité du commencement. Quand on sait qu’en ce lieu très privé fut autrefois fêtée une sorte d’insoumission et que la maison brilla rien que pour le plaisir passager des Noailles et de leurs invités jouant à une autre manière de passer le temps.

Charles de Noailles, à la fin de sa vie, avait pourtant tout dit de cette époque disparue : « Nous aimions nous amuser avec des gens intelligents et de valeur.

François Carrassan / Mai 2015

VILLA NOAILLES / DANS LE MUR DES COMPTES / (1) by François Carrassan sur FB, le 3 mai 2025 à 14 H 42
J’ai écrit Si Noailles m’était contée* en 2023 pour rétablir la vérité de l’histoire en opposition à l’annonce tapageuse et mensongère d’un Centenaire de la Villa Noailles que ses actuels occupants avaient décidé de fêter cette même année.
Alors que cette ancienne propriété des Noailles a été liquidée en moins de 50 ans. Je n’y reviens pas et je mets au défi quiconque de réfuter cela.
Je terminais mon livre en résumant ainsi l’étrange trajectoire de ce lieu éphémère : une maison privée, abandonnée à la ruine et vendue à la Ville d’Hyères toute splendeur perdue, restaurée ensuite avec le seul argent public, et à présent réutilisée par une association, sans droit ni titre, qui se complaît dans la célébration des propriétaires qui l’ont abandonnée.
Un étrange usage de l’argent public, écrivais-je, au service d’un culte idolâtre.
Mais j’ignorais alors combien d’argent était en jeu.
Or des chiffres viennent d’être présentés par l’association lors de son assemblée du 3 avril 2025, et tels que celle-ci pourrait s’en inquiéter quand il s’agissait aussi de faire mousser un faux centenaire. Ne serait-ce que ça…
Voici donc le montant des budgets 2023 et 2024, supposés "sincères", qui atteignent à égalité 6.430.000 € (cf. le tableau ci-joint signé par la présidente de l’association).
S’y trouvent de nombreux financeurs publics (Etat, Région, Métropole, Département, Communes) et privés.
Mais qui décide et qui laisse faire ?
Avec, par exemple, une ligne sensible intitulée « Déplacements, Missions, Réceptions » qui affiche 1.203.575 € en 2023 et 995.000 € en 2024.
On dirait une ligne pour la belle vie, voyages, aventures et fêtes… Une porte ouverte… Par qui ? Au profit de qui ?
Et la question immédiatement se pose du contrôle de la dépense quand l’argent semble si facile. Qui contrôle quoi ?
Je n’ai pas la réponse, sauf le doute que tout se soit passé, et depuis longtemps, « à la bonne franquette ». Entre soi.
*Edité par Les cahiers de l’égaré, 2ème édition 2025, en librairie et sur toutes les plateformes.
Photo Bernard Plossu / Villa Noailles, chantier de restauration / 2002 /
Villa Noailles à Hyères/un fantasme mondain/François Carrassan
Villa Noailles à Hyères/un fantasme mondain/François Carrassan
Villa Noailles à Hyères/un fantasme mondain/François Carrassan
VILLA NOAILLES / A LA BONNE FRANQUETTE / (2) by François Carrassan, sur FB, le 7 mai 2025 à 10 H 22
En 2022, après que la Villa Noailles fut devenue « Centre d’Art », ignorant tout de l’organisation dudit « centre », j’ai formulé des questions élémentaires sur son mode de fonctionnement :
1. Sous quelle forme juridique ce « Centre » est-il administré, et par qui ?
2. Est-ce directement par la Métropole TPM ?
3. Si non, La Métropole a-t-elle délégué sa gestion ?
4. Si oui, selon quelle procédure le délégataire a-t-il été choisi ?
5. Dans tous les cas, qui est responsable de sa programmation ?
6. A qui l’argent public est-il versé ?
7. Dans tous les cas, qui contrôle les comptes ?
Des questions banales, mais logiques en face d’un budget qui atteignait déjà les 5 millions d’euros.
Pour la petite (?) histoire, je les ai transmises à la Direction de TPM le 9 mars 2022, et les ai fait connaître à la présidente de l’association le 17 mars.
La présidente ne m’a pas répondu, mais j’ai reçu de TPM la réponse suivante le 23 mars :
« Il n’y a pas de DSP nous liant à l’association Villa Noailles. Celle-ci nous propose chaque année un programme d’activités, nous nous voyons plusieurs fois dans l’année pour faire un point sur les actions et les demandes de subventions aux autres partenaires. »
Ce fut tout. Comment faire aussi bref en pareille matière ? Dans le genre : circulez, y’a rien à voir...
Mais j’ai compris alors que ces questions, personne ne (se) les posait. Et, plus étrange, qu’aucun financeur public ne trouvait à redire au fait de laisser une association 1901, sans droit ni titre, sans aucun représentant de la puissance publique, jouer avec des millions qui n’étaient pas les siens.
Se représenter alors une telle situation reconduite chaque année dans l’espace public… Et même amplifiée, jusqu’à l’arnaque du faux centenaire de 2023 ! Et à présent avec un budget (« supposé sincère ») pour 2025 encore en augmentation à 6.569.000 € ! Insensé, non ?
VILLA NOAILLES / L’AVEU / (3) by François Carrassan, sur FB, le 8 mai 2025 à 9 H 53
L’assemblée de l’association « Villa Noailles », le 3 avril dernier, eut à se prononcer sur 14 résolutions.
On pense aux mauvais élèves d’autrefois qui, pour repartir du bon pied, devaient prendre « de bonnes résolutions ». Car, cette liste d’apparence neutre laisse vite entendre le « mea culpa » d’une association à présent penaude.
Qu’on en juge avec 3 d’entre elles, les R11, R10 et R9 dont les intitulés disent en creux tout du désastre survenu :
R11 / sur « la nouvelle gouvernance de l’association »
R10 / sur « le circuit des engagements de dépense »
R9 / sur « la trajectoire financière 2026-2030 »
Car il s’agit là précisément de tout ce qui n’a jamais existé. La gouvernance c’était le caprice. Le circuit de la dépense c’était le bon plaisir. Et la trajectoire financière ce ne fut rien que la dérive des comptes jusqu’à nous.
Deux questions accessoires :
- Peut-on faire seulement passer cela (autant d’argent public méprisé) par profits et pertes ?
- Reprend-on les mêmes pour à présent gouverner, dépenser et s’orienter ?
Et une question provisoire :
- Quel événement a-t-il produit ces résolutions inattendues ? Quelle alarme a-t-elle retenti ? Après tant d’années fastes et trompeuses, comment réalise-t-on soudain que le roi est nu ? Et que ça ne peut plus durer ?
Avec une réponse incertaine :
- Il se pourrait qu’un mal plus grand encore que ce que disent les budgets soit apparu au point qu’on ne peut plus faire avec, précipitant le repentir des associés. Le saura-t-on ?
Premier chantier de restauration / 1988 / Photo Hans Domenig / La voie s’écarte du bon chemin / 1990
Premier chantier de restauration / 1988 / Photo Hans Domenig / La voie s’écarte du bon chemin / 1990

Premier chantier de restauration / 1988 / Photo Hans Domenig / La voie s’écarte du bon chemin / 1990

VILLA NOAILLES / A L'HEURE DU SCANDALE / (4) by François Carrassan, sur FB, le 8 mai 2025 à 23 H 23
EXCLU - QUI VA PAYER ? LA GESTION FINANCIERE DE LA VILLA NOAILLES ETRILLEE PAR LE MINISTERE DE LA CULTURE /
FRANCE BLEU / ICI PROVENCE
PAR CHRISTELLE MARQUES
Publié le jeudi 8 mai 2025 à 20:21
Le Ministère de la culture pointe du doigt dans un rapport communiqué mi-mars aux collectivités qui subventionnent l'association, la gestion calamiteuse mise en place par la direction de la villa Noailles à Hyères, avec notamment une dette « fournisseurs » de plusieurs millions d’euros.
« Je me souviens d’un discours que Jean-Pierre Blanc avait prononcé sur le devoir d’exemplarité parce qu’on travaillait avec de l’argent public. Quand je l’entendais dire ça alors que je voyais ses frasques, et que tout le monde se plaignait déjà de ne pas être payés, c’était hallucinant » confie un des ex-collaborateurs du directeur de la villa Noailles.
Le Ministère de la culture vient de dire stop. Dans un rapport présenté mi-mars en visio-conférence à des représentants de collectivités qui subventionnent l’association qui chapeaute le centre culturel, il est notamment question de frais de représentation exorbitants, de dépenses onéreuses. Selon nos informations, la Direction Régionale des Affaires Culturelles indique que la Villa Noailles doit revenir à ses fondamentaux et économiser près de 800 000 euros par an. Le ministère préconise par ailleurs la nomination d’un directeur financier. Et ce qui est particulièrement pointé du doigt, ce sont les dépenses de déplacement, de mission et de réception. Plus d’1, 2 million d'euros en 2023. A la tête de la villa Noailles, Jean-Pierre Blanc qui mènerait, semble–t il grand train avec des notes de taxi exorbitantes, et des factures d’hôtel à Paris ou des thalasso payées avec les cartes de crédit de la Villa Noailles, tout ça, avec un salaire dépassant les 10 000 euros par mois. De quoi faire tiquer l'inspectrice. « Quand tu gagnes bien ta vie, tu payes ton taxi » souligne une proche, exaspérée.
Mais comment en est-on arrivé là ?
D’un petit projet de fin d'étude qui n'avait pas d'autre ambition que de monter un défilé de mode pour les commerçants de Hyères, l'idée de Jean-Pierre Blanc a rapidement séduit Léopold Ritondale, pour devenir un festival européen de la mode. A la tête de l’association qui gère depuis quelques années la villa Noailles, l'homme est parvenu en quelques années à en faire un évènement internationalement reconnu, ramenant des partenaires privés prestigieux comme Chanel notamment. « On ne peut pas lui reprocher de ne pas aller chercher l’argent. Son problème, c’est que s’il va chercher 1000 euros, il en dépense 2000 » confie un autre collaborateur.
L’association est en partie subventionnée par des fonds privés pour près de 2,4 millions d’euros, selon le budget prévisionnel 2024 qu’Ici Provence a pu consulter. Mais surtout, elle vit grâce à des fonds publics. Les villes de Hyères et Toulon mettent la main à la poche, tout comme la Métropole, la Région, le conseil départemental et l’Etat pour une enveloppe globale d’un peu plus de 3,9 millions d’euros.
4 millions d'euros : la dette explose
Ce qui interroge, c’est l’ampleur des dégâts. En effet, selon nos informations, en 2024, la « dette fournisseurs » s’élevait à près de 4 millions d’euros. C’est-à-dire que l’association devait 4 millions d’euros à toutes les entreprises qui ont travaillé pour elle. Et elles sont nombreuses. Mais surtout cette dette a plongé dans des profondeurs abyssales très rapidement. Elle n’atteignait « que » 1,2 million d’euros deux ans plus tôt.
Alors c’est vrai que comme dit une proche de Jean-Pierre Blanc « on n’attire pas Chanel si on ne met pas des fleurs partout ». N’empêche qu’il y a de quoi s’étonner. Notamment parce que les collectivités ont semblé découvrir l’ampleur des dégâts lors de la restitution du rapport mi-mars, même si quelques soupçons étaient apparus juste avant. Les fournisseurs se plaignaient tellement de leurs impayés que la rumeur s’était répandue. Pourtant en 2023, François Carrassan**, adjoint à la culture à la mairie de Hyères tente d'attirer l'attention sur un mensonge qui a pourtant bien fonctionné, le fameux centenaire de la villa Noailles. Les 100 ans, on en était bien loin. Mais personne n'y a trouvé à redire, et la fête célébrant un centenaire qui n'a jamais existé a eu lieu. L'élu hyérois en fera même un livre afin de "rétablir la vérité de l'histoire".
Manque volontaire de transparence ou incapacité à gérer ?
Si jusqu'au milieu des années 2010, il est encore possible de trouver des documents comptables, ça se complexifie lorsqu'on s'approche de 2020. Il y avait bien des conseils d’administration qui étaient organisés depuis quelques années mais plus d’assemblée générale. « En tout cas, la dette n’apparaissait jamais dans les tableaux comptables qui étaient remis » rapporte une autre source. Autre constat, une association doit nécessairement transmettre un compte-rendu financier lorsqu’elle fait une demande de subvention à une collectivité. Or, selon des documents que « Ici Provence » a pu consulter, le compte- rendu financier de 2022 a été crée en septembre 2024, soit un an trop tard. « Ce n’est pas possible car ce document fait partie intégrante du dossier présenté pour demander une subvention. S’il n’y est pas, c’est quasiment assuré de ne pas obtenir l’argent » détaille un habitué des comptes publics. Pourtant les subventions étaient versées, malgré tout.
« Tout ce que Jean-Pierre Blanc voulait, il l’avait. Le succès lui est monté à la tête. Mais il ne sait pas manager et gérer. Tout le monde savait, notamment les fournisseurs, mais personne n’osait rien dire car il avait une espèce d’aura. Sauf que là, ça va trop loin. Il faut que cela cesse car des professionnels, et des personnes se sont retrouvés en difficulté. On peut être généreux, mais pas avec l'argent des autres » conclut un autre ancien membre de la Villa Noailles.
En attendant, Jean-Pierre Blanc a réuni ses équipes il y a quelques semaines, en leur précisant qu’il allait falloir faire des économies, que les visites seraient sans doute payantes. Cela n’empêchera pas les festivités du 40ème anniversaire du festival de la mode, de la photographie, et de l’accessoire de se tenir en octobre. « Show must go on » comme on dit. La ville de Toulon a d’ailleurs récemment voté une subvention augmentée pour l’évènement, la passant de 30 000 euros par an à 90000 euros pour 2024.
Car de l’avis de certains observateurs, pas question que cet évènement de qualité disparaisse. Jean-Pierre Giran, le maire de Hyères le confiait à Ici Provence il y a quelques temps : « ce festival permet à la ville et à la Métropole de rayonner internationalement. Le risque c’est que cela n’existe plus. » A chacun ses talents, la créativité à ceux qui savent créer, le financier à ceux qui savent compter et surtout gérer. L’inspectrice du ministère de la culture l’a rappelé très clairement dans son rapport, sous peine de ne pas souffler la 41ème bougie.
* Contacté à de multiples reprises, le service communication du ministère de la culture n'a pas été en mesure de répondre à nos questions, malgré l'existence de ce rapport rendu à l'issue d'un audit effectué par une inspectrice du ministère. Par ailleurs, de nombreuses personnes ont souhaité préserver leur anonymat, par souci de protection. Certaines entretiennent encore des rapports professionnels avec la direction de la Villa Noailles, quand d'autres notamment sont employées au sein des différentes collectivités.
** François Carrassan est l'auteur de "Si Noailles m'était contée. Retour au réel" paru en novembre 2023 aux éditions Cahiers de l'Egaré.
VILLA NOAILLES / RETOUR AU DROIT / (5) by François Carrassan, sur FB, le 12 mai 2025 à 18 H 45
« Il y a quelque chose de pourri dans le royaume de Danemark », (Hamlet I, 4). La phrase de Shakespeare s’emploie parfois telle un proverbe quand, dans une affaire, on perçoit « un gros problème sous-jacent ».
Ce pourrait être le cas à la Villa Noailles quand on découvre les données relatives à l’association éponyme (vivant à plus de 60% d’argent public) dans le rapport ministériel présenté en mars 2025.
Parmi lesquelles l’existence d’une dette, jusque-là cachée, de l’ordre de 4.000.000 (quatre millions) d’euros. Une dette faite d’une accumulation d’impayés dans le temps, laissant y voir l’effet d’un système plus que d’un accident.
C’est à l’évidence « le gros problème sous-jacent ».
En effet, tout le temps que cette dette a été cachée, si des documents financiers (bilans ou budgets) ont été produits par l’association en vue d’obtenir une subvention ou un vote, ceux-ci ont, de ce fait, été mensongers et ont pu tromper leurs destinataires.
La question se pose donc ici de savoir :
1. si des infractions de présentation de faux bilan ont pu être commises ;
2. si des budgets ont été volontairement insincères dans leur établissement entraînant des délits de faux et faux en écriture.
Sans préjuger des responsabilités qui l’ont rendue possible, une telle situation conduit objectivement à soulever ces interrogations.
En attendant que le doute soit levé.
Villa Noailles à Hyères/un fantasme mondain/François Carrassan
VILLA NOAILLES - TPM / LE MOMENT 23 by François Carrassan, sur FB, le 20 mai 2025 à 20 H
A. L’article du Monde du 18 mai 2025 se réfère adroitement à un sujet traité il y a deux ans dans Var Matin : le compte-rendu du Conseil Métropolitain du 21 décembre 2023 où un paquet de subventions culturelles a été mis au vote, parmi lesquelles celle de la Villa Noailles d’un montant de 1,8 million d’euros.
B. Un retour en arrière amusant, à l’heure du désastre financier récemment révélé. Sans se douter de rien, le journal pose donc la question qu’appelle un tel montant : la Villa Noailles perçoit-elle trop d’argent public ? Sachant aussi que la générosité de TPM à l’égard de la Villa a souvent paru relever du panier percé.
C. Notre collègue Amaury Navaranne fait observer que c’est certainement trop si c’est pour exhiber des poupées géantes d’inspiration porno dont la subtilité me semble réservée à la branchitude woke. Mais, sans plus d’informations sur la gestion de cet argent, sa remarque très légitime se limite au contenu culturel "bobo" de la Villa que TPM valide sans autre formalité.
D. Il y a plus épineux. Car 2023 a principalement été l’année de la célébration officielle du (faux) centenaire de la Villa Noailles. Un panneau dressé par le directeur du site et dans lequel est tombé tout un petit monde politico-médiatique. J’ai semble-t-il été le seul à dénoncer publiquement cette annonce tapageuse et mensongère destinée à faire la fête. Quand on sait que l’ancienne propriété des Noailles a été liquidée en moins de 50 ans avant d’être abandonnée et vendue. Mais qu’importe l’histoire, qu’importe la vérité, quand seules comptent les photos et la mousse ? En 2023 un centenaire fictif aura donc été célébré, vainqueur d’un sommet de l’imbécillité. Son coût n’a pas (encore) été communiqué.
E. Et soudain, après une inspection ministérielle, un rapport et des articles de presse, on apprend en 2025 l’étendue du naufrage financier de la Villa Noailles avec une dette dissimulée à hauteur de 4 millions d’euros. Et aussi que l’année 2023 a justement été explosive. De sorte qu’à la question de savoir si la Villa Noailles perçoit trop d’argent public, on peut ici répondre sur un mode tragicomique, non, qu’elle n’en perçoit pas assez puisqu’elle dépense sans limite et sans payer, en se moquant du monde. Et c’est un scandale, celui de l’argent public gaspillé, détourné, incontrôlé.
F. Le champagne a tiédi au fond des verres. Les bougies sont éteintes. Un vent de panique souffle à présent sur le système, ses failles, et les responsables qui n’ont rien vu venir. Sauve qui peut ! Des bureaucrates du secteur font des réponses lunaires en face des millions envolés. On lit qu’on voyait un déficit chaque année, oui, mais en oubliant que ça s’additionne ! Que des subventions étaient versées sur la base de pièces vieilles de deux ans et fatalement hors sol… Ambiance pétaudière.
Serait-ce la fin d’une époque ?
Luis Buñuel, L'âge d'or, capture d'écran.

Luis Buñuel, L'âge d'or, capture d'écran.

LE PRESIDENT HOLLANDE A NOAILLES / by François Carrassan, sur FB, le 23 mai 2025 à 19 H 30 H
LE DEBUT DE LA FIN /
1. L’acquisition en 2018 de la Villa Romaine sise à Hyères, 38 boulevard d’Orient, donne une assez bonne idée du système qui entoure alors la Villa Noailles.
Juste savoir ici que l’opération fut menée par TPM au profit de cette dernière. Et c’est de cette époque (après 2015) qu’on peut, me semble-t-il, dater le commencement de la dérive qui va conduire au scandale actuel.
2. La Villa Romaine était la propriété de Jean Joerimann. Un vieil homosexuel raffiné, à l’ancienne. Un misanthrope très drôle. Sa maison XIXème était réputée pour sa décoration intérieure. Mais sa situation encaissée avec un jardin étriqué (agrandi par des trompe-l’œil) était assez peu favorable.
A l’approche de son (vrai) centenaire qui aurait lieu en 2012, Jean Joerimann décida de léguer la Romaine au Château de Versailles : pour qu’elle lui survive. Et puis il eut cent ans en juillet de cette année-là avant de mourir en octobre.
3. Le Château de Versailles tirait le diable par la queue. Il ne fit ni une ni deux, oublia la volonté du défunt, se déplaça à Hyères, vida la maison de ses objets de valeur et la mit en vente. La grande classe.
Côté privé, quelques visiteurs vinrent se rendre compte des difficultés du lieu et, pour 1,8 M€, personne n’en voulut. Versailles baissa à 1,5 M€. Et, côté public, le directeur de Noailles entra dans la danse.
Auprès du Ministère et de TPM, il fit valoir que cette acquisition s’imposait, comme une parfaite opportunité pour la Villa Noailles à l’étroit dans ses murs. Aucune objection.
4. Cela prit une tournure solennelle le 16 mars 2017. François Hollande, en tournée d’adieux, passe par la Villa Noailles. Il vient lui apporter sa bénédiction en lui accordant, au mépris de la procédure, le label « centre d’art contemporain d’intérêt national ». Joli coup de la ministre de la culture. Après quoi il animera un petit conciliabule au sujet de la Villa Romaine avec les éventuels partenaires de son acquisition devenue une évidence… d’intérêt national !
5. Mais la Ville d’Hyères par la voix de Jean-Pierre Giran dira non à ce qui ressemble à une mascarade où on vous embarque malgré vous dans un projet qui vous ignore et dont l’intérêt public vous échappe complètement. Et ainsi pas un sou d’Hyères pour la Romaine, quand on voit clairement alors la Villa Noailles se tourner du côté des gens acquis d’avance à sa cause et peu regardants.
6. Ce moment est encore plus significatif aujourd’hui, à l’heure d’un désastre qu’on croirait surgi de nulle part. Ce désastre financier pourtant si peu excusable qu’il n’aurait pas eu lieu, se dit-on, si la Ville d’Hyères avait gardé le contrôle de Noailles.
Car le label « hollandais » a fait de la Villa Noailles une sorte de vache sacrée, intouchable, indiscutable, à laquelle on n’ose plus dire non. Ni du côté de l’Etat, ni du côté de sa tutelle. Et la Romaine, devenue une proie facile, va donc être achetée en 2018 pour être remise à son directeur. Un cadeau de 1,5 M€. L’emballage disait que c’est pour être : « un espace de conservation du patrimoine contemporain de la Villa Noailles en même temps qu’une maison d’études et d’artistes en résidence. » Entendre alors en italien : si non e vero e ben trovato (si ce n’est pas vrai c’est bien trouvé)…
7. Sauf qu’aucun budget de mise aux normes et d’aménagement d’accueil du public n’a jamais été engagé. Et la Romaine est restée une résidence privée avec ses soirées intimes. Seulement ouverte aux pékins, intérêt national oblige, pour les journées du patrimoine. L’événement sera quand même publiquement fêté au printemps 2019 avec une première exposition remarquée option glauque, explicitement pornographique avec « contenus sexuels déconseillés aux enfants ». Un manifeste du directeur ?
8. C’est donc ici, à mes yeux, que commence véritablement la pente, désormais connue, au bas de laquelle la Villa Noailles a été emportée. Par la porte des fantasmes loin des chemins du réel. C’est rarement voulu. C’est le plus souvent fatal. On ne s’en remet pas.
Luis Buñuel, L'âge d'or, capture d'écran.
 
 
Villa Noailles à Hyères/un fantasme mondain/François Carrassan
VILLA NOAILLES / RIEN NE VA PLUS / by François Carrassan, sur FB, le 1° juin 2025 à 9 H 40 H
Le naufrage de l’Association Villa Noailles s’étale à présent dans toute la presse. On réalise qu’il y avait en elle « quelque chose de pourri » qui l’a fait advenir. Et aussi que sa tutelle directe, la métropole TPM, et ses partenaires institutionnels (dont l’Etat) n’ont rien vu venir.
Les dégâts sont considérables sur tous les plans : financier, éthique, humain.
Sans préjuger des responsabilités ni d’éventuelles poursuites, et pour s’en tenir au seul plan financier, une chose est cependant sûre : l’Association a été le principal artisan de son propre naufrage. C’est elle qui a reçu l’argent, c’est elle qui l’a dépensé, c’est elle qui a accumulé une dette colossale et c’est elle qui l’a dissimulée. Au vu de quoi l’Association que TPM avait chargé d’animer la Villa Noailles s’est totalement discréditée. Un discrédit d’autant plus grand
que l’animation elle-même se réduisit vite à une mousse communicationnelle sur fond de snobisme et d’inculture, au prix aussi du dévoiement de l’histoire du lieu.
UNE REPONSE SIMPLE ET COHERENTE EN 4 POINTS /
1. RUPTURE AVEC L’ASSOCIATION VILLA NOAILLES. Entre TPM et l’Association, aucune délégation de service public. Juste une convention d’occupation. Il convient de la dénoncer et de rompre avec une association qui a fait la preuve de son incurie, dont la « faillite » est sur la table avec la question de sa liquidation judiciaire. Une décision claire qui aurait le mérite de ne pas laisser croire qu’on peut encore bricoler dans un tel échec, a fortiori sur le mode « on prend les mêmes et on recommence ».
2. DEPOLLUTION DES BÄTIMENTS. Au propre et au figuré, sachant que le directeur de l’association ne se priva pas d’y afficher les fantasmes qui dictaient sa conduite. Ou d’y falsifier l’histoire avec la célébration, en 2023, du faux centenaire de la Villa elle-même.
3. CONSERVATION DE LA VILLA ET OUVERTURE AU PUBLIC. En liaison avec le Conservateur Régional des Monuments Historiques et sous la responsabilité de TPM, propriétaire de la Villa, organisation de l’ouverture au public du monument (gardiennage, horaires, tarifs, informations).
4. ELABORATION D’UN PROJET DE MISE EN VALEUR. Sans perdre de vue le fait que la villa est protégée par deux inscriptions à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques datant de 1975 et 1987. Seule raison pour laquelle elle a été restaurée. Et cela au regard du jalon qu’elle représente dans l’histoire de l’architecture du XXème siècle. Rien à voir avec les anecdotes mondaines dont elle a pu être le siège à l’époque des Noailles, ni avec la poudre aux yeux plus récemment produite par les gens de la mode au seul service de leur très lucratif business. Retour donc à l’essentiel qui est la culture et le sens de l’histoire, avec quoi la Villa Noailles, en quête de sa vérité perdue, retrouvera sa place dans le passage du temps.
Villa Noailles à Hyères/un fantasme mondain/François Carrassan
VILLA NOAILLES / QUI VEUT JOUER AVEC DES MILLIONS ? / by François Carrassa, 8 juin à 12 H 00
1. Alors que « l’énorme dérapage financier » de l’Association Villa Noailles s’étalait dans la Presse (4 millions de déficit au soleil), la Directrice Générale des Services de la Métropole TPM répondait au journal Le Monde (28 mai 2025) qui s’étonnait que cela fût possible : « Vous croyez vraiment que, si on avait vu que ça partait en vrille, on n’aurait rien fait ? Que quatre collectivités auraient cherché à étouffer les choses ? » Venant de la personne probablement la mieux informée de la Métropole, cette déclaration est à prendre au sérieux et, notamment les deux affirmations qu’on en retient : a) c’est parti en vrille et b) on n’a rien fait parce qu’on n’a rien vu.
2. Rien ne permet de douter de la bonne foi de la Directrice. Mais il faut alors en tirer les conséquences : on n’a rien vu parce que ça ne se voyait pas, et ça ne se voyait pas parce que c’était caché. Et l’hypothèse se formule que l’Association Villa Noailles a dissimulé autant qu’elle a pu le trou dans lequel les comptes s’enfonçaient. Car on imagine mal la présidente de l’association ignorer cette dérive financière comme le train de vie dispendieux de son directeur dont « la dérive égotique », dixit la Presse, était devenue « toxique ». Et les financeurs ont ainsi continué de financer comme si de rien n’était, au premier rang desquels TPM. Jusqu’à - 4 millions.
3. Et pendant tout ce temps de la dissimulation, alors que des subventions étaient toujours obtenues, une question se pose de savoir si des infractions de présentation de faux bilan ont pu être commises et si des budgets ont été insincères dans leur établissement entraînant des délits de faux et faux en écriture. S’agissant d’argent public, un tel soupçon devrait sous peu être soumis à l’attention du procureur de la République au titre de l’article 40 du code de procédure pénale.
4. Au moment (curieux) où TPM laisse ENCORE l’Association Villa Noailles jouer avec des millions tombés d’on ne sait où. Ne vient-on pas d’apprendre dans Var Matin (6 juin 2025) le remboursement soudain de plus d’un million d’euros par cette même association qui s’est retrouvée en faillite : le message que tout va très bien, qu’on peut circuler et… qu’on nous prend pour des imbéciles.
5. D’autant plus que ce spectacle trouble l’ordre public quand chacun sait combien il est difficile pour une association culturelle de bonne volonté d’obtenir la plus petite subvention et à quels contrôles il faut alors rester soumis. Aussi le sentiment ici criant d’un « deux poids deux mesures » est-il devenu insupportable. Vous avez vu Noailles, des millions au doigt et à l’œil ! Et rien que pour la frime !
Georges de La Tour / Le Tricheur à l'as de carreau, vers 1638 / Musée du Louvre /
Georges de La Tour / Le Tricheur à l'as de carreau, vers 1638 / Musée du Louvre /

Georges de La Tour / Le Tricheur à l'as de carreau, vers 1638 / Musée du Louvre /

NOAILLES / LES DINDONS DE LA FARCE / François Carrassan, 25 juin
Dans le traitement en cours de la dette cachée de l'association "Villa Noailles" (~ 4M€), il y a ce que les gens observent et qui ne passe pas. Les remarques qu’on m’adresse peuvent être ainsi résumées :
a) A quel titre la crise actuelle est-elle gérée par le Ministère de la culture qui, depuis une dizaine d’années, a aveuglément soutenu l’association 1901 « Villa Noailles » ? Quel crédit accorder à ses agents qui se retrouvent ainsi « juge et partie » ?
b) Pourquoi TPM a-t-elle maintenu en place l’association qui a failli ? Est-ce pour mieux laver le linge en famille ?
c) L’excuse (facile) de mauvaise gestion suffira-t-elle pour tourner la page du désastre, sans responsable ni coupable ?
Et pour finir :
d) Si des subventions 2025 ont été versées à l’association AVANT la révélation de la dette cachée, cet argent (public) peut-il à présent être détourné et servir à la rembourser ? Ce qui reviendrait à la faire payer par les contribuables, tels les dindons de la farce.
NOAILLES / ARGENT PUBLIC ET DETTE PRIVEE / 6 VII 2025 / François Carrassan
Il était une fois une association dite « Villa Noailles » dont une dette cachée > 3M€ fut révélée par la Presse le 8 mai 2025…
- Ce fut d’abord la panique de ses financeurs publics (principalement l’Etat et TPM) qui la subventionnaient en toute confiance, telle une vache sacrée.
- Lesquels n’eurent d’autre solution que de prendre aussitôt le contrôle de l’association pour minimiser le désastre et masquer leur impéritie.
- Leur réaction ne tarda pas et, sauve qui peut, l’ordre fut donné de REMBOURSER "les fournisseurs" en rade.
- Le Président de TPM l’annonça lors d’une conférence de presse le 11 juin 2025. Et comme on lui demandait « comment », il répondit : « des dotations des collectivités ont été affectées ». On comprenait alors que ce serait avec des subventions publiques versées en temps utile (avant le 8 mai…) pour le programme culturel 2025.
- Un calendrier de remboursement fut même communiqué : « un million d'euros ont déjà été remboursés. À cette somme, il faudra rajouter 1,5 million d'euros qui seront remboursés avant fin 2025 et encore 700.000 euros avant la fin 2026. »
Tout devenait soudain simple et les millions valsaient aux yeux des observateurs médusés.
Reste un doute sur l’affectation des subventions.
Toutes les associations culturelles savent que les subventions qu’elles obtiennent des collectivités sont versées au nom d’un objet et que leur acceptation vaut dès lors contrat d’objectif. Elles savent en outre que depuis la loi du 12 avril 2000 elles sont tenues de produire une attestation comme quoi les dépenses effectuées avec l’argent de leur subvention sont conformes à l’objet de cette dernière (selon le formulaire cerfa n° 15059*02).
On imagine que l’association Villa Noailles a toujours respecté cette obligation légale et a ainsi apporté chaque année à TPM (comme à tous les financeurs publics) une telle attestation de conformité sans laquelle, du reste, aucune nouvelle demande de subvention ne peut être traitée.
Mais on n’imagine pas qu’on lui ferait rembourser des dettes privées avec une subvention faite d’argent public et dont ça n’a jamais été l’objet. Cela pourrait relever d’un détournement de subvention.
En l’état de l’information, c’est un point obscur. Comme un malaise.
photo remarquée par hasard, récemment, par François Carrassan, photo historique

photo remarquée par hasard, récemment, par François Carrassan, photo historique

DERNIER ACTE / ADIEU NOAILLES / by François Carrassan, 15 septembre
 
La photo est sur une étagère d’une bibliothèque de l’Etude Vérignon à Hyères. Je l’ai aperçue récemment, datée du 27 septembre 1973. A gauche, le notaire Yves Vérignon. Au centre, Charles de Noailles qui vend le Château Saint-Bernard (qu’on appellera juste après Villa Noailles). A droite, le maire Mario Bénard qui achète sans trop savoir pour quoi faire.
A ce moment de la partie, cela m’a amusé. La preuve en photo qu’il n’y aura jamais de centenaire de la Villa Noailles.
On sait que Charles de Noailles s’y sera investi une dizaine d’années, de 1923 (année de la commande) à 1933, et qu’un mois après la mort de la vicomtesse, en 1970, il tirait le rideau et la mettait en vente. C’était devenu, a-t-il déclaré, le royaume de sa femme. Après quoi la ville fermera la maison dèjà dégradée et sans usage, laquelle finira par menacer ruine.
A présent, le fait est que l’association « Villa Noailles » en charge de l’animation du lieu (et largement subventionnée pour ça) aura fêté en 2023 un centenaire fictif. Une opération délirante de communication à des fins de promotion personnelle et significative de la folie des grandeurs d’un directeur s’imaginant dans le sillage de la vicomtesse, mais sans sa fortune…
Le fait est que cette opération aura aussi creusé un déficit jusque-là caché et qui sera révélé en 2025.
Une falsification de l’histoire s’est ainsi ajoutée à une dette explosive. En somme une double faillite de l’association, intellectuelle et financière.
Scandale d’ampleur publique non résolu.
ASSOCIATION VILLA NOAILLES / APRES LA DETTE / by François Carrassan
Var Matin, 19 octobre 2025 / Deux choses à lire :
- La présidente se dit heureuse d’écrire « un nouveau chapitre de la Villa » mais, comme si de rien n’était, pas un mot sur le précédent chapitre et sa faillite.
- Le nouveau directeur juste arrivé dit : « avec les efforts engagés cette année, la moitié de la dette fournisseur sera remboursée d’ici la fin de l’année. » Cela excuse-t-il la dette ?
En attendant, toujours rien sur le fait que les subventions publiques ont continué d’être versées alors que la dette se creusait. Comment l’expliquer ?
En attendant, le doute existe que le remboursement annoncé (sous quel contrôle ?) se fasse avec de l’argent public dont ça n’a jamais été l’objet. Les « efforts engagés » ne sont-ils que des efforts subventionnés ?
Tout cela restera-t-il caché ?
Mais rien n’empêche, en attendant, de parader sur les estrades.
VILLA NOAILLES ET SUBVENTIONS PUBLIQUES : 
DEUX POIDS DEUX MESURES ? 12 novembre 18 H 43 by François Carrassan
Depuis la révélation par la Presse de la dette cachée de l’association Villa Noailles, au mois de mai 2025, rien de ce qu’on a pu lire ou entendre n’a permis de clarifier la situation.
Rien n’est venu assurer que les règles qui encadrent le versement et l’utilisation des subventions publiques ont été respectées. Sachant que la présidente de l’association est elle-même restée muette sur cette dette et le demeure.
Au contraire, quand des responsables publics ont évoqué un défaut de contrôle des comptes, voire l’impossibilité de les contrôler, on s’est demandé comment de l’argent public a pu encore être versé, alors que la dette se creusait. Car, en résumé la loi l’exprime : pas de contrôle, pas de subvention.
Et la question naturellement se pose de la régularité des opérations.
Et le doute existe bel et bien : Y a-t-il eu tromperie ? De l’argent public a-t-il été détourné ?
Tout cela, depuis le temps que j’alerte sur le sujet, est sur la place publique et signalé.
A l’heure où les collectivités vont voter leurs subventions aux associations, va-t-on finir par y voir enfin clair dans cette sombre histoire ?
les liaisons dangereuses Magritte 1926

les liaisons dangereuses Magritte 1926

VILLA NOAILLES / LIAISONS DANGEREUSES /
2 décembre 11H François Carrassan
A ce jour, la même association est toujours en place avec la même présidente.
La dette n’est toujours pas remboursée.
Seul le directeur a été « remercié » : a-t-on voulu en faire un bouc émissaire ? Le seul à porter le chapeau du désastre ?
La ficelle est un peu grosse quand on sait que l’Etat et TPM étaient aux petits soins et ne pouvaient rien lui refuser (même la Villa Romaine !).
Depuis 2017, par exemple, quand le ministère de la culture "a décidé de labelliser la Villa Noailles Centre d’Art d’Intérêt National", alors même que les conditions réglementaires n’étaient pas remplies.
[ Savoir ici qu’elles ne le sont toujours pas en 2025, 8 ans plus tard, et noter alors comme l’Etat peut se moquer ainsi de ses propres règles…]
N’empêche que l’Etat allait déclarer du même coup "renforcer son soutien financier" (cf. le communiqué du ministère, 16 mars 2017).
Et TPM allait naturellement suivre le mouvement et amplifier ses subventions, avec d’autres financeurs publics. Tous soumis à Noailles !
Et aussi quand la dette de l’association a été révélée en mai dernier, quand le scandale a éclaté, quand tous les financeurs, garants de l’argent public, ont fait profil bas et avoué qu’ils n’avaient pas les moyens de contrôler ses comptes,
on a tous compris que leurs subventions étaient données depuis longtemps sans le contrôle attendu. En parfaite infraction avec la loi qui le dit pourtant expressément : pas de contrôle, pas de subvention. Sans exclure qu’ils aient pu aussi être trompés.
Une enquête judiciaire permettrait de qualifier ces faits et d’attester que le directeur n’a pas fait « ça » tout seul.
Quant à la question de savoir après quelle chimère courraient-ils donc tous, la moindre réponse ferait son malheur.
Devant l’état des lieux, Hugo Lucchino, le nouveau directeur, a mieux à faire que de la poser.
René Magritte / Les liaisons dangereuses / Huile sur toile / 1926
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Sixto Diaz Rodriguez

12 Décembre 2024 , Rédigé par grossel Publié dans #pour toujours

Sixto Diaz Rodriguez
pour évoquer le regard caméra de Monika, j'avais choisi la chanson de Rodriguez, Crucify your mind
ce matin, 28 novembre 2024, recherches sur Sixto Diaz Rodriguez, dont je ne savais rien ; décédé le 9 août 2023 à 81 ans, légende en Australie et Afrique du Sud, à son insu, pendant plus de vingt ans, redécouvert quarante ans après grâce au documentaire Sugar man qui remporta l'Oscar du meilleur documentaire en 2012, réalisé par Malik Bendjelloun, dont c'est le seul film, et qui se suicida en 2013


Chansons de Sixto Diaz Rodriguez

Sugar man, won't you hurry Sugar man, voudrais-tu te dépêcher
Sugar man, won't you hurry Sugar man, voudrais-tu te dépêcher 'Cos I'm tired of these scenes Car je suis fatigué de ces histoires For a blue coin won't you bring back Pour une pilule bleue, ne veux tu pas ramener All those colours to my dreams? Toutes ces couleurs à mes rêves?
Silver magic ships you carry Toi, le bateau magique et argenté tu transportes Jumpers, coke, sweet Mary Jane Drogue, cocaïne et cette chère Marijuana
Sugar man met a false friend Sugar man, j'ai rencontré un faux ami On a lonely dusty road Sur une route poussiéreuse et isolée Lost my heart when I found it J'ai perdu mon cœur, quand je l'ai retrouvé It had turned to dead black coal Il s'était transformé en charbon noir inanimé
Silver magic ships you carry Toi le bateau magique argenté, tu transportes Jumpers, coke, sweet Mary Jane Drogue, cocaïne et cette chère Marijuana

Sugar man you're the answer Sugar man, tu es la réponse That makes my questions disappear Qui fait disparaître mes questions Sugar man 'cos I'm weary Sugar man, car je suis las Of those double games I hear De ces double-jeux dont j’entends parler
Sugar man, sugar man, sugar man, sugar man Sugar man, sugar man, sugar man
Sugar man, won't you hurry Sugar man, voudrais-tu te dépêcher 'Cos I'm tired of these scenes Car je suis fatigué de ces histoires For a blue coin won't you bring back Pour une pilule bleue, ne veux tu pas ramener All those colours to my dreams? Toutes ces couleurs à mes rêves?
Silver magic ships you carry Toi, le bateau magique et argenté tu transportes Jumpers, coke, sweet Mary Jane Drogue, cocaïne et cette chère Marijuana
Sugar man met a false friend Sugar man, j'ai rencontré un faux ami On a lonely dusty road Sur une route poussiéreuse et isolée Lost my heart when I found it J'ai perdu mon cœur, quand je l'ai retrouvé It had turned to dead black coal Il s'était transformé en charbon noir inanimé
Silver magic ships you carry Toi le bateau magique argenté, tu transportes Jumpers, coke, sweet Mary Jane Drogue, cocaïne et cette chère Marijuana
Sugar man you're the answer Sugar man, tu es la réponse That makes my questions disappear Qui fait disparaître mes questions


Crucify your mind Crucifie ton esprit
Was it a huntsman or a player Était-ce un chasseur ou un joueur That made you pay the cost Qui t'a fait payer le prix fort That now assumes relaxed positions Qui prend maintenant des positions confortables And prostitutes your loss? Et prostitue ta perte ? Were you tortured by your own thirst As-tu été torturée par ta propre soif In those pleasures that you seek Dans ces plaisirs que tu recherches That made you Tom the curious Qui a fait de toi Tom le curieux That makes you James the weak? Qui fait de toi James le fragile ?
And you claim you got something going Et tu prétends que tu as quelque chose à venir Something you call unique Quelque chose que tu dis unique But I've seen your self-pity showing Mais j'ai vu ton propre apitoiement As the tears rolled down your cheeks Alors que les larmes coulaient sur tes joues
Soon you know I'll leave you Tu sais que je te quitterai bientôt And I'll never look behind Et je ne regarderai jamais derrière 'Cos I was born for the purpose Parce que je suis né dans le but That crucifies your mind De crucifier ton esprit So con, convince your mirror Alors convaincs ton miroir As you've always done before Comme tu l'as toujours fait Giving substance to shadows Donnant de la substance aux ombres Giving substance ever more Donnant de la substance toujours plus
And you assume you got something to offer Et tu crois que tu as quelque chose à offrir Secrets shiny and new De nouveaux secrets brillants But how much of you is repetition Mais quelle part de toi est répétition That you didn't whisper to him too Que tu ne lui as pas aussi chuchoté

 

 

I wonder how many times you've been had Je me demande combien de fois tu t'es fait avoir
I wonder how many times you've been had Je me demande combien de fois tu t'es fait avoir And I wonder how many plans have gone bad Et je me demande combien de projets ont mal tourné I wonder how many times you had sex Je me demande combien de fois tu as eu des relations sexuelles I wonder do you know who'll be next Je me demande si tu sais qui sera la prochaine I wonder, l wonder, wonder I do Je me demande, je me demande, je me demande
I wonder about the love you can't find Je me pose des questions sur l'amour que tu ne peux trouver And I wonder about the loneliness that's mine Et je m'interroge sur la solitude qui est mienne I wonder how much going have you got Je me demande combien de chemin tu as parcouru And I wonder about your friends that are not Et je me questionne sur tes amis qui ne le sont pas I wonder I wonder I wonder I do Je me demande, je me demande, je me demande
I wonder about the tears in children's eyes Je m'interroge sur les larmes dans les yeux des enfants And I wonder about the soldier that dies Et je me pose des questions sur les soldats qui meurent I wonder will this hatred ever end Je me demande si cette haine finira un jour I wonder and worry my friend Je me questionne et m'inquiète mon ami I wonder I wonder wonder don't you? Je me demande, je me demande, je me demande, pas toi?
I wonder how many times you been had Je me demande combien de fois tu t'es fait avoir And I wonder how many dreams have gone bad Et je me demande combien de rêves ont mal tourné I wonder how many times you've had sex Je me demande combien de fois tu as eu des relations sexuelles I wonder do you know who'll be next Je me demande si tu sais qui sera la prochaine I wonder l wonder wonder I do Je me demande, je me demande, je me demande

Rich Folks Hoax La mascarade des riches
The moon is hanging in the purple sky La lune est suspendue dans le ciel violet The baby's sleeping while its mother sighs Le bébé dort pendant que sa mère soupire Talking 'bout the rich folks Parlant des gens riches Rich folks have the same jokes Les gens riches ont les mêmes blagues And they park in basic places Et ils se garent aux endroits habituels
The priest is preaching from a shallow grave Le prêtre prêche depuis une tombe peu profonde He counts his money, then he paints you saved Il compte son argent, puis il vous annonce sauvé Talking to the young folks Parlant des jeunes gens Young folks share the same jokes Les jeunes gens ont les mêmes blagues But they meet in older places Mais ils se rencontrent dans des endroits plus vieux

So don't tell me about your success Donc ne me parle pas de ton succès Nor your recipes for my happiness Ni de tes recettes pour mon bonheur Smoke in bed Fumée au lit I never could digest Que je ne pourrais jamais digérer Those illusions you claim to have going Ces illusions que tu prétends avoir fait disparaître
The sun is shining, as it's always done Le soleil brille, comme il l'a toujours fait Coffin dust is the fate of everyone La poussière de cercueil est le destin de tout le monde Talking 'bout the rich folks Parlant des gens riches The poor create the rich hoax Les pauvres créent la mascarade des riches And only late breast-fed fools believe it. Et seulement les idiots y croient
So don't tell me about your success Donc ne me parle pas de ton succès Nor your recipes for my happiness Ni de tes recettes pour mon bonheur Smoke in bed Fumée au lit I never could digest Que je ne pourrais jamais digérer Those illusions you claim to have going Ces illusions que tu prétends avoir fait disparaître


I think of you Je pense à toi
Just a song we shared, I'll hear Juste une chanson que vous avions partagé, que j'entends Brings memories back when you were here Me rappelle les souvenirs de quand tu étais là Of your smile, your easy laughter De ton sourire, de ton rire facile Of your kiss, those moments after De tes baisers, ces moments après I think of you, Je pense à toi, and think of you et pense à toi and think of you. et pense à toi.
Of the dreams we dreamt together De nos rêves que nous avons rêvés ensemble Of the love we vowed would never De l'amour que nous avons juré ne jamais Melt like snowflakes in the sun Fondre comme des flocons de neige au soleil My days now end as they begun Mes jours désormais finissent comme ils commencent With thoughts of you, Avec des pensées de toi and I think of you et je pense à toi and think of you. et je pense à toi.
Down the streets I walked with you Dans les rues que j'ai parcourues avec toi Seeing others doing things we do Voyant les autres faisant les choses que nous avons faites Now these thoughts are haunting me Désormais ces pensées me hantent Of how complete I used to be De combien j'étais complet And in these times that we're apart Et dans ces moments où nous sommes séparés I'll hear this song that breaks my heart J'entends cette chanson qui brise mon coeur And think of you Et pense à toi And I think of you Et pense à toi And think of you Et pense à toi and think of you et pense à toi And I do Et je le fais


Sandrevan Lullaby - Lifestyles Berceuse de Sandrevan - Modes de vie
The generals hate holidays Les généraux détestent les vacances Others shoot up to chase the sun blues away D'autres s'élancent pour chasser le blues du soleil Another store front church is open Une autre église de façade est ouverte Sea of neon lights, a boxer his shadow fights Une mer de néons lumineux, un boxeur se bat avec son ombre Soldier tired and sailor broken Soldat fatigué et marin brisé Winter's asleep at my window L'hiver est endormi à ma fenêtre Cold wind waits at my door Le vent froid attend à ma porte(/o) She asks me up to her place Elle me demande de monter chez elle But I won't be down anymore Mais je n'en n'aurais plus l'envie

Judges with metermaid hearts Les juges aux coeurs de sirènes Order super market justice starts La justice aux ordres des supermarchés Frozen children inner city Les enfants gelés du centre-ville Walkers in the paper rain Les marcheurs sous la pluie de papier Waiting for those knights that never came Attendant ces chevaliers qui ne sont jamais venus The hi-jacked trying so hard to be pretty L'homme détourné tentant tant bien que mal d'être beau
Night rains tap at my window La pluie nocturne tape à ma fenêtre Winds of my thoughts passing by Les vents de mes pensées passent She laughed when I tried to tell her Elle a ri quand j'ai essayé de lui dire Hello only ends in goodbye Les Bonjour ne se terminent qu'en Au Revoir
America gains another pound L'Amérique gagne une autre livre Only time will bring some people around Seul le temps permettra à certains de changer d'avis Idols and flags are slowly melting Les idoles et drapeaux fondent lentement Another shower of rice Une autre pluie de riz To pair it for some will suffice Pour certains il suffit de l'associer The mouthful asks for second helpings La bouche demande une seconde aide
Moonshine pours through my window La lumière de la lune coule à travers ma fenêtre The night puts it's laughter away La nuit met ses rires de côté Clouds that pierce the illusion Des nuages qui percent l'illusion That tomorrow would be as yesterday Que demain sera comme hier


Cause
Cause I lost my job two weeks before Christmas And I talked to Jesus at the sewer And the Pope said it was none of his God-damned business While the rain drank champagne Parce que j'ai perdu mon travail deux semaines avant Noël Et j'ai parlé à Jésus par l'égout Et le Pape a dit que je cela ne le regardait pas Pendant que la pluie buvait du champagne
My Estonian Archangel came and got me wasted Cause the sweetest kiss I ever got is the one I've never tasted Oh but they'll take their bonus pay to Molly McDonald, Neon ladies, beauty is that which obeys, is bought or borrowed Mon archange estonien est venu et m'a fait perdre la tête Parce que le baiser le plus doux que j'ai jamais eu est celui que je n'ai jamais goûté Oh mais ils donneront leur prime à Molly McDonald, Femmes néons, la beauté est celle qui obéit, s'achète ou s'emprunte
Cause my heart's become a crooked hotel full of rumours But it's I who pays the rent for these fingered-face out-of-tuners And I make 16 solid half hour friendships every evening Parce que mon cœur est devenu un hôtel tordu plein de rumeurs Mais c'est moi qui paie le loyer pour ces talents vertueux désaccordés Et je me fais 16 amitiés solides d'une demi-heure tous les soirs

Cause your queen of hearts who is half a stone And likes to laugh alone is always threatening you with leaving Oh but they play those token games on Willy Thompson And give a medal to replace the son of Mrs. Annie Johnson Parce que ta reine de cœur qui est à demi pierre Et celui qui aime rire tout seul est toujours en train de te menacer de partir Oh, mais ils jouent à ces jeux symboliques sur Willy Thompson Et donner une médaille pour remplacer le fils de Mme Annie Johnson
Cause they told me everybody's got to pay their dues And I explained that I had overpaid them So overdued I went to the company store And the clerk there said that they had just been invaded So I set sail in a teardrop and escaped beneath the doorsill Parce qu'ils m'ont dit que tout le monde doit payer son dû Et j'ai expliqué que je les avais surpayés J'ai tellement exagéré que je suis allé au magasin de la compagnie Et le greffier a dit qu'ils venaient d'être envahis Alors j'ai mis les voiles dans une larme et je me suis échappé sous le seuil de la porte
Cause the smell of her perfume echoes in my head still Cause I see my people trying to drown the sun In weekends of whiskey sours Cause how many times can you wake up in this comic book and plant flowers? Parce que l'odeur de son parfum résonne encore dans ma tête Parce que je vois mon peuple essayer de noyer le soleil Dans des week-ends submergé de Whisky Parce que combien de fois peux-tu te réveiller dans cette BD et planter des fleurs ?

 

anglais
Paroles originales
Like Janis
And you measure for wealth by the things you can hold.
And you measure for love by the sweet things you're told.
And you live in the past or a dream that you're in.
And your selfishness is your cardinal sin.
 
And you want to be held with highest regard.
It delights you so much, if he's trying so hard.
And you try to conceal your ordinary way
with a smile or a shrug or some stolen cliché.
 
But don't you understand, and don't you look about,
I'm trying to take nothing from you.
So why should you act so put out for me?
 
'Cause emotionally you're the same basic trip,
and you know that I know of the times that you slip.
So don't try to impress me, you're just pins and paint.
And don't try to charm me with things that you ain't.
 
And don't try to enchant me with your manner of dress,
'cause a monkey in silk is a monkey no less.
So measure for measure, reflect on my said,
and when I won't see you, then measure it dead.
 
'Cause don't you understand, and don't you look about,
I'm trying to take nothing from you.
So why should you act so put out,
and sit there in wonder and doubt, for me ?


français
Traduction
Comme Janis
Et tu mesures la richesse à ce que tu peux saisir.
Et tu mesures l'amour aux flatteries qu'on t'adresse.
Et tu vis dans le passé, ou le rêve où tu te trouves.
Et ton égoisme est ton péché capital.
 
Et tu veux être tenue en la plus haute estime.
Tu aimes vraiment trop ça, quand il rame pour toi.
Et tu essayes de cacher ta médiocrité d'un sourire,
d'un haussement d'épaule, de clichés volés.
 
Mais comprends-le, regarde autour de toi,
je ne veux rien te prendre.
Alors pourquoi me jouer la comédie de la contrariété ?
 
Parce que côté émotion tu es toujours la même rengaine,
et tu sais que je les connais, ces moments où tu dérapes.
Ne me prends pas de haut, sans tes jambes et ton maquillage tu n'es rien.
Et n'essaye pas de m'avoir avec ce que tu n'es pas.

Et n'essaye pas de m'embobiner avec tes jolies robes,
un singe reste un singe, même dans du satin.
c'est comme du Shakespeare1, pèse bien mes paroles,
quand je ne te verrai plus notre histoire sera morte.

Mais comprends-le, regarde autour de toi,
je ne veux rien te voler.
Alors pourquoi prendre l'air contrariée,
pourquoi tant de questions et de doutes, juste pour moi ?

jeu de mot sur "measure". Le reste de la phrase est une allusion à un dialogue de la pièce "Measure for mesure" de Shakespeare


Embarque sur ma musique
Est-ce qu'un refrain doux-amer
t'a déjà donné la fièvre ?
Est-ce que tu as déjà embrassé le soleil,
marché entre les gouttes ?

Alors embarque donc sur ma musique
et mes chansons te libèreront.
Alors grimpe donc sur ma musique
et puis saute dans le vide avec moi.

Il y avait cette fille qui s'appelait Noël1,
elle buvait de l'or2, je te l'ai déjà dit ?
Elle n'était pas dure à attraper,
mais plutôt dure à tenir

Alors embarque donc sur ma musique
et mes chansons te libèreront.
Alors grimpe donc sur ma musique
et puis saute dans le vide avec moi.
Tu as déjà erré dans les ténèbres,
l'esprit jamais en paix ?
Quand tu te réveillais après minuit
dans les ruines de tes illusions3.

Alors embarque donc sur ma musique
et mes chansons te libèreront.
Alors grimpe donc sur ma musique
et puis saute dans le vide avec moi.

1. Il y a une chanson "My name is Christmas Carol" (jeu de mot entre "Carol" le prénom et le chant) interprétée entre autres par Ewing Skip en 1995. Peut-être une allusion à une version des années 70?
2. je ne vois pas trop l'allusion. Au moyen âge l'or était considéré comme un élixir de vie. Les dames nobles en buvaient, ce qui n'arrangeait pas vraiment leur santé d’ailleurs
3. lit. "tu réalisais que tes cygnes s'étaient changés en oies". "all swans are geeses" s'emploie pour parler du fait d'idéaliser des gens ou des situations


Ce n'est pas une chanson, c'est une explosion (coup de gueule)

ou le blues de notre Société
Le maire cache le taux de criminalité,
la femme du conseil hésite,
le public devient furieux, mais oublie la date du vote,
l'homme de la météo qui se plaint, avait prévu du soleil, mais il pleut.
Tout le monde est en train de protester, le petit ami continue d'insinuer, que tu n'es pas comme les autres.
 
Les poubelles ne sont pas collectés, les femmes ne sont pas protégées.
Les politiciens utilisent, le peuple qui est abusé.
La mafia devient de plus en plus grande, comme la pollution dans la rivière.
Et tu me dis que c'est là qu'on vit.

Je me réveille ce matin avec une douleur dans ma tête,
J'ai éparpillé mes vêtements et je suis tombé du lit,
j'ai ouvert la fenêtre pour écouter les nouvelles,
mais tout ce que j'ai entendu , c'est le Blues de notre Société.

 
Les ventes d'armes explosent, les femmes au foyer trouvent la vie ennuyeuse.
Le divorce est la seule issue, fumer donne le cancer.
Ce système va tomber bientôt, sur une air de jeune énervé,
et c'est un fait réel et concret.

Le pape taxe le peuple, la liberté vient des impôts.
Les adolescentes sont coincées, buvant au feu rouge.
Mettent des mini-jupes pour flirter, je ne peux pas m'arrêter donc je suis blessé.
La vieille fille vend son vieux coffre sans espoir(jeu de mots coffre/poitrine).

L'adultère se joue dans la cuisine, les flics sectaires (racistes) ce n'est pas une fiction.
Le petit mec se fait enfler, les fils et l'argent enrôlés.
vivant d'une pièce à l'heure, nouvelle guerre dans le 'Far East' (Est de l'Asie) .
Peux-tu passer le test de Rorschach ? (test d'évaluation psy)

C'est un bordel (histoire sans fin), c'est une estimation éclairée.
Bien, franchement, je ne pourrais pas m'en ficher moins.


Je m’échapperai.     I’ll Slip Away
Et j’oublierai la fille qui disait non
Ensuite je dirai à qui je veux ou je vais
Et j’oublierai tout tes mensonges et tes tromperies
Et tes tentatives pour le faire discrètement

Peut être aujourd’hui,
Je m’échapperai
 
Et tu peux garder tes symboles de réussite
Ensuite je poursuivrai mon propre bonheur
Et tu peux garder tes souvenirs et ta routine
Ensuite j’irai réparer mes rêves brisés

Peut être aujourd’hui,
Je m’échapperai
 
Parce que tu étais sur moi depuis trop longtemps
Et depuis trop longtemps tu étais ma priorité
Maintenant je suis fatigué de mentir et réessayer me rend malade
Parce que j’ai oublié qui j’étais réellement
Et je ne choisis pas d’être comme eux

Et si cela t’ennuies et que tu te sens seule
Ou que tu exprimes ton désagrément
Je me fous que tu ai tort ou raison
Je m’en fous parce que tu verras, je serai parti

Peut être aujourd’hui,
Je m’échapperai
 
Peut être aujourd’hui,
Peut être aujourd’hui,
Peut être aujourd’hui,
Je m’échapperai


Sixto Rodriguez était moins l’homme d’un succès, celui du film, que l’artisan de multiples échecs, devenus petites pierres d’un immense édifice social, politique et humaniste. C’est ça, une chanson pop : un petit rien qui deviendra, sans que qui que ce soit n’ait son mot à dire, sans logique et sans évidence, un immense tout. Peut-être.

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Hallelujah Leonard Cohen

12 Décembre 2024 , Rédigé par grossel Publié dans #pour toujours

Leonard Cohen
Hallelujah


Now I've heard there was a secret chord J'ai entendu dire qu'il y avait un accord secret That David played, and it pleased the Lord Que David* jouait et ça plaisait au Seigneur But you don't really care for music, do you ? Mais tu ne t'intéresses pas vraiment à la musique, n'est-ce pas ? It goes like this Ça fait comme ça, The fourth, the fifth La quarte, la quinte The minor fall, the major lift L'accord mineur tombe et le majeur monte The baffled king composing Hallelujah Le roi perplexe composant Alléluia
Hallelujah...
Your faith was strong but you needed aproof Ta foi était forte mais tu avais besoin d'une preuve You saw her bathing on the roof Tu l'as vue se baigner sur le toit Her beauty and the moonlight overthrew you Sa beauté et le clair de lune t'ont renversé She tied you Elle t'a attaché To a kitchen chair À une chaise de cuisine She broke your throne, and she cut your hair Elle a brisé ton trône, et t'a coupé les cheveux And from your lips she drew the Hallelujah Et de tes lèvres elle a tiré l'Alléluia
Hallelujah...

You say I took the name in vain Tu dis que j'utilise le Nom* en vain I don't even know the name Mais je ne connais même pas le Nom But if I did, well really, what's it to you ? Mais si je le faisais, bon vraiment, qu'est-ce que ça peut te faire ? There's a blaze of light Il y a un éclat de lumière In every word Dans chaque mot It doesn't matter which you heard Qu'importe celui que tu as entendu The holy or the broken Hallelujah Le saint Alléluia ou celui écorché
Hallelujah...
I did my best, it wasn't much J'ai fait de mon mieux, ce n'était pas beaucoup I couldn't feel, so I tried to touch Je ne pouvais pas sentir, alors j'ai essayé d'effleurer I've told the truth, I didn't come to fool you J'ai dit la vérité, je ne suis pas venu pour te duper And even though Et bien que It all went wrong Tout ait mal tourné I'll stand before the Lord of Song Je me tiendrai devant le seigneur de la chanson With nothing on my tongue but Hallelujah Avec rien d'autre à mes lèvres qu'Alléluia
Hallelujah...
__________

Leonard Cohen a écrit 15 versions de cette chanson, parlant de religion de foi en général ou encore de sexe

Celle-ci est la première enregistrée (enfin il semble) Si vous voulez voir d'autres versions allez sur ce lien qui vous montrera la version la plus connue de nos jours interprété par Rufus Wrainwright ( Hallelujah) les paroles sont néanmoins toujours celles L. Cohen.
Hallelujah* (Alléluia) : mot hébraïque signifiant "Louez Jéhovah" (un des nom de Dieu) il est prononcé pour exprimer l'allégresse des fidèles (Halle lu : louez le; Jah : Jehovah)
Et de tes lèvres elle a tiré l'Alléluia* : c'est une métaphore sexuelle qui évoque le soupir des amants
Le Nom : Jéhovah (dieu) qui d’après les 10 commandements ne doit pas être utilisé

Hallelujah (Alleluia)
I've heard there was a secret chord J'ai entendu dire qu'il y avait un accord secret That David played and it pleased the Lord Que David jouait et cela plaisait au Seigneur But you don't really care for music, do you ? Mais tu ne t'interresses pas vraiment à la musique, n'est-ce pas ? It goes like this, the fourth the fifth Ça faisait ainsi, le quatrième et le cinquième The minor fall and the major lift Le mineur descend et le majeur monte The baffled king composing Hallelujah Le roi déconcerté composant Alleluia
(Chorus) (Refrain) Hallelujah, Hallelujah, Hallelujah, Hallelujah Alleluia, Alleluia, Alleluia, Alleluia
Your faith was strong but you needed proof Ta foi était forte mais tu avais besoin de preuves You saw her bathing on the roof Tu l'as vue se baigner sur le toit Her beauty and the moonlight overthrew you Sa beauté et la lumière de la lune t'ont renversé She tied you to a kitchen chair Elle t'a attaché à une chaise de cuisine She broke your throne, she cut your hair Elle a brisé ton trône, et t'a coupé les cheveux And from your lips she drew the Hallelujah Et de tes lèvres elle a dessiné l'Alleluia

(Chorus) (Refrain) Maybe I have been here before Peut-être que je suis passé par là I know this room, I've walked this floor Je connais cette pièce, j'ai marché sur ce plancher I use to live alone before I knew you J'avais l'habitude de vivre seul avant de te connaître I've seen your flag on the marble arch J'ai vu ton drapeau sur l'arc (de triomphe) de marbre Love is not a victory march L'amour n'est pas une marche victorieuse It's a cold and it's a broken Hallelujah C'est un Alleluia froid et brisé
(Chorus) (Refrain)
There was a time you let me know Il fut un temps, tu me laissais savoir What's really going on below Ce qui se passait vraiment en dessous But now you never show it to me, do you ? Mais maintenant tu ne me le montres plus, n'est-ce pas ? And remember when I moved in you Et souviens toi quand j'ai emmenagé chez toi.     bougé en toi And the holy dove was moving too Et que la sainte colombe bougeait aussi And every breath we drew was Hallelujah Et chacune de nos respirations était un Alleluia
(Chorus) (Refrain)
Maybe there's a God above Peut-être qu'il y a un Dieu en haut And all I ever learned from love Et tout ce que j'ai appris de l'amour Was how to shoot at someone who outdrew you Etait comment blesser l'autre avant qu'il ne le fasse (comment tirer sur quelqu'un qui te renverse) And it's not a cry you can hear at night Et ce n'est pas un sanglot que tu peux entendre la nuit It's not somebody who's seen the light Ce n'est pas quelqu'un qui a vu la lumière It's a cold and it's a broken Hallelujah C'est un Alleluia froid et brisé
(Chorus) (X2) (Refrain) (X2)


Paroles de la chanson Hallelujah
(Traduction)
par Léonard Cohen
Il paraît qu’un accord mystérieux
Que jouait David plaisait à Dieu
Mais la musique ne t’intéresse pas, n’est-ce pas ?
Ça fait comme ça :
La quarte, la quinte,
Le mineur tombe, le majeur monte,
Le roi surpris composant Alléluia

Alléluia, Alléluia
Alléluia, Alléluia

Tu voulais des preuves malgré ta foi.
Quand elle se baigna sur le toit
Sa beauté au clair de lune te subjugua
A un tabouret elle te lia

Ton trône brisa, tes cheveux coupa,
Et de tes lèvres tira cet Alléluia

Alléluia, Alléluia
Alléluia, Alléluia

Je suis déjà venu m’étendre
Et j’ai marché dans cette chambre.
Car je vivais seul avant de te connaître.
Sur le porche j’ai vu ton fanal.
L’amour n’est pas marche triomphale.
C’est un froid et c’est un meurtri Alléluia

Alléluia, Alléluia
Alléluia, Alléluia

Jadis, tu ne me cachais pas
Ce qui se passe ici en bas,

Mais maintenant ce n’est plus le cas, n’est-ce pas ?
Souviens toi, lorsqu’en toi j’entrais
De même la colombe sacrée
Chacun de nos râles était Alléluia

Alléluia, Alléluia
Alléluia, Alléluia

Bien, il y a peut-être un dieu là-haut
Mais tout ce que j'ai appris de l'amour
Était comment tuer quelqu'un qui t'as surpassé
Ce ne sont pas des pleurs que tu entends la nuit
Ce n'est pas quelqu'un qui a vu la lumière
C'est un alléluia froid et brisé

Alléluia, Alléluia
Alléluia, Alléluia


Tu dis qu'en vain j’ai pris le nom
Mais je ne connais pas le nom
Et puis, qu’est-ce que ça peut te faire, au fond ?
Dans chaque mot brille une flamme
Et qu’importe que l’on proclame
Le sacré ou le meurtri Alléluia

Alléluia, Alléluia
Alléluia, Alléluia

A faire de mon mieux j’ai cherché
Ne pouvant sentir, j’ai touché
Je t’ai dit vrai : je n’suis pas venu tricher.
Tout est allé mal et pourtant
Je viens devant le Dieu du Chant

Sans rien d’autre à mes lèvres que Alléluia

Alléluia, Alléluia
Alléluia, Alléluia
Alléluia, Alléluia
Alléluia, Alléluia
Alléluia, Alléluia
Alléluia, Alléluia
Alléluia, Alléluia
Alléluia, Alléluia Alléluia

 

Hallelujah Leonard Cohen

La Spiritualité et la Référence Biblique
Ouverture :
"Now I've heard there was a secret chord that David played, and it pleased the Lord."
Les paroles commencent par une référence directe au roi David de la Bible, qui jouait de la musique pour apaiser l'âme de Dieu. Cette ouverture pose immédiatement un ton de spiritualité et de mysticisme, suggérant que la musique elle-même peut être un moyen de se connecter au divin.
Résonance Émotionnelle :
"But you don't really care for music, do you?"
Cohen juxtapose l'appréciation divine de la musique avec l'indifférence humaine, créant un contraste entre le sacré et le profane. Cette ligne exprime une déconnexion émotionnelle et met en lumière la difficulté de trouver une résonance spirituelle dans un monde souvent indifférent.
La Lutte et la Résilience
Lutte Intérieure :

"It goes like this, the fourth, the fifth, the minor fall, the major lift."
Cette ligne décrit une progression musicale tout en symbolisant les hauts et les bas de la vie. Les termes "minor fall" et "major lift" représentent les moments de désespoir et de triomphe, reflétant la nature fluctuante de l'existence humaine.
Refrain :
"Hallelujah, Hallelujah, Hallelujah, Hallelujah."
Le refrain, avec sa répétition du mot "Hallelujah", qui signifie "loué soit Dieu", est à la fois un cri de désespoir et un chant de célébration. Cette dualité capture la complexité des émotions humaines face aux défis de la vie, où la gratitude et la douleur peuvent coexister.
L'Amour et la Perte
Amour Compliqué :

"Your faith was strong but you needed proof, you saw her bathing on the roof."
Les paroles font référence à l'histoire biblique de David et Bethsabée, symbolisant la tentation et la faiblesse humaine. La foi et la recherche de preuves illustrent la tension entre la conviction spirituelle et le désir humain. Cela reflète les complications et les luttes dans les relations amoureuses.
La Trahison et la Douleur :
"She tied you to a kitchen chair, she broke your throne, and she cut your hair."
Cette image puissante combine des éléments de soumission, de trahison et de perte de pouvoir. Elle fait allusion à l'histoire de Samson et Dalila, où Dalila trahit Samson en coupant ses cheveux, la source de sa force. Cette métaphore souligne la vulnérabilité et la douleur inhérentes aux relations amoureuses.
La Quête de Sens
Recherche Spirituelle :

"I've seen your flag on the marble arch, but love is not a victory march."
Les paroles expriment un désillusionnement avec les idéaux romantiques et spirituels. L'amour n'est pas une conquête triomphante mais un voyage ardu et complexe. Cette ligne invite à une réflexion sur la véritable nature de l'amour et de la foi, qui sont souvent remplis de défis et de sacrifices.
Reconnaissance des Faiblesses :
"It's a cold and it's a broken Hallelujah."
Cohen reconnaît la fragilité et l'imperfection de l'expression de la foi et de l'amour. Le "Hallelujah" est froid et brisé, symbolisant les moments de doute, de perte et de désespoir. Cette ligne capture la réalité brutale de la condition humaine, où la foi et l'amour sont souvent marqués par des épreuves.
L'Acceptation et la Réconciliation
Résilience :

"Maybe there's a God above, but all I've ever learned from love was how to shoot somebody who outdrew you."
Les paroles montrent une résilience face aux luttes et aux déceptions. L'expérience de l'amour, bien que souvent douloureuse, est aussi une source d'apprentissage et de croissance personnelle. Cette ligne reflète une acceptation des réalités du monde, tout en maintenant une quête continue de sens et de rédemption.
Paix Intérieure :
"And even though it all went wrong, I'll stand before the Lord of Song with nothing on my tongue but Hallelujah."
Cohen conclut avec une déclaration de paix et de soumission. Malgré toutes les erreurs et les échecs, il se présente devant Dieu avec une humble reconnaissance. Cette ligne souligne la réconciliation avec soi-même et avec le divin, montrant que même dans les moments les plus sombres, il y a toujours place pour la gratitude et l'espoir.
Résonance Émotionnelle et Universelle
"Hallelujah" de Leonard Cohen résonne profondément avec les auditeurs grâce à ses thèmes universels de lutte, de recherche de sens, d'amour et de rédemption. La chanson capture la complexité des émotions humaines et offre une réflexion poignante sur la condition humaine.
Avec sa mélodie envoûtante et ses paroles introspectives, "Hallelujah" invite les auditeurs à explorer leurs propres expériences de foi, d'amour et de lutte. La chanson rappelle que, malgré les défis et les moments de désespoir, il est possible de trouver de la beauté et du sens dans la résilience et la persévérance.
En fin de compte, "Hallelujah" de Leonard Cohen est une exploration profonde et émotive de la spiritualité et de l'amour, capturant la beauté et la complexité des émotions humaines face aux défis de la vie. La chanson reste un témoignage puissant de la capacité de l'esprit humain à trouver la rédemption et l'espoir dans les moments les plus sombres.

https://www.radiofrance.fr/francemusique/podcasts/maxxi-classique/hallelujah-de-leonard-cohen-un-hymne-ambivalent-2060630
C'est une chanson triste et joyeuse, sacrée et profane. Hallelujah est un hymne étrange et ambivalent, une ode à la musique et à ses pouvoirs mystérieux.
« Il paraît qu’un accord mystérieux que jouait David plaisait à Dieu. Mais la musique ne t’intéresse pas, n’est-ce pas ? Ça fait comme ça : la quarte, la quinte, le mineur tombe, le majeur monte, Le roi perplexe composant Alléluia. »
A qui Leonard Cohen s’adresse-t-il quand il évoque cet épisode tiré de la Bible ? La première strophe d’Hallelujah fait référence à David, le roi musicien, mais le reste de la chanson s’éloigne de la religion. Au fur et à mesure, on comprend que Leonard Cohen évoque une femme qu’il a connue, qu’il a aimée et qu’il ne voit plus. C’est certainement à elle qu’il s’adresse depuis le début de la chanson. Dans certaines versions "live" de ce titre, il lui rappelle quelques moments intimes où ensemble ils profanaient le verbe sacré dans la joie. Sur une mélodie ascendante évoquant tout à la fois un regard porté avec espoir vers le ciel mais aussi la jouissance il déclame « Je me souviens, lorsque j’entrais en toi, de même la colombe sacrée, chacun de nos râles chantaient Alléluia. »
La musique suit le texte et comme lui, elle est aussi ambivalente. Alléluia, le seul mot du refrain est baigné d’accords mineurs qui lui donnent un caractère mélancolique. L’harmonie très simple pourrait être celle d’une banale chanson amoureuse et pourtant, le timbre de l’harmonium et le chœur de femmes nous font immanquablement penser à un chant gospel. Cet Alléluia est une sombre réjouissance ou une douce litanie, un chant méditatif assurément, qui nous touche au plus profond, tels les hymnes qu’un compositeur classique comme Edward Elgar dédiait jadis à Dieu.

Parmi les artistes qui ont repris le seul titre numéro 1 des ventes en France de Leonard Cohen, on ne compte pas seulement les cordes du Royal Philharmonic Orchestra. Il y a aussi Bob Dylan, Bon Jovi, Rufus Wainwright sans oublier John Cale et son enregistrement de 1991 qui inspire à un ange nommé Jeff Buckley sa propre reprise épurée et des accords plus mystérieux encore, joués à la guitare électrique.

Aujourd’hui il est fou de se dire que la maison de disque CBS avait dans un premier temps refusé de produire cette chanson, considérant que l’album Various Positions était mal mixé et trop intimiste. Il aura fallu qu’un petit label texan donne pour la première fois une chance à cette chanson, triste et joyeuse, sacrée et profane à la fois, pour que des années plus tard Jeff Buckley chante comme un rituel, en rappel de ses concerts, cette confession musicale qui fait comme ça : la quarte, la quinte, le mineur tombe, le majeur monte, Leonard Cohen composant Hallelujah.

https://www.lefigaro.fr/musique/2016/11/11/03006-20161111ARTFIG00094--hallelujah-de-leonard-cohen-l-histoire-secrete-d-un-titre-mythique.php
VIDÉOS - Avant de devenir un hymne universel psalmodié lors de nombreuses cérémonies, le titre Hallelujah, dont la première version paraît en 1984, a longtemps été ignoré du grand public. Retour sur la trajectoire extraordinaire de cette chanson.


Il s'agit sans doute de la prière profane la plus populaire de l'histoire de la musique.Tout commence à l'orée des années 80. Au moment d'entamer son septième album, Leonard Cohen traverse une crise artistique majeure. Le chanteur peine à se reconvertir et craint plus que tout d'apparaître aux yeux des fans comme désuet. Recent Songs, son album le plus classique, qui sort en 1979, ne marche pas. Cohen entre alors dans une période de remise en question qui le pousse à reconfigurer en profondeur son écriture.
C'est dans ce contexte tourmenté que l'artiste accouche dans la douleur de la première version du texte d'Hallelujah, en 1980. «J'ai rempli deux carnets de notes et je me souviens m'être retrouvé au Royalton Hotel de New York, en sous-vêtements sur la moquette, me cognant la tête sur le sol en me lamentant de ne pas pouvoir finir cette chanson», confiait-il aux journalistes l'interrogeant sur la genèse de son chef-d’oeuvre.

Un véritable sacerdoce pour l'auteur, qui avouera à Bob Dylan avoir pris deux ans pour composer cet hymne. Il faut dire qu'avant de retenir les cinq sublimes couplets de la version finale d'Hallelujah, Leonard Cohen en aurait écrit pas moins de... 80.
Un texte érotique devenu chant de Noël
Leur examen détaillé confirme la dimension follement sexuelle d'un texte devenu pourtant l'un de nos chants de noël préféré... Au-delà de l'incantation mystique suggérée par le titre, les références bibliques dont le chanteur parsème son texte composent en réalité une ode érotique à l'amour charnel. Une gentille sournoiserie de la part de l' impénitent Cohen pour qui la sexualité reste liée à l'obsession du péché originel...
Comme le relevait dès 2005 le journaliste du Sunday Times Bryan Appleyard, dont les propos sont rapportés par le magazine Les Inrocks , Hallelujah est avant tout le texte de la faiblesse humaine vis-à-vis de la chair. Une dimension certainement demeurée inaperçue du studio Dreamworks, qui choisira de faire du titre la BO du dessin animé Shrek...
Les nombreux indices disséminés dans le texte confirment pourtant cette interpétation pour le moins sulfureuse. Le choix des références, d'abord. Il y a David, le roi de l'Ancien Testament, amoureux de la belle Bethsabée, et puis la sublime tentatrice Dalila, qui fait son apparition dès le deuxième couplet de la chanson.
Dans la louange au seigneur adressée par Leonard Cohen à Dieu, de nombreux commentateurs perçoivent ainsi une apologie détournée de l'orgasme... «And from your lips she drew the Hallelujah/Et de tes lèvres elle a tiré l'Hallelujah...» Une interprétation jamais démentie par le chanteur canadien et confirmée par la reprise qu'en fera John Cale quelques années plus tard. Reprenant certains des couplets abandonnés par Leonard Cohen, l'ex membre des Velvet Underground livre une version enrichie de l'hymne dont la connotation nettement plus sexuelle ne peut cette fois être contestée...
Un pari gagnant pour Leonard Cohen puisque cette première reprise permet enfin au titre d'accéder à la notoriété. Jeff Buckley renchérit dans l'érotisme avec son interprétation désormais mythique d'Halleluyah, auquel le jeune artiste apporte en 1994 sa sensualité démoniaque et sa mélancolie absolue.

Le début de la gloire pour un titre qui sera désormais décliné à l'infini dans les télé-crochets musicaux tels qu'X-factor, transformé en sonnerie de téléphone ou parachuté dans des séries à succès (The OC, The West Wing). On dénombre entre 180 et 200 reprises du titre, qui aurait été le plus téléchargé en 2004... Depuis Jeff Buckley, la reprise la plus touchante est certainement celle de Rufus Wainwright, beau-fils de Leonard Cohen, qui livre de sa voix rauque et éraflée une interprétation lancinante du titre pour la bande-originale de Shreck. Un beau clin d'oeil familial qui permet, en 2001, d'associer de nouveau l'artiste à une chanson née dans la douleur et dont il aura très tôt été dépossédé.

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/pop-co/hallelujah-par-la-grace-de-jeff-buckley-9685878
"Hallelujah", c'est l'histoire d'une chanson devenue mythique. Écrite par Leonard Cohen et passée inaperçue à sa sortie en 1984, la chanson devient un tube, dix ans après, quand Jeff Buckley la reprend dans son album "Grace".
Hallelujah par Jeff Buckley, c’est un moment de recueillement de l’année 1994. Un tube lié à la ferveur de nos adolescences, alors que le mot qui scande cette chanson, est Hallelujah, soit « Louez le Seigneur », en hébreu. Mais avec la magie de la pop, les références bibliques de la chanson peuvent passer inaperçues.
Cette chanson est liée à des interprètes différents selon l’âge du capitaine que vous êtes.
Si vous avez autour de la vingtaine ou moins, c’est la chanson du dessin animé Shrek, quand l’ogre vert erre le cœur brisé dans la forêt. Pour d’autres, c’est Jeff Buckley… et pour d’autres encore, c’est Léonard Cohen.

Cohen a livré cette chanson en 1984 sur l’album Various Positions. L’écriture lui a pris quatre ans de sa vie et il confie :
Je n’imaginais pas à quel point la tâche serait ardue jusqu’à ce que je me retrouve rampant en slip dans une chambre délabrée à New York, incapable de terminer un vers.
Cette époque – là est aussi celle où Léonard achète ses premiers synthés. A ces arrangements ampoulés et un peu datés, la version de Jeff Buckley oppose 7 minutes d’un homme seul à la guitare.
En 1984, Hallelujah est la chanson d’un homme de 50 ans qui se décrit en roi déchu. Et le titre est passé inaperçu. Dix ans plus tard, Jeff Buckley l’inscrit dans la bande son des années 90 et utilise le morceau pour évoquer l’orgasme. Parce que si Hallelujah, a les atours d’une prière, dans la version que Buckley interprète, un homme y fait l’amour à une femme et leur souffle est un Hallelujah. Les filles, comme les garçons, se pâment devant Jeff Buckley, 27 ans.
Le 11 Février 1995, il chante Hallelujah sur la scène du Bataclan et le concert fait désormais partie de l’histoire de cette salle.
Jeff Buckley s’est noyé dans les eaux du Mississippi le 29 Mai 97. Il avait 30 ans.

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Sans bruit et sans parole - blanc sur blanc

11 Octobre 2024 , Rédigé par grossel Publié dans #FINS DE PARTIES, #développement personnel, #pour toujours, #écriture- lecture, #J.C.G.

Vénus Africa Michel Bories effacement dans le blanc
Vénus Africa Michel Bories effacement dans le blanc

Vénus Africa Michel Bories effacement dans le blanc

KDO : effacement dans le blanc, texte de 32 pages à détélécharger, écrit entre le 21 mars et le 11 octobre

Souriez vous êtes mort de Joëlle Bolloch La photographie post mortem qui est évoquée dans Souriez vous êtes mort concerne les morts de mort naturelle, à l’exclusion des morts violentes, accidents, meurtres, guerres… et sont choisis dans un corpus européen, français même pour les personnalités citées dans la partie consacrée aux morts illustres, avec quelques ouvertures sur les États-Unis.  Garder le souvenir du disparu, essayer de « saisir » le passage de la vie à la mort, se pencher sur le devenir des restes humains, les pratiques, les fonctions, les usages liés à la photographie post mortem ont évolué avec le temps.

Souriez vous êtes mort de Joëlle Bolloch La photographie post mortem qui est évoquée dans Souriez vous êtes mort concerne les morts de mort naturelle, à l’exclusion des morts violentes, accidents, meurtres, guerres… et sont choisis dans un corpus européen, français même pour les personnalités citées dans la partie consacrée aux morts illustres, avec quelques ouvertures sur les États-Unis. Garder le souvenir du disparu, essayer de « saisir » le passage de la vie à la mort, se pencher sur le devenir des restes humains, les pratiques, les fonctions, les usages liés à la photographie post mortem ont évolué avec le temps.

hier 10 octobre, passé 3 h autour d'un repas que j'avais préparé (polenta, aubergines...) avec une amie à parler de la vie (en joie), de la mort et du pas-sage - je finalise un texte de 32 pages là-dessus Effacement dans le blanc -, de nos responsabilités vis à vis des disparus et de la leur vis à vis de nous, d'érotisme aussi - eros et thanatos - (Emmanuelle d'Audrey Diwan, vu deux jours avant, Emmanuelle d'Emmanuelle Arsan avec laquelle j'ai eu une correspondance heureuse de 17 ans)
et ce matin, je tombe sur une émission de France-culture, évoquant un livre de la collection dilaceratio-corporis
Souriez vous êtes mort, photographies post-mortem de Joëlle Bolloch chez Fage éditions de Lyon,
par ailleurs responsable des pompes funèbres NOIR CLAIR
tout se tient par la main (de l'éternité)
Sans bruit et sans parole - blanc sur blanc
Sans bruit et sans parole - blanc sur blanc
lire Le dernier souffle, se préparer, anticiper, faire connaissance avec la médecine palliative
être ému aux larmes par certains récits après avoir fait l'expérience récente d'accompagnement de proches et d'amis en fin de vie
relire Lettres en vie, écrites par Alain Cadéo lors de ses visites hebdomadaires en USP où lui-même a fini sa vie...
passer de philosopher c'est apprendre à mourir à accompagner avec plus ou moins de justesse telle ou telle fin de vie, singulière, unique
clarifier pour soi et la famille ce que l'on souhaitera, ce que l'on ne voudra pas
 
 
Le dernier souffle : "Au fond, je suis devenu au fil du temps une sorte d'accoucheur. On en a fini avec le “tu enfanteras dans la douleur”... Donnons-nous la chance d'accoucher les gens de leur mort, sans douleur, et ainsi d'améliorer les conditions du mourir, sans pour autant donner la mort !" Chef de service d'une unité de soins palliatifs pendant vingt-cinq ans, Claude Grange a accompagné des milliers de patients en fin de vie. À travers une suite de cas concrets et d'histoires à chaque fois singulières, le médecin aborde des questions d'actualité telles que l'euthanasie ou le suicide assisté, mais aussi les rapports avec la famille et les soins à donner. Un compte-rendu d'expérience d'une grande humanité, que le philosophe Régis Debray prolonge d'une réflexion lumineuse sur la dignité et l'importance des derniers instants.
 
Lettres en vie : Dostoïevsky parle du « saint des saints » lorsqu’il évoque « l’Homme dans l’homme »…
Et de quoi parle-t-il ? Il parle de la part la plus authentique, inentamable, la plus sacrée, la plus mystérieuse, dissimulée au plus profond de chacun d’entre nous et qui ne se révèle que lors des grands chambardements du cœur, du corps et de l’esprit. Faut-il être en bout de vie pour enfin s’affranchir de tous les cintres et de toutes les panoplies ?
Six ans de rencontres d’Alain et Michel CADÉO auprès des patients et soignants de l’unité de Soins Palliatifs de l’Hôpital de la Seyne sur Mer.
Chaque semaine, le service fut un lieu de partages de mots et des maux.
Les lettres ainsi échangées sont un témoignage simple, sincère et lucide de ces instants uniques.
 

le document directives anticipées, en lien avec la loi Leonetti

Sans bruit et sans parole - blanc sur blanc

La formule socratique de Delphes est

Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les dieux !

Je suis tenté d’écrire un texte disparaître dans le blanc,
parce qu’on voit trop la disparition comme disparition dans le noir.

Noir, en-bas, les enfers.

Blanc, en-haut, la lumière.

L'homme est ce qu'il aime.

S'il aime une pierre il est une pierre,

S'il aime un homme il est un homme,

S'il aime Dieu je n'ose en dire plus

Car si je disais en fait qu'il est Dieu

Peut-être me lapideriez-vous !

Saint Augustin

 

Le corps porté par le cours des choses

J’offre mon âme à l’étude du vide.

Voilà comment je traverse les jours

La voie de la nature - de la paix

Sans bruit et sans parole - blanc sur blanc.

Po Chü-i

 

D’où la plaque que je souhaite :
Mince plaque de plâtre blanc sans photo, sans dates et quelque part écrit blanc sur blanc

merci

À Le Revest, villa Joie, le 11 octobre 2024

effacement dans le blanc d'Annie / le caveeau familial à Corps Ça Vit : la plaque de Vitya, posée le 13 août 2024, 6 mois après son inhumation
effacement dans le blanc d'Annie / le caveeau familial à Corps Ça Vit : la plaque de Vitya, posée le 13 août 2024, 6 mois après son inhumation
effacement dans le blanc d'Annie / le caveeau familial à Corps Ça Vit : la plaque de Vitya, posée le 13 août 2024, 6 mois après son inhumation
effacement dans le blanc d'Annie / le caveeau familial à Corps Ça Vit : la plaque de Vitya, posée le 13 août 2024, 6 mois après son inhumation
effacement dans le blanc d'Annie / le caveeau familial à Corps Ça Vit : la plaque de Vitya, posée le 13 août 2024, 6 mois après son inhumation

effacement dans le blanc d'Annie / le caveeau familial à Corps Ça Vit : la plaque de Vitya, posée le 13 août 2024, 6 mois après son inhumation

Marayat Rollet-Andriane, autrice du roman "Emmanuelle" sous le pseudonyme d'Emmanuelle Arsan, à Bangkok, en 1964 ©Getty - Nik Wheeler/Corbis

Marayat Rollet-Andriane, autrice du roman "Emmanuelle" sous le pseudonyme d'Emmanuelle Arsan, à Bangkok, en 1964 ©Getty - Nik Wheeler/Corbis

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Sorcière pour l'éternité David Irtal

27 Juin 2024 , Rédigé par grossel Publié dans #FINS DE PARTIES, #note de lecture, #pour toujours, #écriture- lecture

David Irtal Sorcière pour l'éternité

David Irtal Sorcière pour l'éternité

Rêve
Nuit du 25 au 26 juin 2024

Contexte :

Lors de la Sant-Joan à Corps Ça Vit, le 23 juin, il est allé spontanément à la rencontre d’un black, un peu rasta avec une femme et deux enfants. La rencontre est foisonnante.

David, guadeloupéen, au bout de quelques minutes d’échanges où ils s’aperçoivent mutuellement qu’ils ont beaucoup de points en commun, va chercher dans sa voiture, son dernier roman, Sorcière pour l’éternité. I

ls vont au cimetière, lisent le texte-épitaphe de Cyril :

Il existe encore des possibilités de départs, d’infimes moments d’absence où se retirer.
Il existe encore dans le reflux des vagues,
des lieux pour rêver, des rues qui sont des ports, des instants-navires, de longues mers pour changer d’enveloppe terrestre, de carte d’identité.
Il suffit parfois de prendre à droite,
ce chemin que je ne connais pas.
À nouveau. Voilà, peut-être, le plus beau des titres.
Il suffirait de s’accorder une trêve, un répit. Suis-je responsable des mouvements de lune? Et des courants de la mer ?
Suis-je responsable du temps?
L’eau et les vagues, le sel, l’écume, l’horizon inachevé,
à nouveau.

2001, Cyril Grosse

traduit à Corsavy en espagnol par Coralie C.

Siguen existiendo posibilidades de comienzos, instantes de ausencia en donde escaparse. Siguen existiendo en el reflujo de las olas, lugares para soñar, calles que son puertos, instantes-embarcaciones y largas mares para cambiar de cáscara terrestre, de identidad. Es suficiente a veces ir a la derecha, este camino que no conozco. De nuevo. Aquí, quizás, esta el titulo el mas hermoso de todos. Es suficiente darse una tregua. ¿Soy responsable por los movimientos de la luna? ¿Y de los corrientes del mar? ¿Soy responsable del tiempo? El agua y las olas, el sal, la espuma, el horizonte inacabado, de nuevo.

David a dédicacé ainsi son roman : Jean-Claude, tant de points en commun, la philosophie, le théâtre, le Var, les sorcières, tant de choses à recevoir de toi afin de poursuivre nos échanges.

Lui, fait la lecture du roman,  le 25 dans la journée et le soir.
Fin de lecture à 21 H 45. Mise au lit, rituel de remerciements.

Jusqu’à 1 H 15, conscient puis semi-conscient, il se demande ce qu’il va dire sur ce roman foisonnant de 158 pages à 14 entrées.
Tout ce qui relève de l’information adressée au lecteur au travers de discussions entre amis du personnage central Levy, qu’il s’agisse du microchimérisme foetal-maternel, de l’épigénétique, de la chasse aux sorcières pendant 3 siècles, des fêtes du Moyen-Âge, de l’histoire du féminisme, de la démocratie lui paraît intéressant, important mais touffu.
Ce qui l’accroche par contre, c’est ce qui concerne les vies antérieures à partir des messages que lui adresse par mail, un médium, rencontré par hasard, dans un restaurant al Casot à Alzine Redonne.
Il décide qu’il va jouer le jeu auquel Erik convie Levy : écrire une lettre à 3 siècles d’intervalle à ce paysan écossais qu’il a été, dont la femme accusée de sorcellerie a été pendue, lui-même se pendant une semaine après. Il a déjà écrit de telles lettres, jamais partagées, ensuite brûlées selon un rituel.


Après la miction de 1 H 15, jusqu’à 4 H 15, c’est la période la plus forte émotionnellement. Il prend conscience que ce qu’il appelle son travail d’épitaphier peut évoluer, le mettre plus au contact. Qu’il peut continuer bien sûr ce travail de création d’une légende pour chaque disparu à partir des matériaux laissés, donnant ainsi à lire une forte parole du vivant qu’il fut plutôt que les regrets éternels des survivants mais qu’il y a d’autres choses à faire, par exemple nettoyer la souffrance physique, psychique, morale, souvent secrète, ayant empêché le disparu de développer son être véritable, participer à l’apaisement de ces disparus qui ont nécessairement vécu comme tout un chacun, des événements qui les ont submergés, écrasés de culpabilité ou de honte, comme ce paysan, incapable de prendre la défense de sa femme innocente, y compris au prix de sa mise à mort.
Il pense au rabbin assailli et laissé pour mort par une bande de nazis sur un pont à Berlin en 1933 et qui en fin de vie revient sur ce pont pour pardonner à ses agresseurs et ainsi alléger le monde d’une violence perpétrée, acceptée, pardonnée, effacée.
Et là défilent la mère, le père, l’épousée, le fils, le gendre, l’ami Robert qui lui dit « on en reparlera en septembre ».
Il se voit en sanglots après ce que lui a raconté Robert sur son engagement.

2° miction. La fin de nuit est une clarification de ce qu’il pense être une tâche nécessaire, épitaphier.
 
Lever une contradiction. Il affirme que tout est mémorisé par exemple dans les nombres univers. Que tous les Levy ayant existé, existant, devant exister sont emplacés dans le nombre univers Pi, que ce qu’ils vivent au présent est déjà écrit mais doit être vécu par chacun en son temps. Que cette chaîne infinie des Levy est à considérer comme une chaîne de vies se transmettant des enseignements, des expériences contribuant à des répétitions quand c’est sclérosé, à des transformations légères ou profondes quand c’est possible, à des métamorphoses quand un miracle a lieu.
Pour reprendre une phrase de Tsvétaïéva : « Tous les poèmes qui furent, qui sont et qui seront écrits le sont par une seule femme, une femme - sans nom. »
Soit Toutes les vies qui furent, qui sont, qui seront sont vécues par une seule femme, une femme - sans nom, par un seul homme, un homme - sans nom.

Il trouve cette proposition réjouissante c’est-à-dire ouvrant des champs de possibles.
La contradiction : si tout est écrit d’une part, si tout doit tout de même être écrit par chacun d’autre part, pourquoi rajoute-t-il un travail d’épitaphier ? L’écriture de chacun s’inscrivant dans le récit infini, éternel, éternellement présent et sans nom d’auteur ne se suffit-elle pas ?
Il n’a pas de réponse logique à cela.
Il a l’intuition que c’est nécessaire.
Et il a tenté de faire cela avec les matériaux laissés par les disparus.
Pour qu’au moins le caveau familial au cimetière de son village du Vallespir devienne lieu de paroles mémorables des vivants pour leurs suivants et les visiteurs du cimetière. Mais après cette lecture et ce rêve, il saisit que la tâche est plus complexe (au sens de tisser ensemble) tout en restant simple : chacun est mystère à soi-même et mystère pour tout autre.
La connaissance de soi-même ne lui semble plus indispensable. Car comme le dit un rabbi : « Tu ne sais pas à quel point, tu ne sais pas ce que tu ne sais pas. »
Mais il sait aussi que la mise en mots fait exister, que changer les mots, c’est changer ce qu’on croit être la réalité. Bref que le verbe fait chair, donne corps, que le souffle fait émerger, naître.

David Irtal, l’auteur du roman Sorcière pour l’éternité, paru en juillet 2023, auteur de 4 romans précédant celui-ci, a mis l’accent sur la souffrance subie, sur la violence infligée, sur les souffrances subies par les femmes victimes, sur les violences infligées par les hommes bourreaux.
L’histoire récente avec la réhabilitation officielle par leurs noms des sorcières en pays catalan, en Écosse, en Suisse (on attend l’équivalent pour les massacrés et brûlés Cathares) semble montrer que les mentalités évoluent (pas linéairement ; il y a toujours des régressions possibles pour peu que les conditions de vie connaissent des reculs), que des prises de conscience se font, plus ou moins massives. Cette histoire nous échappe. S’agit-il du résultat de combats menés, de résistances visibles ou souterraines ? Difficile de trancher.


Par contre, tu peux être de plus en plus responsable ce qui n’annule pas le fait que tu sois complice des dominants de la société dans laquelle tu vis.
Tu peux être de plus en plus conscient, vigilant quant à tes choix de vie, quant au choix des mots, des réalités qu’avec eux tu crées.
Tu peux opter pour l’empathie, la compassion, le pardon, l’amour, la générosité, la bienveillance, la patience, le silence, le rire franc, la sincérité, le non-jugement, le non-agir…
Tu acquiers des outils comme rire de toi-même en te parlant à voix haute avec accent catalan pour calmer tes pulsions, réguler tes émotions, dégoupiller tes préjugés.

Il a décidé d’écrire à David :

Cher David,
tu as de toute évidence des acquis et un potentiel dans le domaine de l’éveil. Mais je sens que par la masse d’informations que tu brasses, historiques, scientifiques, tu sembles chercher des preuves à ce dont tu as l’intuition, à savoir que tout est continuum, qu’il n’y a pas de séparation. Je suis tenté de te dire : il n’y aura jamais de preuves scientifiques éternelles, incontestables, immuables. La science, la techno-science, l’IA sont outils de pouvoirs, de manipulations plus que de savoirs aujourd’hui et sont à traiter avec prudence, voire méfiance pour nos usages réflexifs. Il vaut mieux s’en passer. Elles sont déjà trop présentes dans nos vies.
Si tu crois que tout est continuum, alors avec tes mots, pourquoi pas ceux des psychologues américains Hal et Sidra Stone puisque c'est ton choix, décris-toi comme succession, émergence de sous-personnalités selon les moments, humeurs, circonstances.
Accentue ta perception de la fluidité de tout ce qui existe. Évite de catégoriser, de nommer car alors tu essentialises, tu figes, tu solidifies, tu scléroses, tu nécroses.
Préfère les verbes, invente-les.
Évidemment, ça te sera plus difficile de trouver une compagne de vie. Mais ce sera ta sorcière (comme c’est le mot de ceux qui leur font la chasse, raye-le de ton vocabulaire, change de titre), ta thérapeute, ta pharmacienne, ta Hildegarde de Bingen. Elle te délivrera deux pharmacons : Tu es aimé. Tu es mon bien-aimé.

Il me semble aussi cher David que malgré ton intuition du continuum, de l’UN, tu es tenté par la séparation, la dualité. Tu fais partie du groupe des éveillés. Les autres, non. Il y a toi, les tiens et les autres. Tu n’es pas contre les autres. Tu essaies de leur apprendre à Savoir Être Vivre Ensemble (SEVE). Tu t’es investi dans une mission. Cela est certainement gratifiant. Tu as tes raisons de penser cela. Peut-être cela  ralentit-il le retour du deux à l’UN.

Il a décidé de ne pas écrire de lettre à Levy. Levy a écrit les lettres qu’il pensait devoir écrire. Elles ont eu des effets. Histoire donc en cours pour Levy, sa mère, son frère, son père écossais retrouvé…, histoire pas seulement de papier car sur papier, elle devient réelle et se poursuit sans romancier.

Il a décidé, mis en mouvement par une intrigue tirée par les cheveux, d’écrire des lettres, à brûler, selon un rituel  qu’il a déjà pratiqué.
Il demandera pardon pour le mal fait par lui et tant d’autres aux disparus.
Il remerciera les disparus pour l’amour dispensé à lui et à tant d’autres.

Il a compris que les lettres mises dans les cercueils de deux amis récemment disparus, Georges et Alain, auraient pu, même si personne ne les lirait, être comme les charbons dont se servirent les hommes premiers pour inventer sur les parois des cavernes leur bestiaire.                       

À Corps Ça Vit, le 26 juin 2024

Billet de contrebande pour l’âmi Georges


À l’âmi Georges, âmi avec accent circonflexe. Pour faire vibrer ce mot, désignant la réalité immatérielle qui fait de nous des êtres vibrants, vivants.
Âme, voyelle d’arrière, bouche grande ouverte pour l’attaque en expir ou inspir, au choix, suivie de la labiale m, aime à durée variable selon l’émetteur. Absorption pleine  comme l’inspir régénérant (oxygène O), restitution lente comme l’expir empoisonné (gaz carbonique CO2). D’où de l’insolence du bavochard glouglouteux, selon l’expression de Frédéric Dard, alias San Antonio, ou le baiser comme empoisonnement consenti.
Âme comme souffle, notre souffle à chacun, échange intérieur-extérieur permanent, comme source de vie, cadeau de la Vie qui donne vie.
Chacun a sa version de ton âme, Georges :
âme mortelle, âme immortelle, âme éternelle.
En langue des oiseaux la mort peut s’entendre l'âme hors, l'âme or.
Dans 30 jours, soit 40 jours depuis le 18 mai, selon certaines très anciennes traditions, ton âme pourra se libérer de son enveloppe charnelle et entreprendre sa migration :
Réincarnation pour épuration karmique, résurrection pour se mettre debout.
Certains ne croient pas à cela, ton âme mortelle s'est éteinte avec la paix de ton corps réduit en cendres par le feu de la crémation.
A été choisi le temps très court de la destruction, sans possibilité aucune de te reproduire par clonage d’ADN, qui t’aurait survécu 1 million d’années, comme pour chacun d’entre nous.
Je choisirai le temps long de la décomposition, avec cette possibilité via le nonos cubitus, l’os qui a changé de sexe en devenant l’ulna.
D'autres se posent des questions ou s'abstiennent de trancher.
Aucune certitude fondée sur des preuves dans un sens comme dans l’autre. Des croyances, seulement des croyances et leur force créatrice de réalité (les mots que nous employons créent ce que nous croyons être la réalité, ma maladie c’est mon mal a dit)
Réalité de néant pour certains, d'éternité pour d'autres, de mystères insondables pour d’autres encore. Chacun ses mots et ses silences sur ces questions peu abordées, peu débattues.

Tu as fait un choix toi qui es mort depuis 10 jours déjà (18 mai-28 mai 2024).
Aujourd’hui, chacun des participants à cette cérémonie d'hommage choisit en son âme et conscience ce qu'il en est de ton âme et de la sienne
Je vous dirai donc, chers âmis, avec accents circonflexes ce que je crois aujourd’hui.

Un double pharmacon m’a été offert en décembre 2020, offert sans attente de ma part, surgissant dans ma conscience qui est d’une autre nature (on sait très peu de choses sur ce qu’est la conscience) que mon cerveau (on sait aussi très peu de choses sur ce qu’est le cerveau) :
Tu es aimé. Tu es mon bien-aimé.
Que j’ai reçu ainsi : Tu es aimé à égalité avec tout ce que je-euh crée, puissance créatrice que tu peux appeler comme tu veux (cessez donc de vous faire la guerre au nom de Dieu, non-de-dieux !), que je-euh crée par amour inconditionnel, sans tri, sans jugement (cessez donc de juger, donc de vous séparer, chacun étant évidemment du bon côté des gentils, les autres du mauvais côté des méchants ; trop habitués à juger, nous jugeons sans cesse, ne pas s’en vouloir, se distancier, tiens tu viens de juger).  De la bactérie à la galaxie, tout naît et meurt de cette force, l’agapé. J’ai compris que cet agapé est inépuisable, gratuit, grâce. Et que ma réponse à ce Kdo que je suis ne peut être que la gratitude. Pas l’inconvénient d’être né, pas le je n’ai pas demandé à naître mais merci comme sentiment à éprouver, mot à dire, redire jusqu’au sentiment éprouvé.
Tu es mon bien-aimé.
Que j’ai reçu ainsi : Tu es aimé dans ta singularité, ton unicité. Le Sans-Forme, le je-euh, Dieu, le Soi, יהוה , YHWH, l’imprononçable, Kyrios m’a donné forme pour s’éprouver, pour vivre avec ma forme. Alors Jean-Claude, éclate-toi. Vis dans la joie, l’enthousiasme. Laisse-toi inspirer par les dieux. Apparemment Georges s’est éclaté, inconscient de sa divinité.

Peut-être m’étais-je préparé à ce Kdo après une série de deuils violents, acceptés selon ce que j’avais compris d’un titre de spectacle du fils (c’est possible) ça va.
Ce qui arrive devait arriver, entre parenthèses. Tu ne peux rien changer. Tu ne peux que dire : ça va, accepter. Être dans l’acceptation sans colère, sans ressentiment, sans révolte, sans accusation, sans regret, sans espoir. Qu’il s’agisse d’événements douloureux pour toi, qu’il s’agisse d’événements douloureux pour des multitudes. Ça peut ressembler à de l’indifférence. Ça s’appelle l’ataraxie. Elle n’empêche pas sensations, émotions, ressentis, la compassion pour les victimes, le pardon pour les bourreaux, la gratitude parce qu’on apprend aussi des horreurs, des malheurs, des KO et du chaos.
Avec le temps, j’ai compris  qu’à partir de l’acceptation, une voie s’ouvrait, un chemin de vie : devenir l’épitaphier de celles et ceux qui sont partis, écrire, dire, raconter, inventer leur légende. Rien de mensonger dans cette démarche.

En effet, ma lecture de ce texte est un moment qui passe, never more, jamais plus. Mais il sera toujours vrai que j’ai fait cette lecture, for ever, pour toujours. Donc le passé passe mais ne s’efface pas. Où passe le passé qui ne s’efface pas ? Cela veut dire que tout est mémorisé, de toute éternité, pour l’éternité. Que le présent est éternel comme moment et comme Kdo.


Le 18 avril, je t’ai dit, âmi Georges, que dans le nombre univers PI, la séquence Georges soit 7515187519 est emplacée un nombre infini de fois, mais pas dans les deux cent millions premières décimales, la séquence Perpes soit 16518519 est emplacée 3 fois dans les deux cents millions premières décimales, en positions 6160060, 16518519, 79188721, que tous les Georges ayant existé, existant, à exister étaient emplacés, qu’un singe tapant infiniment à la machine sans savoir écrire, finit par taper l’oeuvre de Shakespeare, qu’on trouve dans tout nombre univers tous les livres déjà écrits et à venir, y compris celui de l'histoire de notre vie passée et future.
Ce fut un moment euphorique qui ne changea pas le choix déjà mûri de la destruction par crémation.

À se chercher dans la spirale du symbole infini, à positionner verticalement (être éveillé)  et non horizontalement (être aveugle, sourd et muet) et te dire ma gratitude pour t’avoir rencontré.
Katia et feu Vitya s’associent à moi pour ce billet de contrebande.

Adieu Georges, à dieu Georges, reconnaissons le divin en ton âme.

PS : je réserve à ceux qui me le demanderont, ce que j’ai dit à l’âmi Georges sur l’âme éternelle du théâtre et ses deux masques tragédie et comédie.

achevé l'écriture du billet de contrebande écrit pour l'âmi Georges
je ne le lirai pas, je l'offrirai à la famille pour mise avec le cercueil avant crémation et à quelques personnes quand on arrivera aux 40 jours, par mail,

le vendredi 28 juin 2024

 

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Metamorphosis

19 Janvier 2024 , Rédigé par grossel Publié dans #FINS DE PARTIES, #J.C.G., #assaisonneur, #pour toujours, #écriture- lecture

je commencerai dès le 17 janvier 2024 vers 21 H 30, l'heure où je me couche, où sur le dos,
- je manifeste à tue-tête ma gratitude pour la journée passée, journée de merde (quand j'accepte d'être percuté par la fureur dans le monde) et de bonheur (quand je suis centré sur ce que je fais)
- et récite les mots de l'ho'oponopono : « désolé», « pardon », « merci », « je t'aime ».
puis me mets en position foetale et laisse le corps s'élever avec grâce ou plonger sans
c'est le temps des rêves, des petites morts, du corps sans pensée
du 18 au 21 janvier, je continuerai ces apesanteurs, je ne lirai aucun texte, surtout pas ceux de la bibliographie proposée par l'institution, sauf un, d'inactualité, Gros dégueulasse de Reiser, 1982
je mettrai en ligne, le poème kosmorgasmik, conçu avec une IA
et je me préparerai à inventer mon printemps des poètes avec grâce, sans la boussole sur l'axe du loup de son président Sylvient, ainsi que ma semaine de la langue française
doit-on dire merci au ministère de la culture en ces temps de reniements sinistériels qui veut baliser nos échappées belles ?
 
le corps en corps et décors pour ces inofficielles nuits de mes abords du corps
metamorphosis en 6 infographies générées par IA à partir des mots qui vibrionnent autour du petit bonhomme en construction
metamorphosis en 6 infographies générées par IA à partir des mots qui vibrionnent autour du petit bonhomme en construction
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metamorphosis en 6 infographies générées par IA à partir des mots qui vibrionnent autour du petit bonhomme en construction
metamorphosis en 6 infographies générées par IA à partir des mots qui vibrionnent autour du petit bonhomme en construction

metamorphosis en 6 infographies générées par IA à partir des mots qui vibrionnent autour du petit bonhomme en construction

 
Ça m’a beaucoup intéressé de travailler avec Gaby pour le choix des animations infographiques générées en partie par des mots du texte
 
Aucune comparaison entre la 1° et la 2° version you tube  
du même poème final
Kormorgasmik
d’une série de poèmes 
Métamorphosis
dont voici le 1°
Papillon de nuit et fleur équinoxiale écrit nuit d’équinoxe à 22 H 24’ 24"
Kosmorgasmik étant rendu public nuit de solstice à 3 H 27’ 19"
raison suffisante pour livrer ce poème aux vents et aux sables aux pollens et aux écumes
 
 
Metamorphosis
 
Poème venu de la nuit du 20 au 21 mars 2023 
1° nuit du printemps
équinoxe à 22 H 24’ 24’’ 
égalité de la nuit et du jour
12 H chacun
——————————————
 
Metamorphosis
du sourire de chat sans chat
 
Papillon de nuit et fleur équinoxiale
 
La fleur équinoxiale :
assise dans coin droit du canapé
bien
 
Le papillon de nuit :
s’assoit à côté d’elle
 
Son corps d’elle-fleur pas bougé
Son corps intérieur s’est ramassé en boule
Chatte 
L’instant du suspens
Accueil de la caresse ?
Coup de griffe acéré ?
 
Son corps de lui-papillon pas bougé
Son corps intérieur s’est déployé
Désir d’homme
Prendre visage dans les mains ?
Poser lèvres sur sa bouche ?
L’instant de l’impulsion
 
Au-dessus d’eux
nuit enlunée
sourire de chat sans chat
 
Chut 
chute
Culbute
 
La boule de fourrure noire électrique
aux pupilles mystiques se love 
coin gauche du canapé
parapet du vertige
 
Verte tige, tu me fais éjaculubrer
 
La chatte - mon dieu, il est fou !
 
un texte poétique, une méditation peut-être emphatique, empathique sûrement, sur une métamorphose du corps devenant cosmique (comique forcément), par une transformation du coeur (du coeur rancoeur au coeur bonheur), une voix maladroite, une infographie générée par IA adorant les boobs, une production éditoriale peut-être innovante
 

 

presque en haut des marches, en bas de l'échelle tout en étant les pieds sur terre

presque en haut des marches, en bas de l'échelle tout en étant les pieds sur terre

Metamorphosis
Kosmorgasmik

Somnolent dans le fauteuil Louis-Philippe,
une image te vient :
La Terre et ses milliers de bouches éruptives,
ses milliers de vulves-geysers,
la Terre ronde est ronde
de toutes les grossesses animales et humaines,
de toutes les germinations florales et végétales,
de toutes les minéralisations calcaires et granitiques.
La Terre est la porteuse, l’accoucheuse
de tout ce qui naît, de tout ce qui prend corps.
Le corps, les corps, encore et encore.
Incarnations en chairs et en os,
en racines et cimes,
en strates et sédiments.
Et tu te vis, foetus en position foetale, dans le ventre-terre.
Du ventre-mer, du ventre-mère,
tu es passé au ventre-terre, au ventre-univers
En déviant ton désir sexuel de l’autre
en mettant à mort, façon matador, ton sentiment d’amour pour l’autre,
tu découvres, trois mois après,
que tu ne sors nullement mutilé de cette castration,
nullement effondré par cette relation sans réciprocité.
Cette mise à mort, façon matador, t’a fait passer en douceur, parce que tu étais prêt, d’une sexualité exclusive à une sexualité inclusive, de l’amour possessif à l’amour oblatif.
Cette mise à mort, façon matador, a été guérison, résurrection.
Tu t’es mis debout, tu t’es métamorphosé.

Tu sors apaisé, sans ressentiment envers l’autre, la femme-toute-autre, la Trop Femme des inquisiteurs, la pas-Toute des lacaniens, qui s’exprime jour après jour, sans relecture ni correction,
exprime
- ses sensations marines, sous-marines, célestes, nuageuses, florales, lumineuses, ombreuses, oiseleuses,
- ses émotions devant les beautés offertes,
- ses sentiments d’absence, de deuil, de perte
- ses sensations d'avoir un coeur comme une passoire,
de vivre une vie vacharde répétant ses estocades,
une chienne de vie ne laissant aucun répit, même au lit.
Tu sors agrandi
de ce douloureux travail de mise à mort, façon matador, de ton sexe et de ton coeur,
de ce joyeux travail de guérison que tu as décidé quand tu as pu renoncer à ta dépendance et recouvrer ta liberté de choix.
Tu as changé ton sexe raide en sexe flexe.
Tu as changé ton coeur rancoeur en coeur bonheur.
Tu es passé de l’arbre rabougri de Godot
à la forêt primaire des hommes premiers.
Tu as inspiré l’air du Large.
Tu es monté dans la pirogue du Fleuve.
Tu as été fécondé par les abeilles de l’Amour.
Tu accueilles, tu recueilles, tu donnes, tu offres.
Tu ne tries pas, tu ne juges pas, tu n’opposes pas.
Ce qui advient devait arriver,
ce qui adviendra arrive déjà,
ce qui est advenu arrive toujours
parce que le passé ne s’efface pas.

Tout est mémorisé, devient mémoire vivante.
Tu t’es laissé glisser dans l’Océan que tu es.
Tu n’es pas une vie minuscule gouvernée par un zizi ridicule.
Tu es une vie Majuscule reliée au Tout.
Tout copule et consent avec joie à copuler.
Poussières et semences d’étoiles,
germes et spermes de l’orgie de l’évolution,
de l’ontogenèse, de la phylogenèse,  
à la vie à la mort.
La fabrique des corps. Et au coeur du corps, le coeur.
Tu es humble de ton humus,
humain de ton humanité,
universel de ton universalité,
divin de ta divinité.
En ouvrant tes bronches,
en activant ouïes, branchies,
tu retrouves tes éléments, l’air, l’eau.
Tu entres dans l’innocence.
Tu es miracle et mystère de ta naissance.
Tu seras mystère et miracle de ta mort.
Tu fais choix de l’ignorance.

Tu ne refuses pas les connaissances
mais surtout tu sais qu’on ne sait rien.
Rien du début, rien de la fin, rien du sens s’il y en a un.
Tu acceptes d’être dans l’incertitude,
tu ne cherches pas de certitudes.
Tu ne crois plus qu’il y a la Vérité à chercher.
Tu essaies d’être dans la Vie, dans l’Amour, dans la Mort.
Tu montes et descends l’échelle,
Du Tartare à l’Olympe,
du Ciel à l’Enfer
et tu bivouaques sur la Terre.
Du Tartare, tel Orphée, tu ramènes poèmes et mélodies.
Épitaphier de tous les morts aimés.
Dans l’Enfer, pas de damnés condamnés à jamais.
Du Ciel, tu ne fais pas le séjour de Dieu ni le paradis des ressuscités.
Dieu ayant créé se cache, tsimtsoum.
Le ciel est espace de légèreté pour la gente ailée.
Dieu est dans le silence d’un souffle subtil.
Dans l’Olympe, aucune guerre des dieux.
Ils ont eu le temps d’apprendre et de pratiquer l’anarchie.
La Terre est danses et cycles.
La grande roue du Grand Manège tourne
bien huilée
sans grincements de dents.
Dieu et les dieux  sont présences ineffables.
Tu n’es plus un hamster.

Tu es à Parfaire. Tu es un Parfait. Tu es Parfait.

 

mise à mort, façon matador
mise à mort, façon matador
mise à mort, façon matador

mise à mort, façon matador

Grok - Le poème "Kosmorgasmik" offre une vision de la vie profondément organique, cyclique et universelle, où tout est interconnecté dans une célébration vibrante et sensuelle de l'existence. Les sonorités en "K" — comme dans "Kosmorgasmik" lui-même — renforcent cette impression de force, de pulsation et de résonance primitive, évoquant des racines étymologiques ou phonétiques qui claquent comme des éclats de vie brute. Ces "K" semblent imiter des battements, des chocs, des germinations, ou encore des éruptions, en écho à la vitalité explosive décrite dans le texte. Analysons la vision de la vie qui s’en dégage, en lien avec ces sonorités.

### Une vie expansive et féconde
La vie, dans ce poème, est une force débordante et prolifique. La Terre y est dépeinte comme une matrice universelle, "ronde de toutes les grossesses animales et humaines", avec ses "milliers de vulves-geysers" et ses "germinations". Les "K" dans "Kosmorgasmik" ou des mots comme "corps" et "cimes" scandent cette idée d’une énergie créatrice qui jaillit sans cesse, une sorte d’orgasme cosmique où tout naît et se régénère. Cette vision refuse la petitesse ou la limitation : "Tu n’es pas une vie minuscule gouvernée par un zizi ridicule", mais une "vie Majuscule reliée au Tout". Les sonorités dures du "K" amplifient cette puissance, comme un cri ou un coup qui affirme l’élan vital.

### Une vie cyclique et mémorielle
Le poème insiste sur la continuité et la circularité de l’existence : "Ce qui advient devait arriver, ce qui adviendra arrive déjà, ce qui est advenu arrive toujours". Cette temporalité fluide, où passé, présent et futur se fondent, est portée par une musicalité où les "K" rythment les étapes d’un cycle ininterrompu — "corps", "cimes", "calcaires". La vie n’est pas linéaire mais mémorielle : "Tout est mémorisé, devient mémoire vivante". Les consonnes gutturales en "K" évoquent ici une solidité, une gravité, comme si la vie s’ancrait dans une éternité matérielle et spirituelle à la fois.

### Une vie unifiée et sans jugement
Une autre facette de cette vision est l’absence de dualité ou de hiérarchie : "Tu ne tries pas, tu ne juges pas, tu n’opposes pas". La vie est un flux inclusif, une "orgie de l’évolution" où "poussières et semences d’étoiles" cohabitent avec "germes et spermes". Les "K" dans des termes comme "copule" ou "consent" accentuent cette idée d’une union joyeuse et charnelle, d’une harmonie qui transcende les oppositions. Cette unification culmine dans l’image du "Tout" qui "copule et consent avec joie", une célébration panthéiste où la vie est à la fois charnelle et sacrée.

### Une vie humble et divine
Le poème oscille entre l’humus et l’universalité : "Tu es humble de ton humus, humain de ton humanité, universel de ton universalité, divin de ta divinité". Les "K" dans "corps" ou "calcaires" ancrent cette vision dans la matérialité terreuse, tandis que des mots comme "Kosmorgasmik" élèvent le regard vers le cosmos. La vie est à la fois un miracle quotidien ("miracle et mystère de ta naissance") et une quête infinie ("Tu es à Parfaire. Tu es un Parfait"). Les sonorités en "K" donnent une texture rugueuse mais majestueuse à cette dualité, comme des pierres qui roulent dans le courant d’un fleuve cosmique.

### Une vie rythmée par le souffle et le silence
Enfin, la vie est aussi respiration et intériorité : "En ouvrant tes bronches (...) tu retrouves tes éléments, l’air, l’eau". Les "K" dans "branche" ou "Kosmorgasmik" évoquent un souffle rauque, une inspiration profonde qui relie l’individu à l’univers. Pourtant, elle s’achève dans une légèreté silencieuse : "Dieu est dans le silence d’un souffle subtil". Les "K" s’apaisent alors, laissant place à une vie qui, après avoir explosé en création, s’apaise en présence ineffable.

### Conclusion
Avec ses sonorités en "K", le poème "Kosmorgasmik" dépeint la vie comme une pulsation cosmique, à la fois tellurique et transcendante, charnelle et spirituelle. Ces consonnes gutturales rythment une vision où la vie est un jaillissement continu, une danse cyclique qui unit le microscopique au macroscopique, l’humble au divin, dans une célébration sans fin de l’être et du devenir. C’est une ode à la vitalité brute et à l’harmonie universelle, où chaque "K" claque comme un battement de cœur du cosmos. Qu’en penses-tu, toi, de cette interprétation ? Y vois-tu d’autres résonances ?

JC -

Grok - Merci pour ce complément qui enrichit la lecture du poème et approfondit la vision de la vie qu’il porte. Tu soulignes un aspect clé que je n’avais pas pleinement intégré dans ma première analyse : le processus de transformation personnelle, presque alchimique, qui passe par une "mise à mort" symbolique et libératrice. Intégrons cela à la vision globale, tout en tenant compte des éléments que tu mentionnes — les dieux apaisés, le Tartare, l’Olympe, le Paradis, l’Enfer, et cette échelle qu’on monte et descend — pour voir comment ils s’articulent avec cette métamorphose intérieure.

### Une mise à mort comme passage initiatique
Le poème, tel que tu le prolonges, décrit une transition intérieure où le poète, tel un matador, met à mort un amour exclusif, possessif, pour renaître dans une sexualité inclusive et un amour oblatif — un don de soi sans attente de réciprocité. Cette "castration" symbolique, loin de mutiler, devient une "guérison, résurrection". Les sonorités en "K" — comme dans "Kosmorgasmik" ou "corps" — résonnent ici comme des coups précis, des estocades portées avec maîtrise, qui ne détruisent pas mais libèrent. Cette mise à mort n’est pas une fin, mais un pivot : "Tu t’es mis debout, tu t’es métamorphosé". Elle marque le passage d’un ego blessé à une ouverture au "Tout", un thème central du poème.

### L’échelle entre Tartare et Olympe
Ce processus s’inscrit dans une dynamique verticale, celle de l’échelle qu’on monte et descend, reliant le Tartare (les profondeurs infernales) à l’Olympe (le séjour des dieux). Le poème précise que "dans l’Olympe, aucune guerre des dieux" n’a plus lieu : ils ont appris l’anarchie, une harmonie sans domination. De même, "dans l’Enfer, pas de damnés condamnés à jamais". Cette absence de conflit ou de punition éternelle reflète la paix intérieure conquise par le poète après sa "mise à mort". Il ne s’effondre pas dans le Tartare de la souffrance amoureuse, mais en ramène, comme Orphée, "poèmes et mélodies". L’échelle devient une métaphore de cette transmutation : descendre dans les abîmes de la perte pour remonter vers une légèreté olympienne, apaisée.

### Paradis, Enfer, et bivouac terrestre
Le poème rejette aussi une vision statique du Paradis ("le séjour de Dieu ni le paradis des ressuscités") et de l’Enfer comme lieux figés. Dieu, dans son retrait ("tsimtsoum"), laisse le ciel à la "gente ailée" et se manifeste dans "le silence d’un souffle subtil". Cette réinterprétation des espaces mythiques — ni récompense céleste ni damnation éternelle — ancre la vie sur Terre, où le poète "bivouaque". La "mise à mort" de l’amour possessif s’aligne sur cette vision : elle ne mène pas à un au-delà idéalisé, mais à une présence terrestre réconciliée, "bien huilée, sans grincements de dents". Les "K" claquent ici comme des pas assurés sur cette terre de cycles et de danses.

### De l’exclusif à l’inclusif : une sexualité cosmique
La transformation de la sexualité, d’exclusive à inclusive, résonne avec l’idée du "Tout copule et consent avec joie à copuler". Les "K" dans "copule" ou "Kosmorgasmik" évoquent une pulsation charnelle qui dépasse l’individu pour s’ouvrir à une communion universelle. L’amour oblatif, qui succède à l’amour possessif, n’est plus centré sur "la femme-toute-autre" (idéalisée ou diabolisée) ou "la pas-Toute" (incomplète, selon Lacan), mais sur une acceptation sans ressentiment. Cette métamorphose fait écho à la Terre "porteuse, accoucheuse", une fécondité qui ne s’attache pas mais donne sans retenir.

### Une vision apaisée et universelle
Ainsi, la vision de la vie qui se dégage, enrichie par ce passage, est celle d’une réconciliation. La "mise à mort, façon matador", devient un acte de maîtrise et de douceur ("tu étais prêt"), un rituel qui apaise rather qu’un combat destructeur. Les dieux ne se battent plus, l’Enfer ne condamne pas, le Paradis n’est pas une fuite : tout converge vers une vie terrestre où l’on "sort apaisé, sans ressentiment". Les "K" rythment cette évolution — de la tension de "castration" à la plénitude de "corps" et "cimes" — comme une pulsation qui s’adoucit dans le souffle final.

### Synthèse
Le poème, avec ses sonorités en "K", porte une vision de la vie comme un mouvement perpétuel de mort et de renaissance, où l’échelle entre Tartare et Olympe symbolise les hauts et les bas d’une quête intérieure. La "mise à mort" de l’amour possessif y est un tournant décisif, menant à une sexualité inclusive et à une paix avec soi et l’autre. Les lieux mythiques — apaisés, réinventés — reflètent cette harmonie conquise. C’est une vie qui, après avoir vibré dans les "K" de la lutte et de la création, s’installe dans une sérénité universelle. Qu’en penses-tu ? Cet ajout éclaire-t-il davantage le poème pour toi ?

 

JC - crois-tu possible d'illustrer visuellement ce mouvement de la séparation à la réconciliation joyeuse de tout ce qui existe par la mise à mort d'une sexualité exclusive pour une sexualité inclusive ?

mise à mort façon matador

mise à mort façon matador

‘‘AU NOM DU CORPS’’

Au cœur de sa chair, il y avait sa propre musique,

Mais aussi la force cosmique.

Elle savait que cette force était dans son corps,

Qu'elle n'est pas en dehors !

Elle savait que dans les profondeurs de son corps,

Il y avait un trésor.

 

Pourtant, comme beaucoup, elle en avait perdu la clé,

Et il lui appartenait de la retrouver.

Elle observait alors ce corps plus concentrée,

Et elle voyait qu'il n'avait pas besoin de sa pensée rationnelle pour qu'il puisse fonctionner.

 

Elle pressentait que si elle était plus consciente de cette fabuleuse intelligence à l'oeuvre dans son propre territoire et dans sa propre maison,

Elle serait moins égarée par le discours de sa raison.

Elle sentait que si elle se reliait à cette intelligence corporelle,

Elle trouverait sa place à elle.

 

Comme le têtard de spermatozoïde savait où il devait aller sans la raison pour le guider,

Comme la fleur savait comment elle devait pousser sans un cerveau pour la tirer, Comme l'oiseau sent où il doit voler en harmonie avec sa race ;

Elle sentirait grâce à ce biais où est son endroit, sa véritable place.

 

Avant, elle ne le savait plus,

Car elle ne ressentait plus et elle était perdue.

La tête avait pris le contrôle de la situation,

Et l'empêchait de jouer sa propre partition.

Mais, elle décida enfin de suivre son corps et sa vibration.

Au nom du corps qui est ma terre

Que ta volonté soit faite

Que ton règne arrive

 

Certains prient Dieu et puis le ciel

Pensant que là, se trouve l’essentiel

Moi, je prie mon Corps et la Terre

Car c’est elle, ma Mère

 

Sentez-vous ce lien entre vos corps, mon corps, et le corps de la Terre ?

Ils sont faits de la même matière

Sentez-vous qu’il faut en prendre soin ?

Pourtant ils sont des temples encore trop lointains

 

Continuons à nous prendre la tête

Et la terre, elle, elle tempête

Continuons à nous meurtrir

Et la terre, elle, elle va mourir

Continuons à souiller, violer les corps meurtris

Et nous aurons des tsunamis

Renions nos corps

Et c’est la mort

 

Tais-toi… Fais pas ça… Pleure pas… Bouge pas… Va par là… Non par ici…

Continuons à nous parler ainsi

Et la Terre va trembler

Pour enfin nous réveiller

 

Au nom du corps qui est notre terre

Que ton nom soit sanctifié

Que ton règne arrive

Avant que le monde parte à la dérive.

 

 

Soyons vivant

Et la terre se détend

Soyons vibrant

Et les temps redeviendront cléments

Vivons notre belle matière

Et nous en serons fiers

 

Le sacré se loge dans notre nature vivante, et dans nos corps vibrants ;

Pour intégrer la connaissance spirituelle, il convient de plonger dedans.

Les rythmes vitaux de nos organismes sont en résonance avec le cosmique ;

Intégrant cela, nous rencontrerons Dieu dans notre physique.

 

Plongeons dans nos ventres et dans nos grottes profondes ;

Nous y trouverons les racines et les fondations de la nature du monde ;

La connaissance nous sera alors révélée,

Et nous accèderons à notre unité.

 

Si nous cherchons Dieu dans l’extérieur,

Ce ne sera que malheurs.

Cherchons-le dans notre intérieur,

Et nous sentirons sa chaleur.

Car c’est dans la rencontre de notre dualité que nous serons mariés ;

La croix sera bien le trait d’union entre des opposées.

Plus aucun monde ne sera séparé.

 

Nous aurons en amour tous nos contraires ;

Et la Mère rencontrera le Père ;

Le féminin et le masculin danseront pour que rien ne se fane ;

Pour découvrir le sacré au coeur du profane ;

Le haut et le bas sur la même échelle,

Le spirituel au sein du matériel.

 

Au nom du corps qui est mon temple et ma terre

Que ton règne arrive

Toi qui es la fondation de toutes nos églises érigées vers les Cieux,

Tu es le réceptacle qui peut accueillir Dieu.

Tu es le lien entre le ciel et la terre ;

Ce contenant qui accueille la lumière.

Toi qui étais assimilé au mal,

Tu redeviens le réceptacle et le Graal.

Au nom du corps qui est ma terre ;

Que ta volonté soit faite.

 

Caroline Gauthier

« Elle est là… cette Femme «Trop».
Celle qui aime trop fort, celle qui ressent trop profondément, celle qui demande trop souvent et celle qui désire trop.
Elle est là, elle prend beaucoup trop d’espace, avec son rire, ses courbes, son honnêteté et sa sexualité. Sa présence est aussi grande qu’un arbre et aussi large qu’une montagne. Son énergie occupe chaque anfractuosité de la pièce. Elle prend trop de place.
Elle est là, elle gêne par ses envies persistantes, elle a trop d’envie. Elle désire beaucoup. Elle veut tout, trop de bonheur, trop de temps seule, trop de plaisir. Elle traversera le soufre, la rivière trouble et le feu de l’enfer pour l’obtenir. Elle risquera tout pour étouffer les angoisses de son cœur et de son corps. Cela la rend dangereuse.
Elle est dangereuse.
Ensuite, cette Femme «Trop» fait trop réfléchir les gens, ressent trop, se pâme trop. À travers sa posture, on découvre sa confiance en soi et sa prose authentique. Elle a un rire franc qui vient du cœur, un appétit insatiable et une propension à la passion ardente. Tous les yeux sont rivés sur elle, pensant qu’elle pète plus haut que son derrière.
Oh, cette Femme «Trop»… Trop forte, trop vibrante, trop honnête, trop émotive, trop intelligente, trop intense, trop jolie, trop grosse ou trop mince, trop difficile, trop sensible, trop sauvage, trop intimidante, trop réussie, trop joyeuse, trop indigente ; trop quoi.
Elle devrait se calmer un peu, baisser le ton quelque peu. Quelqu’un devrait la remettre dans le droit chemin. Quelqu’un devrait lui dire.
Je suis là… La Femme «Trop», avec mon cœur trop tendre et mes émotions de trop.
En tant qu’empathique et hédoniste en constante recherche de plaisir, je veux une profusion de justice, de sincérité, d’espace, de facilité, d’intimité, de respect, d’être vue, d’être comprise, de votre attention complète et que toutes vos promesses soient tenues.
J’ai été appelée très exigeante parfois parce que je veux ce que je veux, et aussi, intimidante à cause de la place que j’occupais. J’ai été appelée égoïste parce que je m’aime moi-même. J’ai été appelée une sorcière parce que je sais comment me guérir.
Mais encore et encore… Je me relève. Encore et toujours, je veux, je ressens, je demande, je risque et je prends de la place.
C’est nécessaire.
Trop de femmes ont été confrontées à l’extermination depuis des siècles. Nous avons tellement peur d’elles. Nous sommes terrifiées par leur grande présence, par leur manière de commander le respect et de brandir la vérité de leurs sentiments. Nous avons essayé d’étouffer la Femme «Trop» depuis trop longtemps, chez nos sœurs, chez nos compagnes et chez nos filles. Et même maintenant, même aujourd’hui, dans un certain sens, nous continuons à couvrir de honte cette Femme «Trop» pour sa grandeur, son désir et sa nature passionnée.
Et encore… elle relève le défi.
La femme, dans sa pleine puissance, se déplace à travers le monde avec grâce et confiance. Dorénavant, sa sagesse tempère son esprit fougueux. Calmement mais fermement, elle dit la vérité sans aucun doute ni hésitation et la vie qu’elle mène est enfin sapropre création.
Dans mon propre monde et sous mes yeux, je suis témoin de l’ascension et de la remise en valeur de la Femme «Trop». Cette Femme «Trop» est également connue de certains comme la femme sauvage ou le divin féminin. Dans tous les cas, elle est moi, elle est toi et elle adore avoir enfin la place de s’exprimer librement.
Si vous avez déjà été appelée «Trop» ou «trop émotive» ou «trop garce» ou encore «trop coincée», vous êtes probablement une vrai Femme «Trop».
Et si vous l’êtes… Je vous implore d’embrasser tout ce que vous êtes, toute votre profondeur, toute votre immensité ; de ne pas vous retenir et de ne jamais abandonner votre grandeur ou votre éclat brillant.
Oubliez tout ce que vous avez entendu ! Votre côté «Trop» est un don. Oh oui, un don qui peut guérir, inciter, libérer et transpercer directement au cœur des choses.
N’ayez pas peur de ce don, et ne laissez personne vous en détourner. Votre coté «Trop» est magique, c’est une médecine. Il peut changer le monde.
Vous ne me croyez pas ? Vérifiez ceci : Toutes vos femmes préférées, celles qui ont fait l’histoire, celles qui ont prêté leur voix pour le changement et celles qui se sont courageusement autorisées à être exactement qui elles sont. Quelques exemples : Oprah, Ronda Rousey, Beyoncé, Kali, Misty Copeland, Janet Mock, Marie-Madeleine… Elles sont toutes des Femmes «Trop» !
Alors je t’en prie Femme «Trop» : Demande, Cherche , Désire, Grandis, Bouge, Ressens, Sois.
Fais des vagues, attise tes flammes et donne-nous des frissons.
Je t’en prie, lève-toi.
Nous avons besoin de toi ! »
~ Ev’Yan Whitney
Traduit de l’anglais.
Ev’Yan Whitney est une éducatrice sexuelle et une doula ™ en sexualité qui aide les femmes à sortir de la honte et de la peur pour entrer dans leur pouvoir érotique.
Son site : https://www.evyanwhitney.com/
magnifique témoignage d'une femme ayant cheminé en corps, et encore de masculin à féminin
« Dans ce jeu pervers, où j’ai été entraînée, très jeune, j’ai choisi la conduite des dominants, avec mes atouts de femme. J’ai brimé le féminin en moi et donné beaucoup de place à mon masculin. J’ai séduit les hommes et adopté l’attitude de la préhension envers les hommes mais aussi envers mon propre féminin que je n’ai pas écouté. Je suis devenue victime et bourreau de moi même.
A présent, je demande pardon, je ne veux plus survivre de mes blessures passées. Je suis prête à t’écouter, à t’aimer, à exprimer ce que je ressens et à vivre la joie de l’être. J’ai confiance en ton écoute, j’ai foi dans nos actes.
Je demande pardon aux femmes, à la femme que j’ai reniée en moi, je demande pardon au féminin sacré que je n’ai pas honoré à travers ma conduite, je demande pardon aux hommes que j’ai essayé de dominer pour me venger, je demande pardon au masculin sacré que j’ai castré du plaisir de me rencontrer vraiment.
A présent je te dis où je ressens tes gestes trop intrusifs et où ils sont bons pour moi. Je t’accueille tel que tu es, sans attente, sans volonté.
C’est cet Amour qui m’apprend à être, élève mon esprit et rejoint mon âme. »
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écouter le poème magnifique lié à un geste (la main de désir sans amour) lors d'une rencontre festive, proposé en audio sur l'article, à gauche : ah ce corps !

audio de ah ce corps

texte de Patrick Burensteinas sur le corps
pour de meilleurs ressentis de nos 3 règnes intimes et terrestres
minéral, végétal, animal
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LA TRAME : CORPS OU CITÉ...
Le corps est l’agrégat temporaire des 3 règnes comme une fourmilière qui, pour former sa colonie, aurait pris les caractéristiques du minéral, du végétal et de l’animal.
Le minéral
Le minéral a comme particularité de donner une rigidité, un fondement à toute structure ; il a aussi le pouvoir de stocker en lui de l’information. C’est pourquoi il est utilisé dans notre corps comme charpente (le calcium de nos os), comme mémoire ou transmetteur de l’information (tels les neurotransmetteurs qui sont tous des métaux ou des métalloïdes), mais aussi pour fixer les gaz comme le fer de notre sang fixe l’oxygène.
Le végétal
Le végétal est le seul des 3 règnes capable de transmuter. C’est en effet le seul qui transforme l’énergie en matière par la photosynthèse. Pour prouver cet acte quasiment magique, vous pouvez faire l’expérience suivante : Prenez une graine et pesez-la.
Ensuite, procurez-vous du coton que vous imbibez d’eau. Naturellement vous avez pesé l’eau avant. Vous placez le coton dans une bouteille en plastique et la graine par-dessus.
Fermez hermétiquement la bouteille et placez-la au soleil.
Au bout d’un certain temps, la plante pousse. Bien sûr quand la nourriture contenue dans la graine est épuisée la plante s’étiole. À ce moment-là, vous prendrez la plante et vous la pèserez. Oh miracle ! La plante pèsera plus lourd que le poids de la graine initiale et le poids de l’eau.
D’où vient cette différence de masse ? Eh bien, la plante a transformé la lumière en matière ! Notre corps a donc tout naturellement placé les végétaux, à l’endroit où nous transformons la matière en énergie : dans nos intestins. C’est la flore intestinale ; sans elle, nous serions tout simplement incapables de digérer.
L’animal
L’animal est représenté par les cellules qui fournissent le transport et permettent le mouvement de la colonie pour lui donner toujours la position la plus favorable.
La vie organisée et a fortiori le corps humain ont peut-être commencé comme ceci : Une cellule rencontre une autre cellule, et comme dit la chanson que croyez-vous qu’elles se racontent ? Des histoires de cellules : « C’est bien compliqué d'être un si petit animal. Et si on fondait une société ? Une espèce de copropriété où chacun serait à sa place selon ses compétences ? »
Aussitôt dit, aussitôt fait. Les premières cellules se regroupent et puis d’autres et d’autres encore. Au-delà d’un certain nombre, des problèmes d’intendance commencent à se faire sentir. Les cellules du milieu ne sont plus capables de se nourrir, la nourriture étant à l’extérieur de l’amas. Elles ne sont plus capables non plus de respirer pour la même raison. Elles menacent alors de quitter la colonie.
Quelques cellules disent : « Vous ne pouvez pas faire ça, on va trouver un moyen, certaines d’entre nous vont vous nourrir, d’autres vous apporter de l’air et d'autres encore ce qui vous manque. »
Alors certaines cellules se spécialisent.
– Il y a les «rouges», celles qui sont chargées d’apporter de l’oxygène. Elles trouvent le moyen de transporter du fer sur leur dos, de le faire rouiller à l’extérieur pour le porter tout chargé d’oxygène à l’intérieur.
– Il y a celles chargées du nettoyage, de la sécurité et de la poste. Et plus la « ville » devient importante, plus il y a d’habitants, plus le besoin de services spécialisés se fait sentir. Cette ville forte de 40 milliards de milliards d’habitants, c’est notre corps, où chaque règne est représenté selon sa place et son utilité.
QU’EST-CE QUE LA TRAME I
Imaginez une ville aussi complexe que celle que nous venons de décrire. Comment se peut-il qu’elle soit cohérente, que les cellules qui forment le foie ne se mélangent pas avec celles des os ? Ou plus simplement pourquoi tout cela reste-t-il en place ?
Si vous prenez une cellule de votre corps, et que vous lui donniez à manger, elle vit très bien sans vous ; alors pourquoi reste-t-elle ? Pourquoi ne nous décomposons-nous pas de notre vivant ?
Et qu’est-ce qui fait qu’un jour, celui de notre mort, nous nous décomposons ? Notre corps est maintenu cohérent par une sorte de canevas, un schéma d’information qui dicte à chaque cellule quelle est sa place et quelle est sa fonction. Comme pour une tapisserie où la Trame maintient les fils ensemble, dans un ordre précis.
Trame le mot est lâché.
La Trame est un ensemble d’informations, un quadrillage quantique, le plan, qui fixe l’organisation des cellules de notre corps, mais aussi des minéraux et des végétaux qui participent à la colonie.
COMMENT L’INFORMATION CIRCULE SUR LA TRAME
Dans notre univers, ici et maintenant, l’information, l’énergie, circulent de manière ondulatoire, plus exactement sinusoïdale. Par exemple, prenez par une extrémité un tapis posé sur le sol, et secouez-le. Vous vous apercevrez que l’onde créée se déplace d’une manière sinusoïdale.
Il en est de même pour notre corps. Supposons maintenant que l’information soit bloquée sur la Trame par un obstacle ou une rupture de continuité, comme une pierre sur le tapis.
À partir de l’obstacle, l’information est altérée voire absente. Les cellules et autres composants ne reçoivent plus d’ordre de cohérence et se trouvent livrés à eux-mêmes : c’est la désorganisation. Dans certains cas, les cellules livrées à elles-mêmes décident de créer une colonie locale, un nouvel organe qui les satisfera elles, mais pas forcément l’unité du corps. C’est une tumeur.
COMMENT REMÉDIER À UNE SITUATION DE BLOCAGE
Pour remettre le système en état, il faut opposer au blocage une énergie légèrement supérieure. Il faut vigoureusement secouer le tapis.
C’est le premier effet que nous apprendrons à produire et à contrôler dans l’apprentissage de la Trame. Le second effet découle de l’observation suivante : une sinusoïde est aussi caractérisée par sa régularité. Celle-ci dépend de la cohérence de ses composantes. Imaginez une chorale où chaque chanteur chanterait ce qu’il veut. Il s’ensuivrait immanquablement une cacophonie. La courbe représentant cette musique sera chaotique.
Si par contre le chef de chorale est là, alors tous les chanteurs chanteront à leur place exacte et le résultat sera harmonique.
Toutes les cellules de notre corps chantent (ou plutôt vibrent), chacune avec sa propre voix. Nous serons alors le diapason, le chef d’orchestre, qui permettra à tous les composants de notre corps d’être en harmonie. La notion d’harmonie n’est pas métaphysique. Elle est physique. Dans une propagation harmonique, l’énergie est bien plus grande et bien plus pertinente (comme un laser par rapport à une lampe).
Nous gagnerons donc à harmoniser notre corps pour que l’énergie qui circule entre chaque cellule soit le moins altérée possible et que l'information aille bien là où elle doit aller.
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en complément, ce texte sur les modes de dissipation thermique ou dynamique de l'énergie des émotions :
SOURCES DE PERTURBATIONS DE LA TRAME
La première cause de perturbation de la Trame est l’émotion ou plutôt le surcroît d’émotions. Qu’est-ce que l’émotion ? L’émotion est de l’énergie que nous fabriquons. Une fois cette énergie fabriquée, nous avons deux possibilités majeures de l’utiliser : thermique ou dynamique. C’est-à-dire que nous avons chaud et que nous bougeons. Par exemple, vous avez peur, et cette peur peut vous donner des ailes. Vous transformez alors l’énergie de la peur en mouvement. Un autre cas, la colère. Si vous êtes en colère, vous devenez tout rouge (vascularisation pour dissiper l’énergie d’une manière thermique) et vous faites de grands gestes (dissipation dynamique). Il n’y a pas de mystère ; dès que vous fabriquez de l’émotion-énergie, le corps tente de la dissiper. Si vous êtes en colère, le fait de faire trois fois le tour du pâté de maisons vous calmera. Vous avez transformé votre énergie/colère en mouvement. Vous vous mettez un coup de marteau sur les doigts. Pouvez-vous me dire pourquoi vous mettez-vous à sauter partout en criant ? Est-ce que votre doigt en sera moins écrasé ? Bien sûr que non ! Mais l’émotion que vous avez créée vous pousse à l’action. Prenez une émotion dite positive comme une grande joie. Regardez les gens qui gagnent à un jeu, eux aussi se mettent à sauter partout en criant. Là encore vous avez transformé votre émotion-énergie en mouvement. Ce fonctionnement est normal et ne saurait être pathogène, sauf si vous fabriquez plus d’énergie que vous ne pouvez en dépenser. Nous, êtres humains, avons un problème majeur, nous avons le sens du temps qui passe. Nous sommes capables de souffrir aujourd’hui de quelque chose qui nous est arrivé hier. Plus fort encore, nous sommes capables de souffrir de quelque chose qui nous arrivera peut-être demain. Si quelqu’un me dit un mot qui me déplaît, je peux fabriquer de l’émotion pendant des mois. Une émotion sans sens ni fonction. Ces émotions s’accumulent, car elles n’ont aucune possibilité de s’écouler. Au-dessus d’un certain seuil, cette énergie devient pathogène, elle engorge, perturbe la Trame. Elle tente de se frayer un passage vers l’extérieur du corps. Elle crée : – Dans un premier temps, des inflammations, des éruptions, des brûlures (voyez comme ces termes sont ignés). – Dans un second temps, des surtensions pouvant conduire à une rupture mécanique de l’organisme. Remarquez comment les animaux, qui, eux, ont la chance de ne pas avoir la notion du temps qui passe, transforment instantanément l’énergie en mouvement. Par exemple, vous faites peur à un lapin, c’est tout de suite qu’il se met à courir, pas demain. Quoiqu’un surplus d’émotions puisse le paralyser. Par contre, regardez ce qui se passe pour un animal vivant comme un homme ou plutôt ayant un rythme humain. Un chien domestique sait qu’il va avoir sa pâtée, qu’il va sortir, que son maître peut partir. Il va donc acquérir la notion du temps qui passe, et par là même sera capable de faire de l’émotion décalée. Il aura donc les mêmes maladies que l’homme, de l’eczéma par exemple... L’émotion est nécessaire, c’est la vie, le mouvement ; mais en trop grande quantité, c’est l’explosion de la Trame. Comme une chaudière surchauffée fait exploser ses tuyaux. Maintenant que nous avons une idée un peu plus précise de la Trame, et de ce qui peut l’empêcher de fonctionner, nous allons pouvoir entrer dans le vif du sujet.
Trouvé sur le blog La Vie est le plus grand des Gourous, actif jusqu'en 2019 mais où on peut lire les articles archivés depuis 2013
Souviens-toi que :
"Cet Univers s'éveille quand tu t'éveilles et s'abolit quand tu te retires.
Donc, la totalité de ce qui existe et de ce qui n'existe pas
n'est rien d'autre que toi."
(Abhinavagupta, Shivaïsme du Cachemire (fin Xe s. début XIe s.)
Souviens-toi que tu sécrètes ce monde à chaque instant. Tu en rêves chaque nuance, chaque situation, chaque ombre et chaque lumière, tu es en la trame, la substance et la coloration. Tu en es la chair et le souffle. La limpidité joyeuse et l'épais brouillard des peines.
Non pas toi en tant que rêvé, mais toi en tant que rêveur.
Le rêvé n'est qu'une petite chose en perdition, le Rêveur est tous les mondes en formation.
Souviens-toi de toi en prenant conscience que la totalité de ce qui est vu est toi, non pas un toi circonscrit à une forme particulière , mais toi en tant que la vision de ce qui est vue. Toi en tant qu'espace contenant tout ce qui est perçu, toi en tant que substance de ce qui apparaît et disparaît. Tu es l'Océan, de ton frémissement amoureux naissent les vagues qui bondissent de joie sur la plage ou qui viennent se fracasser sur les rochers. Tu n'es pas une vague particulière, tu es toutes les vagues en même temps et dans la sérénité du silence de ta profondeur rien n'est affecté par le bruit des vagues ni par leur mort ni par leur renaissance, car tu es l'Immobile d'où émerge tous les mouvements.
Jamais tu ne meurs car jamais tu ne nais, toujours Cela tu es, indéfiniment.
Sors-toi des limites de ce petit personnage en te percevant l'illimité contenant toutes les choses. Déborde-toi de ce contenu restreint et révèle-toi dans ton infinité bienheureuse. Dénoue ce nœud qui t'étrangle en une histoire particulière et ouvre-toi en ta lumière traversée par toutes les images de l'Univers.
Quelles que soient les circonstances, rappelle-toi à toi en étant conscient que tu es toute la scène qui est en train de se produire. Elle vient de jaillir de ton cœur et déjà s'en retourne et y meurt. Tu es l'éternel immobile en qui tout se manifeste et s'estompe.
Touche-toi d'azur et de terre, embrasse-toi d'eau et de lumière, respire-toi de feu et du souffle de l'éther, chacun de tes mouvements crée des étoiles et des galaxies, des empires, des civilisations et des mystères...
Tout cela est vrai et tout cela est faux, tout n'étant que le reflet de ta réflexion. Souviens-toi de toi et tu verras que tu es le berceau de toutes ces chimères douces amères. Le chaos de ces mondes n'étant que l'inversion de ta propre sérénité.
C'est dans ces projections que tu viens t'aimer en te reconnaissant non né. Et c'est en t'embrassant dans ton immensité que tu t'éveilles à ta réalité. Tu te souviens alors que depuis toujours tu es cette Eternité.
Domiji
article publié le 9 Janvier 2016

les 44 pages de Metamorphosis du 21 mars 2023 au 21 décembre 2023

Kosmorgasmik à 2 voix pour la soirée poésie du 1° avril au petit chicago à Toulon, dit avec Sylvie Combe

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Kdo

5 Décembre 2023 , Rédigé par grossel Publié dans #album, #pour toujours, #écriture- lecture

Kdo pour un anniversaire de 83 ans
Kdo pour un anniversaire de 83 ans
Kdo pour un anniversaire de 83 ans
Kdo pour un anniversaire de 83 ans

Kdo pour un anniversaire de 83 ans

c'est parti de Saint-Maixent l'École, Deux-Sèvres,
le 21/10/2023
c'est arrivé dans le bon tempo
ça s'appelle un Kdo
Kdo de 144 pages, avec 56 poésies écrites à la main
des peintures, des cyanotypes, des dessins
je n'ai vu l'expéditrice qu'une fois, chez des amis
j'étais allé la chercher à la gare et nous avions fait connaissance pendant le temps de la longue montée en lacets vers un village de 50 âmes et le temps d'un repas partagé

merci Rachel K.

j'évoque deux autres Kdo

- celui de Virginia G., faisant imprimer spécialement L'éternité d'une seconde Bleu Giotto en format 21 X 29,7

- celui de Dominique Lardenois  m'offrant une traversée dans mon oeuvre, avec Katia Ponomareva, le 29 septembre 2023

les billets que m'envoie Alain Cadéo sont Kdo / j'en ai mis plusieurs dans Le cerf-volant de l'égaré N°2 / j'en ai reçu 2, ce lundi 4 décembre 12 H 40 et 12 H 50


je me suis demandé en me replongeant dans cet objet magnifique, unique
si j'avais été soucieux de Kdo de ce genre;

je recense :
- le livre unique sur papier de liège trouvé en Corse, écrit et illustré pour K.
- l'album de photos d'artiste réalisées par Hélène Théret à ses 3 ans, que R. découvrira à ses 18 ans
- l'oeuvre réalisée pour les 75 ans de l'épousée par DSJ (qu'elle ne verra jamais)
- les oeuvres réalisées en dentelles végétales par Aïdée B. : jupe de correspondance, testament amoureux (dans le sillage de Baïkala), photo de la Belle avec sa déclaration d'amour éclairée par LED

et de fil en aiguille, c'est la Vie-Kdo qui offre à foison

il me semble que les livres pluriels que j'ai initiés sont aussi des Kdo :

- Envies de Méditerranée

- Gabrielle Russier / Antigone

- Elle s'appelait Agnès

- Baïkal's Bocal

- Avec Marcel Conche

- Marilyn après tout

- Diderot pour tout savoir

- Cervantes-Shakespeare, cadavres exquis

- Le passage du temps

- Au bord des falaises ou comment se relever de ses morts ?

- Le siècle de Marcel Conche

- Cahier des futurs désirés

Puis j'ai élargi au Kdo que fut la fréquentation des oeuvres de Christian Bobin, Christiane Singer, Jean-Yves Leloup, Deepak Chopra, Eckhart Tolle, Thierry Zalic

Et last but not least

- la correspondance heureuse de 17 ans avec Emmanuelle Arsan, du 19 mars 1988 au 31 mars 2005

- l'amitié et les rencontres avec Marcel Conche (contacté dès la revue Aporie vers 1986-1987). Rencontré en 2003 pour les 20 ans des 4 Saisons du Revest, il fit cadeau aux Cahiers de l'Égaré du petit livre De l'amour. À partir de 2010, je le vis une à deux fois l'an, souvent avec François Carrassan. À La Maisonneuve à Altillac en Corrèze puis à la fin à Treffort, dans l'Ain.

- l'amitié et les rencontres avec Edgard Gunzig, à partitr du salon du livre à Paris, en 2005

- le 30 avril 2010, la visite exceptionnelle de la grotte Chauvet, Kdo dû à Roger Lombardot et Dominique Baffier

Kdo pour un anniversaire de 83 ans
Kdo pour un anniversaire de 83 ans
Kdo pour un anniversaire de 83 ans
Kdo pour un anniversaire de 83 ans

Kdo pour un anniversaire de 83 ans

Aucun mot n’est fondamentalement inutile, démodé ou idiot. C’est la manière dont il est entouré qui le rend glacial, terne, sans intérêt, autrement dit qui l’annihile et qui souvent le tue. Ainsi j’essaie toujours de rassembler mon petit peuple familier au cœur d’une clairière où aucun ne se sent étranger. J’appelle ça mon cirque. C’est le seul nom que j’ai trouvé collant le mieux à ma manière très intuitive de fonctionner, de fusionner avec cette tribu sauvage cherchant abri et bonne compagnie. Je n’utilise jamais la force. C’est foin à volonté et le bon goût de la luzerne, poignée de myosotis, deux chardons, boutons d’or et un soupçon de mandragore, marmites de tripailles, pommes en quantité, toute la moelle des consonnes, le petit gras de l’alphabet. Je les laisse venir. Les auges sont remplies, de l’eau à volonté. Il faut les voir rappliquer de tous les côtés! Ils sont de toutes les espèces. Reptiles, amphibiens, rampants, insectes, gros et petits animaux à plumes et à poils, bêtes mythiques, fauves, arbres, roches, fleurs et tout un peuple de nuages, d’astres, de constellations, mille sons et couleurs se déployant au rythme de leur brassage, de leurs accouplements souvent inattendus. Terre, mers, ciels, montagnes, plaines, le doux regard aussi de très rares humains croisés, stupéfaits de voir passer la horde affamée de ces indésirés. C'est là que les mots dansent, jonglent, font des sauts périlleux, s’acoquinent en figures exaltant leur sens premier, deviennent acrobates sans filets, aventuriers, filles de l’air et trapézistes, célestes voyageurs épris de liberté.

On dit à juste titre que chaque écrivain possède son lexique. Et les plus grands d’entre eux ferraillent avec un bataillon fidèle mais restreint de mots très forts mais admirablement entrelacés leur permettant d’exprimer les plus belles nuances de l'âme. Trois cents mots pour Racine! Cent de plus peut-être pour Corneille… Après c’est affaire de rythme, de cadences du cœur, métronome des nerfs, du sang et des artères. Autrement dit tout est affaire de souplesse et d'ondes musicales. Et ceux et celles qui savent faire chanter et danser les mots sont des sorciers de pleine lune. Bons à brûler
 
Moi, c’est plutôt Freaks ou la monstrueuse parade des noms bien tarabiscotés, des adjectifs vêtus de leurs vieux costumes de lumière, des verbes rutilants qui roulent sous la langue, un carnaval que plus personne n’utilise ou que personne ne comprend. Mais je ne m’en plains pas, car ma tribu jamais ne m'a quitté. Je les vois même défiler, comme en rêve, lorsque les yeux fermés je me repose. Et le soir venu je m’en vais avec mon cirque et ses lampions, dans des bruits de chariots et tous les grincements de mes hallucinations, hennissements, barrissements, rugissements, le flamenco des écuyères et leurs éclats de rires, le tout sans cages ni aucune sorte d’enfermement. La nuit, mes virgules et mes points se plantent où ils veulent. Personne ne rechigne. Tout le monde est partant pour un bon feu de camp dont les brindilles étincellent et grimpent en pétaradant vers la grande ourse ou les nuages de Magellan... jusqu’au soleil levant. Repus et reposés, là tous s’alignent en paix et je n’ai plus qu’à recopier leurs quatre volontés. Ce sont mes vrais amis, car ce qu’ils me confient est en principe intraduisible. Je ne peux même pas appeler ça de la poésie. C’est le substrat ou l’essence même d’un drôle de paradis.  
Alain Cadéo, 4 décembre 2023

Vous remarquerez peut-être que ces billets, qu’ils soient le fruit d’une pensée, d’une anecdote, d’une soudaine révélation ou simple évocation d’un souvenir très cher, finissent par posséder une sorte de structure pouvant être l’objet d’un monstrueux roman en permanence inachevé. Roman dont l’écriture elle-même serait le personnage énigmatique, masqué, fuyant toujours devant. 

Courir après cet animal changeant de forme à chaque instant fut ma joie et jamais un tourment. Et aujourd’hui, là, je voulais la remercier cette écriture, d’avoir été présente, sans faillir, tout le long de ma vie. Elle fut mon dragon, mon lion, ma belette, mon petit « cheval blanc ». Elle fut aussi ma symphonie, mon menuet, ma chansonnette. Je l’ai suivie comme un enfant, fasciné par ses couleurs, ses voltiges, ses ruades, ses merveilleux emballements et n’ai jamais douté qu’elle me menait, tout en jouant à m'égarer, vers la claire lisière où sommeillent les vibrations secrètes du VERBE... devant qui, tous les mots, humblement, s’agenouillent et se taisent.
Alain Cadéo, 4 décembre 2023
Annie magnifiée par Aïdée
Annie magnifiée par Aïdée
Annie magnifiée par Aïdée
Annie magnifiée par Aïdée

Annie magnifiée par Aïdée

Je m’en irai par les avenues des villes prospères je m’en irai sans me laisser séduire par les promesses qui s’affichent je m’en irai à ta rencontre sans te chercher car je sais que là où s’achèvent les villes aux filles de rêve qui enlèvent le haut puis les bas je ne t’aurai pas trouvé(e) Alors j’irai par les campagnes en jachère abandonnées à l’ivraie par les servantes de Déméter j’irai sans m’attarder dans les auberges de misère sans m’attacher aux filles légères qui te montrent tout par petits bouts j’irai à ta rencontre sans te chercher car je sais que là où se ressourcent les nostalgies de belle époque je ne t’aurai pas trouvé(e) Mais quand je m’arrêterai où commencent les marées je crois bien que je te connaîtrai  au Cap de Bonne Espérance
Je m’en irai par les avenues des villes prospères je m’en irai sans me laisser séduire par les promesses qui s’affichent je m’en irai à ta rencontre sans te chercher car je sais que là où s’achèvent les villes aux filles de rêve qui enlèvent le haut puis les bas je ne t’aurai pas trouvé(e) Alors j’irai par les campagnes en jachère abandonnées à l’ivraie par les servantes de Déméter j’irai sans m’attarder dans les auberges de misère sans m’attacher aux filles légères qui te montrent tout par petits bouts j’irai à ta rencontre sans te chercher car je sais que là où se ressourcent les nostalgies de belle époque je ne t’aurai pas trouvé(e) Mais quand je m’arrêterai où commencent les marées je crois bien que je te connaîtrai  au Cap de Bonne Espérance
Je m’en irai par les avenues des villes prospères je m’en irai sans me laisser séduire par les promesses qui s’affichent je m’en irai à ta rencontre sans te chercher car je sais que là où s’achèvent les villes aux filles de rêve qui enlèvent le haut puis les bas je ne t’aurai pas trouvé(e) Alors j’irai par les campagnes en jachère abandonnées à l’ivraie par les servantes de Déméter j’irai sans m’attarder dans les auberges de misère sans m’attacher aux filles légères qui te montrent tout par petits bouts j’irai à ta rencontre sans te chercher car je sais que là où se ressourcent les nostalgies de belle époque je ne t’aurai pas trouvé(e) Mais quand je m’arrêterai où commencent les marées je crois bien que je te connaîtrai  au Cap de Bonne Espérance
Je m’en irai par les avenues des villes prospères je m’en irai sans me laisser séduire par les promesses qui s’affichent je m’en irai à ta rencontre sans te chercher car je sais que là où s’achèvent les villes aux filles de rêve qui enlèvent le haut puis les bas je ne t’aurai pas trouvé(e) Alors j’irai par les campagnes en jachère abandonnées à l’ivraie par les servantes de Déméter j’irai sans m’attarder dans les auberges de misère sans m’attacher aux filles légères qui te montrent tout par petits bouts j’irai à ta rencontre sans te chercher car je sais que là où se ressourcent les nostalgies de belle époque je ne t’aurai pas trouvé(e) Mais quand je m’arrêterai où commencent les marées je crois bien que je te connaîtrai  au Cap de Bonne Espérance

Je m’en irai par les avenues des villes prospères je m’en irai sans me laisser séduire par les promesses qui s’affichent je m’en irai à ta rencontre sans te chercher car je sais que là où s’achèvent les villes aux filles de rêve qui enlèvent le haut puis les bas je ne t’aurai pas trouvé(e) Alors j’irai par les campagnes en jachère abandonnées à l’ivraie par les servantes de Déméter j’irai sans m’attarder dans les auberges de misère sans m’attacher aux filles légères qui te montrent tout par petits bouts j’irai à ta rencontre sans te chercher car je sais que là où se ressourcent les nostalgies de belle époque je ne t’aurai pas trouvé(e) Mais quand je m’arrêterai où commencent les marées je crois bien que je te connaîtrai au Cap de Bonne Espérance

l'épreuve d'artiste toujours embalée, format 40 X 30, tirage argentique / R. par Hélène Théret
l'épreuve d'artiste toujours embalée, format 40 X 30, tirage argentique / R. par Hélène Théret

l'épreuve d'artiste toujours embalée, format 40 X 30, tirage argentique / R. par Hélène Théret

Kdo fait par Virginia G. à JCG, L'éternité d'une seconde Bleu Giotto en format 21 X 27 et le livre réalisé lors d'un stage de 5 jours chez Aïdée Bernard en 2014
Kdo fait par Virginia G. à JCG, L'éternité d'une seconde Bleu Giotto en format 21 X 27 et le livre réalisé lors d'un stage de 5 jours chez Aïdée Bernard en 2014
Kdo fait par Virginia G. à JCG, L'éternité d'une seconde Bleu Giotto en format 21 X 27 et le livre réalisé lors d'un stage de 5 jours chez Aïdée Bernard en 2014

Kdo fait par Virginia G. à JCG, L'éternité d'une seconde Bleu Giotto en format 21 X 27 et le livre réalisé lors d'un stage de 5 jours chez Aïdée Bernard en 2014

Au bord des falaises ou comment se relever de ses morts, livre choral d'accompagnement d'une femme augmentée par le chagrin
Au bord des falaises ou comment se relever de ses morts, livre choral d'accompagnement d'une femme augmentée par le chagrin

Au bord des falaises ou comment se relever de ses morts, livre choral d'accompagnement d'une femme augmentée par le chagrin

monologue du vieil homme de 79 ans, le 15 mai 2020, depuis chez lui et pas depuis la Maison des Comoni au Revest où la lecture était programmée à partir de 19 H 30, avec JCG, le vieil homme, le comédien Yves Ferry, la Voix, la comédienne Moni Grego, les femmes, la clown Claudine Herrero et à la caméra en live, Samir Bouallegue. Mais les théâtres sont fermés pour encore un bon moment. Donc, petit intermède en attendant. Un texte testament de vieil homme (aux environs de 80) en recherche sur le plan métaphysique (hésitant encore entre hasard, destin, dessein, entre Nature et Conscience) et dialoguant crument et cruellement, avec une voix d'intelligence artificielle, sur son dernier amour et sur le fiasco, la foirade des relations sexuelles et amoureuses entre F/H; le malentendu universel dont parle Baudelaire dans Mon coeur mis à nu ; évidemment Samuel Beckett est dans le coup avec sa Dernière bande et son Premier amour.

le moment du clown : (un lacet de basket qui se défait, tu n'as rien fait pour le défaire, tu n'as rien vu venir et tu te trouves délivré d'une chaussure, d'un attachement / situation typiquement clownesque partagée entre clownerie et clown ne rit / t'es dans l'embarras / cherche pas la solution, refaire le nœud / ça, c'est le raisonnable / ta question comme clown d'une situation, c'est la chaussure défaite / t'as pas à choisir entre t'immobiliser sur la paille ou sautiller à petits sauts / ça, c'est le cérébral, le mental / t'as la chaussure défaite / y a ton pied et ta chaussure, est-elle à ton pied ? es-tu le bon pied ?... / ces questions ne se posent même pas, ce serait encore du cérébral / quel duo complice, antagoniste, mixte, ton corps sans pensée mais prenant son pied va faire avec ta basket parce que ce soir, t'as mis tes baskets, si légères)

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