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Histoire de bifurquer / Virginie Despentes
La douceur et la bienveillance, c’est le contraire de l’exploitation capitaliste : de demander la permission, me demander si je consens. La douceur et la bienveillance, c’est ce qu’on ne trouve pas sur les marchés, c’est ce qu’on ne trouve pas dans l’armée, c’est ce qu’on n’enseigne pas dans les polices. Toutes les propagandes me traversent, toutes les propagandes parlent à travers moi. Rien ne me sépare de la merde qui m’entoure. Rien, sauf le désir de croire que ce monde est une matière molle, que ce qui est vrai aujourd’hui peut avoir disparu demain, et qu’il n’est pas encore écrit que cela soit une mauvaise chose.
Virginie Despentes
Virginie Despentes publie son premier roman, Baise-moi, en 1993. Il est traduit dans plus de vingt pays. Suivront Les Chiennes savantes, en 1995, puis Les Jolies Choses en 1998, aux éditions Grasset, prix de Flore et adapté au cinéma par Gilles Paquet-Brenner avec Marion Cotillard et Stomy Bugsy en 2000. Elle publie Teen Spirit en 2002, adapté au cinéma par Olivier de Plas, sous le titre Tel père, telle fille, en 2007, avec Vincent Elbaz et Élodie Bouchez. Bye Bye Blondie est publié en 2004 et Virginie Despentes réalise son adaptation en 2011, avec Béatrice Dalle, Emmanuelle Béart, Soko et Pascal Greggory. En 2010, Apocalypse bébé obtient le prix Renaudot. Virginie Despentes a également publié un essai, King Kong Théorie, qui a obtenu le Lambda Literary Award for LGBT Non Fiction en 2011. Elle a réalisé sur le même sujet un documentaire, Mutantes, Féminisme Porno Punk, qui a été couronné en 2011 par le prix CHE du London Lesbian and Gay Film Festival.
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Virginie Despentes Lecture @ Pompidou
creation d'un corps revolutionnaire/creation of a revolutionary body Vendredi 16 octobre, 2020 PAUL B. PRECIADO UNE NOUVELLE HISTOIRE DE LA SEXUALITÉ ...
lecture de Rien n'a jamais empêché l'histoire de bifurquer de et par Virginie Despentes
Rien n’a jamais empêché l’histoire de bifurquer
Virginie Despentes
Lecture du vendredi 16 octobre 2020 au Centre Pompidou
Invitée par Paul B. Preciado
Virginie Despentes : « Création d'un corps révolutionnaire » Lecture au Centre Pompidou, Paris, le vendredi 16 octobre 2020 dans le cadre du séminaire public et performatif de Paul B. Preciodo sur le thème : « Une nouvelle histoire de la sexualité ». (Développer un projet de pensée collectif). "
J’ai l’impression de vivre avec dix mille keufs à l’intérieur de ma tête : les vrais keufs, les keufs des autres, les keufs des adversaires, les keufs de mes amis. Je suis devenue un camp pénitentiaire à moi toute seule, avec des frontières de partout, entre ce qui est bien et ce qui est mal, entre ce qui me plaît et ce qui me déplaît, entre ce qui me sert et ce qui me dessert, entre ce qui est bénéfique et ce qui est morbide, entre ce qui est permis et ce qui est interdit : toutes les propagandes me traversent et parlent à travers moi. Je ne suis imperméable à rien, et j’en ai marre de surveiller ce que je dis sans même avoir le temps de m’en rendre compte. Je n’ai pas besoin que la police menace, je me nasse toute seule. Je n’ai pas besoin d’un couvre-feu pour m’enfermer en moi, je n’ai pas besoin de l’armée sous mes fenêtres pour surveiller ce que je pense, parce que j’ai intériorisé tellement de merdes qui ne servent à rien. Je rampe sous des barbelés parfaitement inutiles mais que j’ai avalés, et j’en ai marre de prétendre que j’ai la force de les repérer et de les pulvériser, alors qu’ils me lacèrent à chaque pas. Rien ne me sépare de la merde qui m’entoure. Je dépense tellement d’énergie à m’asphyxier, à dire que c’est un choix moral. Je passe mon temps à faufiler sous des radars de contrôle et attendre des raclées chaque fois que j’ouvre ma bouche, quand les vraies raclées, je suis celle qui me les administre parce que les flics les plus efficaces sont désormais ceux qui sont passés dans ma tête. Et j’en viens à surveiller mes moindres propos, comme si quelque attitude qui soit pouvait faire que je mérite d’être innocentée, que je mérite le premier prix de pureté, que je mérite d’être désignée comme le meilleur, comme s’il existait une frontière qui nous sépare les uns des autres. L’illusion que c’est chacun son stand, chacun sa biographie, chacun sa récompense en fonction de son comportement, chacun son bout de trottoir pour y faire le tapin, ou la manche, ou son petit numéro de gloriole – quand c’est le même trottoir pour tous. Mais chacun ses limites et chacun son prestige, chacun son lectorat, chacun son auditoire. On aurait tous un univers. Bullshit ! Il n’y en a qu’un, d’univers : le même pour tous ! Et tirer son épingle de ce jeu n’est jamais une question de force, encore moins de mérite, juste d’agencements et de chances, et rien ne me sépare de la merde qui m’entoure. Le frontière de mon corps, ce n’est pas le bout de mes doigts, ni la pointe de mes cheveux. La frontière de ma conscience n’est pas ma force de conviction : c’est l’air vicié que je respire et l’air vicieux que je rejette. La boucle dans laquelle je m’inscris est bien plus large que celle que ma peau définit. L’épiderme n’est pas ma frontière. Tu n’es pas protégé de moi. Je ne suis pas protégée de toi. Ta réalité me traverse même si on ne se regarde pas, même si on ne baise pas, même si je ne vis pas sous ton toit. Nous sommes en contact permanent. Le procédé que la pandémie rend visible sous forme de contagion, il est temps d’en prendre conscience sous forme de guérison. Chaque fois que tu as le courage de faire ce qu’il te convient de faire, ta liberté me contamine. Chaque fois que j’ai le courage de dire ce que j’ai à dire, ma liberté te contamine. Nous avons avalé ces histoires de frontières, cette fable du chacun pour soi, chacun chez soi, cette fable qui veut que les choses telles qu’on les connaît soient la seule réalité possible et qu’elle soit immuable. La fable selon laquelle la race humaine n’aurait qu’un seul destin collectif possible : l’exploitation impitoyable des uns par une élite, le pouvoir par la force, et le malheur pour tous. Toutes les propagandes me traversent, et m’habitent, et me gèrent. Je ne suis pas un territoire de pureté ni de radicalisme, et je ne suis pas du bon côté de la barrière. Rien ne me sépare de la merde qui m’entoure. Rien, sauf le désir de croire que ce monde est une matière molle. Ce qui est vrai aujourd’hui peut avoir disparu demain. Et j’en ai marre de croire en des frontières qui ne me servent à rien, d’y adhérer comme si elles avaient été tracées par une main divine qui ne se trompe jamais, alors qu’elles sont juste gribouillées au hasard par des cons, et j’en ai marre de croire en des choses qui ne me servent à rien. C’est la rage d’avoir raison qui nous lamine. La rage de tracer des frontières entre le domaine du bien et le domaine du n’importe quoi, la rage d’être du bon côté, comme s’il existait quoi que ce soit dans ce capharnaüm qui soit une position juste, une position pure, une position idéale, une position définitive dont on ne bougerait plus. Et alors, ce sont les armes de l’ennemi que nous utilisons, les armes de ceux qui ne nous veulent aucun bien car nous constituons une menace à leurs yeux : les outils de l’exclusion et de la disqualification, et de l’humiliation, et de la silencialisation, et de l’invisibilisation. Et au bout du compte, c’est comme vouloir faire la révolution mais juste pour remplir les prisons d’autres populations, pour donner d’autres ordres aux mêmes policiers, donner d’autres consignes aux mêmes juges, c’est comme changer les joueurs mais ni le terrain ni le genre de jeu. Alors cette révolution se transforme en un roulement des équipes dirigeantes, la même connerie, mais avec d’autres qui en profitent. Et je ne dis pas que ça ne sert à rien. Ce mouvement a quelque chose de sain – sauf qu’il n’y a pas de rêve là-dedans, aucun. Une révolution dans laquelle on ne met ni rêve ni joie, alors il ne reste que la destruction, la discipline et l’injustice, et si on dit « révolution » : il faudra dire « douceur », c’est-à-dire commencer par accepter d’être du côté d’une stratégie non productive, non efficace, non spectaculaire, et que seule la ferveur permet d’embraser. Seule la conviction que nous n’avons besoin ni d’avoir raison, ni de donner tort, pour donner corps collectif à autre chose que ce qui existe déjà. Et la chose qui compterait le plus ne serait plus d’accumuler le maximum de likes pour le jour du jugement dernier, mais de commencer à ressentir que nous sommes en position de force. Même si nous occupons moins de surface spectaculaire, nous sommes en position de force, car nous faisons déjà l’expérience de vies différentes dans des corps différents, qui ne nous font plus honte. Nous modifions nos vies, nous modifions les discours, nous modifions l’espace de notre seule présence. Et c’est la joie que nous en tirons qui fait de nous des corps collectifs révolutionnaires. Voilà pourquoi beaucoup d’entre nous ici déjà on fait l’expérience du tir de barrière assassin de ceux qui ne nous supportent pas – tout simplement pour ce que nous sommes. (1/3)
Ils sont toujours convaincus que la douceur justement doit être réservée au foyer, à la bonne-femme et à son chien, et jamais à l’espace public, et jamais dans le monde dans lequel on vit. Ceux-là, nous devons comprendre que s’ils sont ivres de rage, c’est parce que nous avons commencé à gagner. Ils voudraient pouvoir pédaler en arrière de toutes leurs forces pour revenir au temps où ils pouvaient dire : toi tu te caches et tu te tais, ta parole n’est pas politique, toi tu te caches et tu te tais. Mais ils savent, une fois sorties, que nos libertés contaminent et que nous avons déjà commencé à changer le monde. Ceux qui pensent qu’on devrait nous faire taire pensent : prisons, soumission par la force à une réalité unique. Ils pensent : droit divin, police, bain de sang, enlèvement, interrogatoire, torture, censure, surveillance, prison, ils rêvent d’un papa absolu, d’un adulte qui saurait tout sur tout et les protègerait d’eux-mêmes. Ils rêvent obéissance, soumission, discipline. Ils ont cet avantage de rêver d’un monde qui existe déjà, qui a raison partout. Et nous avons cet avantage de ne pas croire qu’il soit immuable. Ce qui est irrémédiable, c’est la mort de tout ce que nous connaissons comme réalité. Ce qui est irrémédiable, c’est le changement. Ce qui est irrémédiable, c’est la rapidité avec laquelle la réalité se réinvente contre la lourdeur de nos consciences. Il y a la plasticité du réel. Leur narration n’est pas solide, voilà ce que le Covid nous apprend. Ils se défendent comme des diables et prennent toutes les décisions débiles, ils se frottent les mains en pensant : on va en profiter pour tourner tout ça à notre avantage. Leur narration n’est pas solide. Ils se racontent des histoires. Ce dernier tour de force est un dernier tour de piste. Leur réalité tombe en poussière, et ils sont des baltringues enchantés d’eux-mêmes, des imbéciles convaincus de leur importance. Ils s’époumonent, mais ce n’est pas parce qu’ils gueulent en cœur que ce qu’ils disent est vrai. Leur stratégie du bruit donne l’impression qu’elle est plus efficace que jamais, mais s’ils crient aussi fort, et qu’ils semblent si sincèrement souffrir, c’est qu’ils sentent qu’ils sont à bout de souffle. Et pour le dire simplement : cette autorité des puissants, on peut se la carrer au cul. Ils ont plus ou moins mon âge. Ils savent qu’ils vont bientôt mourir et, d’une certaine façon, ça leur fait plaisir d’imaginer qu’après eux rien ne subsistera. En attendant, les plus puissants lèguent à leurs enfants les rênes du pouvoir – et leur seul pouvoir, c’est la force de destruction. La rafale de balles est réelle, l’impact de la bombe est réel, l’efficacité des armes est réelle. Quel que soit l’imbécile qui s’en sert, c’est lui qui écrira l’histoire. Mais quand bien même ils ont les armes et le commandement des armées, et les flics pour se protéger, ils auront toujours besoin de corps gratuits pour faire leur guerre et enclencher leur répression. Et rien ne dit que demain ces soldats et ces flics ne changeront pas d’avis. Rien ne dit que demain ces soldats et ces flics ne décideront pas de changer de programme et de ne plus tirer sur les hommes et les femmes et les enfants. Rien ne dit que demain les hommes ne diront pas : le viol ne me fait pas bander, violer les femmes et les gamins devant les parents égorgés ne me fait pas bander. Je n’ai plus envie d’appartenir à cette histoire de merde sous prétexte que trois débiles au sommet ne connaissent pas la satiété. Rien n’a jamais empêché l’histoire de bifurquer. Qu’on nous répète le contraire à longueur de journée n’en fait pas une loi. Rien n’a jamais empêché l’histoire de disjoncter. Et rien ne s’oppose à ce que l’espèce humaine change de narration collective. Au contraire, pour la première fois dans l’histoire de l’homme, elle n’a pas d’autre choix que le faire. Il faudra bien changer de narration. Les marchés, ça n’existe pas. On ne parle pas de montagne, d’ouragan, d’incendie, d’océan, de grand gel. On ne parle pas de choses réelles quand on parle des marchés. Ce ne sont pas des géants à la colère desquels on n’échappe pas. Ce que nous enseigne le Covid, entre autres choses, c’est que le jour où on arrête d’y aller, tout s’arrête. Et c’est tout. Nous ne sommes pas gouvernés par des dieux tout-puissants qui peuvent se passer de notre accord pour asseoir leur bordel. Nous sommes gouvernés par de vieux imbéciles qui ont peur que leurs cheveux frisent sous la pluie, qui posent à moitié nus sur des chevaux pour exhiber leur grosse virilité. Nous sommes gouvernés par de vieux impossibles à qui il est tout à fait possible de dire demain : mais va donc la faire toi-même, ta guerre ! S’il est si important de tout confier toujours aux plus violents, organisez donc de grands matchs entre dirigeants. Et qu’ils se démerdent entre eux sur le ring avec le goût qu’ils ont pour le sang. Il est temps de se soustraire aux évidences. Le monde tel qu’on le connaissait s’écroule. Ce n’est pas une mauvaise nouvelle. C’est le moment de se souvenir qu’on n’est pas obligés pour les armes, qu’on n’est pas obligés pour la guerre, qu’on n’est pas obligés pour la destruction des ressources, qu’on est pas obligés de tenir compte des marchés. Le patriarcat est une narration et elle a fait son temps. Terminé de passer nos vies à quatre pattes sous les tables de vos festins, à grignoter vos restes et sucer vos bites à l’aveugle, gratuitement, aimablement, en remerciant abondamment à chaque éjaculation – « ça nous fait tellement plaisir de vous voir heureux, vous qui êtes à table »… Terminé maintenant : quand on ouvre la bouche, c’est pour mordre, ou pour parler. Parler est plus important que mordre. Parler est ce qu’on a fait de plus important ces dernières années, nous qui n’avions jamais parlé. Et ce qui compte aujourd’hui, c’est de prendre soin de nos paroles. Si nous voulons dire « révolution », nous devons permettre à la parole de se prendre là où elle ne se prenait jamais. Il nous faut ouvrir des espaces, non pas « safe » parce que « safe » ça n’existe pas quand il faut déballer sa merde, mais d’écoute sincère. Ce n’est pas une affaire de bienveillance mais de sincérité. Écouter sincèrement est peut-être ce que l’on doit apprendre. Pas écouter pour se conforter dans ce qui nous arrange. Pas écouter en se demandant si ça peut améliorer la visibilité de nos boutiques respectives. Écouter sincèrement en prenant le temps d’entendre. On ne peut pas écouter sincèrement la parole si elle est confisquée par les tribunaux. Il nous faut apprendre à écouter sans que notre but soit systématiquement de déclarer coupable ou non-coupable. Tout le cirque du jugement relève du vieux monde. On s’en fout de savoir qui est coupable. Comment entendre, recevoir, soigner, pour ensuite transmettre autre chose que de l’abus de pouvoir. Nous devons apprendre à nous démettre des autorités. Je sais et je sens qu’il n’existe pas de séparation nette non plus entre moi et le ministre pointeur raciste, entre moi et l’idiote ménopausée qui vient parler de la douceur des hommes, entre moi et la féministe surveillante d’une nouvelle prison, entre moi et la meute des tarés agressifs qui s’insurgent de ce que l’on oublie un peu vite l’importance de la testicule dans l’art, entre moi et les harceleurs de merde exigeant le silence de celles qui évoquent notre histoire coloniale commune, et entre moi et les idiots utiles des sous-doués du IIIème Reich. Entre moi et eux, il n’y a pas non plus de frontières fixes. (2/3)
Je suis aussi les imbéciles, je suis aussi leur colère, leur dépit, je suis aussi leur agonie fétide, puisque rien ne me sépare de la merde qui m’entoure. Ce qui n’équivaut toujours pas à dire que tout se vaut, mais qu’il y a contagion, propagation, impact, et que toute idée de pureté, d’isolement, de protection, est à peu près aussi crédible que de porter un masque en papier dans la cohue du RER de 19h30. Probablement utile, mais tout à fait dérisoire. Nous sommes exposés les uns aux autres, ce qui signifie que tout ce qui est émis nous impacte et réciproquement. Car si je commence par dire : il n’y a pas de frontières si claire entre moi et les autres, je ne le dis pas de façon poétique… Je dis : l’Arménienne sa souffrance, la Libanaise son désarroi, la femme sans toit son errance, la femme en prison son chagrin, la chanteuse à Hong Kong sa détermination, l’étudiante précaire en foyer sa rage… Quand je dis : nous somme le monde tous en même temps, je ne viens pas chercher la culpabilité dans mon corps, de ne pas sentir le drame. Je n’ai pas froid, je ne dors pas en cellule, je n’ai pas été battue aujourd’hui, mes poumons ne sont pas dégradés, je ne sers pas les dents quand arrive une facture, j’ai des papiers, ma peau est blanche, j’ai bien mangé, etc., etc… Mais la culpabilité est un isolement qui ne sert à rien d’autre qu’à rendre impuissant. Oui, les vêtements que je porte aujourd’hui c’est la vie détruite des enfants qui les ont fabriqués, c’est la pollution des pays, c’est la honte d’appartenir à la classe de ceux qui ont eu le culot de décider de délocaliser. Oui, la nourriture que j’absorbe, c’est l’empoisonnement de la terre et la destruction des espèces animales, c’est la détresse de l’exploitant agricole, c’est la fatigue du routier espagnol que je dépasse en pestant sur l’autoroute. Oui, l’institution-musée que j’occupe ce soir est une histoire d’exclusion d’une rare violence. Oui, les livres que j’écris et que je vends, c’est la honte de mon exhibition médiatique. Oui, chaque mot que je prononce aujourd’hui est dégueulassé par la honte non seulement de la somme de mes privilèges, mais encore de ma passivité, et aussi de mes facultés de jouir des injustices tout en les dénonçant. Oui, je me sens coupable. Non, je ne suis pas pure. Mais la culpabilité est toxique et ne me sert à rien. De cette honte-là, je ne peux rien faire d’utile. Oui, j’ai conscience aussi d’un autre privilège qui est le mien et qui est la notoriété – la notoriété étant devenue une méta-valeur. Séparatisme entre ceux qui comme moi ont un nom qui provoque une onde de choc sur internet, et ceux qui galèrent à se faire entendre, à se singulariser, à se faire remarquer, qui veulent percer – et moi qui trône comme un furoncle invincible, un furoncle qu’on ne finirait jamais de percer. Et j’ai conscience de toutes mes positions de privilèges, et je ne veux pas dire que toutes les positions se valent. Toutes les conditions de vie de tous les corps ne sont pas équivalentes sous prétexte qu’elles sont reliées, mais ce que je dis : il faut prendre conscience des liens invisibles, parce que c’est de ce tissu que sera fait la révolution – pas de nos culpabilités juxtaposées. Mon corps blanc non-soumis au travail forcé, qu’on n’a pas violé dans l’impunité, mon corps chrétien qui fête le 11 novembre sans penser à la ville de Sedan, mon corps goy qui s’accommode de la propagande antisémite, mon corps bien nourri, trop soigné, pour qui le Capitalisme travaille et fait le sale boulot sans que j’ai besoin de m’en préoccuper, et je peux même m’en émouvoir et en jouir en même temps… Ce corps blanc pour lequel on a défini tant de frontières. J’en ai ma claque de répondre à des matons et à des patrons. Ce que je veux nourrir aujourd’hui, c’est ma faculté d’écouter quand ceux qui n’ont jamais parlé ouvrent la bouche. Ce que je veux nourrir, c’est ma faculté de désirer autre chose. Ce que je veux ressentir, c’est que j’appartiens à la race humaine et aucune autre. Et je veux entendre ce que disent les enfants, de ceux qui ont l’âge d’être les enfants de mes enfants, et les croire quand ils disent : nous allons faire la révolution ! Et sachant ce que je sais, je désire les y aider. Je ne veux plus dire « intersection » parce qu’à la longue, le terme donne l’impression que je vends des tomates et que je m’interroge sur la pertinence de vendre un peu de patates du voisin sur mon étalage – alors que de facto, tes patates poussent sur le même terrain que mes tomates. Et de toute façon, savoir si j’ai intérêt à ce que mes luttes coïncident avec les tiennes est une préoccupation boutiquière qui n’a aucun sens. Il ne s’agit pas d’une carte routière, ni d’un problème de maths. Quand nous dirons « révolution », je veux me souvenir que je ne suis pas isolée de toi, et que tu n’es pas protégée de moi. On peut lever des murs, jeter des filets dans la mer, multiplier les frontières et les procédures pour les traverser – à la fin c’est inepte. Ta réalité traverse la mienne, ma réalité pèse sur toi. Les frontières fixes sont toxiques et ne servent à rien. Ce qui est immuable, c’est que tout se traverse. Ce qui ne veut toujours pas dire que tout se vaut. J’écoute les gens de mon âge parler des gens qui ont vingt ans aujourd’hui, et je les entends dire, comme toutes les générations avant eux : « ils désirent changer le monde », sur le ton blasé et serein de ceux qui en ont vu d’autres, de ceux qui savent comment ça se passe. Mais je peux témoigner : ma génération ne voulait pas changer le monde. Certains d’entre nous le désiraient, mais ma génération n’a jamais voulu changer le monde : elle y croyait trop, à ce monde, et elle croyait à tout ce qu’on lui disait. Toutes les générations n’ont pas voulu changer le monde. A toutes les générations n’a pas échu le devoir de changer le monde. A ma génération, on n’a jamais dit, avant même qu’on sache lire : « si vous ne changez pas le monde, vous allez tous crever. » Ils sont gender-fluides et ils sont pansexuels, ils sont racisés ou solidaires des racisés. Ils ne veulent plus être enfermés et définis par la misère et l’injustice. Ils sont chamanes, ils sont sorcières. Et ce qui m’intéresse aujourd’hui n’est plus ma honte, ni ma culpabilité, ni ma rage, ni mes keufs intérieurs, mais bien de me rendre capable de leur dire : tout est possible, à commencer par le meilleur. Et c’est une affaire de désirer autre chose. Je choisis de les croire quand ils disent qu’ils veulent le sauver, ce monde. Je choisis de croire que nous ne savons rien de ce dont seront fabriqués les jours à venir. Je choisis de croire que quand les plus puissants nous répètent à longueur de journées : « nous savons tout de l’avenir car nous connaissons le passé – il n’y a pas d’alternative, les choses sont comme elles sont parce que c’est dans la nature humaine d’en arriver là. C’est ainsi que Dieu l’a voulu dans son immense sagesse. Et s’il y a cruauté gratuite, et injustice, et grand saccage, c’est que la cruauté, l’injustice et le saccage font partie du réel ». Et ils disent : « regardez les animaux », et chaque fois qu’ils les regardent, c’est pour observer comme ils tuent. Alors moi aussi je regarde les animaux qui tuent et j’observe : je ne vois pas leurs camps de migrants, je ne vois pas leurs frontières, je ne vois pas d’éléphant barbeler son terrain pour ne jamais y voir de zèbres, parce qu’il a décidé que les zèbres ça ne devrait pas exister, je ne vois pas les animaux enfouir leurs déchets nucléaires. Alors je me demande : que dois-je comprendre des animaux dans nos histoires humaines ? La douceur est utile. La douceur et la bienveillance sont les notions les plus antinomiques avec le système qui nous opprime. La douceur et la bienveillance, c’est le contraire de l’exploitation capitaliste : de demander la permission, me demander si je consens. La douceur et la bienveillance, c’est ce qu’on ne trouve pas sur les marchés, c’est ce qu’on ne trouve pas dans l’armée, c’est ce qu’on n’enseigne pas dans les polices. Toutes les propagandes me traversent, toutes les propagandes parlent à travers moi. Rien ne me sépare de la merde qui m’entoure. Rien, sauf le désir de croire que ce monde est une matière molle, que ce qui est vrai aujourd’hui peut avoir disparu demain, et qu’il n’est pas encore écrit que cela soit une mauvaise chose." (3/3)
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le roman national ment / Pacôme Thiellement
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j'avais déjà abordé ce thème essentiel en 2007 et 2009
il serait bon de mêler à la farine dans laquelle on se roule
- L'histoire mondiale de la France (dir. Patrick Boucheron)
- Les mondes de l'esclavage (Direction d’ouvrage : Paulin Ismard)
- Le grand récit de Johann Chapouteau
de saler avec
- Le déclin de l'occident d'Emmanuel Todd et livres précédents
de poivrer avec
- Trotskisme, de Lambert à Mélenchon
de retourner la crêpe avec
- L'impitoyable aujourd'hui d'Emmanuelle Loyer
et de se servir de la poêle à gratter avec la question d'Etienne Klein sur la mort et le temps
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La Madeleine de la Sainte Baume
montage d'images ramenées de la Sainte Baume, les 7 et 8 avril 2017; forte présence d'une femme, une sainte, une apôtre, Madeleine, représentée par de nombreux peintres; j'ai retenu Le Tintore...
montage d'images ramenées de la Sainte Baume, les 7 et 8 avril 2017;
Bienvenue dans L'Empire n'a jamais pris fin. Ce nouveau programme pour Blast sera comme un voyage dans le temps. Nous pouvons retourner en arrière, mais nous ne pouvons pas modifier le passé. C'est la règle de tous les voyages dans le temps, il faut éviter le paradoxe temporel. Cependant, nous pouvons changer notre regard sur celui-ci. Et en changeant notre regard sur celui-ci, nous pouvons peut-être changer le visage de notre présent. Mon nom est Pacôme Thiellement, je ne suis pas historien, je suis un exégète. Et j'aimerais aujourd'hui faire l'exégèse de l'histoire de notre vie sur ce territoire que nous nous sommes habitués à appeler la France. Mais ce serait une autre histoire. Une histoire de notre lutte, extérieure et intérieure, contre toutes les formes de pouvoirs politiques et religieux. Une histoire de la reconnaissance aux droits de disposer de nous-mêmes et aux devoirs de ne pas disposer des autres. Une histoire de nos tentatives d'émancipation, de nos combats, de nos échecs et de nos victoires. Comment nous avons vécu ? Comment nous sommes morts ? Comment nous sommes revenus ? Comment nous avons dû continuer à nous battre ? Bienvenue dans une histoire alternative de la France, une histoire de France dont vous êtes le héros. Bienvenue dans L'Empire n'a jamais pris fin,
épisode 1 : Jules César, l'homme qui nous inventa.
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DE CÉSAR À MACRON : L'EMPIRE N'A JAMAIS PRIS FIN
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Le roman nationalement, la France n'a jamais été chrétienne. Si l'on parle d'une manière d'être et de vivre, qui soit la mise en pratique collective de la parole d'un certain Jésus, né à Nazareth, la France n'a pas été plus chrétienne que le christianisme n'a existé. Le christianisme est un mot. Un mot qui recouvre un très vilain récit. Celui du détournement de la parole émancipatrice, révolutionnaire, d'un homme ou d'un dieu, afin de la faire servir à une mission exactement contraire, la reconduction de la domination impériale la plus exclusive jusque dans l'intimité des cœurs et le secret des âmes, l'Église. L'Église chrétienne ment, l'Église chrétienne est romaine. Et pourtant... Et pourtant la parole de Jésus est également une porte vers autre chose, car l'être invisible auquel cette religion visible n'a cessé d'adresser ses prières était initialement celui qui possédait le fil d'Ariane, susceptible de nous guider hors du labyrinthe de la prison impériale. C'est à partir de Jésus que l'Empire, dans un premier temps, va commencer à se fissurer. Mais c'est aussi autour du culte du Christ que l'Empire va se reconstruire, de façon plus forte, plus intense, plus impitoyable encore. Le christianisme, le culte du Christ crucifié, a été la plus grande insulte faite à sa personne comme au contenu de sa parole. Si nous les confrontons, parole contre parole, Jésus et le christianisme ne sont pas contradictoires, ils sont incompatibles. C'est ce que nous allons essayer de faire aujourd'hui. L'histoire de Jésus et celle du christianisme sont inscrites si intimement dans le parcours de l'humanité depuis 2000 ans que l'histoire de France, fille aînée de l'Église, est incompréhensible si nous ne nous penchons pas sur cet abîme. L'histoire que nous allons vous raconter est une des plus dingues de toute l'histoire de l'humanité. Elle va chercher si profondément dans nos cœurs qu'elle nous fait mal à chaque fois qu'elle nous fait rire. Parce que dans le fond, ça n'est pas drôle. Bienvenue dans l'Empire n'a jamais pris fin, je m'appelle Pacôme Thiellement, je ne suis pas historien, je suis exégète. Dans ce programme pour Blast, je fais l'exégèse de notre histoire sur ce territoire que nous nous sommes habitués à appeler la France. Celle-ci est subjective et même très subjective, même si nous essayerons d'être le plus rigoureux possible. Alors, comme dirait l'autre, si vous n'aimez pas mon histoire de France, écrivez la la vôtre. Bienvenue dans l'Empire n'a jamais pris fin,
épisode 2, Jésus contre le christianisme.
« Le roman national ment. L’identité française ne résulte pas de l’alliance de la bravoure gauloise et de l’administration romaine, le tout couronné par la bonté chrétienne. Pas seulement. Non seulement la France n’a pas seulement été gauloise et romaine, mais la France n’a pas seulement été chrétienne. Même dans son rapport à Jésus. Même dans son rapport à Jésus, le roman national ment. Par omission. Par oubli. L’histoire qui suit se situe à la fois après la mort de Jésus à Jérusalem, un siècle et demi plus tard à Lyon, et au IVe siècle après le baptême de l’Empereur Constantin, alors que le christianisme devenait la religion officielle de l’Empire. Ces trois moments sont indissociables. Ces trois moments nouent entre eux des relations qui donneront un fruit très particulier dans l’avenir. C’est une histoire qui frappe très mystérieusement à la porte de notre temps. Le sujet de cette histoire est l’amour. Et, au cœur de cette histoire, il y a une femme : Marie-Madeleine. Bienvenue dans L’Empire n’a jamais pris fin. Je m’appelle Pacôme Thiellement. Je ne suis pas historien. Je suis exégète. Dans ce programme pour Blast, je fais l’exégèse de notre histoire sur ce territoire que nous nous sommes habitués à appeler la France. Celle-ci est subjective, et même très subjective, même si nous essayons d’être le plus rigoureux possible. Alors, comme dirait l’autre, si vous n’aimez pas mon Histoire de France, écrivez la vôtre. L’Empire n’a jamais pris fin.
Épisode 3 : Marie-Madeleine et les États Généraux de l’Amour »
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MARIE-MADELEINE, OU COMMENT L'ÉGLISE EST DEVENUE L'EMPIRE
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Le 2° été du Léthé/1° juillet 2017 - Blog de Jean-Claude Grosse
marie madeleine par Donatello montage d'images ramenées de la Sainte Baume, les 7 et 8 avril 2017; forte présence d'une femme, une sainte, une apôtre, Madeleine, représentée par de nombreux ...
https://les4saisons.over-blog.com/2017/04/le-2-ete-du-lethe.html
textes iconoclastes entre Lola, fille de Joie et le hyérosolimitain Lui-Je
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identité toi-même - bric à bracs d'ailleurs et d'ici
Identité Ma seule contribution, cher Benoist, va porter sur deux choses, mais d'abord merci pour ces Echos logiques (et très raisonnables...). 1. L'expression "fier d'être français" témoigne d...
https://www.bricabracs.fr/article-identite-toi-meme-40718661.html
2009
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Quelle histoire pour quelle nation ? - bric à bracs d'ailleurs et d'ici
Quelle histoire pour quelle nation ? Les drapeaux de Léon Cogniet (1794-1880) L'histoire doit être réécrite pour une identité française ouverte et multicolore dans l'Europe et le monde ...
2007
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Comment se construit l'identité nationale ? - bric à bracs d'ailleurs et d'ici
14/03/2007 20:45 Comment se construit l'identité nationale ? Les drapeaux de Léon Cogniet (1794-1880) Des historiens analysent, pour " La Croix ", les défis auxquels l'identité nationale se tro...
2007
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L'impitoyable aujourd'hui / Emmanuelle Loyer - Blog de Jean-Claude Grosse
J'ai profité des 29 jours de censure de FB et de sevrage de cet outil (5 novembre-5 décembre) pour me demander quoi faire avec FB : je ne relaierai plus aucune polémique même en proposant les p...
https://les4saisons.over-blog.com/2022/12/l-impitoyable-aujourd-hui/emmanuelle-loyer.html
un livre majeur obligeant à remetre les pendules à l'heure sur les faux récits, celui de la révolution française, de la révolution industrielle anglaise...
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Trotskisme, de Lambert à Mélenchon - Blog de Jean-Claude Grosse
livre sorti le 4 janvier 2024; l'article paru dans La Sociale me semble faire un point très précis sur le cas Jean-Luc Mélenchon par un soutien de LFI autre point de vue sur Mélenchon par un ...
https://les4saisons.over-blog.com/2018/06/68-et-apres/benjamin-stora.html
le lambertisme, un mouvement trotskiste, dont il faut connaître l'histoire
le phallus ? et le néant ?
voilà un article comportant 35 liens
il y aura très peu de lecteurs ouvrant les liens
mais au moins je pose la tentation
les liens en lien avec mes blogs sont sous le signe de Freud et Lacan (ce fut une partie de ma formation universitaire) que tente de déconstruire Sophie Robert
aujourd'hui, je suis sorti de cette matrice ou de ce paradigme
je pense qu'il faut plus recevoir que voir
voir en voyant la lumière qui éclaire par derrière ou sur le côté ou par en dessous...
place au miracle et au mystère de la naissance, de la vie, de la mort, des origines, des chemins, des fins
de la faim sans fin par tous les moyens
à la fin sans faim
mise entre parenthèses des prétendus savoirs
les mondes de chacun, de chaque espèce nous sont opaques et inaccessibles; et sans doute notre propre monde (conscience et inconscient, individuel, transgénérationnel, collectif)
JCG
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Long métrage documentaire classé art et essai, sorti en salles en 2019 Un film documentaire de Sophie ROBERT Bible graphique : Maxime GRIDELET Portraits crayonnés : Alice LAVERTY Musique origina...
le phallus et le néant par Sophie Robert (durée 2 H)
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Sophie Robert : La psychanalyse doit débattre de l'autisme
En présentant les positions de plusieurs psychanalystes à propos de l'autisme, un documentaire, Le Mur, fait polémique. S'estimant piégés, trois des interviewés ont engagé une action...
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Un ange à ma table - Regarder le film complet | ARTE
Née dans un village perdu de Nouvelle-Zélande, Janet Frame est une petite fille timide. Mais elle a un rêve : devenir écrivain... Le film qui a révélé au monde le talent de Jane Campion - et...
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Jane Campion - La femme cinéma - Regarder le documentaire complet | ARTE
Par sa consoeur Julie Bertuccelli, un vibrant portrait de la réalisatrice néo-zélandaise Jane Campion, première femme à avoir obtenu la Palme d'or (pour "La leçon de piano", en 1993). En 1997...
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Pour LSD, Pauline Chanu part à la recherche des persistances de l'hystérie. Une histoire longue et violente qui commence à l'Antiquité et continue de nourrir la misogynie et de hanter la médec...
4 émissions de 50' chacune
Le scandale de la psychanalyse/Paul Mathis - bric à bracs d'ailleurs et d'ici
DE LA TERREUR OU LE SCANDALE DE LA PSYCHANALYSE Nous vivons, nous sommes dans un monde de terreur. A ce thème proposé par Jean-Claude Grosse, pour envisager de m'en dégager, j'ai eu tendance à ...
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Du corps, signifiant premier par Paul Mathis Note: Cet exposé a été présenté lors d'une table ronde (avec performances d'artistes italiens) consacrée au corps, à la Maison des Comoni au ...
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Du double meurtre commis par les sœurs Papin par Paul Mathis Note: Cet exposé a été présenté lors de la création en mars 1995, à la Maison des Comoni au Revest-les-Eaux, du spectacle : Et p...
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PAUL MATHIS FAIRE SON DEUIL DE QUOI ? J'ai aperçu en télévision, ce qui reste des ossements de Pétrarque. Image rapide qui ne m'a pas permis de m'attarder, plus anatomiquement sur ces derniers ...
L'enfant, son origine, son horizon par Paul Mathis (1) - Blog de Jean-Claude Grosse
L'enfant, son origine, son horizon par Paul Mathis -1- Deux points de mire, le point d'origine et le point d'horizon sont l'objet d'un questionnement implacable posé par l'enfant, auquel l'adulte ne
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Freud/Lacan - Blog de Jean-Claude Grosse
samedi 28 novembre 2009 de 14 à 16 H pause philo à la médiathèque d'Hyères : Jacques Lacan, sa conception de l'inconscient par Jean-Claude Grosse et Marie-Paule Candillier, psychanalyste Pour ...
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Sur Freud, Lacan et la psychanalyse/JCG-MPC - Blog de Jean-Claude Grosse
Jacques Lacan, sa conception de l'inconscient par Jean-Claude Grosse et Marie-Paule Candillier, psychanalyste Pour commencer, rappeler la disparition de Lévi-Strauss qui aurait eu 101 ans ce 28 ...
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Sur l'analyse (en Lacanie) - Blog de Jean-Claude Grosse
Après la pause philo du 28 novembre 2009 sur la psychanalyse et Lacan à la médiathèque de Hyères 30 personnes se sont retrouvées dans l'auditorium de la médiathèque. La pause philo fut ...
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Qu'est-ce qu'une femme ?/L'Autre jouissance/Lol V. Stein - Blog de Jean-Claude Grosse
pour l'amour de l'amour, extases d'après Ernest Pignon Ernest Qu'est-ce qu'être une femme au-delà des semblants, de l'apparence, de la mode ? Freud a découvert en écoutant ses analysantes que ...
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Homme, Femme ?/ Mode d'emploi ! - Blog de Jean-Claude Grosse
Patrick Roux, consultant au CPCT-M, interviendra sous le titre : "La princesse du désert". Afin d'introduire le travail de réflexion de cet Après-Midi "Homme, Femme ? Mode d'emploi !", il nous ...
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Jacques-Alain Miller: l'amour en questions - Blog de Jean-Claude Grosse
Jacques-Alain Miller: interview à Psychologies Magazine sur la question de l'amour. Remarquablement éclairant. Jean-François Cottes Interview de Jacques - Alain Miller Psychologies Magazine, oct...
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Pause-philo: Héritons-nous de valises à la naissance ? La pause-philo du 20 mars 2010 au Comédia à Toulon, consacrée aux valises dont nous héritons à la naissance a été bien suivie, riche ...
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Violences intimes/violences collectives/M.P.Candillier - Blog de Jean-Claude Grosse
Violences intimes, violences collectives Selon l'approche analytique Pause philo du 18-02-12 MOULIN DES CONTES d'Hyères Marie-Paule CANDILLIER Guerres, génocides, massacres collectifs sont toujours
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Écrire le viol / Rennie Yotova - Blog de Jean-Claude Grosse
couverture et table des matières de Elle s'appelait Agnès Écrire le viol Rennie Yotova Non Lieu 2007 Tentant d'écrire avec une quinzaine d'autres auteurs de théâtre, membres des EAT (écrivai...
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Elle s'appelait Agnès, il s'appelle Matthieu - Blog de Jean-Claude Grosse
Agnès Marin, inhumée au Père Lachaise, le jour de ses 14 ans, le 26 novembre 2011, le collège-lycée du Cévenol aujourd'hui fermé, collège des Justes pendant la 2° guerre et 2° chance pour...
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Affaire Duhamel, un si long silence
Pendant des années, tous ceux qui savaient se sont tus... Des histoires de pouvoir, et surtout de silence. Début janvier 2021, c'est la déflagration, même si aujourd'hui, les faits sont en thé...
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Narcissisme et société/Michel Pouquet - Blog de Jean-Claude Grosse
NARCISSISME ET SOCIETE Un psychanalyste ne peut vous rencontrer sans prendre préalablement quelques précautions. Il est nécessaire de vous rappeler ce qu'est un analyste, et pourquoi il s'adress...
Heurs et malheurs de l'idéologie (1)/Michel Pouquet - bric à bracs d'ailleurs et d'ici
sous le regard de l'analyste... HEURS ET MALHEURS DE L'IDEOLOGIE Je précise bien : sous le regard de l'analyste. L'idéologie, d'autres peuvent vous en parler, d'une autre façon que moi, avec des...
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Pathologie des leaders/Michel Pouquet - bric à bracs d'ailleurs et d'ici
Il y a 6 ans, le 16 mai 2001, se tenait une agora à la Maison des Comoni au Revest sur Heurs et malheurs de l'idéologie avec Michel Pouquet. Elle est en ligne dans son intégralité sur ce blog. ...
L'enseignant et le psychanalyste/Michel Pouquet - bric à bracs d'ailleurs et d'ici
L'ENSEIGNANT ET LE PSYCHANALYSTE "il y a trois tâches impossibles : éduquer, gouverner, et psychanalyser" FREUD Je ne saurais trouver mieux pour entamer cette rencontre avec vous, que cette citation
L'inquiétante puissance des mères (Michel Pouquet) - bric à bracs d'ailleurs et d'ici
L'INQUIÉTANTE PUISSANCE DES MÈRES Partons du commencement... Voyez l'image du petit enfant dans les bras de sa mère, si petit, à côté d'elle ; totalement dépendant, incapable de rien faire p...
L'indispensable place de ce pauvre homme de père (Michel Pouquet) - bric à bracs d'ailleurs et d'ici
L'INDISPENSABLE PLACE DE CE PAUVRE HOMME DE PÈRE... "L'inquiétante puissance des mères", certains parmi vous s'en souviennent peut-être. Les autres vont l'entre-apercevoir, par l'histoire de GE...
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À quoi sert un père ?/Michel Pouquet - bric à bracs d'ailleurs et d'ici
À quoi sert un père? Après l'agora du 11 janvier 2006 au CDDP de Toulon, Michel Pouquet, un habitué des agoras du Revest, est intervenu à deux reprises, une fois à L'École des Parents à Tou...
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Ce qu'aimer veut dire/Michel Pouquet - bric à bracs d'ailleurs et d'ici
Michel Pouquet, Paul Mathis, Joël Poulain, Philippe Granarolo, quelques-uns des intervenants des 100 agoras organisés à la Maison des Comoni au Revest article repris sur le site site de l'entrai...
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Peut-on rencontrer l'autre ?/J.C. Grosse - bric à bracs d'ailleurs et d'ici
le baiser des bonsaïs (un siècle d'acrobaties pour atteindre ce résultat) le baiser comme don, l'épousée La rencontre d'autrui Pour Sartre, autrui n'est pas seulement celui que je vois, il est...
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Cannes 1962 (MM-BB/lettre de Daddy à Norma Jeane)/ JCG - Les Cahiers de l'Égaré
Marilyn après tout, 18F 18H pour les 36 ans de MM au moment de son "suicide" Cannes 1962 La seule fois où je suis allé au Festival de Cannes, c'est en mai 1962. C'était la quinzième édition d...
https://cahiersegare.over-blog.com/2017/12/cannes-1962-mm-bb/lettre-de-daddy-a-norma-jeane/jcg.html
Une histoire de la vraie vie : que faire de l'institution culturelle ?
une "occupation" de 15 jours, révélatrice de fractures idéologiques, de divergences sur les revendications comme sur les formes d'action
L’occupation des théâtres en ce printemps 2021, aussi peu mordante soit-elle vis-à-vis de l’institution, a permis d’ouvrir ces lieux à des débats inédits et une certaine forme d’offensive politique. À Toulon, la récré aura duré moins de deux semaines avant que la préfecture ne renvoie tout le monde à la maison. L’administration du Liberté, avec qui les occupant-e-s n’ont jamais noué des relations de franche camaraderie, est peut-être soulagée. Mais cette assignation à la torpeur réjouit surtout les forces réactionnaires.
Mars 2021. Un collectif s’invite dans le hall du théâtre le Liberté, à Toulon, avec l’approbation circonspecte du directeur Charles Berling. Le mouvement a débuté au théâtre parisien de l’Odéon au début du mois et, depuis, irradie l’Hexagone. Envie de se faire entendre et de faire société. L’occupation du Liberté, épicentre culturel du Var, est stratégique autant que symbolique. Les revendications portent sur la précarité accrue des intermittent-e-s de l’emploi et des privé-e-s d’emploi en général. On exige l’abandon de la réforme de l’assurance chômage et la prolongation de l’année blanche. Faut-il en douter ? Le collectif plaide aussi en faveur de la réouverture de lieux culturels qui restent fermés, pour de nébuleuses raisons, depuis bien trop longtemps.
Dès le premier jour, Charles Berling estime au micro de France 3 que les revendications du collectif sont peut-être «un peu trop larges», et que «politiquement, ce n’est pas forcément une stratégie audible.» Lui se bat, depuis l’automne, pour la réouverture des lieux de culture.
Après une semaine, le collectif d’occupation publie sur Facebook un communiqué virulent, en réaction à une instrumentalisation maladresse de l’administration du théâtre qui, décidément, a bien du mal avec l’extension du domaine de la lutte, puisqu’elle vient d’envoyer une newsletter à ses abonné-e-s réduisant les revendications du collectif à la seule portion qui l’intéresse.
Le texte vengeur ironise sur les missions du Liberté. Les réactions sont vives, souvent indignées. Des artistes, technicien-ne-s, spectateurs-trices se désolidarisent d’un mouvement d’occupation qu’ils-elles n’avaient pas rejoint. L’équipe du Liberté s’estime outragée. On parle de poujadisme. On regrette une division qui ferait le jeu des méchants.
«Le théâtre Liberté est un temple de la culture bourgeoise», affirme le communiqué. La formule ne passe pas. On rejette l’adjectivation du mot culture. Ainsi cette réaction, fort applaudie : «Aujourd’hui il ne s’agit plus de dire ou d’écrire que certains lieux de culture sont bourgeois ou populaires et au final de créer des oppositions là où elles n’ont pas lieu d’être. La culture n’a pas plusieurs vitesses, elle n’a qu’un visage. Le théâtre liberté comme d’autres structures ne sont pas des lieux élitistes mais des espaces culturels heureusement subventionnés.»
Il faudrait donc se contenter de la culture au singulier et sans complément, comme dans «Ministère de la Culture».
Sur le site du ministère, il est écrit : «La mission fondatrice du ministère de la Culture de «rendre accessibles au plus grand nombre les œuvres capitales de l’humanité» s’est traduite à la fois par un soutien à l’offre culturelle, à sa qualité et à sa diversité et par une action en faveur du développement des publics, particulièrement de ceux qui sont le plus éloignés de la culture.» Apprécions l’énoncé aux relents colonialistes qui laisse à penser que des êtres humains peuvent vivre «éloignés de la culture», au seul motif qu’ils ne partagent pas la vôtre. Qui décide de ce qui fait culture, en France ? Un indice : ce n’est peut-être pas cette femme qui nettoie, au petit matin, les locaux de la rue de Valois.
On entend souvent parler du «monde de la culture». L’expression laisse flotter l’idée d’une entité homogène, témoignant d’un même rapport sensible au monde. Pourtant, si on interroge plusieurs personnes sur la signification du mot culture, il est fort probable qu’on obtienne des points de vue divergents. Le territoire semble vaste, à la mesure de la vie de chacun-e. Sauf qu’il est très circonscrit sur le plan institutionnel.
Revenons alors à cette Culture avec un grand C que le ministère entend promouvoir à travers le réseau des «scènes nationales» auquel émarge le théâtre Liberté. Cette «La Culture» se déploie selon un processus de médiation complexe associant air du temps, appropriation, neutralisation, légitimation, valorisation, en prise directe avec les préoccupations sociétales des classes moyennes supérieures qui constituent son ferment …beaucoup moins avec les précarités sociales qui échappent aux mêmes classes moyennes supérieures. L’institution culturelle sera beaucoup plus prompte à s’emparer des questions de genre que du mouvement des Gilets jaunes, par exemple.
Subventionnée d’un côté, mécénée de l’autre, cette Culture se sait fragile et constamment menacée dans la mesure où, derrière son C majuscule, elle reste d’accès minoritaire (aussi prétendument universaliste soit-elle) et s’oppose de plus en plus frontalement à un repli et une atrophie authentiquement réactionnaires, qu’incarnait en son temps le Front national de Jean-Marie Le Chevallier à Toulon, mais que promeut aussi l’actuel ministre de l’Éducation nationale. Voir son usage gourmand de l’expression «islamo-gauchiste», ou la confusion médiatique qu’il entretient entre les «réunions de personnes racisées» et les «réunions racistes». Pourquoi parler spécifiquement de Jean-Michel Blanquer ? Parce que son ministère est historiquement lié à celui de la Culture et que l’action culturelle se fait très souvent par le biais de l’institution scolaire.
Au constat du sort réservé à l’expression artistique à et à la création sous toutes ses formes en période de covid (à l’exclusion notable de la forme numérique), et à l’écoute de la parole gouvernementale, il y a donc objectivement du souci à se faire.
C’est par cette fragilité que s’opère le rejet épidermique de toute critique à l’endroit de la Culture aussitôt perçue, de l’intérieur, comme faisant le jeu des réactionnaires. Il y aurait pourtant urgence à développer cette critique et ouvrir les portes, à revenir sur la notion de culture «élitaire pour tous» et discuter cette émancipation dont la Culture prétend être vectrice, quand les tensions vont croissantes entre des corps sociaux artificiellement montés les uns contre les autres. Et pour bien comprendre les choses, il convient de correctement les nommer.
Alors oui, Le théâtre Liberté est un temple de la culture bourgeoise.
Affirmer cela n’est pas faire injure aux abonné-e-s ni aux personnes qui y travaillent, c’est exposer la réalité des faits. Un temple, en ce sens que la taille du hall et de ses lustres forcent la considération, et qu’on n’entre pas ici comme on pose sa serviette sur la plage. Bourgeois, parce que sa programmation fait le miel de personnes détenant un capital qui les engage dans un rapport de domination, qu’elles l’admettent ou non, vis-à-vis de celles qui n’en disposent pas : le capital culturel passe en particulier par la maîtrise de la langue.
En ces lieux prospère une certaine forme de normalisation sociale, un entre-soi ressenti comme une violence par les personnes qui n’ont pas le bon habitus, le savent et s’auto-excluent a priori malgré toute la «bienveillance» de l’institution. La programmation du Liberté attire ainsi, pour l’essentiel, un public cultivé, vivant d’un travail sans doute plus intellectuel que manuel, aussi des gens moins connaisseurs mais plus friqués, se trouvant légitimes à franchir le seuil du temple puisque l’argent a ce pouvoir magique d’abolir les frontières symboliques.
Car il est bien évident qu’on peut disposer d’un capital culturel et parallèlement crever la dalle. C’est dans ce cas, et dans ce cas seulement, quand on salive devant la vitrine sans avoir les moyens de s’offrir les victuailles, que les fameux billets suspendus peuvent trouver leur destination.
Il y a bien aveuglement, à confondre la nécessaire critique de la domination culturelle avec une pseudo-division autour de revendications catégorielles. Il y a bien funeste repli, à vouloir contenir «l’élargissement» de la lutte, c’est à dire refuser d’associer la crise que traverse «le monde de la culture» à la dynamique systémique qui affecte aussi, entre autres, l’Hôpital et l’Université.
Cet aveuglement vire à la schizophrénie quand la Culture, qui prône «le respect de l’autre dans ses différences» et la «promotion de la diversité sous toutes ses formes», se bouche les oreilles et appelle la Sécurité en renfort parce que ça vocifère un peu trop fort dans le hall du théâtre. Les dernières nuits d’occupation du Liberté, il y avait là autant de vigiles que d’occupants…
La Culture, en son temple, coincée entre ministère et pouvoirs locaux, ayant à cœur d’assumer son cahier des charges et les responsabilités qu’engage un budget très conséquent (très conséquent au regard des budgets des autres lieux culturels du coin, s’entend) doit-elle simplement attendre un hypothétique retour à la normale en se parlant à elle-même, en vase clos ? Est-elle condamnée à penser le désastre comme seul sujet de programmation à l’intention de publics qui échappent au désastre ? Peut-elle continuer de monter Kafka, Orwell, Falk Richter, sans rien dire publiquement sur la loi «Sécurité globale» ? Peut-elle encore danser le multiculturalisme en restant silencieuse devant la stigmatisation culturelle opérée par la loi «Séparatisme» ?
La Culture, en son temple rouvert, une fois sa normalité retrouvée, pourra-t-elle être nuisible au désastre ?
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🚨En exclusivité l'interview de Charles Berling avant l'occupation du Théâtre Liberté de Toulon.
Ce dimanche à 16h, place de la liberté, Charles Berling, le directeur du Théâtre s'est prêté avec courtoisie aux questions posées par , l'envoyé spécial de l...
22 mars 2021
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Culture : le théâtre Liberté de Toulon, lieu de la contestation
d'infos : https://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/var/toulon/le-theatre-liberte-de-toulon-occupe-pour-protester-contre-la-fermet...
23 mars 2021
Merde à la culture institutionnelle qui formate en prétendant former
J'ai lu les déclarations de deux artistes, le directeur du CDN d'Angers (Thomas Jolly jouant à son balcon la scène du balcon de Roméo et Juliette, le 25 mars 2020) et le directeur du Théâtre de la Ville et du Festival d'automne Emmanuel Demarcy-Motta, le 4 septembre 2020
parler depuis les soucis et prérogatives d'un CDN ou d'un Festival donc parler de formes sans pointer le contexte mondial de mise en place d'un contrôle sécuritaire-autoritaire permanent (faisant s'effondrer quelques croyances et illusions: la démocratie comme rempart ou solution, l'état-providence comme garant des communs), sans se placer au niveau des enjeux, connus pourtant, annoncés depuis plus de 60 ans (rapport Meadows, halte à la croissance): il faut changer radicalement nos rapports à la Vie, à la Terre et à l'Univers; il faut se changer soi radicalement (peurs, en particulier la peur de la mort et servitude volontaire; apparemment, il faut beaucoup de temps déjà pour en avoir conscience)
au sortir d'un "grand" spectacle, je suis toujours un soumis; j'ai applaudi par exemple Trintignant habitant la marche à l'amour de Gaston Miron ou Nougaro faisant vivre sa plume d'ange
l'émotion, les larmes sont bâillonnées parce que nous sommes dans la représentation et pas dans la Présence qui pourrait en métamorphoser plus d'un, d'un coup comme une évidence
à méditer cette forte pensée de Jean Giono en préface du Prince, de Machiavel :
"Le pouvoir gouverne toujours comme les gouvernés gouverneraient s'ils avaient le pouvoir."
Où j'en suis, en date du 7 avril 2019 (mouvement des GJ)
pour moi maintenant si on
(on, désignant un passeur, un transmetteur, un partageur, un homme de passion et de bienveillance, un qui a choisi de se tenir le plus possible à l'écart du système marchand)
si on n’a pas pour objectif que tout le monde s’exprime en inventant sa façon de s'exprimer, pas en singeant les formats dominants (clips, shows, gros romans, pièces sur le bruit du monde, chansons et musiques dites actuelles, cirque, jonglage...)
si on n'a pas pour objectif que chacun crée son art de vivre sa vie, avec ses heurs, bonheurs, malheurs, pas en singeant les modèles dominants donnés à imiter, consommer, jeter, renouveler, et rien à voir avec les soi-disant arts de vivre, l'art de vivre méditerranéen, crétois, l'american way of life...
alors merde à l’art, aux artistes qui pullulent, sont en concurrence, mis en concurrence par les gens de culture, et qui ululent, crowdfundinguent, s'auto-produisent et revendiquent leur participation à l'économie, nous représentons 3% du PIB
merde aux gens de culture qui pullulent et pompent le fric, eux qui ont du pouvoir, si peu, si peu mais s'y croient avec de moins en moins d’argent et revendiquent aussi leur participation à l'économie, nous représentons plus que l'industrie automobile
monde de merde à l’image caricaturale du monde de requins et prédateurs de toutes sortes des hautes sphères qui ne tournent pas rond.
La déclaration de Villeurbanne, vous comprenez que je m'en moque.
Ses enjeux même contradictoires ne sont pas à la hauteur.
Mon slogan serait :
Tous artistes, tous écrivains, tous photographes,
chacun son expression, chacun son art de vivre sa vie
pas la vie comme oeuvre d'art
pas l'art pour émanciper, élever, éduquer, éveiller
pas la culture dominante qui ne se reconnaît pas comme telle, alibi de la domination marchande avec son discours émancipateur, démocratisateur et ses pratiques de management à l'américaine, travail en openspace, séparation entre direction, personnel et techniciens, entre gens de culture et artistes
chacun son art de vivre sa vie c'est-à-dire en conscience, y en a, y veulent de la pleine conscience, beaucoup de moments dans le silence, parfois du rire, des sourires tout pleins, des gestes doux et tendres, pas besoin de créativité renouvelable 24 H sur 24, juste de l'attention, là, à 10 cms, regarde et tu déplaces la petite pierre, la brindille, ah, ça fait un cupidon...et t'es frappé en plein coeur par l'amour
mais purée que c'est simple l'amour,
y en a qui aiment compliquer à souhait
y en a qui veulent pas entendre le souffle aimant à côté d'eux, tant pis pour eux
j'aime les bienheureux, les simples d'esprit et de coeur qui ont le coeur net et direct, donc les enfants débiberonnés du cordon médiatique
Maintenant je veux dire où j’en suis en 2019, après avoir joué un rôle public dans les domaines du théâtre, de l’écriture et de l’édition, pendant 22 à 30 ans, tout cela bénévolement (je tiens à le préciser et je tiens à préciser que cette position d'aujourd'hui est en lien avec mon cheminement intellectuel, spirituel et ne vaut que pour moi, autrement dit je trouve normale toute autre position exprimant le vécu, les choix essentiels d'un autre et il ne me viendrait pas à l'esprit de le convaincre ou persuader qu'il se trompe) :
si ce qui se passe (mouvement des GJ) est un moment de changement de paradigme, d'une crise irréversible de la civilisation matérialiste, consumériste (avec crise de régime, crise de la représentation suite à son incapacité à adapter nos modes de vie au nouveau régime climatique et aux autres effondrements ou basculements, à assurer la transition écologique, mot qui parle peu, expression peut-être déjà dépassée) vers une civilisation de la Conscience, alors, ce qui importe est le cheminement de plus en plus conscient de chacun, dans chacun de ses comportements, de l'intime à l'extime; il en va de la responsabilité de chacun et d'un travail sur soi persévérant, exigeant
je me doute bien que les zones de confort des uns et des autres sont un obstacle à cette élévation de conscience individuelle et collective; faudra-t-il donc encore plus de souffrances pour en sortir de cette civilisation mortelle et mortifère ?
à supposer que je sois dans la lumière à un moment parce que proposant une action un peu sensée ou une idée un peu innovante, je dois aussi accepter de ne plus l'être demain
le mouvement fait apparaître, disparaître (plus ample que le seul mouvement des gilets jaunes, beaucoup plus lointain que l’acte I du 17 novembre 2018)
nous sommes à notre place, au bon moment, le temps d'un moment puis on s'efface, on est effacé, remplacé
surtout refuser de garder la main sur un segment, un pré carré, ne pas être dans les entre-soi..., dans les certitudes (rejeter le RIC, être jusqu'au boutiste de la grève générale illimitée qui ne semble pas être à l'ordre du jour, voir les déclarations ignobles sur les GJ de tout un tas de gens qu’on nous vendait comme ouverts, même Patrick Boucheron)
tout accueillir, ne pas faire de tri, comprendre, tenter de comprendre les autres points de vue, surtout ceux qui nous sont les plus étrangers, cela demande de l'empathie, de l'amour, de l'amitié pour l’autre (pas facile du tout de comprendre un Luc Ferry et Macron alors !):
on n'est pas ennemis, on a un commun essentiel, pas seulement d'être Humain, pas seulement d'être Terrien mais d'être des Univers
favoriser les créolisations, le Tout-Monde (lire Edouard Glissant)
Denis Lavant : "L'idéal, c'est d'avoir un rapport poétique à la vie, au quotidien, et de ne pas avoir besoin de scène pour exercer cela"
" Ce qui me tourmente, c’est le point de vue du jardinier. Ce qui me tourmente ce n’est point cette misère, dans laquelle, après tout, on s’installe aussi bien que dans la paresse. Des générations d’orientaux vivent dans la crasse et s’y plaisent. Ce qui me tourmente, les soupes populaires ne le guérissent point. Ce qui me tourmente, ce ne sont ni ces creux, ni ces bosses, ni cette laideur. C’est un peu, dans chacun de ces hommes, Mozart assassiné." Saint-Exupéry
IMAGINONS: 1700 spectacles en Avignon l'été dans le off soit 1700 X 20000 € de location de salle mini = 34.000.000 € dépensés pour une illusion : on va être vu par des directeurs et des critiques et on va tourner. Ô les tristes calculs de jeunes plein d'énergie, aptes au système D et réussissant à survivre, certes souvent dans la galère mais survivre avec le sentiment d'être créatif, créateur ce qui peut donner une saveur sans pareille à l'existence; rien à voir avec l'aliénation des exploités de bas en haut du système productif.
IMAGINONS: 1700 compagnies investissent la France profonde, désertée par les paysans, peu récupérée par les alternatifs et ils construisent leur habitat durable, écolo, leur salle de répétition, leur jardin en permaculture, leurs équipements en énergie géothermique, des oasis donc avec école Montessori, des jardins d'Épicure, le philosophe pour des temps comme le nôtre de fin de civilisation (lire le Sur Épicure de Marcel Conche qui se tient à l'écart du grand tapage médiatique)
IMAGINONS : les musiciens, les écrivains, les plasticiens, les architectes, tous ceux capables de comprendre qu'il n'y a pas d'avenir dans ce monde marchand abandonnent les villes à leur pourrissement et à leur ratisation proliférante et vont retrouver la dure et saine vie dans les collines et les bois comme D.H Thoreau ou comme avait imaginé Jack London
mais ce n'est qu'un rêve
qui dit éducation (y compris artistique donc censé être à l'écoute de l'enfant) dit qu'il y a nécessité à transmettre, quoi ? ce que transmet le maître, l'artiste et même s'il y a grande écoute de l'adolescent, de l'enfant, il y a certitude qu'il y a à transmettre, ça c'est gratifiant et ça peut se rémunérer en plus de la gratification narcissique; et si l'enfant n'était pas à éduquer ? même et surtout sur le plan artistique, créatif ? l'éducation se passe au niveau de la conscience analytique cérébrale, ce que j'appelle la CAC 40, pire que le CAC 40; l'enfant jusqu'à 6-7 ans est spontanément dans la conscience intuitive extra-neuronale (états modifiés de conscience), il a accès à des dimensions que nous perdons avec les apprentissages et l'éducation => une société sans école de Yvan Illich, François Roustang, Jean-Jacques Charbonnier
les programmes qui nous agissent ont été acquis entre le 6° mois de notre état de foetus
et l'âge de 7 ans, sous onde téta, en quasi-hypnose, ce sont des programmes inconscients, subconscients venus de notre milieu familial, socio-culturel, programmes hérités de notre "éducation", de l'éducation reçue, très souvent coercitive, pour notre "bien", éducation à la performance, à toujours se dépasser qui paradoxalement nous apprend à ne pas nous aimer, à nous juger négativement en permanence ;à partir de 7 ans, le néo-cortex ou lobe frontal entre en fonction, sous onde alpha, on pense, réfléchit, évalue, décide éventuellement de modifier le programme ; il se trouve que 95% de nos programmes inconscients nous pilotent quasi- automatiquement, que nous tentons d'agir sur nous avec 5% de conscience ; on ne fait pas le poids ; d'où les thérapies nouvelles à base d'hypnose pour reprogrammer ce qui est inconscient(1- vidéos essentielles de Bruce Lipton sur you tube et pour renouer avec l'animalité en nous, 2- être inspiré par Mister Gaga, Ohad Naharin)1-2-
moi - Rilke parle très bien de l'Ouvert et avant lui Hegel dans le magnétisme animal, hors parole, hors langage; ça ne se pense pas, ça se vit et c'est très difficile à retrouver, à trouver; je n'y suis pas encore arrivé malgré méditation et autres exercices dont atelier de TCH (trans-communication hypnotique)
7 avril 2019, JCG
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lettres ouvertes aux directeurs du Liberté et de l'Opéra - Blog de Jean-Claude Grosse
lettre envoyée par mail le 31 janvier, portée en mains propres le 1° février avec une gilette jaune J'ai pris l'initiative de ces deux lettres après celle de Jeanne valérie Held s'adressant a...
j'avais pris l'initiative de ces lettres ouvertes, le 31 janvier 2019, lettres portées sur place le 1° février; deux débats citoyens ont été organisés, présentés comme initiés par le Liberté; ça s'appelle de la récupération
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Débat citoyen au Théâtre Liberté - Blog de Jean-Claude Grosse
articles de Var Matin, le bocal varois de juin 2002 avec des auteurs algériens et des auteurs pieds-noirs, le livre franco-russe né du bocal agité au lac Baïkal en août 2010 pour les 10 ans du...
https://les4saisons.over-blog.com/2019/02/debat-citoyen-au-theatre-liberte.html
débat citoyen au Liberté pendant le mouvement des gilets jaunes, avec des gilets jaunes
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Débat citoyen à Châteauvallon - Blog de Jean-Claude Grosse
à Châteauvallon, le plateau, place de la Liberté à Toulon, parvis de la gare de Toulon le mercredi 6 mars j'interviens vers 40' pour rappeler le festival des possibles et proposer un genre ...
https://les4saisons.over-blog.com/2019/03/debat-citoyen-a-chateauvallon.html
débat à Châteauvallon pendant le mouvement des gilets jaunes, avec des gilets jaunes
Méphisto Rhapsodie / Samuel Gallet
Mephisto - Regarder le film complet | ARTE
Dans les années 1930 en Allemagne, Hendrik Höfgen, un acteur ambitieux, se soucie uniquement de sa carrière et profite de la prise du pouvoir des nazis... Première collaboration de Klaus Maria ...
à voir jusqu'au 28/2/2023
![" Méphisto [Rhapsodie] ", de Samuel Gallet, Théâtre national de Bretagne à Rennes](https://image.over-blog.com/rqlu-XMkYLBKmuMT4DCmw_hWM-w=/170x170/smart/filters:no_upscale()/https%3A%2F%2Flestroiscoups.fr%2Fwp-content%2Fuploads%2F2019%2F03%2FMEPHISTO_%E2%88%8FGWENDAL-LEFLEM-28.jpg)
" Méphisto [Rhapsodie] ", de Samuel Gallet, Théâtre national de Bretagne à Rennes
Par Olivier Pansieri Les Trois Coups Jean-Pierre Baro met en scène " Mephisto " de Samuel Gallet, très vaguement inspiré du roman de Klaus Mann. Une litanie, qui se veut un cri, contre la monté...
une critique de Méphisto Rhapsodie de Samuel Gallet mis en scène par Jean-Pierre Baro
A quoi bon faire du théâtre quand l’extrême droite frappe aux portes du pouvoir ? Mephisto {rhapsodie} traverse les petitesses de la scène pour donner à penser l’avenir brûlant.
C’est la première création de Jean-Pierre Baro mise à l’affiche du Théâtre des Quartiers d’Ivry, CDN qu’il dirige depuis le mois de janvier. Mephisto {rhapsodie} raconte l’ascension d’un comédien arriviste, ses compromissions pour accéder au succès, jusqu’à sa nomination à la tête d’un théâtre, dans un contexte de montée de l’extrême droite. Fruit d’une commande passée à Samuel Gallet, auteur dramaturge avec lequel Jean-Pierre Baro travaille pour la seconde fois, Mephisto (rhapsodie) est inspiré d’un roman de Klaus Mann, fils de Thomas, qui, à partir d’une histoire vraie, développe cette trame du carriérisme à tout prix dans le contexte de l’Allemagne nazie. Parallèlement à l’intrigue, au cœur de ce spectacle d’envergure porté par huit comédiens aux multiples rôles, une question taraude les personnages : « Pourquoi faire du théâtre aujourd’hui ? ». On aimerait bien le savoir, en effet. Pour tenter de trouver des réponses, suivons donc l’action de Mephisto se déployer à Balbek, imaginaire petite ville de province, rampe de lancement de la carrière d’Aymeric Dupré, cet acteur obsédé par le nombre de rappels qu’opère le public à l’issue de la représentation. Autour de lui, une directrice vieillissante ne jure que par Tchekhov, un comédien cherche à articuler son travail avec le territoire qui l’entoure, et un apprenti du cru, lui, est tenté par l’idéologie des « Premières lignes », groupe fasciste à l’irrésistible ascension. Pendant ce temps, à la capitale, se déploie le territoire bourgeois, mondain et décadent du show business et des pouvoirs.
Pourquoi faire du théâtre aujourd’hui ?
Il y a des éléments agaçants dans cette pièce. Des personnages caractérisés à l’excès. Des dilemmes rebattus. Des morceaux de bravoure un peu bavards. Une association du peuple à l’extrême droite potentiellement simpliste. Et le risque du propos endogame, d’une pièce qui ambitionne d’ouvrir le théâtre au monde mais parle avant tout du monde du théâtre. Néanmoins, convenons-en, le texte de Gallet, très bien servi par la mise en scène simple, fluide et rythmée de Jean-Pierre Baro, et par un jeu aux multiples couleurs, emporte le morceau. Sans concession sur le narcissisme de l’artiste, le surplomb moralisateur du monde du théâtre et son asthénie tchekhovienne d’univers moribond, Mephisto n’épargne rien à une société du spectacle qu’il griffe de partout – son propos mordant jusqu’au public même. Mais il porte en même temps une véritable tendresse pour le théâtre, un attachement, un amour. Avec ses personnages complexes et profonds, pris dans leurs contradictions, cherchant la meilleure façon d’agir, avec ou sans le théâtre, face aux dangers qui menacent, Mephisto rend de plus plausible, présente, là, véritablement devant nous, cette dystopie malheureusement de plus en plus probable d’un monde où s’imposera l’extrême droite. Quels choix cette situation nous demandera-t-elle d’opérer ? Préparons-nous à cet avenir brûlant, propose Méphisto. De réponse définitive on ne trouvera pas dans le théâtre. Mais en s’aidant du théâtre, peut-être.
Eric Demey La Terrasse, 23 octobre 2019, N° 281
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Histoire de la Ville de Sanary-sur-Mer
Les intellectuels allemands exilés à Sanary, par Christian Soleil Origine: PlumArt N°25 (janvier 2001) www.plumart.com (reproduit avec autorisation) Plutôt que de frémir et de s'attrister de l...
https://www.toutsanary.fr/histoire3/les-intellectuels-allemands-exiles-a-sanary/
les exilés allemands, à Sanary sur-Mer, dont Klaus Mann, l'auteur de Méphisto
Méphisto de Klaus Mann vu dans la mise en scène d'Ariane Mnouchkine
Mephisto, Le roman d'une carrière 1979 De Klaus Mann
Traduction et adaptation Ariane Mnouchkine
Le roman Méphisto pose la question du rôle et de la responsabilité des intellectuels à la naissance du Troisième Reich. La fable qui, pour nous, s’est dégagée du roman pourrait se formuler ainsi : le spectacle serait l’histoire de deux comédiens, liés par l‘amitié, également passionnés de théâtre, également talentueux, également préoccupés de la fonction politique, voire révolutionnaire, de leur art, dans l’Allemagne de 1923. « Pour qui est-ce que j’écris ? Qui me lira ? Qui sera touché ? Où se trouve la communauté à laquelle je pourrais m’adresser ? Notre appel lancé vers l’incertain tombe-t-il toujours dans le vide ? Nous attendons quand même quelque chose comme un écho, même s’il reste vague et lointain. Là où on a appelé si fort, il doit y avoir au moins un petit écho. » Klaus Mann
Tous les clowns ne sont pas des monstres
Charlie Rivel est mon clown préféré. La 1ère fois que je l'ai vu, c'était en 1973, au concours de l'Eurovision où il avait fait une apparition pour faire passer le temps aux téléspectateurs...
https://www.attentionfragile.net/post/tous-les-clowns-ne-sont-pas-des-monstres
Edito septembre 2020 de Gilles Cailleau, compagnie Attention fragile : “De 1935 jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, Charlie Rivel embrasse le nazisme, travaillant pour le ministère de la Propagande du Troisième Reich. Dans cette situation, il entretient des relations amicales avec Adolf Hitler et Joseph Goebbels. Après la guerre, Charlie demande de l’aide au général Franco, qui lui fournit un passeport et lui accorde l’entrée en Espagne. En 1954, il revient en Espagne où il devient une star du Circo Price de Madrid.” J’ai vérifié, croisé les sources, regardé un documentaire catalan très sérieux – El Pallasso i el Führer, lu des télégrammes envoyés par le clown au dictateur… Il faut se rendre à l’évidence, ce type mon héros, qui semblait à deux doigts de se briser dès qu’il déplaçait un pouce, avait été copain, copain au sens propre du terme de Hitler et de Goebbels, ils avaient rigolé ensemble, s’étaient sans doute tapés sur les cuisses et avant que ses deux acolytes se tirent une balle dans la tempe, voyant que ça sentait le roussi à Berlin, il avait demandé à Adolf (il devait trouver que c’était le plus cool des deux) de lui faire une fleur et de téléphoner à Franco pour faciliter son retour en Espagne, vu qu’il y était né.
Mes nouvelles convictions politiques
J'ai assisté samedi 4 octobre 2020 à 17 H à une lecture d'une durée d'1 H à la Bibliothèque Armand Gatti à La Seyne sur Mer dans le cadre de la résidence d'écriture de Samuel Gallet accueilli pour un mois par la Saison Gatti-Le Pôle, lecture d'entrée de résidence, à 8 voix, d'un découpage de son dernier texte Méphisto Rhapsodie, inspiré du Méphisto de Klaus Mann. Lecture puissante qui m'a interpellé.
J'ai pu mesurer à cette occasion combien j'avais évolué.
Le combat politique mondial (un certain combat politique, au minimum à gauche, plus souvent à l'extrême-gauche, pro-révolution tendance trotskyste, PCI, anti-stalinien, anti-social-démocrate, anti-capitaliste, anti-impérialiste / jugement de François Mauriac dans ses Mémoires intérieures : « Du point de vue de l'Europe libérale, il était heureux que l'apôtre séduisant de la révolution permanente ait été remplacé par l'horreur stalinienne : la Russie est devenue une nation puissante, mais la Révolution (en Europe) a été réduite à l'impuissance. Plus j'y songe et plus il apparaît qu'un Trotsky triomphant eût agi sur les masses socialistes de l’Europe libérale et attiré à lui tout ce que le stalinisme a rejeté dans une opposition irréductible : Staline fut à la lettre " repoussant ". Mais c'est là aussi qu'il fut le plus fort, et les traits qui nous rendent Trotsky presque fraternel sont les mêmes qui l'ont affaibli et perdu et de mettre Trotsky au niveau de Tolstoï et Gorki) qui me paraissait nécessaire il y a peu encore, jusqu'à l'épuisement du mouvement des Gilets Jaunes quand le mouvement syndical a repris la main avec le combat pour la défense des retraites (décembre 2019), entraînant confusion et collusion a cessé de me paraître nécessaire avec la crise de la Covid 19 et la sortie partielle du confinement (quelle aubaine pour un pouvoir déliquescent de pouvoir faire ramper des millions de gens à coups de mensonges et manipulations médiatiques !). Dès octobre 2019, je participais à un groupe Penser l'avenir après la fin des énergies fossiles (en lien avec la collapsosophie de Pablo Servigne) tout en continuant à participer à un groupe Colibris (faire sa part). J'avais renoncé à assister à des assemblées citoyennes de Gilets Jaunes tant à Toulon qu'à Sanary dès juillet 2019.
Le combat politique local que j'ai aussi mené comme conseiller municipal d'une majorité (1983-1995) puis comme tête de liste d'une opposition éco-citoyenne (2008) me paraît encore jouable. Encore faut-il gagner les élections municipales ? Dans l'opposition, on ne change pas les choses.
Où en suis-je aujourd'hui, à quelques jours de mes 80 ans, le jour de la révolution d'octobre (sans doute un coup d'état de Lénine, mensonge inaugural du régime soviétique), le même jour que Pablo ?
J'ai enfin décidé que personne ne peut se substituer à nous pour prendre conscience de sa place et de sa mission de vie (qui est autre chose que vivre comme feuilles au vent selon l'image d'Homère). Aucun porte-voix, aucune instance dite représentative ne peut (ne doit) parler et agir à ma place. Décision : je ne voterai plus. Abstention.
La démocratie représentative ne représente que les intérêts du pouvoir en place (république bananière, corrompue jusqu'à la moelle) et des rapaces qu'il représente pour l'avoir mis en place (cette prise de conscience est essentielle, la démocratie représentative n'est pas la démocratie, il m'a fallu 60 ans pour l'admettre). La démocratie représentative est le leurre savamment entretenu nous faisant croire qu'en changeant de gouvernement par les élections - qui sont la dépossession de nos voix, un vol de voix - (nous perdons notre pouvoir constituant, Octave Mirbeau, Etienne Chouard, et quelques autres sont indispensables à lire), que passer de droite à gauche, de gauche à l'extrême-centre puis un jour à l'extrême-droite, on va changer les choses. Mais il est possible de savoir maintenant, par expérience depuis 40 ans avec la pensée unique, le TINA thatchérien (There is no alternative) que droite, gauche, extrême-gauche, extrême-droite, extrême-centre n'ont qu'un objectif : arriver au pouvoir et le garder. Il est possible de se convaincre aussi que les gens au pouvoir savent depuis relativement peu (20 ans) qu'en cas de mouvements profonds, durables, pacifiques ou révolutionnaires, insurrectionnels, il ne faut surtout pas lâcher le pouvoir, le quitter comme de Gaulle ou Jospin. Il faut le garder coûte que coûte par la répression, la négociation. Il faut s'accrocher, laisser passer la colère. Il faut en conclure que tout affrontement frontal n'a aucune chance d'aboutir, de changer l'ordre des choses (le mouvement des GJ autour des ronds-points fut une forme géniale; les GJ manifestant sur les Champs-Elysées, inaccessibles jusqu'à eux aux mouvements revendicatifs ou insurrectionnels, ce fut un sacré challenge réussi mais un échec).
Il faut aussi constater que dans le cadre des nations, la politique ne peut défendre que les intérêts particuliers de la nation. Et ce particularisme ne change pas avec les entités supra-nationales comme l'UE, qui ne sont pas mondiales. L'ONU elle-même ne peut être le lieu d'une politique universelle.
Deux paradoxes sont à signaler. Le 1° paradoxe c'est que les GAFA (les géants du web, américains et chinois) ont une politique mondiale, une visée de domination mondiale, haïssant la démocratie (c'est le libertarianisme anglo-saxon d'une part et l'autoritarisme bureaucratique chinois d'autre part). Le 2° paradoxe, c'est que pour les révolutionnaires, la révolution est toujours imminente alors que la réalité montre depuis 40 ans que comme le dit un ultra-riche Warren Buffet : « il existe bel et bien une guerre des classes mais c'est ma classe, la classe des riches qui fait la guerre et c'est nous qui gagnons".
Seule peut-être une politique universelle en vue du Bien serait souhaitable, en vue du Bien c'est-à-dire satisfaisant la nourriture, la santé, l'instruction et le divertissement de tous. À ce niveau universel, souhaitable ? nécessaire ? la question démographique est peut-être la plus difficile à aborder : ne sommes-nous pas trop sur une terre aux ressources limitées. Déjà Lévi-Strauss le pensait et avant lui, Malthus.
Individu n'ayant qu'un peu de pouvoir sur moi, ne croyant qu'au travail sur soi pour devenir meilleur, j'ai fait choix de ne pas écouter les informations, de ne pas regarder la télé, de ne pas aller sur les réseaux sociaux. Finie la pollution anxiogène, finie la manipulation par les fake news, dont la plupart sont distillées par les médias et le pouvoir.
Quant à toi qui es au pouvoir, tu veux y rester, tu n'y es que pour un temps, tu passeras de toute façon, tu es déjà passé. Il en sera de même pour tes successeurs. Tchao, pantins et magiciens.
Vous êtes au pouvoir, vous prenez des mesures, vous légiférez à tour de bras mais votre pouvoir sur moi est réduit à quasiment rien, j'ignore par ignorance 99% de vos lois qui ne modifient quasiment rien à mes conditions de vie. Je respecte le minimum, je porte un masque, je respecte les règles du savoir-vivre, du code de la route.
Je m'invisibilise de vos systèmes de contrôle, je suis cosmopoli avec ce qui existe, minéraux, faune, flore, vivants. Je choisis qui je fréquente (quelques amis), je travaille sur moi (à gérer mes émotions souvent archaïques, mes pulsions souvent excessives). Je n'ai plus d'ennemis; même les adversaires politiques, je les ignore dorénavant. Cette affirmation n'est pas à prendre comme un constat mais comme un processus vivant (quand je me découvre un ennemi, y compris moi-même, je m'observe, je me mets à distance, je me nettoie de l'agressivité avec une technique de clown s'ébrouant, se débarrassant de sa poussière jusqu'à ce que l'indifférence me gagne). Je n'ai plus de boucs émissaires (processus vivant avec nettoyage, dépoussiérage) : les arabes et musulmans pour les racistes (dont je suis parfois), les blancs pour les ex-colonisés (dont je suis parfois), les machistes pour les féministes (dont je suis parfois), les putes pour les machistes (dont je suis souvent). Ces binarisations du monde sont toutes douteuses : elles nous font croire que nous sommes du bon côté, du côté de la justice, de la vérité. Par exemple, la théorie du Grand Remplacement justifie les mouvements néo-fascistes. Inversement, le refus de toute relation avec la Haine du FN et du RN justifie l'extrême-gauche et l'islamo-gauchisme.
Qui aura raison, Michel Houellebecq avec Soumission, Boualem Sansal avec 2084, Alain Damasio avec Les furtifs... ?
J'ai vu au tout début des GJ (novembre 2018), le rejet de ceux-ci par tout un tas de gens bien-pensants (tous bords politiques) qui n'ont même pas compris que ceux qu'ils appelaient des bruns, venaient de la périphérie, les petits blancs invisibilisés par la société marchande et touristique, la société des bobos. Ce que j'ai compris et accepté, c'est que tout ça existe, co-existe, s'affronte et que c'est en moi, potentiellement, réellement. J'ai vu des GJ aux idées racistes être changés en deux, trois discussions. Cela veut dire que prendre pour du dur, des opinions de circonstances, en lien avec un mal-être, un mal-vivre est préjudiciable à la recherche de la paix, civile et sociale. Rien de pire qu'une guerre civile, qu'une société qui se délite, les uns dressés contre les autres.
Cela dit, nos opinions de circonstances peuvent tenir longtemps. Nous les faisons nôtres comme si le monde allait s'effondrer si on cessait de les croire nôtres. 60 ans pour moi de fidélité imbécile aux valeurs "humanistes" de la gauche radicale. C'est cette fidélité toxique aux "convictions politiques" d'à peine plus de 50% des électeurs (qui faisait que rien ne changeait si ce n'est l'alternance des couleurs politiques) qui a expliqué la montée de plus en plus massive de l'abstention pendant une vingtaine d'années, phénomène repéré mais pas pris au sérieux (c'étaient les déçus de la politique, les pêcheurs à la ligne du dimanche, les traîtres au devoir électoral, au droit de vote arraché de haute lutte par nos anciens) et qui explique en 2017, le dégagisme qui a frappé à droite, à gauche, a vu sortir du chapeau une bulle de savon miroitante.
Avec ces nouvelles convictions (plus question d'être fidèle sur le plan des soi-disant convictions politiques, ce ne sont qu'opinions largement induites par le milieu, l'époque et on les prétend siennes, c'est "mon" opinion et on s'y accroche, 60 ans durant comme moi), je n'attends plus du théâtre qu'il donne de la voix, qu'il m'ouvre la voie, une voie. J'ai fait partie du milieu, bénévolement, pendant 22 ans, créateur du festival de théâtre du Revest puis directeur des 4 Saisons du Revest dans la Maison des Comoni (1983-2004). J'ai cru par passion à la nécessité de soutenir la création artistique, de l'écriture à la mise en scène, de soutenir et susciter des formes innovantes, de soutenir et susciter l'émergence de jeunes créateurs. Ce fut une période passionnante que je ne renie pas. Mais j'ai pris conscience progressivement vers 2017-2019 que le "vrai" travail est à faire sur soi et par soi. Pas d'agir sur les autres, d'influencer les autres. Pas d'être agi par les autres, influencé par les autres.
Au théâtre, au spectacle, on est dans la représentation, pas dans la présence, pas dans le présent (le moment et le cadeau), je suis spectateur, spectacteur pour certains, je ne suis pas acteur de mon destin, de mes choix de vie à mes risques et périls. Le théâtre, lieu de représentation est comme la politique représentative. Enjeux de pouvoir, luttes de pouvoir, narcissisme exacerbé, carriérisme, opportunisme, compromissions, monde de petits requins persuadé d'avoir une mission de "création" et d'éducation (en fait, de formatage des goûts selon les critères de l'administration qui subventionne), se comportant comme le monde des grands requins (le marché de l'art est particulièrement instructif à cet égard).
Quand je vois l'éclectisme des programmations actuelles, quand je vois la pléthore de propositions faites par les lieux, je pourrais être au théâtre, au concert tous les soirs, si les moyens suivent, le cul dans un fauteuil, à applaudir ou à bouder, comme si je passais ma soirée devant la télé. Je suis un consommateur culturel et je perds mon temps, je me distrais. On sait ce que reproche Pascal au divertissement.
Impossible d'aller à l'essentiel : je suis mortel, le monde s'effondre peut-être, l'humanité va peut-être se suicider. En quoi puis-je me mettre au service de plus grand que moi, de quelle mission de vie ? Pour un autre et même pour moi, à mon insu ou consciemment car nous sommes tous complices du système, ce sera : en quoi puis-je profiter un max de ce système ?
Pour moi aujourd'hui après 60 ans de fixation, de fixette idéologique : Contemplation des beautés de la nature. Action personnelle sur soi par la méditation en particulier. Actions d'harmonie, d'harmonisation, d'élévation. Ne pas ajouter la guerre à la guerre, ne pas faire le jeu du conflit, de la mort, même si je sais que l'inhumanité a encore de très beaux jours devant elle.
Dernier point : il est évident que l'on sait, si on le veut, reconnaître ce qui est inhumain en soi, en autrui. On sait que c'est possible, que c'est réel, on ne juge pas, c'est dégueulasse, injuste, à combattre. On fait choix tant que faire se peut de l'amour de la vie, de la Vie.
Bémol de taille : ce que j'ai écrit vaut pour les "démocraties" à l'occidentale (je peux l'écrire, le publier). Je ne sais comment je me comporterais tant en Chine qu'en Russie, en Arabie saoudite ou en Turquie.
Merci à cette lecture de m'avoir permis de faire le point sur moi, être changeant et sur mes "engagements" changeants.
Jean-Claude Grosse, 6 octobre 2020
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Krystian Lupa Les acteurs et leur rêve
"KRYSTIAN LUPA, LES ACTEURS ET LEUR RÊVE" CONCEPTION Agnieszka Zgieb RÉALISATION Denis Guéguin MUSIQUE Bogumił Misala DESSINS Krystian Lupa Lors du confinement, en avril et en mai 2020, les ...
magnifique documentaire illustrant ce que peut être un théâtre de vérité ou du lent, déréglé travail d'apprivoisement par l'acteur du personnage et réciproquement; on est indéniablement dans une conception quantique du travail sur soi, avec soi, par le corps, par le langage de l'émotion
Antigone aujourd’hui ?
Antigone, dans la tradition venue de la mythologie et du théâtre grecs, est celle qui dit NON à une loi inique de la cité, Thèbes, gouvernée par le tyran Créon et lui oppose une loi universelle, au-dessus de la loi d’état, une loi dite de droit naturel pouvant être opposée au droit positif. À la loi écrite, édictée par le tyran lui interdisant de donner sépulture à son frère Polynice, elle oppose la loi non écrite mais s’imposant à elle et à tous que tout défunt doit avoir une sépulture digne et non être livré aux chiens.
Enterrés, incinérés comme des « chiens », ce fut le sort des décédés par la Covid 19 dans les EPHAD pendant le confinement du printemps 2020. Quelles Anti- gones ont bravé l’ignominie des directives gouvernementales ?
Dans les sociétés modernes, on a tendance à considérer que le concept de droit naturel doit servir de base aux règles du droit objectif. Kant (1785) et la révo- lution française (la déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789) ont donc participé au progrès moral de l’humanité (en droit, mais pas dans les faits). Le droit naturel s’entend comme un comportement rationnel qu’adopte tout être humain à la recherche du bonheur (le droit au bonheur est inscrit dans la déclaration d’indépendance des Etats-Unis du 4 juillet 1776 : Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inalié- nables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur). Le droit naturel présente un caractère universel dans la mesure où l’homme est capable de le découvrir par l’usage de sa raison, en cherchant à établir ce qui est juste. L’idée est qu’un ensemble de droits naturels existe pour chaque être humain dès sa naissance (comme le droit à la dignité ou le droit à la sécurité) et que ces droits ne peuvent être remis en cause par le droit positif. Le droit naturel est ainsi considéré comme inné et inaltérable, valable partout et tout le temps, même lorsqu’il n’existe aucun moyen concret de le faire respecter. Les droits naturels figurent aujourd’hui dans le préambule de la Constitution française et dans les fondements des règles européennes. Le droit à la vie et le droit au respect pour tous ne sont cependant pas reconnus partout sur le globe. Pensons aux fous de Dieu. Le droit naturel selon cette conception s’impose moralement et en droit à tous. Dans les faits, ces droits naturels sont souvent bafoués, par des individus, des sociétés, des états. Ce qui fait que le droit naturel n’est pas universellement appliqué dans les faits c’est l’existence du mal radical, du mal absolu, injustifiable (la souffrance des enfants pour Marcel Conche, la souffrance des animaux d’élevage et de consommation pour d’autres), du mal impossible à éradiquer parce que si l’homme est un être de raison, il est aussi un être de liberté et c’est librement que l’on peut choisir le mal plutôt que le bien.
Le problème du mal radical et de la liberté de l’homme a conduit Kant à écrire les Fondements de la métaphysique des mœurs (1785). Selon Kant, la loi morale n’est imposée par personne. Elle s’impose d’elle-même, par les seuls concepts de la raison pure. Tout être raisonnable, du simple fait de sa liberté, doit respecter les deux impératifs, le catégorique et le pratique
Impératif catégorique de Kant : «Agis uniquement d’après la maxime qui fait que tu peux aussi vouloir que cette maxime devienne une loi universelle. »
Impératif pratique de Kant : «Agis de telle sorte que tu traites l’humanité comme une fin, et jamais simplement comme un moyen. »
Un principe mauvais, que le sujet se donne librement à lui-même, corrompt à la racine le fondement de toutes nos maximes : le mal radical.
L’intérêt commun pour le beau dans l’art ne prouve aucun attachement au bien moral, tandis qu’un intérêt à contempler les belles formes de la nature témoigne d’une âme bonne
Ces considérations m’amènent à tenter de dire ce que serait Antigone aujourd’hui. Antigone pourra aussi bien être une femme qu’un homme, un jeune, adolescent, adolescente, enfant même. Devant les atteintes massives, permanentes aux droits universels de l’Homme (de la Femme, de l’Enfant, des Animaux, des Végétaux, de la Terre, de la Mer, de l’Air, de l’Eau...) partout dans le monde, individuellement comme collectivement, devant cette insistance de la barbarie, du mal partout dans le monde, j’en arrive à penser que dire NON à tout cela, à cette barbarie, à tel ou tel aspect de ce mal sciemment infligé (l’exci- sion, le viol comme arme de guerre par exemple) n’est plus la seule attitude que devrait avoir l’Antigone d’aujourd’hui. Les résistants à la barbarie, celles et ceux qui disent NON servent souvent d’exemple. Leurs méthodes comme leurs buts, leurs champs d’action sont variés, de la désobéissance civile à la lutte armée, de la non-violence à l’appel insurrectionnel, des semences libres à l’abolition de la peine de mort ou de l’esclavage, de la lutte contre l’ignorance à la lutte contre le viol. D’une action à grande échelle, internationale à une action locale.
Sappho, Marie Le Jars de Gournay, Olympe de Gouges, Louise Michel, Vandana Shiva, Angela Davis, Naomi Klein, Gisèle Halimi, Audrey Hepburn, Simone Veil, Simone Weil, Emma Goldmann, Ada Lovelace, Marie Curie, Margaret Hamilton, Germaine Tillon, Rosa Parks, Rosa Luxemburg, Joan Baez, Lucie Aubrac, Frida Khalo, George Sand, Anna Politkovskaïa, Anna Akhmatova, Sophie Scholl, Aline Sitoé Diatta, Brigitte Bardot, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Greta Thunberg, Carola Rackete, Weetamoo, Solitude, Tarenorerer, Gabrielle Russier // Gandhi, Luther King, Trotsky, Che Guevara, Lumumba, Sankara, Nelson Mandela, Soljenitsyne, Vaclav Havel, Jean Jaurès, Victor Hugo, Victor Jarra, Victor Schoelcher, Aimé Césaire, Pablo Neruda, Jacques Prévert, Primo Levi, Janusz Korczac, Federico Garcia Lorca, Emile Zola, Joseph Wresinski, le dominicain Philippe Maillard, Charles de Gaulle, François Tosquelles, Malcolm X, Célestin Freinet, Jacques Gunzig, Stéphane Hessel, Marcel Conche, Jean Cavaillès, Muhammad Yunus, Socrate, Siddhārtha Gautama, Jésus
Le mal radical étant l’expression de la liberté de l’homme, un choix donc (même si les partisans de l’inconscient freudien et jungien posent que la « mons- truosité » n’est pas choisie mais causée), une attitude possible d’Antigone aujourd’hui serait de dire OUI à tout ce qui existe, y compris le mal radical. Antigone en disant OUI à tout ce qui existe n’extérioriserait pas sa responsabi- lité (c’est la faute de l’autre, de Créon). Tout ce qui existe est en elle et donc elle est co-responsable de tout ce qui existe et co-créatrice de tout ce qui s’essaie. C’est à un travail sur soi qu’Antigone s’attelle pour mettre en lumière dans sa conscience, ses peurs, ses envies, ses jalousies, ses espoirs, ses rêves, ses désirs. Antigone tente de se nettoyer, d’élever sa conscience, de gérer ses émotions (c’est autre chose que de les contrôler, il s’agit de les laisser émerger mais sans y adhérer, en témoin). La méditation est un puissant outil pour ce travail sur soi. À partir de ce travail personnel, spirituel, Antigone agit comme le formulent les deux impératifs kantiens (« agis »). Elle agira sous l’horizon de l’universalité de son action, animée par l’amour inconditionnel de tout ce qui existe, sans jugement. Elle sera animée plus par son devoir concret à accomplir (sa mission de vie exercée avec passion, enthousiasme) que par la défense abstraite du droit naturel.
Elle saura prendre la défense du « monstre » (comme l’avocat Jacques Vergès).
Elle, Il saura proposer des actions « bigger than us ». Elle s’appelle Melati, Indo- nésienne de 18 ans, et agit depuis 6 ans pour interdire la vente et la distribution de sacs en plastique à Bali. Il s’appelle Mahamad Al Joundé du Liban, 18 ans, créateur d’une école pour 200 enfants réfugiés syriens. Elle s’appelle Winnie Tushabé d’Ouganda, 25 ans et se bat pour la sécurité alimentaire des commu- nautés les plus démunies. Il s’appelle Xiuhtezcatl Martinez des USA, 19 ans, rappeur et voix puissante de la levée des jeunes pour le climat. Elle s’appelle Mary Finn, anglaise, 22 ans ; bénévole, elle participe au secours d’urgence des réfugiés en Grèce, en Turquie, en France et sur le bateau de sauvetage Aqua- rius. Il s’appelle René Silva du Brésil, 25 ans, créateur d’un média permettant de partager des informations et des histoires sur sa favela écrite par et pour la communauté, « Voz das Comunidades ». Elle s’appelle Memory du Malawi, 22 ans, figure majeure de la lutte contre le mariage des enfants. Il s’appelle le docteur Denis M., il est gynécologue au Congo, surnommé l’homme qui répare les femmes, Nobel de la paix, menacé de mort. Elle s’appelle Malala Y., à 17 ans elle obtient le Nobel de la Paix pour sa lutte contre la répression des enfants ainsi que pour les droits de tous les enfants à l’éducation. Elle s’appelait Wangari M., surnommée la femme qui plantait des arbres, Nobel de la paix 2004.
Elle s’appelle Michelle du Revest, anime un groupe colibri et un groupe penser l’avenir après la fin des énergies fossiles. Il s’appelle Norbert du Mourillon et Gilet jaune, il anime un atelier constituant (RIC et Constitution). Elle s’appelle Marie de La Seyne, a écrit sur José Marti, soigne des oiseaux parasités par la trichomonose. Il s’appelle Guillaume et après 17 ans dans la rue, il œuvre pour un futur désirable quelque part. Elle s’appelle Chérifa de Marrakech et s’oc- cupe de 47 chats SDF dans sa résidence à Targa Ménara. Il s’appelle Alexandre, a créé son univers auto-suffisant, Le Parédé, et a rendu perceptible le Chant des Plantes au Grand Rex en 2015. Ils s’appellent Aïdée et Stéphane de Puisser- guier et créent un collectif gardien d’un lieu de vie, à Belbèze en Comminges, organisme vivant à part entière, bulle de résistance positive.
Jean-Claude Grosse, Corsavy, 9/9/2020
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Le matérialisme en questions / dialogue critique - Blog de Jean-Claude Grosse
Le matérialisme en questions Dialogue critique Yvon Quiniou Nikos Foufas L'Harmattan, 2020 Voilà un livre important, si on est marxiste, marxien, si on l'a été, pas si on le devient (on semble ...
http://les4saisons.over-blog.com/2020/10/le-materialisme-en-questions/dialogue-critique.html
une note approfondissant mes nouvelles convictions politiques
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Vols de voix (farce sur la présidentielle 2017) / É Say Salé - Les Cahiers de l'Égaré
couverture de Vols de voix, farce pestilentielle sur la présidentielle 2017 Farce pestilentielle à l'occasion de la présidentielle 2017 mettant en jeu insoumis, patriotes, girouettes merdre, c'e...
la propriété c'est le vol, toutes les répliques de cette farce sur la présidentielle ont été volées sur Facebook
De quoi parler au théâtre aujourd'hui ?
D’autres mondes (Science frictions)
NOUS SOMMES tout ce que nous n’avons pas fait. Notre vie est faite de tout ce que nous n’avons pas vécu. Tous les possibles, toutes les variantes, tous les chemins pas empruntés, toutes les virtualités, toutes les bifurcations. Non seulement un autre monde est possible, mais il est probable. Peut-être même qu’un autre monde, que d’autres mondes, que des infinités d’autres mondes sont bel et bien là, qui coexistent avec le nôtre, lui sont à la fois parallèles, et superposés, et même perpendiculaires, on ne sait pas bien. Houlà. Comment faire une pièce de théâtre avec tout ça ? Avec le principe d’indétermination d’Heisenberg, la physique quantique, les particules élémentaires, le chat de Schrödinger (remplacé ici par un lapin blanc tout droit jailli du pays des Merveilles), les doutes et les tremblements et la magie que la science jette sur notre connaissance du monde, mais aussi le présentisme, qui nous fait ignorer le passé et nous rend aveugles aux multiples possibles que recèle l’avenir ?
L’auteur et metteur en scène Frédéric Sonntag a pris toutes ces questions, et même plus, à bras-le-corps, et cela donne un spectacle qui déborde de partout, plein de vie et d’élans, de chausse-trappes et de prestidigitation, d’acteurs (ils sont jusqu’à neuf sur scène, plus un enfant) et de musique (les neuf acteurs jouent de la guitare, de la trompette, du piano, de la batterie, de l’accordéon, etc.), terriblement bavard (en français et en russe) mais jamais ennuyeux, avec même quelques écrans télé et cinéma en prime (heureusement, pas trop).On y suit les trajectoires entrecroisées de deux hommes, le physicien Jean-Yves Blan-chot (l’épatant Florent Guyot) et le romancier Alexei Zinoviev (l’excellent Victor Ponomarev), qui sont censés avoir travaillé tous deux, dans les années 60, dans leur coin et à leur façon, sur les univers parallèles. Ces deux personnages imaginaires, Sonntag leur construit des biographies plus que plausibles, et les incruste astucieusement dans notre réel. C’est ainsi qu’on pourra assister à une émission d’« Apostrophes » consacrée à la nouvelle science-fiction, avec le vrai Bernard Pivot de 1978, mais avec le faux Zinoviev. Lequel sidère les participants avec cette sortie : « L’un d’entre vous se souvient-il, même confusément, d’une Terre, aux alentours de 1978, qui soit pire que celle-ci ? Moi, oui. » Une scène qui ravira tous les amateurs de science-fiction, lesquels n’ont pas l’habitude de voir leur genre de prédilection ainsi honoré sur scène.Tout ça pour quoi ? Pour nous rouvrir l’imaginaire, combattre l'« atrophie de l’imagination utopique » qui est la nôtre, ridiculiser le très dominant « Tina » (There is no alternative). Ouf, de l’air !
Jean-Luc Porquet• Le Canard enchaîné. 30 septembre 2020.
Au Nouveau Théâtre de Montreuil
1- un retour de Samuel G
Merci Jean-Claude pour cet article
2 - un retour de Philippe C
Beau texte camarade Jean Claude, très stimulant ! bon ça t’arrive à 80 ans c’est pas un hasard …
Plaisanterie mise à part, ce retrait du monde que tu prônes et que tu t’appliques, de plus en plus de gens se l’appliquent aussi je pense, ou commencent à y penser…. C’est dans l’air du temps je crois. Mais je reconnais que ta lucidité fait du bien : que tu te résolves après 60 ans d’activisme à lâcher prise dans une forme de bonheur et de détermination est tout à fait salutaire !
J’ai commencé à lire Tocqueville « de la démocratie en Amérique », il dit une chose au début du bouquin que la démocratie est un mouvement qui a commencé et qui ne peut plus s’arrêter, qui va tout emporter sur son passage. Il parle du temps long et entend la démocratie par l’affirmation de chacun, si j’ai bien compris.
Et donc si l’affirmation de chacun est, aujourd’hui, à notre niveau d’évolution démocratique de se retirer de cette grande mascarade, parce qu’il considère qu’on est arrivé à un stade qui ne correspond plus à l’idée qu’on se fait de la démocratie, il se pourrait bien que le système actuel s’effondre tout seul sans combat, ni révolution.
De la casse, ça il va y en avoir, c’est sûr ! mais n’est-on pas arrivé au bout ?
Bien sûr il y a la Chine et tous les nouveaux impérialistes et les grandes multinationales ; mon optimisme tendrait à me faire penser qu’ils sont des colosses aux pieds d’argile, vivant uniquement de nos superficialités (consommation, bavardage sur les réseaux, etc…). Et donc si les gens se retirent c’est la fin, et leur stratégie sera bonne pour la poubelle.
3 -
un échange avec le maire du Revest informé de la démarche d'harmonie effectuée à Corsavy.
- c'est une démarche intéressante. Dommage que ça ne mobilise pas davantage
- dans l'état actuel des consciences, ça ne peut pas mobiliser beaucoup, ça mobilise au mieux les créatifs culturels, les cellules imaginatives
- ça a au moins eu le mérite de décrisper la situation provoquée par l'emplacement de la 4G ; avec la 5G, on va être confronté à un sacré problème ; comme les antennes font moins de 15 m, les fournisseurs n'auront pas besoin de demander une autorisation ; la seule façon que nous aurons de réagir sera d'empêcher le raccordement sur le réseau électrique; action en justice du fournisseur...
- quand tu penses que ça sera pour voir des films, des séries, du porno sur son smartphone
- oui et pour jouer; plus de vie sociale, le confinement permanent dans sa bulle virtuelle
Inventer la démocratie scolaire / Laurent Carle
Il y a longtemps que l’école républicaine prépare les générations futures à ce néolibéralisme et à s’en accommoder.
A la lecture des études sociologiques et des informations rapportées par les journalistes, on pourrait croire qu’on ne rencontre des pauvres que dans les immeubles insalubres des centres anciens, dans les HLM, les cités de banlieue et les « quartiers ». Pourtant, bien que la règle d’impartialité « républicaine » impose à l’arbitre de ne pas faire de différence, en plus jeune les pauvres sont aussi nombreux dans les écoles que dans les statistiques démographiques. Mais qu’est-ce qui empêche la maitresse de voir des inégalités, qui font « réussir » ou « échouer » selon l’appartenance sociale, pendant ses dictées ou ses leçons de lecture avec « méthode » ?
La société se pose les problèmes qu’elle peut résoudre.
« l’Education nationale et ses milliers de professeurs…
…un monde où les besoins essentiels, se nourrir sainement, se soigner, se loger, s’éduquer, se cultiver, soient garantis à tous, »
Quand on a la culture et la table bien servie, pointer notre ennemi commun avec ceux qu’on exploite, qui végètent, c’est bien. Faire alliance en tous temps et donner aux pauvres la culture, pour commencer, en cessant de pratiquer des méthodes d’enseignement qui trient et sélectionnent en assurant la « réussite » à « ceux qui la méritent » et en éliminant les sans grade dès le CP, c’est mieux.
Le jour où les journalistes, les célébrités et les médias ne se cantonneront plus à parler avec compassion des mauvaises conditions de travail et de salaire des enseignants mais se poseront aussi des questions sur le sort des enfants scolarisés dans le système français et sur ce qu’ils sont forcés de faire pour fournir la preuve de leur bonne volonté d’apprendre les faux savoirs que l’école leur fait avaler de force tous les jours, de la comédie à laquelle ils doivent se livrer pour montrer à la maitresse qu’ils ont bien appris le leçon, l’enfant ne sera peut-être pas encore au centre du dispositif et au cœur des apprentissages, mais nous saurons que la société française s’en préoccupe et que l’indignation ne se limite plus au cercle réduit des pédagogues. Ce serait déjà une amorce de solution pour sortir l’enfance en général, la pauvre en particulier, de ce dressage collectif d’un autre temps, un pas vers le progrès démocratique à l’école. Et donc l’annonce de la fin future possible de la société de la « réussite » financière avec ses inégalités et ses égoïsmes, l’amorce d’un état démocratique et républicain au sens littéral.
En lisant la lettre d’Annie Ernaux (sur France Inter) au Président, je fais un rêve et un vœu. Je rêve et je souhaite que les enseignants dans leur ensemble (95%) prennent cette lettre à la lettre par-delà l’effet attendu par son auteur. Jusqu’ici les milliers dont Annie Ernaux célèbre le dévouement ne sont en réalité qu’une poignée de dissidents. Que les autres se lèvent comme un seul homme, même les femmes, et déclarent :
« Désormais l’enfant sera au centre des apprentissages, nous ne consacrerons plus notre temps et notre dévouement à ceux qui n’ont pas besoin de l’école pour apprendre à lire, écrire et compter. L’école ne sera plus le bureau d’homologation des savoirs acquis ailleurs, ni l’Office Central de la Fédération Française de Compétition Scolaire. Nous sommes plusieurs centaines de milliers à refuser désormais de passer notre temps sur les manuels de « lecture », sur les « méthodes » synthétiques, analytiques ou mixtes, syllabiques. Nous ne ferons plus de dictées, ces parodies d’orthographe… Nous ne serons plus les agents d’exécution de la reproduction des inégalités sociales, les évangélistes de l’individualisme, du chacun pour soi. Au contraire, nous serons les éducateurs de la solidarité, de l’échange, de l’entraide, de la coopération, du socio-constructivisme, de la laïcité sociale, les militants de l’école pour tous. La réussite, ce n’est pas l’élévation en prenant l’ascenseur social, c’est la culture pour tous. »
Les enseignants n’ont pas besoin de la décision du Président pour faire entrer dans les classes la démocratie sociale et solidaire à la place de la gestion loyale de la guerre des classes. Sans le consentement et le concours discipliné des enseignants le président des ultra riches ne peut pas détourner l’argent de la république et le pouvoir du peuple au profit des classes dominantes.
Si mon rêve ne se réalise pas, cette lettre restera dans les mémoires pour sa beauté littéraire. Un moment d’émotion pure. Une création vaine de plus.
L’arbitrage impartial de la compétition n’est pas une vocation. C’est du fonctionnariat, voire du mercenariat dont la solde n’est jamais à la hauteur des services rendus aux dominants.
Laurent CARLE
Cergy, le 30 mars 2020
Monsieur le Président,
« Je vous fais une lettre/ Que vous lirez peut-être/ Si vous avez le temps ». À vous qui êtes féru de littérature, cette entrée en matière évoque sans doute quelque chose. C’est le début de la chanson de Boris Vian Le déserteur, écrite en 1954, entre la guerre d’Indochine et celle d’Algérie. Aujourd’hui, quoique vous le proclamiez, nous ne sommes pas en guerre, l’ennemi ici n’est pas humain, pas notre semblable, il n’a ni pensée ni volonté de nuire, ignore les frontières et les différences sociales, se reproduit à l’aveugle en sautant d’un individu à un autre. Les armes, puisque vous tenez à ce lexique guerrier, ce sont les lits d’hôpital, les respirateurs, les masques et les tests, c’est le nombre de médecins, de scientifiques, de soignants. Or, depuis que vous dirigez la France, vous êtes resté sourd aux cris d’alarme du monde de la santé et ce qu’on pouvait lire sur la banderole d’une manif en novembre dernier -L’état compte ses sous, on comptera les morts - résonne tragiquement aujourd’hui. Mais vous avez préféré écouter ceux qui prônent le désengagement de l’Etat, préconisant l’optimisation des ressources, la régulation des flux, tout ce jargon technocratique dépourvu de chair qui noie le poisson de la réalité. Mais regardez, ce sont les services publics qui, en ce moment, assurent majoritairement le fonctionnement du pays : les hôpitaux, l’Education nationale et ses milliers de professeurs, d’instituteurs si mal payés, EDF, la Poste, le métro et la SNCF. Et ceux dont, naguère, vous avez dit qu’ils n’étaient rien, sont maintenant tout, eux qui continuent de vider les poubelles, de taper les produits aux caisses, de livrer des pizzas, de garantir cette vie aussi indispensable que l’intellectuelle, la vie matérielle.
Choix étrange que le mot « résilience », signifiant reconstruction après un traumatisme. Nous n’en sommes pas là. Prenez garde, Monsieur le Président, aux effets de ce temps de confinement, de bouleversement du cours des choses. C’est un temps propice aux remises en cause. Un temps pour désirer un nouveau monde. Pas le vôtre ! Pas celui où les décideurs et financiers reprennent déjà sans pudeur l’antienne du « travailler plus », jusqu’à 60 heures par semaine. Nous sommes nombreux à ne plus vouloir d’un monde dont l’épidémie révèle les inégalités criantes, Nombreux à vouloir au contraire un monde où les besoins essentiels, se nourrir sainement, se soigner, se loger, s’éduquer, se cultiver, soient garantis à tous, un monde dont les solidarités actuelles montrent, justement, la possibilité. Sachez, Monsieur le Président, que nous ne laisserons plus nous voler notre vie, nous n’avons qu’elle, et « rien ne vaut la vie » - chanson, encore, d’Alain Souchon. Ni bâillonner durablement nos libertés démocratiques, aujourd’hui restreintes, liberté qui permet à ma lettre – contrairement à celle de Boris Vian, interdite de radio – d’être lue ce matin sur les ondes d’une radio nationale.
Annie Ernaux
Il faut applaudir la presse qui informe les citoyens, enfin, ce qu’il en reste, sur la crise sanitaire et sa gestion. Malheureusement, soit le message est mal entendu, soit vite oublié. Ce dit la presse française des menaces sur la démocratie, pourquoi ne le dit-elle pas du régime autoritaire, antipédagogique et antisocial qui règne dans les classes de notre système scolaire depuis toujours, faisant de nos enfants futurs adultes des exécutants dociles formés à avaler les mensonges d’état et l’enrichissement des gros poissons par prédation de la manne publique ? Pourquoi ce silence pudique ? Quand il est question de l’école, tout esprit critique est enterré au cimetière de l’actualité et des idées progressistes. Silence de nécropole ! La presse est-elle une jeune veuve avant noce, vierge et ingénue ? Edwy Plenel, François Ruffin, Jean Luc Mélenchon, Benoit Hamon, Michel Pinçon, Monique Pinçon-Charlot, êtes-vous sourds ou myopes ? Vous ne voyez pas que le choix entre la citoyenneté républicaine et le totalitarisme économique se construit à bas bruit dans les écoles de la république, jour après jour, de la maternelle au lycée ? Imposer des apprentissages et des activités scolaires sans aucun sens mais très sélectifs, comme faire « lire » en faisant le bruit des lettres avant de chercher le sens du message que porte l’écrit à « décoder » et ne pas s’interroger sur le sens (l’intention) de cet enseignement, sont la plus efficace formation à la soumission politique. Les enfants de prolétaires qui, par docilité à la méthode enseignée, « déchiffrent » difficilement et douloureusement, croient qu’ils « lisent mal » par déficience intellectuelle ou par paresse. Electeurs adultes, ils voteront conformément à ce qu’ils n’ont pas appris en classe, comme il faut, comme ils lisent.
Depuis que je participe aux échanges sur le Net, j’écris pour réveiller les morts. Je ne réveille même pas les vivants, car je n’ai pas la force de frappe des médias nationaux ou seulement locaux. En imputant la pathologie aux « dys mauvais élèves », l’école peut passer pour « normale », saine, confiante comme un aveugle avec son chien, c’est à dire aux ordres. Il faut dire que les enfants d’enseignants sont surreprésentés dans la « réussite scolaire » et dans l’effectif des grandes écoles. Pourquoi changer ?
Je me répète comme un perroquet sans auditeur.
Les enseignants n’ont pas besoin de la décision du Président pour faire entrer dans les classes la démocratie sociale et solidaire à la place de la gestion loyale de la guerre des classes. Sans le consentement et le concours discipliné des enseignants le président des ultra riches ne peut pas détourner l’argent de la république et le pouvoir du peuple au profit des classes dominantes. S’ils n’étaient plus éduqués à la concurrence libre et non faussée, depuis toujours organisée et arbitrée par les enseignants qui croient en une école juste dans un monde juste où chacun reçoit succès ou défaite à l’aune de son mérite, les écoliers devenus adultes ne se laisseraient pas tromper par les politiciens qui leur promettent la fortune par l’auto entreprenariat. Ils sauraient avec évidence qu’un agneau n’a aucun intérêt à voter pour le loup. Les gagnants de la concurrence libre et non faussée ne sont pas les meilleurs. Ce sont les plus riches, les plus gros, les plus cupides qui, émigrés fiscaux internationaux et internationalistes bénéficiant des privilèges d’état et d’assistanat, absorbent les petits et démultiplient leurs revenus en exploitant la misère des continents pauvres après avoir « délocalisé » leur outil de production, détruisant au passage la planète qui abrite l’humanité tout entière et eux-mêmes. En économie néo-libérale, la concurrence libre et non faussée, affranchie des lois sociales, c’est la liberté de faire rouler dans la ville à leurs risques et périls des cyclistes-livreurs, « auto-entrepreneurs », pour quelques dollars la course. Ou, après avoir mis les ouvriers du Nord au chômage par liquidation de l’industrie textile, celle de payer 30 € un ouvrier polonais pour confectionner un costume vendu 1000 € à Paris. En école du mérite, la nôtre, c’est le droit de collectionner comme trophées les « bons points » quand on est né de parents lecteurs ou d’aller faire soigner sa « dyslexie » avec la « gestuelle phonomimique » de Borel-Maisonny chez l’orthophoniste, si l’on grandit dans une famille d’illettrés. Pour l’Etat, c’est l’obligation de se désengager, de déréguler, de privatiser les services publics, de vendre les bijoux de famille acquis après la guerre, pour éviter de taxer les riches sans déclencher une révolution. Comme l’orientation libérale de la gestion politique que nous connaissons, le choix didactique du recours aux méthodes « qui ont fait leurs preuves » ne participe pas du simple pragmatisme du « faire avec ». Il relève d’une stratégie, apparemment inoffensive, de priorité non contestable naturellement accordée aux non « défavorisés ». En triant selon les « résultats scolaires », on croit participer à la sélection des compétences pour les postes de responsabilité. En fait, on ne fait que de la maintenance en reproduisant les inégalités de naissance pour mettre à disposition des dominants un volant de « défavorisés » de la classe ouvrière et de la classe moyenne. Les pauvres n’échouent pas parce qu’ils ne « suivent » pas, on les fait échouer à coups de syllabation et de dictée à fautes, « pour leur bien ». Cette idéologie néolibérale au service des vainqueurs, endogène dans notre école, guide l’enseignement depuis des lustres derrière une « pédagogie de l’efficacité » affichée en vitrine. La vocation de l’état républicain moderne est d’améliorer le confort fiscal et financier de la bourgeoisie. C’est l’état-providence des dominants. La mission du système scolaire est de préserver la perpétuation de la différence et des inégalités entre les classes, sous la bannière d’une idéologie commune, celle de la collaboration.
Que le retour d’entre les morts de Jésus rouvre les yeux de ceux qui ne sont pas aveugles mais ne voient rien.
Laurent CARLE
Avec
BLANQUER ministre
maintenir le conformisme et l’illusion de l’ascenseur social
ou inventer la démocratie scolaire ?
La majorité des enseignants de toute fonction et de tout grade (psy, réparateurs et formateurs compris) croient et pensent que la mission des enseignants est de distribuer comme le semeur, à la volée, mais orale, les savoirs scolaires (le « programme ») à des ignorants qui ne viennent pas à l’école de leur plein gré et ne sont pas tous, ou pas toujours, disposés à faire les efforts nécessaires pour enregistrer et mémoriser l’enseignement dispensé. La distribution collective à un public homogène, garantie de « l’égalité des chances », doit donc s’accompagner d’une surveillance vigilante qui ajoute à la fonction de transmetteur la « conscience professionnelle » du Père directeur de conscience qui récompense les méritants et punit les récalcitrants, après avoir fait entrevoir, pour un plus tard proche des lendemains qui chantent, les futurs bénéfices d’un « travail » bien fait. C’est une mission « civilisatrice » de l’ordre du divin, qui fait de chaque enseignant l’équivalent d’un saint laïc promettant la réussite d’un but purement matériel.
Pour la réalisation de cette promesse, l’école à la française est censée instruire par mémorisation sans agir, sans échanger, sans donner, sans partager et sans faire : apprendre à lire sans lire, sans bibliothèque et sans correspondant épistolaire, à écrire sans écrire et sans communiquer avec un interlocuteur distant, à faire des opérations de calcul sans rien produire de quantifiable pour personne. Les règles, définitions, conjugaisons, tables et « récitations » par cœur avec « exercices d’application » dans le « cahier du jour » seraient la recette pour faire entrer dans la connaissance et la culture les plus bêtes des ignorants, les plus crasseux des « paysans ». Cette mission « religieuse » doit donc s’accomplir selon les rites consacrés par la tradition, la liturgie et les superstitions, officiés dans un espace clos, une sorte de petit monastère qui sanctuarise l’école, à l’écart de toute activité sociale et publique. Elle fait du maitre un clerc officiant, exfiltré de la société puis consacré clerc de la connaissance. De leur côté, les théologiens prédicants se mutent en gardiens du temple s’employant à dénoncer les « pédagogistes ». Parfois, maitres et élèves, en phase avec la théorie janséniste, pensent que les « bons élèves » sont prédéterminés à « réussir » parce qu’ils ont reçu la grâce à la naissance, thèse forcément hérétique, puisque, selon le dogme, « la connaissance se mérite par le travail » - hérétique mais admise. En réalité, être bien né, c’est avoir grandi dans un milieu privilégié, source de grâce pour élus. Ce constat n’affaiblit nullement la croyance en la béatification que le « travail » accorderait malgré tout à l’écolier besogneux.
C’est dans et par ce travail de l’élève que le paradoxe prend une dimension théologique. « Travailler » pour recevoir ce qui vient d’en haut et s’élever. Dans l’école à la française, rien ne doit être appris qui n’ait d’abord été enseigné. Nul ne doit faire avant d’avoir appris à faire. Aucun enfant ne doit lire avant d’avoir appris à lire. Produire de l’écrit exige d’avoir préalablement acquis en « travaillant » les « règles » de grammaire, d’orthographe et de conjugaison, ces structures destinées à façonner l’inutile dans un lieu où le fait social n’a pas sa place. C’est ainsi que plus d’un élève français sur quatre arrive au collège, illettré. Les petits Français sont censés s’instruire sans faire et sans produire dans une institution d’enseignement « naturellement » désignée « d’apprentissage » qui ne fabrique rien, ne produit rien, ne construit rien, ne livre rien. La transmission se fait entre la parole du maitre évangéliste et l’oreille du catéchumène (celui qui est instruit de vive voix). Si l’école républicaine, rurale, urbaine, communale ou confessionnelle enseignait la marche aux bambins de douze mois, ce serait assis et sans bouger. On y apprendrait à marcher sans se déplacer. Et pourtant, l’élève à qui il est interdit de faire avant de savoir faire est régulièrement récompensé ou puni pour son « travail ». Les théologiens parlent de stimulation, signal de motivation pourtant inefficace qu’il faut très souvent relayer par l’émulation, euphémisme de « compétition ». Ce système de motivation exclut toute idée de coopération et d’entraide, « péchés mortels » pour la doctrine. Cet enseignement du faire-semblant est la manifestation visible d’une idéologie invisible. Sous ses divers noms d’emprunt, Dupont Lajoie représente sans mandat mais sans tricher cette « pensée » pédagogique majoritaire (95%). Quelques rebelles insoumis préfèrent pratiquer la démocratie, seuls et contre tout, là où ils exercent. Ils sont rares. La plupart des plaintes formulées par les alignés à l’encontre du ministre désigné par le cambrioleur de l’Etat, au service de la finance, lui reprochent son mépris négligeant à l’égard des enseignants, comme s’il était le ministre sincère d’un gouvernement démocratiquement élu par la majorité des citoyens. Sincère ou rusé mais mal choisi pour cette fonction et donc à contre-emploi, il nous tromperait par incompétence ou ignorance. Mais pour l’élève, qu’elle soit magistrale, ministérielle ou idéologique, l’obligation de « bien travailler » pour prendre l’ascenseur est une parodie de sélection d’élite qui ne profite qu’aux privilégiés et aux rares gagnants du tirage au sort. L’institution scolaire, financée par le plus gros budget de la nation, état et collectivités réunis, qui dispose des moyens pour émanciper tout un peuple en le libérant de la tutelle des clercs et de l’emprise de la publicité, se contente d’arbitrer la compétition pour désigner les quelques élus qui auront le droit de monter dans l’ascenseur.
Majoritaires dans l’enseignement, les femmes, qui, après les peuples indigènes des colonies, souffrirent le plus dans leur âme et dans leur chair de la brutalité de l’exploitation capitaliste, exigent avec rigueur des écoliers l’ascèse du vivre et du savoir scolaires. Elles dirigent et « corrigent » les « devoirs » loin des espérances féministes qu’elles affichent. Du bonheur collectif qu’annonce le féminisme elles ne montrent rien. Gardiennes de la règle grammaticale, gardiennes de l’ordre. Leur enseignement est techniquement exécuté sans humanité. Le féminisme est un humanisme centré sur la femme. A l’école, l’humanisme, ce serait l’élève au centre, une incongruité pour la majorité. De fait, les enfants, qui doivent apprendre par obligation scolaire les règles qui structurent le langage oral et l’écrit, sans écrire et sans parler, n’ont pas la parole. En classe, la langue est une arme factice sans munitions. Parce qu’aucune organisation syndicale ne les représente, ces travailleurs de l’inutile ne profitent jamais des améliorations matérielles ou pédagogiques, accordées parfois par quelque ministre. Déjà « bénéficiaires de conditions excellentes pour bien travailler », mais « plus portés sur les rires et les jeux que sur l’étude et le sérieux », les écoliers français n’ont besoin de rien d’autre que d’exhortations à travailler mieux. La démocratie leur est une promesse pour enfant docile.
Rien n’étonne celles qui réclament égalité et justice sans distinction de sexe. Par le mystère et la magie de la voie indirecte qui oblige les enfants des deux sexes à faire sonner les lettres avant de s’interroger sur le sens des mots, un(e) élève en échec « lecture » en arrive à « lire » sans comprendre ce qu’elle-il « lit ». On distribue religieusement un bon point, hostie scolaire, à celle ou celui qui comprend ce qu’elle-il vient de « lire », quand c’est celle ou celui qu’on a mis en échec qui devrait recevoir réconfort et consolation. Car toutes les pratiques rituelles, héritées de la tradition ou prescrites par instructions officielles, sont destinées à empêcher par l’échec les enfants de pauvres d’entrer dans la culture écrite. Malheureusement, ces pratiques stupides ne heurtent ni la raison, ni le jugement moral des professeur-e-s, même quand la stupidité grimpe jusqu’au chronométrage de la syllabation à haute voix, aujourd’hui recommandé par le ministre, enseigné depuis longtemps par les pédagogues de la méthode. La « globale » rend l’élève dyslexique, dit-on, l’enseignement de la syllabation rend l’enseignant débile, devrait-on dire.
Blanquer à point nommé légalise, bon ministre de la bourgeoisie, la débilité à l’école. On le dit piètre ministre, il est loyal envers ses patrons. Macron, président choisi par la finance, refusé par 80% des électeurs, qui se sont abstenus, ont voté contre ou voté blanc, l’a choisi et nommé pour sa capacité à empêcher l’accès de la culture écrite aux classes populaires. Les enseignants, premiers bénéficiaires de « l’ascenseur social », ne l’apprécient pas mais se soumettent à l’idéologie qu’il propage, la même que celle qu’ils ont reçue pendant le parcours scolaire de leur enfance, sous la direction d’un précédent ministre, semblable au présent. Ils exécutent sans savoir ce qu’ils font, ignorant savamment que le système scolaire est l’appareil idéologique d’état, l’appareil de reproduction de la division du travail entre manuels et intellectuels et le fixateur des inégalités sociales entre les deux. Je dis « ignorants savants » parce qu’aucun-e utilisateur-trice de méthode de « lecture », conseillé-e et cautionné-e par des chercheurs en science du neurone, ne se doute que l’enseignement de la méthode conduit tout droit à la pauvreté et la résignation ou précipite parfois, faute de livres et de partis ouvriers, dans les bras des politiciens d’extrême-droite.
Les ministres passent… l’école se perpétue. Quand la république française défile, monarque en tête, son école marche au pas. Pourtant le mammouth école est devenu si gigantesque que sa tête ne contrôle plus ses membres. Il n’y a rien à attendre du ministre et de son ministère mais chacun dans son espace et son domaine peut autogérer son activité professionnelle dans le sens du progrès démocratique. L’autogestion née dans l’esprit libertaire de soixante-huit, les enseignants peuvent la pratiquer ici et maintenant. C’est ce que font depuis toujours les démocrates émancipateurs de toute confession (5% de la profession), sans avoir attendu mai 68 et sans permission. Jusqu’ici, aucun chien n’a mordu les mollets de ceux qui s’écartent du troupeau. La liberté pédagogique qui ne s’use que si l’on ne s’en sert pas est possible depuis toujours. Cette liberté n’est pas le libre choix de faire comme on doit et comme il faut, comme tout le monde. C’est celui d’inventer la démocratie scolaire plutôt que de reproduire sans examen les modèles périmés d’une loyale servitude de rigueur. La pédagogie n’est pas la police de la pensée, c’est un art des possibles qui n’est pas du ressort de la prescription scientifique ou de l’ordonnance politique. Elle est « l’obligation scolaire » de l’enseignant. Pour s’y consacrer il faut d’abord résoudre un double conflit :
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le conflit de loyautés entre l’enfance populaire (et familles) auprès de qui on a passé contrat social et moral en choisissant l’éducation scolaire et la classe dominante au pouvoir avec qui on a signé son engagement,
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le conflit d’intérêts entre ceux de sa classe, de sa corporation et de ses avantages acquis à défendre et ceux de l’humanité en devenir, l’enfance.
Laurent CARLE (juillet 2020)
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La loi Blanquer : une révolution conservatrice ?
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A moins que cette programmation soit un fait exprès, ce qui serait encore plus insultant, une façon assumée de dire que ces bonnes femmes pourront bien continuer à batailler comme des poules dans des cours à leur échelle, elles ne vous intéressent pas.
Cher Jean Varéla, je ne vous félicite pas, non, pour votre programmation qui ne prône l’échange qu’au sein d’un repli patriarcal quand hommes et femmes engendrent pourtant le monde ensemble. Qu’il n’y a pas de singularité de genre au sein d’un processus de création artistique, seulement des individus singuliers qui proposent leur regard sur le monde, mais que ces individus, pour les entendre, il faut d’abord les rencontrer, tous.
Mais qui suis-je donc, moi, pauvre femme autrice et simplement frustrée penserez-vous peut-être, de ne pas faire partie de votre programmation… Je suis de celles justement, que vous ne connaissez pas et n’avez sans doute pas envie de connaitre. Tant pis pour moi, tant pis pour vous, tant pis pour le régional, le national et l’international. Votre violence, évidemment, triomphe.
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La culture, "c'est pas aller s'asseoir devant un spectacle", selon Catherine Dorion
Le problème culturel au Québec, c'est qu'on vit la culture en tant que consommateur ou en tant que producteur. C'est ce qu'a suggéré la députée de Taschereau pour Québec solidaire Catherine ...
Christian Benedetti / candidat FI européennes 2019
« Aujourd’hui, Michel Simonot, écrivain et sociologue, répond à notre questionnaire. Après Krystian Lupa et Arpad Schilling, metteurs en scène , Lancelot Hamelin, écrivain et Robert Guédiguian, cinéaste»
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A la conférence de presse de notre liste du 14 janvier, j’annonçai qu’aux douze combats de la liste je m’en rajoutai un treizième : celui de l’art et de la culture.
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Parmi les initiatives que je prends, je pose trois questions à des artistes français et européens : 1-Qui êtes-vous ? 2-Quelle ambition voudriez-vous que portent votre pays et l’Europe dans le domaine des arts et de la culture ? 3-Selon vous, quelles sont les combats prioritaires dans ce domaine dans lesquels devront s’engager les futurs parlementaires européens ?
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L’ensemble de ces réponses servira de matériau pour élaborer une charte d’engagement des élus européens de la France Insoumise et des partenaires de « Et maintenant le peuple » sur l’enjeu de l’art et de la culture.
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Chaque jeudi, ici, vous pourrez lire les réponses d’un artiste à ce questionnaire. En attendant la Charte…
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Aujourd’hui, nous publions la réponse de Michel Simonot. Vous connaissez peut-être ses coups de gueule contre la casse de l’art ou sur les rapports entre art et politique, publiés régulièrement dans la presse. Mais Michel est aussi un auteur de théâtre, seul avec Delta Charlie Delta ou Le but de Roberto Carlos ou en bande organisée avec ses amis du groupe Petrol. Je ne saurai trop vous recommander son dernier ouvrage : La langue retournée de la culture, un dictionnaire critique de la déconstruction des politiques culturelles par le néolibéralisme ( Decitre ).
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Merci Michel de cette contribution forte.
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Christian Benedetti, metteur en scène, candidat aux Européennes de la France Insoumise.
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Christian Benedetti : Qui es-tu ?
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Michel Simonot : Je suis écrivain pour la scène et sociologue de la culture. Je dis « écrivain pour la scène » plutôt qu’auteur dramatique car, pour moi, l’écriture est le fondement de mon travail. Je considère que c’est dans l’écriture que la représentation scénique puise les bases de la spécificité de son langage, de ses langages.
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Dans le même temps, mes préoccupations sont les enjeux sociaux et politiques de l’art, de la culture. Je porte attention, en permanence, aux questions actuelles de la vie artistique et culturelle. J’ai été et suis présent, engagé, dans les débats concernant les politiques culturelles, les rapports de l’art et de la politique.
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Christian Benedetti : Quels sont les enjeux de l’art et de la culture, nationalement et en Europe ?
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Michel Simonot : Au premier plan, je dirais que c’est la destruction des politiques publiques, et pour nous, celles de l’art et de la culture. Ce qui m’inquiète -et m’effraie, d’une certaine manière- c’est l’accélération incroyable de ce qui est une liquidation.
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C’est particulièrement vrai en France. Il est compliqué d’isoler la culture car cela concerne la totalité des politiques publiques. C’est un mouvement général, inséré dans une évolution autoritaire, antidémocratique dans toute l’Europe. Nous vivons, de fait, un contrôle idéologique de plus en plus efficace, même s’il n’apparaît pas toujours explicitement, par exemple en France. Encore que…
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Il est difficile de se battre sur un front, l’art et la culture, tant le mouvement concerne tous les secteurs, soumis à une logique de néolibéralisation accélérée. Comme j’en donne l’illustration dans mon dernier livre, c’est la langue même des politiques culturelles qui est détournée, retournée pour, insidieusement, pénétrer nos consciences de logique libérale, capitaliste. Contrôler la langue, décider de la façon de nommer, c’est un « classique » des politiques autoritaires. Les milieux, culturels, artistiques et intellectuels qui, par définition, devraient être sensibilisés à l’usage de la langue ne le sont pas suffisamment. D’où une difficulté politique. Mais aussi artistique.
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Par rapport à l’Europe, ce qui est terrible c’est que la France a été pionnière en matière de politique publique de la culture. Et, d’une certaine manière, c’est elle qui, aujourd’hui, donne l’exemple du recul, de la livraison de la culture publique aux intérêts privés, commerciaux, du conformisme moral, etc. Des pays comme l’Espagne, l’Italie etc., qui ont mis beaucoup de temps à se construire un minimum de politique publique, en s’inspirant de la France, reculent en courant. Ne parlons même pas des pays fascisants comme la Pologne ou la Hongrie.
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En France, ce sont, par exemple, des groupes privés marchands, d’envergure nationale ou internationale, qui prennent la gestion ou rachètent à grande vitesse les théâtres publics des villes, par exemple. Ils maîtrisent les réseaux de diffusion. (Donc, de fait, d’une part de la création). Quel silence face à cela ! Y compris dans les milieux concernés de la culture, des artistes, des militants culturels...et des élus territoriaux, les premiers concernés !!! Cela m’inquiète au plus haut point. En réalité je sais que beaucoup ont réellement conscience de ce qui se passe. Mais en privé. Pourquoi ce silence ? Pourquoi ce peu de mobilisation ? Est-ce que la nécessité de vivre ou survivre neutralise à ce point l’expression de la critique ?
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Un autre exemple : l’acceptation sans critique, sans discernement, du développement du « crowd founding », de l’appel à des fonds privés, particuliers, pour pallier la diminution, voire la disparition, des subventions publiques. C’est redoutable. Je prends à dessein certains exemples les moins « politiquement visibles »… et, donc, d’une efficacité redoutable. C’est dangereux. Je ne suis pas pessimiste : je suis inquiet. Surtout si l’on rapporte cela à l’évolution en Europe.
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Christian Benedetti : Quels sont les combats prioritaires à porter par nos futur députés
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Michel Simonot : Le premier point, incontournable, est que les forces politiques de gauche, des élus puissent « porter politiquement » la question de la culture, de l’art, de la littérature, de la vie intellectuelle, scientifique à l’échelle européenne. Il est plus qu’urgent qu’ils affirment clairement la nécessité d’une politique publique de la culture, donc qu’ils en formulent les fondements les principes, les valeurs et les conditions. Depuis maintenant vingt ans, ces élus ou responsables politiques ont, progressivement, par leur silence, quasiment déserté cet enjeu. Il faut des élus ayant une pensée, une conception, une parole publique construites et fortes concernant la culture. Voilà la condition première.
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Cela suppose, évidemment, d’élaborer et formuler une conception de la culture, de l’art, de la littérature, de la pensée dans la société. Je constate une « peur » toujours présente, des politiques, de s’engager dans cette élaboration, hormis… en terme de culture utilitariste, donc sans contenu. On affirme volontiers des exigences concernant les « effets » (sociaux, éducatifs…) ce qui évite de dire de quelle culture il s’agit et pourrait elle aurait ces « effets »… et de justifier les raisons d’une telle exigence.
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Les dispositifs publics actuels font que les jeunes générations, qui s’engagent aujourd’hui dans la vie artistique, expriment une peur d’être instrumentalisés par les politiques publiques, une peur de perdre leur indépendance artistique. On sous-estime dangereusement cette situation. Du coup, ils préfèrent, à raison, s’inscrire de plus en plus hors des politiques publiques. Ils préfèrent la débrouille personnelle ou collective. Voire leur précarité. Cela ne témoigne pas du tout d’une dépolitisation, bien au contraire : ils revendiquent leur indépendance et en construisent les moyens. Le combat politique premier est, donc, d’expliquer que la responsabilité d’une politique publique est de construire et préserver les « conditions » matérielles, politiques, organisationnelles de leur indépendance sans ingérence dans les démarches intellectuelles et artistiques. Ce qu’elle n’est plus, après l’avoir été durant plus de 40 ans, (même si cela avait des limites). Cela leur paraît invraisemblable ! Il y a un véritable travail politique, pédagogique à faire en direction des jeunes générations. Sinon on ne pourra pas convaincre d’un projet démocratique de société !
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Concernant les contenus, je me limite, ici, citer quelques points. Il faut redonner du sens. Ainsi :
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- la culture comme « intérêt général » : expression qui est devenue décrédibilisée, quasi honteuse, qui disparaît et qu’il faut ré-imposer, re-légitimer, aussi bien dans le monde politique européen que dans les milieux culturels. C’est ce qui doit permettre d’imposer dans le débat la nécessité d’une politique publique dans tous les domaines de la production et de la circulation de la pensée, de l’imaginaire. Mais aussi de l’éducation, de la santé…C’est le plus difficile, car cela est le fondement. « L’intérêt général » est devenu un « gros mot ».
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- il faut redonner une légitimité aux mots « création », « pensée », « art ». En effet, les critiques (parfois pertinentes) à l’égard des « Artistes », des institutions culturelles, artistiques, ont contaminé la question même de la « création » et de la « pensée », c’est-à-dire de la production du « symbolique », de l’imaginaire et de leur circulation. Depuis 30 ans on part « des artistes » pour aborder l’art, alors qu’il faut faire l’inverse : c’est à partir de la conception que l’on a de l’art que l’on doit penser ce que peuvent être des artistes, leur place, leur statut…Ceux qui détiennent le pouvoir ont intérêt à rendre suspect les mots « artistes », « création », etc., car, ce faisant, ils font obstacle à une réflexion sur ce que doit être l’autonomie intellectuelle, économique, politique et sociale de la production et de la circulation des biens symboliques. Ils opposent autonomie et responsabilité sociale, voire économique. On a réduit, depuis 3 décennies, la culture à « du lien social », alors que c’est le lieu de « la circulation du sens ». Les députés européens auront, en la matière, une très grande responsabilité. ils ne sont pas les seuls.
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- la question de la « démocratisation » de la culture, ou du « partage », de « l’éducation artistique », etc., peu importe les expressions, est devenue une fin en soi. Pourtant, si on ne définit pas en préalable ce qu’il faut démocratiser ou partager, je vois pas très bien ce qu’il y a à mettre en commun, à socialiser, à démocratiser…. Il faut renverser la pensée politique : le responsable politique doit oser donner un contenu préalablement à l’imposition d’un objectif d’utilité sociale (ou économique). Sinon, la politique culturelle devient vide et n’est plus qu’une culpabilisation de ceux qui « ne partageraient pas ». Mais partager quoi ? La plupart des artistes se précarisent tout en ayant de plus en plus le sens de leur responsabilité sociale, on le voit dans les jeunes générations, comme ailleurs.
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- A partir de là, et seulement à partir de là, il conviendrait de réfléchir à ce que sont, aujourd’hui les conditions publiques de la production des biens symboliques, cette production n’étant plus réservée à quelques-uns, mais socialisée. Responsabilité artistique et responsabilité sociale ne peuvent être opposées, comme c’est le cas. Et on ne peut leur opposer la « responsabilité économique » telle que l’impose la logique néolibérale.
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Relire la réponse de Krystian Lupa : https://www.facebook.com/cbenedettiFI/posts/682459588818433?__tn__=K-R •
Relire la réponse de Lancelot Hamelin : https://www.facebook.com/cbenedettiFI/posts/686446391753086?__tn__=K-R •
Relire la réponse de Arpad Schilling : https://www.facebook.com/cbenedettiFI/posts/690711427993249?__tn__=K-R •
Relire la réponse de Robert Guediguian https://www.facebook.com/cbenedettiFI/posts/694860250911700?__tn__=K-R
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Débat citoyen à Châteauvallon - Blog de Jean-Claude Grosse
à Châteauvallon, le plateau, place de la Liberté à Toulon, parvis de la gare de Toulon le mercredi 6 mars j'interviens vers 40' pour rappeler le festival des possibles et proposer un genre ...
http://les4saisons.over-blog.com/2019/03/debat-citoyen-a-chateauvallon.html
j'avais écrit une lettre ouverte au Liberté et à Châteauvallon, le 1° février, suite à la lettre de Jeanne-valérie Held au Théâtre de la Cité, CDN de Toulouse, qui a eu pour effet de provoquer un débat citoyen le 8 février sur la culture, débat qu'on peut suivre à ce lien https://www.facebook.com/TheatredelaCiteCDN/videos/2150838134939332/
« Aujourd’hui : Krystian LUPA, metteur en scène polonais répond à notre questionnaire »
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A la conférence de presse de notre liste, le 14 janvier, j’annonçai qu’à nos douze combats je nous en rajoutai un treizième : celui de l’art et de la culture.
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Parmi les initiatives que je prends, je poserai, toute cette campagne, trois questions à des artistes français et européens :
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1-Qui êtes-vous ? 2-Quelle ambition voudriez-vous que portent votre pays et l’Europe dans le domaine des arts et de la culture ? 3-Selon vous, quelles sont les combats prioritaires dans ce domaine dans lesquels devront s’engager les futurs parlementaires européens ?
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L’ensemble de ces réponses servira de matériau pour élaborer une charte d’engagement des élus européens de la France Insoumise et des partenaires de « Et maintenant le peuple » sur l’enjeu de l’art et de la culture.
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Chaque jeudi, ici-même, vous pourrez lire les réponses d’un artiste à ce questionnaire. En attendant la Charte…
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Aujourd’hui, nous publions la réponse de mon ami Krystian LUPA, metteur en scène polonais. Krystian n’a pas souhaité en passer par les 3 questions, Voici donc à la place son Manifeste.
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Et puisqu’il n’y dit pas qui il est, faisons le nous-même. Krystian Lupa est un artiste dont les œuvres sont présentées sur les plateaux du monde entier. Dans son pays, c’est une figure de la Résistance au pouvoir ultra-conservateur dans le domaine économique, social et sociétal. La justice, la presse la culture y sont violemment attaqués, à Varsovie le pouvoir a nommé un acteur de téléréalité directeur du Teatr Polski, des acteurs ont été renvoyés, des mises en scène interrompues et censurées, des œuvres retirées du répertoire.
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Christian Benedetti, metteur en scène, candidat aux Européennes de la France Insoumise.
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MANIFESTE – Krystian Lupa - Traduction Agnieszka Zgieb
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Comment exprimer cette peur ?
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Un sentiment croissant d’étrangeté...
Une difficulté à comprendre de plus en plus grande...
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Je peux bien sûr essayer...
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Essayer de prendre part dans des polémiques hasardeuses
De formuler des jugements... Mais je ne crois pas que ce soit là le moyen de comprendre quoi que ce soit.
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Ou d'aider quiconque à comprendre.
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Ce que je pense – et ce que je dis – me semble de plus en plus étranger à moi-même...
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Est-ce que cela a un sens de partager ce sentiment d’étrangeté et d'incompréhension ?
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Dans cette situation, l’artiste est-il encore d'une quelconque utilité ?
Ou moi-même, en tant qu'artiste... Etc.
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Quelqu’un de plus en plus étranger.
Quelqu’un de plus en plus en désaccord.
Le scandale d’une contestation totale semble être le seul moyen possible...
« Golgota Picnic », par exemple...
Quelque chose de cet ordre-là...
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En disant « je ne comprends pas votre monde », je le sais, je ne fais que me plaindre...
M'apitoyer sur moi-même...
Cette réflexion, cet aveu ne vous est d'aucune utilité... À quoi bon un tel aveu ?
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Malgré tout je ressens le besoin de l’exprimer
Sinon, je ne peux pas aller plus loin...
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Je dis VOUS
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Mais au fond, je ne sais pas ce que cela veut dire...
Vous signifie-t-il vous qui êtes en train de regarder ?
Puisque vous êtes là, vous attendez quelque chose,
Vous attendez quelque chose de l’art...
Vous attendez quelque chose de l’artiste...
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Quoi ?
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Une vérité ou juste une habitude ?
Mais là encore, ce n’est pas tout à fait ce que je veux dire...
Je risque d’être mal compris...
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Et voilà à nouveau cette peur lâche et infâme
De ne pas être bien compris
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Je veux dire que le rôle de l’artiste s'amenuise, pris dans le courant inerte du monde
Dans ses capacités spirituelles, ses énergies, ses valeurs...
Dans les capacités créatrices de nos consciences.
Et même...
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Je ne sais pas...
Le sens même de ces consciences.
Parce qu’en fait je crois que le rôle de notre âme change,
Nos âmes ne sont plus utiles à personne...
Parce qu’en fait le rôle et le sens de nos consciences et de nos vérités
Sont probablement en train de disparaître.
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Nos vérités ne sont plus utiles à personne.
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Peut-être que le rôle de nos visions créatrices est de plus en plus restreint
Dans ce que produit le carnaval fou furieux
Des réalités politiques...
Le cabaret de la société et ses tourbillons de bla bla
Ou encore une certaine habitude de fréquenter l’art.
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J’ai le sentiment que nous répétons cette habitude
D’une manière de plus en plus automatique, comme dans un rêve.
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Cela ne produit rien d’essentiel.
J’ai l’impression qu’au fond nous avons tous déposé les armes
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Nous avons accepté notre défaite face au monde
Depuis un certain temps déjà nous sentons bien que c’est au-delà de nos forces,
de continuer à nous battre,
de poursuivre une réflexion,
De bâtir comme des maisons les plus petites constructions de la volonté...
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Et une fois de plus, nous allons accepter quelque chose de terrifiant,
Et une fois de plus, nous allons accepter quelque chose de monstrueux...
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Je dis, « nous ».
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Mais peut-être n'est-ce là que mon problème à moi...
Non !
Je persiste à dire NOUS.
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Nous nous sentons trahis... La démocratie ne nous protège pas des démons des médiocres, de ce marché monopolisé par des roublards qui exploitent la peur des médiocres, le ressentiment, la haine, la frustration, qui s’appelle le génie politique.
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Alors qu'il n’y a même pas eu 10% d'électeurs pour voter pour un progrès humaniste ?
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Il faut exprimer cette peur. C’est la prescription de Thomas Bernhard ! Nous en sommes aujourd'hui à ce stade.
Thomas Bernhard l’a appelé nazisme.
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C'est la majorité, cette majorité décisive qui permet à ceux qui véhiculent le ressentiment d’accéder au pouvoir, ceux qui, quelles que soient leurs déclarations, seront les exécutants d’une pensée étroite, d’une voie égotiste et immature, les ennemis du progrès humain cachés sous le manteau de Dieu.
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Le refus de vivre là où vit un tel peuple – quelle que soit la signification que l’on puisse donner à ce mot...
Le refus...
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Aujourd’hui, les jérémiades de tous ceux qui ont peur semblent naïves.
Mais il y a un sens, dans ce que répètent de toute part des êtres isolés, des individus qui se retrouvent tout à coup isolés : je veux partir, je ne veux pas vivre là où les gens font un tel choix. Comment peut-on rester indifférent ? C’est inconcevable...
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Parmi ceux qui parlent de fuir, chacun se sent tout à coup atrocement seul.
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Soudain désorienté, trompé. Soudain...
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Qu’appelle-t-on aujourd’hui nation ?
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J’ai peur du drapeau blanc rouge. Vous réalisez ce que cela veut dire ?
Alors, je suis resté seul, en effet... mon désir était de partir, je suis resté seul... Je ne me sens pas Polonais, comme Thomas Bernhard à la fin de sa vie souffrait d’un irrésistible besoin de fuir le lieu où il était obligé d’être Autrichien.
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Il y a chez les gens quelque chose face à quoi je me sens de plus en plus étranger.
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Il ne suffit pas d’avoir un travail, un appartement et de ne pas avoir de problème d’argent.
Je ne peux pas être en paix avec l’idée que je suis là fixé comme une plante, là où les gens choisissent l'option étroite de la régression, qui s’y enferment et ferme la voie au Rêveur du progrès humaniste.
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Vivre quelque part... ailleurs... C'est vrai, je ne peux pas vivre là où prolifère le fascisme. En Autriche, on l’a appelé ainsi. Mais qu’est-ce que le fascisme ?
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On s’indigne ici devant l’usage du mot « fascisme », et on se moque facilement de celui qui le lance dans la solitude et le désespoir, qui en use d’un air impuissant car c’est un mot qui suscite un grand effroi comme une grande condamnation.
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« Vous ne savez pas ce qu’est le fascisme ? Plongez dans l’histoire. », disent les cyniques. Vous, les historiens cyniques, vous ne savez pas de quoi vous parlez. Je dis « fascisme » parce que je ne connais pas d’autre mot. Ce que j’appelle fascisme, c’est cette conspiration de l’étroitesse (de l’esprit), cette communauté qui fait de sa haine un critère de supériorité, qui expédie l’autre dans un camp de concentration.
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Le fascisme a toujours existé. Mais notre société se précipite à nouveau vers cette nouvelle ère obscure, la distille et la fait ressurgir.
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Le fascisme est tout ce que je fuis, cet air empoisonné par une communauté haineuse et étriquée. C’est la nationalité dénaturée dans une époque où la nation devient quelque chose d’incompris et d’anachronique. La nationalité en tant que maladie, la nationalité en tant que réceptacle du ressentiment, la communauté qui exclue l’autre, indépendamment des critères par et pour lesquels il devient justement l’autre.
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Le fascisme est la religion d’un Dieu devenu négatif – c’est la religion du bouc émissaire immolé au nom de Dieu, du culte de sa propre supériorité instituée par le sacrifice du bouc émissaire...
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Dieu s’efface de l’horizon de la pensée humaine, il s’efface impitoyablement de l’horizon de la pensée humaine, il n’est plus visible que par l’apparition de l’ennemi...
L'ennemi masqué qui se présente aujourd’hui, c’est la Guerre de Religion... La peur et le besoin diffus de partir viennent-ils de là ?
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Impossible de rester dans une communauté qui fait ces choix-là. Je refuse de me réveiller dans un pays où l'on arbore le drapeau blanc et rouge.
La concentration de haine ressentie de tous côtés m’empêche de respirer...
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Cette cage où à cause de mes rêves possibles sur un progrès possible de l’être humain, j’ai été distillé en tant qu’étranger.
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Le fascisme c’est la distillation de l’Autre en ennemi, la voie très ancienne de la communauté des médiocres.
Le fascisme c’est la religion des médiocres... Cette peur indéfinie qu’éprouvent les esseulés, encore plus esseulés parce que cernés par une conspiration secrète.
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Rue Bracka, on brûle des voitures, cela n’intéresse personne... ce ne sont pas eux qui ont mis le feu. La communauté a choisi le droit de détruire, de liquider la différence, de fermer tous les chemins qui ouvrent vers l’extérieur... De barrer tous les chemins qui conduisent à des réflexions et à des questionnements sur ce que peut être l’homme. Voilà ce que le médiocre craint le plus. La démocratie contrôlée par les médiocres se transforme en fascisme. Le fascisme est cet espace fermé où la médiocrité des nôtres devient la valeur suprême.
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Un besoin incompréhensible mais irrésistible de fuir l’endroit où cela se passe, où on brûle les voitures en guise de sacrifice religieux...
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La Place des Héros, c’est là où un homme a parlé et a entériné le culte de la religion de la haine.
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Zut ! Plus de télé ! La télé est en panne ! C’est peut-être bien qu'elle soit cassée ! Bien que cela soit aussi une raison diffuse de partir d’ici. Parce que nous sommes les victimes de la pornographie des journalistes... Ce sont eux les responsables de ce cirque, de ce massacre des critères, de la pornographie politique qui efface tous les chemins de possibilités spirituelles, et efface l’idée même de ces chemins. La pratique d’un divertissement quotidien au moyen d’une bonne dose quotidienne de divertissement politique narcotique. (Même une soirée électorale se transforme en un divertissement politique narcotique pour abrutis.)
Le Manifeste est publié chez Actes Sud en annexe du livre Utopia
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Débat citoyen au Théâtre Liberté - Blog de Jean-Claude Grosse
articles de Var Matin, le bocal varois de juin 2002 avec des auteurs algériens et des auteurs pieds-noirs, le livre franco-russe né du bocal agité au lac Baïkal en août 2010 pour les 10 ans du...
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j'avais écrit une lettre ouverte au Liberté et à Châteauvallon, le 1° février, suite à la lettre de Jeanne-valérie Held au Théâtre de la Cité, CDN de Toulouse, qui a eu pour effet de provoquer un débat citoyen le 8 février sur la culture, débat qu'on peut suivre à ce lien https://www.facebook.com/TheatredelaCiteCDN/videos/2150838134939332/
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Art et culture - Les Cahiers de l'Égaré
Art et culture radiographie de jour Les articles vieillissent plus ou moins bien. Celui qui suit date de mars 1998. Art et culture Formulé ainsi, le sujet proposé demande qu'on essaie de définir...
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Pour un service public de la culture - Les agoras d'ailleurs
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Aux Beaux-Arts, le grand débat sur la culture manque de sel
La discussion organisée mardi soir a surtout porté sur des demandes corporatistes, sans remise en question idéologique. En ces temps troublés de " révolte des ronds-points ", le choix d'organi...
Lors du grand débat sur la culture qui a eu lieu aux Beaux-Arts le 5 mars, les patrons de gros musées, opéras ou théâtres ne sont pas venus, déplore Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde » dans sa chronique.
Chronique. Un des maux du monde culturel est de cultiver l’entre-soi. Rester au chaud dans sa famille. Il n’y a pas mieux pour évacuer les questions qui fâchent, pas pire pour se couper de la population. Le grand débat né de la crise des « gilets jaunes » a justement pour but d’écouter les invisibles. Ceux qui ne parlent pas. Or pour ces derniers, c’est la culture qui est invisible. Pas étonnant que le sujet soit absent du million de contributions enregistrées à ce jour.Pas étonnant,car la grande majorité des Français ne met jamais les pieds dans les musées, théâtres, opéras ou salles de concerts. Ils n’y pensent pas ou pensent que ce n’est pas pour eux. Et puis, pourquoi écrire une doléance sur un sujet auquel Emmanuel Macron ne consacre pas un mot dans sa Lettre aux Français ? Peut-être n’a-t-il pas voulu ouvrir une boîte remplie de serpents, comme cette question : faut-il donner autant d’argent, pris sur nos impôts, à des théâtres qui ne nous intéressent pas ? Mais en fermant la boîte, le président a oublié que la culture croise tant d’atouts – éducation, imagination, initiative, émotion, confiance en soi – qu’elle est un marqueur social.
Bourde présidentielle
Afin de rattraper la bourde présidentielle, un débat sur la culture a eu lieu le 5 mars à l’Ecole des beaux-arts de Paris, à l’initiative de Beaux Arts Magazine et de la Fondation du patrimoine. Que des emblèmes culturels organisent un débat au cœur de la capitale (Saint-Germain-des-Prés) et dans un lieu d’élite est une autre bourde. Car, évidemment, la France muette n’est pas venue. Ni le « non-public » évoqué dans l’instructif recueil de textes « Non-public » et droits culturels (éd. La Passe du Vent, 204 p., 13 €). Ni même tous ceux qui fréquentent un peu musées ou théâtres.
Dans cette école de jeunes sont venus beaucoup de seniors passionnés de culture, souvent du métier. Des « gilets jaunes » de l’art. Des soutiers précieux, militants associatifs, artistes de terrain, qui vont au charbon dans les écoles, les banlieues, les petites villes. Avec un salaire aussi modeste que leurs subventions.
Ils ont raconté leur lutte contre la ségrégation culturelle. Ils ont raconté leur action, lancé une idée, espéré plus de moyens. Un vieux monsieur a alors douché la salle : « Tout ce que vous proposez, ça fait trente ans que je l’entends, et ça n’a pas marché. » La culture est en effet le secteur où on organise le plus de débats – souvent autour de la culture pour tous. Il en ressort plaintes et autopromotion. Ce n’est pas le cas du Studio Théâtre de Stains (Seine-Saint-Denis), qui a organisé deux débats similaires, à lire sur leur site, et en annonce un troisième le 13 mars.
On ne se mélange pas entre riches et pauvres
Pour susciter des questions inédites, dérangeantes, transgressives, il faut échapper à l’entre-soi. Parler des exclus de la création avec eux. Les écouter. Pas simple, alors qu’au sein même de la famille culturelle on ne se mélange pas entre riches et pauvres. Ou plutôt les riches dialoguent peu avec les pauvres. Aux Beaux-Arts, la plupart des patrons de gros musées, opéras ou théâtres ne sont pas venus – il n’y avait que des coups à prendre.
Même absence du Syndeac (Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles), qui réunit 400 entreprises subventionnées dans le spectacle, qui avait jugé déplacée une réunion tenue à Paris. Cette bouderie est une hypocrisie, a écrit Jean-Marc Adolphe, fondateur de la revue culturelle Mouvement, dans un post de blog du 8 février. Pour ce dernier, le Syndeac tient un discours militant en faveur d’une culture pour tous, mais dans les faits s’en fiche complètement, préférant passer son temps à « réclamer du pognon pour la création ».
Brimade et hypocrisie
De cela, le public des Beaux-Arts n’a pas parlé. Nos « gilets jaunes » de la culture, contrairement à ceux des ronds-points, rouspètent sans renverser la table. Il est vrai que porter un coup à la famille se paie parfois d’une brimade. Ils sont pourtant victimes d’une autre hypocrisie : l’Etat dit se préoccuper de « culture pour tous » depuis vingt ans, mais, dans le même temps, il a passé au sabre l’éducation populaire (MJC, centres de rencontre, associations diverses, pratique amateur), qui, souvent, constitue le premier contact de millions de gens avec la création.
L’Etat sabre parce qu’il méprise le « sociocu » – il est structuré pour défendre le grand art. Il ajoute que c’est le boulot des maires. Or, les villes font pareil : elles reportent souvent sur la culture de proximité les réductions de la dotation de l’Etat et elles reprennent en main, en réduisant la voilure, cette éducation populaire, jugée trop gauchiste et indépendante, à travers leurs services municipaux.
L’art d’enrober les choses
Ce constat n’a pas empêché Franck Riester, le ministre de la culture, présent aux Beaux-Arts, d’interpeller l’assemblée : « C’est vous, sur le terrain, qui avez les solutions. » Il fallait oser. Il est vrai que M. Riester a l’art d’enrober les choses, ce qui devrait lui permettre de durer. Il ne dit rien, car il n’a pas d’argent à donner à la culture pour tous. Il lance : « L’Etat ne peut pas tout. »
C’est vrai, mais il peut ceci : prendre de l’argent aux riches institutions pour le donner à l’éducation populaire, ou alors leur demander de consacrer une très grosse part de leur budget à des actions de terrain hors leurs murs. Cette option fut évoquée par des intervenants aux Beaux-Arts et serait en bonne place parmi les propositions postées sur la plate-forme (granddebatculture.fr). Pas sûr que M. Riester aille dans ce sens. Car il lui faudra affronter nos phares de la création, qui estiment que ce n’est pas leur job.
Même chose pour l’éducation artistique à l’école. Tout le monde en convient, c’est « le » sujet-clé. Après deux heures de débat et de jolis poncifs, c’est l’ancien ministre de la culture, Jean-Jacques Aillagon, qui a dit l’essentiel : l’Etat met 149 millions d’euros dans ce secteur, or il faut 1 milliard pour que ce soit efficace. A ce moment, Franck Riester n’était pas encore dans la salle.
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Juan Branco et les gilets jaunes au Centre dramatique national de Rouen
Le 8 mars 2019, à l'invitation des gilets jaunes de Rouen. Sur François Boulo, les gilets jaunes, la macronie et le devenir d'un mouvement.
Au débat, citoyens !
bonjour, c'est pour un débat; le président de fenêtre fermée en porte entrouverte; l'avenir selon une banque, selon deux gilets jaunes; autres livres; recouvrir sa télé d'un gilet jaune
Humour
EFFERVESCENCE NORMANDE - Grand Bourgtheroulde, dans l’Eure, où se déplace aujourd’hui Sa Majesté Emmanuel Macrotin, est en ébullition. La preuve ? Selon « Le Courrier de l’Eure », le cahier de doléances ouvert en mairie, qui « ne comptait que quatre contributions le 9 janvier 2019, en comportait neuf le lendemain, 10 janvier 2019. Un signe, sans doute, de L’EFFERVESCENCE dans cette petite commune rurale de Normandie depuis l’annonce officielle de la visite du chef de l’Etat. (…) Pour l’instant, les demandent inscrites dans ce cahier concernent surtout des mesures en faveur d’un meilleur pouvoir d’achat et l’instauration d’un référendum d’initiative citoyenne (RIC). La baisse des privilèges pour les représentants de l’Etat, le retour de l’ISF font aussi partie des revendications exprimées, ici, par écrit. »
Il y aurait donc 9 dangereux contestataires factieux parmi les 3.800 Thérouldebourgeois (ainsi appelle-t-on les habitants de Grand Bourtheroulde). Privée de Benalla, la garde rapprochée de Jupiter 1er est- sur les dents. Ne pas oublier, en effet, que Grand Bourgtheroulde doit son nom à Théroulde, qui fut assassiné en 1040/1041 par Guillaume de Montgommery. (Théroulde vient du germain Turoldus , nom qui figure au dernier vers de la plus ancienne rédaction de la Chanson de Roland : « Ci falt la geste que Turoldus declinet »).
Pour prévenir tout risque de répétition de l’histoire assassine, des mesuires drastiques ont été prises :sur les 700 maires de Normandie invités ce mardi 15 janvier dans l’Eure, pour le premier déplacement d’Emmanuel Macrotin en région, seuls deux maires du Calvados seront autoriser à baiser les babouches du Souverain : : Sophie de Gibon (Canteloup) et Joël Bruneau (Caen).
Une délégation locale des Gilets jaunes sera d’autre part reçue par par le responsable des cabinets de Christophe Castaner, qui leur offrira une rasade de gaz lacrymogènes.
Jean-Marc Adolphe
Anne Groh Le sketch complet. Le préfet à interdit tout rassemblement ! La pièce de théâtre écrite par un auteur peu connu, Emmanuel Macron, "Le foutage de gueule" sera jouée aujourd'hui dans le département de l'heure. Un seul comédien, l'auteur lui-même, car veut être seul sous les projecteurs du plateau, et surtout ne veut aucun public car le méprise en le traitant de "gens de rien ne faisant aucun effort"
A LA BONNE EURE !
Emmanuel Macron a choisi le département de l'Eure pour lancer le grand débat national. Département où la contestation est muselée par plus de 20 arrêtés préfectoraux qui interdisent totalement les manifestations et rassemblements #GiletsJaunes depuis le 17 décembre et jusqu'au 16 janvier.
Le choix d'organiser le #GrandDebatNational dans un territoire où les #GiletsJaunes s'exposent à six mois d'emprisonnement et 7 500 € d'amende s'ils se rassemblent ou manifestent ne peut laisser indifférent.... La liberté de manifester y a été purement et simplement abolie. Tristan Laouen.
Message de Nouvel an d'un Maire au Président de la République Macron
Mr Hervé Féron #GiletsJaune / #YellowVest Nous sommes nos propres média.. la Tv vous ment. Abonnés vous pour suivre tous les Directs/Vidéos/Actualités/Infos Change The World Yellow Vest #Revo...
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" Au débat, citoyens ", un spectacle de marionnettes immobiles.
(Spectacle diffusé en Facebook live le dimanche 13 janvier 2019 à 19 h 19. Enregistrement vidéo à la fin du texte). INTRODUCTION Bienvenue au spectacle ! Bienvenue aux petits n'enfants. Le Cour...
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Le témoignage de René Revol, maire invité du "Grand débat" à Souillac le 18 janvier
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"Les jeunes veulent être entrepreneurs, pas fonctionnaires" (09/2015)
"Je n’aime pas ce terme de modèle social" (10/2015)
"Bien souvent, la vie d’un entrepreneur est bien plus dure que celle d’un salarié, il ne faut pas l’oublier. Il peut tout perdre, lui, et il a moins de garanties" (01/2016)
"Les salariés français doivent pouvoir travailler plus sans être payés plus, si les syndicats majoritaires sont d’accord" (01/2016)
"Vous n’allez pas me faire peur avec votre tee-shirt. La meilleure façon de se payer un costard, c’est de travailler" (05/2016)
"35 heures, pour un jeune, ce n’est pas assez" (11/2016)
"Je ne vais pas interdire Uber et les VTC, ce serait les renvoyer vendre de la drogue à Stains" (11/2016)
"L’alcoolisme et le tabagisme se sont peu à peu installés dans le bassin minier" (01/2017)
"Le chômage de masse, en France, c’est
parce que les travailleurs sont trop protégés" (02/2017)
"Les Britanniques ont la chance d’avoir eu Margaret Thatcher" (02/2017)
"Il n’y a pas de culture française (…) Moi, l’art français, je l’ai jamais vu" (02/2017)
"C’est une erreur de penser que le programme est le cœur d’une campagne électorale. La politique, c’est mystique" (02/2017)
"Une start-up nation est une nation où chacun peut se dire qu’il pourra créer une start-up. Je veux que la France en soit une" (04/2017)
"Je suis pour une société sans statuts" (03/2017)
"Vu la situation économique, ne plus payer les heures supplémentaires est une nécessité" (04/2017)
"Le Kwassa-Kwassa pêche peu, il amène du Comorien" (06/2017)
"Une gare, c’est un lieu où l’on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien" (06/2017)
"Je ne veux plus, d’ici la fin de l’année, avoir des femmes et des hommes dans les rues, dans les bois, ou perdus" (07/2017)
"Je n’aime pas le terme de pénibilité. Donc, je le supprimerai, car il induit que le travail est une douleur" (07/2017)
"Quand tu es Président, ce n’est pas le moment où tu gagnes le plus d’argent" (08/2017)
"Je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes" (09/2017)
"Mes conseillers sont jeunes, j’assume. Les maréchaux d’Empire étaient jeunes et ce n’étaient pas des paysans" (09/2017)
"Les révolutionnaires sont souvent des ratés du suffrage universel" (09/2017)
"La démocratie ne se fait pas dans la rue" (09/2017)
"Certains, au lieu de foutre le bordel, ils feraient mieux d’aller regarder s’ils ne peuvent pas avoir des postes, là-bas, parce qu’il y en a qui ont les qualifications, et ce n’est pas loin de chez eux" (10/2017)
"Je ne suis pas le père Noël" (en Guyane, 10/2017)
« Je crois à la cordée. Il y a des hommes et des femmes qui réussissent parce qu’ils ont du talent, je veux qu’on les célèbre. Si on commence à jeter des cailloux sur les premiers de cordée, c’est toute la cordée qui dégringole" (10/2017)
"Si vous n’êtes pas en danger, il faut retourner dans votre pays" (11/2017)
"Ceux qui naissent pauvres restent pauvres. Il faut responsabiliser les pauvres pour qu’ils sortent de la pauvreté" (06/2018)
"On met un pognon de dingue dans les minima sociaux, et les gens ne s’en sortent pas" (06/2018)
"Je dis aux jeunes : Ne cherchez plus un patron, cherchez des clients" (06/2018)
"Si un jour tu veux faire la révolution, tu apprends d’abord à avoir un diplôme et à te nourrir toi-même" (07/2018)
"S'ils veulent un responsable, qu'ils viennent me chercher" (à propos de l'affaire Benalla, 07/2018)
Ce peuple luthérien, qui a vécu les transformations de ces dernières années, n’est pas exactement le Gaulois réfractaire au changement ! (08/2018)
Face à un jeune chômeur Macron indique : « je traverse la rue et je vous trouve un emploi ... je veux simplement des gens qui sont prêts à travailler »
Journée du Patrimoine l’Elysée 09/2018
"Trop de Français n'ont pas le sens de l'effort, ce qui explique en partie les "troubles" que connaît le pays, vendredi 11/1/2019
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L'Appel des Gilets Jaunes de Commercy à des assemblées populaires partout en France !
English version : https://pastebin.com/SdAVc4MA ] Si vous vous retrouvez dans les bases de cet appel chez vous, dans votre groupe local de gilets jaunes, ou autre, contactez-nous sur ...
Ceci n'est pas virtuel et n'est pas la énième pétition concernant le RIC. Il s'agit de FAIRE PASSER LE RIC (Référendum d'Initiative Citoyenne) dans la Constitution Française ! Devenez acteur ...
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Ce mercredi 16 janvier 2019 à 19 h 19, plainte a été déposée en gendarmerie de Fère-en-Tardenois (02) contre le Président de la République pour non-assistance à personne en danger, complic...
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La plainte déposée par Jean-Marc Adolphe à la gendarmerie de Fère-en-Tardenois aussi célèbre que Grand Bourgtheroulde (où 600 maires de la France profonde ont ovationné un malotru en chemise, parlant de crack et de pipe, messages subliminaux)) me fait penser à Vaclav Havel (auteur de "L'amour et la vérité doivent triompher de la haine et du mensonge"); dissident de la Charte 77, auteur de « Le Pouvoir des sans-pouvoir », écrit en prison en 1978, dans lequel il analyse les mécanismes de la mauvaise raison d’État (stalinien) qui prive selon lui les citoyens ordinaires de toute capacité d'influer sur le cours réel de leur vie : mécanismes qui conduiraient à la résignation des individus et aussi à leur démission morale, stérilisant en fait la dynamique sociale; en novembre 1989, il est spontanément placé par la foule à la tête du mouvement « Forum civique », une association unie des mouvements d'opposition et d'initiative démocratique; il y aurait à apprendre de la révolution de velours (très différente des révolutions orange, télécommandées)
il me semble que la démarche de Jean-Marc Adolphe vise entre autre à redonner aux mots leur sens, leur vérité contre les usages performatifs et oxymoriques (le fameux "en même temps", dualité et neutralité typiques de la propagande de Macron) qu'avait bien perçu Lewis Carroll;
- Lorsque j'utilise un mot, dit Humpty Dumpty avec mépris, il signifie exactement ce que je choisis qu'il signifie — ni plus, ni moins.
- La question est de savoir si vous pouvez faire signifier aux mots autant de choses différentes, dit Alice.
- La question est de savoir qui est le maître, et rien d'autre, dit Humpty Dumpty.
La position de Humpty-Dumpty a été ultérieurement théorisée par JL Austin dans Quand dire, c'est faire (1962), inaugurant les recherches sur les usages performatifs du langage
J'avais voulu faire créer la totalité du théâtre de Havel (voir Donjon Soleil), accusé de didactisme, pour montrer l'efficacité de ce théâtre de l'absurde, à l'image du langage officiel stalinien où les mots étaient à l'opposé de la réalité, il fallait donc dévoiler cette imposture et cet usage immoral du langage, ce qu'il fit avec brio et constance, même devenu président;
cette démarche de Jean-Marc Adolphe, solitaire ou multipliée par des milliers, contribuera-t-elle à moraliser le monde des mots affirmateurs puis négateurs des maux ? Macron ne changera pas mais les gens peuvent vouloir que les mots redeviennent vivants parce que chargés de sens, de vie, de vérité. Merci pour ce coup d'épée dans le vif du mensonge d'état "démocratique". Oui, la bataille en cours a aussi pour enjeu le sens des mots.
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Une étudiante obtient 18 à son mémoire sur " la méta-complexité chez Emmanuel Macron "
Une étudiante de l'université Paris Descartes a procédé à une analyse de la politique d'Emmanuel Macron afin d'en comprendre certains éléments de langage et de communication. Son mémoire a ...
réservations auprès de Marilyne Brunet, en MP ou par mail à FEDERATION.GJ.TOULON.VAR@TUTANOTA.COM
A l initiative de Gilets jaunes du grand Toulon, Dimanche 20 janvier 2019 de 10h à 12h30 le cinéma "le Royal" accueille les GJ et tout sympathisant ou simple curieux bienveillant qui souhaite apporter sa pierre à l'édifice des assemblées populaires. Partagez, et venez nombreux ! Réservez votre place en mp.
La direction du cinéma le Royal, lieu emblématique à Toulon, sensible et favorable aux débats citoyens et aux assemblées populaires, met gracieusement sa grande salle de projection à disposition. Nous l'en remercions bien chaleureusement.
Proposition d'ordre du jour :
-- Assemblée populaire / Réunion pour la fédération des groupes gilets jaunes du grand Toulon --
-> Donner suite au premier rassemblement du mercredi 26 décembre organisé à la salle Méditerranée, autour d'un fonctionnement autogéré par zone géographique, par pôles et sans représentant, pour l'union des ressources et la coordination des actions ;
-> Valider le schéma structurel issu de ces débats ;
-> Adoption du principe d'un site web corrélé à cette fédération : état des lieux des travaux en cours, à usage interne et/ou externe ;
-> Inscriptions des participants aux groupes de réflexion existants ( Ecologie. Démocratie, Economie et Social . Education ) création de nouveaux groupes par les participants ;
- propositions de futurs sujets de réflexion pouvant donner lieu à des projections de films et / ou à des interventions de différents spécialistes suivis de débats.
-> Une réunion qui en appelle d'autres, pour établir la synthèse des réflexions de chaque groupe et aborder collectivement des sujets déterminants (choisis à l'issue de chaque réunion) ;
Une trentaine de groupes de gilets jaunes (France entière) ont déjà répondu favorablement au second appel de Commercy pour "l'assemblée des assemblées" pour le 26 janvier ! (voir vidéo ci-dessus)
Cher Monsieur,
Je vous remercie, ainsi naturellement que Léa Salamé, de votre invitation. Je n’ai, croyez-le bien, aucune opposition de principe concernant une participation à « Stupéfiant ». Je tiens seulement à vous expliquer pourquoi je ne souhaite pas paraître, en ce moment, dans des émissions traitant de l’actualité politique. J’ai déjà du reste donné ces explications à Frédéric Taddeï, qui m’avait invité, comme il l’a déjà très souvent fait dans le passé – ce dont je le remercie – à venir parler de l’épisode « gilets jaunes » sur RTF.
Il faut partir d’une considération générale : il existe parfois, dans les situations sociales, nationales, politiques, ce que j’appelle des fausses contradictions. A savoir des contradictions, éventuellement violentes, mais dont aucun des deux termes ne mérite d’être choisi ou soutenu. Pensons par exemple à la guerre de 14-18 : fallait-il obligatoirement choisir son camp pour cette tuerie finalement totalement vaine, et ce pour la seule raison qu’on était français, allemand, russe, ou italien ? Ceux qui, comme Romain Rolland ou Trotski ont répondu « non », et en ont averti l’opinion mondiale depuis la Suisse, avaient, si peu nombreux soient-ils, entièrement raison. Aujourd’hui, Dieu merci dans une situation infiniment moins dramatique, faut-il absolument choisir entre le gouvernement Macron et les gilets jaunes ? Pour le moment en tout cas, je ne le pense pas. J’ai dit fermement, dès les élections présidentielles, que je ne me rallierai ni à Marine Le Pen, capitaine de l’extrême-droite parlementaire, ni à Macron, qui montait ce que j’ai appelé « un coup d’Etat démocratique », au service pseudo-réformateur du grand capital.
Aujourd’hui, je ne change évidemment rien à mon jugement sur Macron. Mais je n’ai rien trouvé de politiquement novateur ou progressiste dans la mobilisation des gilets jaunes, si exact que puisse être leur sentiment de baisse du pouvoir d’achat, et si justifié que puisse être leur dégoût du pouvoir en place. Les ennemis de mes ennemis ne sont bien souvent, non seulement pas mes amis, mais des ennemis encore pires. Ainsi de Marine Le Pen au regard de Macron, par exemple. Je ne dis pas que ce soit le cas des gilets jaunes, mais je ne lis rien, ni dans leurs proclamations, ni dans leur désorganisation périlleuse, ni dans leurs formes d’action, ni dans leur absence de pensée générale et de mots d’ordre, qui puisse me convaincre qu’ils sont les amis, même éloignés, de la seule orientation qu’on puisse valablement opposer au pouvoir en place, dont le seul nom réel est « capitalisme », à savoir celle que je nomme le nouveau communisme. Divers indices, notamment des traces évidentes de nationalisme à courte vue, d’hostilité latente aux intellectuels, de « démocratisme » démagogique, et de confusion dans les discours, m’inclinent d’ailleurs à être prudent dans toute appréciation de ce mouvement. Car après tout, il y a un proverbe qui dit que « tout ce qui bouge n’est pas rouge ». Et pour le moment, du « rouge », il n’est pas question : je ne vois, outre le jaune, que du tricolore, toujours un peu suspect à mes yeux.
Au regard d’une fausse contradiction, le mieux est de s’abstenir de tout jugement prématuré, de se retirer sur l’Aventin pour apprécier les éventuels changements induits par le mouvement, et de rassembler, si c’est possible, un troisième terme gardien de l’avenir. Voilà ce que je voulais vous dire pour justifier ma réponse négative, circonstanciellement négative, à votre invitation. Merci encore, et bien à vous.
Controverse sur la déclaration de Villeurbanne (mai 1968)
Il y a des lignées dans le théâtre français, des lignées qui clivent. Celle de Jean Dasté a été "liquidée" en mai/juin 1968 en particulier durant les "journées de Villeurbanne".
Tout notre système de décentralisation théâtral forgé après guerre a été bloqué net par une poignée de metteurs en scène qui ont réussi à s'approprier le "réseau", à le développer et finalement en hissant Jack Lang sur le podium à en exclure définitivement tout prétendant fidèle. La destruction du FIC (fond d'intervention culturel) fut l'oeuvre fondatrice d'un ministre certes populaire mais qui confisqua durablement les arts et la culture au profit d'une minorité influente dans chaque ville grâce au dispositif des Scènes nationales. Ce dispositif capta les édifices de l'Education populaire à des fins d'élitisme (pour tous?).
Nous avons peut être une chance historique (50 ans après) de revisiter l'histoire et de faire des contres journées de Villeurbanne.
Bruno Boussagol (metteur en scène et comédien de la compagnie Brut de Béton Productions)
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Bruno Boussagol, un metteur en scène engagé
Dans quel contexte as-tu créé la compagnie Brut de Béton ? J'ai créé la compagnie au début des années 90 à Clermont-Ferrand. Je souhaitais développer un théâtre de création à partir de...
http://www.sortirdunucleaire.org/Bruno-Boussagol-un-metteur-en
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Jean Dasté (1904-1994) : le père de la décentralisation théâtrale
En dehors du monde des passionnés de théâtre, et même parmi les aficionados qui, chaque année vont au in ou au off d'Avignon, il est fort probable que le nom de Jean Dasté n'évoque peut-êtr...
https://diacritik.com/2018/02/06/jean-daste-1904-1994-le-pere-de-la-decentralisation-theatrale/
Pour resituer le contexte de la déclaration de Villeurbanne (après le 20 mai 1968), on pourra lire et réfléchir sur la pièce de Denis Guénoun : Mai, juin, juillet aux éditions Les solitaires intempestifs.
Une déclaration de Denis Guénoun faite récemment aux journées de Nantes (BIS 2018, Biennale internationale du spectacle vivant, 17-18 janvier 2018) permet de faire le point sur les ambiguïtés et contradictions durables de la déclaration de Villeurbanne.
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Mai, juin, juillet/Dans les théâtres de 1968/Denis Guénoun - Les Cahiers de l'Égaré
Mai, juin, juillet Dans les théâtres de 1968 Denis Guénoun Les Solitaires Intempestifs J'ai lu cette pièce récente en Avignon entre le 10 et le 13 juillet, en trois temps comme sa construction...
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Sur la "Déclaration de Villeurbanne" (mai 1968) - Denis Guénoun
Dans le cadre de la Biennale internationale du spectacle vivant (Nantes, 17-18 janvier 2018), j'ai été invité par Fabien Jannelle à faire une brève intervention sur la " Déclaration de Villeu...
http://denisguenoun.org/2018/01/21/declaration-de-villeurbanne-mai-1968/
Apparemment ce qui suit est sans rapport avec les effets de la controverse de Villeurbanne
Je viens de faire paraître un livre à 24 voix, 12 F, 12 H sur une série de photos prises en selfie par une femme augmentée par le chagrin
c’est donc un livre choral avec et pour une femme augmentée par le chagrin, une gisante, 24 orants, 24 Orphée
pour moi maintenant si on
(on, désignant un passeur, un transmetteur, un partageur, un homme de passion et de bienveillance, un qui a choisi de se tenir le plus possible à l'écart du système marchand) n’a pas pour objectif que tout le monde s’exprime en inventant sa façon de s'exprimer, pas en singeant les formats dominants (clips, shows, gros romans, pièces sur le bruit du monde, chansons et musiques dites actuelles, cirque, jonglage...)
si on n'a pas pour objectif que chacun crée son art de vivre sa vie, avec ses heurs, bonheurs, malheurs, pas en singeant les modèles dominants donnés à imiter, consommer, jeter, renouveler, et rien à voir avec les soi-disant arts de vivre, l'art de vivre méditerranéen, crétois, l'american way of life...
alors merde à l’art, aux artistes qui pullulent, sont en concurrence, mis en concurrence par les gens de culture, et qui ululent, crowdfundinguent, s'auto-produisent et revendiquent leur participation à l'économie, nous représentons 3% du PIB
merde aux gens de culture qui pullulent et pompent le fric, eux qui ont du pouvoir, si peu, si peu mais s'y croient avec de moins en moins d’argent et revendiquent aussi leur participation à l'économie, nous représentons plus que l'industrie automobile
monde de merde à l’image caricaturale du monde de requins et prédateurs de toutes sortes des hautes sphères qui ne tournent pas rond.
IMAGINONS: 1700 spectacles en Avignon l'été dans le off soit 1700 X 20000 € de location de salle mini = 34.000.000 € dépensés pour une illusion : on va être vu par des directeurs et des critiques et on va tourner. Ô les tristes calculs de jeunes plein d'énergie, aptes au système D et réussissant à survivre, certes souvent dans la galère mais survivre.
IMAGINONS: 1700 compagnies investissent la France profonde, désertée par les paysans, peu récupérée par les alternatifs et ils construisent leur habitat durable, écolo, leur salle de répétition, leur jardin en permaculture, leurs équipements en énergie verte, des oasis donc avec école Montessori, des jardins d'Épicure, le philosophe pour des temps comme le nôtre de fin de civilisation (lire le Sur Épicure de Marcel Conche qui se tient à l'écart du grand tapage médiatique)
IMAGINONS; les musiciens, les écrivains, les plasticiens, les architectes, tous ceux capables de comprendre qu'il n'y a pas d'avenir dans ce monde marchand abandonnent les villes à leur pourrissement et à leur ratisation proliférante et vont retrouver la dure et saine vie dans les collines et les bois comme D.H Thoreau ou comme avait imaginé Jack London
mais ce n'est qu'un rêve
Travail de l'éditeur que je suis (refusant les manuscrits envoyés comme ça), il s'agit du travail d'une après-midi seulement : fiche pour le dépôt légal à la Bibliothèque Nationale de France, contrat d'auteur, référencement Electre et grands sites de vente en ligne, approvisionnement du distributeur-diffuseur Soleils à Paris (20 exemplaires au démarrage), envoi des livres commandés par les particuliers, écrire un ou plusieurs articles sur mes 3 blogs et mes 2 sites, envoi ciblé par mail à un fichier de 500 acheteurs potentiels, incitation à la vente par les auteurs ou des amis sur leur réseau (5€ de ristourne pour le vendeur)
ce que je ne fais pas: service de presse à la soi-disant grande presse ni même à la soi-disant presse locale ni à une quelconque soi-disant célébrité littéraire ou animateur pseudo-amoureux d'écritures; ça écarte plein de monde, ouf!; pas de livres offerts, chacun se l'achète, pour me mettre à l'écart du système marchand, il me faut amortir le coût de fabrication
vente en direct: 15 € vont aux Cahiers de l'Égaré, vente en librairie via le distributeur: 15€ - 58% (28% pour le distributeur, 30 à 36% pour le libraire selon, la FNAC, le plus gourmand, Amazon aussi); la vente en librairie ne m'intéresse pas, pas de dépôts, je me fous de leurs coups de coeur; pas davantage de demande d'aides publiques, dossiers, dossiers, merde; encore moins de salons ou fêtes du livre; bien sûr j'ai connu ça et je connais le bilan
ça va faire 30 ans que je fais cela avec plus ou moins de conviction, toujours bénévolement; merde au système marchand qui oblige à travailler pour vivre
La déclaration de Villeurbanne, vous comprenez que je m'en moque.
Ses enjeux même contradictoires ne sont pas à la hauteur.
Mon slogan serait : Tous artistes, tous écrivains, tous photographes,
chacun son expression, chacun son art de vivre sa vie
pas la vie comme oeuvre d'art
pas l'art pour émanciper, élever, éduquer, éveiller
pas la culture dominante qui ne se reconnaît pas comme telle, alibi de la domination marchande avec son discours émancipateur, démocratisateur et ses pratiques de management à l'américaine, travail en openspace, séparation entre direction, personnel et techniciens, entre gens de culture et artistes
chacun son art de vivre sa vie c'est-à-dire en conscience, y en a, y veulent de la pleine conscience, beaucoup de moments dans le silence, parfois du rire, des sourires tout pleins, des gestes doux et tendres, pas besoin de créativité renouvelable 24 H sur 24, juste de l'attention, là, à 10 cms, regarde et tu déplaces la petite pierre, la brindille, ah, ça fait un cupidon...et t'es frappé en plein coeur par l'amour
mais purée que c'est simple l'amour,
y en a qui aiment compliquer à souhait
y en a qui veulent pas entendre le souffle aimant à côté d'eux, tant pis pour eux
j'aime les bienheureux, les simples d'esprit et de coeur qui ont le coeur net et direct
de Salvatore Spada, ces saillies iconoclastes, radicales, à tenter de pratiquer
j'aimerais bien réussir à ouvrir , une maison d’édition> lettre de rencontre > et mettre en pratique le nouveau principe en dialectique de désir et subversion du sujet que> TOUT LECTEUR EST AUTEUR. Et se débarrasser enfin de la maison d’édition liée à l'Auteur . Pas d'auteur chez nous , chez nous il n'y a que des lecteurs . Personnellement je veux signer comme lecteur2 de mon texte et non pas comme auteur1 > le lecteur2 subvertit l'auteur1 > (subvertir ne suffit pas il faut aussi savoir dissoudre > savoir du deux) les élites des auteurs> à mépris inconscient des ses lecteurs > ils sont démolies en poussier d’étoile et en atelier de lecteur > ca change tout dans la dynamique de rencontre > ça ouvre un champ inédit. Te dis-tu auteur ? encore un Auteur ? non, désolé ici on est tous lecteurs on n a plus besoin d auteurs, maintenant on sait bien s'émanciper des auteurs , on a reussi notre cap > et c'est un savoir nouveau de s’émanciper de tout auteur > toi aussi tu peux (savoir) t’émanciper de ton auteur . L'auteur par définition c'est son élite, un auteur est en lui tout seul une élite . Le lecteur est en lui tous seul l’émancipation vivante de toute élite inconscient> vive notre lecteur des trois écologies en fonction trou , manque et vide.
"Je te fabrique l’illisible> tu vas le lire et tu vas te donner un futur, ton futur . Nomme tes trois écologies pour trois fonctions > fonction trou , fonction manque, et fonction vide . Nomme tes trois bucoliques . Ouvre tes trois écoles inattendues pour faire trou , pour faire manque et pour faire vide . Je te dis TROU, Je te dis MANQUE , je te dis VIDE. Je te dis inattendu. Je te dis rencontre . Je te dis miracle de rencontre . Je te dis , dis moi quelque chose, même le silence est parole . On va faire sortie , on va occuper les lieux de sortie avec un ciseau (tourbillon d'un trou comme transfert du temps), une pierre (perte d'un manque comme fantasme de réalité) et un papier (lettre vide au bord de sa pure extériorité comme symptôme ) . On va nommer la sortie et on va la faire tourbillon d'un TROU , on va faire trou, et on va la faire perte, tu vas nommer ta perte pour un MANQUE , on va faire manque, et on va la faire lettre au bord du VIDE, on va faire vide. Du spectacle on peut bien s'en passer pour se donner sortie de rencontre . Une rencontre nous sort du monde du spectacle , non, une rencontre n est pas un spectacle pour son public endormi.Une expo c'est pour dormir , une pièce de theatre c'est pour dormir, un film c'est pour dormir . Une rencontre c'est pour nous sortir d' une expo, d'un theatre , d'un cinema >sortir> veut dire que > tout lecteur est auteur > sortir veut dire que > tout le monde est Un artiste femme ,qu'il n'y a pas d'artiste homme, heureusement pour nous et pour les bords des orifices et pour les lettres d'amour. [Déménagement> les nouveaux Bucoliques> un pièce , une expo , un film et ton corps politique comme pièce de theatre, comme expo, et comme film pour nous sortir du monde du spectacle et de son endormissement généralisé ]: »
"Si je rentre moi aussi dans le marché de l'art ce n est pas pour me mettre en concurrence INÉVITABLE et FATALE avec les autres artistes comme moi (pauvres imbéciles )> mais pour devenir moi même, moi même, moi même, x 3 > un donateur d ordres, un spéculateur, un vrai capitaliste, en créant un nouveau marché , le marché des collectionneurs , et en le mettant en concurrence avec le première marché , le marché des artistes déjà existant > collectionneur contre artiste et artiste contre collectionneur > voila ce qu'il faut mettre en oeuvre pour en tirer moi avec quelque copain tout le profit et en rire comme un capitaliste sait faire en créant , sans fin, des imbéciles serviles et vils> prêts à tout pour obéir à la sacrée loi du marché> l' intouchable loi de l’intouchable marché de l’intouchable profit de l’intouchable mort à crédit> la tienne, oui , la tienne > tu en as tout le droit et le crédit. Il n'y a aucun profit de l'Un qui ne met pas en concurrence l'Autre , il n y a pas profit de l'Un qui ne provoque pas une division mortel et suicidaire dans l'Autre . Il n'y a pas de profit qui ne produit pas un conflit chez l'autre . Profit de l'Un > conflit de l'Autre > le profit de l'Un c'est le suicide de l' Autre > voilà la règle numéro UN d'un bon capitaliste, c'est effrayant oui> le profit de l'Un> monde sans futur pour l'Autre > monde sans futur > c'est effrayant , oui , c'est effraiant> mais il faut bien comprendre que pour un bon capitaliste tous les gens sont bêtes, considérés comme des bêtes parce que ils tombent très très très facilement et sans problème , sans aucun problème, ni avis critique, aucun, dans laLA miseMISE enEN concurrenceCONCURRENCE fatale et suicidaire et ça marche toujours, et ça marche à tous les coups et ça marche , et ça marche, et ça marche, et au nom du bon sens (servitude volontaire) et alors à quoi bon les considérer des humaines> des vrais crétins plutôt . [Dérangement et Déménagement > DD > une pièce de Dénonciation politique> DDD> d’après les Bucoliques de Virgile] »
L'art c'est la vie - débat

dans Disparition aux Cahiers de l'Égaré
L'art c'est la vie
Éditorial d'un vieux numéro de la revue
(Art absolument)
Polémique : l’État et l’art contemporain_(l’état de l’art contemporain en France)
«… aussi intéressante soit-elle toute esthétique qui devient hégémonique produit ses suiveurs, ses “académiciens” et, de novatrice, devient non seulement normative mais répétitive – ennuyeuse…»
«… l’État n’a pas à faire prévaloir tel ou tel “réseau” d’influence, mais l’excellence là où elle se trouve. Surtout, il ne doit exclure aucun médium…»
Lorsque nous avons reçu la pétition L’art c’est la vie, qui circule parmi les artistes plasticiens, bien que nous soyons aux antipodes du vocabulaire employé, nous avons été frappés par l’exaspération non feinte dont elle témoigne, mais surtout par le fait qu’elle soit signée par plusieurs artistes que nous estimons et auxquels nous avons consacré un dossier important sur leur œuvre dans l’un de nos numéros.
Cette pétition qui, en substance, remet en question « la dérive de la politique de l’État français en matière d’art contemporain », nous a donné le désir d’interroger, par le biais d’un questionnaire plus global, quelques-uns des artistes signataires ainsi que des personnalités du monde de l’art (collectionneurs, galeristes, intellectuels, institutionnels) dont nous n’ignorons pas qu’elles sont suffisamment indépendantes d’esprit pour avoir leur propre point de vue.
Car, bien entendu, c’est par la pluralité des points de vue que nous parviendrons à faire un constat “objectif” de ce qui est à mettre au crédit de l’État en matière d’art contemporain, mais aussi ses dysfonctionnements, voire ses effets pervers.
Comme les lecteurs le savent, depuis le début de la création de notre revue en mai 2002, nous défendons les liens entre l’art du passé et celui du présent ; les artistes en France ; la diversité des médiums (peinture, sculpture, photographie, vidéo, installation), mais également des générations, des origines, des esthétiques… tous thèmes que les rédacteurs et les signataires de L’art c’est la vie abordent. D’où, pour nous, la nécessité de préciser notre position.
Nous sommes contre tout art “officiel” (déclaré ou implicite). Par éthique : l’art officiel fonctionne toujours par exclusion ; et par goût : aussi intéressante soit-elle, toute esthétique qui devient hégémonique produit ses suiveurs, ses “académiciens” et, de novatrice, devient non seulement normative mais répétitive – ennuyeuse. Y a-t-il un art “officiel” en France ? Vu du reste de l’Europe et des États-Unis, force est de constater que, à chaque fois que vous interrogez un conservateur ou un artiste de ces différents pays, il vous répond que non seulement les galeries françaises ne promeuvent pas suffisamment leurs artistes (où sont vos peintres ? Vos sculpteurs ? Vos photographes ?) mais que l’État français soutient presque exclusivement un art “critique et politique”, influencé par les conceptuels radicaux des écoles de New York et de Los Angeles des années soixante-dix (voix communautaires, féminisme, critique de la société de consommation, etc.), et que ce n’est évidemment pas avec ce courant – déjà inscrit dans l’histoire de l’art du XXe siècle – que nous parviendrons à émerger sur le marché international (notons, pour ceux que cela intéresse, que ce dernier privilégie depuis toujours la peinture, la sculpture, et depuis peu le dessin et la photographie dite “plasticienne”).
Que l’on ne se méprenne pas : notre revue est très impliquée dans la confrontation de l’art à l’histoire – aux tragédies de l’histoire. C’est bouleversant de voir comment les artistes qui les ont subies ou y sont sensibles répondent avec leurs faibles moyens – humainement, symboliquement – à la toute puissance de la barbarie. Mais de toute évidence, si Guernica est un chef-d’œuvre, c’est parce qu’il est autant une réponse au scandale du bombardement en 1937 de la petite ville basque espagnole qu’un renouvellement des formes produites par Picasso lui-même… Pour le dire autrement : à se satisfaire d’une simple dénonciation (encore que, en France, vous remarquerez que l’on ne dénonce pas grand-chose : il s’agit plutôt d’une “attitude”), l’art “critique et politique” n’est plus un art, mais un message : de l’information. Et si, aujourd’hui, nous pouvons voir l’œuvre d’un Malevitch, d’un Tatline, d’un Rodchenko, d’un Dziga Vertov ou d’un Eisenstein, c’est évidemment moins pour leur message qui, pour nombre d’entre eux, se voulaient propagandistes d’un avenir radieux inhérent à l’enthousiasme lyrique de la révolution d’Octobre, que par le formidable jaillissement de nouvelles formes nécessaires à l’efficacité de ce message : mais – autre leçon de l’Histoire – toujours dans l’exemple soviétique (on pourrait citer n’importe quel autre État totalitaire) – les “bureaucrates” ont tué soit physiquement soit psychiquement les “artistes”; et, cette lamentable mise au pas de leur propre avant-garde artistique par les tenants du Réalisme stalinien devrait en faire méditer plus d’un.
Cela dit, soyons clair : l’art n’est pas unidimensionnel. Si l’art “critique” a sa nécessité, il n’est pas le seul. L’art est, par définition, multiplicité, diversité, ouverture. C’est même ce qui différencie les grandes œuvres des autres. Si – aujourd’hui – vous pouvez relire Dostoïevski ou revoir Rembrandt, c’est parce qu’il y a plusieurs niveaux de lecture, plusieurs “régimes” du regard que vous percevez au fur et à mesure de votre propre expérience ; c’est parce que, bien qu’issues d’un contexte, surgies de lui, ces œuvres s’en affranchissent pour devenir nos contemporaines. D’aucuns diront : tout cela est dépassé (autre variante : du passé faisons table rase !). Nous ne leur rétorquons pas. Nous citerons Robert Storr, chef du département des peintures et sculptures du MOMA de New York et actuel directeur de la biennale de Venise : « Des confrontations sérieuses entre le travail des jeunes générations et celui toujours actif des précédentes, voilà où est l’avenir de l’art comme il l’a toujours été. » Et aussi : « Lancer des tendances, suivre la vague, voire flairer ou anticiper le goût ne m’intéressent pas beaucoup. Aujourd’hui, ce que font les artistes est tellement varié et si largement dispersé qu’il est réellement futile de se préoccuper comme jadis de “tendance artistique majeure”, ou même, pour être plus polémique, de vérité majeure. »
Il faut que l’État se méfie de sa propre tendance à l’instrumentalisation. Pour nous, outre son rôle prépondérant en matière d’infrastructures culturelles pouvant permettre de voir les artistes vivant en France (si nous ne défendons pas “nos” artistes, qui le fera ?) et en matière d’éducation artistique (nous y reviendrons dans un prochain numéro), il ne doit en aucun cas privilégier une esthétique au détriment d’une autre. Surtout, il ne doit exclure aucun médium : quels sont ceux qui – en France – ont décrété que la peinture et la sculpture étaient périmées alors qu’elles sont toujours d’actualité dans le reste du monde ? Au nom de quoi ? Au bénéfice de qui ? L’État n’a pas à faire prévaloir tel ou tel “réseau” d’influence, mais l’excellence là où elle se trouve. Il doit soutenir tous ceux qui promeuvent la diversité de l’art en France : d’une part, parce qu’à notre connaissance, il n’y a pas “d’art français”, et d’autre part, parce que comme ce fut le cas dans le foisonnement de l’entre-deux-guerres, une multitude d’artistes d’ici et d’ailleurs créent dans notre pays. Ce n’est pas seulement une réalité, c’est également une spécificité qui, si elle est mise en avant, peut – sans doute – emporter l’adhésion internationale (à ce sujet, une proposition : en complémentarité à ce qui est principalement montré depuis deux décennies dans les institutions muséales françaises, il nous semble qu’il serait judicieux d’organiser une grande exposition donnant à voir la peinture et la sculpture créée en France depuis les années soixante-dix jusqu’à nos jours…).
Encore un mot : nous ne prétendons aucunement détenir la “vérité”. Nous essayons simplement de répondre – avec nos propres moyens – au désarroi exprimé par les artistes eux-mêmes. C’est pour cela que, pour avoir une idée plus juste de la réalité de “l’état de l’art contemporain en France”, nous avons besoin de points de vue personnels (et indépendants). De ceux qui s’expriment ici et que nous remercions chaleureusement. Du vôtre – si vous le désirez – en rejoignant la rubrique Débats de notre site www.artabsolument.com. Notre souhait est que, par-delà les positions esthétiques de chacun, par-delà les inévitables (et souhaitables) divergences d’analyse, le débat ait lieu…

L’État et l’art contemporain en France
Pour ouvrir le débat, nous avons décidé d’interroger une quinzaine d’artistes et de professionnels de l’art (galeristes, collectionneurs, sociologues, institutionnels) dont nous sommes loin d’ignorer que, par-delà les effets de mode, ils ont su garder leur indépendance d’esprit.
De la différence entre un artiste et un créatif
1 | Qu’est-ce qu’un artiste pour vous aujourd’hui ? Doit-on faire un distinguo entre un créatif (dans le sens où un couturier de grand talent, par exemple, lorsqu’il présente sa nouvelle collection, la crée) et un artiste qui, certes, peut vendre ce qu’il produit, mais dont l’œuvre – l’enjeu symbolique – n’est pas directement liée à cela ? Autrement dit, doit-on faire une différence entre les “artistes” qui sont liés à une nécessité intérieure et les “créatifs” qui répondent le plus souvent à une commande extérieure ? Ou, au contraire, pensez-vous que, de nos jours, tout le monde est artiste et que de faire une distinction entre les arts majeurs et mineurs, les médiums de l’art (la peinture, la sculpture, la photographie, la vidéo, etc.), et la publicité, la mode ou le design, n’est pas pertinent ?
L’art et le public
2 | On sait que, de nos jours, aller au musée, voir de grandes expositions, s’intéresser à l’art, est devenu l’un des pôles symboliques de notre société. Nous ne pouvons certes que nous en réjouir. Cela dit, sans les clefs pour mieux percevoir l’œuvre, que se passe-t-il au juste ? Ne doit-on pas se défier de la tendance à “l’art spectacle”, au “divertissement”, au “zapping” que certaines manifestations dites grand public induisent ? Si oui, comment y remédier ? Par l’éducation artistique à l’école ? Par une plus grande place de l’art et de la culture dans les grands médias nationaux ?
L’art contemporain et l’État
3 | Quel rôle l’État doit-il jouer ? Quelle(s) réforme(s) l’État devrait-il entreprendre pour que la diversité des artistes vivant en France soit mieux représentée – à Paris, mais aussi en région, et ce, évidemment, quels que soient leur médium, leur génération ou leur origine ?
Y a-t-il un art officiel en France ?
4 | Y a-t-il le choix préférentiel d’une “esthétique” au détriment de toutes les autres par les principales institutions françaises (musées nationaux, centres d’art contemporain, FRAC, CulturesFrance, etc.) – une “esthétique” qui, au fil des ans, est devenue quasi officielle ? Si oui, laquelle ? Et pour quelles raisons ?
La place de la France ?
5 | Aujourd’hui, comme ce fut le cas dans l’entre-deux-guerres, des artistes de toutes origines résident en France. Comme on le sait, la diversité (Picasso, Brancusi, Chagall, Man Ray, etc.) a fait partie intégrante de la prépondérance de la France par rapport aux autres nations du marché de l’art. Or, aujourd’hui, les artistes de la “scène française” sont peu ou prou marginalisés. Quelles sont pour vous les priorités nécessaires pour leur reconnaissance ? Comment concevez-vous le rôle des galeries ? Des fondations ? Des collectionneurs privés ? Du mécénat ? Des foires d’art contemporain ?
Histoire de l’art
6 | Sans les cinéphiles, tout le monde ignorerait le cinéma d’auteur. Sans les lecteurs passionnés de littérature, les bons écrivains qui finissent par émerger de l’édition courante. Dans les arts plastiques, les tenants de “l’avant-garde” – en déniant toute validité au regard d’autrui (des autres artistes, des critiques, des conservateurs de musée, des collectionneurs, du premier cercle des amateurs d’art, du public éclairé, etc.) – semblent cautionner une amnésie générale de l’histoire des formes permettant la promotion de “nouveautés” déjà fort éculées. Autrement dit : l’histoire de l’art (c’est-à-dire la chronique des mouvements et des œuvres qui créent un avant et un après) continue-t-elle à se constituer malgré l’uniformisation esthétique produite par les inévitables effets de modes, ou est-elle vouée à disparaître ?
Son œuvre, qui fut l’une des premières à s’exposer dans la rue, mêle le dessin, l’affiche, la photographie et l’installation. Témoignant de combats sociaux, humanitaires et/ou poétique, elle allie l’élégance plastique à l’inscription ponctuelle dans un lieu. Incontournable. Signataire de la pétition.
« Flatter le sentiment de caste, d’être une élite d’avant-garde éclairée… Après “l’art qui interroge l’art”, ça se resserre : l’art qui ne parle qu’au milieu de l’art. »
1 | Vous avez raison de commencer par ça. Cette espèce de flou, de “tout égal”, “tout se vaut” qui s’est développé au début des années Lang est sûrement une des causes des dérives que nous connaissons aujourd’hui. C’est durant cette période – et ça n’a fait que s’aggraver – que l’on a assisté à la nomination de fonctionnaires culturels émergents qui ont instillé dans le domaine de l’art des comportements tendance venus de la communication et de la mode. Il y a quelques jours, un ami collectionneur qui venait d’acquérir un Rebeyrolle m’a raconté qu’un de ces inspecteurs de l’art lui avait dit : « Vous avez vingt ans de retard… » Ce n’est pas ce qui se porte cette année.
2 | Je doute que l’on puisse vraiment “y remédier”. Cet art que vous qualifiez “spectacle” ou “zapping” est naturellement sécrété et modelé par la marchandisation généralisée de la société. Face à ce constat – excusez-moi, j’anticipe sur la question suivante –, le rôle de l’État pourrait être d’œuvrer à rééquilibrer les choix dictés “hégémoniquement” par le marché et ses ramifications. Je pense par exemple à ce qui s’est passé pour les arts dramatiques. Si, face au théâtre privé et à sa nécessaire rentabilité, il n’y avait eu les maisons de la culture puis les centres dramatiques et les scènes nationales, des œuvres comme celles de Koltès ou de Vinaver auraient-elles pu atteindre une vraie audience ? Les propositions de Vitez, Françon, Lavaudant, Py ou Sivadier, trouver leur public ? Dans le domaine des arts plastiques, les représentants du secteur public ont servilement choisi de s’aligner sur les choix du marché international et des modes imposées qui l’accompagnent. Une anecdote récente et révélatrice pour étayer ce constat : la commission chargée de choisir les œuvres liées à l’installation du tramway à Nice a abouti à la décision d’implanter une œuvre de Jeff Koons sur la place principale de la ville. Peut-on faire un choix plus convenu, plus servilement subordonné ? Qui n’a pas son caniche ? Finalement, aux dernières nouvelles, l’œuvre était trop chère, la ville y aurait renoncé ! Pour revenir à la question, bien sûr il faut souhaiter un vrai projet de sensibilisation artistique à l’école. On y rencontre des expériences remarquables qui reposent beaucoup sur la générosité, l’enthousiasme, la culture des professeurs. Souvent, ça frise l’apostolat. Il faudrait une volonté politique, c’est-à-dire aussi des moyens. Mais la question reste le rôle, la fonction de l’art au sein de la société.
3 | À voir le bilan de quelques décennies de politique “arts plastiques”, la question n’est-elle pas plutôt : l’État (et son ministère de la Culture) doit-il jouer un rôle ? Récemment, Mme Tasca a déclaré que les arts plastiques étaient entre les mains d’une nomenklatura. Dommage qu’elle n’ait pas fait ce constat lorsqu’elle était rue de Valois ! Il s’est en effet constitué – et tous les ministres de la Culture depuis trente-cinq ans y ont contribué – un véritable quadrillage du territoire, un “normatage” à la fois bureaucratique et mondain de la création. En 1984 déjà, j’ai assisté à cette scène : un conseiller artistique disait au directeur d’une galerie municipale « Si tu ne fais pas les conceptuels Allemands, t’as plus un sou. » On peut, depuis, collecter une multitude de diktats de cet ordre.
Sans que rien dans leur parcours, leur expérience ne le justifient, des fonctionnaires décident de ce qu’est, de ce que doit être l’art d’aujourd’hui. Fonctionnaires parés de tout le confort et les sécurités que cela assure… Il leur faut paraître audacieux et subversifs ! Ce désir, conjugué à la naïve et narcissique obsession de n’avoir rien loupé, en fait des gogos prêts à avaler les plus indigentes transgressions et (en se promouvant), les promouvoir. On mesurera combien, conformisme en creux, ce fonctionnement est symétrique et, dans le fond, héritier de la bourgeoisie du XIXe siècle, refusant toute innovation. On a les Bouguereau que l’on mérite. Combien de ces expositions aux provocations convenues, qui n’avaient pour objectif implicite que les commissaires apparaissent eux-mêmes pour les créateurs. Le beurre, l’argent du beurre et…
Parce qu’il aboutit à des diktats, des radiations, des censures, qu’il porte atteinte à des principes démocratiques de base, qu’il participe de fait au rejet de l’art d’aujourd’hui et en fausse gravement l’appréhension, il est évident qu’il faut remettre en cause le pouvoir dirigiste et opaque octroyé au clergé autoproclamé de l’art contemporain. Je sais, bien sûr, que certains dans ces services ont une autre conception de leur rôle et qu’ils tentent de lutter contre ces dérives… mais la peau du pachyderme est épaisse. En même temps, on pourrait se demander si ce type de comportement, notamment cette propension à s’aligner sur les goûts (des) dominants, n’est pas comme la nature de cette fonction. Un responsable de la DAP m’a assuré récemment : « Tu sais, j’ai engagé des types qui n’étaient pas dans la ligne… Six mois après, ils faisaient les mêmes choix que les autres. » Pour limiter ces formatages que génèrent les dogmatismes bureaucratiques successifs, il serait nécessaire que les institutions œuvrent essentiellement à diversifier, à multiplier les sources de commandes, de propositions, de projets d’expositions et les sources de stimulation et de financement à tous les niveaux et dans tous les secteurs de la société (régions, communes, associations, entreprises, syndicats, comités d’entreprise). Qu’elles visent à favoriser l’éclosion du plus large éventail d’œuvres dans la plus grande diversité de formes, de technologies, de médiums. C’est-à-dire le contraire du “normatage” en cours.
4 | Une esthétique officielle exigerait des choix étayés, une pensée, des critères… C’est dire qu’on ne peut pas parler d’esthétique officielle, il s’agit plutôt de clans officiels, d’artistes officiels promus en fonction des modes et des stratégies personnelles, des plans de carrière de fonctionnaires au goût et à l’échine assez souples pour aimer ce qu’il faut aimer, quand il faut l’aimer… On pourrait répertorier un jour les passions successives de certains et leurs retournements de veste… se souvenir de ces spécialistes de l’art contemporain qui professaient que la peinture était une vieillerie dont il n’y avait plus rien à attendre et qui ont trouvé subitement génial tel peintre (méprisé la veille) dès lors qu’un collectionneur éminent – c’est-à-dire riche et influent – en avait acquis quelques œuvres. Le néo-académisme en cours (qu’est-ce que l’académisme, sinon l’art fait directement pour le musée ?) est adaptable. Il peut aller du presque rien à prétention conceptuelle au bric-à-brac étalagiste kitsch. L’objet trivial, le kitsch, la dérision sont tendance… pendants plastiques de l’idéologie “fin de l’histoire”. Ce ne sont pas des choix innocents… Il est bon aussi que les œuvres n’aient aucune résonance, aucun sens en dehors des systèmes de référence convenus, en cours dans le milieu. Flatter le sentiment de caste, d’être une élite d’avant-garde éclairée… Après “l’art qui interroge l’art”, ça se resserre : l’art qui ne parle qu’au milieu de l’art.
5 | Sachant que nos institutions sont notablement mieux dotées que celles des pays comparables, cette marginalisation dit assez l’échec de la politique menée. J’espère que d’autres répondant à cette question sauront donner le pourcentage d’artistes travaillant en France exposés au centre Pompidou…
6 | Comme pour le cinéma ou la littérature, il existe des passionnés d’art plastique, j’en ai la preuve chaque jour. L’uniformisation esthétique dont vous parlez ne concerne qu’une partie ciblée de la création, celle qui pour l’essentiel propose des œuvres fabriquées à dessein pour plaire et répondre à la demande du moment. Mais l’histoire a montré que les œuvres véritablement novatrices, exigeantes et chargées, qui ne parlent pas que d’elles-mêmes, mais de l’art, de notre temps, des hommes, de leur vie, de leur mort, sont rarement celles promues par les instances officielles de légitimation.

dans Disparition aux Cahiers de l'Égaré
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