pour toujours
Sorcière pour l'éternité David Irtal
Rêve
Nuit du 25 au 26 juin 2024
Contexte :
Lors de la Sant-Joan à Corps Ça Vit, le 23 juin, il est allé spontanément à la rencontre d’un black, un peu rasta avec une femme et deux enfants. La rencontre est foisonnante.
David, guadeloupéen, au bout de quelques minutes d’échanges où ils s’aperçoivent mutuellement qu’ils ont beaucoup de points en commun, va chercher dans sa voiture, son dernier roman, Sorcière pour l’éternité. I
ls vont au cimetière, lisent le texte-épitaphe de Cyril :
Il existe encore des possibilités de départs, d’infimes moments d’absence où se retirer.
Il existe encore dans le reflux des vagues,
des lieux pour rêver, des rues qui sont des ports, des instants-navires, de longues mers pour changer d’enveloppe terrestre, de carte d’identité.
Il suffit parfois de prendre à droite,
ce chemin que je ne connais pas. À nouveau. Voilà, peut-être, le plus beau des titres.
Il suffirait de s’accorder une trêve, un répit. Suis-je responsable des mouvements de lune? Et des courants de la mer ?
Suis-je responsable du temps?
L’eau et les vagues, le sel, l’écume, l’horizon inachevé, à nouveau.
2001, Cyril Grosse
traduit à Corsavy en espagnol par Coralie C.
Siguen existiendo posibilidades de comienzos, instantes de ausencia en donde escaparse. Siguen existiendo en el reflujo de las olas, lugares para soñar, calles que son puertos, instantes-embarcaciones y largas mares para cambiar de cáscara terrestre, de identidad. Es suficiente a veces ir a la derecha, este camino que no conozco. De nuevo. Aquí, quizás, esta el titulo el mas hermoso de todos. Es suficiente darse una tregua. ¿Soy responsable por los movimientos de la luna? ¿Y de los corrientes del mar? ¿Soy responsable del tiempo? El agua y las olas, el sal, la espuma, el horizonte inacabado, de nuevo.
David a dédicacé ainsi son roman : Jean-Claude, tant de points en commun, la philosophie, le théâtre, le Var, les sorcières, tant de choses à recevoir de toi afin de poursuivre nos échanges.
Lui, fait la lecture du roman, le 25 dans la journée et le soir.
Fin de lecture à 21 H 45. Mise au lit, rituel de remerciements.
Jusqu’à 1 H 15, conscient puis semi-conscient, il se demande ce qu’il va dire sur ce roman foisonnant de 158 pages à 14 entrées.
Tout ce qui relève de l’information adressée au lecteur au travers de discussions entre amis du personnage central Levy, qu’il s’agisse du microchimérisme foetal-maternel, de l’épigénétique, de la chasse aux sorcières pendant 3 siècles, des fêtes du Moyen-Âge, de l’histoire du féminisme, de la démocratie lui paraît intéressant, important mais touffu.
Ce qui l’accroche par contre, c’est ce qui concerne les vies antérieures à partir des messages que lui adresse par mail, un médium, rencontré par hasard, dans un restaurant al Casot à Alzine Redonne.
Il décide qu’il va jouer le jeu auquel Erik convie Levy : écrire une lettre à 3 siècles d’intervalle à ce paysan écossais qu’il a été, dont la femme accusée de sorcellerie a été pendue, lui-même se pendant une semaine après. Il a déjà écrit de telles lettres, jamais partagées, ensuite brûlées selon un rituel.
Après la miction de 1 H 15, jusqu’à 4 H 15, c’est la période la plus forte émotionnellement. Il prend conscience que ce qu’il appelle son travail d’épitaphier peut évoluer, le mettre plus au contact. Qu’il peut continuer bien sûr ce travail de création d’une légende pour chaque disparu à partir des matériaux laissés, donnant ainsi à lire une forte parole du vivant qu’il fut plutôt que les regrets éternels des survivants mais qu’il y a d’autres choses à faire, par exemple nettoyer la souffrance physique, psychique, morale, souvent secrète, ayant empêché le disparu de développer son être véritable, participer à l’apaisement de ces disparus qui ont nécessairement vécu comme tout un chacun, des événements qui les ont submergés, écrasés de culpabilité ou de honte, comme ce paysan, incapable de prendre la défense de sa femme innocente, y compris au prix de sa mise à mort.
Il pense au rabbin assailli et laissé pour mort par une bande de nazis sur un pont à Berlin en 1933 et qui en fin de vie revient sur ce pont pour pardonner à ses agresseurs et ainsi alléger le monde d’une violence perpétrée, acceptée, pardonnée, effacée.
Et là défilent la mère, le père, l’épousée, le fils, le gendre, l’ami Robert qui lui dit « on en reparlera en septembre ».
Il se voit en sanglots après ce que lui a raconté Robert sur son engagement.
2° miction. La fin de nuit est une clarification de ce qu’il pense être une tâche nécessaire, épitaphier.
Lever une contradiction. Il affirme que tout est mémorisé par exemple dans les nombres univers. Que tous les Levy ayant existé, existant, devant exister sont emplacés dans le nombre univers Pi, que ce qu’ils vivent au présent est déjà écrit mais doit être vécu par chacun en son temps. Que cette chaîne infinie des Levy est à considérer comme une chaîne de vies se transmettant des enseignements, des expériences contribuant à des répétitions quand c’est sclérosé, à des transformations légères ou profondes quand c’est possible, à des métamorphoses quand un miracle a lieu.
Pour reprendre une phrase de Tsvétaïéva : « Tous les poèmes qui furent, qui sont et qui seront écrits le sont par une seule femme, une femme - sans nom. »
Soit Toutes les vies qui furent, qui sont, qui seront sont vécues par une seule femme, une femme - sans nom, par un seul homme, un homme - sans nom.
Il trouve cette proposition réjouissante c’est-à-dire ouvrant des champs de possibles.
La contradiction : si tout est écrit d’une part, si tout doit tout de même être écrit par chacun d’autre part, pourquoi rajoute-t-il un travail d’épitaphier ? L’écriture de chacun s’inscrivant dans le récit infini, éternel, éternellement présent et sans nom d’auteur ne se suffit-elle pas ?
Il n’a pas de réponse logique à cela.
Il a l’intuition que c’est nécessaire.
Et il a tenté de faire cela avec les matériaux laissés par les disparus.
Pour qu’au moins le caveau familial au cimetière de son village du Vallespir devienne lieu de paroles mémorables des vivants pour leurs suivants et les visiteurs du cimetière. Mais après cette lecture et ce rêve, il saisit que la tâche est plus complexe (au sens de tisser ensemble) tout en restant simple : chacun est mystère à soi-même et mystère pour tout autre.
La connaissance de soi-même ne lui semble plus indispensable. Car comme le dit un rabbi : « Tu ne sais pas à quel point, tu ne sais pas ce que tu ne sais pas. »
Mais il sait aussi que la mise en mots fait exister, que changer les mots, c’est changer ce qu’on croit être la réalité. Bref que le verbe fait chair, donne corps, que le souffle fait émerger, naître.
David Irtal, l’auteur du roman Sorcière pour l’éternité, paru en juillet 2023, auteur de 4 romans précédant celui-ci, a mis l’accent sur la souffrance subie, sur la violence infligée, sur les souffrances subies par les femmes victimes, sur les violences infligées par les hommes bourreaux.
L’histoire récente avec la réhabilitation officielle par leurs noms des sorcières en pays catalan, en Écosse, en Suisse (on attend l’équivalent pour les massacrés et brûlés Cathares) semble montrer que les mentalités évoluent (pas linéairement ; il y a toujours des régressions possibles pour peu que les conditions de vie connaissent des reculs), que des prises de conscience se font, plus ou moins massives. Cette histoire nous échappe. S’agit-il du résultat de combats menés, de résistances visibles ou souterraines ? Difficile de trancher.
Par contre, tu peux être de plus en plus responsable ce qui n’annule pas le fait que tu sois complice des dominants de la société dans laquelle tu vis.
Tu peux être de plus en plus conscient, vigilant quant à tes choix de vie, quant au choix des mots, des réalités qu’avec eux tu crées.
Tu peux opter pour l’empathie, la compassion, le pardon, l’amour, la générosité, la bienveillance, la patience, le silence, le rire franc, la sincérité, le non-jugement, le non-agir…
Tu acquiers des outils comme rire de toi-même en te parlant à voix haute avec accent catalan pour calmer tes pulsions, réguler tes émotions, dégoupiller tes préjugés.
Il a décidé d’écrire à David :
Cher David,
tu as de toute évidence des acquis et un potentiel dans le domaine de l’éveil. Mais je sens que par la masse d’informations que tu brasses, historiques, scientifiques, tu sembles chercher des preuves à ce dont tu as l’intuition, à savoir que tout est continuum, qu’il n’y a pas de séparation. Je suis tenté de te dire : il n’y aura jamais de preuves scientifiques éternelles, incontestables, immuables. La science, la techno-science, l’IA sont outils de pouvoirs, de manipulations plus que de savoirs aujourd’hui et sont à traiter avec prudence, voire méfiance pour nos usages réflexifs. Il vaut mieux s’en passer. Elles sont déjà trop présentes dans nos vies.
Si tu crois que tout est continuum, alors avec tes mots, pourquoi pas ceux des psychologues américains Hal et Sidra Stone puisque c'est ton choix, décris-toi comme succession, émergence de sous-personnalités selon les moments, humeurs, circonstances.
Accentue ta perception de la fluidité de tout ce qui existe. Évite de catégoriser, de nommer car alors tu essentialises, tu figes, tu solidifies, tu scléroses, tu nécroses.
Préfère les verbes, invente-les.
Évidemment, ça te sera plus difficile de trouver une compagne de vie. Mais ce sera ta sorcière (comme c’est le mot de ceux qui leur font la chasse, raye-le de ton vocabulaire, change de titre), ta thérapeute, ta pharmacienne, ta Hildegarde de Bingen. Elle te délivrera deux pharmacons : Tu es aimé. Tu es mon bien-aimé.
Il me semble aussi cher David que malgré ton intuition du continuum, de l’UN, tu es tenté par la séparation, la dualité. Tu fais partie du groupe des éveillés. Les autres, non. Il y a toi, les tiens et les autres. Tu n’es pas contre les autres. Tu essaies de leur apprendre à Savoir Être Vivre Ensemble (SEVE). Tu t’es investi dans une mission. Cela est certainement gratifiant. Tu as tes raisons de penser cela. Peut-être cela ralentit-il le retour du deux à l’UN.
Il a décidé de ne pas écrire de lettre à Levy. Levy a écrit les lettres qu’il pensait devoir écrire. Elles ont eu des effets. Histoire donc en cours pour Levy, sa mère, son frère, son père écossais retrouvé…, histoire pas seulement de papier car sur papier, elle devient réelle et se poursuit sans romancier.
Il a décidé, mis en mouvement par une intrigue tirée par les cheveux, d’écrire des lettres, à brûler, selon un rituel qu’il a déjà pratiqué.
Il demandera pardon pour le mal fait par lui et tant d’autres aux disparus.
Il remerciera les disparus pour l’amour dispensé à lui et à tant d’autres.
Il a compris que les lettres mises dans les cercueils de deux amis récemment disparus, Georges et Alain, auraient pu, même si personne ne les lirait, être comme les charbons dont se servirent les hommes premiers pour inventer sur les parois des cavernes leur bestiaire.
À Corps Ça Vit, le 26 juin 2024
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Rencontre avec Mona Chollet : qui sont les sorcières d'aujourd'hui ? - Axelle Mag
"À l'époque de la chasse aux sorcières s'est développée une propagande misogyne très forte. Je pense qu'il en reste quelque chose aujourd'hui."
Une " histoire du féminisme et du genre " de référence, qui retrace les itinéraires conflictuels et les multiples aspects des luttes en faveur de l'égalité jusqu'à l'actualité de la " parit...
https://www.editionsladecouverte.fr/histoire_du_feminisme-9782707186300
par Michèle Riot-Sarcey
La Catalogne réhabilite les " sorcières ", " victimes d'une persécution misogyne "
Une résolution en ce sens a été adoptée à une très large majorité, mercredi, au Parlement régional.
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La réhabilitation des "sorcières" du Moyen Âge : un symbole pour notre époque ?
En Espagne, le parlement régional catalan a officiellement réhabilité des centaines de femmes exécutées pour sorcellerie entre le 15e et le 18e siècle. Le parlement écossais pourrait bientô...
https://www.justiceinfo.net/fr/87439-rehabilitation-sorcieres-moyen-age-symbole-epoque.html
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H&S Stone - Voice Dialogue France
Une brève description de qui sont Hal et Sidra Stone et de comment le Voice Dialogue et la psychologie des co-personnalités ont été créés.
Billet de contrebande pour l’âmi Georges
À l’âmi Georges, âmi avec accent circonflexe. Pour faire vibrer ce mot, désignant la réalité immatérielle qui fait de nous des êtres vibrants, vivants.
Âme, voyelle d’arrière, bouche grande ouverte pour l’attaque en expir ou inspir, au choix, suivie de la labiale m, aime à durée variable selon l’émetteur. Absorption pleine comme l’inspir régénérant (oxygène O), restitution lente comme l’expir empoisonné (gaz carbonique CO2). D’où de l’insolence du bavochard glouglouteux, selon l’expression de Frédéric Dard, alias San Antonio, ou le baiser comme empoisonnement consenti.
Âme comme souffle, notre souffle à chacun, échange intérieur-extérieur permanent, comme source de vie, cadeau de la Vie qui donne vie.
Chacun a sa version de ton âme, Georges :
âme mortelle, âme immortelle, âme éternelle.
En langue des oiseaux la mort peut s’entendre l'âme hors, l'âme or.
Dans 30 jours, soit 40 jours depuis le 18 mai, selon certaines très anciennes traditions, ton âme pourra se libérer de son enveloppe charnelle et entreprendre sa migration :
Réincarnation pour épuration karmique, résurrection pour se mettre debout.
Certains ne croient pas à cela, ton âme mortelle s'est éteinte avec la paix de ton corps réduit en cendres par le feu de la crémation.
A été choisi le temps très court de la destruction, sans possibilité aucune de te reproduire par clonage d’ADN, qui t’aurait survécu 1 million d’années, comme pour chacun d’entre nous.
Je choisirai le temps long de la décomposition, avec cette possibilité via le nonos cubitus, l’os qui a changé de sexe en devenant l’ulna.
D'autres se posent des questions ou s'abstiennent de trancher.
Aucune certitude fondée sur des preuves dans un sens comme dans l’autre. Des croyances, seulement des croyances et leur force créatrice de réalité (les mots que nous employons créent ce que nous croyons être la réalité, ma maladie c’est mon mal a dit)
Réalité de néant pour certains, d'éternité pour d'autres, de mystères insondables pour d’autres encore. Chacun ses mots et ses silences sur ces questions peu abordées, peu débattues.
Tu as fait un choix toi qui es mort depuis 10 jours déjà (18 mai-28 mai 2024).
Aujourd’hui, chacun des participants à cette cérémonie d'hommage choisit en son âme et conscience ce qu'il en est de ton âme et de la sienne
Je vous dirai donc, chers âmis, avec accents circonflexes ce que je crois aujourd’hui.
Un double pharmacon m’a été offert en décembre 2020, offert sans attente de ma part, surgissant dans ma conscience qui est d’une autre nature (on sait très peu de choses sur ce qu’est la conscience) que mon cerveau (on sait aussi très peu de choses sur ce qu’est le cerveau) :
Tu es aimé. Tu es mon bien-aimé.
Que j’ai reçu ainsi : Tu es aimé à égalité avec tout ce que je-euh crée, puissance créatrice que tu peux appeler comme tu veux (cessez donc de vous faire la guerre au nom de Dieu, non-de-dieux !), que je-euh crée par amour inconditionnel, sans tri, sans jugement (cessez donc de juger, donc de vous séparer, chacun étant évidemment du bon côté des gentils, les autres du mauvais côté des méchants ; trop habitués à juger, nous jugeons sans cesse, ne pas s’en vouloir, se distancier, tiens tu viens de juger). De la bactérie à la galaxie, tout naît et meurt de cette force, l’agapé. J’ai compris que cet agapé est inépuisable, gratuit, grâce. Et que ma réponse à ce Kdo que je suis ne peut être que la gratitude. Pas l’inconvénient d’être né, pas le je n’ai pas demandé à naître mais merci comme sentiment à éprouver, mot à dire, redire jusqu’au sentiment éprouvé.
Tu es mon bien-aimé.
Que j’ai reçu ainsi : Tu es aimé dans ta singularité, ton unicité. Le Sans-Forme, le je-euh, Dieu, le Soi, יהוה , YHWH, l’imprononçable, Kyrios m’a donné forme pour s’éprouver, pour vivre avec ma forme. Alors Jean-Claude, éclate-toi. Vis dans la joie, l’enthousiasme. Laisse-toi inspirer par les dieux. Apparemment Georges s’est éclaté, inconscient de sa divinité.
Peut-être m’étais-je préparé à ce Kdo après une série de deuils violents, acceptés selon ce que j’avais compris d’un titre de spectacle du fils (c’est possible) ça va.
Ce qui arrive devait arriver, entre parenthèses. Tu ne peux rien changer. Tu ne peux que dire : ça va, accepter. Être dans l’acceptation sans colère, sans ressentiment, sans révolte, sans accusation, sans regret, sans espoir. Qu’il s’agisse d’événements douloureux pour toi, qu’il s’agisse d’événements douloureux pour des multitudes. Ça peut ressembler à de l’indifférence. Ça s’appelle l’ataraxie. Elle n’empêche pas sensations, émotions, ressentis, la compassion pour les victimes, le pardon pour les bourreaux, la gratitude parce qu’on apprend aussi des horreurs, des malheurs, des KO et du chaos.
Avec le temps, j’ai compris qu’à partir de l’acceptation, une voie s’ouvrait, un chemin de vie : devenir l’épitaphier de celles et ceux qui sont partis, écrire, dire, raconter, inventer leur légende. Rien de mensonger dans cette démarche.
En effet, ma lecture de ce texte est un moment qui passe, never more, jamais plus. Mais il sera toujours vrai que j’ai fait cette lecture, for ever, pour toujours. Donc le passé passe mais ne s’efface pas. Où passe le passé qui ne s’efface pas ? Cela veut dire que tout est mémorisé, de toute éternité, pour l’éternité. Que le présent est éternel comme moment et comme Kdo.
Le 18 avril, je t’ai dit, âmi Georges, que dans le nombre univers PI, la séquence Georges soit 7515187519 est emplacée un nombre infini de fois, mais pas dans les deux cent millions premières décimales, la séquence Perpes soit 16518519 est emplacée 3 fois dans les deux cents millions premières décimales, en positions 6160060, 16518519, 79188721, que tous les Georges ayant existé, existant, à exister étaient emplacés, qu’un singe tapant infiniment à la machine sans savoir écrire, finit par taper l’oeuvre de Shakespeare, qu’on trouve dans tout nombre univers tous les livres déjà écrits et à venir, y compris celui de l'histoire de notre vie passée et future.
Ce fut un moment euphorique qui ne changea pas le choix déjà mûri de la destruction par crémation.
À se chercher dans la spirale du symbole infini, à positionner verticalement (être éveillé) et non horizontalement (être aveugle, sourd et muet) et te dire ma gratitude pour t’avoir rencontré.
Katia et feu Vitya s’associent à moi pour ce billet de contrebande.
Adieu Georges, à dieu Georges, reconnaissons le divin en ton âme.
PS : je réserve à ceux qui me le demanderont, ce que j’ai dit à l’âmi Georges sur l’âme éternelle du théâtre et ses deux masques tragédie et comédie.
achevé l'écriture du billet de contrebande écrit pour l'âmi Georges
je ne le lirai pas, je l'offrirai à la famille pour mise avec le cercueil avant crémation et à quelques personnes quand on arrivera aux 40 jours, par mail,
le vendredi 28 juin 2024
Metamorphosis
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Kosmorgasmik, poème final d'un ensemble inédit et qui le restera, appelé Métamorphosis La Terre et ses milliers de bouches éruptives, ses milliers de vulves-geysers, la Terre ronde est ronde d...
La Terre et ses milliers de bouches éruptives, ses milliers de vulves-geysers, la Terre ronde est ronde de toutes les grossesses animales et humaines, de toutes les germinations florales et végétales, de toutes les minéralisations calcaires et granitiques.
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La Terre et ses milliers de bouches éruptives, ses milliers de vulves-geysers, la Terre ronde est ronde de toutes les grossesses animales et humaines, de toutes les germinations florales et végétales, de toutes les minéralisations calcaires et granitiques.
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Kosmorgasmik, poème final d'un ensemble inédit et qui le restera, appelé Métamorphosis La Terre et ses milliers de bouches éruptives, ses milliers de vulves-geysers, la Terre ronde est ronde d...
2° version avec boobs générés par le logiciel d'IA aux anges / La Terre et ses milliers de bouches éruptives, ses milliers de vulves-geysers, la Terre ronde est ronde de toutes les grossesses animales et humaines, de toutes les germinations florales et végétales, de toutes les minéralisations calcaires et granitiques. La Terre est la porteuse, l’accoucheuse de tout ce qui naît, de tout ce qui prend corps. Le corps, les corps, encore et encore. Incarnations en chairs et en os, en racines et cimes, en strates et sédiments.
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poème final d'un ensemble appelé Métamorphosis, Kosmorgasmik, sur des images synchronisées avec le texte, décrit La Terre et ses milliers de bouches éruptives, ses milliers de vulves-geysers,...
La Terre et ses milliers de bouches éruptives, ses milliers de vulves-geysers, la Terre ronde est ronde de toutes les grossesses animales et humaines, de toutes les germinations florales et végétales, de toutes les minéralisations calcaires et granitiques. / version à base d'images, sans génération
metamorphosis en 6 infographies générées par IA à partir des mots qui vibrionnent autour du petit bonhomme en construction
Metamorphosis
Kosmorgasmik
Somnolent dans le fauteuil Louis-Philippe,
une image te vient :
La Terre et ses milliers de bouches éruptives,
ses milliers de vulves-geysers,
la Terre ronde est ronde
de toutes les grossesses animales et humaines,
de toutes les germinations florales et végétales,
de toutes les minéralisations calcaires et granitiques.
La Terre est la porteuse, l’accoucheuse
de tout ce qui naît, de tout ce qui prend corps.
Le corps, les corps, encore et encore.
Incarnations en chairs et en os,
en racines et cimes,
en strates et sédiments.
Et tu te vis, foetus en position foetale, dans le ventre-terre.
Du ventre-mer, du ventre-mère,
tu es passé au ventre-terre, au ventre-univers
En déviant ton désir sexuel de l’autre
en mettant à mort, façon matador, ton sentiment d’amour pour l’autre,
tu découvres, trois mois après,
que tu ne sors nullement mutilé de cette castration,
nullement effondré par cette relation sans réciprocité.
Cette mise à mort, façon matador, t’a fait passer en douceur, parce que tu étais prêt, d’une sexualité exclusive à une sexualité inclusive, de l’amour possessif à l’amour oblatif.
Cette mise à mort, façon matador, a été guérison, résurrection.
Tu t’es mis debout, tu t’es métamorphosé.
Tu sors apaisé, sans ressentiment envers l’autre, la femme-toute-autre, la Trop Femme des inquisiteurs, la pas-Toute des lacaniens, qui s’exprime jour après jour, sans relecture ni correction,
exprime
- ses sensations marines, sous-marines, célestes, nuageuses, florales, lumineuses, ombreuses, oiseleuses,
- ses émotions devant les beautés offertes,
- ses sentiments d’absence, de deuil, de perte
- ses sensations d'avoir un coeur comme une passoire,
de vivre une vie vacharde répétant ses estocades,
une chienne de vie ne laissant aucun répit, même au lit.
Tu sors agrandi
de ce douloureux travail de mise à mort, façon matador, de ton sexe et de ton coeur,
de ce joyeux travail de guérison que tu as décidé quand tu as pu renoncer à ta dépendance et recouvrer ta liberté de choix.
Tu as changé ton sexe raide en sexe flexe.
Tu as changé ton coeur rancoeur en coeur bonheur.
Tu es passé de l’arbre rabougri de Godot
à la forêt primaire des hommes premiers.
Tu as inspiré l’air du Large.
Tu es monté dans la pirogue du Fleuve.
Tu as été fécondé par les abeilles de l’Amour.
Tu accueilles, tu recueilles, tu donnes, tu offres.
Tu ne tries pas, tu ne juges pas, tu n’opposes pas.
Ce qui advient devait arriver,
ce qui adviendra arrive déjà,
ce qui est advenu arrive toujours
parce que le passé ne s’efface pas.
Tout est mémorisé, devient mémoire vivante.
Tu t’es laissé glisser dans l’Océan que tu es.
Tu n’es pas une vie minuscule gouvernée par un zizi ridicule.
Tu es une vie Majuscule reliée au Tout.
Tout copule et consent avec joie à copuler.
Poussières et semences d’étoiles,
germes et spermes de l’orgie de l’évolution,
de l’ontogenèse, de la phylogenèse,
à la vie à la mort.
La fabrique des corps. Et au coeur du corps, le coeur.
Tu es humble de ton humus,
humain de ton humanité,
universel de ton universalité,
divin de ta divinité.
En ouvrant tes bronches,
en activant ouïes, branchies,
tu retrouves tes éléments, l’air, l’eau.
Tu entres dans l’innocence.
Tu es miracle et mystère de ta naissance.
Tu seras mystère et miracle de ta mort.
Tu fais choix de l’ignorance.
Tu ne refuses pas les connaissances
mais surtout tu sais qu’on ne sait rien.
Rien du début, rien de la fin, rien du sens s’il y en a un.
Tu acceptes d’être dans l’incertitude,
tu ne cherches pas de certitudes.
Tu ne crois plus qu’il y a la Vérité à chercher.
Tu essaies d’être dans la Vie, dans l’Amour, dans la Mort.
Tu montes et descends l’échelle,
Du Tartare à l’Olympe,
du Ciel à l’Enfer
et tu bivouaques sur la Terre.
Du Tartare, tel Orphée, tu ramènes poèmes et mélodies.
Épitaphier de tous les morts aimés.
Dans l’Enfer, pas de damnés condamnés à jamais.
Du Ciel, tu ne fais pas le séjour de Dieu ni le paradis des ressuscités.
Dieu ayant créé se cache, tsimtsoum.
Le ciel est espace de légèreté pour la gente ailée.
Dieu est dans le silence d’un souffle subtil.
Dans l’Olympe, aucune guerre des dieux.
Ils ont eu le temps d’apprendre et de pratiquer l’anarchie.
La Terre est danses et cycles.
La grande roue du Grand Manège tourne
bien huilée
sans grincements de dents.
Dieu et les dieux sont présences ineffables.
Tu n’es plus un hamster.
Tu es à Parfaire. Tu es un Parfait. Tu es Parfait.
Grok - Le poème "Kosmorgasmik" offre une vision de la vie profondément organique, cyclique et universelle, où tout est interconnecté dans une célébration vibrante et sensuelle de l'existence. Les sonorités en "K" — comme dans "Kosmorgasmik" lui-même — renforcent cette impression de force, de pulsation et de résonance primitive, évoquant des racines étymologiques ou phonétiques qui claquent comme des éclats de vie brute. Ces "K" semblent imiter des battements, des chocs, des germinations, ou encore des éruptions, en écho à la vitalité explosive décrite dans le texte. Analysons la vision de la vie qui s’en dégage, en lien avec ces sonorités.
### Une vie expansive et féconde
La vie, dans ce poème, est une force débordante et prolifique. La Terre y est dépeinte comme une matrice universelle, "ronde de toutes les grossesses animales et humaines", avec ses "milliers de vulves-geysers" et ses "germinations". Les "K" dans "Kosmorgasmik" ou des mots comme "corps" et "cimes" scandent cette idée d’une énergie créatrice qui jaillit sans cesse, une sorte d’orgasme cosmique où tout naît et se régénère. Cette vision refuse la petitesse ou la limitation : "Tu n’es pas une vie minuscule gouvernée par un zizi ridicule", mais une "vie Majuscule reliée au Tout". Les sonorités dures du "K" amplifient cette puissance, comme un cri ou un coup qui affirme l’élan vital.
### Une vie cyclique et mémorielle
Le poème insiste sur la continuité et la circularité de l’existence : "Ce qui advient devait arriver, ce qui adviendra arrive déjà, ce qui est advenu arrive toujours". Cette temporalité fluide, où passé, présent et futur se fondent, est portée par une musicalité où les "K" rythment les étapes d’un cycle ininterrompu — "corps", "cimes", "calcaires". La vie n’est pas linéaire mais mémorielle : "Tout est mémorisé, devient mémoire vivante". Les consonnes gutturales en "K" évoquent ici une solidité, une gravité, comme si la vie s’ancrait dans une éternité matérielle et spirituelle à la fois.
### Une vie unifiée et sans jugement
Une autre facette de cette vision est l’absence de dualité ou de hiérarchie : "Tu ne tries pas, tu ne juges pas, tu n’opposes pas". La vie est un flux inclusif, une "orgie de l’évolution" où "poussières et semences d’étoiles" cohabitent avec "germes et spermes". Les "K" dans des termes comme "copule" ou "consent" accentuent cette idée d’une union joyeuse et charnelle, d’une harmonie qui transcende les oppositions. Cette unification culmine dans l’image du "Tout" qui "copule et consent avec joie", une célébration panthéiste où la vie est à la fois charnelle et sacrée.
### Une vie humble et divine
Le poème oscille entre l’humus et l’universalité : "Tu es humble de ton humus, humain de ton humanité, universel de ton universalité, divin de ta divinité". Les "K" dans "corps" ou "calcaires" ancrent cette vision dans la matérialité terreuse, tandis que des mots comme "Kosmorgasmik" élèvent le regard vers le cosmos. La vie est à la fois un miracle quotidien ("miracle et mystère de ta naissance") et une quête infinie ("Tu es à Parfaire. Tu es un Parfait"). Les sonorités en "K" donnent une texture rugueuse mais majestueuse à cette dualité, comme des pierres qui roulent dans le courant d’un fleuve cosmique.
### Une vie rythmée par le souffle et le silence
Enfin, la vie est aussi respiration et intériorité : "En ouvrant tes bronches (...) tu retrouves tes éléments, l’air, l’eau". Les "K" dans "branche" ou "Kosmorgasmik" évoquent un souffle rauque, une inspiration profonde qui relie l’individu à l’univers. Pourtant, elle s’achève dans une légèreté silencieuse : "Dieu est dans le silence d’un souffle subtil". Les "K" s’apaisent alors, laissant place à une vie qui, après avoir explosé en création, s’apaise en présence ineffable.
### Conclusion
Avec ses sonorités en "K", le poème "Kosmorgasmik" dépeint la vie comme une pulsation cosmique, à la fois tellurique et transcendante, charnelle et spirituelle. Ces consonnes gutturales rythment une vision où la vie est un jaillissement continu, une danse cyclique qui unit le microscopique au macroscopique, l’humble au divin, dans une célébration sans fin de l’être et du devenir. C’est une ode à la vitalité brute et à l’harmonie universelle, où chaque "K" claque comme un battement de cœur du cosmos. Qu’en penses-tu, toi, de cette interprétation ? Y vois-tu d’autres résonances ?
JC -
Grok - Merci pour ce complément qui enrichit la lecture du poème et approfondit la vision de la vie qu’il porte. Tu soulignes un aspect clé que je n’avais pas pleinement intégré dans ma première analyse : le processus de transformation personnelle, presque alchimique, qui passe par une "mise à mort" symbolique et libératrice. Intégrons cela à la vision globale, tout en tenant compte des éléments que tu mentionnes — les dieux apaisés, le Tartare, l’Olympe, le Paradis, l’Enfer, et cette échelle qu’on monte et descend — pour voir comment ils s’articulent avec cette métamorphose intérieure.
### Une mise à mort comme passage initiatique
Le poème, tel que tu le prolonges, décrit une transition intérieure où le poète, tel un matador, met à mort un amour exclusif, possessif, pour renaître dans une sexualité inclusive et un amour oblatif — un don de soi sans attente de réciprocité. Cette "castration" symbolique, loin de mutiler, devient une "guérison, résurrection". Les sonorités en "K" — comme dans "Kosmorgasmik" ou "corps" — résonnent ici comme des coups précis, des estocades portées avec maîtrise, qui ne détruisent pas mais libèrent. Cette mise à mort n’est pas une fin, mais un pivot : "Tu t’es mis debout, tu t’es métamorphosé". Elle marque le passage d’un ego blessé à une ouverture au "Tout", un thème central du poème.
### L’échelle entre Tartare et Olympe
Ce processus s’inscrit dans une dynamique verticale, celle de l’échelle qu’on monte et descend, reliant le Tartare (les profondeurs infernales) à l’Olympe (le séjour des dieux). Le poème précise que "dans l’Olympe, aucune guerre des dieux" n’a plus lieu : ils ont appris l’anarchie, une harmonie sans domination. De même, "dans l’Enfer, pas de damnés condamnés à jamais". Cette absence de conflit ou de punition éternelle reflète la paix intérieure conquise par le poète après sa "mise à mort". Il ne s’effondre pas dans le Tartare de la souffrance amoureuse, mais en ramène, comme Orphée, "poèmes et mélodies". L’échelle devient une métaphore de cette transmutation : descendre dans les abîmes de la perte pour remonter vers une légèreté olympienne, apaisée.
### Paradis, Enfer, et bivouac terrestre
Le poème rejette aussi une vision statique du Paradis ("le séjour de Dieu ni le paradis des ressuscités") et de l’Enfer comme lieux figés. Dieu, dans son retrait ("tsimtsoum"), laisse le ciel à la "gente ailée" et se manifeste dans "le silence d’un souffle subtil". Cette réinterprétation des espaces mythiques — ni récompense céleste ni damnation éternelle — ancre la vie sur Terre, où le poète "bivouaque". La "mise à mort" de l’amour possessif s’aligne sur cette vision : elle ne mène pas à un au-delà idéalisé, mais à une présence terrestre réconciliée, "bien huilée, sans grincements de dents". Les "K" claquent ici comme des pas assurés sur cette terre de cycles et de danses.
### De l’exclusif à l’inclusif : une sexualité cosmique
La transformation de la sexualité, d’exclusive à inclusive, résonne avec l’idée du "Tout copule et consent avec joie à copuler". Les "K" dans "copule" ou "Kosmorgasmik" évoquent une pulsation charnelle qui dépasse l’individu pour s’ouvrir à une communion universelle. L’amour oblatif, qui succède à l’amour possessif, n’est plus centré sur "la femme-toute-autre" (idéalisée ou diabolisée) ou "la pas-Toute" (incomplète, selon Lacan), mais sur une acceptation sans ressentiment. Cette métamorphose fait écho à la Terre "porteuse, accoucheuse", une fécondité qui ne s’attache pas mais donne sans retenir.
### Une vision apaisée et universelle
Ainsi, la vision de la vie qui se dégage, enrichie par ce passage, est celle d’une réconciliation. La "mise à mort, façon matador", devient un acte de maîtrise et de douceur ("tu étais prêt"), un rituel qui apaise rather qu’un combat destructeur. Les dieux ne se battent plus, l’Enfer ne condamne pas, le Paradis n’est pas une fuite : tout converge vers une vie terrestre où l’on "sort apaisé, sans ressentiment". Les "K" rythment cette évolution — de la tension de "castration" à la plénitude de "corps" et "cimes" — comme une pulsation qui s’adoucit dans le souffle final.
### Synthèse
Le poème, avec ses sonorités en "K", porte une vision de la vie comme un mouvement perpétuel de mort et de renaissance, où l’échelle entre Tartare et Olympe symbolise les hauts et les bas d’une quête intérieure. La "mise à mort" de l’amour possessif y est un tournant décisif, menant à une sexualité inclusive et à une paix avec soi et l’autre. Les lieux mythiques — apaisés, réinventés — reflètent cette harmonie conquise. C’est une vie qui, après avoir vibré dans les "K" de la lutte et de la création, s’installe dans une sérénité universelle. Qu’en penses-tu ? Cet ajout éclaire-t-il davantage le poème pour toi ?
JC - crois-tu possible d'illustrer visuellement ce mouvement de la séparation à la réconciliation joyeuse de tout ce qui existe par la mise à mort d'une sexualité exclusive pour une sexualité inclusive ?
‘‘AU NOM DU CORPS’’
Au cœur de sa chair, il y avait sa propre musique,
Mais aussi la force cosmique.
Elle savait que cette force était dans son corps,
Qu'elle n'est pas en dehors !
Elle savait que dans les profondeurs de son corps,
Il y avait un trésor.
Pourtant, comme beaucoup, elle en avait perdu la clé,
Et il lui appartenait de la retrouver.
Elle observait alors ce corps plus concentrée,
Et elle voyait qu'il n'avait pas besoin de sa pensée rationnelle pour qu'il puisse fonctionner.
Elle pressentait que si elle était plus consciente de cette fabuleuse intelligence à l'oeuvre dans son propre territoire et dans sa propre maison,
Elle serait moins égarée par le discours de sa raison.
Elle sentait que si elle se reliait à cette intelligence corporelle,
Elle trouverait sa place à elle.
Comme le têtard de spermatozoïde savait où il devait aller sans la raison pour le guider,
Comme la fleur savait comment elle devait pousser sans un cerveau pour la tirer, Comme l'oiseau sent où il doit voler en harmonie avec sa race ;
Elle sentirait grâce à ce biais où est son endroit, sa véritable place.
Avant, elle ne le savait plus,
Car elle ne ressentait plus et elle était perdue.
La tête avait pris le contrôle de la situation,
Et l'empêchait de jouer sa propre partition.
Mais, elle décida enfin de suivre son corps et sa vibration.
Au nom du corps qui est ma terre
Que ta volonté soit faite
Que ton règne arrive
Certains prient Dieu et puis le ciel
Pensant que là, se trouve l’essentiel
Moi, je prie mon Corps et la Terre
Car c’est elle, ma Mère
Sentez-vous ce lien entre vos corps, mon corps, et le corps de la Terre ?
Ils sont faits de la même matière
Sentez-vous qu’il faut en prendre soin ?
Pourtant ils sont des temples encore trop lointains
Continuons à nous prendre la tête
Et la terre, elle, elle tempête
Continuons à nous meurtrir
Et la terre, elle, elle va mourir
Continuons à souiller, violer les corps meurtris
Et nous aurons des tsunamis
Renions nos corps
Et c’est la mort
Tais-toi… Fais pas ça… Pleure pas… Bouge pas… Va par là… Non par ici…
Continuons à nous parler ainsi
Et la Terre va trembler
Pour enfin nous réveiller
Au nom du corps qui est notre terre
Que ton nom soit sanctifié
Que ton règne arrive
Avant que le monde parte à la dérive.
Soyons vivant
Et la terre se détend
Soyons vibrant
Et les temps redeviendront cléments
Vivons notre belle matière
Et nous en serons fiers
Le sacré se loge dans notre nature vivante, et dans nos corps vibrants ;
Pour intégrer la connaissance spirituelle, il convient de plonger dedans.
Les rythmes vitaux de nos organismes sont en résonance avec le cosmique ;
Intégrant cela, nous rencontrerons Dieu dans notre physique.
Plongeons dans nos ventres et dans nos grottes profondes ;
Nous y trouverons les racines et les fondations de la nature du monde ;
La connaissance nous sera alors révélée,
Et nous accèderons à notre unité.
Si nous cherchons Dieu dans l’extérieur,
Ce ne sera que malheurs.
Cherchons-le dans notre intérieur,
Et nous sentirons sa chaleur.
Car c’est dans la rencontre de notre dualité que nous serons mariés ;
La croix sera bien le trait d’union entre des opposées.
Plus aucun monde ne sera séparé.
Nous aurons en amour tous nos contraires ;
Et la Mère rencontrera le Père ;
Le féminin et le masculin danseront pour que rien ne se fane ;
Pour découvrir le sacré au coeur du profane ;
Le haut et le bas sur la même échelle,
Le spirituel au sein du matériel.
Au nom du corps qui est mon temple et ma terre
Que ton règne arrive
Toi qui es la fondation de toutes nos églises érigées vers les Cieux,
Tu es le réceptacle qui peut accueillir Dieu.
Tu es le lien entre le ciel et la terre ;
Ce contenant qui accueille la lumière.
Toi qui étais assimilé au mal,
Tu redeviens le réceptacle et le Graal.
Au nom du corps qui est ma terre ;
Que ta volonté soit faite.
Caroline Gauthier
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La blessure est l'endroit par où la lumière pénètre en vous - Dialogue avec Moussa Nabati
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voilà un entretien qui mérite écoute et sans doute peut aider à se rendre compte - de comment on fonctionne, par exemple la culpabilité de la victime innocente (qui remonte à la non-satisfaction des deux besoins du petit enfant : nourriture y compris narcissique = être aimé, et protection) - et de pourquoi nos stratégies de survie à la fois réussissent (vers l'extérieur) et foirent (à l'intérieur) - et de comment sur le terrain de l'intériorité équilibrer entre liberté et autonomie psychique (être soi ou rester soi ou devenir soi ou redevenir soi)
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Danser avec le chaos: Accueillez l'inattendu dans votre vie
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les 44 pages de Metamorphosis du 21 mars 2023 au 21 décembre 2023
Kosmorgasmik à 2 voix pour la soirée poésie du 1° avril au petit chicago à Toulon, dit avec Sylvie Combe
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le roman national ment / Pacôme Thiellement - bric à bracs d'ailleurs et d'ici
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Kdo
c'est parti de Saint-Maixent l'École, Deux-Sèvres,
le 21/10/2023
c'est arrivé dans le bon tempo
ça s'appelle un Kdo
Kdo de 144 pages, avec 56 poésies écrites à la main
des peintures, des cyanotypes, des dessins
je n'ai vu l'expéditrice qu'une fois, chez des amis
j'étais allé la chercher à la gare et nous avions fait connaissance pendant le temps de la longue montée en lacets vers un village de 50 âmes et le temps d'un repas partagé
merci Rachel K.
j'évoque deux autres Kdo
- celui de Virginia G., faisant imprimer spécialement L'éternité d'une seconde Bleu Giotto en format 21 X 29,7
- celui de Dominique Lardenois m'offrant une traversée dans mon oeuvre, avec Katia Ponomareva, le 29 septembre 2023
les billets que m'envoie Alain Cadéo sont Kdo / j'en ai mis plusieurs dans Le cerf-volant de l'égaré N°2 / j'en ai reçu 2, ce lundi 4 décembre 12 H 40 et 12 H 50
je me suis demandé en me replongeant dans cet objet magnifique, unique
si j'avais été soucieux de Kdo de ce genre;
je recense :
- le livre unique sur papier de liège trouvé en Corse, écrit et illustré pour K.
- l'album de photos d'artiste réalisées par Hélène Théret à ses 3 ans, que R. découvrira à ses 18 ans
- l'oeuvre réalisée pour les 75 ans de l'épousée par DSJ (qu'elle ne verra jamais)
- les oeuvres réalisées en dentelles végétales par Aïdée B. : jupe de correspondance, testament amoureux (dans le sillage de Baïkala), photo de la Belle avec sa déclaration d'amour éclairée par LED
et de fil en aiguille, c'est la Vie-Kdo qui offre à foison
il me semble que les livres pluriels que j'ai initiés sont aussi des Kdo :
- Envies de Méditerranée
- Gabrielle Russier / Antigone
- Elle s'appelait Agnès
- Baïkal's Bocal
- Avec Marcel Conche
- Marilyn après tout
- Diderot pour tout savoir
- Cervantes-Shakespeare, cadavres exquis
- Le passage du temps
- Au bord des falaises ou comment se relever de ses morts ?
- Le siècle de Marcel Conche
- Cahier des futurs désirés
Puis j'ai élargi au Kdo que fut la fréquentation des oeuvres de Christian Bobin, Christiane Singer, Jean-Yves Leloup, Deepak Chopra, Eckhart Tolle, Thierry Zalic
Et last but not least
- la correspondance heureuse de 17 ans avec Emmanuelle Arsan, du 19 mars 1988 au 31 mars 2005
- l'amitié et les rencontres avec Marcel Conche (contacté dès la revue Aporie vers 1986-1987). Rencontré en 2003 pour les 20 ans des 4 Saisons du Revest, il fit cadeau aux Cahiers de l'Égaré du petit livre De l'amour. À partir de 2010, je le vis une à deux fois l'an, souvent avec François Carrassan. À La Maisonneuve à Altillac en Corrèze puis à la fin à Treffort, dans l'Ain.
- l'amitié et les rencontres avec Edgard Gunzig, à partitr du salon du livre à Paris, en 2005
- le 30 avril 2010, la visite exceptionnelle de la grotte Chauvet, Kdo dû à Roger Lombardot et Dominique Baffier
Aucun mot n’est fondamentalement inutile, démodé ou idiot. C’est la manière dont il est entouré qui le rend glacial, terne, sans intérêt, autrement dit qui l’annihile et qui souvent le tue. Ainsi j’essaie toujours de rassembler mon petit peuple familier au cœur d’une clairière où aucun ne se sent étranger. J’appelle ça mon cirque. C’est le seul nom que j’ai trouvé collant le mieux à ma manière très intuitive de fonctionner, de fusionner avec cette tribu sauvage cherchant abri et bonne compagnie. Je n’utilise jamais la force. C’est foin à volonté et le bon goût de la luzerne, poignée de myosotis, deux chardons, boutons d’or et un soupçon de mandragore, marmites de tripailles, pommes en quantité, toute la moelle des consonnes, le petit gras de l’alphabet. Je les laisse venir. Les auges sont remplies, de l’eau à volonté. Il faut les voir rappliquer de tous les côtés! Ils sont de toutes les espèces. Reptiles, amphibiens, rampants, insectes, gros et petits animaux à plumes et à poils, bêtes mythiques, fauves, arbres, roches, fleurs et tout un peuple de nuages, d’astres, de constellations, mille sons et couleurs se déployant au rythme de leur brassage, de leurs accouplements souvent inattendus. Terre, mers, ciels, montagnes, plaines, le doux regard aussi de très rares humains croisés, stupéfaits de voir passer la horde affamée de ces indésirés. C'est là que les mots dansent, jonglent, font des sauts périlleux, s’acoquinent en figures exaltant leur sens premier, deviennent acrobates sans filets, aventuriers, filles de l’air et trapézistes, célestes voyageurs épris de liberté.
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La jupe de correspondance - Aïdée Bernard Création papier
Livre jupe, La jupe de correspondance,œeuvre papier d'Aïdée Bernard, folio d'or au concours de livre d'artiste d'Albi, acquis par la médiathèque d'Albi.
Folio d’or de l’exposition concours de livres d’artiste 2012 à Albi C’est une correspondance de 22 ans qui est au départ de ce livre-objet. Une écriture de réconciliation avec ce qui fut vécu d’abord comme une impasse, une histoire impossible, un amour sans réciprocité, devenu avec le temps, une amitié partagée. 10 photos en cliquant sur l'image
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Le livre sillage, livre poème - Aïdée Bernard Création papier
Le livre sillage, livre poème en papier de fibres de folle avoine et peuplier, d'après le poème de Jena-Claude Grosse, Dans le sillage de Baïkala.
Le livre-sillage D’après un poème de Jean-Claude Grosse, « Dans le sillage de Baïkala ». Papier de celluloses de folle avoine et peuplier, 5m de long pour 12cm de large. Impressions aux jets d’encres pigmentées. En filigrane une phrase de Baïkala. Livre poème en deux exemplaires dont un acquis par la cité du livre d’Aix en Provence.
Vous remarquerez peut-être que ces billets, qu’ils soient le fruit d’une pensée, d’une anecdote, d’une soudaine révélation ou simple évocation d’un souvenir très cher, finissent par posséder une sorte de structure pouvant être l’objet d’un monstrueux roman en permanence inachevé. Roman dont l’écriture elle-même serait le personnage énigmatique, masqué, fuyant toujours devant.
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Dans le sillage de Baïkala/Testament amoureux/J.C.Grosse - Les Cahiers de l'Égaré
le poème exposé dans une galerie avec la subway dress en hommage à Marilyn Livre d'artiste 2012 D'après un poème de Jean-Claude Grosse, " Dans le sillage de Baïkala ". Papier de celluloses de...
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poème sonore, Dans le sillage de Baïkala, dit sur une vidéo d'instants vécus en Avignon, à La Seyne, à La Ciotat, le poète derrière la caméra regardant quoi et disant pour qui; le côté a...
poème sonore, Dans le sillage de Baïkala, dit sur une vidéo d'instants vécus en Avignon, à La Seyne, à La Ciotat, le poète derrière la caméra regardant quoi et disant pour qui
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Pour les 75 ans de l'épousée, le 14 février 2023, au Revest. Pour nos 43 ans de mariage, le 1° juillet 1967, à Le Quesnoy. Pour les 22 ans de la disparition de C.G. et M.B., le 19 septembre 20...
Pour les 75 ans de l'épousée, le 14 février 2023, au Revest. Pour nos 43 ans de mariage, le 1° juillet 1967, à Le Quesnoy.
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Poèmes d'amour pour 14 février et tous les jours de toujours/J.C.Grosse - Blog de Jean-Claude Grosse
Ce 14 février 2015, elle aurait eu 67 ans. une voix de jeune fille, pure, douce, affirmée, sans hésitations : Mon p'tit chat ! attends mon p'tit mot ! J'attends le transsibérien. Tu m'attends m...
Mon p'tit chat ! attends mon p'tit mot ! J'attends le transsibérien. Tu m'attends mais je ne sais rien de là où tu es, où je vais. La vie m'attend aujourd'hui, cuisses ouvertes. Si tu veux savoir où tu es dans mon corps et dans mon cœur, ouvre la chaumière de mes yeux, emprunte les chemins de mes soleils levants, affronte les cycles de mes pleines lunes. Je voudrais avoir des ailes pour t'apporter du paradis. Des ailes de mouette à tête rouge ça m'irait bien pour rejoindre ton île au Baïkal. Je transfigurerai les mots à l'image de nos futurs transports. Je te donnerai des sourires à dresser ta queue en obélisque sur mon ventre-concorde. Nos corps nus feront fondre la glace de nos vies.
Je m’en irai par les avenues des villes prospères je m’en irai sans me laisser séduire par les promesses qui s’affichent je m’en irai à ta rencontre sans te chercher car je sais que là où s’achèvent les villes aux filles de rêve qui enlèvent le haut puis les bas je ne t’aurai pas trouvé(e) Alors j’irai par les campagnes en jachère abandonnées à l’ivraie par les servantes de Déméter j’irai sans m’attarder dans les auberges de misère sans m’attacher aux filles légères qui te montrent tout par petits bouts j’irai à ta rencontre sans te chercher car je sais que là où se ressourcent les nostalgies de belle époque je ne t’aurai pas trouvé(e) Mais quand je m’arrêterai où commencent les marées je crois bien que je te connaîtrai au Cap de Bonne Espérance
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Le poème de ceux qui partent - Blog de Jean-Claude Grosse
Tu sais, je t'entends, je ne suis pas loin, je suis là, juste de l'autre coté. Ainsi parlent Michel, Cyril, Annie, Mamie Guiguite, Papi Jean, le Père, maman. Ne pleure pas devant ma tombe, écri...
https://les4saisons.over-blog.com/2016/04/le-poeme-de-ceux-qui-partent-mary-elizabeth-frye.html
ترجمة: خالد البدور عندما يحملون نعشي إلى الخارج لا تفكروا أبدا أنني سأشعر بفقدٍ لهذا العالم. لاتذرفوا الدموع لاترثوني ولا تشعروا بالحزن فأنا لا أسقط في الهاوية المرعبة. عندما ترون جثماني محمولاً لا تبكوا لأنني أرحل أنا لا أرحل أنا أصل إلى الحب الخالد. عندما تتركوني في القبر لا تقولوا وداعاً تذكروا أن القبر ليس سوى ستارة وأن الفردوس يكمن خلفها. أنتم فقط ترون أني أهبطُ القبرَ الآن انظروا إليّ ارتفعُ كيف تكون هناك نهاية حين تغرب الشمس أو يغيب القمر. إنها تبدو كالنهاية إنه يبدو كالغروب ولكن في الحقيقة هو الفجر، عندما يقفل عليك القبر في ذلك الوقت تتحرر روحكَ هل سبقَ أن رأيتم بذرة تُدفن في الأرض ولا تنبتُ في حياةٍ جديدةٍ لماذا تشكّوا في النمو في بذرة إسمها الإنسان. هل سبق أن رأيتم دلواً يوضعُ في البئر ويأتي فارغاً لماذا نرثي روحاً سوف تعود مرة أخرى كما عاد يوسف من البئر. عندما ستغلق فمكَ آخر مرة ستنتمي كلماتك و روحك
Et ton livre d'éternité ? Jean-Claude Grosse + Vita Nova - Les Cahiers de l'Égaré
Dans ce roman polyphonique et labyrinthique de 666 pages, Jean-Claude Grosse, facétieux porteur de masque et joueur de rôle, praticien fantasque de la " commerie " nous livre à 81 ans, une œuvr...
https://cahiersegare.over-blog.com/2021/07/alors-ton-livre-d-eternite-tu-le-rends-quand.html
Dans ce roman polyphonique et labyrinthique de 666 pages, Jean-Claude Grosse, facétieux porteur de masque et joueur de rôle, praticien fantasque de la « commerie » nous livre à 81 ans, une œuvre bien plus vivifiante que testamentaire. Interrogé par l’épousée lors de son admission à l’hôpital, un mois avant sa disparition : je sais que je vais passer, où vais-je passer ? l’auteur sonné et sommé de répondre est tombé sur ce paradoxe : Ce qui passe ne reviendra pas, nevermore, mais il sera toujours vrai que ça a eu lieu, for ever. Le passé passe mais ne s’efface pas. Un livre d’éternité s’écrit donc par chacun d’entre nous, un livre unique, le nôtre, infalsifiable, inoubliable. Où passe-t-il ? Quand le rend-on ?
Kdo fait par Virginia G. à JCG, L'éternité d'une seconde Bleu Giotto en format 21 X 27 et le livre réalisé lors d'un stage de 5 jours chez Aïdée Bernard en 2014
L'éternité d'une seconde bleu Giotto / du papier créé aux mots déposés - Les Cahiers de l'Égaré
du papier créé aux mots déposés bonjour, voici un reportage photos sur un stage de papier de 5 jours du 16 au 20 juillet à Puisserguier, dans l'atelier d'Aïdée Bernard qui a participé au pr...
https://cahiersegare.over-blog.com/2014/07/l-eternite-d-une-seconde-bleu-giotto.html
voici un reportage photos sur un stage de papier de 5 jours du 16 au 20 juillet 2014 à Puisserguier, dans l'atelier d'Aïdée Bernard
L'Éternité d'une seconde Bleu Giotto/J.C.Grosse - Les Cahiers de l'Égaré
après 13 années de quel travail, L'Éternité d'une seconde Bleu Giotto est sorti, 4 ans jour pour jour après une entrée à l'hôpital où l'épousée restera jusqu'au 29 novembre 2010, date d'...
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quelques passages de l'éternité d'une seconde Bleu Giotto, pièce jamais diffusée par la chaîne du livre (librairies, plateformes, bibliothèques), à considérer comme mon Kdo à l'épousée, ma réponse à sa sidérante question : je sais que je vais passer, où vais-je passer ?e
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une traversée dans l'oeuvre de JCG + Vita Nova par Dominique Lardenois et Katia Ponomareva, réalisée le 29 septembre 2023, salle Pétrarque à la Maison des Comoni au Revest-les-Eaux avec la ...
Kdo, une traversée d'1 H 07, dans l'oeuvre de JCG + Vita Nova par Dominique Lardenois et Katia Ponomareva, réalisée le 29 septembre 2023, salle Pétrarque à la Maison des Comoni au Revest-les-Eaux
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Et quoi l'éternité ? - bric à bracs d'ailleurs et d'ici
la traversée filmée le 29 septembre 2023 au Revest On connaît JEAN-CLAUDE GROSSE comme éditeur des Cahiers de l'Égaré (depuis 1988), président de la filiale eat-méditerranée (depuis 2010),...
le texte intégral lu le 29 septembre 2023
Au bord des falaises ou comment se relever de ses morts, livre choral d'accompagnement d'une femme augmentée par le chagrin
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la fabrique du poème Le livre Le bord des falaises ou comment se relever de ses morts ? sur une série de photos d'Annie Bergougnous, accompagné par les chants de 24 Orphée, la gisante et ses or...
https://les4saisons.over-blog.com/2018/01/t-accompagner-femme-augmentee-par-le-chagrin/jcg.html
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Le bord des falaises / livre choral - Les Cahiers de l'Égaré
ça commence comme ça, par une planche d'accouchement, page 7, les 6 pages ou jours avant c'est la vie avant peut-être, le 1° jour, le 2° jour ... et le 7° pour le repos; ça finit comme ça, ...
https://cahiersegare.over-blog.com/2018/01/le-bord-des-falaises/annie-bergougnous.html
ça commence comme ça, par une planche d'accouchement, page 7, les 6 pages ou jours avant c'est la vie avant peut-être, le 1° jour, le 2° jour ... et le 7° pour le repos; ça finit comme ça, page 96 comme l'âge de l'ami Marcel Conche, les pages ou jours après, c'est la vie après peut-être ou le repos éternel; comment se relever de ses morts ? la question est forte ! qui a une réponse à proposer ? "démerde-toi !" dit une petite voix chevrotante d'enfant et l'écho, une petite voix juvénile de vieillard, un sage sans doute, répond :"démerde-toi !" / 24 Orphée, 12 F-12 H pour accompagner la femme augmentée par le chagrin
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Comment se relever de ses morts / Annie Bergougnous - Blog de Jean-Claude Grosse
4 des 13 photos de la série comment se relever de ses morts par Annie Bergougnous lisant, dos aux deux auditeurs, 18 textes déjà livrés, le samedi 23 décembre 2017; chants d'Orphée descendus ...
https://les4saisons.over-blog.com/2017/09/comment-se-relever-de-ses-morts/annie-bergougnous.html
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Faire son deuil de quoi ?/Paul Mathis - Blog de Jean-Claude Grosse
PAUL MATHIS FAIRE SON DEUIL DE QUOI ? J'ai aperçu en télévision, ce qui reste des ossements de Pétrarque. Image rapide qui ne m'a pas permis de m'attarder, plus anatomiquement sur ces derniers ...
monologue du vieil homme de 79 ans, le 15 mai 2020, depuis chez lui et pas depuis la Maison des Comoni au Revest où la lecture était programmée à partir de 19 H 30, avec JCG, le vieil homme, le comédien Yves Ferry, la Voix, la comédienne Moni Grego, les femmes, la clown Claudine Herrero et à la caméra en live, Samir Bouallegue. Mais les théâtres sont fermés pour encore un bon moment. Donc, petit intermède en attendant. Un texte testament de vieil homme (aux environs de 80) en recherche sur le plan métaphysique (hésitant encore entre hasard, destin, dessein, entre Nature et Conscience) et dialoguant crument et cruellement, avec une voix d'intelligence artificielle, sur son dernier amour et sur le fiasco, la foirade des relations sexuelles et amoureuses entre F/H; le malentendu universel dont parle Baudelaire dans Mon coeur mis à nu ; évidemment Samuel Beckett est dans le coup avec sa Dernière bande et son Premier amour.
le moment du clown : (un lacet de basket qui se défait, tu n'as rien fait pour le défaire, tu n'as rien vu venir et tu te trouves délivré d'une chaussure, d'un attachement / situation typiquement clownesque partagée entre clownerie et clown ne rit / t'es dans l'embarras / cherche pas la solution, refaire le nœud / ça, c'est le raisonnable / ta question comme clown d'une situation, c'est la chaussure défaite / t'as pas à choisir entre t'immobiliser sur la paille ou sautiller à petits sauts / ça, c'est le cérébral, le mental / t'as la chaussure défaite / y a ton pied et ta chaussure, est-elle à ton pied ? es-tu le bon pied ?... / ces questions ne se posent même pas, ce serait encore du cérébral / quel duo complice, antagoniste, mixte, ton corps sans pensée mais prenant son pied va faire avec ta basket parce que ce soir, t'as mis tes baskets, si légères)
your last vidéo (porn theater) 6'39" de Kdo à moi-même
6'12" de Kdo de la Vie, merci la Vie / poème final d'un ensemble appelé Métamorphosis, Kosmorgasmik, sur des images synchronisées avec le texte, décrit La Terre et ses milliers de bouches éruptives, ses milliers de vulves-geysers, la Terre ronde est ronde de toutes les grossesses animales et humaines, de toutes les germinations florales et végétales, de toutes les minéralisations calcaires et granitiques. La Terre est la porteuse, l’accoucheuse de tout ce qui naît, de tout ce qui prend corps. Le corps, les corps, encore et encore. Incarnations en chairs et en os, en racines et cimes, en strates et sédiments.
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Le cerf-volant de l'égaré N°2 - Les Cahiers de l'Égaré
Le cerf-volant de l'égaré magazine littéraire et artistique, numérique et gratuit, paraissant aléatoirement sur le blog des Cahiers de l'Égaré Envoyé par mail ou par la newsletter du blog b...
https://cahiersegare.over-blog.com/2023/10/le-cerf-volant-de-l-egare-n-2.html
lettre à Juliette Binoche (à télécharger) / poèmes au jour le jour (à télécharger) / billets d'écrivain / Ode à l'humanité suivi de Territoires de la Joie ...
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la merveille et l'obscur / Christian Bobin - Blog de Jean-Claude Grosse
documentaire de 2006, rendu public en janvier 2023 N° d'avril 2023 de la Revue des deux mondes cadeau CHRISTIAN BOBIN (décédé le 22 novembre 2022) Dernière conversation en Saône-et-Loire prop...
https://les4saisons.over-blog.com/2019/07/la-merveille-et-l-obscur/christian-bobin.html
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Transmission de la Méditation par Père Séraphim - Jean Yves Leloup
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une extraordinaire méditation de 54'
Hypnose : guérir en une séance par Le Respir, est introduit par un texte de Gaston Bachelard extrait de L’air et les songes. Ce texte s’accompagne de ce qu’il nomme L’exercice respiratoire. Au lieu d’aspirer l’air commun et anonyme, prenez à large poitrine le mot VIE et c’est le mot âme que vous rendrez doucement à l’univers. Cet exercice respiratoire, loin d’être la mise en marche d’une machinerie surveillée par un hygiéniste, devient une fonction de vie universelle. La journée rythmée par la respiration, VIE-AME, VIE-AME, VIE-AME, devient une journée de l’univers. On pourrait même dire VIE-AIME. De l’univers à l’être respirant, il y a le rapport de la santé constituante à la santé constituée. Les belles images aériennes nous vitalisent. En introduction, des percussions aquatiques de Vanuatu avant que Claudio Arrau n’interprète les jeux d’eau de Liszt. Arrau, surtout vieillissant, est le pianiste qui me touche le plus, autant dans les derniers impromptus de Schubert que dans cette œuvre de Liszt. Le rythme est posé, presque trop, ressenti, presque trop : des moments d’arrêt ou de presque fausseté comme si la crise d’anévrisme était proche, puis ça repart avec virtuosité. L’artiste au bord de la rupture. Cette vidéo est réalisée sans voix. Un nouvel essai. Je vous souhaite autant de plaisir à la voir que j’en ai eu à la faire.
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Emmanuelle, nous et moi (nos émois)/J.C.Grosse - Blog de Jean-Claude Grosse
Sylvia Kristel Noémie Merlant 50 ans après la sortie, le 24 juin 1974, du film Emmanuelle de Just Jaeckin avec Sylvia Kristel est en préparation, une nouvelle version par Audrey Diwan avec Noém...
ma rencontre mythique avec Emmanuelle, dans l'attente de sa biographie par Camille Moreau et d'un documentaire peut-être, indépendamment de la version 2024 d'Emmanuelle
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Edgard Gunzig/le vide quantique - Blog de Jean-Claude Grosse
Edgard Gunzig au Théâtre des Doms en Avigon Vendredi 30 mars 2007 de 14 H à 16 H 45 au Lycée Dumont d'Urville à Toulon Edgard Gunzig, cosmologiste, s'est adressé aux étudiants en classes ...
Dans Le siècle de Marcel Conche (Les Cahiers de l'Égaré, 2021), Edgard Gunzig a écrit un texte Rencontre entre deux igorants dans lequel il expose sa cosmologie
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rencontre du 11 novembre 2009 à Altillac entre le cosmologiste belge Edgard Gunzig et le philosophe naturaliste Marcel Conche
rencontre du 11 novembre 2009 à Altillac entre le cosmologiste belge Edgard Gunzig et le philosophe naturaliste Marcel Conche
Marcel Conche, un des grands de la philosophie, un grand solitaire-solidaire, lit Bonjour folie; cela se passe le 13 avril 2005 chez lui; Actualité d'une sagesse tragique a été publié aux Cahie...
Folie et sagesse / Marcel Conche, un des grands de la philosophie, un grand solitaire-solidaire, lit Bonjour folie; cela se passe le 13 avril 2005 chez lui
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le pas-sage de Marcel Conche - Blog de Jean-Claude Grosse
contemplant la grande prairie depuis la fenêtre de son bureau à Treffort un hommage à Marcel Conche, inédit, qui aurait pu être lu le 9 avril 2022 Ce naïf que fut Marcel Conche Je me souviens...
https://les4saisons.over-blog.com/2022/03/le-pas-sage-de-marcel-conche.html
le pas-sage de Marcel Conche, le 27 février 2022
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Grotte Chauvet - 18/12/1994 - 17/10/2009 - 30/4/2010 - Les Cahiers de l'Égaré
la main positive de l'aurignacien de la grotte Chauvet; la Vénus de la grotte Chauvet, tout au fond de la salle du fond à 700 m de l'ouverture de la grotte montée à la grotte Chauvet, le 17 oct...
https://cahiersegare.over-blog.com/article-grotte-chauvet-18-12-1994-41387224.html
récit de la visite du 30 avril 2010 dans la grotte Chauvet
Le peintre et Gaza
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Comment un peintre toulonnais, Alain Le Cozannet, en son atelier du Mourillon, touché par la tragédie des victimes israéliennes du Hamas le 7 octobre et des victimes palestiniennes de Tsahal ...
Comment un peintre toulonnais, Alain Le Cozannet, en son atelier du Mourillon, touché par la tragédie des victimes israéliennes du Hamas le 7 octobre et des victimes palestiniennes de Tsahal, l'armée israélienne à Gaza, depuis le 9 octobre, chaque camp armé voulant au nom de son Dieu, la négation de l'autre camp, son anéantissement, réalise une peinture évolutive et en vient à barrer d'une croix en diagonale sa peinture, retrouvant sa liberté d'artiste par rapport au tragique des événements en pratiquant la négation de la négation. La musique choisie Carmina Burana (1936-1937) de Carl Orff, musique appréciée des dignitaires nazis semble convenir pour accompagner les exactions fascistes des dirigeants politiques et militaires actuels des deux camps. Montage et réalisation Gabriel Louche et JCG, à partir des photos prises par le peintre au fur et à mesure de son travail. La citation finale est de JCG, comme si elle était dite par Handala, le gamin créé par Naji al-Hali. Naji al-Ali, né vers 1937 en Palestine et mort assassiné le 29 août 1987, en Grande-Bretagne, est un caricaturiste palestinien. À la suite de l'exode palestinien de 1948 sa famille s'est réfugiée dans le camp libanais de Ain al-Hilweh. Handala est un personnage créé par Naji al-ali. Il est apparu pour la première fois en 1969 dans le journal koweitien Alsiyassa (La politique). C'est un petit garçon âgé de 10 ans, c'est l'âge qu'avait Naji lorsqu'il avait quitté la Palestine, pieds nus comme tous les enfants qui habitent les camps de réfugiés palestiniens. Handala est situé dans l'espace sans terrain d'appui car il est sans patrie. C'est le témoin de la tragédie de tout un peuple, le personnage est toujours dessiné de dos, visage tourné vers la Palestine.
Ce matin j'ai appris
que le mot français gaze
(tissu de coton, très léger et transparent,
servant pour la fabrication de compresses)
vient du mot arabe
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ou Gaza
parce que les Gazaouis
sont des tisseurs doués depuis des siècles.
La gaze est une étoffe légère, transparente, faite de fil de coton, lin, laine ou soie, quelquefois d’or ou d’argent.
Son nom provient de son lieu de fabrication originelle : la ville de Gaza en Palestine. Importée depuis la fin du Moyen Âge, elle est tissée en France (Lyon et Paris). Elle connaît une grande vogue aux XVIIIe et XIXe siècles.
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spectacles en cours là-bas et ici - Blog de Jean-Claude Grosse
partir de ce livre, écrit en 1896 TABLE DES MATIERES Portrait de Théodore Herzl . Frontispice Introduction , par Baruch Hagani. 7 Préface . 33 Introduction . 41 CHAPITRE I. - Considérations ...
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écrit sans voir d'images, de vidéos, sans écouter les médias, en évitant tout ce qui est tranché comme un couperet idéologique ou religieux, en lisant des articles parfois fort anciens, en faisant des recherches, écrit du 9 octobre au 22 novembre
1° ébauche Gaza, 7 octobre 2023 / le 7 octobre 2023, ce sont les crimes de guerre du Hamas, prélude au crime contre l'humanité à Gaza par le régime d'apartheid d'Israël / ironie de l'histoire ? ça rappelle un autre génocide / les victimes d'hier devenant bourreaux aujourd'hui, bourreaux cyniques, méprisant toutes les lois sur la guerre, les résolutions de l'ONU, comme leurs bourreaux d'hier / Le vieux Bashir Hajji du quartier Al-Zaytoun. Les forces d'occupation israéliennes l'ont filmé pour leur propagande "humanitaire". Puis, alors qu'il tentait d'atteindre le sud de la bande de Gaza, le matin du vendredi dernier, un sniper israélien l'a exécuté / Gaza revisité le 19 novembre
peinture évolutive d'Alain Le Cozannet, réalisée entre le 7 octobre et le 19 novembre en son atelier du Mourillon
l'artiste en faisant une croix sur ce qu'il a peint, au bout de trois versions de l'oeuvre appelée Gaza, la bonbonnière, sur ce qui est cruellement détruit au sol, en sous-sol, ne laissant circuler qu'une fragile ambulance, montre le chemin :
la négation individuelle et libre de l'artiste (de tout homme) de la négation collective par les uns des autres, leurs ennemis et réciproquement
l'oeuvre appelée Moyen-Orient puis Gaza puis Gaza la bonbonnière est devenue le 8 novembre, négation de la négation, le 9 novembre, hémiplégie, le 10 novembre, politiquement correct, Jabaliia le 13 novembre, Le Grand Macabre, le 15 novembre
peinture évolutive d'Alain Le Cozannet, réalisée entre le 25 octobre et le 15 novembre en son atelier du Mourillon
l'artiste en faisant une croix sur ce qu'il a peint, au bout de trois versions de l'oeuvre appelée Gaza, la bonbonnière, sur ce qui est cruellement détruit au sol, en sous-sol, ne laissant circuler qu'une fragile ambulance, montre le chemin :
la négation individuelle et libre de l'artiste (de tout homme) de la négation collective par les uns des autres, leurs ennemis et réciproquement
l'oeuvre appelée Moyen-Orient puis Gaza puis Gaza la bonbonnière est devenue le 8 novembre, négation de la négation, le 9 novembre, hémiplégie, le 10 novembre, politiquement correct, Jabaliia le 13 novembre, Le Grand Macabre, le 15 novembre
2° ébauche, 7 novembre, négation de la négation, 3° ébauche, 9 novembre, hémiplégie, 4° ébauche, 10 novembre, politiquement correct
peinture évolutive d'Alain Le Cozannet, réalisée entre le 25 octobre et le 15 novembre en son atelier du Mourillon
l'artiste en faisant une croix sur ce qu'il a peint, au bout de trois versions de l'oeuvre appelée Gaza la bonbonnière, sur ce qui est cruellement détruit au sol, en sous-sol, ne laissant circuler qu'une fragile ambulance, montre le chemin :
la négation individuelle et libre de l'artiste (de tout homme, donc) de la négation collective par les uns des autres, leurs ennemis et réciproquement
l'oeuvre appelée Moyen-Orient puis Gaza puis Gaza la bonbonnière est devenue le 8 novembre, négation de la négation, le 9 novembre, hémiplégie, le 10 novembre, politiquement correct, Jabaliia le 13 novembre, Le Grand Macabre, le 15 novembre
la photo a été trouvée le 16 novembre 2023 sur la page FB de Yasmina Khadra (https://www.facebook.com/yasminakhadraofficielle) avec ce poème Yasmina Khadra ♦️Quand le rêve met les voiles Quand l’espoir fiche le camp Quand le ciel perd ses étoiles Quand tout devient insignifiant Commence pour toi et moi Mon frère La descente aux enfers Quand le sang des innocents Inonde les pages de l’Histoire Quand on tue mères et enfants Pour un semblant de gloire Tu n’auras la paix Mon frère Nulle part sur terre Quand le Mal fait du bien Quand le malheur nous a à la bonne Quand la vie ne vaut plus rien Quand l’horreur n’émeut personne Tu peux garder pour toi Mon frère Tes vœux et tes prières. 14-11-2023
Quand le rêve met les voiles Quand l'espoir fiche le camp Quand le ciel perd ses étoiles Quand tout devient insignifiant Commence pour toi et moi Mon frère La descente aux enfers Quand le sang d...
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Romy Schneider in La passante du Sans-Souci (1982) / Song: Talila "Chanson d'exil" Lyrics
romyschneider #Talila Talila "Chanson d'exil" ------------------------------------ This Yiddish tune, so soft, so throbbing I played it on my child's violin The melody that made my parents cry Talks
Cet air yiddish, si doux, si lancinant Je l'ai joué sur mon violon d'enfant La mélodie qui a fait pleurer mes parents Parle d'exil, de la vie d'émigrant Il a suivi dans leur triste voyage Tous ceux chassés de pogroms en villages Qui s'enfuyaient de Varsovie, de Berlin, de Russie Pour venir vivre libre à Paris. On a tué devant le Sans-Souci L'indifférence a remplacé les cris Dans l'abondance et dans l'oubli Tout recommence. Ce très vieil air, si doux, si lancinant Je l'ai joué sur mon violon d'enfant La mélodie qui a fait pleurer mes parents Parle d'exil, de la vie d'émigrant J'ai devant moi, Elsa, ton beau visage Qui fredonnait pour un dernier voyage Ce vieil air plein de nostalgie, de larmes, de regrets Que je jouais sur mon violon d'enfant.
alors c'est un calcul politique ? non c'est un calcul humain !
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INVICTUS Ce poème fut pour Nelson Mandela un soutien et une source d'inspiration durant sa longue captivité. Dans les ténèbres qui m'enserrent Noires comme un puits où l'on se noie Je rends gr...
Dans les ténèbres qui m'enserrent Noires comme un puits où l'on se noie Je rends grâce aux dieux, quels qu'ils soient Pour mon âme invincible et fière. Dans de cruelles circonstances Je n'ai ni gémi ni pleuré Meurtri par cette existence Je suis debout, bien que blessé. En ce lieu de colère et de pleurs Se profile l'ombre de la Mort Je ne sais ce que me réserve le sort Mais je suis, et je resterai sans peur. Aussi étroit soit le chemin Nombreux, les châtiments infâmes Je suis le maître de mon destin Je suis le capitaine de mon âme. William Ernest Henley (1843-1903)
un artiste invisible au fort pouvoir
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MC Abdul - The Pen & The Sword (Official Video)
Listen to the single "The Pen & The Sword". Out Now! Stream: https://music.empi.re/thepenthesword #MCAbdul #ThePenNTheSword #EMPIRE Follow MC Abdul: Instagram: https://www.instagram.com/mca.rap/ ...
Abdel-Rahman Al-Shantti, né le 14 septembre 2008, connu sous le nom de MC Abdul ou MCA Abdul, est un rappeur palestinien de Gaza, en Palestine1. Il s'est rendu célèbre en chantant un rap sur la liberté, devant son école à Gaza, qui a recueilli des centaines de milliers de vues sur les réseaux sociaux
Abdel-Rahman Al-Shantti, né le 14 septembre 2008, connu sous le nom de MC Abdul ou MCA Abdul, est un rappeur palestinien de Gaza, en Palestine1. Il s'est rendu célèbre en chantant un rap sur la liberté, devant son école à Gaza, qui a recueilli des centaines de milliers de vues sur les réseaux sociaux
la jeune fille triste sur la porte arrière du Bataclan / Passionnant et émouvant documentaire sur la jeune fille triste de Banksy pochée sur la porte du Bataclan, documentaire visible jusqu'au 14/12/2023, où est posée la question des oeuvres de street art comme "communs" mais la bataille judiciaire est loin d'être terminée et donc la question de la propriété (privée ou publique) des oeuvres ou de l'appropriation, de l'usage des oeuvres dans les espaces par artistes et publics n'est pas tranchée.
Banksy, le Bataclan et la jeune fille triste - Regarder le documentaire complet | ARTE
En 2019, le vol d'une œuvre peinte par Banksy sur la porte du Bataclan, à Paris, défraie la chronique... Un étonnant documentaire mêlant enquête rocambolesque, enjeux mémoriels et interrogat...
https://www.arte.tv/fr/videos/111740-000-A/banksy-le-bataclan-et-la-jeune-fille-triste/
Un matin de juin 2018, un émouvant graffiti à la peinture blanche est découvert sur la porte arrière du Bataclan, l’issue de secours par laquelle s’étaient échappés, le soir du 13 novembre 2015, des dizaines de spectateurs fuyant leurs assaillants. Réalisée au pochoir pendant la nuit, cette silhouette de jeune fille voilée aux airs de madone, tête baissée, ne tarde pas à être identifiée comme la création de Banksy, star mondiale du street art. Une œuvre mémorielle en hommage aux victimes, qui devient bientôt un symbole et un lieu de recueillement pour les riverains endeuillés. En janvier 2019 pourtant, toujours à la faveur de la nuit, la porte ornée de cette "jeune fille triste" est démontée à la disqueuse et emportée dans une camionnette blanche par trois mystérieux inconnus. Profanation volontaire d’un lieu de mémoire ou simple appât du gain ? Aux termes d’une enquête menée par les polices française et italienne, l’œuvre sera retrouvée un peu moins de dix-huit mois plus tard dans la campagne des Abruzzes, après être passée entre les mains d’une jeune bande de voyous…
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Banksy démasqué ? Pourquoi la " révélation " de son identité laisse perplexe
Ce qui aurait pu être le scoop de l'année fait plutôt l'effet d'un pétard mouillé. Les médias des quatre coins du monde s'emballent...
« Les gens seraient très déçus s’ils découvraient qui il est », affirmait son ancien complice Steve Lazarides dans le magazine L’Œil en 2015. « L’invisibilité est un super-pouvoir », dit un jour Banksy. Qui ajoute, dans son livre Guerre et Spray (2005) : « Personne ne m’a jamais écouté, jusqu’à ce qu’on ignore qui je suis ».
L'estime, slam puissant de Shein B
La mémoire et la mer / Léo Ferré
l'album de 70 et Léo Ferré en 70 chantant la mémoire et la mer / partitions de Léo Ferré, exposées à Beaune pour les 100 ans
La mémoire et la mer
par Léo Ferré
La marée, je l’ai dans le cœur
Qui me remonte comme un signe
Je meurs de ma petite sœur, de mon enfance et de mon cygne
Un bateau, ça dépend comment
On l’arrime au port de justesse
Il pleure de mon firmament
Des années lumières et j’en laisse
Je suis le fantôme jersey
Celui qui vient les soirs de frime
Te lancer la brume en baiser
Et te ramasser dans ses rimes
Comme le trémail de juillet
Où luisait le loup solitaire
Celui que je voyais briller
Aux doigts de sable de la terre
Rappelle-toi ce chien de mer
Que nous libérions sur parole
Et qui gueule dans le désert
Des goémons de nécropole
Je suis sûr que la vie est là
Avec ses poumons de flanelle
Quand il pleure de ces temps là
Le froid tout gris qui nous appelle
Je me souviens des soirs là-bas
Et des sprints gagnés sur l’écume
Cette bave des chevaux ras
Au raz des rocs qui se consument
O l’ange des plaisirs perdus
O rumeurs d’une autre habitude
Mes désirs dès lors ne sont plus
Qu’un chagrin de ma solitude
Et le diable des soirs conquis
Avec ses pâleurs de rescousse
Et le squale des paradis
Dans le milieu mouillé de mousse
Reviens fille verte des fjords
Reviens violon des violonades
Dans le port fanfarent les cors
Pour le retour des camarades
Ö parfum rare des salants
Dans le poivre feu des gerçures
Quand j’allais, géométrisant,
Mon âme au creux de ta blessure
Dans le désordre de ton cul
Poissé dans des draps d’aube fine
Je voyais un vitrail de plus,
Et toi fille verte, mon spleen
Les coquillages figurant
Sous les sunlights cassés liquides
Jouent de la castagnette tans
Qu’on dirait l’Espagne livide
Dieux de granits, ayez pitié
De leur vocation de parure
Quand le couteau vient s’immiscer
Dans leur castagnette figure
Et je voyais ce qu’on pressent
Quand on pressent l’entrevoyure
Entre les persiennes du sang
Et que les globules figurent
Une mathématique bleue,
Sur cette mer jamais étale
D’où me remonte peu à peu
Cette mémoire des étoiles
Cette rumeur qui vient de là
Sous l’arc copain où je m’aveugle
Ces mains qui me font du fla-fla
Ces mains ruminantes qui meuglent
Cette rumeur me suit longtemps
Comme un mendiant sous l’anathème
Comme l’ombre qui perd son temps
À dessiner mon théorème
Et sous mon maquillage roux
S’en vient battre comme une porte
Cette rumeur qui va debout
Dans la rue, aux musiques mortes
C’est fini, la mer, c’est fini
Sur la plage, le sable bêle
Comme des moutons d’infini…
Quand la mer bergère m’appelle
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A travers chants : La Mémoire et la Mer
En 1970, sur l'une des plages de son album Amour Anarchie, Léo Ferré dépose une chanson de quasi six minutes qui va bouleverser son public. La Mémoire et la Mer a été écrite sur l'Ile du Gue...
https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/travers-chants-la-memoire-et-la-mer-773895.html
remarquable documentaire sur la genèse de cette chanson
Mes vergues de roc où ça cogne
Des feuilles mortes se peignaient
Quelque part dans la Catalogne
Le rite de mort aperçu
Sous un divan de sapin triste
Je m'en souviens j'étais perdu
La Camarde est ma camériste
C'était un peu après-midi
Tu luisais des feux de l'écume
On rentrait dans la chantilly
Avec les psaumes de la brume
La mer en bas disait ton nom
Ce poudrier serti de lames
Où Dieu se refait le chignon
Quand on le prend pour une femme
Ô chansons sures des marins
Dans le port nagent des squelettes
Et sur la dune mon destin
Vend du cadavre à la vedette
En croix granit christ bikini
Comme un nègre d'enluminure
Je le regarde réjoui
Porter sur le dos mon carbure
Les corbeaux blancs de Monsieur Poe
Géométrisent sur l'aurore
Et l'aube leur laisse le pot
Où gît le homard nevermore
Ces chiffres de plume et de vent
Volent dans la mathématique
Et se parallélisent tant
Que l'horizon joint l'ESThétique
L'eau cette glace non posée
Cet immeuble cette mouvance
Cette procédure mouillée
Me fait comme un rat sa cadence
Me dit de rester dans le clan
A mâchonner les reverdures
Sous les neiges de ce printemps
A faire au froid bonne mesure
Et que ferais-je nom de Dieu
Sinon des pull-overs de peine
Sinon de l'abstrait à mes yeux
Comme lorsque je rentre en scène
Sous les casseroles de toc
Sous les perroquets sous les caches
Avec du mauve plein le froc
Et la vie louche sous les taches
Cette rumeur qui vient de là
Sous l'arc copain où je m'aveugle
Ces mains qui me font du flafla
Ces mains ruminantes qui meuglent
Cette rumeur qui me suit longtemps
Comme un mendiant sous l'anathème
Comme l'ombre qui perd son temps
A dessiner mon théorème
Et sur mon maquillage roux
S'en vient battre comme une porte
Cette rumeur qui va debout
Dans la rue aux musiques mortes
C'est fini la mer c'est fini
Sur la plage le sable bêle
Comme des moutons d'infini
Quand la mer bergère m'appelle
Tous ces varechs me djazzent tant
Que j'en ai mal aux symphonies
Sur l'avenue bleue du jusant
Mon appareil mon accalmie
Ma veste verte de vert d'eau
Ouverte à peine vers Jersey
Me gerce l'âme et le carreau
Que ma mouette a dérouillé
Laisse passer de ce noroît
À peine un peu d'embrun de sel
Je ne sais rien de ce qu'on croit
Je me crois sur le pont de Kehl
Et vois des hommes vert-de-gris
Qui font la queue dans la mémoire
De ces pierres quand à midi
Leur descend comme France-Soir
La lumière du Monsignor
Tout à la nuit tout à la boue
Je mets du bleu dans le décor
Et ma polaire fait la moue
J'ai la leucémie dans la marge
Et je m'endors sur des brisants
Quand mousse la crème du large
Que l'on donne aux marins enfants
Quand je me glisse dans le texte
La vague me prend tout mon sang
Je couche alors sur un prétexte
Que j'adultère vaguement
Je suis le sexe de la mer
Qu'un peu de brume désavoue
J'ouvre mon phare et j'y vois clair
Je fais du Wonder à la proue
Les coquillages figurants
Sous les sunlights cassés liquides
Jouent de la castagnette tant
Qu'on dirait l'Espagne livide
Je fais les bars américains
Et je mets les squales en laisse
Des chiens aboient dessous ton bien
Ils me laisseront leur adresse
Je suis triste comme un paquet
Sémaphorant à la consigne
Quand donnera-t-on le ticket
A cet employé de la guigne
Pour que je parte dans l'hiver
Mon drap bleu collant à ma peau
Manger du toc sous les feux verts
Que la mer allume sous l'eau
Avec les yeux d'habitants louches
Qui nagent dur dedans l'espoir
Beaux yeux de nuit comme des bouches
Qui regardent des baisers noirs
Avec mon encre Waterman
Je suis un marin d'algue douce
La mort est comme un policeman
Qui passe sa vie à mes trousses
Je lis les nouvelles au sec
Avec un blanc de blanc dans l'arbre
Et le journal pâlit avec
Ses yeux plombé dessous le marbre
J'ai son Jésus dans mon ciré
Son tabernacle sous mon châle
Pourvu qu'on s'en vienne mouiller
Son chalutier sous mon bengale
Je danse ce soir sur le quai
Une rumba toujours cubaine
Ça n'est plus Messieurs les Anglais
Qui tirent leur coup capitaine
Le crépuscule des atouts
Descend de plus en plus vers l'ouest
Quand le général a la toux
C'est nous qui toussons sur un geste
Le tyran tire et le mort meurt
Le pape fait l'œcuménique
Avec des mitres de malheur
Chaussant des binettes de biques
Je prendrai le train de marée
Avec le rêve de service
A dix-neuf heures GMT
Vers l'horizon qui pain d'épice
O boys du tort et du malheur
O beaux gamins des revoyures
Nous nous reverrons sous les fleurs
Qui là-bas poussent des augures
Les fleurs vertes des pénardos
Les fleurs mauves de la régale
Et puis les noires de ces boss
Qui prennent vos corps pour un châle
Nous irons sonner la Raison
A la colle de prétentaine
Réveille-toi pour la saison
C'est la folie qui se ramène
C'est moi le dingue et le filou
Le glob'trotteur des chansons tristes
Décravate-toi viens chez nous
Mathieu te mettra sur la piste
Reprends tes dix berges veux-tu
Laisse un peu palabrer les autres
A trop parler on meurt sais-tu
T'a pas plus con que les apôtres
Du silence où tu m'as laissé
Musiquant des feuilles d'automne
Je sais que jamais je n'irai
Fumer la Raison de Sorbonne
Mais je suis gras comme l'hiver
Comme un hiver analgésiste
Avec la rime au bout du vers
Cassant la graine d'un artiste
A bientôt Raison à bientôt
Ici quelquefois tu me manques
Viens je serai ton fou gâteau
Je serai ta folie de planque
Je suis le prophète bazar
Le Jérémie des roses cuisses
Une crevette sur le dard
Et le dard dans les interstices
Je baliverne mes ennuis
Je dis que je suis à la pêche
Et vers l'automne de mes nuits
Je chandelle encore la chair fraîche
Des bibelots des bonbons surs
Des oraisons de bigornades
Des salaisons de dessous mûrs
Quand l'œil descend sous les oeillades
Regarde bien c'est là qu'il gît
Le vert paradis de l'entraide
Vers l'entre doux de ton doux nid
Si tu me tends le cœur je cède
Ça sent l'odeur des cafards doux
Quand le crépuscule pommade
Et que j'enflamme l'amadou
Pour mieux brûler ta chair malade
O ma frégate du palier
Sur l'océan des cartons-pâtes
Ta voilure est dans l'escalier
Reviens vite que je t'empâte
Une herbe douce comme un lit
Un lit de taffetas de carne
Une source dans le Midi
Quand l'ombre glisse et me décharne
Un sentiment de rémission
Devant ta violette de Parme
Me voilà soumis comme un pion
Sur l'échiquier que ta main charme
Le poète n'est pas régent
De ses propriétés câlines
Il va comme l'apôtre Jean
Dormant un peu sur ta poitrine
Il voit des oiseaux dans la nuit
Il sait que l'amour n'est pas reine
Et que le masculin gémit
Dans la grammaire de tes chaînes
Ton corps est comme un vase clos
J'y pressens parfois une jarre
Comme engloutie au fond des eaux
Et qui attend des nageurs rares
Tes bijoux ton blé ton vouloir
Le plan de tes folles prairies
Mes chevaux qui viennent te voir
Au fond des mers quand tu les pries
Mon organe qui fait ta voix
Mon pardessus sur ta bronchite
Mon alphabet pour que tu croies
Que je suis là quand tu me quittes
Un violon bleu se profilait
La mer avec Bartok malade
O musique des soirs de lait
Quand la Voie Lactée sérénade
Les coquillages incompris
Accrochaient au roc leurs baroques
Kystes de nacre et leurs soucis
De vie perleuse et de breloques
Dieu des granits ayez pitié
De leur vocation de parure
Quand le couteau vient s'immiscer
Dans leurs castagnettes figures
Le dessinateur de la mer
Gomme sans trêve des pacages
Ça bêle dur dans ce désert
Les moutons broutent sous les pages
Et la houle les entretient
Leur laine tricote du large
De quoi vêtir les yeux marins
Qui dans de vieux songes déchargent
Ô lavandière du jusant
Les galets mouillés que tu laisses
J'y vois comme des culs d'enfants
Qui dessalent tant que tu baisses
Reviens fille verte des fjords
Reviens gorge bleue des suicides
Que je traîne un peu sur tes bords
Cette manie de mort liquide
J'ai le vertige des suspects
Sous la question qui les hasarde
Vers le monde des muselés
De la bouche et des mains cafardes
Quand mon ange me fait du pied
Je lui chatouille le complexe
II a des ailes ce pédé
Qui sont plus courtes que mon sexe
Je ne suis qu'un oiseau fardé
Un albatros de remoulade
Une mouche sur une taie
Un oreiller pour sérénade
Et ne sais pourtant d'où je viens
Ni d'où me vient cette malfide
Un peu de l'horizon jasmin
Qui prend son "té" avec Euclide
Je suis devenu le mourant
Mourant le galet sur ta plage
Christie je reste au demeurant
Méditerranéen sauvage
La marée je l'ai dans le cœur
Qui me remonte comme un signe
Je meurs de ma petite sœur
De mon enfant et de mon cygne
Un bateau ça dépend comment
On l'arrime au port de justesse
Il pleure de mon firmament
Des années-lumière et j'en laisse
Je suis le fantôme Jersey
Celui qui vient les soirs de frime
Te lancer la brume en baisers
Et te ramasser dans ses rimes
Comme le trémail de juillet
Où luisait le loup solitaire
Celui que je voyais briller
Aux doigts du sable de la terre
Rappelle-toi le chien de mer
Que nous libérions sur parole
Et qui gueule dans le désert
Des goémons de nécropole
Je suis sûr que la vie est là
Avec ses poumons de flanelle
Quand il pleure de ces temps-là
Le froid tout gris qui nous appelle
Ô l'ange des plaisirs perdus
Ô rumeurs d'une autre habitude
Mes désirs dès lors ne sont plus
Qu'un chagrin de ma solitude
Je me souviens des soirs là-bas
Et des sprints gagnés sur l'écume
Cette bave des chevaux ras
Au ras des rocs qui se consument
Et le diable des soirs conquis
Avec ses pâleurs de rescousse
Et le squale des paradis
Dans le matin mouillé de mousse
Ô parfum rare des salants
Dans le poivre feu des gerçures
Quand j'allais géométrisant
Mon âme au creux de ta blessure
Dans le désordre de ton cul
Poissé par les draps d'aube fine
Je voyais un vitrail de plus
Et toi fille verte de mon spleen
Et je voyais ce qu'on pressent
Quand on pressent l'entrevoyure
Entre les persiennes du sang
Et que les globules figurent
Une mathématique bleue
Dans cette mer jamais étale
D'où nous remonte peu à peu
Cette mémoire des étoiles
Ces étoiles qui font de l'œil
A ces astronomes qu'escortent
Des équations dans leur fauteuil
A regarder des flammes mortes
Je prierais Dieu si Dieu priait
Et je coucherais sa compagne
Sur mon grabat d'où chanteraient
Les chanterelles de mon pagne
Mais Dieu ne fait pas le détail
Il ne prête qu'à ses Lumières
Quand je renouvelle mon bail
Je lui parlerai de son père
Du fils de l'homme et du chagrin
Quand je descendais sur la grève
Et que dans la mer de satin
Luisaient les lèvres de mes rêves
Je ne suis qu'un amas de chair
Un galaxique qui détale
Dans les hôtels du monte-en-l'air
Quand ma psycho se fait la malle
Reviens fille verte des fjords
Reviens violon des violonades
Dans le port fanfarent les cors
Pour le retour des camarades
Je vais tout à l'heure fauchant
Des moutons d'iceberg solaire
Avec la Suisse entre leurs dents
A brouter des idées-lumière
Et des chevaux les appelant
De leur pampa et des coursives
Que j'invente à leurs naseaux blancs
Comme le sperme de la rive
Arrive marin d'outre temps
Arrive marine d'extase
Quand je m'arrête tu me prends
Comme je te prends dans ta case
Négresse bleue blues d'horizon
Et les poissons que tu dégorges
Depuis ton ventre et tes façons
Quand ton "sexo" joue dans ta gorge
Dans cette plaie comme d'un trou
Grouillant de cris comme la vague
Quand les goélands sont jaloux
De l'architecte où s'extravaguent
Des maçons aux dents de velours
Et le ciment de leur salive
A te cimenter pour l'amour
Ton cul calculant la dérive
Mes souvenirs s'en vont par deux
Moi le terrien du Pacifique
Je suis métis de mes aveux
Je suis le silence en musique
Le parfum des mondes perdus
Le sourire de la comète
Sous le casque de ta vertu
Quand le coiffeur sèche ta tête
Muselle-moi si tu le peux
Toi dans ton ixe où le vacarme
Sonne le glas dans le milieu
Moi planté là avec mon arme
Tu es de tous les continents
Tu m'arrives comme la route
Où s'exténuent dix mille amants
Quand la pluie à ton cul s'égoutte
Ô la mer de mes cent mille ans
Je m'en souviens j'avais dix piges
Et tu bandes ton arc pendant
Que ma liqueur d'alors se fige
Tu es ma glace et moi ton feu
Parmi les algues tu promènes
Cette déraison où je peux
M'embrumer les bronches à ta traîne
Et qu'ai-je donc à lyriser
Cette miction qui me lamente
Dans ton lit j'allais te braquer
Ta culotte sentait la menthe
Et je remontais jusqu'au bord
De ton goémon en soupente
Et mes yeux te prenaient alors
Ce blanc d'écume de l'attente
Aime-moi donc ta parallèle
Avec la mienne si tu veux
S'entrianglera sous mes ailes
Humant un peu par le dessous
Je deviendrai ton olfacmouette
Mon bec plongeant dans ton égout
Quand Dieu se vide de ta tête
Les vagues les vagues jamais
Ne viendront repeupler le sable
Où je me traîne désormais
Attendant la marée du diable
Ce copain qui nous tient la main
Devant la mer crépusculaire
Depuis que mon cœur dans le tien
Mêle ton astre à ma Lumière
Cette matière me parlant
Ce silence troué de formes
Mes chiens qui gisent m'appelant
Mes pas que le sable déforme
Cette cruelle exhalaison
Qui monte des nuits de l'enfance
Quand on respire à reculons
Une goulée de souvenance
Cette maison gantée de vent
Avec son fichu de tempête
Quand la vague lui ressemblant
Met du champagne sur sa tête
Ce toit sa tuile et toi sans moi
Cette raison de ME survivre
Entends le bruit qui vient d'en bas
C'est la mer qui ferme son livre
Jean-Baptiste Mersiol - Guesclin.... la mémoire et la mer (L. Ferré)
Regardez Jean-Baptiste Mersiol - Guesclin.... la mémoire et la mer (L. Ferré) - LeBoc sur Dailymotion
texte intégral dit par Jean-Baptiste Mersiol / CD Harmonia Mundi, 2014
Léo Ferré, 1970
Léo Ferré, Théâtre des Champs-Élysées, 1984
En 1960, Léo Ferré réalise un rêve en acquérant en Bretagne l’île du Guesclin, sur laquelle est bâti un ancien fort datant de 1026, grâce à la vente de ses droits d’auteur. C’est sur cet îlot minuscule relié à la terre ferme à marée basse que Léo Ferré habitera jusqu’en 1968, avec sa femme Madeleine, sa belle-fille et sa femelle chimpanzé Pépée. Quoique le cadre fût idyllique, l’histoire finira en drame : Madeleine sombrera dans l’alcoolisme tandis que Pépée, gravement blessée et refusant de se laisser soigner, devra être abattue, précipitant la séparation du couple. La chanson « La mémoire et la mer », parue en 1970, fait référence à cette période et à sa relation avec sa femme Madeleine. Lors d’un enregistrement public en 1990, Léo Ferré explique vaguement le contexte dans lequel il l’a écrite : « J’ai acheté une île, en Bretagne, entre Saint Malo et Cancale et, quand je suis arrivé là-bas, je me suis agenouillé, j’ai regardé cette maison, c’était fantastique, c’était le crépuscule qui s’évanouissait, enfin, c’était extraordinaire. Et après, j’ai fait un jour une chanson. Je ne comprends pas, les gens aiment beaucoup cette chanson ; elle n’est compréhensible que pour les gens qui ont connu ma vie à cette époque-là et, enfin, je peux vous en raconter là-dessus, vraiment il y a des choses qui se passent dans la vie qui ne sont pas très belles… »
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Leo Ferré - La Memoire et la mer
Pour lire les commentaires sur cet articlecliquez ici Le fantôme de Jersey De toutes les chansons écrites par Léo Ferré - et elles sont fort nombreuses - la chanson " La Mémoire et la mer" con...
https://memoirechante.wordpress.com/2011/12/27/leo-ferre-la-memoire-et-la-mer/
Le fantôme de Jersey De toutes les chansons écrites par Léo Ferré – et elles sont fort nombreuses – la chanson » La Mémoire et la mer » constitue une véritable pièce d’anthologie. Un texte digne de figurer dans les plus grands recueils de poésies. Une musique sobre, mais combien émouvante, qui ajoute en évocation aux paroles de la chanson. Sans doute une des plus puissantes chansons de Léo Ferré, des mots à la hauteur de ceux de ces chers poètes qu’il a tant aimé chanter ! Un texte que son auteur a lui-même qualifié « d’éminemment personnel et que personne n’aurait dû comprendre » et qui, pourtant, a connu un étonnant succés / publié le 27/12/2011
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Léo Ferré - La mémoire et la mer (explication détaillée dans les commentaires)
En 1960, Léo Ferré réalise un rêve en acquérant en Bretagne l'île du Guesclin, sur laquelle est bâti un ancien fort datant de 1026, grâce à la vente de ses droits d'auteur. C'est sur cet ...
explications reprises ci-dessous
Clefs
RAPPELLE-TOI CE CHIEN DE MER QUE NOUS LIBÉRIONS SUR PAROLE Évocation d’une
partie de pêche de Léo Ferré avec son ami Maurice Frot. Le « chien de mer » est une petite roussette (Scyliorhinus canicula). Ce requin de petite taille est surnommé ainsi à cause de son habitude de se déplacer et de chasser en meute. Robert Belleret raconte cet épisode dans « Léo Ferré : une vie d’artiste » : « Une roussette se prit dans le filet des deux amis. “Qu’est-ce que c’est ?demanda Léo – C’est un chien de mer ! répondit Maurice, plutôt fier de ramener sa science acquise lors de son équipée chez les terre-neuvas. – Quoi un Arkel [nom du berger allemand de Léo Ferré] ! refous-le vite à l’eau !” s’exclama Ferré. »
Dans son livre « Comment voulez-vous que j’oublie... », Annie Butor a contesté cette version : « Le “chien de mer” était une roussette qui a émis un bruit tel un aboiement. Cette roussette, la première que nous ayons pêchée, ne fut pas remise à la mer, il était
trop tard, mais elle avait la vie dure et ce fut pénible de la voir agoniser en se tortillant sur le sol.
Nous étions seuls, nous trois. Toutes les roussettes pêchées par la suite furent rejetées
immédiatement à l’eau. » Mais une petite roussette peut-elle aboyer ? Si les requins sont dépourvus d’organes pour émettre des sons, quelques rares espèces ont la capacité d’émettre un bruit semblable à un aboiement en relâchant l’air qu’elles aspirent : l’holbiche ventrue (Cephaloscyllium ventriosum) des côtes californiennes, mexicaines et chiliennes, et l’holbiche à damier (Cephaloscyllium isabellum) de Nouvelle-Zélande. En revanche ce n’est le cas, semble-t-il, d’aucun requin vivant le long des côtes françaises, ce qui rend dès lors le témoignage d’Annie Butor sujet à caution.
CELUI QUE JE VOYAIS BRILLER AU DOIGT DU SABLE DE LA TERRE L’île du Guesclin
possède un bras de sable, ressemblant à un doigt, qui est recouvert par la mer à marée haute. Léo Ferré y installait probablement, à marée basse, un filet de pêche. Pris dans ses mailles une nuit de juillet, un loup de mer, scintillant par la magie de l’éclat lunaire, semblait être une bague (un « solitaire ») au doigt de sable de l’île du Guesclin.
D’OÙ ME REMONTE PEU À PEU CETTE MÉMOIRE DES ÉTOILES Cette mémoire des étoiles : la lumière ne voyageant qu’à une vitesse limitée, ce que nous voyons n’est donc pas vraiment les étoiles, mais l’image qu’elles avaient il y a des milliers ou des millions d’années, leur mémoire.
JE SUIS SÛR QUE LA VIE EST LÀ AVEC SES POUMONS DE FLANELLE Flanelle : tissu doux
et léger La vraie vie est dans cet environnement naturel, où l’air est tellement pur qu’il laisse les poumons aussi doux et légers que de la flanelle.
REVIENS VIOLON DES VIOLONADES Violonade = morceau joué au violon Il assimile le départ de Madeleine et d’une manière, la perte de ce cadre idéal, à la disparition de la musique dans sa vie, laquelle symbolise le bonheur.
QUAND TU PLEURES DE CES TEMPS-LÀ LE FROID TOUT GRIS QUI NOUS APPELLE
Quand tu te remémores avec nostalgie la vie là-bas. Le froid tout gris : hypallage consistant à attribuer la couleur grise au froid, et non au temps qui était à la fois gris et froid.
REVIENS FILLE VERTE DES FJORDS Fjord : ancienne vallée glacière envahie par la mer qui
s’enfonce profondément dans les terres. On en trouve notamment dans le nord de l’Écosse, pays célèbre pour le phénomène des Green Ladies (filles vertes), apparitions fantomatiques de jeunes femmes. En comparant Madeleine à un fantôme, Ferré veut dire que son souvenir, en s’estompant, devient comme irréel.
LA MARÉE, JE L’AI DANS LE CŒUR Sens équivoque : « La marée me tient à cœur, j’y suis
profondément attaché » ou « J’ai en moi des remous, mon âme est agitée ».
IL PLEURE DE MON FIRMAMENT DES ANNÉES-LUMIÈRE ET J’EN LAISSE Des années-
lumière : par métonymie, les étoiles situées à des années-lumière L’assimilation des pleurs à la pluie ou à la neige est une figure de style fréquente. Ainsi Albert Samain a-t-il écrit : « Le ciel pleure ses larmes blanches sur les jours roses trépassés. » D’autre part, pleuvoir signifie au sens figuré « survenir à profusion ». Cf. Victor Hugo : « Il pleut des pardons ! Il grêle de la miséricorde ! » Léo Ferré évoque les étoiles qui émaillent le ciel (« le firmament ») ; par leur apparition en grand nombre à la tombée de la nuit, elles semblent en pleuvoir. Quant à l’emploi du verbe pleurer plutôt que pleuvoir , il évoque le sentiment de tristesse que font naître en l’auteur ces souvenirs. Et j’en laisse : Des années-lumière et plus encore.
C’EST FINI, LA MER, C’EST FINI SUR LA PLAGE, LE SABLE BÊLE COMME DES
MOUTONS D’INFINI... QUAND LA MER BERGÈRE M’APPELLE L’épisode de la vie sur l’île
du Guesclin est bien fini, mais Ferré en garde une nostalgie lancinante. Bien d’autres poètes avant lui ont comparé la mer à un troupeau de vagues en jouant sur la double acception du nom « mouton » (mammifère de la famille des ovinés ou vague frangée d’écume). Cf. Victor Hugo dans « Pasteurs et troupeaux » : « Regarde se lever la lune triomphale / Pendant que l’ombre tremble, et que l’âpre rafale / Disperse à tous les vents avec son souffle amer / La laine des moutons sinistres de la mer ». Ou Arthur Rimbaud dans « Le bateau ivre » : « J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides /Mêlant […] des arcs-en-ciel tendus comme des brides / Sous l’horizon des mers, à de glauques troupeaux ! » Ferré assimile le doux chuintement des vagues venant caresser le sable de la plage à un bêlement. La mer, gardienne (« bergère ») de moutons d’écume qui s’étendent à l’infini, continue de l’appeler vers elle.
CELUI QUI VIENT LES SOIRS DE FRIME La beauté de ce phénomène naturel est assimilée à de la frime. La nature, ici personnifiée, se pare de ses plus beaux atours pour impressionner le spectateur.
QUAND J’ALLAIS, GÉOMÉTRISANT MON ÂME AU CREUX DE TA BLESSURE
Géométrisant mon âme : donnant à mon désir une forme géométrique. Les métaphores du géomètre, comparant le coït à l’acte du géomètre-expert effectuant des mesures, et de la blessure, symbolisant le sexe de la femme, se retrouvent dans la chanson de Ferré intitulée « Cette blessure » : « Cette blessure, drapée de soie sous son triangle noir / où vont des géomètres de hasard / bâtir de rien des chagrins assistés / en y creusant parfois pour le péché. »
JE ME SOUVIENS DES SOIRS LÀ-BAS ET DES SPRINTS GAGNÉS SUR L’ÉCUME CETTE
BAVE DES CHEVAUX RAS AU RAS DES ROCS QUI SE CONSUMENT L’île du Guesclin,
accessible à pied à marée basse, est entourée par les flots à marée haute. Si l’on est à mi-chemin par la montée des eaux, il faut donc courir (« sprinter ») pour arriver sur l’île avant d’être submergé. L’écume qui monte rapidement est comparée à une bave, à des chevaux qui engloutissent les rochers à mesure que les eaux atteignent une hauteur plus élevée. On retrouve la même image chez Mallarmé : « Comme un vierge cheval écume de tempête. »
QUI ME REMONTE COMME UN SIGNE Deux significations possibles, dans la continuité de
l’ambiguïté précédente : 1) la mer, qu’il porte dans son cœur, revient subitement à sa mémoire, apparaissant ex nihilo comme un signe divin ; ou 2) le mal de mer symbolique qui l’incommode entraîne une remontée, une régurgitation des sentiments qui l’habitent.
Ô PARFUM RARE DES SALANTS DANS LE POIVRE FEU DES GERÇURES Salant : terrain
proche de la mer qui contient du sel Gerçure : petite fissure douloureuse apparaissant sur la peau ou les muqueuses Les métaphores comparant le sexe de la femme à la mer sont récurrentes dans les chansons de Ferré. Cf. Cette blessure (« Cette blessure / Où meurt la mer comme un chagrin de chair / Où va la vie germer dans le désert »), Géométriquement tien (« Ma symphonie dans ton jardin, / La mer dans ta rivière close, / L’aigre parfum de mon destin / Sur le delta d’où fuit ta rose ») ou encore Ta source (« Elle naît tout en bas d’un lieu géométrique / À la sentir couler, je me crois à la mer » ; « Ta dune, je la vois, je la sens qui m’ensable / Avec ce va-et-vient de ta mer qui
s’en va / Qui s’en va et revient mieux que l’imaginable »). La strophe étant de nature érotique et ayant pour cadre un décor marin, il est malaisé de savoir si la mer dont il est question ici est à prendre au sens propre ou au figuré. Au sens propre, on comprendra qu’au cours d’une partie de jambes en l’air sur la plage, le sel contenu dans le sol et dans l’eau provoque chez Léo Ferré une vive sensation de brûlure (« poivre feu ») dans le creux de ses gerçures, que celles-là fussent occasionnées à ses mains et à ses pieds par une exposition régulière au sel ou à une autre partie de son corps par la pratique assidue d’une activité plus intime. Au sens figuré, l’odeur reconnaissable entre mille de la mer est comparée à celle, tout aussi caractéristique quoique très différente, de la cyprine. Le « poivre-feu des gerçures » doit alors se comprendre comme le processus d’inflammation et l’état d’intense excitation causés par le frottement des muqueuses des organes
sexuels.
CETTE RUMEUR ME SUIT LONGTEMPS COMME UN MENDIANT SOUS L’ANATHÈME
COMME L’OMBRE QUI PERD SON TEMPS À DESSINER MON THÉORÈME Le bruit des
vagues reste présent à son esprit, sans qu’il puisse s’en défaire. Il le compare à un mendiant qui refuse de nous lâcher quand bien même on l’agonit d’injures, qu’on le frappe d’anathème, ou encore à sa propre ombre, qui s’ingénie à reproduire sa silhouette en appliquant quelque savant théorème mathématique.
JE MEURS DE MA PETITE SŒUR, DE MON ENFANT ET DE MON CYGNE Mourir de
quelqu’un : en éprouver un manque tel qu’on a la sensation de mourir. Cf. Anna de Noailles : « Je meurs de vous. Si j’étais gaie, ô morts, vous ne le sauriez pas ! » Ma petite sœur : Annie Butor, fille unique de Madeleine Rabereau. Elle a cinq ans lorsque sa mère épouse Léo Ferré en secondes noces en 1952. Mon enfant : Pépée, femelle chimpanzé, que Léo Ferré et sa femme Madeleine considéraient comme leur enfant. Robert Belleret, dans son livre Léo Ferré : une vie d’artiste, cite ces propos du chanteur monégasque : « Il faudrait pour nous voir maintenant accepter notre enfant Pépée… » Mon cygne : cet oiseau majestueux est considéré par les poètes comme un symbole de la beauté. « Son œil, à l’horizon de lumière gorgé / Voit des galères d’or, belles comme des cygnes »,
écrit ainsi Stéphane Mallarmé. Léo Ferré utilise ce vocable pour désigner sa femme Madeleine.
UN BATEAU, ÇA DÉPEND COMMENT ON L’ARRIME AU PORT DE JUSTESSE Évocation de
souvenirs sur l’île du Guesclin. Le verbe « arrimer » est utilisé ici dans le sens d’« amarrer », emploi impropre mais largement entré dans l’usage. Lorsque la mer est agitée, il faut promptement amarrer le bateau pour que celui-ci ne soit pas emporté par les flots.
S’EN VIENT BATTRE COMME UNE PORTE CETTE RUMEUR QUI VA DEBOUT DANS LA
RUE AUX MUSIQUES MORTES Et tandis qu’il porte encore le deuil de sa relation et de ses
souvenirs, le chahut de la ville, le bruit des gens marchant (« allant debout ») dans la rue, le vacarme de cette vie moderne désenchantée, sans musique, c’est-à-dire sans joie ni beauté, vient frapper à sa porte, perturbant sa méditation et l’invitant à le rejoindre.
DANS CETTE MER JAMAIS ÉTALE Étale : immobile L’eau de la mer, par le jeu de la succession des marées, n’est jamais stagnante.
UNE MATHÉMATIQUE BLEUE, Une infinité bleue, se multipliant à l’identique à perte de vue. L’idée est la même que dans le célèbre vers de Paul Valéry : « Et c’est la mer, la mer toujours recommencée. »
ET SUR MON MAQUILLAGE ROUX Ses yeux sont cerclés d’un maquillage roux car il a pleuré des larmes de sang, symbolisant l’extrême douleur. Cf. Voltaire : « Pourvu qu’Adélaïde, au désespoir réduite, / Pleure en larmes de sang l’amant qui l’a séduite. »
ET JE VOYAIS CE QU’ON PRESSENT QUAND ON PRESSENT L’ENTREVOYURE ENTRE
LES PERSIENNES DU SANG ET QUE LES GLOBULES FIGURENT Persienne : sorte de volet
muni de lamelles disposées de sorte qu’il existe entre chacune d’elles une fine ouverture laissant passer la lumière. Contempler l’immensité bleue de la mer lui procure la même sensation d’infini que lorsqu’on observe des amoncellements de cellules sanguines (« globules ») à travers la fine ouverture de la lentille du microscope (= « les persiennes du sang »).
Ô L’ANGE DES PLAISIRS PERDUS Probable référence à Madeleine, qui incarne les plaisirs de la chair. Le mot en apostrophe est précédé de l’article pour éviter l’hiatus, interdit en poésie classique.
CETTE RUMEUR QUI VIENT DE LÀ SOUS L’ARC COPAIN OÙ JE M’AVEUGLE Arc :
portion de la circonférence d’un cercle Ferré contemple le spectacle aveuglant du coucher du soleil, où seul un arc du disque solaire en train de passer sous l’horizon reste visible. Rumeur : bruit de la mer La rumeur de la mer vient du fond de l’horizon, là où se couche le soleil.
ET LE DIABLE DES SOIRS CONQUIS AVEC SES PÂLEURS DE RESCOUSSE Le soleil
couchant, en raison de sa couleur rouge, est comparé à un diable. Étant donné le caractère profondément intimiste du texte, il n’est pas à exclure que Ferré fasse référence à un épisode précis où le soleil couchant, dardant derrière les nuages, laissa apparaître une forme ressemblant à un diable. Des soirs conquis : L’adjectif « conquis » peut ici être compris de deux manières : envahi ou séduit. Dans le premier cas, il fait référence à la lumière rouge du soleil qui envahit le ciel crépusculaire ; dans le second, il veut dire que devant la beauté d’un tel spectacle, le soir lui-même fut conquis (= séduit). Avec ses pâleurs de rescousse : La pâleur du ciel gris de Bretagne, dont les couleurs froides contrastent avec les couleurs chaudes des rayons du soleil, vient à la rescousse pour
accroître la beauté de la scène.
Ô RUMEURS D’UNE AUTRE HABITUDE Rumeur est à prendre ici dans son acception de « bruit sourd, confus ou lointain d’origine naturelle ou produit par des objets ou des mécanismes ». On parle ainsi des rumeurs de la forêt, de la mer, de cloches, d’une usine… Les rumeurs dont il est question sont les bruits diffus de la mer, du mouvement habituel des marées. Une autre habitude : autre que celle des bruits de la ville, dans laquelle Ferré est depuis retourné vivre.
CES MAINS QUI ME FONT DU FLA-FLA CES MAINS RUMINANTES QUI MEUGLENT
Faire du fla-fla : faire de l’effet Il compare la caresse des vagues à des mains, mais des mains qui émettent un bruit semblable au meuglement des vaches (animaux ruminants). L’assimilation du murmure des vagues à un mugissement est une image courante dans la langue poétique, dont l’exemple le plus célèbre se trouve dans le Lac de Lamartine : « Ô lac ! […] tu mugissais ainsi sous ces roches profondes ». De même chez Chateaubriand : « Les vagues [...] n’offraient plus qu’une surface huileuse, marbrée de taches noires, cuivrées ou verdâtres, selon la couleur des bas-fonds sur lesquels elles mugissaient. » Les verbes « mugir » et « meugler » sont synonymes, si ce n’est que le premier est plus soutenu et a donc eu la faveur de la plupart des poètes. Ferré emploie le second pour les besoins de la rime. De même, la figure de style consistant à attribuer aux forces agissantes de la nature des membres humains n’est pas rare dans la poésie classique. Cf. Théophile Gautier : « Vous n’aurez pas de croix ni de marbre superbe, / Ni d’épitaphe d'or, où quelque saule en pleurs / Laisse les doigts du vent éparpiller sa gerbe ». Et Joachim Gasquet : « Dans les bras de la mer dorée, / Midi sommeille, l’air est lourd. / Comme tes yeux, mon adorée, / Le ciel est imprégné d’amour. »
ET QUI GUEULE DANS LE DÉSERT DES GOÉMONS DE NÉCROPOLE Dans le désert : Tout
comme le désert est souvent comparé à une mer de sable, la mer est souvent assimilée à un désert. Cf. Théophile Gautier : « Des flots rasant la cime, / Dans le grand désert bleu / Nous marchons avec Dieu ! » ; Éphraïm Mikhaël : « Viens, nous sommes les souverains / Des lumineux déserts marins / Sur les flots ravis et sereins. » Qui gueule : Une roussette ne poussant pas de cris, gueuler doit ici être compris dans son emploi transitif signifiant « saisir avec la gueule ». Les dépôts de goémons, algues vertes dont la forme rappelle celle d’ossements, sont comparés à une nécropole. Ferré joue sur cette ressemblance et sur le surnom de chien de mer donné à la roussette en imaginant que celle- ci prend ces algues dans sa gueule, comme un chien le ferait avec un os.
TE LANCER LA BRUME EN BAISER En baiser : en guise de baiser. Le baiser lancé symbolise le sentiment d’amour et la vive émotion que fait naître ce spectacle grandiose dans le cœur de celui qui le contemple. Léo Ferré, comme on peut le voir dans certaines vidéos, avait pour habitude de porter sa main aux lèvres et de lancer un baiser chaque fois qu’il se retrouvait face à une expression particulièrement saillante de la beauté.
JE SUIS LE FANTÔME JERSEY Le fantôme Jersey : l’île anglo-normande de Jersey, visible
depuis l’île du Guesclin où résidait Léo Ferré. Certains soirs de brume, le brouillard confère à l’île de Jersey un aspect fantomatique. On retrouve une image similaire chez Paul Verlaine : « Moi j'errais tout seul, promenant ma plaie / Au long de l’étang, parmi la saulaie / Où la brume vague évoquait un grand / Fantôme laiteux se désespérant. » En s’identifiant à un fantôme, Ferré indique qu’il se sent sans consistance, presque irréel. Ernest Renan écrivait : « Je ne pourrai arrêter un moment son regard ? Il ne m’accordera pas que j’existe ? Je ne serai, quoi que je fasse, pour lui qu’une ombre, qu’un fantôme, qu’une âme entre cent autres ? »
DIEUX DES GRANITS, AYEZ PITIÉ DE LEUR VOCATION DE PARURE QUAND LE
COUTEAU VIENT S’IMMISCER DANS LEUR CASTAGNETTE FIGURE Les coquilles du
coquillage, une fois ouvertes et débarrassées du mollusque qu’elles abritent, ont vocation à servir de bijou. Il prie pour que, ce faisant, le coquillage ne se brise pas quand s’y introduit le couteau et qu’il puisse donc se transformer en parure.
COMME LE TRÉMAIL DE JUILLET OÙ LUISAIT LE LOUP SOLITAIRE Trémail : grand filet
de pêche Comme un trémail : La façon dont la scène captive le spectateur est assimilée à la capture d’un poisson dans un filet de pêche. Loup solitaire : détournement de l’expression commune « loup solitaire » (personne qui vit ou agit seule, à la manière d’un loup qui aurait quitté sa meute). Le loup ne désigne pas ici le mammifère carnassier, mais le poisson aussi connu sous le nom de bar. Solitaire n’est pas l’adjectif signifiant « sans compagnie » mais le substantif désignant le diamant monté seul en bague.
ET TOI FILLE VERTE, MON SPLEEN L’ellipse du verbe rend le vers équivoque. Faut-il
comprendre ce passage comme « je voyais un vitrail et toi fille verte, tu voyais mon spleen » ou comme « je voyais un vitrail et je te voyais fille verte, toi qui est mon spleen » (c’est-à-dire : la source de mon spleen) ? La première explication nous semble plus convaincante.
LES COQUILLAGES FIGURANT SOUS LES SUNLIGHTS, CASSÉS, LIQUIDES, JOUENT DE
LA CASTAGNETTE TANT QU’ON DIRAIT L’ESPAGNE LIVIDE Figurer sous les sunlights :
être sous les projecteurs, être l’objet de toutes les attentions La lumière du soleil est comparée à des projecteurs éclairant un spectacle, en l’occurrence de castagnettes. Castagnette : petit instrument de musique espagnol, composé de deux coquilles que l’on fait claquer l’une contre l’autre Livide : d’une pâleur terne Accrochés aux récifs de granit, les coquillages cassés dont les deux coquilles s'entrechoquent au gré du vent rappellent des castagnettes et, partant, le pays d'origine de ces instruments à percussion. Mais alors que l’Espagne, pays de soleil, évoque des couleurs chaudes, il en va tout autrement des paysages grisâtres qui prédominent sur les côtes du nord de la Bretagne.
On dirait donc l’Espagne, mais une Espagne aux couleurs froides, une « Espagne livide ».
DANS LE PORT FANFARENT LES CORS POUR LE RETOUR DES CAMARADES Fanfarer =
sonner Tout en lui l’appelle à un retour à la situation antérieure, à ce que les camarades d’antan soient réunis.
DANS LE DÉSORDRE DE TON CUL POISSÉ DANS DES DRAPS D’AUBE FINE JE VOYAIS
UN VITRAIL DE PLUS, S’agit-il de draps véritables éclairés par la lumière de l’aube, ou
simplement de cette dernière qui semble couvrir le postérieur de Madeleine d’un drap lumineux ? Le « désordre » fait penser à un drap froissé, et nous inciterait à privilégier la première interprétation. Quoi qu’il en soit, ses fesses couvertes de transpiration (« poissées ») et revêtues d’un drap, réel ou métaphorique, rappellent à Ferré, qui s’extasie devant un tel spectacle, les vitraux des églises.
ET LE SQUALE DES PARADIS DANS LE MILIEU MOUILLÉ DE MOUSSE Squale : requin.
Probable métaphore sexuelle. Ferré a en effet recouru à la même image pour désigner son phallus, de manière plus explicite, dans sa chanson « Géométriquement vôtre » : « Tes bijoux, ton blé, ton vouloir / Le plan de tes folles prairies / Mon squale qui viendra te voir / Du fond de moi si tu l’en pries. » Des paradis : qui apporte un plaisir paradisiaque. Le milieu mouillé de mousse : le vagin humide de la femme La reprise oratoire de la conjonction « et » au début de chaque vers donne l’impression d’une énumération de souvenirs revenant comme des flashs, sans lien véritable les uns avec les autres.
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Provided to YouTube by Believe SAS La mémoire et la mer · Philippe Léotard Léo chante Ferré ℗ Gorgone productions Released on: 1993-01-01 Author: Léo Ferré Composer: Léo Ferré Auto-gener...
par Philippe Léotard, 1993
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Bernard Lavilliers Chante Ferré "La mémoire et la mer"
Extrait du Dvd de Bernard Lavilliers Chante Ferré
par Bernard Lavilliers, avec l'orchestre de Lyon, 2009
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Hubert-Félix Thiéfaine - La mémoire et la mer
Hubert-Félix Thiéfaine - La mémoire et la mer (Léo Ferré). Au Théâtre du Palais Royal, à Paris, le 13 octobre 2003. Tournée Thiéfaine en solitaire.
par Hubert-Félix Thiéfaine, 2003
par Cali, 2021
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La Mémoire et la Mer/PRODIG'ART
La Mémoire et la Mer/ Production Prodig'Art Texte de Léo Ferré, arrangements et direction Vincent Beer Demander avec Richard Martin. Académie de mandolines de Marseille Cette création a eu lie...
avec Richard Martin, 2017, 40 mandolines et Le bateau ivre d'arthur
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Léo Ferré : Le Bateau ivre (Rimbaud)
Extrait du DVD "Léo Ferré chante les poètes" (Théâtre libertaire de Paris, 1986) Réalisation : Guy Job. En vente sur notre site leo-ferre.com : http://bit.ly/2fZXRBY Chanson publiée en 1982 ...
Théâtre libertaire de Paris, 1986
avec Richard Martin, 2018
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La Mémoire et la Mer Richard Martin / Vincent Beer Demander / Orchestre symphonique Opéra de Toulon
Pour le lancement de 'Faites de la Fraternité' au théâtre Toursky, en ce vendredi 24 septembre 2021, " La mémoire et la mer " Oratorio poétique, Richard Martin et l'Orchestre Symphonique l'Op...
avec Richard Martin, 2021
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La mémoire et la mer 2021/ Version Symphonique
Nouvelle adaptation de la Mémoire et la Mer (textes et musique Léo Ferré) sublimement arrangée par Vincent Beer Demander. Représentation au Théâtre Toursky le 24 septembre 2021. Co productio...
avec Richard Martin, 2021
Sur la couverture du Cahier d’études Léo Ferré n° 11- mai 2013 - "La
Mémoire et La Mer", Richard Martin est avec Léo Ferré qui disait à
Françoise Travelet :
« À propos de cette chanson, il se passe une chose extraordinaire et
inexplicable : l’engouement du public. Pourtant, il n’est pas possible
qu’il la comprenne parce que c’est une poésie à décrypter et, pour la
lire, il faut avoir la grille de ma vie. Si quelqu’un me connaît, il comprend
tout, mot après mot. S’il ne connaît pas ma vie, tous les mots lui
échappent. "La Mémoire et la Mer" n’est pas une poésie hermétique : si
elle l’était, on pourrait tout y mettre, tout prétendre.
Or c’est impossible ! C’est pourquoi, je l’affirme, c’est une poésie qui
possède une clé précise et cette clé c’est moi-même ».
Léo Ferré, dans les années soixante, écrit sur l’îlot du Guesclin, à
proximité de Saint-Malo et de Cancale, dans cette Bretagne tant
aimée, "La Mémoire et la Mer" qui se nommera d’abord "Ma Bretagne à
moi" puis "Les Chants de la fureur" dans un seul chant intitulé
"Guesclin". Ce monument (selon Robert Belleret), cette œuvre dans
l’œuvre (selon Bruno Blanckeman), se compose de 55 strophes,
chacune de 8 octosyllabes, soit 440 vers. Il aura fallu une quinzaine
d’années à Léo Ferré pour y mettre le point final. Le poète musicien en
tirera comme d’un vin nouveau sept partitions/chansons : "FLB", "La
Mer noire", "Géométriquement tien", "Des Mots", "La Marge",
"Christie" et cette "Mémoire et la Mer", clé de voûte du fameux double
album "Amour Anarchie" des années soixante-dix.
Richard Martin, homme-comédien, homme-metteur en scène, homme-
diseur de poèmes, interprète sur scène ces 440 vers et donne à
entendre et à lire un Léo Ferré différent et particulièrement émouvant
sur les origines de ce poème-monde. Richard est le seul à dire ce
magnifique élan qui est un des sommets de la poésie et de la chanson
française peut-être jamais égalé. Ce n’est pas le seul texte de Ferré que
Martin joue. "Poètes… vos papiers !" fut parmi les concerts
mémorables que Richard donna sur le bateau de l’Odyssée, au service
de la poésie de son frère-ami. Ses "Nuits de l’Anarchie" au Toursky
illustrent l’âme vivante de son théâtre. Si Richard sert inlassablement
cette œuvre, Léo s’est mis
au service de Richard humblement sur la création théâtrale de son
"Opéra des rats" en lui écrivant le livret. Richard, en jouant "La
Méthode" a fait toucher du doigt à l’artiste l’art du théâtre et son
miracle.
Trente ans déjà que le poète-musicien nous a quittés. Trente ans que
son œuvre gueule dans le désert médiatique. Dérangerait-il ? Ce
silence autour de son lyrisme est d’ailleurs un hommage involontaire.
Sa révolte est celle du poing levé et dans le même mouvement de la
main tendue. Ce qui caractérise l’homme-artiste Léo Ferré c’est
l’insurrection du cœur et de l’esprit. Voilà une œuvre haute, fine et libre
programmée pour le service de l’amour et de la paix.
Richard Martin, en son théâtre Toursky, s’est fabriqué une âme tissée
par la même étoffe créatrice et fraternelle.
Richard à son tour est parti, le 16 octobre 2023.
Pour leur œuvre respective et leur amitié indéfectible, les deux hommes
sont deux frères inséparables en éternité.
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La mémoire et la mer (Léo Ferré) Catherine Ribeiro, Henri Roger piano, Auditorium du Châtelet 1992.
"La mémoire et la mer " de Léo Ferré. Duo Catherine Ribeiro et Henri Roger. Un extrait de l'album "L'amour aux nus" enregistré en public en 92 à l'Auditorium du Châtelet ...
par Catherine Ribeiro, 1992
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Provided to YouTube by Transit La mémoire et la mer · Renée Claude On a marché sur l'amour ℗ 1994 Transit Released on: 2006-01-01 Main Artist: Renée Claude Auto-generated by YouTube.
par Renée Claude, 1994
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MONICA PASSOS interprète LA MEMOIRE ET LA MER
Clip de Monica PASSOS interprète LA MEMOIRE ET LA MER de Léo FERRE, titre de son dernier disque "LEMINISCATE".
par Monica Passos, 2009, par Camélia Jordana, 2013
![MATHILDE · La mémoire et la mer [ Léo Ferré ]](https://image.over-blog.com/Fre5yId00Hhju-5XhGtf_8R2oYg=/170x170/smart/filters:no_upscale()/https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2Fd4-OWxmNLGc%2Fhqdefault.jpg)
MATHILDE · La mémoire et la mer [ Léo Ferré ]
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en 2016, duo guitare-voix au Café de la ville à Paris
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Provided to YouTube by Zebralution GmbH La mémoire et la mer · Ann Gaytan Thank You Ferré ℗ 1994 Léo Ferré / La mémoire et la mer Released on: 1994-11-01 Composer: Léo Ferré Lyricist: Lé...
par Ann Gaytan, 2020
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La Mémoire et la mer de Léo Ferré, un texte et ses rhizomes
En 1959, Léo Ferré achète en Bretagne le fort du Guesclin, île à marée haute, presque-île à marée basse, sur laquelle s'élève une maison de granit entourée de remparts. Dans le livre qu...
analyse
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La mémoire et la mer, une mémoire en mosaïque
Avant tout, appelons-en à la bienveillance du lecteur. La tâche serait en effet trop ambitieuse, voire irréalisable, de chercher à " expliquer " une chanson remplie de symboles et émaillée de...
analyse
![[Rencontre] Mathieu Ferré transmet la parole de Léo : "Je parle à n'importe qui !"](https://image.over-blog.com/SsMOCMuKtxSO7FZ8y4hJc7kHrXw=/170x170/smart/filters:no_upscale()/https%3A%2F%2Fstatic.wixstatic.com%2Fmedia%2F2f463e_167527b9cc404478846ee771c3322a35~mv2.png%2Fv1%2Ffill%2Fw_928%2Ch_520%2Cal_c%2Cq_90%2F2f463e_167527b9cc404478846ee771c3322a35~mv2.png)
[Rencontre] Mathieu Ferré transmet la parole de Léo : "Je parle à n'importe qui !"
L'oeuvre colossale de Léo Ferré est d'une éternelle actualité et d'une richesse à toujours redécouvrir... Pour continuer à la transmettre, Mathieu Ferré s'empare des chansons, disques, mome...
Mathieu Ferré transmet la parole de Léo : "Je parle à n'importe qui !"
1 H 7' Rimbaud et Léo
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Il y a 30 ans, le 14 juillet 1993, le poète-musicien Léo Ferré s'éteignait, mais son œuvre, elle, reste toujours très vivante. #cultureprime #poesie #chanson Abonnez-vous pour retrouver toute...
Ferré, 30 ans après. Il y a 30 ans, le 14 juillet 1993, le poète-musicien Léo Ferré s'éteignait, mais son œuvre, elle, reste toujours très vivante.
Bienvenue sur la Terre à Laurac-en-Vivarais ou sur les traces de Léo Ferré / Dans la continuité de Voyage autour de ma cabane, l’auteur raconte un autre voyage, celui qu’il a fait de l’Ardèche à la Toscane sur les traces de Léo Ferré. Il le raconte à une enfant qui vient de naître, lui parle des poètes, des musiciens, des peintres... de tous les artistes qui enchantent le monde. Il lui dit aussi la beauté de la nature, à l’heure où elle est plus que jamais menacée par nos excès. Une manière pour lui de souhaiter la bienvenue sur la Terre à tous les enfants qui naissent aujourd’hui. Roger Lombardot sera accompagné dans cette aventure par son fils Manuel, auteur des photos du voyage, et par Gari Grèu (Massilia Sound System) au chant.
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Balades ardéchoises - Blog de Jean-Claude Grosse
Women 68 avec Luisa Gaillard Sanchez, Françoise Sourd, Line Wiblé / paru en 2017 dans MAMAE Meurtre Artistique Munitions Action Explosion (al dante) Balades ardéchoises Du samedi 25 novembre au ...
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avec un retour sur la dernière de Bienvenue sur la Terre de Roger Lombardot
Histoire d'une photo
L'histoire que je raconte, celle d'une photo, qui met 70 ans pour atteindre son destinataire, peut nous amener à la question : un enchaînement de hasards comme ceux décrits dans ce récit suffit-il à rendre compte du cheminement de la photo.
Ou peut-on se dire : elle a trouvé son destinataire parce que c'était son destin de pouvoir élucider ce qui le taraudait depuis si longtemps.
Une troisième voie peut être ouverte. Et si ce n'était ni hasard ni destin mais dessein intelligent surplombant celui qui croit au hasard comme celui qui croit au destin.
Vous pensez que Dieu vous tient pour responsable. Il n'y a pas de Karma.
1 H 3 d'entretien
comment la photo du père d'Edgar Gunzig, assassiné à Mauthausen le 28 juillet 1942 à 8 H 30, est découverte 70 ans après grâce aux photos volées et sauvées par Francisco Boix
L'histoire que je raconte, celle d'une photo, qui met 70 ans pour atteindre son destinataire, peut nous amener à la question : un enchaînement de hasards comme ceux décrits dans ce récit suffit-il à rendre compte du cheminement de la photo.
Ou peut-on se dire : elle a trouvé son destinataire parce que c'était son destin de pouvoir élucider ce qui le taraudait depuis si longtemps.
Une troisième voie peut être ouverte. Et si ce n'était ni hasard ni destin mais dessein intelligent surplombant celui qui croit au hasard comme celui qui croit au destin.
En septembre 2011, je rends visite à Edgar Gunzig et à Diane avec deux étudiantes russes dont la sirène du Baïkal, Baïkalal. Edgar venait de découvrir quelques mois plus tôt la photo de son père assassiné par les nazis, 70 ans après. Le récit qu’il nous fait est hallucinant.
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La vie de Jacques Günzig s’arrêta net un matin d’été, le mardi 28 juillet 1942 à 8H30. Il allait avoir trente-huit ans. On l’appelait Dolly. C’était le père d’Edgar. En octobre 1945, Jo Stripounsky, un jeune soldat américain, découvre avec effroi cette mention laconique dans le « Totenbuch », le Livre des Morts du camp de concentration de Mauthausen :
N°156 - Jüde - 11552/23 - Günzig - Jacques - 2.9.04 - Lostice - auf der flucht erschossen - 28.7.42 - 8.30
Sidéré, il relit plusieurs fois ces mots pour s’imprégner de cette réalité inconcevable... son oncle Jacques, mort, abattu pour tentative d’évasion. Le choc est rude. Ils entretenaient des relations privilégiées lorsque leurs deux familles vivaient encore à Anvers. L’adolescent éprouvait une admiration sans bornes pour cet oncle dont la vie aventureuse le fascinait.
Juin 2010, un coup de téléphone nocturne va venir bouleverser notre vie. Edgar décroche. Un certain Benito Bermejo lui demande abruptement s’il est bien le fils de Jacques Günzig. Cette question le désarçonne et le laisse sans voix. L’historien espagnol, qui la lui pose, est l’auteur d’un livre consacré au camp de concentration de Mauthausen dans lequel figure une photo : pas de doute possible, il s’agit bien de Jacques Günzig, identifié par son numéro de matricule 11552....Une information aussi improbable, qui aboutit ici, ce soir, après 70 ans ! Conscient du trouble d’Edgar, Benito Bermejo propose d’ envoyer un exemplaire et de le rencontrer ultérieurement pour en parler plus longuement.
Le livre nous parvient quelques jours après l’appel téléphonique, un grand livre cartonné dont le titre espagnol est : « Francisco Boix, el fotografo de Mauthausen ».
La photo apparaît page 74, elle nous plonge dans un état de sidération indescriptible. Quelle violence ! Sur la photo, Jacques Günzig est couché sur le dos dans l’herbe, pieds nus, un pantalon foncé et la veste rayée légèrement relevée, le numéro de matricule 11552 en dessous de l’étoile de David, à la place du cœur. Gisant à côté de lui, son compagnon Arpad Spitz, vingt-trois ans, et derrière eux, les barbelés...un mur de pierres.
L’aventure de cette photo prise à Mauthausen est étonnante. Elle faisait partie d’un lot de 20.000 négatifs sauvés par le jeune photographe espagnol, Francisco Boix. Il avait été affecté au laboratoire photos de l’Erkennungsdienst, service d’identification du camp. Chaque nouveau détenu était photographié. Les morts non naturelles, plus
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précisément les assassinats camouflés sous l’appellation « tentative d’évasion », étaient soigneusement répertoriées dans un registre, le « Totenbuch ». La bureaucratie centrale de l’Etat national-socialiste exigeait un rapport précis, circonstancié, avec une esquisse ou une photo du lieu du crime. Voilà qui explique le grand nombre de documents témoignant des atrocités commises à Mauthausen.
Pour arriver jusqu’à Edgar, cette photo a vécu une véritable épopée, un improbable enchaînement d’événements. Son destin est lié à un événement majeur qui eut lieu bien loin de Mauthausen.
On est le 3 février 1943, date d’un tournant majeur de la Seconde Guerre Mondiale. Il s’agit de la défaite cataclysmique de l’armée allemande à Stalingrad dont l’onde de choc se propagea comme une trainée de poudre jusqu’à Berlin. Elle y fit souffler un vent de panique sur les plus hautes instances nazies. Le département politique ordonne à tous les camps de concentration la destruction des photos qui pourraient témoigner des comportements criminels et sadiques des SS. Bref, ne conserver que les documents anodins. La victoire finale devenant soudain incertaine, la prudence est alors de mise.
Comment imaginer que cet événement permettra des années plus tard à Edgar de découvrir une ultime photo de son père ? Et cela grâce à Staline...
Voici comment nous avons pu reconstituer ce périple : le Commandant du camp transmetl’ordrededestructiondetouslesnégatifséquivoquesauchef SSdulaboratoire photo. Ce dernier obéit illico. Après en avoir éliminé quelques uns, rapidement lassé par ce travail fastidieux, il passe la main à Francisco Boix qui comprend très vite l’intérêt unique de préserver ces documents comme témoignage des atrocités commises. Il décide d’en dérober un maximum. Les bonnes nouvelles du front donnent espoir aux jeunes déportés espagnols qui sont prêts à prendre tous les risques. Avec leur aide, les négatifs sont cachés en différents lieux du camp. Le danger potentiel de leur découverte lors de fouilles est permanent. Il s’avère indispensable de les exfiltrer dans un endroit plus sûr. C’est cet exploit que vont réaliser quelques jeunes espagnols qui, escortés, sortent du camp tous les jours pour aller travailler dans une entreprise locale, la carrière Poschacher. Les trajets quotidiens sont mis à profit par l’un d’eux, Jacinto Cortés, pour sortir au péril de sa vie le colis de négatifs et le cacher sur son lieu de travail.
Mais, au début de l’année 1945, catastrophe ! Cette entreprise va cesser son activité de production de granit et de gravier. Jacinto Cortés cherche de toute urgence une autre cachette pour son précieux colis.
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Durant ses allées et venues, il a établi un rapport de confiance avec une Autrichienne, une habitante du village de Mauthausen, Madame Pointner, dont la maison borde l’enceinte de la carrière. C’est là qu’ils échangent régulièrement quelques mots depuis des mois. Anna Pointner a montré d’emblée de la sympathie pour ce groupe de jeunes qu’elle voit arriver quotidiennement depuis le camp pour travailler dans la carrière. Jacinto ose lui demander de cacher le colis de négatifs, elle accepte immédiatement. Elle sait qu’elle risque sa vie. Socialistes avant la guerre, elle et son mari sont farouchement opposés au National-Socialisme et il est évident pour elle de poser un tel acte de résistance. Dans un premier temps, Mme Pointner cache le colis dans sa maison, ensuite, pour plus de sécurité, elle le dissimule dans un mur de son jardin où Jacinto Cortés et Francisco Boix iront le récupérer après la libération du camp par l’armée américaine, le 5 mai 1945.
Il aura fallu tout ce courage pour qu’un jour Edgar reçoive la véritable preuve de la mort de son père. Celui de ces jeunes républicains pour lesquels Jacques Günzig avait, quelques années auparavant, aussi risqué sa vie en Espagne...
La photo, miraculeusement sauvée, va amener Edgar à découvrir l’homme qu’était son père, ses prises de conscience politique tout comme son sens aigu de la justice sociale. Il comprendra douloureusement l’ampleur de la tromperie, de la manipulation par le stalinisme qui promettait un monde nouveau.
L’exploit n’aura pas été vain, il contribuera aussi à révéler les horreurs des crimes de guerre. Au cours de l’année 1946, Francisco Boix sera cité comme témoin dans les procès des hauts dirigeants du IIIème Reich à Nuremberg. Les photos produites montreront la réalité du camp de Mauthausen et l’implication de responsables nazis tels que Kaltenbrunner et Speer.
Mais cette histoire extraordinaire et héroïque n’explique qu’en partie le cheminement de la photo jusqu’à Edgar. Si elle avait bien été « libérée », son chemin vers lui est une aventure d’une toute autre nature. Elle aurait pu se perdre définitivement dans les archives...
Les hasards de la vie en ont décidé autrement.
L’historien Benito Bermejo s’intéressa au devenir des Espagnols de la Retirada et fut ainsi naturellement conduit à examiner les archives du camp de Mauthausen au Bundesministerium für Inneres, Ministère de l’Intérieur à Vienne. C’est là, parmi de nombreux documents, qu’il découvre la photo. D’emblée, son regard est attiré par ces deux corps allongés dans l’herbe. Chose rare, le numéro de matricule de l’un
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d’eux est clairement visible sur sa veste, ce qui permet à Benito Bermejo de découvrir son identité : Jacques Günzig, de nationalité tchèque. Ne comptant pas pousser ses recherches jusqu’en République tchèque, il choisit néanmoins de la publier dans son livre et gardera l’information « en veilleuse ».
Bref, cette photo était très loin de pouvoir croiser le chemin d’Edgar. C’était sans compter sur sa bonne étoile : c’est un autre livre relatant sa propre histoire, « Relations d’incertitude » qu’il a co-écrit avec Elisa Brune, qui attire l’attention d’Angeles Munoz, une amie espagnole de Benito Bermejo résidant en Belgique et chargée de la traduction de son livre en français.
Persuadée que ce livre peut intéresser Benito, elle lui transmet l’information. Le nom Günzig le fait sursauter, il se souvient alors de la photo... la boucle est sur le point d’être bouclée. Angeles lui transmet notre numéro de téléphone, il nous joint sur le champ et déclenche l’histoire qui s’écrit ici....
Après 1945, Francisco Boix travaille comme reporter dans la presse communiste française : Ce soir, L’Humanité, Regards.
Il meurt prématurément à trente ans, sa santé ayant été fragilisée par la déportation.
En 2017, ses restes sont transférés au Père Lachaise lors d’une cérémonie présidée par la maire Anne Hidalgo, au cours de laquelle la chanteuse Marina Rossell a chanté l’Emigrant et El Cant dels ocells.
Quant à Elisa Brune, quel parcours. D’elle, j’ai bien sûr lu La tournante cité dans l’article Écrire le viol. Et deux ouvrages de vulgarisation scientifique. Elle est décédée le 29 novembre 2018 d’un cancer, 52 ans. Coïncidence, 8 ans après l’épousée, 29 novembre 2010, 62 ans.
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Le Photographe de Mauthausen - Wikipédia
Titre original El fotógrafo de Mauthausen Réalisation Mar Targarona Scénario Roger DanèsAlfred Pérez Fargas Acteurs principaux Sociétés de production Rodar y Rodar Pays de production Espagne...
Durée : 110 minutes Dates de sortie : Espagne : 26 octobre 2018 / Monde : 22 février 2019 (Netflix)
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Benito Bermejo, Le photographe de Mauthausen. L'histoire de Francis...
L'ouvrage retrace le parcours de Francisco Boix, un photographe républicain espagnol exilé en France en 1939, déporté au camp de concentration de Mauthausen en Autriche en 1941 où il avait la ...
L'ouvrage retrace le parcours de Francisco Boix, un photographe républicain espagnol exilé en France en 1939, déporté au camp de concentration de Mauthausen en Autriche en 1941
Les résistants de Mauthausen - Regarder le documentaire complet | ARTE
Comment, par un acte de résistance méconnu, un groupe de républicains espagnols déportés à Mauthausen, en Autriche, a sauvé de la destruction des milliers de photographies prises dans le cam...
https://www.arte.tv/fr/videos/093661-000-A/les-resistants-de-mauthausen
Comme d’habitude Kornacz fumait sa pipe, assis à son bureau, lorsqu’un kapo à la carrure immense entra, flanqué d’un prisonnier de fort petite taille. Le kapo, qui portait le triangle noir qui désignait la classe des Asociaux, avait été choisi pour sa taille imposante. Le nain Katan n’était pas né nain, mais une maladie qu’il avait contractée lui avait laissé les séquelles de malformations physiques évidentes [4] [4]Margarita Sala, conservatrice du Musée d’histoire de Catalogne,… . Kornacz se leva, saisit un tabouret et se plaça de manière à singer la taille de Katan. Comme à son habitude, il commença à souffler des ronds de fumée dans le visage du prisonnier avant d’entamer la conversation qui suit : 8 « — Tu parles allemand ? 9 — Jawohl, Herr Oberscharführer. Je suis professeur de langues à la Faculté. 10 — Ah ! Les Juifs s’arrangent toujours pour éviter le travail. 11 — Ça, c’est aussi un travail. 12 — (Hurlant). Ce n’est pas un travail !... Tu es marié ? 13 — Oui. 14 — Ta femme est normale ? 15 — Je ne comprends pas la question. 16 — Ça prouve ton manque d’intelligence. Enfin, ta femme, elle est comme toi ou de taille normale ? 17 — Elle est de taille normale. 18 — Tu as des enfants ? 19 — Oui. 20 — Sont-ils normaux ou petits comme toi ? 21 — Normaux. 22 — Ils ne peuvent pas être de toi... Quand tu manges à table, il te faut une chaise spéciale ? 23 — Oui. 24 — Qui t’aide à monter là-dessus ? 25 — Ma femme. 26 [Ce dialogue dura jusqu’à ce que Kornacz estimât qu’il en savait suffisamment sur la vie privée de Katan.] 27 — Tu sais pourquoi je vais te photographier ? 28 — Non. 29 — Eh bien, parce que nous allons te tuer et que nous pourrons ainsi étudier ton squelette. 30 — (Tout en gardant son calme) Venant de vous, je ne m’attends à rien de bon. 31 — Tu as bien raison de le penser. » 32 Kornacz commença à photographier Katan avec le kapo, d’abord chacun face à face, puis le kapo tenant Katan dans ses bras. Après, il donna l’ordre à Katan de se déshabiller complètement pour le prendre en photo sous des angles divers. Kornacz attendit qu’Antonio développe les photos, et seulement après qu’il eut examiné la qualité des clichés, il ordonna au kapo et à Katan de disparaître.
En 2015, Edgar Gunzig reçoit une photo par la poste.
L’image d’un mort, allongé dans l’herbe, devant des fils de fer barbelés. C’est le corps de son père, Jacques Gunzig dit « Dolly », en 1942 dans le camp de concentration de Mauthausen, juste après son assassinat. La découverte de cette image va le bouleverser et susciter le besoin d’écarter le voile, de découvrir qui fut cet homme dont il ne connaissait la vie que par bribes : le Parti communiste, les camarades, la Résistance, la Tunisie, la guerre d’Espagne au côté des Brigades internationales, la Palestine… Ce livre est le résultat de longues recherches qui lui firent découvrir une vie aventureuse, engagée, marquée par les soubresauts de l’Histoire, l’antisémitisme et le nationalisme dont la nature redoutable résonne aujourd’hui, plus que jamais.
Physicien cosmologiste à l’Université libre de Bruxelles, Edgar Gunzig a publié plusieurs livres scientifiques, notamment Que faisiez-vous avant le Big Bang ? chez Odile Jacob, Paris, 2008 mais également co-écrit, avec Elisa Brune, Relations d’incertitude, prix Rossel des Jeunes 2005 chez Ramsay.
Postface de Thomas Gunzig :
Il n’a jamais été là et pourtant il a toujours été là. Son prénom est mon second prénom, petit symbole collé dès les origines, il était acquis que son absence ferait partie de mon identité, marque objective de l’omniprésence de sa mort dans ma vie.
Si aujourd’hui je ne me souviens pas de la première fois où l’on m’en a parlé, c’est probablement parce qu’on m’en a toujours parlé, de son histoire, de ses combats, de ses engagements, de son arrestation, de sa fin. On m’a toujours parlé des souvenirs minuscules que mon père avait de lui et que, tout minuscules qu’ils soient (une main dans une main, un grand manteau, une promenade au parc, une ombre, une voix…), comme ils étaient les seuls, ils devenaient immenses au point de prendre toute la place. Il y avait de lui, de-ci de-là, dans la maison, quelques photos, toujours les mêmes (elles étaient rares), des images d’un monde disparu, d’un Bruxelles d’avant-guerre, d’un univers d’avant le drame, d’avant le grand massacre. Les images d’un homme élégant, souriant, les dents un peu de travers, le cheveu mal peigné. Ces images me fascinaient. Parfois, en les regardant, un sentiment d’urgence s’emparait de moi et je me disais : « il ne se doute pas de ce qui va se passer ! Il faut le prévenir ! Ne sois pas là, ce jour-là ! » Tout aurait été alors différent. Ma grand-mère n’aurait pas été cette vieille femme dont la tête était agitée par des tics nerveux que je mettais sur le compte de la douleur d’avoir perdu son mari, mon père n’aurait pas été cet homme à qui il semblait manquer un morceau, qui était comme un meuble bancal, ma sœur et moi n’aurions pas été élevés dans l’idée que le drame n’est jamais loin, qu’il ne faut pas avoir confiance dans la vie, que quand ça va ça ne dure qu’un temps, que tout ce qu’on a peut disparaître, d’un seul coup, que rien n’est jamais acquis, à commencer par sa propre vie et celle des gens qu’on aime. Nous n’aurions pas eu l’impression d’avoir, planant au-dessus de nos têtes, une créature menaçante semblant dire : « vous serez les suivants ».
Mon grand-père n’a jamais été là, mais son absence avait la nature de la présence. Probablement parce que mon père n’a jamais cessé de l’attendre. Alors, forcément, d’une certaine manière, toute la famille attendait avec lui.
Et une famille qui attend comme ça, ça donne une couleur particulière à l’enfance, on ne s’installe jamais vraiment, on regarde en arrière, l’avenir est incertain. À la maison, on prononçait souvent les mots de « Gestapo », « nazis », « Hitler », « arrestation », « Résistance », « collaboration », « déportation », « camps de concentration ». Le passé ne cessait de faire partie du présent. Les livres qui traînaient sur les tables, c’étaient « Réflexion sur la question juive » de Sartre, « Je ne lui ai pas dit au revoir (des enfants de déportés parlent) », « La nuit » d’Elie Wiesel. Nous avions religieusement regardé, la série « Holocauste » quand elle était passée à la RTB au début des années 80, mais aussi « Le chagrin et la pitié » de Marcel Ophüls ou « Nuit et Brouillard » d’Alain Resnais (j’avais été choqué, enfant, de voir tellement de corps nus, vivants ou morts).
On ne réalise pas à quel point un drame, une guerre, un meurtre agit dans le temps, que c’est comme une pierre jetée au milieu d’un étang qui provoque des ondes se propageant pour de longues minutes à toute la surface de l’eau. Un caillou englouti et voilà le chaos.
Mais il est une chose de savoir que quelqu’un est mort et il en est une autre de le voir. D’en avoir la preuve visuelle. Durant des années, nous savions que Jacques était mort à Mauthausen. Mon père m’avait souvent raconté comment, enfant, juste après la Libération, il allait à la gare avec ma grand-mère, quand arrivaient les flots de déportés amaigris et comment ils espéraient tous les deux voir, au milieu de cette foule de survivants, apparaître Jacques. Et puis, lorsque les derniers d’entre eux furent revenus, qu’il n’y eut plus de trains, que les quais furent vides, ce fut la résignation. Mon grand-père, comme des millions d’autres, était mort dans les camps. Plus tard, il y eu la confirmation administrative venue du Totenbuch de Mauthausen reprenant la date et la justification de la mort : « abattu lors d’une tentative d’évasion ». L’intelligence logique comprend alors qu’il n’y a plus rien à attendre, le cortex préfrontal intègre sans rechigner cette information. Mais quelque chose au fond du ventre continue à croire, à espérer, à douter des preuves, à refuser le raisonnement, à rejeter l’argumentation, quelque chose que la résignation n’atteint pas. L’irrationnel est un animal étrange, il vit caché à l’intérieur de nous et durant sa longue existence il nous chuchote de croire en des impossibilités. Je suis certain que tout en sachant que mon grand-père était mort, abattu, à Mauthausen le mardi 28 juillet 1942 à 8h30 du matin (j’ai essayé de trouver des informations sur la météo de ce jour-là, je n’y suis pas parvenu), la réalité de sa mort n’était pas solidement cristallisée au point de devenir une « intime conviction ».
En 2015 mon père et sa femme recevaient la photo du cadavre de mon grand-père. Je crois que pour lui comme pour toute la famille, ce fut comme si le temps se contractait, comme si les 26.000 jours nous séparant du moment où le photographe de Mauthausen appuyait sur le déclencheur du Leica face au corps probablement encore tiède de mon grand-père, venaient de disparaitre, comme si la distance géographique elle aussi n’avait plus de sens, c’était comme si nous étions à ses côtés, ce matin d’été autrichien, dans ce camp de la mort qui fut un des plus durs pour les déportés et un des plus rentables pour le régime nazi.
Cette photo fut probablement pour mon père comme un second deuil. Mais un deuil plus brutal que le premier. Cette fois cet homme qui lui avait manqué durant toute son existence était assassiné sous ses yeux d’adulte qui redevenaient, pour l’occasion, des yeux d’enfant.
Je suis incapable de prendre la mesure du bouleversement qui a été le sien à ce moment. Que peut-il se passer dans un esprit lorsque âgé de près de 80 ans on voit mourir son propre père ?
Ce livre/enquête est né de ce choc. Il résulte de la longue enquête menée par mon père et sa femme. à présent que le corps avait été vu, que la mort était actée, il fallait découvrir qui était vraiment cet homme de 37 ans dont on savait si peu de choses mais dont l’absence avaient eu de telles conséquences. Il fallait que l’on parvienne à définir enfin de quelle matière était faite notre famille et, en ce qui me concerne, au-delà de l’hommage ou du symbole quelle était la signification exacte de mon second prénom.
Nous ne connaissions pas Jacques Dolly Gunzig. Ce livre nous rapproche de lui, il le sort du « Totenbuch », il le relève du sol maudit de Mauthausen, il le ramène à la vie.
Thomas Gunzig
Un retour passionnant sur le sulfureux roman-fleuve de Jonathan Littell, prix Goncourt 2006 et immense succès, qui questionne les frontières du mal à travers le récit sans remords d'un haut gra...
Les Bienveillantes de Jonathan Littell, bien placé dans ma bibliothèque à côté de Pierre Guyotat, Tombeau pour cinq cent mille soldats et Progénitures et de Moi, l'abominable de Borges dans Deutches Requiem je trouve nécessaire de me coltiner à ça, comment ça s'est passé, comment ça se passe sur tant de terrains dans tant de corps et d'esprits, sur tant de corps "Frères humains, laissez-moi vous raconter comment ça s'est passé…" ça ne favorise pas la sérénité, au moins dans un premier temps parce qu'on finit par comprendre et accepter que ça, ça n'est ni inhumain ni monstrueux, que ça, c'est humain et que la question du Mal (absolu ? radical ?) nous taraudera toujours Marcel Conche à partir de la souffrance des enfants (décrite dans Dostoïevski) déconstruit toute la métaphysique occidentale fondée sur Dieu pour la remplacer par une métaphysique de la Nature, inspirée des antésocratiques Héraclite, Parménide, Anaximandre puis ensuite tente de fonder la Morale universelle des droits de l'homme sur la possibilité d'un dialogue accepté entre Hitler et un Juif; son livre le fondement de la morale dont certains trouvent que c'est un point faible dans son oeuvre me semble important, si on admet que c'est un exercice valant en droit et non dans les faits; rien n'est plus difficile que la voie du dialogue. je pense au livre pluriel Elle s'appelait Agnès sur le meurtre abominable d'Agnès le 16 novembre 2011 par Matthieu au lycée du Cévenol de Chambon-sur-Lignon (fermé depuis cette histoire), seul mineur au moment des faits, condamné à la perpétuité, aux débats virulents que nous avons eus, monstre ou humain ? https://les4saisons.over-blog.com/.../elle-s-appelait... je me suis souvent posé la question que s'est posée Pierre Bayard Aurais-je été résistant ou bourreau ?, Paris, Éditions de Minuit, "Pour quelqu'un de ma génération, né après la Seconde Guerre mondiale et désireux de savoir comment il se serait comporté en de telles circonstances, il n'existe pas d’autre solution que de voyager dans le temps et de vivre soi-même à cette époque.Je me propose donc ici, en reconstituant en détail l’existence qui aurait été la mienne si j’étais né trente ans plus tôt, d’examiner les choix auxquels j’aurais été confronté, les décisions que j’aurais dû prendre, les erreurs que j’aurais commises et le destin qui aurait été le mien."
Le criminel - Regarder le film complet | ARTE
Après s'être refait une virginité, un criminel de guerre nazi coule des jours paisibles dans une bourgade américaine. Mais ses crimes passés pourront-ils demeurer impunis ? Un film noir réali...
Et quoi l'éternité ?
la traversée filmée le 29 septembre 2023 au Revest
FOCUS AUTEUR #9 JEAN-CLAUDE GROSSE
LE PORTRAIT HEBDO DES AUTEURS eat (Ecrivains Associés du Théâtre). On connaît JEAN-CLAUDE GROSSE comme éditeur des Cahiers de l'Égaré (depuis 1988), président de la filiale eat-méditerran...
On connaît JEAN-CLAUDE GROSSE comme éditeur des Cahiers de l'Égaré (depuis 1988), président de la filiale eat-méditerranée (depuis 2010), et comme "agitateur de bocals agités" selon sa propre formule. L'image d'une vigueur et d'une parole énergique, conforme à sa personnalité passionnée. Dans cette interview, il livre et se livre plus intimement, son engagement poétique et politique, dans des réponses fouillées qui rendent hommage aux penseurs qui accompagnent sa réflexion sur l'écriture et l'humain. Vidéo de 2015, vue 366 fois. Deux ans après (2017-2019) s'amorçait un changement de paradigme.
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Une traversée dans l'oeuvre de JCG + Vita Nova - Les Cahiers de l'Égaré
La supergéante rouge Bételgeuse (en haut à gauche) et la célèbre ceinture d'Orion. Cette image prise en février 2018 révèle les détails de la Constellation d'Orion avec les nébuleuses env...
https://cahiersegare.over-blog.com/2023/11/une-traversee-dans-l-oeuvre-de-jcg-vita-nova.html
version traversée d'une oeuvre
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Une traversée dans l'oeuvre de JCG + Vita Nova - Blog de Jean-Claude Grosse
La supergéante rouge Bételgeuse (en haut à gauche) et la célèbre ceinture d'Orion. Cette image prise en février 2018 révèle les détails de la Constellation d'Orion avec les nébuleuses env...
https://les4saisons.over-blog.com/2023/11/une-traversee-dans-l-oeuvre-de-jcg-vita-nova.html
version traversée d'une vie
Un concepteur : Dominique Lardenois
Deux interprètes : Dominique Lardenois, Katia Ponomareva
ET QUOI L’ ETERNITE ?
UNE TRAVERSEE DANS L’ŒUVRE DE JCG-VITA NOVA
Choix des textes Dominique Lardenois
Interprétation : Katia Ponomavera, Dominique Lardenois
Lecture réalisée le vendredi 29 septembre à la Maison des Comoni ( Le
Revest-les-Eaux)
Lardenois
Présentation de la soirée :
Bonsoir à toutes, bonsoir à tous, bonsoir Monsieur le Maire du Revest les Eaux.
Merci beaucoup d’être en notre compagnie pour partager notre traversée dans
les écrits de Jean-Claude Grosse.
Bonsoir Katia
Bonsoir Jean-Claude.
Comme tu l’as souhaité, tu vas donc découvrir en même temps que notre
public les textes que nous avons choisis pour faire notre traversée.
Mais avant de commencer un petit récapitulatif de tes activités littéraires.
Tu interviens si j’ai oublié quelque chose d’important !
Donc entre 1997 et 2021, tu as, publié 15 livres, Théâtre, poésie, essais, poème
récit,
Et puis, en février 2022, tu publies un seizième livre que tu intitules : Et ton
livre d’éternité ?
Quel livre !
Un roman polyphonique de six cent soixante six pages que tu as écrit durant
deux années.
Tu publies sur tes blogs qui sont consacrés aux questions politiques et sociales,
au développement personnel et à l'éveil spirituel, de très nombreuses notes de
lecture puis tu n’hésites pas à fait part de tes réflexions et de tes prises de
positions sur des domaines très variés.
1Jean-Claude , on peut te voir faire des choses que l’on dit ordinaires comme
par exemple faire tes courses en préférant les circuits courts, boire un café, te
promener dans la garrigue ou conduire ta voiture …
Mais lorsque tu écrits, tu te métamorphoses !
Lorsque tu écrits tu deviens E. Say Salé (ton hétéronyme africain) ou JCG,
(celui qu’on appelle communément J.C) ou Lui-Je, hiérosolymitain d’Avers sous
les eaux depuis le Déluge et d’Avers sur les eaux Et de Corps ça vie ou Vita
Nova.
Je ne connaissais évidement pas le mot Hiérosolymitain et j’ai regardé dans le
dictionnaire, alors : Hiérosolymitain nom masculin qui signifie habitant de
Jérusalem
Dans tes écrits comme dans ta vie, tu traces un chemin très singulier et
atypique avec une démarche profonde, sérieuse argumentée et engagée.
Ce qui n’empêche pas l’humour.
Cette traversée sera subjective, chacune et chacun d’entre vous pourrait en
proposer d’autres, elle ne pourra pas rendre – compte de tout ce que tu as
écrit. Merci de nous le pardonner !
Elle est (sauf coup de tonnerre) prévue pour une durée d’une heure.
Pour conclure cette soirée de manière amicale un pot vous est offert par la
municipalité du Revest-les-Eaux
Vous pourrez aussi, si vous le souhaitez, vous procurer les ouvrages de Jean-
Claude. J’ai cru comprendre qu’il serait à prix réduit ? Tu confirmes Jean-
Claude ?
Vous dire enfin que cette soirée est soutenue par Les Cahiers de l’Égaré, Les
quatre 4 Saisons du Revest et d’ailleurs, La Municipalité du
Revest-les Eaux. En partenariat et avec le soutien de TPM et du Pôle.
Merci beaucoup à eux
Merci à l’équipe technique de la Maison des Comoni qui nous ont très bien
accueillis.
N’oubliez pas tout à l’heure de rallumer vos téléphones portables.
Bonne soirée
2Jean-Claude est-ce que tu une idée du texte avec lequel nous allons commencer
notre traversée ?
On va commencer avec un poème
Il fait partie des 92 poèmes que tu as écrit entre 1958 et 2000 et qui sont
regroupés dans La Parole éprouvée.
C’est un poème que tu as écrit en 1999 pour Les 4 Saisons de Revest aventure
de théâtre et de poésie depuis 1983 et pour L’Agora de La Maison des Comoni
espace de pensée libre, gratuit depuis 1995
Il est dédicacé à Florence, Michelle, Jacqueline, Malika, Jean-Louis, Alex, Cyril,
Rachid, Philippe, Joël, Paul, Michel, Florence, Jacques et Béatrice.
Il a pour titre
(DES) APPRENTISSAGE DE LA BÊTISE, DE LA MAÎTRISE
C’est un poème autobiographique
J’ai commencé le 25 octobre 1940,
jour de ma naissance criée
en maternité-celle des fleurs-du côté d’Ollioules.
menue maman sans son homme
-mon père-du côté de Dakar.
Il faisait nuit-une heure du matin-
c’était minuit dans le siècle de Trotsky assassiné,
nuit et brouillard sur l’Europe nettoyée par Hitler.
Ignorant, je ne savais pas, je ne pouvais crier.
Grandissant, on apprend. Coupable, on devient.
De parents coupables d’innocence.
Nous vivions en zone libre, au temps des restrictions,
dans une France coupée en deux et collabo.
27 novembre 1942. Sabordage de la Flotte.
Un obus dans ma chambre à Rodeilhac. -Maman m’a raconté-
Un obus dans ma chambre qui n’a pas explosé. J’eus la vie sauve,
perdis l’usage d’un œil le gauche
jusqu’à la Libération où je fus rétabli dans ma vision.
3Avant ma longue errance dans le labyrinthe de l’Histoire, je jouais à des jeux
touchants.
Il faisait un temps de guerre froide sur le monde coupé en deux.
Ignorant, je ne savais pas, je ne pouvais crier
que les coupables torturés, abattus, enfermés au goulag étaient innocents.
Moi, je jouais ici en démocratie quatrième République, sans savoir ce que c’est,
du côté de Castres.
Là-bas, d’autres enfants jouaient du côté de Moscou, de Pékin aux mêmes jeux
touchants, dans des démocraties populaires à régime totalitaire sans savoir ce
que c’est.
Après l’effondrement du mur de Berlin
quand après les deux mondes il n’y en eut qu’un
je compris que les dictatures à langage unique s’effondrent
quand les démocraties à pensée unique perdurent.
Avant mon séjour prolongé dans le labyrinthe du Politique
où sévit le Minotaure Libéral qui bouffera nos enfants,
j’appris l’élémentaire, le primaire, le secondaire et le supérieur.
Quelle adolescence du désastre chez les enfants de troupe !
Et à Saint- Cyr Coëtquidan, terre de fondrières et d’effondrements,
L’entrée en poésie pour tenter d’en sortir.
Ecriture appliquée sur des cahiers d’égaré.
Du mot qui dénomme croit faire apparaître la chose dans sa lumière
au mot qui monte, pense faire voir le plein de la chose
jusqu’au mot -mais y arriverai-je à cet ultime ?- jusqu’au mot investi par les
vides et les pénombres de la chose.
Car plus je passe, moins j’explique, moins je comprends : l’expérience me
désapprend le monde et l’homme.
4De la poésie fascinée par l’absence de ce qui n’est pas, de la poésie comme
plainte et révolte à la poésie de la présence et de l’acquiescement à ce qui
apparait et disparait.
De la poésie comme volonté de puissance pour désembourber l’avenir
A la poésie comme humilité pour chuchoter ce qui nous ramifie.
Et ce fut le temps de la paix en Algérie.
A l’Algérie française j’avais cru et je suis arrivé dans ce pays libéré de moi/de
mes pieds noirs, de mon Etat
sans être inquiété ou haï.
Prise de conscience des tromperies de tous bords.
Crise de conscience. Démission de l’armée.
Reprise des études en Sorbonne, à Nanterre.
Professeur de letres et de philosophie dans le Nord
aimé d’une élève, l’aimant en retour
ah la légère, l’aérienne ! Etoile et danse !
Vivre d’aimer au temps de Mourir d’aimer.
Mariages civil et religieux, nous athées,
Au beau milieu de l’année.
Une fille nous est venue le jour du deuxième tour des élections de 68.
Après l’exaltation du 13 mai au 6 juin,
Entré en politique avec le souci de transformer le monde
par la vérité et la lutte des classes.
J’ai perdu de vue notre fille et ma femme.
Le militant, 12 ans durant, a oublié d’être mari et père.
30 ans après, on revient là-dessus.
A vu le jour notre deuxième, 3 ans après.
A vu le jour après avoir failli être perdu !
Homme d’écriture et de théâtre comme moi et comme sa sœur.
Du Nord au Sud, ce que nous avons gagné en soleil, nous l’avons perdu en
chaleur.
5Après la révolution mondiale pour changer la vie,
Echec patent
l’action municipale, 12 ans durant,
pour faire du village du Revest, une agora rayonnante,
Pari tenu.
Vie depuis consacré au théâtre, art de la parole et du silence,
Art du dit, du non-dit, du mi-dit
Art de la voix, du regard, du corps,
Art de la présence et du partage
Cet art du rassemblement me tient en éveil, en alerte,
capteur d’inattendu bouleversant
en marge de la déception qui me saisit quand ce qui se passe sur scène est en
représentation.
Me soumettant à l’impératif de l’essentiel, que me faut-il maintenant
entreprendre entre le franchissement de l’an 2000 et le passage à vide ?
Ecouter la symphonie des nuages qui dérivent au dessus de ton toit.
Voir depuis chez moi le théâtre des vents alternes dans l’olivaie.
Commentaire :
Cher Jean-Claude tu as écrit ce poème-portrait à l’aube de l’an 2000. Vingt-trois
années on va se rendre-compte que tu ne t’es pas contenter d’écouter la
symphonie des nuages et voir le théâtre des vents dans l’olivaie.
(Temps)
Lardenois
Puisque nous sommes en automne nous avons choisis de poursuivre notre
traversée avec un texte que vous trouverez dans
ET TON LIVRE D’ETERNITE ?
Il a pour titre :
Vivre les saisons au féminin que tu sois femme ou homme
6Katia
Quand vient l’automne,
Je repense à ces fleurs qui sont nées.
Qui ont parfumé nos âmes.
Je repense à ces fruits délicieux,
Que nous avons cueilli ensemble
Dans notre arbre âme.
Oh mon amour, j’ai tellement de reconnaissance
Pour toutes ces feuilles, toutes ces fleurs, tous ces fruits
Que tu as fait pousser en moi, à travers moi,
A travers d’autres.
J’ai tellement de reconnaisse pour
Toutes ces feuilles, toutes ces fleurs, tous ces fruits,
Que nous avons créés ensemble,
Au bout de nos sourires, de nos regards, de nos mains d’oiseaux, de nos danses
colorées, de nos souffles, de nos joies partagées.
Quand vient l’automne,
Je repense à toutes ces feuilles, toutes ces fleurs, tous ces fruits, toutes ces
graines,
Qui vont tomber en terre.
Et je ressens la sève qui descend,
7Les feuilles qui lentement se rétractent, se détachent des branches.
Tout devient plus craquant et plus sec,
Alors je pense, mon amour, à ce besoin
De retrouver la TERRE
A ce besoin de fondre dans l’humus- amant,
De fondre, à nouveau dans l’obscurité et la chaleur de sa douce présence.
Et je pense à ce temps de recueillement,
Ce lâcher prise après l’été ardent
Et je laisse la sève revenir à la TERRE,
Je laisse mon amour revenir en mon centre plus présent et plus fort.
Ressourcement, transformation
Passage de la lumière à l’obscurité
De l’extérieur à l’intérieur.
Mon cœur porte cet élan des saisons avec moi,
Et je sais que mon amour a autant besoin de fruits mûrs que de branches
d’hiver.
Mon amour, tes belles feuilles toutes gorgées d’été et de chaleur,
Vont ralentir leur activité
Pour nourrir le bois, les directions nues qui se trament au bout des branches,
dans le corps de ton tronc, dans la conscience nue,
Et je pense à ce besoin de renouvellement, de régénérescence.
8Dans la douce fin d’été si sucrée,
Je pense à ma capacité à mourir pour renaître encore,
Je pense au phénix et je pense à l’oiseau
Et je laisse mes plumes se suspendre un instant.
Une profonde introspection commence.
Ce besoin d’être à l’intérieur,
Ce besoin d’habiter l’intérieur,
Ce besoin de prière.
Âme du monde je te reconnais.
Je te reconnais dans ton foisonnement, ta générosité, je te reconnais dans ta
nudité, ton abandon.
Et je descends dans ton essence pour effleurer avec toi l’âme plus grande qui
nous berce toi et moi et nous demande d’écarter encore nos antennes célestes
Pour propager, cultiver cette atmosphère du souffle
Dans chaque recoin du monde,
Avec ce souffle amoureux,
D’un espoir à trouver, d’une paix à toucher.
(Temps)
Lardenois
DANS
LES ENFANTS DU BAÎKAL
Il était une fois le Baïkal et une goutte d’eau
9Katia
C’est un conte !
Un dialogue entre un Grand-père et sa Petite Fille qu’il appelle sa Fetite Pille.
Lardenois
Le Grand Père : Tu veux voyager ?
Katia
La Fetite Pille : Oui loin !
Lardenois
Alors on est parti !
Katia
Où ça ?
Lardenois
Au lac Baïkal
Katia
C’est où ?
Lardenois
Vers l’est, à 10 000 kilomètres de la Méditerranée.
Katia
Comment on y va ?
Lardenois
Par l’imagination
Katia
Oui, mais en vrai ?
Lardenois
En vrai, avec le Méditerranée-Baïkal un train pour les rêveurs.
Katia
10On part quand ?
Lardenois
Le 28 juillet à 7 heures du matin.
Katia
Combien on passe de jours dans le Méditerranée-Baïkal ?
Lardenois
7 jours pour Oulan- Oudé
Katia
Qu’est ce qu’on y fait ?
Lardenois
On voit de nouveaux visages, de nouveaux paysages, on traverse des rivières,
on passe sous des montagnes, on entend la musique des roues…
Katia
C’est bien voir de nouveaux visages ?
Lardenois
C’est ce qui est le plus passionnant, chaque visage raconte son histoire.
Katia
Moi, j’entends rien quand je regarde.
Lardenois
Il faut voir avec les yeux du cœur pour entendre l’histoire muette d’un visage !
Katia
Raconte-moi les arrêts sur image.
Lardenois
On commence par lequel ?
Katia
11Oulan- Oude c’est la qu’on descend pour aller au lac. Comment on va au lac ?
Lardenois
Un mini bus puis en bateau pour aller à Baklany. C’est une plage de sable ocre
réservée à deux poètes. Dasha et Lisa.
Katia
Elles vivent comment ?
Lardenois
Seules, dans une isba en bois, elles pêchent, chassent, cueillent des baies
Katia
Elles n’aiment pas les gens ?
Lardenois
Si, mais elles les aiment trop ! Les gens sont toujours décevants quand tu les
aimes trop !
Katia
Je t’aime beaucoup alors tu me déçois ?
Lardenois
Sans doute, je ne suis pas à la hauteur des histoires que je veux te raconter.
Katia
Ca c’est vrai : le minibus, le bateau, tu peux faire mieux ! Dis- moi quelque
chose qui me parle…
(temps)
Lardenois
Il était une fois une goutte d’eau sur une feuille de bouleau Elle s’appelait
Baïkala . C’était une goutte de rosée qui comme toutes les gouttes de rosées
accrochées à des branches, devait tomber dans le lac.
12Pourquoi refusa-t-elle ce destin ? Elle savait, vieux savoir, que si elle tombait
elle perdrait sa singularité, qu’elle se fondrait dans la masse. Elle se croyait
unique.
Le bargouzine avait beau souffler, la petite goutte d’eau résistait, et s’accrochait
à la feuille.
Ce n’est pas le vent qui eut raison d’elle mais le soleil. C’était en août. Elle
s’évapora.
Liquide, elle était devenue vapeur.
Lourde elle était devenue légère.
Elle avait rejoint un nuage, elle avait changé d’état.
Les gouttes de nuage c’est comme des semences. Quand elles tombent en
pluie sur la terre, tout ce qui attend de naître se met à pousser.
Ca lui plaisait d’être la semence universelle, de faire naître, de faire grandir, de
faire vivre.
FP : moi, j’ai envie de grandir ! Est ce que je pourrai rencontrer Baïkala ?
GP : Bien sûr ! On part au Baïkal ; on attend la prochaine pluie et Baïkala, la
goutte d’eau, tombée du ciel descendra spécialement pour toi et viendra se
loger…….. dans ton nombril.
Katia :
Dans mon nombril ?
Lardenois
Oui dans ton nombril ! Le nombril d’or, l’omphalos c’est ici dans ton nombril
que se relient les eaux utérines donnant naissance et les eaux torrentielles
donnant la vie.
Tu es une manifestation sacrée de la Vie !
Katia
Ah bon ?
Tu délires pas un peu avec mon nombril ?
Maman dit que t’es un putain de nombriliste.
13Pardon pour putain c’est son mot.
(Temps)
Lardenois
Commentaire : Le premier vers de ton poème autobiographique débute par «
J’ai commencé », alors que dire sur le commencement ?
DANS
JOURNAL D’UN EGARE
QUE DIRE SUR LE COMMENCEMENT ?
Katia
Que dire sur le commencement ?
Quand un commencement commence
Un chemin se met à cheminer
Jusqu’à une fin
Qui y met fin.
Lardenois
Le commencement contient-ils le chemin et la fin ?
Il y a des tenants de cet abrutissement.
Si le commencement ne contient rien
Et si la fin ne dit rien
Y a-t-il encore chemin ?
Katia
DESTIN ?
14Lardenois
HASARD ?
Katia
Tout commencement est arbitraire.
Il n’y a pas de point zéro
Le point zéro de tout big bang est inaccessible,
Tu ne peux tout réinventer, tout recréer
Pars de ce qui t’est donné
Et que tu ne peux refuser.
Pars de cette violence qui t’est faite
Et que tu peux organiser.
Dieu nous a donné la Terre.
Nous la lui rendrons retournée, cultivée.
Il a fait l’animal humain
Nous lui rendrons l’Homme.
Lardenois
50 années plus tard tu relis Jean-Claude, ces quatre derniers vers
Réécoutons-les !
Katia
Dieu nous a donné la Terre.
Nous la lui rendrons retournée, cultivée.
Il a fait l’animal humain
Nous lui rendrons l’Homme.
Lardenois
Tu relis donc ces quatre vers et tu écris :
15J’ai osé écrire cela il y a 50 ans en 1966 ?
J’ai osé mêler Dieu à notre aventure terrestre et cosmique.
J’ai aussi osé évoquer par trois fois un « Nous
»
: espoir d’unité et d’élévation
très affirmé. .
Qui oserait, aujourd’hui, croire au « Nous
»
?
Aujourd’hui, je vois triompher le « Moi ».
Du « Nous » exacerbé au « Moi » enflé, tel est notre trajet majori
(Temps)
Katia
DANS
L’ÎLE AUX MOUETTES
DELAVIEDELAMORTMÊLEES (écrit comme un seul mot ?)
Lardenois
Méditation poétique sur le hasard et la mort
Katia
Au clocher de Corsavy
vieux de quelques siècles
midi sonne
le temps passe
elle se rapproche
Lardenois
Sirène de pompier
barri d’amunt
attroupement de voisins
que se passe t-il ?
16Katia
C’est Francine elle a un malaise cardiaque.
Lardenois
En réalité c’est trop tard.
Rupture d’anévrisme.
Katia
Dans son lit Francine discutait avec deux amies
Des voisines
Elle dit J’ai la tête qui tourne
elle la rejette en arrière
pousse un râle,
ce fut tout
C’était terminé.
Lardenois
La page est tournée
les volets sont fermés
Francine n’est plus
Katia
Des paroles s’envolent.
Lardenois
c’est le destin
Katia
c’était son heure
Lardenois
c’était écrit, c’est la vie !
Katia
La vie continue dit une autre femme
Lardenois
Plus tard
je m’interroge
minuit sonne
le temps passe
elle se rapproche.
17Que disent ces paroles de survivants ?
La vie continue oui
pour chacun de ces vivants
moi y compris
qui vous écris.
Katia
Dans le Grand Livre de la Nature
il n’y a qu’une inscription
nous sommes mortels
A l’échelle du temps immense
nous ne sommes qu’une éloïse
dans la nuit éternelle
Lardenois
A notre échelle
cette petite part de temps et de vie
qui nous est donnée par le hasard
comment pouvons-nous la vivre ?
Katia
Don du hasard
la vie
Lardenois
Don du hasard
toi moi
Katia
Don du hasard
ta mort avant la mienne
Lardenois
Dans ce grand jeu de hasard sans règles et sans lois sans calculs de probabilités
comment jouer ?
Katia
Entre le Tout ( avec un grand T) et le Rien ( avec un grand R)
chacun doit trouver sa juste mesure
18ce n’est pas Tout
ce n’est pas Rien
ce n’est pas Tout ou Rien
c’est un tout petit peu du Tout
c’est un petit peu plus que Rien
Lardenois
Vivre en homme de raison
c’est penser
clarifier un peu de l’incompréhensible
un peu de l’indescriptible
Katia
Chacun de nous est libre
de donner la signification
et la valeur qu’il veut
à sa vie
Lardenois
Moi,
Je n’ai pas envie d’ajouter
de la laideur au monde
mais un peu de beauté
de pensée
Katia
Ce fut sans doute aussi le choix de vie de Francine
Son sourire
sa bonté
sa beauté
étaient les signes de ce qu’elle était
de ce qu’elle était devenue.
(Temps)
19Lardenois
DANS
L’ÎLE AUX MOUETTES
La vie est comme un zèbre, une bande blanche, une bande noire…
Katia
Imagine que ta vie soit comme un zèbre une bande blanche, une bande noire.
Quel temps accorderas-tu à ta vie privée. Lequel à ta vie publique. Lequel à tes
passions, tes talents. Lequel à ton métier ?
Lardenois
Distingues le temps que tu accorderas à ton corps, à ton esprit, à ton âme, le
temps que tu accorderas à ta femme, à vos enfants, à tes parents, aux amis, aux
voisins, aux lointains, à la politique, à la morale, à l’éthique, à la culture, à
l’humanitaire, à la lecture, au cinéma, au pastis, à l’amour, au travail…
Katia
Demandes- toi ou tu vas choisir de vivre ? Ville, campagne, montagne, au fond
des bois, au bord de la mer
Lardenois
Demandes- toi si tu veux vivre sédentaire, sécurisé ou nomade précarisé. Si tu
veux vivre dans une hutte, une isba, une yourte, une maison ou une caravane !
Katia
Demandes- toi si tu veux vivre en accumulant des biens de toutes sortes, en
consommant, en polluant, en détruisant ou en réduisant tes besoins, tes désirs
et en vivants sobrement.
Lardenois
Demandes toi si tu veux vivre en solitaire, en dérangeant le moins possible
l’ordre des choses et en refusant de changer le monde
Ou si tu veux vivre en épicurien, cultivant l’amitié,
Katia
20Ou si tu veux vivre en homme de la grande et de la petite responsabilité en
cherchant à donner sens et valeur à sa vie, à donner le meilleur de TOI –MÊME
plutôt qu’à prendre ou à réclamer, sans hurler à la mort ou aboyer à la lune.
Katia et Lardenois A deux
A toi de jouer !
(Temps)
Katia
Je pars
Lardenois
Où ?
Katia
Au Baïkal !
Lardenois
DANS
LES ENFANTS DU BAÏKAL
L’invitation à la vie (extrait)
Katia
Personnages :
Lardenois
Le fils
Katia
La mère
Lardenois
Le père
Katia
La sœur
(Temps)
21Katia
Le fils
Lardenois
Je pars
Katia
Le père
Lardenois
Où ?
Katia
Le fils
Lardenois
Au Baïkal
La mère :
Katia
Pourquoi ?
Le fils :
Lardenois
Un amour là-bas
Katia
Le père :
Lardenois
Bonne raison !
La mère :
Katia
Ce n’est pas une raison.
22Le fils :
Lardenois
Elle s’appelle Baïkala
La mère :
Katia
Elle est comment ?
Le fils :
Lardenois
Pure comme le lac.
La mère :
Katia
Folle du cul comme tu les aimes.
Le fils :
Lardenois
Maman !
Katia
Le père :
Lardenois
Que fait-elle ?
Katia
Le fils :
Lardenois
Elle chante le Baïkal.
Katia
Le père :
23Lardenois
Tu vas vivre d’amour et d’eau fraîche ?
Katia
Le fils :
Lardenois
A peu prés.
La mère :
Katia
Et ta santé ?
Le fils :
Lardenois
Le Baïkal protège ceux qui l’aiment et qui s’aiment.
Katia
Le père :
Lardenois
Qu’est ce que tu lui trouves à ce lac ?
Katia
Le fils :
Lardenois
Écoute-le !
La mère :
Katia
Et à elle ?
Le fils :
Lardenois
24Ecoute- la !
La sœur :
Katia
Je pars avec toi ….
(Temps)
Katia
Le fils:
Lardenois
On va répéter ici !
Les comédiens :
Katia
En pleine nature ?
Lardenois
T’es dingue !
Katia
On va dans le mur !
Le fils:
Lardenois
Oui ici !
Où vois- tu un mur ?
Cet endroit du Baïkal s’appelle BAKLANY .
Au large l’île aux Mouettes. Vous les entendez ?
La sœur :
Katia
Oui, c’est bien ici. Dans la forêt c’est parfait.
25Lardenois
Les comédiens :
Katia
Quel vacarme !
Lardenois
Pourquoi tu nous infliges ça ?
Katia
Le fils :
Lardenois
Où veux-tu répéter La Forêt d’Ostrovski ?
Les comédiens :
Katia ou à deux
Dans un théâtre !
Katia
Le fils:
Lardenois
Vous n’avez rien compris au théâtre russe !
Les comédiens :
Katia
En pleine nature,
Lardenois
Sans le moindre confort,
Katia
T’es dingue !
Le fils:
Lardenois
26Oui ici, à BAKLANY
on est au plus prés de la taïga. De ses cadeaux, de ses dangers.
Les comédiens :
Katia
La nature est insupportable.
Lardenois
Tes idées sont insensées.
Katia
La nature pour éprouver l’art !
Le fils:
Lardenois
Vous préférez l’artifice ?
Les comédiens :
Katia
Ta nature, elle nous emmerde.
Lardenois
On l’emmerde et toi avec.
Katia
On se casse !
Le fils :
Lardenois
C’est ça cassez-vous ! J’ai pas besoin de vous !
La sœur :
Katia
Je reste !
Le fils:
27Lardenois
C’est comme ça dans toutes les aventures artistiques.
L’art ça dérange ou ce n’est pas de l’art.
(Temps)
Katia
Lui- Je, n’attend plus du théâtre qu’il lui donne de la voix, qu’il lui ouvre la voie,
une voie.
Il a pourtant fait partie du milieu, bénévolement pendant 22 ans et créateur du
festival de théâtre d’Avers sous les eaux puis directeur des 4 Saisons d’Avers sur
les eaux dans la Maison des Romanich de 1983 à 2004.
Il a cru, par passion, à la nécessité de soutenir la création artistique, de
l’écriture à la mise en scène, de soutenir et susciter des formes innovantes et
l’émergence de jeunes créateurs.
Ce fut une période passionnante qu’il ne renie pas
Mais Lui-je a pris conscience progressivement vers 2017/2019 que pour lui, le
vrai travail est à faire sur soi et par soi.
Pas d’agir sur les autres, d’influencer les autres.
Pas d’être agi par les autres.
Au théâtre, au spectacle, on est dans la représentation, pas dans la présence,
pas dans le présent.
Au théâtre je suis spectateur, je ne suis pas acteur de mon destin de mes choix
de vie à mes risques et péril.
Le théâtre, lieu de représentation est comme la politique représentative :
Enjeux de pouvoir
Le théâtre, lieu de représentation est comme la politique représentative :
Luttes de pouvoir.
28(Temps)
Lardenois
Ah le Théâtre !
(à Jean-Claude)
Jean-Claude, entre 1997 et 2017 tu as écrit et publié 7 pièces de Théâtre !
(Bravo)
Cinq pièces sous ton propre nom : Jean-Claude Grosse
Katia
La Vie en jeu
Lardenois
La Lutte des places
Katia
Le Libre jeu
Lardenois
La où ça prend fin
Katia
Et Histoire de places
Lardenois
Et trois autres pièces sous le nom de ton hétéronyme E.Say. Salé
Katia
Moi, Avide 1erl’Elu
Lardenois
EAT (manger, pisser, écrire) au temps des queues de cerises
Katia
Et Vols de voix Farce PESTILENTIELLE à l’occasion de la présidentielle 2017
Lardenois
Nous avons cherché dans le dictionnaire la signification de ce mot étrange
Hétéronyme
Katia
En littérature un hétéronyme est un pseudonyme utilisé par un écrivain pour
incarner un auteur fictif qui possède une vie propre et un style littéraire
particulier.
Lardenois
C’est clair ?
Ton Hétéronyme : E Say Salé est un auteur congolais qui vit à Ouagadougou, il
écrit des farces et il est aussi est cinéaste.
(A Jean-Claude)
C’est bien ça Jean-Claude ?
Katia
Vols de voix comportent 169 personnages
Le questionneur de merde
Lardenois
Le soliste qui œuvre en sous-sol
Katia
Arlette du musée Grévin
Lardenois
Le repentiste
Katia
Persil et Omo
Lardenois
La dératée des champs
30Katia
La servante du grand méchant loup
Lardenois
Sigmund et Jacques
Katia
L’entre deux-chaises
Lardenois
Un habitant de gogoland monsieur Gogo
Katia
L’ultraculpabilisateur néo libéral de gauche
Lardenois
L’anartiste … et bien d’autres !
Katia
169 personnages qui se partagent 235 répliques dont celle du Romain à succès
en 1956
Lardenois
Réplique du Romain à succès
Le député était préoccupé. Il essayait de se rappeler à quelle formation
politique il appartenait. Son parti s’était scindé en deux, les éléments de chaque
tronçon se repliant eux-mêmes par des systèmes d’imbrications vers trois
formations diverses, lesquelles exécutaient un mouvement tournant autour
du centre afin de s’y substituer, cependant que le centre lui-même subissait un
glissement vers la gauche dans ses éléments centripètes et vers la droite dans
ses éléments centrifuges.
Le député était à ce point dérouté qu’il en venait à se demander si son devoir
de patriote n’était pas de suscité lui-même la formation d’un groupement
nouveau, une sorte de noyau centre-gauche-droite avec apparentements
périphériques lequel pourrait fournir un pivot stable aux majorités tournantes,
31indépendamment des charnières qui articulaient celles-ci intérieurement, et
dont le programme politique pourrait être justement de sortir du rôle de
charnière pour accéder au rôle de pivot.
De toute façon, conclut le député, le seul moyen de s’y retrouver était d’avoir
un groupe à soi.
Katia
Le député leva brusquement vers le barman un regard désemparé.
(Temps)
Katia
Nous allons à présent quitter le cauchemar du député pour un moment de
rêve qui se trouve dans «
Journal d’un égaré
»
C’est le Rêve d’une école de la vie
Un texte dédié au philosophe à Marcel Conche que tu nommes Epicure de
Corrèze
Lardenois
Je rêve d’une école de la vie de trois classes.
Katia
Une classe pour apprendre à raconter. Pour seize enfants de 6 à 9 ans.
Lardenois
Une classe pour apprendre à s’émerveiller. Pour seize adolescents de 11 à 14
ans.
Katia
Une classe pour apprendre à penser et à vivre vraiment. Pour seize jeunes gens
de 16 à 19 ans.
32Des gosses des rues. Pas voulus. Des survivants du travail précoce, du sida
général, de la guerre perpétuelle. Des adolescents à la dérive sur
l’amertumonde.
Lardenois
La classe des petits seraient confié à un aède. Homère par exemple. Ils seraient
assis en rond 8 garçons et 8 filles. Ca commencerait par des questions. Homère
leur raconterait des histoires. Ils commenteraient ces histoires. Ils les
raconteraient à leur tour puis ils en inventeraient.
Katia
La classe des moyens seraient confiée aux poètes : Linos, Orphée, Sappho et à
un peintre, vieux de 33 000 ans, celui de la grotte Chauvet. Linos ferait entendre
un chant très ancien sur le soleil, Orphée inventerait un poème d’éternité, avec
Sappho ils gouteraient à l’inachevé, l’homme de Chauvet les aiderait à
impressionner les murs, à faire vibrer la lumière, à donner corps a l’esprit.
Lardenois
La classe des grands serait confiée à un élu, battu aux élections, à un chef
d’entreprise en faillite, à un directeur de pompe funèbres en retraite et à un
philosophe très ancien. Anaximore, Héraclite, Parménide, Empédocle. 8 filles et
8 garçons en quête de soi, de l’autre qui se poseraient des questions : qu’est ce
que l’homme ? Qu’est ce que la nature ? Qu’est ce que vivre vraiment ? Qu’est
ce que devenir soi ?
Katia
En quelques semaines ils se sèvreraient des jeux vidéo, des modes
vestimentaires, langagières et comportementales
Lardenois
En quelques mois, les multinationales de la mal bouffe, du divertissement
formaté, de la manipulation des cerveaux seraient en faillite
Katia
En quelques siècles ils renonceraient aux vains désirs
Lardenois
33En quelques millénaires ils renonceraient aux illusions…
Katia
Nous avons pris l’initiative de faire parvenir tes propositions au Ministre de
l’Education Nationale de la Jeunesse. Nous sommes toujours dans l’attente de
sa réponse.
(Temps)
Lardenois
Nous poursuivons notre traversée avec un poème toujours extrait de La Parole
éprouvée
LE PREMIER MOT (extrait)
34Redis- moi le mot
Venu frapper là où cogne ma vie
Venu me réveiller au cœur de Paris.
Redis-moi ce mot
Ce sortilège de l’adolescence
Qui toujours devant mes yeux danse
Comme un merveilleux quiproquo.
Redis-moi dis
Ce mot que tu m’as dit
Ce mot d’amour
Le premier mot de notre premier jour.
Un coup de fouet
Comme des embruns
Petit pont d’amour
Qui durera toujours.
DANS
L’ÎLE AUX MOUETTES
Portrait de la femme aimée depuis 40 ans
Katia
35Apparemment, c’est une femme de l’absence. Toujours ailleurs. Perdues dans
ses pensées. Fille d’air et de rêve.
Mais à la pratiquer, avec amour, depuis quarante ans, j’ai compris que c’est une
femme de la présence, une présence légère dans le présent. Elle ne pèse pas.
Elle ne pose pas. Avec elle, tout est danse.
Le présent n’est pas que l’instant. C’est le moment de maintenant avec une
pointe de souvenir. Une fleur chaque jour pour notre chat parti sans retours ;
Son nom parfois et alors, une bouffée de nostalgie.
Elle est attachée à tout ce à quoi elle a donné de l’amour. Des photos et des
mots pour les disparus, la mère, d’une embolie qu’elle embellit, le fils et le
frère, dans le même accident.
Des cartes aux anniversaires. Des cadeaux sans destinataires pour les recevoir.
Quelle aptitude à ne rien laisser mourir malgré la souffrance, évidente,
inconsolable.
Chaque objet est à la fois d’hier et de maintenant, pas figé, souvent déplacé.
L’œil toujours sollicité par quelque nouveauté, une disposition rare, un
rapprochement inattendu, un éloignement surprenant.
Tout ce qu’elle aime est sans cesse repris, reconsidéré. Petits rien qui changent
tout.
Combats de chaque instant contre la dégradation, l’usure, l’habitude, l’oubli.
La maison vit, est habitée. Pas d’ennui possible avec une femme qui fait de sa
maison, de notre vie, un récit, un poème.
Avec elle, les simples jours deviennent les simples beaux jours, embellis par le
regard, le sourire radieux qu’elle pose sur les choses et sur les gens. Les tristes
jours deviennent les inoubliables tristes jours adoucis par son sourire
mélancolique.
Elle rayonne d’amour. Solaire, elle donne le meilleur d’elle, une écoute qui
apaise angoisses et peines, aide à mettre en mots, petits maux et grandes
douleurs.
Mais de ses angoisses et souffrances, vous ne saurez rien, les mots ne sont pas
pour elle. Elle ne s’en sert pas pour elle.
36Tout se passe dans le regard, souvent mouillé, toujours caché.
La légère, l’aérienne ! Depuis quarante ans, elle me fait la vie légère.
Je l’aime sans comprendre pleinement la force du don qui l’habite.
Mais en la vivant pleinement, passant des heures à contempler son visage sur
lequel je ne vois pas passer l’âge.
Elle a l’âge de son cœur, celui de l’adolescente qui m’a choisi une fois pour
toute.
Mon désir d’elle et mon amour pour elle sont restés intacts à son contact.
(Temps)
Lardenois
La mère :
Katia
Pourquoi n’appelle-t-il pas ? Ca fait déjà quinze jours. J’ai peur.
Le père :
Lardenois
C’est impossible d’appeler depuis là-bas. C’est brouillé, coupé. Rien ne passe.
La mère :
Katia
Pourquoi est-il allé là-bas, alors ?
Le père :
Lardenois
Pour se couper de tout.
La mère :
Katia
Pour se couper de nous ? Comment peut-il se retrouver, s’il fait disparaitre les
traces ? S’il est sans passé, sans projet ?
Le père :
37Lardenois :
Il n’est pas sans passé, sans projet. Il ouvre une parenthèse pour vivre au
présent. Loin de tout à 10 000 kilomètres de chez nous.
La mère :
Katia
Qu’il se dépêche de la refermer !
Le père :
Lardenois
Ca pourrait être un idéal de vie, vivre au présent, sans passé, sans projet, une
parenthèse qui s’ouvre à la naissance, qui se ferme à la mort
La mère :
Katia
Qu’est ce que tu racontes ? Appelle-le. Dis lui de revenir de suite.
Le répondeur :
Lardenois
Ligne en dérangement… ligne en dérangement… Indépendant de notre
volonté…
La mère :
Katia
Insiste !
Le père :
Lardenois
Je te dis que les lignes sont mauvaises. Entre deux ouragans ils essaient de
réparer mais ils n’ont jamais assez de temps.
Katia
Le Répondeur :
Lardenois
38Mauvais numéro…. Plus de correspondant…
La mère :
Katia
Recommence !
Le répondeur :
Lardenois
Mauvais numéro… Plus de correspondant… inutile d’insister … libérer la ligne
pour d’autres appels…
La mère :
Katia
Refais le numéro
Le répondeur :
Lardenois
Bon numéro… laissez votre message…
Katia
Le père :
Lardenois
C’est papa. Dés que tu reçois ce message, appelle. Ta mère s’inquiète !
La mère :
Katia
Mon chéri c’est maman. J’espère que tout va bien. Je t’embrasse.
(Temps)
Lardenois
La mère :
Katia
Pourquoi ? Pourquoi ?
39Le père :
Lardenois
Pourquoi lui ?
La mère :
Katia
Pas lui. Ce n’est pas vrai. Appelle-le. Dis –lui de revenir.
Le répondeur :
Lardenois
Ligne… occupée… ligne… occupée … ligne… occupée
Katia
Le père :
Lardenois
Il y a dû y avoir un ouragan. Leur central disjoncte.
La mère :
Katia
S’il y a une chance, je veux qu’on la saisisse. Rappelle-le !
Le répondeur :
Lardenois
En ligne… signal …
Katia
Le père :
Lardenois
Le message a changé.
La mère :
Katia
Raison de plus insiste !
40Le répondeur :
Lardenois
Ne donne pas signe de vie. Ne donne pas signe de vie. Renouvelez votre appel.
Katia
Le père :
Lardenois
Comment savoir la vérité ?
La mère :
Katia
Je veux que ce ne soit pas vrai. Recommence.
(Temps)
Katia
Le répondeur :
Lardenois
Nous n’avons pu rétablir les lignes d’urgence. .. Adressez votre prière.
La mère :
Katia
Mon fils n’entend plus ce que j’ai à lui dire. Comment lui parler ?
Le répondeur :
Lardenois
Le répondeur n’est pas fait pour apporter des réponses…. Le répondeur n’est
pas fait pour apporter des réponses
La mère :
Katia
A quoi sert- il alors ?
Le répondeur :
41Lardenois
Le répondeur sert à annoncer la disparition d’un abonné et à recevoir les
condoléances.
La mère :
Katia
Ca ne m’est d’aucun secours, je veux entendre sa voix. Aidez- moi à le
rejoindre !
Le répondeur :
Lardenois
Mauvais numéro… parti sans retour … destination inconnue… La voix de votre
correspondant a été coupée… Voulez vous faire une réclamation ?
Katia
La mère :
Rends nous notre fils !
Lardenois
Le père :
Rends nous la voix de notre fils !
Katia
Le répondeur :
Lardenois
Une voix coupée… est impossible… à réentendre. Une voix coupée… est
impossible… à réentendre.
(Temps)
Lardenois
8 années plus tard
Katia
42L’épousée : Tu te souviens ? Je t’avais demandé de dénoncer le contrat avec le
répondeur.
Lardenois
L’épousé : Oui, il nous avait répondu : peut-on se passer du Répondeur ?
Katia
Tu te souviens ? J’ai insisté sur l’éternité de l’instant syncope.
Je me demande où peut bien être passé l’instant syncope ?
Lardenois
Ca revient à se demander… où va le passé ?
Katia
C’est ce que je te demande, je vais passer. Où vais-je passer ?
Tu ne dis rien ?
Regarde- moi !
Je sais que je vais passer.
Où vais-je passer ?
Tu peux me répondre ?
Lardenois
Je n’ai pas la réponse à cette question et je ne veux pas que tu passes pour
aller dieu sait où ! Tu restes avec nous, tu dois rester avec nous. Quand on
passe c’est qu’on le décide !
Katia
Oui ! J’ai sans doute décidé de m’en aller. Plus rien ne me retient ici. Je vois bien
que je ne peux abolir le temps ni remplir le blanc du temps. Ca m’épuise ce
combat.
Lardenois
Pourquoi vouloir finir avant la fin ? Pourquoi vouloir arriver en avance là où ca
prend fin ?
Katia
43Tu connais la fin ?
Lardenois
Non
Katia
Alors, je peux mettre le point final…
Lardenois
Tu as décidé de finir la partie ?
Katia
Non, ça se décide en secret dans le ventre !
Lardenois
Partir de façon volontaire c’est ce que tu désires en secret ?
Katia
Je n’en sais rien.
Réponds à ma question :
Je sais que je vais passer où vais-je passer ?
Lardenois
Personne ne peut répondre à cette question !
Katia
Allez, fais un effort !
Tout ce que j’ai été
Tout ce que j’ai fait, ça a eu lieu une fois pour toutes, pour toujours, sans
possibilité d’être effacé, ça va bien quelque part non ?
Lardenois
Je n’en sais rien. Nous oublions ce que nous avons fait, ce que nous avons été.
Parfois ça ressurgit avec un goût de la madeleine.
44Katia
Ca, c’est ce qui se passe durant le temps de notre vie. Durant le temps fini de
notre vie.Mais il y a l’autre temps, celui dans lequel je vais entrer
définitivement, le temps éternel, infini.
Lardenois
Tu nous fais mal !
Katia
Ce n’est pas ce que je veux. Je veux la vérité en face !
Lardenois
Tu veux la mort en face ? Celle de toute chose pour toujours ?
Katia
Oui, il y a des choses à penser sur ce qui se passe quand on passe.
Qu’est ce que nous devenons ?
Lardenois
Les Répondeurs religieux ont leur réponse.
Katia
Réponses toutes prêtes, pour tous, je veux que l’on cherche par nous même !
Lardenois
Tu te rends compte de ce que tu me demandes, penser l’impensable, ton
passage de vie à trépas. C’est surhumain. Ce qui est humain c’est notre
promesse : « A notre amour, jour après jour, jusqu’à ce que ça fasse toujours ».
Seize mille huit cent cinq jours 16805 aujourd’hui, mon p’tit chat !
Katia
J’arrive au bout de mon temps de vie
Mais pas à la fin de ce qui a eu lieu,
Puisqu’il sera toujours vrai
Que ça a eu lieu
(Temps)
Lardenois
EN MARCHE
Nous étions jeunes
Nous marchions vite
Nous nous laissions porter par la puissance de nos muscles
Leur énergie nous exaltait l’âme
Leur effort tendu et souple ne nous menait nulle part
Nos cœurs se gonflaient aux vents du large
Des ailes nous poussaient.
Katia
Sur la scène, un vieil homme assis, de dos, face à la caméra de son ordinateur.
Le vieil homme
Lardenois
Pourquoi je m’installe là aujourd’hui, mercredi 25 octobre 2020, à 6 heures du
matin ?
C’est mon anniversaire, 80 ans.
Arrivé au monde depuis déjà 5 heures.
80 ans.
Donc le temps existe.
Katia
Faut-il en douter ?
Lardenois
46Arrivé au monde.
Donc le monde existe
Katia
Faut-il en douter ?
Lardenois
Réveil sans réveil entre 4 et 5 heures.
J’ai accompli mes petits rituels du matin.
Laudes joyeuses
Bonjour le jour, nouveau jour, merci la vie.
Bonjour mes chéris, vivants et autrement vivants, vous les trans-parents. Que
cette journée de plus soit une journée de paix, de silence….
Katia
Où vais-je passer ? M’as-tu demandé avant de passer. Ce que tu m’as fait
découvrir avant de passer c’est que le temps ne se perd ni ne se retrouve.
Chaque instant passe mais il ne s’efface pas. Il s’inscrit comme vérité dans le
temps de l’éternité, enregistré pour toujours.
Eternellement vraies les traces de chair, les effluves de caresses, les signatures
de mains tendres que tu as laissées dans ton cahier d’amour, sans mots, ni
chiffres….
Lardenois
Le livre d’éternité que chacun écrit n’est pas à rendre à la fin de sa vie
Katia
Il n’y a pas de bibliothèques pour conserver nos livres d’éternité
Ni à l’intérieur du cerveau ni à l’extérieur
Il n’y a que le présent.
Lardenois
47L’éternité c’est le présent.
Et notre livre d’éternité s’écrit au présent
Se rend au présent.
Katia
Il n’y a ni début ni fin
Ni passé, ni naissance, ni mort, ni d’ici bas, ni de très-haut !
Lardenois
C’est par notre présence au présent que nous participons.
Katia
Présence selon les choix mouvant de chacun
Lardenois
Présence plus au moins consciente, agissante, aimante
Katia
La présence la plus créatrice possible est pour certains la plus souhaitable, la
plus désirable, la plus épanouissante, la plus joyeuse….
(temps)
Lardenois
L’été prochain, je repartirai au Baïkal
Pendant les quatre jours et quatre nuits de Transsibérien dans le wagon de
queue, par la porte donnant sur la voie, je regarderai le temps s’enfuir.
Devant, le train avalera le temps présent, traverse par traverse.
Katia
Moi, je regarderai s’éloigner les traverses arrières quelques centaines de
mètres après
Quelques secondes plus tard je ne les verrai plus mais elles ne disparaitront pas
pour autant
Lardenois
48Ta dak, ta dak ta dak ta dak ta dak ta dak ta dak
Katia
Le bruit solidien du train sur les rails
Me dira le temps qui passe…
Lardenois
dak ta dak ta dak
C’est au Baïkal que je me sens au plus prés des évidences du Temps :
Le contraire de ce que j’ai pensé trop longtemps :
Non la mort de tout,
Le refroidissement éternel, l’oubli perpétuel
Le Jamais Plus
Plus Jamais
Nervermore.
Katia
Mais tout coule,
Chaque seconde passe,
Se métamorphose en éternité d’une seconde Bleu Giotto,
Forever.
Pour toujours !
Lardenois
Premier épilogue emprunté au Livre VI de Et ton livre d’éternité ?
Katia
La naissance de Je Suis Vita Nova
Lardenois
Je Suis Vita Nova naquit le 25 décembre 2020.
Ce fut une naissance personnelle et confidentielle.
49Lui-Je avait mis en place un rituel pour le spécial solstice d’hiver 2020, qui
commençait le 21 décembre.
Le 21 décembre lui a été offerte une sacrée réponse (une réponse sacrée).
A la question : Qui suis-je ?
Katia
Sa fille, très sarcastique lui dit : « Tu es Dieu »
Lardenois
Elle adore son père.
Et il a répondu sans réfléchir : «
Oui c’est vrai, je suis divin, comme toi, comme
tout ce qui existe. Ce Dieu est personnel et incarné. C’est pourquoi pour
épitaphe, je souhaite : Ci Gît Dieu. »
A quoi un ami bienveillant à rajouté :
Katia
«
Le Vrai, Pas l’Autre ! »
Lardenois
Le 25 décembre 2020,
Lui-Je, Hyérosolymitain d’Avers sous les eaux depuis le Déluge, d’Avers sur les
eaux et de Corps ça vie, celui qu’on appelle communément J.C
Un peu allumé, un peu illuminé,
Ayant passé 80 ans,
Après des décennies d’errance et d’égarement
Décida de se donner une nouvelle identité.
Katia
Voilà qui Je Suis : Je suis Vita Nova.
Lardenois
Vita Nova se reconnait plurivers, multivers plus qu’univers
50Katia
Il se reconnait divers, ondoyant, contradictoire.
Lardenois
Il se reconnait semblable à une large bande sonore passante et à un large
spectre lumineux
Katia
Il se reconnait d’hiver, de printemps, d’été, d’automne, saisonnier
Lardenois
Il se reconnait impermanent, incohérent plus que cohérent, dispersé plus
qu’unifié, tout en sachant, sentant, éprouvant le passage à l’éternité de tout ce
bouillonnement.
Katia
Sorti en Livres VI des 9 cercles de l’Enfer, Vita Nova ne connut pas la phase
purgative et se retrouva au paradis sur terre.
Lardenois
Son ermitage est sur une colline d’Avers sur les eaux !
Katia
Second épilogue
Adresse de l’auteur à ses lectrices et à ses lecteurs à propos de Et ton livre
d’éternité ?
Lardenois
J’ai été happé par cette aventure d’écriture, en somnambule, en funambule,
sans plan, sans personnages, sans péripéties.
Katia
J’ai été littéralement possédé, porté par un flux me traversant, un flow créatif
par lequel je me suis laissé entraîner sans censure, sans jugement de surplomb,
laissant converger comme ça venait, souvenirs,
Lardenois
51Projets,
Katia
Réels,
Lardenois
Imaginaire,
Katia
Humour,
Lardenois
Pulsions intenses
Katia
Et moments présents.
Lardenois
Je ne regrette pas d’avoir suivi la voix qui m’a poussé à l’écriture.
Même si des bilans sont faits, il ne s’agit pas, me semble t’il, d’un bilan de vie,
d’une autobiographie, d’un exercice narcissique de satisfaction, d’auto-
satisfaction du travail accompli, du chemin parcouru.
Katia
Il me semble que l’essentiel est dans une transformation, une métamorphose
de l’auteur, tardive, surprenante, le surprenant ô combien.
Lardenois
C’est sur cette métamorphose que prend fin notre insolite traversée
Poésie vivifiante
vendredi 1° septembre, 18 H 15, on toque à la porte.
Une amie de retour à Corsavy me dit qu’elle va à l’église pour une rencontre poétique internationale. Je tombe des nues. Je n’ai vu aucune affiche. Je vais me changer et sous parapluie vais à l’église.
Nous sommes 15, les 9 poètes (5 catalans, 2 suédois, 1 autrichien, 1 roumaine), des complices des poètes et 3 pèlerins du village dont celui qui accueille la manifestation. Il fait partie de l’association des amis de l’église Sainte-Marie de Corsavy et assure la restauration des vitraux avec une vitraliste suédoise, par ailleurs organisatrice de cette manifestation qui a déjà 4 éditions, avec interruption de la covid.
Les poètes qui ont lu en catalan, allemand, suédois, parfois français,: Toni Clapés, Doloris Udina, Corina Oproae, Udo Kawasser, Teresa Wennberg, Marta Pera Cucurell, Teresa Shaw Urioste, Svante Svahnstrom, Rosa Creixell.
Vous me croirez ou non, cette manifestation pour les anges se révéla riche, inutile, gratuite, pour très peu d’oreilles donc pour l’amour des mots; de la poésie, donc par amour tout court, amour sans objet ni sujet.
J’ai retenu le poème consacré à l’ascension du Ventoux par Pétrarque, le poème consacré à Sils Maria en Engadine là où il eut la révélation. Quelques haïkus. Les poèmes du suédois étaient très cosmogenèse. Du haut niveau.
J’ai sympathisé avec l’autrichien, Udo, le suédois, Svante et la vitraliste, Teresa, la roumaine Corina.
Ce samedi 2 septembre, ils se sont produits dans la crypte de l’abbaye d’Arles sur Tech.
Je n’étais jamais entré dans la crypte, pas du tout sous terre comme l’immense crypte de la basilique de Saint-Denis mais légèrement surélevée sur un côté du cloître. En fait, une belle salle autrefois de prière, aujourd’hui à usage culturel.
Accueillis par l’adjointe à la culture. Avec un pot de l’amitié à la fin. Acoustique excellente.
Et choix de textes souvent différents de la veille.
Deux poèmes sonores : Mango de Udo et Insectes de Svante m’ont particulièrement accroché.
Bien échangé avec la roumaine Corina. Nous avons évoqué Matei Visniec en particulier dont j’ai accueilli deux spectacles, salle Pétrarque, aux Comoni.
Petit conseil à Teresa : la prochaine édition devrait intégrer des poètes : occitan, français languedocien. Pas question de rivaliser avec le festival de poésie de Sète, les voix de la Méditerranée.
Les poèmes lus par Udo Kawasser
verflossene fische
die augusttage fallen anders vom himmel
als die tage im juli und auch die füße stolpern
verwandelt durch die fallschlingen der schatten
in den alleen. wir sind gewarnt.
das zucken der lichtkringel an den flanken
des hausbootes hat etwas widerwilliges
bekommen. auch die insekten scheinen
träge in die blüten der goldruten vertieft.
etwas hat sich verändert. und die menschen
auf den straßen in den fußgängerzonen?
sie tragen die gleiche kurze kleidung dieselben
dunklen brillen. du spürst. heute bist du zu mehr
als nur zu sätzen fähig. doch etwas entgeht dir.
poissons estompés
les jours d'août tombent du ciel autrement
que les jours de juillet et les pieds aussi trébuchent
transformés par les boucles des ombres
dans les allées. nous sommes prévenus.
le tressaillement des courbes lumineuses sur les flancs
de la péniche a quelque chose qui hesite
les insectes semblent eux aussi
paresseusement plongés dans les fleurs de la verge d'or.
quelque chose a changé. et les gens
dans les rues dans les zones piétonnes?
ils portent les mêmes vêtements courts les mêmes
lunettes noires. tu sens qu'aujourd'hui tu es capable
au delà des phrases. pourtant quelque chose t'échappe.
leibeigene geschichten (ein kanon)
I. mont ventoux
als ich mit petrarca vom gipfel fiel
die wand hinab und er meine hände
sah und ich seine augen sah und er
meine augen schützend und ich
seine augen schützend im freien
fall von einer felsspitze vom rumpf
getrennt wurden und ein vorstehender grat
unsere beiden arme am gelenk kappte
und nur mehr unsere hände unsere augen
bedeckend die steilwand durchmaßen
ganz für den anderen waren und minuten
später schließlich im schnee aufschlugen
und unsere hände auseinanderrollend
die unversehrten augen des andern freigaben
histoires du serviteur de son propre corps (un canon)
I. le mont ventoux
quand je suis tombé avec Pétrarque du sommet
paroi rocheuse en contrebas et qu'il a vu mes
mains et moi ses yeux et il
a protegé mes yeux et moi
j'ai protégé les siens en chute
libre la pointe d'un rocher nous
a coupé le tronc et la saillie tranchante
d'un autre nous a coupé les bras
à l'épaule et maintenant seules nos mains
qui couvrent nos yeux courent le long de
la falaise l'un au service de l'autre et quelques minutes
plus tard, nous avons enfin touché la neige
et nos mains en roulant, ont découvert
les yeux de l'autre intacts
die blaue reise. donau – bosporus
I.
erklär mir wien den regen
unter den dächern und in den gesichtern
der menschen an welche geschichten halten
sie sich unter dem druck der mauern
ich sehe überall fassaden
muss rückwärts leben hier
sag mir wo beginnt
diese stadt wo endet sie
in dir welche aussicht
hast du vom kahlenberg
die donau legt sich jetzt
wie ein band zwischen uns
das blau ist eine lüge
rufst du in ihre braune flut
verloren
verlassen
vergessen
ich lerne wörter mit ver-
ich klammere mich
an die linden deiner gasse
sag wer spricht wenn die straßen
am morgen zu sprechen beginnen
ich stütze meine ellbogen
auf die brüstung ich sehe
zum fenster hinaus
aber ich kann mein alleinsein
nicht nützen noch immer
regnet es unter den dächern
erklär mir wien oder der regen
spült mich fort von hier
le voyage bleu. danube – bosphore
I.
explique-moi la pluie de Vienne
sous les toits et dans les visages
des hommes à quelles histoire se tiennent-ils
sous la pression des murs
je vois des façades partout
je dois vivre ici à l'envers
dis-moi où commence
cette ville où se termine-t-elle
en toi quelle vue
as-tu du haut du Kahlenberg
le danube s'étend maintenant
comme un ruban entre nous
le bleu est un mensonge
tu cries dans ses flots bruns
desorienté
délaissé
desapprouvé
j'apprends des mots avec des des-
je m'accroche
aux tilleuls de ta ruelle
dis qui parle quand les rues
commencent à parler le matin
j'appuie mes coudes
sur la balustrade et je regarde
par la fenêtre
mais je n'arrive pas à profiter
de ma solitude encore
il pleut sous les toits
explique-moi vienne ou la pluie
m'emporte loin d’ici
/idata%2F0242346%2Fp1010325.jpg)
Lettres familières de Pétrarque à son frère - bric à bracs d'ailleurs et d'ici
en lien avec le projet de Ernest Pignon-Ernest sur Pétrarque Les lettres familières de Pétrarque à son frère Gherardo, moine à La Chartreuse de Montrieux La Chartreuse de Montrieux, ce 25 mai...
/https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2Fqxs_CbHVCI0%2Fhqdefault.jpg)
Letanía del mango (Udo Kawasser, Austria)
Memoria Audiovisual del Festival Internacional de Poesía de Medellín. Udo Kawasser nació en Austria en 1965. Poeta, narrador, ensayista, traductor de literatura latinoamericana, bailarín y ...
Poèmes de Svante Svahnström
NAVIGATEUR AU SOMMET DU VIDE
Convier les merveilles vues, les expériences vécues, les malaxer dans une levure de langue puis laisser fermenter un pain de poèmes. Cuit en français, oui. Cuit aussi en suédois. De la fermentation s’exhale une illusion de familiarité entre des langues en surprenantes accolades, qui font semblant d’être proches.
A d’autres levures est ajoutée la récolte de 164 épices, des langues parlées dans les océans, les grandes forêts, les montagnes et les mégalopoles. La recette, qui se nomme « universification », fait émerger entre autre des notes de solfège et des chiffres qui parlent et qui chantent.
Ainsi se trouve assaisonné un trajet à travers les âges du monde, l’expérience terrestre, le corps humain, les lieux géographiques et le cosmos.
UNIVERSIFICATION
Traduit du : (14 langues)
Slovaque - arménien – polonais – letton – cun – mongol – croate
Occitan – suédois – gascon – letton – allemand – breton – espagnol – nahuatl
Brz bzdig złodziej aiz tsi tsetserleg smrznut
Rapide petit voleur derrière un jardin congelé
Sus lus lutz zelts ist kriz y zecuitzli
Sur la punaise la lumière de l’or est crue et froide
(in Hocus corpus, 2009)
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Parlez-vous svenska ?
Vacances cosmiques sur Tellus
Kosmisk semester på Tellus
Le touriste des coordonnées d’Alpha Centauri est enthousiasmé
Turisten från Alpha centauris koordinater är entusiasmerad
De la mayonnaise géologique envahit les parcs du précambrien
Geologisk majonnäs invaderar prekambriums parker
Le magma terrorise des éons
Magman terroriserar eoner
En une suite s’établissent des alliances de continents
I svit etableras kontinenters allianser
de Vaalbara à Ur à Rodinia à Gondwana à Pangée
från Vaalbara till Ur till Rodinia till Gondwana till Pangea
Dans les draperies du système solaire s’esquisse le laboratoire de l’existence
I solsystemets draperier skisseras existensens laboratorium
Les pianistes primitifs de l’archéen improvisent sur le clavier de l’évolution
Arkeikums primitiva pianister improviserar på evolutionens klaviatur
(in Navigateur au sommet du vide, 2015)
................
OBSCENES INVENTIONS
Recevoir comme sur le Mont Horeb
la voix d’hommes distants
deviser avec un coquillage sur l’oreille
n’est affaire que de louches pactisant avec le Malin
Des icônes remuant sur une vitre de cassette
des paroles qui s’en évaporent
dans tous les foyers
relèvent du sacrilège
Mensonge insinuant que tous
à l’instar de Sainte Claire
seraient doués de tele-visio
Concevoir ces coches sans chevaux
au dessus des nuages
ces tubes métalliques en apesanteur
est un blasphème que juge sévèrement la Sainte Inquisition
Et seul le bûcher peut attendre les corps
qui laissent envahir leurs entrailles
par l’oeil vagabond d’un ver mécanique
pouvoir permis au Père seul
Gesticuler avec des membres ressuscités
sur des moignons estropiés
trahit les commerces impies de la foire Saint Germain
avec de faux docteurs et des faiseurs de miracles
Que nul ne s’y trompe
Un seul sait prélever des fragments du vivant
sait les planter dans les chairs endolories
Un seul sait créer l’Homme
La superstition sauvage d’un progrès
résidant dans le don de lecture dispensé à tous les enfants
sera pourchassée sans relâche
par la charité du diocèse
et du père exorciste
Cherchez donc dans la prière
l’antidote aux fausses promesses
du bulletin de vote dans toute main
Ne pas oublier qu’en l’année du Seigneur 2008
le bonheur de l’homme demeure dans la soumission
Son ambition paisible
est de perpétuer une vie d’efforts et de sueur
à l’abri des obscènes inventions
régurgitées par les hordes méprisables
de Bélial l’imposteur
(in Hocus Corpus, 2009)
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Voisines, cousines ou bien...?
- Pauvre mais sobre - Sous un crâne poli
La vieille ville de Stockholm vue de l'air
Pauvre mais sobre Pauvre mais sobre Påver men sober Près d’une hutte sur la colline Intill en hydda på kull...
http://universification31.over-blog.com/2020/03/voisines-ou-bien-cousines-ou-bien.html
Haïkus de Teresa Wennberg
TERESA WENNBERG :
HAIKU (EXTRAITS DU LIVRE "LA DANSE DE L'ÉPHÉMÈRE" (Fri Press 2023) ©teresawennberg2023
Chacun est à lire deux fois avec un temps entre les deux lectures
rayons du matin
tuant sans aucun pitié
le vampire en moi
ballade de covid
les seuls amis rencontrés
arbres et buissons
nouvelle dans la ville
entre les durs pavés pousse
un doux pissenlit
éphémère éclose
attendant un jeune amant
en cette seule journée
le soleil se couche
mon ombre court avant moi
rencontrer l'amant
un ballet d'insectes
bien assise au premier rang
grenouille affamée
drôle de chute de neige
volant doucement au sol
fleurs de cerisiers
pluie de printemps
croissant de lune dechiré
dans ma cuvette
CORINA OPROAE
le Jardinier qui revient de la mort
“Notre espèce a depuis longtemps quitté le Jardin : reste le Jardinier qui revient de la mort.”
Pascal Quignard
***
tu marches
le vert reste derrière
écrasé à chaque pas
l'herbe prête à supporter
le poids d'un autre corps
tu es le jardinier
qui ramasse les feuilles
dans le jardin de la mort
***
dans le jardin de la mort
on parle ta langue
les vipères mordent
la main ouverte
des mots
***
des mots
les fleurs poussent et se fanent
dans le ventre de la mère
***
dans le ventre de la mère
les lunes brisées jouent
réminiscences fugaces
de la première danse
dans la mort
le désir est une ombre
qui dévore
l'absence
***
l'absence
ce vent
qui danse
intrépide
et qui chasse
des mémoires
***
des mémoires
se coincent dans tes yeux
comme des éclats de verre
fins et allongés
pénètrent tes pupilles
parfois
le bonheur
est une blessure
invisible
***
invisible
dans tes yeux
la peur qui paralyse le cerf
avant la fuite
ancrage éphémère
dans une géographie
que l'on désire toujours
sous ta peau des oiseaux
des battements imperceptibles
qui arrachent les pétales
des fleurs
***
de fleurs
on apprend la mort
si on ferme les yeux
et la vie
si on les ouvre
le père
est un cerisier
oublié dans le jardin
où tu marches
***
et l'Amour
l'Amour
est à l'abri
dans le cœur
du jardinier qui revient de la mort
el jardinero que vuelve de la muerte CORINA OPROAE
“Notre espèce a depuis longtemps quitté le Jardin : reste le Jardinier qui revient de la mort.” Pascal Quignard
***
caminas
queda atrás el verde
aplastado en cada paso
la hierba preparada para soportar
el peso de otro cuerpo
eres el jardinero
que recoge las hojas
en el jardín de la muerte
***
en el jardín de la muerte
hablan tu lengua
las víboras muerden
la mano abierta
de las palabras
***
de las palabras
brotan flores que se marchitan
en el vientre de la madre
***
en el vientre de la madre
bailan lunas rotas
reminiscencias fugaces
de la primera danza
en la muerte
el deseo es una sombra
que devora
la ausencia
***
la ausencia
aquel viento
que danza
intrépido
y ahuyenta
los recuerdos
***
los recuerdos
se clavan en tus ojos
adentro
como vidrios finos
y alargados
penetran tus pupilas
a veces
la felicidad
es una herida
invisible
***
invisible
en tus ojos
el miedo que paraliza al ciervo
antes de la huida
efímero anclaje
en una geografía
que siempre ansías
bajo tu piel pájaros
latidos imperceptibles
que arrancan los pétalos
de las flores
***
de las flores
aprendes la muerte
si cierras los párpados
y la vida
si los abres
el padre
es un cerezo
olvidado en el jardín
donde caminas
***
y el Amor
el Amor
está a salvo
dentro del corazón
del jardinero que vuelve de la muerte
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1001 définitions de la poésie Textes rassemblés et présentés par Gérard Pfister Au terme d'un tiers de siècle, les Éditions Arfuyen, créées en 1975, se devaient de livrer un ouvrage repr...
https://editionsarfuyen.com/2018/12/14/la-poesie-cest-autre-chose/
1001 définitions de la poésie
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Sur " La poésie, c'est autre chose "
La lecture de Patrick Kéchichian Extraits d'un article sur La poésie, c'est autre chose paru dans Le Monde en octobre 2008 On peut lire des romans toute sa vie sans jamais s'intéresser à la th...
https://editionsarfuyen.com/2019/01/05/sur-la-poesie-cest-autre-chose/
Rencontre avec Joe Black
Rencontre avec Joe Black
3 h à la rencontre de la Mort incarnée en Joe Black
j'avais déjà vu ce film qui m'avait impressionné, il y a deux trois ans; j'avais fait focus sur l'amour entre Susan Parrish et Joe Black
vers 18 H ce 24 décembre 2022, une plage de temps s'est présentée; nous avons donc été 3 à le regarder en home-cinéma (video-projection sur drap blanc) pendant que des cookies au chocolat se préparaient en cuisine, les pâtissiers regardant le film à l'envers comme cela se passe dit-on au moment du passage, nous reverrions à toute vitesse notre film de vie à l'envers
spectateur, j'accepte le film sans esprit critique, vivre cette proposition telle qu'elle est offerte; je ne me laisse pas envahir par clichés, préjugés, genre c'est un film américain avec tous les codes-stéréotypes du genre film romantique-fantastique, musique trop appuyée, scènes convenues, téléphonées, longueurs et dialogues en sourdine sauf rares explosions, valeurs bourgeoises véhiculées...
ce qui m'a retenu dans cette projection, c'est le comportement de la Mort, pas seulement avec Susan mais d'abord avec elle-même qui ne sait rien de la Vie et de l'Amour;
selon Epicure quand la vie est là, la mort n'est pas là; quand la mort est là, la vie n'est plus là; il n'y a donc pas à craindre la mort dont on ne saura jamais rien;
inversement (c'est moi qui produit cet énoncé), la mort ne sait rien de la vie
et c'est cette plongée dans sa découverte de la vie que j'ai trouvé stimulante;
Joe Black goûte, il découvre avec la bouche, comme le nouveau-né, le goût du beurre de cacahuètes, le goût du thé avec un nuage de lait, le goût d'un sandwich à la viande, le goût des lèvres de Susan, c'est un gourmand du stade oral (le contraire du stade anal où l'enfant veut garder pour lui ses déjections, son pipi-caca), un découvreur qui s'émerveille du bon goût de toutes choses goûtées; cette aptitude déconcerte certains puisqu'il semble absent des enjeux de la vie de la famille Parrish; en réalité, chacun se révèle à lui-même au contact de Joe Black (c'est un peu la même chose avec l'ange de Théorême de Pasolini) comme lui se révèle au contact des vivants, il sympathise avec le mari d'Allison, il démolit la taupe qui veut détruire l'empire de Bill Parrish, il renonce à la mort de Susan et lui permet de vivre son amour avec le jeune homme rencontré au café (scène fondatrice méritant bien des développements);
il permet à Bill Parrish de mettre de l'ordre avant de passer et ainsi d'accepter le passage le soir de son anniversaire (65 ans); Bill et Joe tissent entre eux une relation de complicité parfois conflictuelle où la peur n'a plus sa place, Bill sait dire non, se rebiffer, Joe use, abuse un peu de son pouvoir;
ce qui ressort dixit Joe Black, c'est qu'une opinion peut toujours être argumentée de deux façons contraires, que la liberté existe, qu'on a le choix
mais l'essentiel est dit par Bill, une vie sans amour ne vaut pas la peine d'être vécue;
ça la Mort ne peut le dire, elle l'apprend de Bill et de Susan
ce film fut un gros échec au box-office; le directeur des studios Universal Pictures fut licencié
passez un bon Noël, en compagnie du divin enfant, quelles que soient vos croyances et incroyances
complicité parfois conflictuelle entre Joe Black et Bill Parrish / la mort découvre la vie comme le nourrisson, par la bouche, stade oral ou buccal / Là où le psychanalyste tend son oreille, l’hypnotiseur tend sa bouche à la recherche d’une autre bouche qui enfin sort de la plainte.Nous sommes dans le bouche-à-bouche, donc dans la respiration, et non dans un bouche-à-oreille. Nous sommes dans la mélopée amniotique où le sujet reprend des forces, une autre vitalité, une autre disposition. Celui qui revient n’est plus le même. Un ordre s’est reconstruit bien avant la verbalité. Celui qui revient, plus fort, ne sera plus soumis. Thierry Zalic
Une nuit le magnat William Parrish ressent une violente douleur tandis qu'une voix surgissant des ténèbres lui annonce sa mort prochaine. A ce moment-là, un jeune inconnu se présente à son domicile pour l'accompagner à son dernier voyage. Ce messager de l'au-delà impose à Parrish de l'héberger chez lui afin de lui donner l'occasion de partager un temps les expériences, les joies, les émotions et les drames des vivants, qui semblent lui être étrangers. En l'espace de trois jours, Joe Black révèlera toute la famille Parrish à elle-même.
- Je sais que ce n'est pas très original... L'amour est passion, obsession... Sa présence est vitale. Je veux dire tombe à la renverse, trouve quelqu'un que tu aimeras à la folie et qui t'aimera de la même manière. Trouver cet homme ? Et bien, laisse de côté ta tête et sois à l'écoute de ton cœur. S'il bat en tout cas je n'entends rien. La vérité ma chérie c'est que sans amour, la vie ne vaut pas la peine d'être vécue. Être passé sur cette Terre sans connaître l'amour, le vrai, eh bien, c'est être passé à côté de la vie. Il faut essayer de le trouver, parce que si tu n'as pas essayé, tu n'as pas vécu.
- Bravo.
- Tu es cruelle.
- Excuse-moi. Redis le moi encore mais en version courte cette fois.
- D'accord... Sois prête. Qui sait ? Ça existe les coups de foudre.
la rencontre au café scène fondatrice méritant bien des développements; noter la synchronicité des gestes au moment du café partagé
la rencontre au café et la sortie du café scène fondatrice
la mort, le maître du passage et la vieille dame jamaïquienne qui croit donc aux esprits
le plaisir oral, buccal de Joe Black, découvrir le monde par la bouche / Là où le psychanalyste tend son oreille, l’hypnotiseur tend sa bouche à la recherche d’une autre bouche qui enfin sort de la plainte.Nous sommes dans le bouche-à-bouche, donc dans la respiration, et non dans un bouche-à-oreille. Nous sommes dans la mélopée amniotique où le sujet reprend des forces, une autre vitalité, une autre disposition. Celui qui revient n’est plus le même. Un ordre s’est reconstruit bien avant la verbalité. Celui qui revient, plus fort, ne sera plus soumis. Thierry Zalic
la scène du baiser, toute de retenue et riche de potentialités
Joe Black a renoncé à la mort de Susan et lui permet de vivre son amour avec le jeune homme rencontré au café
/https%3A%2F%2Fexplicationdefilm.com%2Fwp-content%2Fuploads%2F2022%2F12%2Fgiphy.gif)
Martin Brest, 1998 La mort a souvent été incarnée comme quelqu'un de sinistre. Une grande faucheuse avec un crâne pour visage, caché par une cape lugubre (cf Monty Python : le sens de la vie)....
https://explicationdefilm.com/2022/12/04/rencontre-avec-joe-black/
Le film agace par ses faiblesses trop voyantes. Il est trop lent (la seule fête finale dure trois quart d'heures, soit un quart du film, alors que son contenu est dramatiquement faible), trop ...
http://pascalide.fr/critique/english-rencontre-avec-joe-black/
Après avoir joué au chat et à la souris avec Bill Parrish en lui parlant sans se montrer ("Ouiii…"), Joe Black se présente enfin et annonce la raison et le but de sa visite : "Depuis peu, vos petites affaires ont piqué mon intérêt. Appelle ça de l'ennui, de la curiosité de ma part. […] Fais-moi visiter. Sois mon guide. […] L'important, c'est que je ne m'ennuie pas."
Joe veut satisfaire ses désirs et ne supporte pas les frustrations. Il a "besoin d'un corps", il le prend. Il manifeste plusieurs fois à William Parrish qu'il est en position dominante ("Cela n'est pas sujet à discussion. Rien ne l'est."), mais contrairement à lui, il exprime cela calmement, sans colère, en énonçant un fait plutôt qu'en se livrant à une épreuve de force. Joe est optimiste : "Dans la vie, il y a toujours des solutions."
Dans le monde des humains, Joe découvre avec ravissement dès le premier soir le moyen d'exercer au sens propre la passion de son type, la gloutonnerie :
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Joe : |
C'est quoi ça ? |
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Maître d'hôtel : |
Ça, vous voulez dire ? |
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Joe : |
Oui. |
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Maître d'hôtel : |
Du beurre de cacahuète, Monsieur. |
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Joe : |
Et vous aimez ça ? |
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Maître d'hôtel : |
Et bien, si vous sollicitez mon opinion, je dirais que c'est à mi-chemin entre la damnation et le paradis. Euh… Vous voulez goûter, Monsieur ? |
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|
Joe : |
Oui. [Il sourit. C'est la première fois depuis qu'il est sur terre.] |
|
|
Maître d'hôtel : |
Tout de suite. |
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|
|
[…] |
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|
Maître d'hôtel : |
Vous voilà dépendant du beurre de cacahuètes, Monsieur. |
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|
Joe : |
Oui. Je crois bien que oui. Je suis content de connaître le beurre de cacahuètes. |
Le plaisir apporté par le beurre de cacahuètes devient la référence absolue. Quelques instants plus tard, il ne lâche même pas la cuillère pour tendre une serviette à Susan qui sort de la piscine. Il en réclame au repas. Il cherchera à en obtenir à nouveau lors de la réception finale, seule consolation possible à la perte de Susan. Celle-ci d'ailleurs doit affronter la concurrence :
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|
Susan : |
Tu as aimé faire l'amour avec moi ? |
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|
Joe : |
Oui. |
|
|
Susan : |
Plus que le beurre de cacahuètes ? |
|
|
Joe : |
Oui. Beaucoup plus. |
Bien entendu, il n'en néglige pas pour autant les autres plaisirs alimentaires. Le sandwich au gigot "est éblouissant". Quant aux réunions du Comité Directeur de Parrish Communication, leur intérêt réside dans les pâtisseries :
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|
Joe : |
Est-ce que je peux encore avoir de ces délicieux gâteaux ? Ceux à la confiture. Et une tasse de thé… avec un nuage de lait. J'essaye le style anglais. Ouais ! Un thé au lait je vous prie. |
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Drew : |
Ce sera tout, monsieur Black. Un peu d'eau, peut-être ? |
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Joe : |
Oui, avec joie. |
Sa gloutonnerie se manifeste aussi dans ses autres plaisirs. Après que Susan l'ait embrassé pour la première fois, il lui dit : "Vos lèvres sur les miennes, et votre langue… Ça avait un goût vraiment merveilleux."
Bien entendu, du 7 Joe Black a aussi la peur de la souffrance. Il va voir Susan à l'hôpital et elle est surprise de sa venue :
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|
Susan : |
Qu'est-ce que vous faites ici ? Vous êtes malade ? |
|
|
Joe : |
Oh ! Dieu merci non ! |
Là, il rencontre une vieille femme jamaïquaine et lui assure : "Je suis désolé. Je n'ai rien à voir avec la douleur." Le spectacle de cette souffrance lui est insupportable et il réalise brusquement que sa "présence [à l'hôpital] n'est pas appropriée" et s'enfuit littéralement. Parce qu'elle souffre, cette femme est le premier être humain pour lequel il ressent une véritable émotion : "C'est quelqu'un qui a très mal." Le soir au dîner, il demande de ses nouvelles : "Je suis très inquiet pour la femme qui est venue vous voir. La douleur s'est-elle calmée ?"
Plus tard, il retourne la voir à l'hôpital et lui amène des fleurs. La vieille femme essaye de le convaincre qu'il n'est "pas à sa place" sur terre. Amoureux et aimé de Susan, il ne veut rien entendre : pourquoi abandonner un plaisir ? La Jamaïquaine perçoit bien ce qu'il y a de puéril dans cette attitude : "C'est plein de gamineries dans ta tête."
Elle lui raconte alors une métaphore, le langage du 7, pour lui faire comprendre que son plaisir va bientôt se changer en souffrance : "C'est joli ce qui a pu t'arriver. Tu sais, c'est comme si tu étais dans les îles en vacances. Le soleil ne te brûle pas rouge-rouge, juste marron, tout doré. Il n'y a pas de moustiques. Mais la vérité, c'est que c'est fatal que ça arrive si tu veux rester trop longtemps. Alors garde les jolies images que t'as dans la tête et retourne chez toi. Mais il faut pas te faire avoir."
Joe change de visage. Il se rend immédiatement chez William Parrish et lui annonce qu'ils vont s'en aller : "J'ai le sentiment que tous comptes faits l'objectif visé par ce voyage est aujourd'hui pleinement atteint." Cette phrase est une rationalisation (le mécanisme de défense du 7) destinée à (se) masquer la raison véritable de son départ.
Plus généralement pour Joe Black, le langage est un outil permettant de justifier n'importe quelle idée : "Quoi que vous disiez, on peut soutenir une opinion de deux façons différentes", explique-t-il à Drew.
Joe pratique volontiers un humour à froid plutôt agressif :
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Bill : |
Vous pensez rester longtemps ? |
|
|
Joe : |
Nous pouvons espérer que ce sera le cas. |
Ou après une colère de Bill : "Du calme, Bill. Tu vas faire une crise cardiaque au beau milieu de mes vacances."
Joe ne sait pas réellement ce qu'est une émotion. Même quand il aime Susan, il est étonnamment froid et distant, plus dans le plaisir que dans l'amour comme le perçoit bien William Parrish :
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|
Bill : |
Vous prenez ce que vous voulez par simple fantaisie. Ce n'est pas de l'amour. |
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|
Joe : |
Qu'est-ce que c'est ? |
|
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Bill : |
[…] Il manque les ingrédients importants. |
|
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Joe : |
Et quels sont-ils ? |
La fin du film montre un début d'intégration par le renoncement à Susan et en même temps son châtiment : lui qui a joué avec les sentiments des autres et avec leur vie va devoir apprendre à vivre seul… pour l'éternité.
B bbb J / place aux joyeux
/https%3A%2F%2Fwww.radiofrance.fr%2Fs3%2Fcruiser-production%2F2021%2F04%2F92b32528-cb81-4dd4-bcc3-bfba59c98842%2F400x400_le_grand_entretien.jpg)
S'il y a un sale passage après la mort, ce doit être l'entrée du musée de Montpellier. Invité pour une lecture, cueilli à la gare, conduit dans une chambre d'hôtel dont les hautes boiseries ...
https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-grand-entretien/christian-bobin-3118673
sur L'Homme-Joie de Christian Bobin, un des joyeux que j'aime lire, écouter et qui me fait rebondir ; l'écriture a à voir avec une guérison
noeuds de Michel Dufresne offert à JCG, vues à 8 H 45 depuis mon poste de travail, le 8 janvier 2023
Αρχαίο κείμενο της Σαπφούς (7ος π. Χ. αιώνας)
Δέδυκε μὲν ἀ Σελάννα καὶ Πληίαδες,
μέσαι δὲ νύκτες,
παρὰ δ’ ἔρχεται ὤρα,
ἔγω δὲ μόνα κατεύδω
Μετάφραση Άκου Δασκαλόπουλου (1937-1998)
Να το φεγγάρι έγειρε,
βασίλεψε και η Πούλια.
Είναι μεσάνυχτα.
Περνά, περνά η ώρα.
Κι εγώ κοιμάμαι μόνη μου.
Μετάφραση Αργύρη Εφταλιώτη (1849-1923)
Το φεγγαράκι εμίσεψε
μεσάνυχτα σημαίνει,
οι ώρες φεύγουν και περνούν
κι εγώ κοιμάμαι μόνη
Texte ancien de Sappho (7e siècle av. J. C.)
Se sont couchées donc la lune et les Pléiades
mais au milieu de la nuit
les heures passent
et moi je dors seule.
Traduction à partir du texte d'Akos Daskalopoulos (1937-1998)
Voici la lune s'est penchée
s'est couchée aussi la Poulia1.
Il est minuit.
Passent, passent les heures.
Et moi je dors seule.
Traduction à partir du texte d'Argyris Eftaliotis (1849-1923)
La petite lune a migré
il se fait minuit
les heures partent et passent
et moi je dors seule.
Le Dhammapadda, chapitre 15
197Ah ! vivons heureux, sans haïr ceux qui nous haïssent ! Au milieu des hommes qui nous haïssent, habitons sans les haïr !
198Ah ! vivons heureux, sans être malades, au milieu de ceux qui le sont ! Au milieu des malades, habitons sans l’être !
199Ah ! vivons heureux, sans avoir de désirs au milieu de ceux qui en ont ! Au milieu des hommes qui ont des désirs, habitons sans en avoir !
200Ah ! vivons heureux, nous qui ne possédons rien ! Nous serons semblables aux dieux Abhâsvaras[1], savourant comme eux le bonheur.
201La victoire engendre la haine, car le vaincu ressent de la douleur. Celui qui vit en paix est heureux, sans plus songer ni à la victoire ni à la défaite.
202Il n’est pas de feu comparable à la passion, de désastre égal à la haine, de malheur tel que l’existence individuelle, de bonheur supérieur à la quiétude.
203La faim est la pire des maladies, les agrégations d’éléments, le plus grand des malheurs. Pour celui qui sait qu’il en est ainsi, le Nirvâna est le bonheur suprême.
204La santé est la meilleure des acquisitions ; le contentement, la meilleure des richesses ; la confiance, le meilleur des parents ; le Nirvâna, le bonheur suprême.
205Après avoir savouré le breuvage de l’isolement, et celui de la quiétude, on ne craint plus rien, on ne pèche plus, et l’on savoure celui de la loi.
206Pleine de charme est la visite aux Aryas, plein de charmes leur commerce. Débarrassé de la vue des sots, on serait à jamais heureux.
207Celui qui marche en compagnie d’un sot souffre tout le long de la route. La société d’un sot est aussi désagréable que celle d’un ennemi ; la société d’un sage, aussi agréable que celle d’un parent.
208Celui qui est un sage, un savant, ayant beaucoup appris, patient comme une bête de somme, et fidèle à ses vœux, un Arya, — ce mortel vertueux, doué d’une heureuse intelligence, suivez-le, comme la lune suit le chemin des étoiles.
Abhâsvara, lumineux, éclatant.
Jésus, à chacun d'imaginer son visage de Jésus qui est le visage de l'amour inconditionnel y compris de ses ennemis, ce qui n'est pas un sentiment naturel; avec Jésus on change de niveau / il y en a qui combattent pour un autre visage du Christ, moins blanc; va-t-on assister à un déferlement wokiste sur comment représenter Jésus ?
A la vue de ces foules, Jésus monta sur la montagne. Il s'assit et ses disciples s'approchèrent de lui. 2 Puis il prit la parole pour les enseigner; il dit:
3 «Heureux ceux qui reconnaissent leur pauvreté spirituelle, car le royaume des cieux leur appartient! 4 Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés! 5 Heureux ceux qui sont doux, car ils hériteront la terre! 6 Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés! 7 Heureux ceux qui font preuve de bonté, car on aura de la bonté pour eux! 8 Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu! 9 Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu! 10 Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des cieux leur appartient! 11 Heureux serez-vous lorsqu'on vous insultera, qu'on vous persécutera et qu'on dira faussement de vous toute sorte de mal à cause de moi. 12 Réjouissez-vous et soyez dans l'allégresse, parce que votre récompense sera grande au ciel. En effet, c'est ainsi qu'on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés.
13 »Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on? Il ne sert plus qu'à être jeté dehors et piétiné par les hommes. 14 Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut pas être cachée, 15 et on n'allume pas non plus une lampe pour la mettre sous un seau, mais on la met sur son support et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. 16 Que, de la même manière, votre lumière brille devant les hommes afin qu'ils voient votre belle manière d’agir et qu’ainsi ils célèbrent la gloire de votre Père céleste.
17 »Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir. 18 En effet, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre n’auront pas disparu, pas une seule lettre ni un seul trait de lettre ne disparaîtra de la loi avant que tout ne soit arrivé. 19 Celui donc qui violera l'un de ces plus petits commandements et qui enseignera aux hommes à faire de même sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux; mais celui qui les mettra en pratique et les enseignera aux autres, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux. 20 En effet, je vous le dis, si votre justice ne dépasse pas celle des spécialistes de la loi et des pharisiens, vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux.
21 »Vous avez appris qu'il a été dit aux anciens: ‘Tu ne commettras pas de meurtre[a]; celui qui commet un meurtre mérite de passer en jugement.’ 22 Mais moi je vous dis: Tout homme qui se met [sans raison] en colère contre son frère mérite de passer en jugement; celui qui traite son frère d’imbécile[b] mérite d'être puni par le tribunal, et celui qui le traite de fou mérite d'être puni par le feu de l'enfer. 23 Si donc tu présentes ton offrande vers l'autel et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, 24 laisse ton offrande devant l'autel et va d'abord te réconcilier avec ton frère, puis viens présenter ton offrande. 25 Mets-toi rapidement d'accord avec ton adversaire, pendant que tu es en chemin avec lui, de peur qu'il ne te livre au juge, que le juge ne te livre à l'officier de justice et que tu ne sois mis en prison. 26 Je te le dis en vérité, tu n'en sortiras pas avant d'avoir remboursé jusqu'au dernier centime.
27 »Vous avez appris qu'il a été dit: Tu ne commettras pas d'adultère.[c] 28 Mais moi je vous dis: Tout homme qui regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son cœur. 29 Si ton œil droit te pousse à mal agir, arrache-le et jette-le loin de toi, car il vaut mieux pour toi subir la perte d'un seul de tes membres que de voir ton corps entier jeté en enfer. 30 Et si ta main droite te pousse à mal agir, coupe-la et jette-la loin de toi, car il vaut mieux pour toi subir la perte d'un seul de tes membres que de voir ton corps entier jeté en enfer.
31 »Il a été dit: Que celui qui renvoie sa femme lui donne une lettre de divorce.[d] 32 Mais moi, je vous dis: Celui qui renvoie sa femme, sauf pour cause d'infidélité, l'expose à devenir adultère, et celui qui épouse une femme divorcée commet un adultère.
33 »Vous avez encore appris qu'il a été dit aux anciens: Tu ne violeras pas ton serment, mais tu accompliras ce que tu as promis au Seigneur.[e] 34 Mais moi je vous dis de ne pas jurer du tout, ni par le ciel, parce que c'est le trône de Dieu, 35 ni par la terre, parce que c'est son marchepied,[f] ni par Jérusalem, parce que c'est la ville du grand roi. 36 Ne jure pas non plus par ta tête, car tu ne peux pas rendre blanc ou noir un seul cheveu. 37 Que votre parole soit ‘oui’ pour oui, ‘non’ pour non; ce qu'on y ajoute vient du mal[g].
38 »Vous avez appris qu'il a été dit: Œil pour œil et dent pour dent.[h] 39 Mais moi je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu'un te gifle sur la joue droite, tends-lui aussi l'autre. 40 Si quelqu'un veut te faire un procès et prendre ta chemise, laisse-lui encore ton manteau. 41 Si quelqu'un te force à faire un kilomètre, fais-en deux avec lui. 42 Donne à celui qui t’adresse une demande et ne te détourne pas de celui qui veut te faire un emprunt.
43 »Vous avez appris qu'il a été dit: ‘Tu aimeras ton prochain[i] et tu détesteras ton ennemi.’ 44 Mais moi je vous dis: Aimez vos ennemis, [bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous détestent] et priez pour ceux [qui vous maltraitent et] qui vous persécutent, 45 afin d'être les fils de votre Père céleste. En effet, il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. 46 Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous? Les collecteurs d’impôts n'agissent-ils pas de même? 47 Et si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous d'extraordinaire? Les membres des autres peuples n'agissent-ils pas de même? 48 Soyez donc parfaits comme votre Père céleste est parfait.
6 »Gardez-vous bien de faire des dons devant les hommes pour qu’ils vous regardent; sinon, vous n'aurez pas de récompense auprès de votre Père céleste. 2 Donc, lorsque tu fais un don à quelqu'un, ne sonne pas de la trompette devant toi, comme le font les hypocrites dans les synagogues et dans les rues afin de recevoir la gloire qui vient des hommes. Je vous le dis en vérité, ils ont leur récompense. 3 Mais toi, quand tu fais un don, que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta droite, 4 afin que ton don se fasse en secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra [lui-même ouvertement].
5 »Lorsque tu pries, ne sois pas comme les hypocrites: ils aiment prier debout dans les synagogues et aux coins des rues pour être vus des hommes. Je vous le dis en vérité, ils ont leur récompense. 6 Mais toi, quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte et prie ton Père qui est là dans le lieu secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra [ouvertement].
7 »En priant, ne multipliez pas les paroles comme les membres des autres peuples: ils s'imaginent en effet qu'à force de paroles ils seront exaucés. 8 Ne les imitez pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin avant que vous le lui demandiez.
9 »Voici donc comment vous devez prier: ‘Notre Père céleste! Que la sainteté de ton nom soit respectée, 10 que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. 11 Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien; 12 pardonne-nous nos offenses, comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés; 13 ne nous expose pas à la tentation, mais délivre-nous du mal[j], [car c'est à toi qu'appartiennent, dans tous les siècles, le règne, la puissance et la gloire. Amen!]’
14 »Si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi; 15 mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos fautes.
16 »Lorsque vous jeûnez, ne prenez pas un air triste comme les hypocrites. En effet, ils présentent un visage tout défait pour montrer aux hommes qu'ils jeûnent. Je vous le dis en vérité, ils ont leur récompense. 17 Mais toi, quand tu jeûnes, parfume ta tête et lave ton visage 18 afin de ne pas montrer que tu jeûnes aux hommes, mais à ton Père qui est là dans le lieu secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra.
19 »Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où les mites et la rouille détruisent et où les voleurs percent les murs pour voler, 20 mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où les mites et la rouille ne détruisent pas et où les voleurs ne peuvent pas percer les murs ni voler! 21 En effet, là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur.
22 »L'œil est la lampe du corps. Si ton œil est en bon état, tout ton corps sera éclairé; 23 mais si ton œil est en mauvais état, tout ton corps sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien ces ténèbres seront grandes!
24 »Personne ne peut servir deux maîtres, car ou il détestera le premier et aimera le second, ou il s'attachera au premier et méprisera le second. Vous ne pouvez pas servir Dieu et l’argent[k].
25 »C'est pourquoi je vous dis: Ne vous inquiétez pas de ce que vous mangerez [et boirez] pour vivre, ni de ce dont vous habillerez votre corps. La vie n'est-elle pas plus que la nourriture et le corps plus que le vêtement? 26 Regardez les oiseaux du ciel: ils ne sèment pas et ne moissonnent pas, ils n'amassent rien dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux? 27 Qui de vous, par ses inquiétudes, peut ajouter un instant à la durée de sa vie? 28 Et pourquoi vous inquiéter au sujet du vêtement? Etudiez comment poussent les plus belles fleurs des champs: elles ne travaillent pas et ne tissent pas; 29 cependant je vous dis que Salomon[l] lui-même, dans toute sa gloire, n'a pas eu d’aussi belles tenues que l'une d'elles. 30 Si Dieu habille ainsi l'herbe des champs, qui existe aujourd'hui et qui demain sera jetée au feu, ne le fera-t-il pas bien plus volontiers pour vous, gens de peu de foi? 31 Ne vous inquiétez donc pas et ne dites pas: ‘Que mangerons-nous? Que boirons-nous? Avec quoi nous habillerons-nous?’ 32 En effet, tout cela, ce sont les membres des autres peuples qui le recherchent. Or, votre Père céleste sait que vous en avez besoin. 33 Recherchez d'abord le royaume et la justice de Dieu, et tout cela vous sera donné en plus. 34 Ne vous inquiétez donc pas du lendemain, car le lendemain prendra soin de lui-même. A chaque jour suffit sa peine.
7 »Ne jugez pas afin de ne pas être jugés, 2 car on vous jugera de la même manière que vous aurez jugé et on utilisera pour vous la mesure dont vous vous serez servis. 3 Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l'œil de ton frère et ne remarques-tu pas la poutre qui est dans ton œil? 4 Ou comment peux-tu dire à ton frère: ‘Laisse-moi enlever la paille de ton œil’, alors que toi, tu as une poutre dans le tien? 5 Hypocrite, enlève d'abord la poutre de ton œil, et alors tu verras clair pour retirer la paille de l'œil de ton frère.
6 »Ne donnez pas les choses saintes aux chiens et ne jetez pas vos perles devant les porcs, de peur qu'ils ne les piétinent et qu'ils ne se retournent pour vous déchirer.
7 »Demandez et l'on vous donnera, cherchez et vous trouverez, frappez et l'on vous ouvrira. 8 En effet, toute personne qui demande reçoit, celui qui cherche trouve et l'on ouvre à celui qui frappe. 9 Qui parmi vous donnera une pierre à son fils, s'il lui demande du pain? 10 Ou s'il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent? 11 Si donc, mauvais comme vous l'êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, votre Père céleste donnera d’autant plus volontiers de bonnes choses à ceux qui les lui demandent.
12 »Tout ce que vous voudriez que les hommes fassent pour vous, vous aussi, faites-le de même pour eux, car c'est ce qu'enseignent la loi et les prophètes[m].
13 »Entrez par la porte étroite! En effet, large est la porte, spacieux le chemin menant à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là, 14 mais étroite est la porte, resserré le chemin menant à la vie, et il y en a peu qui les trouvent.
15 »Méfiez-vous des prétendus prophètes! Ils viennent à vous en vêtements de brebis, mais au-dedans ce sont des loups voraces. 16 Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on des raisins sur des ronces ou des figues sur des chardons? 17 Tout bon arbre produit de bons fruits, mais le mauvais arbre produit de mauvais fruits. 18 Un bon arbre ne peut pas porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre porter de bons fruits. 19 Tout arbre qui ne produit pas de bons fruits est coupé et jeté au feu. 20 C'est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez.
21 »Ceux qui me disent: ‘Seigneur, Seigneur!’ n'entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais seulement celui qui fait la volonté de mon Père céleste. 22 Beaucoup me diront ce jour-là: ‘Seigneur, Seigneur, n'avons-nous pas prophétisé en ton nom? N'avons-nous pas chassé des démons en ton nom? N'avons-nous pas fait beaucoup de miracles en ton nom?’ 23 Alors je leur dirai ouvertement: ‘Je ne vous ai jamais connus. Eloignez-vous de moi, vous qui commettez le mal![n]’
24 »C'est pourquoi, toute personne qui entend ces paroles que je dis et les met en pratique, je la comparerai à un homme prudent qui a construit sa maison sur le rocher. 25 La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont déchaînés contre cette maison; elle ne s’est pas écroulée, parce qu'elle était fondée sur le rocher. 26 Mais toute personne qui entend ces paroles que je dis et ne les met pas en pratique ressemblera à un fou qui a construit sa maison sur le sable. 27 La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont abattus sur cette maison; elle s’est écroulée et sa ruine a été grande.»
28 Quand Jésus eut fini de prononcer ces paroles, les foules restèrent frappées par son enseignement, 29 car il enseignait avec autorité, et non comme leurs spécialistes de la loi.
Très Haut, tout puissant et bon Seigneur,
à toi louange, gloire, honneur,
à toi seul ils conviennent, O Très-Haut,
et nul homme n’est digne de te nommer.
Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures,
spécialement messire frère Soleil,
par qui tu nous donnes le jour, la lumière ;
il est beau, rayonnant d’une grande splendeur,
et de toi, le Très Haut, il nous offre le symbole.
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur Lune et les étoiles :
dans le ciel tu les as formées,
claires, précieuses et belles.
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour frère Vent,
et pour l’air et pour les nuages,
pour l’azur calme et tous les temps :
grâce à eux tu maintiens en vie toutes les créatures.
Loué sois-tu, Seigneur, pour notre sœur Eau,
qui est très utile et très humble,
précieuse et chaste.
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour frère Feu,
par qui tu éclaires la nuit :
il est beau et joyeux,
indomptable et fort.
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la Terre,
qui nous porte et nous nourrit,
qui produit la diversité des fruits,
avec les fleurs diaprées et les herbes.
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour ceux
qui pardonnent par amour pour toi ;
qui supportent épreuves et maladies :
heureux s’ils conservent la paix,
car par toi, le Très Haut, ils seront couronnés.
Loué sois-tu, mon Seigneur,
pour notre sœur la Mort corporelle
à qui nul homme vivant ne peut échapper.
Malheur à ceux qui meurent en péché mortel ;
heureux ceux qu’elle surprendra faisant ta volonté,
car la seconde mort ne pourra leur nuire.
Louez et bénissez mon Seigneur,
rendez-lui grâce et servez-le
en toute humilité.
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François d'Assise / Bobin / Delteil - Blog de Jean-Claude Grosse
en chemin une fontaine-source sur la route de Léca à Corsavy, comme un autel naturel, comme un temple naturel, lieu à contempler, source pour se désaltérer sachant que toute contemplation ne ...
https://les4saisons.over-blog.com/2019/08/francois-d-assise/bobin/delteil.html
PROLOGUE de Gargantua de François Rabelais, 1534
Buveurs très illustres, et vous vérolés très précieux, car c'est à vous, non aux autres, que je
dédie mes écrits, Alcibiade, dans un dialogue de intitulé le Banquet, faisant l'éloge de son
précepteur Socrate, sans conteste le prince des philosophes, déclare entre autres choses
qu'il est semblable aux silènes. Les Silènes étaient jadis de petites boites, comme
celles que nous voyons à présent dans les boutiques des apothicaires, sur
lesquelles étaient peintes des figures drôles et frivoles : harpies, satyres, oisons
bridés, lièvres cornus, canes batées, boucs volants, cerfs attelés, et autres figures
contrefaites à plaisir pour inciter les gens à rire (comme le fut Silène, maitre du
Bacchus). Mais à l'intérieur on conservait les drogues fines, comme le baume,
l'ambre gris, l'amome, la civette, les pierreries et autres choses de prix. Alcibiade
disait que Socrate leur était semblable, parce qu'à le voir du dehors et à l'évaluer par
l'aspect extérieur, vous n'en auriez pas donné une pelure l'oignon, tant il était laid de corps
et d'un maintien ridicule, le nez pointu, le regard d'un taureau, le visage d'un fou, le
comportement simple, les vêtements d'un paysan, de condition modeste, malheureux avec
les femmes, inapte à toute fonction dans l'état ; et toujours riant, trinquant avec chacun,
toujours se moquant, toujours cachant son divin savoir. Mais en ouvrant cette boite, vous y
auriez trouvé une céleste et inappréciable drogue : une intelligence plus qu'humaine, une
force d'âme merveilleuse, un courage invincible, une sobriété sans égale, une égalité
d'âme sans faille, une assurance parfaite, un détachement incroyable à l'égard de tout ce
pour quoi les humains veillent, courent, travaillent, naviguent et bataillent.
A quoi tend, à votre avis, ce prélude et coup d'essai ? C'est que vous, mes bons disciples,
et quelques autres fous oisifs, en lisant les joyeux titres de quelques livres de votre
invention, comme Gargantua, Pantagruel, Fesse pinte. La dignité des braguettes, des pois
au lard avec commentaire, etc., vous pensez trop facilement qu'on n'y traite que de
moqueries, folâtreries et joyeux mensonges, puisque l'enseigne extérieure est sans
chercher plus loin, habituellement reçue comme moquerie et plaisanterie. Mais il ne faut
pas considérer si légèrement les oeuvres des hommes. Car vous-mêmes vous dites que
l'habit ne fait pas le moine, et tel est vêtu d'un froc qui au-dedans n'est rien moins que
moine, et tel est vêtu d'une cape espagnole qui, dans son courage, n'a rien à voir avec
l'Espagne. C'est pourquoi il faut ouvrir le livre et soigneusement peser ce qui y est
traité. Alors vous reconnaitrez que la drogue qui y est contenue est d'une tout autre valeur
que ne le promettait la boite : c'est-à-dire que les matières ici traitées ne sont pas si
folâtre que le titre le prétendait.
Marcel Proust Céleste Albaret Céleste Albaret racontant avec joie, la joie de Marcel Proust lui annonçant qu'il a écrit le mot FIN au bas de tous les feuillets qu'elle avait eu l'ingéniosité de coller, plier... au service de Marcel Proust de 1913 à 1922
« Il y avait déjà bien des années que, de Combray, tout ce qui n'était pas le théâtre et le drame de mon coucher, n'existait plus pour moi, quand un jour d'hiver, comme je rentrais à la maison, ma mère, voyant que j'avais froid, me proposa de me faire prendre, contre mon habitude, un peu de thé. Je refusai d'abord et, je ne sais pourquoi, me ravisai. Elle envoya chercher un de ces gâteaux courts et dodus appelés Petites Madeleines qui semblent avoir été moulés dans la valve rainurée d'une coquille de Saint- Jacques. Et bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d'un triste lendemain, je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j'avais laissé s'amollir un morceau de madeleine. Mais à l'instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d'extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m'avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause. Il m'avait aussitôt rendu les vicissitudes de la vie indifférentes, ses désastres inoffensifs, sa brièveté illusoire, de la même façon qu'opère l'amour, en me remplissant d'une essence précieuse: ou plutôt cette essence n'était pas en moi, elle était moi. J'avais cessé de me sentir médiocre, contingent, mortel. D'où avait pu me venir cette puissante joie? Je sentais qu'elle était liée au goût du thé et du gâteau, mais qu'elle le dépassait infiniment, ne devait pas être de même nature. D'où venait- elle? Que signifiait-elle? Où l'appréhender? (...)
Et tout d'un coup le souvenir m'est apparu. Ce goût c'était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l'heure de la messe), quand j'allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m'offrait après l'avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. La vue de la petite madeleine ne m'avait rien rappelé avant que je n'y eusse goûté; peut-être parce que, en ayant souvent aperçu depuis, sans en manger, sur les tablettes des pâtissiers, leur image avait quitté ces jours de Combray pour se lier à d'autres plus récents; peut-être parce que de ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, rien ne survivait, tout s'était désagrégé; les formes - et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot - s'étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d'expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience. Mais, quand d'un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l'odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l'édifice immense du souvenir.
Et dès que j'eus reconnu le goût du morceau de madeleine trempé dans le tilleul que me donnait ma tante (quoique je ne susse pas encore et dusse remettre à bien plus tard de découvrir pourquoi ce souvenir me rendait si heureux), aussitôt la vieille maison grise sur la rue, où était sa chambre, vint comme un décor de théâtre s'appliquer au petit pavillon, donnant sur le jardin, qu'on avait construit pour mes parents sur ses derrières (ce pan tronqué que seul j'avais revu jusque là) ; et avec la maison, la ville, depuis le matin jusqu'au soir et par tous les temps, la Place où on m'envoyait avant déjeuner, les rues où j'allais faire des courses, les chemins qu'on prenait si le temps était beau. Et comme dans ce jeu où les Japonais s'amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d'eau, de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés s'étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables, de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann, et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l'église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé. »
PROUST Marcel, Du côté de chez Swann, GF Flammarion, Paris, 1987, p. 140-145
Le personnage d'Albertine dans A la recherche du temps perdu
Yves Tanguy / Joseph Delteil / Georges Brassens / Agnès Varda / Christian Bobin / Jean-Yves Leloup / Thierry Zalic / Issâ Padovani
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Bienvenue sur la chaîne Au coeur du Vivant, qui diffuse les vidéos d'Issâ Padovani, conférencier, auteur, formateur en Communication NonViolente®, enseignant en Onsei-Do® et Facilitateur cert...
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Voeux anciens conjugués au présent - Blog de Jean-Claude Grosse
sous le sapin, de Noël au 1° de l'an, découverte à l'unité ou par paire / les petites boites qui contiennent tant, tant d'amour et d'habileté, tant de sagesse, tout fabrication main et maison...
voeux anciens conjugués au présent
jeu heureux sur la plage / heureux à corps ça vit / le baiser à Avers sur les eaux / Katia / Cyril / Katia / Cyril Roméo / Rosalie et la mésange
à Lisbonne en conversation avec Fernando Pessoa et ses hétéronymes qui lui dit
"Je ne suis pas pressé. Pressé pour quoi ?
La lune et le soleil ne sont pas pressés : ils sont exacts.
Être pressé, c’est croire que l’on passe devant ses jambes
Ou bien qu’en s’élançant on passe par-dessus son ombre.
Non, je ne suis pas pressé.
Si je tends le bras, j’arrive exactement là où mon bras arrive.
Pas même un centimètre de plus.
Je touche là où je touche, non là où je pense.
Je ne peux m’asseoir que là où je suis.
Et cela fait rire comme toutes les vérités absolument véritables,
Mais ce qui fait rire pour de bon c’est que nous autres nous pensons toujours à autre chose
Et sommes en vadrouille loin d’un corps."
Annie Le Quesnoy 1966 / Avers sur les eaux 25/12/2020 à 00H 00 = naissance de Vita Nova / Rosalie et Katia / Rosalie par Hélène Théret / en conversation avec Pessoa à Lisbonne en août 2022 / Dieu est amour au Christ-Roi à Lisbonne / par la fenêtre du peintre Michel Dufresne / Voeux du peintre JP Grosse
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Emmanuelle, nous et moi (nos émois)/J.C.Grosse - Blog de Jean-Claude Grosse
tu as eu une correspondance heureuse avec Emmanuelle Arsan pendant 17 ans, du 19 mars 1988 au 31 mars 2005 tu as édité cette correspondance dans Bonheur et Bonheur 2 après la disparition ...
Bonheur et Bonheur 2, correspondance heureuse entre Emmanuelle Arsan et JCG / la métamorphose de J.C. en Vita Nova le 25/12/2020 à 00H 00
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